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L'Atman

Volume2 lecture
5,647 mots · 23 min de lecture · Jnana-Yoga

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CHAPITRE XIV

L'ATMAN

(Prononcé en Amérique)

Beaucoup d'entre vous ont lu le célèbre livre de Max Müller, Trois conférences sur la philosophie du Vedanta (la tradition philosophique vedantique), et certains, peut-être, ont lu en allemand l'ouvrage du professeur Deussen sur cette même philosophie. Dans ce qui s'écrit et s'enseigne en Occident au sujet de la pensée religieuse de l'Inde, c'est principalement une seule école de la pensée indienne qui se trouve représentée, celle qu'on appelle l'advaïtisme, le versant moniste de la religion indienne ; et l'on croit parfois que tout l'enseignement des Vedas (les écritures les plus anciennes) tient dans ce seul système philosophique. Il existe pourtant des aspects fort divers de la pensée indienne ; et il se peut même que cette forme non dualiste soit minoritaire par rapport aux autres. Depuis les temps les plus anciens, l'Inde a connu diverses écoles de pensée, et comme il n'y a jamais eu d'Église constituée ou reconnue, ni de corps d'hommes chargé de fixer les doctrines que chaque école devait croire, chacun était très libre de choisir sa propre forme, d'élaborer sa propre philosophie et de fonder ses propres écoles. Nous constatons donc que, dès les temps les plus reculés, l'Inde regorgeait de sectes religieuses. À l'heure actuelle, je ne sais pas combien de centaines de sectes nous comptons en Inde, et plusieurs nouvelles voient le jour chaque année. Il semble que l'activité religieuse de cette nation soit tout simplement inépuisable.

Parmi ces diverses sectes, on peut d'abord établir deux grandes divisions : les orthodoxes et les hétérodoxes. Ceux qui croient que les écritures hindoues, les Vedas, sont les révélations éternelles de la vérité, on les appelle orthodoxes ; et ceux qui s'appuient sur d'autres autorités, rejetant les Vedas, sont les hétérodoxes de l'Inde. Les principales sectes hindoues hétérodoxes modernes sont les Jaïns et les Bouddhistes. Parmi les orthodoxes, certains déclarent que les écritures ont une autorité bien supérieure à celle de la raison ; d'autres, au contraire, affirment qu'il ne faut retenir que la partie des écritures qui est rationnelle et rejeter le reste.

Des trois divisions orthodoxes, les Sânkhyas, les Naiyâyikas et les Mîmâmsakas, les deux premières, bien qu'elles aient existé comme écoles philosophiques, ne parvinrent jamais à former de secte. La seule école qui couvre réellement aujourd'hui toute l'Inde est celle des Mîmâmsakas tardifs, ou Vedantistes. Leur philosophie s'appelle le vedantisme. Toutes les écoles de la philosophie hindoue partent du Vedanta ou des Upanishads (les traités philosophiques des Vedas), mais les monistes se sont approprié ce nom comme une marque particulière, parce qu'ils voulaient fonder l'ensemble de leur théologie et de leur philosophie sur le Vedanta et sur rien d'autre. Avec le temps, le Vedanta l'emporta, et toutes les diverses sectes de l'Inde qui existent aujourd'hui peuvent se rattacher à l'une ou l'autre de ses écoles. Pourtant ces écoles ne sont pas unanimes dans leurs opinions.

Nous trouvons trois variantes principales parmi les Vedantistes. Sur un point ils s'accordent tous : ils croient tous en Dieu. Tous ces Vedantistes croient également que les Vedas sont la parole révélée de Dieu, non pas exactement au sens où l'entendent les chrétiens ou les musulmans, peut-être, mais en un sens tout particulier. Leur idée est que les Vedas sont une expression de la connaissance de Dieu, et comme Dieu est éternel, sa connaissance est éternellement avec lui, et donc les Vedas sont éternels. Il existe un autre fondement commun de croyance : celui de la création par cycles, l'idée que la création tout entière apparaît et disparaît ; qu'elle est projetée et devient de plus en plus grossière, et qu'au terme d'une période de temps incalculable elle devient de plus en plus subtile, puis se dissout et s'apaise, et alors vient une période de repos. Puis elle recommence à apparaître et traverse le même processus. Ils postulent l'existence d'une substance qu'ils appellent Âkâsha, qui ressemble un peu à l'éther des savants, et d'une puissance qu'ils appellent Prâna (le souffle vital). À propos de ce Prâna, ils déclarent que c'est par sa vibration que l'univers est produit. Quand un cycle s'achève, toute cette manifestation de la nature devient de plus en plus subtile et se dissout dans cet Âkâsha que l'on ne peut ni voir ni sentir, mais dont pourtant tout est fabriqué. Toutes les forces que nous observons dans la nature, telles que la gravitation, l'attraction et la répulsion, ou encore la pensée, le sentiment et le mouvement nerveux — toutes ces forces diverses se résorbent dans ce Prâna, et la vibration du Prâna cesse. Dans cet état il demeure jusqu'au commencement du cycle suivant. Le Prâna se remet alors à vibrer, et cette vibration agit sur l'Âkâsha, et toutes ces formes sont projetées au-dehors selon une succession régulière.

La première école dont je vais vous parler est qualifiée d'école dualiste. Les dualistes croient que Dieu, créateur de l'univers et son souverain, est éternellement distinct de la nature, éternellement distinct de l'âme humaine. Dieu est éternel ; la nature est éternelle ; les âmes le sont aussi. La nature et les âmes deviennent manifestes et changent, mais Dieu demeure le même. Selon les dualistes encore, ce Dieu est personnel en ce sens qu'il possède des qualités, non qu'il possède un corps. Il a des attributs humains ; il est miséricordieux, il est juste, il est puissant, il est tout-puissant, on peut l'approcher, on peut le prier, on peut l'aimer, et il aime en retour, et ainsi de suite. En un mot, c'est un Dieu humain, seulement infiniment plus grand que l'homme ; il n'a aucune des mauvaises qualités que les hommes possèdent. « Il est le réceptacle d'un nombre infini de qualités bénies » — telle est leur définition. Il ne peut créer sans matériaux, et la nature est la matière à partir de laquelle il crée l'univers entier. Il existe certains dualistes non vedantiques, appelés « atomistes », qui croient que la nature n'est rien d'autre qu'un nombre infini d'atomes, et que la volonté de Dieu, agissant sur ces atomes, crée. Les Vedantistes rejettent la théorie atomiste ; ils disent qu'elle est parfaitement illogique. Les atomes indivisibles sont comme des points géométriques sans parties ni grandeur ; or quelque chose sans parties ni grandeur, multiplié un nombre infini de fois, restera le même. Ce qui n'a pas de parties ne fera jamais quelque chose qui a des parties ; n'importe quel nombre de zéros additionnés ne fera jamais un seul nombre entier. Ainsi, si ces atomes sont tels qu'ils n'ont ni parties ni grandeur, la création de l'univers à partir de tels atomes est tout simplement impossible. C'est pourquoi, selon les dualistes vedantiques, il existe ce qu'ils appellent une nature indiscrète ou indifférenciée, et c'est à partir d'elle que Dieu crée l'univers. La vaste masse du peuple indien est dualiste. La nature humaine, ordinairement, ne peut concevoir rien de plus élevé. Nous constatons que quatre-vingt-dix pour cent des habitants de la terre qui croient en une religion quelconque sont dualistes. Toutes les religions d'Europe et d'Asie occidentale sont dualistes ; elles ne peuvent qu'être ainsi. L'homme ordinaire ne peut concevoir quoi que ce soit qui ne soit pas concret. Il aime naturellement s'attacher à ce que son intelligence peut saisir. Autrement dit, il ne peut concevoir des idées spirituelles supérieures qu'en les abaissant à son propre niveau. Il ne peut saisir des pensées abstraites qu'en les rendant concrètes. Telle est la religion des masses dans le monde entier. Elles croient en un Dieu entièrement séparé d'elles, un grand roi, un puissant et haut monarque, pour ainsi dire. En même temps, elles le rendent plus pur que les monarques de la terre ; elles lui attribuent toutes les bonnes qualités et lui retirent les mauvaises. Comme s'il était jamais possible que le bien existât sans le mal ; comme s'il pouvait y avoir une conception de la lumière sans une conception des ténèbres !

