Partie III : rapports de journaux indiens
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Français
[Madura Mail, 28 janvier 1893] (Bien que cet extrait ne mentionne pas Swami Vivékânanda par son nom, lui attribue un M.A. qu'il n'obtint jamais et le décrit comme ayant deux ans de plus que son âge réel, il existe néanmoins des preuves internes indubitable que le Sâdhu bengali était Swami Vivékânanda. De plus, la date coïncide précisément avec le séjour du Swami à Madras, et une référence rétrospective à cet événement, publiée dans l'Indian Social Reformer le 13 juillet 1902, constitue une confirmation supplémentaire. Au demeurant, aucun exemplaire de l'Indian Social Reformer de 1892-1893 n'est disponible aujourd'hui.) UN SÂDHU BENGALI SUR LA RELIGION ET LA SOCIOLOGIE HINDOUES Un jeune sannyasin (renonçant) bengali d'environ trente-deux ans, titulaire d'une maîtrise de l'Université de Calcutta, a été interviewé la semaine dernière à la Triplicane Literary Society par une centaine d'Indiens instruits, parmi lesquels figurait Dewan Bahadur Raghunatha Rao. Un résumé de ce que déclara le Sâdhu est publié par l'Indian Social Reformer, dont nous tirons les extraits suivants : La religion parfaite est la religion védique. Les Védas (les écritures les plus anciennes) ont deux parties, obligatoire et facultative. Les injonctions obligatoires nous lient éternellement. Elles constituent la religion hindoue. Les facultatives ne le sont pas. Celles-là ont changé et ont été modifiées par les Rishis pour s'adapter aux temps. Les brahmanes mangeaient jadis du bœuf et épousaient des Shudras. On tuait un veau pour satisfaire un hôte. Les Shudras cuisinaient pour les brahmanes. La nourriture préparée par un brahmane mâle était considérée comme impure. Mais nous avons changé nos habitudes pour nous adapter à l'yuga (époque) actuel. Bien que nos règles de caste aient tant évolué depuis l'époque de Manu, si Manu revenait parmi nous aujourd'hui, il nous appellerait encore hindous. La caste est une organisation sociale et non religieuse. Elle était le fruit de l'évolution naturelle de notre société. Elle s'est révélée nécessaire et pratique à une certaine époque. Elle a rempli son office. Mais sans elle, nous serions depuis longtemps devenus mahométans [sic]. Elle est inutile maintenant. On peut s'en passer. La religion hindoue n'a plus besoin du soutien du système des castes. Un brahmane peut manger à la même table que n'importe qui, même un Pariah. Il ne perdra pas pour autant sa spiritualité. Un degré de spiritualité qui serait détruit par le contact d'un Pariah est une quantité bien dérisoire. Elle est presque au point zéro. La spiritualité d'un brahmane doit déborder, flamboyer et brûler [au point] de réchauffer à la vie spirituelle non pas un Pariah, mais des milliers de Pariahs qui pourraient le toucher. Les anciens Rishis n'observaient aucune distinction ni restriction en matière d'alimentation. Un homme qui a le sentiment que sa propre spiritualité est si fragile que la vue d'un homme de basse caste l'anéantit n'a pas à s'approcher d'un Pariah et doit garder pour lui sa précieuse petitesse. L'idéal hindou de la vie est la « Nivarti » [Nivritti]. Nivarti signifie l'assujettissement et la conquête des passions mauvaises, de la nature Tamasa de la luxure, de la vengeance et de l'avarice. Cela ne signifie pas la conquête de tout désir. Cela signifie seulement l'anéantissement des désirs grossiers. Tout homme est tenu d'aimer ses semblables et de sympathiser avec eux. Un Sanyasi (sannyasin) est celui qui a vaincu toutes ses passions égoïstes et a fait vœu de consacrer sa vie au bien d'autrui. Il aime tous les êtres. « Pravirti » [Pravritti] signifie l'amour de Dieu et de toutes ses créatures. Les Sanyasis doivent être nourris. Ils ne ressemblent pas aux évêques et archevêques chrétiens qui doivent être payés pour accomplir leur travail avec des milliers de livres par an, dont tous les revenus sont dépensés pour leur propre luxe — leur femme et leurs enfants. Le Sanyasi ne veut qu'une bouchée de nourriture, puis il met toute sa connaissance et ses services à la disposition du public. Il est un missionnaire itinérant. Les individus et la société doivent s'élever eux-mêmes « de la bête à travers l'homme, jusqu'au divin ». Même le plus bas des hindous, le Pariah, a moins en lui de la bête qu'un Britannique dans une condition sociale similaire. C'est le résultat d'une vieille et excellente civilisation religieuse. Cette évolution vers un état spirituel supérieur n'est possible que par la discipline et l'éducation. Toute institution — la caste, le mariage précoce, etc. — qui fait obstacle à l'éducation devrait être immédiatement supprimée. Même le « Shradh » peut être abandonné si son accomplissement implique une perte de temps qui pourrait être mieux utilisée pour l'autoéducation. Mais le « Shradh » ne devrait pas être abandonné. La signification des Mantras est très édifiante. Les Mantras dépeignent les souffrances et les soins que nos parents ont endurés pour nous. Son accomplissement est un honneur rendu à la mémoire de la somme totale de l'esprit de nos ancêtres, dont nous héritons les vertus. Le Shradh n'a rien à voir avec le salut de l'individu. Pourtant, aucun hindou qui aime sa religion, son pays et ses grands hommes du passé ne devrait abandonner le Shradh. Les formalités extérieures et le repas des brahmanes ne sont pas essentiels. Nous n'avons pas de brahmanes de nos jours dignes d'être nourris les jours de Shradh. Les brahmanes que l'on nourrit ne devraient pas être des mangeurs professionnels, mais des brahmanes qui nourrissent leurs disciples gratuitement et leur enseignent les vraies doctrines védiques. De nos jours, le Shradh peut s'accomplir mentalement. La jalouse surveillance de nos femmes montre que nous, hindous, avons décliné dans nos vertus nationales, que nous avons régressé vers « l'état brutal ». Chaque homme doit discipliner son esprit au point de parvenir à considérer toutes les femmes comme ses sœurs ou ses mères. Les femmes doivent avoir la liberté de lire, de recevoir une éducation aussi bonne que celle des hommes. Le développement individuel est impossible avec l'ignorance et l'esclavage. En raison de mille ans d'esclavage, les hindous ont dégénéré dans les temps présents. Ils ont oublié leur propre dignité. Chaque garçon anglais est élevé à se sentir important ; il pense qu'il est membre d'une grande race, les conquérants de la Terre. L'hindou ressent depuis son enfance exactement le contraire, qu'il est né pour être esclave. Nous ne pouvons pas devenir une grande nation à moins d'aimer notre religion et d'essayer de nous respecter, de respecter nos compatriotes et notre société. Les hindous des temps modernes sont généralement des hypocrites. Ils doivent s'élever et allier la foi en la vraie religion védique à la connaissance des vérités politiques et scientifiques des Européens. Les maux de la caste semblent être plus répandus dans le Sud qu'au Bengale. Au Bengale, un brahmane utilise l'eau touchée par les Shudras, mais ici, le Shudra est tenu à grande distance par le brahmane. Il n'y a pas de brahmanes dans le [Kali] Yuga. Les Pariahs, nos semblables, doivent être éduqués par les castes supérieures, [doivent apprendre] les vérités de la religion hindoue et [devenir] des brahmanes. Le premier devoir d'un brahmane est d'aimer tous les êtres. Il doit d'abord y avoir une fusion entre les brahmanes, puis entre tous les Dwijas, et enfin entre les Dwijas et les Shudras. Par H. R. Haweis [The Indian Mirror (d'après The Daily Chronicle), 28 novembre 1893] . . . Vivékânanda, le populaire moine hindou, dont la physionomie portait la ressemblance la plus frappante avec le visage classique du Bouddha, dénonça notre prospérité commerciale, nos guerres sanglantes et notre intolérance religieuse, déclarant qu'à ce prix, « le doux hindou » n'aurait rien à faire de notre prétendue civilisation. . . . « Vous venez, » cria-t-il, avec la Bible d'une main et l'épée du conquérant de l'autre — vous, avec votre religion d'hier, vers nous que nos Rishis ont instruits il y a des milliers d'années de préceptes aussi nobles et de vies aussi saintes que celles de votre Christ. Vous nous piétinez et nous traitez comme la poussière sous vos pieds. Vous détruisez de précieuses vies animales. Vous êtes des carnivores. Vous dégradez notre peuple avec l'alcool. Vous insultez nos femmes. Vous méprisez notre religion — semblable en bien des points à la vôtre, seulement meilleure, car plus humaine. Et vous vous demandez ensuite pourquoi le christianisme fait si peu de progrès en Inde. Je vous dis que c'est parce que vous ne ressemblez pas à votre Christ, que nous pourrions honorer et révérer. Croyez-vous que, s'il venait à nos portes comme lui, humble et doux, portant un message d'amour, vivant et travaillant et souffrant pour les autres, comme il l'a fait, nous resterions sourds à sa voix ? Oh non ! Nous l'aurions reçu et écouté, comme nous avons reçu nos propres Rishis inspirés (maîtres). . . . [The Indian Mirror, 7 décembre 1893] Un hindou critique le christianisme M. Vivékânanda dit que la religion des Védas est la religion de