Avec toutes les théories dualistes, la première difficulté est celle-ci : comment se peut-il que, sous le règne d'un Dieu juste et miséricordieux, réceptacle d'un nombre infini de bonnes qualités, il puisse y avoir tant de maux en ce monde ? Cette question s'est posée dans toutes les religions dualistes, mais les Hindous n'ont jamais inventé de Satan pour y répondre. D'un commun accord, les Hindous ont rejeté le blâme sur l'homme, et il leur était facile de le faire. Pourquoi ? Parce que, comme je viens de vous le dire, ils ne croyaient pas que les âmes eussent été créées à partir de rien. Nous voyons dans cette vie que chacun de nous peut façonner et former son avenir ; chaque jour, chacun s'efforce de façonner le lendemain ; aujourd'hui nous fixons le sort de demain ; demain nous fixerons le sort du surlendemain, et ainsi de suite. Il est tout à fait logique que ce raisonnement puisse aussi être poussé en arrière. Si, par nos propres actes, nous façonnons notre destin futur, pourquoi ne pas appliquer la même règle au passé ? Si, dans une chaîne infinie, un certain nombre de maillons se répètent alternativement, alors, en expliquant un de ces groupes de maillons, nous pouvons expliquer la chaîne entière. Ainsi, dans cette durée infinie du temps, si nous pouvons en isoler une portion, l'expliquer et la comprendre, alors, s'il est vrai que la nature est uniforme, la même explication doit s'appliquer à la chaîne entière du temps. S'il est vrai que nous élaborons ici notre propre destin dans ce court intervalle de temps ; s'il est vrai que toute chose doit avoir une cause, comme nous le constatons maintenant, il doit aussi être vrai que ce que nous sommes à présent est l'effet de la totalité de notre passé ; par conséquent, nul autre n'est nécessaire pour façonner le destin de l'humanité que l'homme lui-même. Les maux qui sont dans le monde ne sont causés par nul autre que nous-mêmes. Nous avons causé tout ce mal ; et de même que nous voyons constamment la misère résulter des actions mauvaises, de même nous pouvons voir qu'une grande part de la misère existant dans le monde est l'effet de la méchanceté passée de l'homme. L'homme seul, donc, selon cette théorie, est responsable. Dieu n'est pas à blâmer. Lui, le Père éternellement miséricordieux, n'est nullement à blâmer. « Nous récoltons ce que nous semons. »

Une autre doctrine particulière des dualistes est que toute âme doit finalement parvenir au salut. Aucune ne sera laissée de côté. À travers diverses vicissitudes, à travers diverses souffrances et jouissances, chacune en sortira à la fin. Sortir de quoi ? L'idée commune à toutes les sectes hindoues est que toutes les âmes doivent sortir de cet univers. Ni l'univers que nous voyons et sentons, ni même un univers imaginaire, ne saurait être le bon, le véritable, car tous deux sont mêlés de bien et de mal. Selon les dualistes, il existe au-delà de cet univers un lieu plein de bonheur et de bien uniquement ; et lorsqu'on aura atteint ce lieu, il n'y aura plus aucune nécessité de naître et de renaître, de vivre et de mourir ; et cette idée leur est très chère. Là, plus de maladie, et plus de mort. Il y aura un bonheur éternel, et ils seront en présence de Dieu pour toujours et jouiront de lui éternellement. Ils croient que tous les êtres, depuis le plus humble ver jusqu'aux plus hauts anges et dieux, parviendront tous, tôt ou tard, à ce monde où il n'y aura plus de misère. Mais notre monde, lui, ne finira jamais ; il se poursuit indéfiniment, bien qu'il avance par vagues. Bien qu'il se meuve par cycles, il ne finit jamais. Le nombre des âmes qui doivent être sauvées, qui doivent être rendues parfaites, est infini. Certaines sont dans les plantes, d'autres dans les animaux inférieurs, d'autres dans les hommes, d'autres dans les dieux, mais toutes, même les plus hauts dieux, sont imparfaites, sont dans la servitude. Quelle est cette servitude ? La nécessité de naître et la nécessité de mourir. Même les plus hauts dieux meurent. Que sont ces dieux ? Ils désignent certains états, certaines fonctions. Par exemple, Indra, le roi des dieux, désigne une certaine fonction ; quelque âme très élevée est venue occuper ce poste dans ce cycle, et après ce cycle elle renaîtra comme homme et descendra sur cette terre, tandis que l'homme qui est très bon dans ce cycle ira occuper ce poste dans le cycle suivant. Il en va de même de tous ces dieux ; ce sont certaines fonctions qui ont été occupées tour à tour par des millions et des millions d'âmes, lesquelles, après avoir rempli ces fonctions, sont redescendues et sont devenues des hommes. Ceux qui accomplissent de bonnes œuvres en ce monde et aident autrui, mais en vue d'une récompense, espérant atteindre le ciel ou obtenir la louange de leurs semblables, doivent, à leur mort, recueillir le bénéfice de ces bonnes œuvres — ils deviennent ces dieux. Mais cela n'est pas le salut ; le salut ne viendra jamais par l'espoir d'une récompense. Tout ce que l'homme désire, le Seigneur le lui accorde. Les hommes désirent la puissance, ils désirent le prestige, ils désirent les jouissances des dieux, et ces désirs sont exaucés, mais aucun effet d'une action ne peut être éternel. L'effet sera épuisé au bout d'un certain temps ; ce peut être des éons, mais après cela il sera dissipé, et ces dieux devront redescendre, redevenir des hommes et obtenir une nouvelle chance de libération. Les animaux inférieurs s'élèveront et deviendront des hommes, deviendront peut-être des dieux, puis redeviendront des hommes, ou retourneront à l'état animal, jusqu'au moment où ils se débarrasseront de tout désir de jouissance, de la soif de vivre, de cet attachement au « moi et au mien ». Ce « moi et mien » est la racine même de tout le mal dans le monde. Si vous demandez à un dualiste : « Ton enfant est-il à toi ? », il répondra : « Il est à Dieu. Mon bien n'est pas à moi, il est à Dieu. » Tout doit être tenu comme appartenant à Dieu.

Or ces sectes dualistes de l'Inde sont de grands végétariens, de grands prédicateurs du refus de tuer les animaux. Mais leur conception en la matière est tout à fait différente de celle du bouddhiste. Si vous demandez à un bouddhiste : « Pourquoi prêches-tu contre le fait de tuer un animal ? », il répondra : « Nous n'avons aucun droit de prendre une vie » ; et si vous demandez à un dualiste : « Pourquoi ne tues-tu aucun animal ? », il répond : « Parce qu'il appartient au Seigneur. » Ainsi le dualiste dit que ce « moi et mien » doit s'appliquer à Dieu et à Dieu seul ; il est le seul « moi » et tout est à lui. Lorsqu'un homme est parvenu à l'état où il n'a plus de « moi et mien », où tout est remis au Seigneur, où il aime tout le monde et est prêt même à donner sa vie pour un animal, sans aucun désir de récompense, alors son cœur sera purifié, et quand le cœur aura été purifié, en ce cœur viendra l'amour de Dieu. Dieu est le centre d'attraction de toute âme, et le dualiste dit : « Une aiguille recouverte de glaise ne sera pas attirée par un aimant, mais dès que la glaise est lavée, elle sera attirée. » Dieu est l'aimant et l'âme humaine est l'aiguille, et ses œuvres mauvaises sont la saleté et la poussière qui la recouvrent. Dès que l'âme est pure, elle vient à Dieu par attraction naturelle et demeure avec lui pour toujours, mais demeure éternellement séparée. L'âme parfaite, si elle le souhaite, peut prendre n'importe quelle forme ; elle est capable de prendre cent corps, si elle le veut, ou de n'en avoir aucun, si tel est son désir. Elle devient presque toute-puissante, sauf qu'elle ne peut créer ; ce pouvoir appartient à Dieu seul. Nul, si parfait soit-il, ne peut gouverner les affaires de l'univers ; cette fonction appartient à Dieu. Mais toutes les âmes, lorsqu'elles deviennent parfaites, deviennent heureuses pour toujours et vivent éternellement avec Dieu. Telle est la position dualiste.

Les dualistes prêchent encore une autre idée. Ils s'élèvent contre l'idée de prier Dieu en disant : « Seigneur, donne-moi ceci et donne-moi cela. » Ils estiment qu'on ne devrait pas le faire. Si un homme doit demander quelque don matériel, qu'il le demande à des êtres inférieurs ; qu'il s'adresse à l'un de ces dieux, ou à des anges, ou à un être parfait, pour les choses temporelles. Dieu n'est fait que pour être aimé. C'est presque un blasphème que de prier Dieu en disant : « Seigneur, donne-moi ceci et donne-moi cela. » Selon les dualistes, donc, ce qu'un homme désire, il l'obtiendra tôt ou tard en priant l'un des dieux ; mais s'il désire le salut, il doit adorer Dieu. Telle est la religion des masses de l'Inde.

La véritable philosophie du Vedanta commence avec ceux qu'on appelle les non-dualistes qualifiés. Ils affirment que l'effet n'est jamais différent de la cause ; l'effet n'est que la cause reproduite sous une autre forme. Si l'univers est l'effet et Dieu la cause, alors il doit être Dieu lui-même — il ne peut être rien d'autre. Ils partent de l'affirmation que Dieu est à la fois la cause efficiente et la cause matérielle de l'univers ; qu'il est lui-même le créateur, et qu'il est lui-même la matière à partir de laquelle toute la nature est projetée. Le mot « création » de votre langue n'a pas d'équivalent en sanskrit, car il n'existe aucune secte en Inde qui croie à la création telle qu'on l'entend en Occident, comme quelque chose qui surgit de rien. Il semble qu'à une certaine époque il y ait eu quelques personnes ayant une telle idée, mais elles furent très vite réduites au silence. À l'heure actuelle, je ne connais aucune secte qui croie à cela. Ce que nous entendons par création, c'est la projection de ce qui existait déjà. Or, l'univers entier, selon cette secte, est Dieu lui-même. Il est la matière de l'univers. Nous lisons dans les Vedas : « De même que l'Ûrnanâbhi (l'araignée) tire le fil de son propre corps, … de même l'univers entier est sorti de l'Être. »

Si l'effet est la cause reproduite, la question est la suivante : « Comment se fait-il que nous trouvions cet univers matériel, inerte et dépourvu d'intelligence, produit par un Dieu qui n'est pas matériel, mais qui est intelligence éternelle ? Comment, si la cause est pure et parfaite, l'effet peut-il être tout à fait différent ? » Que disent ces non-dualistes qualifiés ? Leur théorie est très particulière. Ils disent que ces trois existences, Dieu, la nature et l'âme, ne font qu'un. Dieu est, pour ainsi dire, l'Âme, et la nature et les âmes sont le corps de Dieu. De même que j'ai un corps et que j'ai une âme, de même l'univers entier et toutes les âmes sont le corps de Dieu, et Dieu est l'Âme des âmes. Ainsi, Dieu est la cause matérielle de l'univers. Le corps peut changer — être jeune ou vieux, fort ou faible — mais cela n'affecte en rien l'âme. C'est la même existence éternelle, se manifestant à travers le corps. Les corps vont et viennent, mais l'âme ne change pas. De même, l'univers entier est le corps de Dieu, et en ce sens il est Dieu. Mais le changement de l'univers n'affecte pas Dieu. C'est à partir de cette matière qu'il crée l'univers, et à la fin d'un cycle son corps devient plus subtil, il se contracte ; au commencement d'un autre cycle il se dilate de nouveau, et c'est de lui qu'évoluent tous ces mondes différents.

Or, tant les dualistes que les non-dualistes qualifiés admettent que l'âme est par nature pure, mais que c'est par ses propres actes qu'elle devient impure. Les non-dualistes qualifiés l'expriment plus joliment que les dualistes, en disant que la pureté et la perfection de l'âme se contractent puis se manifestent de nouveau, et que ce que nous essayons de faire à présent, c'est de remanifester l'intelligence, la pureté, la puissance qui sont naturelles à l'âme. Les âmes possèdent une multitude de qualités, mais non celle de la toute-puissance ou de l'omniscience. Chaque acte mauvais contracte la nature de l'âme, et chaque bonne action la dilate, et ces âmes sont toutes des parties de Dieu. « De même que d'un feu ardent s'envolent des millions d'étincelles de même nature, de même de cet Être infini, Dieu, ces âmes sont issues. » Chacune a le même but. Le Dieu des non-dualistes qualifiés est aussi un Dieu personnel, le réceptacle d'un nombre infini de qualités bénies, seulement il pénètre tout dans l'univers. Il est immanent à toute chose et en tout lieu ; et quand les écritures disent que Dieu est tout, cela signifie que Dieu pénètre toute chose, non que Dieu soit devenu le mur, mais que Dieu est dans le mur. Il n'y a pas une particule, pas un atome dans l'univers où il ne soit. Les âmes sont toutes limitées ; elles ne sont pas omniprésentes. Lorsqu'elles obtiennent l'expansion de leurs pouvoirs et deviennent parfaites, il n'y a plus pour elles ni naissance ni mort ; elles vivent avec Dieu pour toujours.