l'amour Vivékânanda dit que le christianisme est intolérant Le Dr Noble présidait la session de l'après-midi. La Hall of Columbus était bondée. . . . Le Dr Noble présenta ensuite le Swami Vivékânanda, le moine hindou, qui fut chaleureusement applaudi lorsqu'il s'avança au centre de l'estrade. Il portait une robe orange, nouée d'une ceinture écarlate, et un turban jaune pâle. Le sourire habituel éclairait son beau visage et ses yeux brillaient d'animation. Il dit : Nous qui venons de l'Est nous sommes assis ici sur l'estrade, jour après jour, et on nous a dit d'un ton condescendant que nous devrions accepter le christianisme parce que les nations chrétiennes sont les plus prospères. Nous regardons autour de nous et nous voyons l'Angleterre, la nation chrétienne la plus prospère du monde, avec son pied sur la nuque de deux cent cinquante millions d'Asiatiques. Nous regardons en arrière dans l'histoire et nous voyons que la prospérité de l'Europe chrétienne commença avec l'Espagne. La prospérité de l'Espagne commença avec l'invasion du Mexique. Le christianisme remporte sa prospérité en tranchant la gorge de ses semblables. À ce prix, l'hindou ne veut pas de prospérité. Je me suis assis ici aujourd'hui, et j'ai entendu le comble de l'intolérance. J'ai entendu le credo musulman applaudi, alors qu'aujourd'hui l'épée musulmane porte la destruction en Inde. Le sang et l'épée ne sont pas pour l'hindou, dont la religion est fondée sur la loi de l'amour. Quand les applaudissements se turent, M. Vivékânanda se mit [à lire] son mémoire, dont voici un résumé : [Voir « Mémoire sur l'hindouisme », Œuvres complètes, I : 6-20]. . . . [The Indian Mirror, 14 juin 1894] Il s'est engagée une correspondance animée entre le Swami Vivékânanda et un missionnaire chrétien à la retraite sur l'œuvre et les perspectives du christianisme en Inde. Entre autres choses, le Swami aurait dit que « la manière de convertir est absolument absurde » ; Les médecins missionnaires ne font aucun bien, parce qu'ils ne sont pas en contact avec le peuple. . . . Ils n'accomplissent rien en termes de conversion, bien qu'ils puissent avoir de bons moments de sociabilité entre eux, etc. Le révérend monsieur prit exception à ces propos, soutenant que, parlant bien les langues vernaculaires, personne parmi les étrangers ne comprend et ne sympathise mieux avec les Indiens que les Missionnaires. Les Missionnaires sont sans doute de bonnes personnes bien intentionnées ; mais nous pensons que la déclaration du Swami, selon laquelle ils sont rarement en contact avec le peuple, n'est pas sans fondement. Avec le renouveau de l'hindouisme, manifesté dans toutes les parties du pays, il est douteux que le christianisme ait quelque empire sur les hindous. Le moment présent est critique pour les missions chrétiennes en Inde. Le Swami remercia le Missionnaire de l'avoir appelé son compatriote. « C'est la première fois, » écrivit-il, qu'un étranger européen, né en Inde certes, a osé appeler un autochtone honni par ce nom — Missionnaire ou pas Missionnaire. Oseriez-vous m'appeler de même en Inde ? [The Indian Mirror, 20 juillet 1894] Le Swami Vivékânanda expliqua en Amérique l'idée centrale des Védas comme suit : Je me permets humblement de différer de ceux qui voient dans le monothéisme, dans la reconnaissance d'un Dieu personnel distinct de la Nature, l'acmé du développement intellectuel. Je crois que ce n'est qu'une forme d'anthropomorphisme sur laquelle l'esprit humain trébuche dans ses premières tentatives de comprendre l'inconnu. La satisfaction ultime de la raison et de la conscience humaines réside dans la réalisation de cette essence universelle qui est le Tout. Et je tiens une preuve irréfragable que cette idée est présente dans les Védas, malgré les nombreux dieux et leurs invocations. Cette idée du Tout sans forme, le Sat, c'est-à-dire l'esse ou l'être, appelé Atman (le Soi véritable) et Brahman (la Réalité absolue) dans les Upanishads, et expliqué plus avant dans les Darsans, est l'idée centrale des Védas, que dis-je, l'idée fondamentale de la religion hindoue en général. [The Bengalee, 18 mai 1895] Il n'est pas un hindou qui ne soit pas fier du Swami Vivékânanda — qui ne l'honorerait pas lui et ses enseignements. Il a fait honneur à lui-même, à sa race et à sa religion. Si nous avons raison dans cette opinion, il s'ensuit que les avis de Vivékânanda méritent la plus haute considération. Voici ce qu'il dit concernant le mouvement en faveur du voyage en mer : L'expansion, c'est la vie ; la contraction, c'est la mort. L'amour, c'est la vie, la haine, c'est la mort. Nous