Nous arrivons maintenant à l'advaïtisme, la dernière et, selon nous, la plus belle fleur de la philosophie et de la religion qu'un pays ait jamais produite en aucun âge, là où la pensée humaine atteint sa plus haute expression et va même au-delà du mystère qui semble impénétrable. C'est le vedantisme non dualiste. Il est trop abscons, trop élevé pour être la religion des masses. Même en Inde, son lieu de naissance, où il règne en maître depuis trois mille ans, il n'a pu pénétrer les masses. À mesure que nous avancerons, nous verrons qu'il est difficile, même pour l'homme et la femme les plus réfléchis de n'importe quel pays, de comprendre l'advaïtisme. Nous nous sommes rendus si faibles ; nous nous sommes rendus si bas. Nous pouvons avoir de grandes prétentions, mais naturellement nous voulons nous appuyer sur quelqu'un d'autre. Nous sommes comme de petites plantes fragiles, réclamant toujours un soutien. Combien de fois m'a-t-on demandé une « religion confortable » ! Bien peu d'hommes demandent la vérité, moins encore osent l'apprendre, et moins encore osent la suivre dans toutes ses implications pratiques. Ce n'est pas leur faute ; tout cela n'est que faiblesse du cerveau. Toute pensée nouvelle, surtout d'un ordre élevé, crée un trouble, cherche à frayer un nouveau canal, pour ainsi dire, dans la matière cérébrale, et cela déséquilibre le système, fait perdre aux hommes leur aplomb. Ils sont accoutumés à certains entourages, et doivent surmonter une énorme masse de superstitions anciennes : superstition ancestrale, superstition de classe, superstition de la cité, superstition du pays, et derrière tout cela, la vaste masse de superstition innée en chaque être humain. Pourtant il existe dans le monde quelques âmes courageuses qui osent concevoir la vérité, qui osent s'en saisir, et qui osent la suivre jusqu'au bout.

Que déclare l'advaïtiste ? Il dit que, s'il y a un Dieu, ce Dieu doit être à la fois la cause matérielle et la cause efficiente de l'univers. Non seulement il est le créateur, mais il est aussi le créé. Il est lui-même cet univers. Comment cela peut-il être ? Dieu, le pur, l'esprit, est devenu l'univers ? Oui ; en apparence du moins. Ce que tous les ignorants voient comme l'univers n'existe pas réellement. Que sommes-nous, vous et moi, et toutes ces choses que nous voyons ? De la pure auto-hypnose ; il n'y a qu'une seule Existence, l'Infini, l'éternellement Bienheureux. Dans cette Existence, nous rêvons tous ces rêves divers. C'est l'Atman (le Soi véritable), au-delà de tout, l'Infini, au-delà du connu, au-delà du connaissable ; c'est en lui et à travers lui que nous voyons l'univers. C'est la seule Réalité. C'est cette table ; c'est l'auditoire devant moi ; c'est le mur ; c'est toute chose, moins le nom et la forme. Ôtez la forme de la table, ôtez le nom ; ce qui reste, c'est cela. Le Vedantiste ne l'appelle ni « il » ni « elle » — ce sont là des fictions, des illusions du cerveau humain — il n'y a pas de sexe dans l'âme. Les gens qui sont sous l'emprise de l'illusion, qui sont devenus semblables aux animaux, voient une femme ou un homme ; les dieux vivants ne voient ni hommes ni femmes. Comment ceux qui sont au-delà de tout pourraient-ils avoir la moindre idée de sexe ? Tout être et toute chose est l'Atman — le Soi — l'asexué, le pur, l'éternellement bienheureux. Ce sont le nom, la forme, le corps, qui sont matériels, et qui font toute cette différence. Si vous ôtez ces deux différences du nom et de la forme, l'univers entier est un ; il n'y en a pas deux, mais un partout. Vous et moi sommes un. Il n'y a ni nature, ni Dieu, ni univers, seulement cette unique Existence infinie, à partir de laquelle, par le nom et la forme, tout cela est fabriqué. Comment connaître le Connaisseur ? Il ne peut être connu. Comment pourriez-vous voir votre propre Soi ? Vous ne pouvez que vous réfléchir. Ainsi tout cet univers est le reflet de cet unique Être éternel, l'Atman, et selon que le reflet tombe sur de bons ou de mauvais réflecteurs, de bonnes ou de mauvaises images se forment. Ainsi, chez le meurtrier, c'est le réflecteur qui est mauvais, et non le Soi. Chez le saint, le réflecteur est pur. Le Soi — l'Atman — est par sa propre nature pur. C'est la même unique Existence de l'univers qui se reflète elle-même, depuis le plus humble ver jusqu'à l'être le plus haut et le plus parfait. Cet univers tout entier est une seule Unité, une seule Existence, physiquement, mentalement, moralement et spirituellement. Nous contemplons cette unique Existence sous des formes différentes et créons toutes ces images sur elle. À l'être qui s'est limité à la condition d'homme, elle apparaît comme le monde des hommes. À l'être qui se trouve sur un plan d'existence supérieur, elle peut sembler un ciel. Il n'y a qu'une seule Âme dans l'univers, non pas deux. Elle ne vient ni ne s'en va. Elle ne naît, ni ne meurt, ni ne se réincarne. Comment pourrait-elle mourir ? Où pourrait-elle aller ? Tous ces cieux, toutes ces terres, et tous ces lieux ne sont que de vaines imaginations de l'esprit. Ils n'existent pas, n'ont jamais existé dans le passé, et n'existeront jamais dans l'avenir.

Je suis omniprésent, éternel. Où pourrais-je aller ? Où ne suis-je déjà ? Je lis ce livre de la nature. Page après page, je termine et je tourne, et un rêve de la vie après l'autre s'en va. Une autre page de la vie est tournée ; un autre rêve de la vie survient, puis s'en va, déroulant et déroulant encore, et lorsque j'aurai achevé ma lecture, je le laisse aller et je me tiens à l'écart, je jette le livre, et tout est terminé. Que prêche l'advaïtiste ? Il détrône tous les dieux qui ont jamais existé, ou qui existeront jamais dans l'univers, et place sur ce trône le Soi de l'homme, l'Atman, plus haut que le soleil et la lune, plus haut que les cieux, plus grand que ce grand univers lui-même. Aucun livre, aucune écriture, aucune science ne pourra jamais imaginer la gloire du Soi qui apparaît comme l'homme, le plus glorieux Dieu qui fût jamais, le seul Dieu qui ait jamais existé, existe ou existera. Je ne dois donc adorer nul autre que moi-même. « J'adore mon Soi », dit l'advaïtiste. Devant qui m'inclinerais-je ? Je salue mon Soi. Vers qui irais-je chercher de l'aide ? Qui peut m'aider, moi, l'Être infini de l'univers ? Ce sont là de vains rêves, des hallucinations ; qui a jamais aidé quiconque ? Personne. Partout où vous voyez un homme faible, un dualiste, pleurant et gémissant pour obtenir de l'aide de quelque part au-dessus des cieux, c'est parce qu'il ignore que les cieux aussi sont en lui. Il demande de l'aide aux cieux, et l'aide vient. Nous voyons qu'elle vient ; mais elle vient de l'intérieur de lui-même, et il croit à tort qu'elle vient du dehors. Parfois un malade alité peut entendre frapper à la porte. Il se lève, ouvre, et ne trouve personne. Il retourne au lit, et de nouveau il entend frapper. Il se lève et ouvre la porte. Il n'y a personne. Finalement, il découvre que c'était son propre battement de cœur qu'il prenait pour un coup à la porte. Ainsi l'homme, après cette vaine quête de divers dieux hors de lui-même, boucle le cercle et revient au point d'où il était parti — l'âme humaine, et il découvre que le Dieu qu'il cherchait par monts et par vaux, qu'il cherchait dans chaque ruisseau, dans chaque temple, dans les églises et les cieux, ce Dieu qu'il imaginait même siégeant au ciel et gouvernant le monde, est son propre Soi. Je suis Lui, et Lui est moi. Nul autre que moi n'était Dieu, et ce petit moi n'a jamais existé.

Pourtant, comment ce Dieu parfait aurait-il pu être abusé ? Il ne le fut jamais. Comment un Dieu parfait aurait-il pu rêver ? Il ne rêva jamais. La vérité ne rêve jamais. La question même de savoir d'où surgit cette illusion est absurde. L'illusion ne naît que de l'illusion. Il n'y aura plus d'illusion dès que la vérité sera vue. L'illusion repose toujours sur l'illusion ; elle ne repose jamais sur Dieu, la Vérité, l'Atman. Vous n'êtes jamais dans l'illusion ; c'est l'illusion qui est en vous, devant vous. Un nuage est là ; un autre survient, le repousse et prend sa place. Un autre encore survient et chasse celui-là. De même que devant l'éternel ciel bleu passent des nuages de teintes et de couleurs diverses, qui demeurent un court instant puis disparaissent, le laissant identique en son éternel azur, de même vous êtes, éternellement purs, éternellement parfaits. Vous êtes les véritables Dieux de l'univers ; bien plus, il n'y en a pas deux — il n'y en a qu'Un. C'est une erreur de dire « vous et moi » ; dites « moi ». C'est moi qui mange par des millions de bouches ; comment pourrais-je avoir faim ? C'est moi qui œuvre par un nombre infini de mains ; comment pourrais-je être inactif ? C'est moi qui vis la vie de l'univers entier ; où est la mort pour moi ? Je suis au-delà de toute vie, au-delà de toute mort. Où chercherais-je la liberté ? Je suis libre par nature. Qui peut me lier, moi, le Dieu de cet univers ? Les écritures du monde ne sont que de petites cartes, cherchant à esquisser ma gloire, à moi qui suis la seule existence de l'univers. Que sont alors ces livres pour moi ? Ainsi parle l'advaïtiste.

« Connais la vérité et sois libre à l'instant. » Toutes les ténèbres se dissiperont alors. Quand l'homme s'est vu un avec l'Être infini de l'univers, quand toute séparation a cessé, quand tous les hommes et toutes les femmes, tous les dieux et tous les anges, tous les animaux et toutes les plantes, et l'univers entier se sont fondus dans cette Unité, alors toute peur disparaît. Puis-je me faire du mal à moi-même ? Puis-je me tuer moi-même ? Puis-je me blesser moi-même ? Qui craindre ? Pouvez-vous vous craindre vous-même ? Alors toute douleur disparaîtra. Qu'est-ce qui pourrait me causer de la douleur ? Je suis l'unique Existence de l'univers. Alors toutes les jalousies disparaîtront ; de qui serais-je jaloux ? De moi-même ? Alors tous les mauvais sentiments disparaissent. Contre qui pourrais-je nourrir de mauvais sentiments ? Contre moi-même ? Il n'y a nul autre dans l'univers que moi. Et telle est, dit le Vedantiste, la seule voie vers la Connaissance. Tuez cette différenciation, tuez cette superstition qu'il y en a plusieurs. « Celui qui, dans ce monde de la multiplicité, voit cet Un ; celui qui, dans cette masse d'insensibilité, voit cet unique Être conscient ; celui qui, dans ce monde d'ombres, saisit cette Réalité, à lui appartient la paix éternelle, à nul autre, à nul autre. »

Tels sont les points saillants des trois étapes que la pensée religieuse indienne a parcourues à l'égard de Dieu. Nous avons vu qu'elle commença par le Dieu personnel, extra-cosmique. Elle passa de l'externe à l'interne, au corps cosmique, le Dieu immanent à l'univers, et finit par identifier l'âme elle-même à ce Dieu, et par faire une seule Âme, une unité de toutes ces diverses manifestations dans l'univers. Tel est le dernier mot des Vedas. Cela commence par le dualisme, passe par un monisme qualifié et s'achève dans le monisme parfait. Nous savons combien peu, en ce monde, peuvent parvenir au dernier degré, ou même oser y croire, et combien moins encore osent agir conformément à lui. Pourtant nous savons que c'est là que réside l'explication de toute éthique, de toute morale et de toute spiritualité dans l'univers. Pourquoi chacun dit-il : « Fais le bien aux autres » ? Où en est l'explication ? Pourquoi tous les grands hommes ont-ils prêché la fraternité de l'humanité, et de plus grands encore la fraternité de toutes les vies ? Parce que, qu'ils en eussent conscience ou non, derrière tout cela, à travers toutes leurs superstitions irrationnelles et personnelles, perçait la lumière éternelle du Soi, niant toute multiplicité et affirmant que l'univers entier n'est qu'un.

De plus, le dernier mot nous a donné un seul univers, que par les sens nous voyons comme matière, par l'intellect comme âmes, et par l'esprit comme Dieu. Pour l'homme qui jette sur lui-même des voiles que le monde appelle méchanceté et mal, ce même univers changera et deviendra un lieu hideux ; pour un autre homme, qui recherche les jouissances, ce même univers changera d'aspect et deviendra un ciel ; et pour l'homme parfait, le tout s'évanouira et deviendra son propre Soi.

Or, tel que la société existe à présent, ces trois étapes sont toutes nécessaires ; l'une ne nie pas l'autre, l'une n'est que l'accomplissement de l'autre. L'advaïtiste, ou l'advaïtiste qualifié, ne dit pas que le dualisme est faux ; c'est une vue juste, mais inférieure. Elle est sur le chemin de la vérité ; aussi, que chacun élabore sa propre vision de cet univers, selon ses propres idées. Ne blessez personne, ne niez la position de personne ; prenez l'homme là où il se tient et, si vous le pouvez, tendez-lui une main secourable et placez-le sur un plan plus élevé, mais ne le blessez pas et ne le détruisez pas. Tous parviendront à la vérité à la longue. « Quand tous les désirs du cœur seront vaincus, alors ce mortel même deviendra immortel » — alors l'homme même deviendra Dieu.

English

CHAPTER XIV

THE ATMAN

(Delivered in America)

Many of you have read Max Müller's celebrated book, Three Lectures on the Vedanta Philosophy, and some of you may, perhaps, have read, in German, Professor Deussen's book on the same philosophy. In what is being written and taught in the West about the religious thought of India, one school of Indian thought is principally represented, that which is called Advaitism, the monistic side of Indian religion; and sometimes it is thought that all the teachings of the Vedas are comprised in that one system of philosophy. There are, however, various phases of Indian thought; and, perhaps, this non-dualistic form is in the minority as compared with the other phases. From the most ancient times there have been various sects of thought in India, and as there never was a formulated or recognised church or any body of men to designate the doctrines which should be believed by each school, people were very free to choose their own form, make their own philosophy and establish their own sects. We, therefore, find that from the most ancient times India was full of religious sects. At the present time, I do not know how many hundreds of sects we have in India, and several fresh ones are coming into existence every year. It seems that the religious activity of that nation is simply inexhaustible.

Of these various sects, in the first place, there can be made two main divisions, the orthodox and the unorthodox. Those that believe in the Hindu scriptures, the Vedas, as eternal revelations of truth, are called orthodox, and those that stand on other authorities, rejecting the Vedas, are the heterodox in India. The chief modern unorthodox Hindu sects are the Jains and the Buddhists. Among the orthodox some declare that the scriptures are of much higher authority than reason; others again say that only that portion of the scriptures which is rational should be taken and the rest rejected.

Of the three orthodox divisions, the Sânkhyas, the Naiyâyikas, and the Mimâmsakas, the former two, although they existed as philosophical schools, failed to form any sect. The one sect that now really covers India is that of the later Mimamsakas or the Vedantists. Their philosophy is called Vedantism. All the schools of Hindu philosophy start from the Vedanta or Upanishads, but the monists took the name to themselves as a speciality, because they wanted to base the whole of their theology and philosophy upon the Vedanta and nothing else. In the course of time the Vedanta prevailed, and all the various sects of India that now exist can be referred to one or other of its schools. Yet these schools are not unanimous in their opinions.

We find that there are three principal variations among the Vedantists. On one point they all agree, and that is that they all believe in God. All these Vedantists also believe the Vedas to be the revealed word of God, not exactly in the same sense, perhaps, as the Christians or the Mohammedans believe, but in a very peculiar sense. Their idea is that the Vedas are an expression of the knowledge of God, and as God is eternal, His knowledge is eternally with Him, and so are the Vedas eternal. There is another common ground of belief: that of creation in cycles, that the whole of creation appears and disappears; that it is projected and becomes grosser and grosser, and at the end of an incalculable period of time it becomes finer and finer, when it dissolves and subsides, and then comes a period of rest. Again it: begins to appear and goes through the same process. They postulate the existence of a material which they call Âkâsha, which is something like the ether of the scientists, and a power which they call Prâna. About; this Prana they declare that by its vibration the universe is produced. When a cycle ends, all this manifestation of nature becomes finer and finer and dissolves into that Akasha which cannot be seen or felt, yet out of which everything is manufactured. All the forces that we see in nature, such as gravitation, attraction, and repulsion, or as thought, feeling, and nervous motion — all these various forces resolve into that Prana, and the vibration of the Prana ceases. In that state it remains until the beginning of the next cycle. Prana then begins to vibrate, and that vibration acts upon the Akasha, and all these forms are thrown out in regular succession.

The first school I will tell you about is styled the dualistic school. The dualists believe that God, who is the creator of the universe and its ruler, is eternally separate from nature, eternally separate from the human soul. God is eternal; nature is eternal; so are all souls. Nature and the souls become manifested and change, but God remains the same. According to the dualists, again, this God is personal in that He has qualities, not that He has a body. He has human attributes; He is merciful, He is just, He is powerful, He is almighty, He can be approached, He can be prayed to, He can be loved, He loves in return, and so forth. In one word, He is a human God, only infinitely greater than man; He has none of the evil qualities which men have. "He is the repository of an infinite number of blessed qualities" — that is their definition. He cannot create without materials, and nature is the material out of which He creates the whole universe. There are some non-Vedantic dualists, called "Atomists", who believe that nature is nothing but an infinite number of atoms, and God's will, acting upon these atoms, creates. The Vedantists deny the atomic theory; they say it is perfectly illogical. The indivisible atoms are like geometrical points without parts or magnitude; but something without parts or magnitude, if multiplied an infinite number of times, will remain the same. Anything that has no parts will never make something that has parts; any number of zeros added together will not make one single whole number. So, if these atoms are such that they have no parts or magnitude, the creation of the universe is simply impossible out of such atoms. Therefore, according to the Vedantic dualists, there is what they call indiscrete or undifferentiated nature, and out of that God creates the universe. The vast mass of Indian people are dualists. Human nature ordinarily cannot conceive of anything higher. We find that ninety per cent of the population of the earth who believe in any religion are dualists. All the religions of Europe and Western Asia are dualistic; they have to be. The ordinary man cannot think of anything which is not concrete. He naturally likes to cling to that which his intellect can grasp. That is to say, he can only conceive of higher spiritual ideas by bringing them down to his own level. He can only grasp abstract thoughts by making them concrete. This is the religion of the masses all over the world. They believe in a God who is entirely separate from them, a great king, a high, mighty monarch, as it were. At the same time they make Him purer than the monarchs of the earth; they give Him all good qualities and remove the evil qualities from Him. As if it were ever possible for good to exist without evil; as if there could be any conception of light without a conception of darkness!

With all dualistic theories the first difficulty is, how is it possible that under the rule of a just and merciful God, the repository of an infinite number of good qualities, there can be so many evils in this world? This question arose in all dualistic religions, but the Hindus never invented a Satan as an answer to it. The Hindus with one accord laid the blame on man, and it was easy for them to do so. Why? Because, as I have just now told you, they did not believe that souls were created out of nothing We see in this life that we can shape and form our future every one of us, every day, is trying to shape the morrow; today we fix the fate of the morrow; tomorrow we shall fix the fate of the day after, and so on. It is quite logical that this reasoning can be pushed backward too. If by our own deeds we shape our destiny in the future why not apply the same rule to the past? If, in an infinite chain, a certain number of links are alternately repeated then, if one of these groups of links be explained, we can explain the whole chain. So, in this infinite length of time, if we can cut off one portion and explain that portion and understand it, then, if it be true that nature is uniform, the same explanation must apply to the whole chain of time. If it be true that we are working out our own destiny here within this short space of time if it be true that everything must have a cause as we see it now, it must also be true that that which we are now is the effect of the whole of our past; therefore, no other person is necessary to shape the destiny of mankind but man himself. The evils that are in the world are caused by none else but ourselves. We have caused all this evil; and just as we constantly see misery resulting from evil actions, so can we also see that much of the existing misery in the world is the effect of the past wickedness of man. Man alone, therefore, according to this theory, is responsible. God is not to blame. He, the eternally merciful Father, is not to blame at all. "We reap what we sow."

Another peculiar doctrine of the dualists is, that every soul must eventually come to salvation. No one will be left out. Through various vicissitudes, through various sufferings and enjoyments, each one of them will come out in the end. Come out of what? The one common idea of all Hindu sects is that all souls have to get out of this universe. Neither the universe which we see and feel, nor even an imaginary one, can be right, the real one, because both are mixed up with good and evil. According to the dualists, there is beyond this universe a place full of happiness and good only; and when that place is reached, there will be no more necessity of being born and reborn, of living and dying; and this idea is very dear to them. No more disease there, and no more death. There will be eternal happiness, and they will be in the presence of God for all time and enjoy Him for ever. They believe that all beings, from the lowest worm up to the highest angels and gods, will all, sooner or later, attain to that world where there will be no more misery. But our world will never end; it goes on infinitely, although moving in waves. Although moving in cycles it never ends. The number of souls that are to be saved, that are to be perfected, is infinite. Some are in plants, some are in the lower animals, some are in men, some are in gods, but all of them, even the highest gods, are imperfect, are in bondage. What is the bondage? The necessity of being born and the necessity of dying. Even the highest gods die. What are these gods? They mean certain states, certain offices. For instance, Indra the king of gods, means a certain office; some soul which was very high has gone to fill that post in this cycle, and after this cycle he will be born again as man and come down to this earth, and the man who is very good in this cycle will go and fill that post in the next cycle. So with all these gods; they are certain offices which have been filled alternately by millions and millions of souls, who, after filling those offices, came down and became men. Those who do good works in this world and help others, but with an eye to reward, hoping to reach heaven or to get the praise of their fellow-men, must when they die, reap the benefit of those good works — they become these gods. But that is not salvation; salvation never will come through hope of reward. Whatever man desires the Lord gives him. Men desire power, they desire prestige, they desire enjoyments as gods, and they get these desires fulfilled, but no effect of work can be eternal. The effect will be exhausted after a certain length of time; it may be aeons, but after that it will be gone, and these gods must come down again and become men and get another chance for liberation. The lower animals will come up and become men, become gods, perhaps, then become men again, or go back to animals, until the time when they will get rid of all desire for enjoyment, the thirst for life, this clinging on to the "me and mine". This "me and mine" is the very root of all the evil in the world. If you ask a dualist, "Is your child yours?" he will say, "It is God's. My property is not mine, it is God's." Everything should be held as God's.

Now, these dualistic sects in India are great vegetarians, great preachers of non-killing of animals. But their idea about it is quite different from that of the Buddhist. If you ask a Buddhist, "Why do you preach against killing any animal?" he will answer, "We have no right to take any life;" and if you ask a dualist, "Why do you not kill any animal?" he says, "Because it is the Lord's." So the dualist says that this "me and mine" is to be applied to God and God alone; He is the only "me" and everything is His. When a man has come to the state when he has no "me and mine," when everything is given up to the Lord, when he loves everybody and is ready even to give up his life for an animal, without any desire for reward, then his heart will be purified, and when the heart has been purified, into that heart will come the love of God. God is the centre of attraction for every soul, and the dualist says, "A needle covered up with clay will not be attracted by a magnet, but as soon as the clay is washed off, it will be attracted." God is the magnet and human soul is the needle, and its evil works, the dirt and dust that cover it. As soon as the soul is pure it will by natural attraction come to God and remain with Him for ever, but remain eternally separate. The perfected soul, if it wishes, can take any form; it is able to take a hundred bodies, if it wishes or have none at all, if it so desires. It becomes almost almighty, except that it cannot create; that power belongs to God alone. None, however perfect, can manage the affairs of the universe; that function belongs to God. But all souls, when they become perfect, become happy for ever and live eternally with God. This is the dualistic statement.

One other idea the dualists preach. They protest against the idea of praying to God, "Lord, give me this and give me that." They think that should not be done. If a man must ask some material gift, he should ask inferior beings for it; ask one of these gods, or angels or a perfected being for temporal things. God is only to be loved. It is almost a blasphemy to pray to God, "Lord, give me this, and give me that." According to the dualists, therefore, what a man wants, he will get sooner or later, by praying to one of the gods; but if he wants salvation, he must worship God. This is the religion of the masses of India.

The real Vedanta philosophy begins with those known as the qualified non-dualists. They make the statement that the effect is never different from the cause; the effect is but the cause reproduced in another form. If the universe is the effect and God the cause, it must be God Himself — it cannot be anything but that. They start with the assertion that God is both the efficient and the material cause of the universe; that He Himself is the creator, and He Himself is the material out of which the whole of nature is projected. The word "creation" in your language has no equivalent in Sanskrit, because there is no sect in India which believes in creation, as it is regarded in the West, as something coming out of nothing. It seems that at one time there were a few that had some such idea, but they were very quickly silenced. At the present time I do not know of any sect that believes this. What we mean by creation is projection of that which already existed. Now, the whole universe, according to this sect, is God Himself. He is the material of the universe. We read in the Vedas, "As the Urnanâbhi (spider) spins the thread out of its own body, . . . even so the whole universe has come out of the Being."

If the effect is the cause reproduced, the question is: "How is it that we find this material, dull, unintelligent universe produced from a God, who is not material, but who is eternal intelligence? How, if the cause is pure and perfect, can the effect be quite different?" What do these qualified non-dualists say? Theirs is a very peculiar theory. They say that these three existences, God, nature, and the soul, are one. God is, as it were, the Soul, and nature and souls are the body of God. Just as I have a body and I have a soul, so the whole universe and all souls are the body of God, and God is the Soul of souls. Thus, God is the material cause of the universe. The body may be changed — may be young or old, strong or weak — but that does not affect the soul at all. It is the same eternal existence, manifesting through the body. Bodies come and go, but the soul does not change. Even so the whole universe is the body of God, and in that sense it is God. But the change in the universe does not affect God. Out of this material He creates the universe, and at the end of a cycle His body becomes finer, it contracts; at the beginning of another cycle it becomes expanded again, and out of it evolve all these different worlds.

Now both the dualists and the qualified non-dualists admit that the soul is by its nature pure, but through its own deeds it becomes impure. The qualified non-dualists express it more beautifully than the dualists, by saving that the soul's purity and perfection become contracted and again become manifest, and what we are now trying to do is to remanifest the intelligence, the purity, the power which is natural to the soul. Souls have a multitude of qualities, but not that of almightiness or all-knowingness. Every wicked deed contracts the nature of the soul, and every good deed expands it, and these souls, are all parts of God. "As from a blazing fire fly millions of sparks of the same nature, even so from this Infinite Being, God, these souls have come." Each has the same goal. The God of the qualified non-dualists is also a Personal God, the repository of an infinite number of blessed qualities, only He is interpenetrating everything in the universe. He is immanent in everything and everywhere; and when the scriptures say that God is everything, it means that God is interpenetrating everything, not that God has become the wall, but that God is in the wall. There is not a particle, not an atom in the universe where He is not. Souls are all limited; they are not omnipresent. When they get expansion of their powers and become perfect, there is no more birth and death for them; they live with God for ever.

Now we come to Advaitism, the last and, what we think, the fairest flower of philosophy and religion that any country in any age has produced, where human thought attains its highest expression and even goes beyond the mystery which seems to be impenetrable. This is the non-dualistic Vedantism. It is too abstruse, too elevated to be the religion of the masses. Even in India, its birthplace, where it has been ruling supreme for the last three thousand years, it has not been able to permeate the masses. As we go on we shall find that it is difficult for even the most thoughtful man and woman in any country to understand Advaitism. We have made ourselves so weak; we have made ourselves so low. We may make great claims, but naturally we want to lean on somebody else. We are like little, weak plants, always wanting a support. How many times I have been asked for a "comfortable religion!" Very few men ask for the truth, fewer still dare to learn the truth, and fewest of all dare to follow it in all its practical bearings. It is not their fault; it is all weakness of the brain. Any new thought, especially of a high kind, creates a disturbance, tries to make a new channel, as it were, in the brain matter, and that unhinges the system, throws men off their balance. They are used to certain surroundings, and have to overcome a huge mass of ancient superstitions, ancestral superstition, class superstition, city superstition, country superstition, and behind all, the vast mass of superstition that is innate in every human being. Yet there are a few brave souls in the world who dare to conceive the truth, who dare to take it up, and who dare to follow it to the end.

What does the Advaitist declare? He says, if there is a God, that God must be both the material and the efficient cause of the universe. Not only is He the creator, but He is also the created. He Himself is this universe. How can that be? God, the pure, the spirit, has become the universe? Yes; apparently so. That which all ignorant people see as the universe does not really exist. What are you and I and all these things we see? Mere self-hypnotism; there is but one Existence, the Infinite, the Ever-blessed One. In that Existence we dream all these various dreams. It is the Atman, beyond all, the Infinite, beyond the known, beyond the knowable; in and through That we see the universe. It is the only Reality. It is this table; It is the audience before me; It is the wall; It is everything, minus the name and form. Take away the form of the table, take away the name; what remains is It. The Vedantist does not call It either He or She — these are fictions, delusions of the human brain — there is no sex in the soul. People who are under illusion, who have become like animals, see a woman or a man; living gods do not see men or women. How can they who are beyond everything have any sex idea? Everyone and everything is the Atman — the Self — the sexless, the pure, the ever-blessed. It is the name, the form, the body, which are material, and they make all this difference. If you take away these two differences of name and form, the whole universe is one; there are no two, but one everywhere. You and I are one. There is neither nature, nor God, nor the universe, only that one Infinite Existence, out of which, through name and form, all these are manufactured. How to know the Knower? It cannot be known. How can you see your own Self? You can only reflect yourself. So all this universe is the reflection of that One Eternal Being, the Atman, and as the reflection falls upon good or bad reflectors, so good or bad images are cast up. Thus in the murderer, the reflector is bad and not the Self. In the saint the reflector is pure. The Self — the Atman — is by Its own nature pure. It is the same, the one Existence of the universe that is reflecting Itself from the lowest worm to the highest and most perfect being. The whole of this universe is one Unity, one Existence, physically, mentally, morally and spiritually. We are looking upon this one Existence in different forms and creating all these images upon It. To the being who has limited himself to the condition of man, It appears as the world of man. To the being who is on a higher plane of existence, It may seem like heaven. There is but one Soul in the universe, not two. It neither comes nor goes. It is neither born, nor dies, nor reincarnates. How can It die? Where can It go? All these heavens, all these earths, and all these places are vain imaginations of the mind. They do not exist, never existed in the past, and never will exist in the future.

I am omnipresent, eternal. Where can I go? Where am I not already? I am reading this book of nature. Page after page I am finishing and turning over, and one dream of life after another goes Away. Another page of life is turned over; another dream of life comes, and it goes away, rolling and rolling, and when I have finished my reading, I let it go and stand aside, I throw away the book, and the whole thing is finished. What does the Advaitist preach? He dethrones all the gods that ever existed, or ever will exist in the universe and places on that throne the Self of man, the Atman, higher than the sun and the moon, higher than the heavens, greater than this great universe itself. No books, no scriptures, no science can ever imagine the glory of the Self that appears as man, the most glorious God that ever was, the only God that ever existed, exists, or ever will exist. I am to worship, therefore, none but myself. "I worship my Self," says the Advaitist. To whom shall I bow down? I salute my Self. To whom shall I go for help? Who can help me, the Infinite Being of the universe? These are foolish dreams, hallucinations; who ever helped any one? None. Wherever you see a weak man, a dualist, weeping and wailing for help from somewhere above the skies, it is because he does not know that the skies also are in him. He wants help from the skies, and the help comes. We see that it comes; but it comes from within himself, and he mistakes it as coming from without. Sometimes a sick man lying on his bed may hear a tap on the door. He gets up and opens it and finds no one there. He goes back to bed, and again he hears a tap. He gets up and opens the door. Nobody is there. At last he finds that it was his own heartbeat which he fancied was a knock at the door. Thus man, after this vain search after various gods outside himself, completes the circle, and comes back to the point from which he started — the human soul, and he finds that the God whom he was searching in hill and dale, whom he was seeking in every brook, in every temple, in churches and heavens, that God whom he was even imagining as sitting in heaven and ruling the world, is his own Self. I am He, and He is I. None but I was God, and this little I never existed.

Yet, how could that perfect God have been deluded? He never was. How could a perfect God have been dreaming? He never dreamed. Truth never dreams. The very question as to whence this illusion arose is absurd. Illusion arises from illusion alone. There will be no illusion as soon as the truth is seen. Illusion always rests upon illusion; it never rests upon God, the Truth, the Atman. You are never in illusion; it is illusion that is in you, before you. A cloud is here; another comes and pushes it aside and takes its place. Still another comes and pushes that one away. As before the eternal blue sky, clouds of various hue and colour come, remain for a short time and disappear, leaving it the same eternal blue, even so are you, eternally pure, eternally perfect. You are the veritable Gods of the universe; nay, there are not two — there is but One. It is a mistake to say, "you and I"; say "I". It is I who am eating in millions of mouths; how can I be hungry? It is I who am working through an infinite number of hands; how can I be inactive? It is I who am living the life of the whole universe; where is death for me? I am beyond all life, beyond all death. Where shall I seek for freedom? I am free by my nature. Who can bind me — the God of this universe? The scriptures of the world are but little maps, wanting to delineate my glory, who am the only existence of the universe. Then what are these books to me? Thus says the Advaitist.

"Know the truth and be free in a moment." All the darkness will then vanish. When man has seen himself as one with the Infinite Being of the universe, when all separateness has ceased, when all men and women, an gods and angels, all animals and plants, and the whole universe have melted into that Oneness, then all fear disappears. Can I hurt myself? Can I kill myself? Can I injure myself? Whom to fear? Can you fear yourself? Then will all sorrow disappear. What can cause me sorrow? I am the One Existence of the universe. Then all jealousies will disappear; of whom to be jealous? Of myself? Then all bad feelings disappear. Against whom can I have bad feeling? Against myself? There is none in the universe but I. And this is the one way, says the Vedantist, to Knowledge. Kill out this differentiation, kill out this superstition that there are many. "He who in this world of many sees that One, he who in this mass of insentiency sees that one Sentient Being, he who in this world of shadows catches that Reality, unto him belongs eternal peace, unto none else, unto none else."

These are the salient points of the three steps which Indian religious thought has taken in regard to God. We have seen that it began with the Personal, the extra-cosmic God. It went from the external to the internal cosmic body, God immanent in the universe, and ended in identifying the soul itself with that God, and making one Soul, a unit of all these various manifestations in the universe. This is the last word of the Vedas. It begins with dualism, goes through a qualified monism and ends in perfect monism. We know how very few in this world can come to the last, or even dare believe in it, and fewer still dare act according to it. Yet we know that therein lies the explanation of all ethics, of all morality and all spirituality in the universe. Why is it that every one says, "Do good to others?" Where is the explanation? Why is it that all great men have preached the brotherhood of mankind, and greater men the brotherhood of all lives? Because whether they were conscious of it or not, behind all that, through all their irrational and personal superstitions, was peering forth the eternal light of the Self denying all manifoldness, and asserting that the whole universe is but one.

Again, the last word gave us one universe, which through the senses we see as matter, through the intellect as souls, and through the spirit as God. To the man who throws upon himself veils, which the world calls wickedness and evil, this very universe will change and become a hideous place; to another man, who wants enjoyments, this very universe will change its appearance and become a heaven, and to the perfect man the whole thing will vanish and become his own Self.

Now, as society exists at the present time, all these three stages are necessary; the one does not deny the other, one is simply the fulfilment of the other. The Advaitist or the qualified Advaitist does not say that dualism is wrong; it is a right view, but a lower one. It is on the way to truth; therefore let everybody work out his own vision of this universe, according to his own ideas. Injure none, deny the position of none; take man where he stands and, if you can, lend him a helping hand and put him on a higher platform, but do not injure and do not destroy. All will come to truth in the long run. "When all the desires of the heart will be vanquished, then this very mortal will become immortal" — then the very man will become God.


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