avons commencé à mourir le jour où nous avons commencé à nous contracter — à haïr les autres races — et rien ne peut empêcher notre mort, jusqu'à ce que nous revenions à la vie, à l'expansion. Nous devons donc nous mêler à toutes les races de la terre, et tout hindou qui part voyager en pays étranger fait plus de bien à son pays que des centaines de ces paquets de superstition et d'égoïsme dont l'unique but dans la vie est d'être le chien du jardinier. Ces structures merveilleuses de la vie nationale que les nations occidentales ont érigées sont soutenues par des piliers de caractère — et jusqu'à ce que nous puissions en produire des centaines, il est inutile de rager et de fulminer contre tel ou tel pouvoir. Quelqu'un mérite-t-il la liberté s'il n'est pas prêt à la donner aux autres ? Mettons-nous calmement et virillement au travail — au lieu de dissiper nos énergies en agitations et fulminements inutiles, et moi, pour ma part, je crois fermement qu'aucune puissance dans l'univers ne peut retenir à quiconque quoi que ce soit qu'il mérite vraiment. Le passé était certes grand, mais je crois sincèrement que l'avenir en réserve est encore plus glorieux. Nous devons nous mêler aux autres nations et prendre d'elles tout ce qu'elles ont de bon à nous offrir. C'est notre exclusivisme, notre réticence à apprendre des nations étrangères, qui est principalement responsable de notre dégradation actuelle. Nous nous considérions comme les élus du ciel, et supérieurs aux nations de la terre à tous égards. Nous les regardions comme des barbares, leur contact comme une souillure, leur savoir comme pire que l'ignorance. Nous vivions dans un monde de notre propre création. Nous ne voudrions rien enseigner à l'étranger — nous ne voudrions rien apprendre de l'étranger. Finalement vint la désillusion. L'étranger devint notre maître — l'arbitre de nos destinées. Nous nous mîmes avidement à son savoir. Nous trouvâmes qu'il y avait beaucoup en lui de nouveau, beaucoup d'extrêmement utile. Nous trouvâmes qu'en ce qui concerne le confort matériel de la vie, l'étranger nous distançait de loin — que sa maîtrise sur les forces de la nature était bien supérieure à tout ce dont nous avions rêvé. Il avait anéanti le temps et l'espace et avait subordonné les forces de la nature à la commodité de l'homme. Il avait beaucoup de choses merveilleuses à nous enseigner. Nous les apprîmes avidement. Mais nous ne visitons toujours pas son pays. Si nous le faisons, nous perdons notre caste. Nous sommes sous un gouvernement étranger. Nous étudions avidement une langue et une littérature étrangères et admirons tout ce qu'elles ont de bon et de beau. Nous utilisons des articles étrangers pour nous habiller et nous nourrir. Mais nous n'osons pas encore visiter le pays de nos maîtres, par peur de l'excommunication. Contre ce préjugé dénué de sens, le grand Swami, qui est un hindou entre les hindous, élève avec indignation sa voix de protestation. Les objecteurs, selon son expression imagée, sont comme le chien du jardinier. Ils ne voyagent pas à l'étranger et n'en laissent pas les autres voyager. Pourtant le fait demeure, dit le Swami, que ces hindous voyageurs font plus de bien à leur pays que des centaines de ces paquets de superstition et d'égoïsme dont l'unique but dans la vie est d'être comme le chien du jardinier. . . . . . . Si nous avions nos Rishis en cette époque, comme nous en avions dans les époques révolues, nous sommes certains qu'ils auraient levé l'interdiction de voyager en mer, si jamais une telle interdiction a été imposée dans le passé. La société est un organisme qui obéit à la loi immuable du progrès ; et le changement, judicieux et prudent, est nécessaire au bien-être et même à la préservation du système social. Quoi qu'il en soit, c'est déjà quelque chose de savoir qu'une autorité aussi éminente et aussi bon hindou que le Swami Vivékânanda soutient les voyages à l'étranger. . . . [The Indian Mirror, 29 juin 1895] Le discours du Swami Vivékânanda, prononcé à Chicago lors de la présentation des bouddhistes le 26 septembre 1893, est publié dans l'édition MacNeely de l'« Histoire du Parlement des religions ». Voici ses mots conclusifs : Nous ne pouvons pas vivre sans vous, ni vous sans nous. Croyez donc que la séparation nous a montré que vous ne pouvez pas tenir sans l'intellect et la philosophie du Brahman [sic], ni nous sans votre cœur. Cette séparation entre le bouddhiste et le Brahman [Brahmane] est la cause de la décadence de l'Inde. C'est pourquoi l'Inde a été l'esclave de conquérants pendant les mille dernières années. Unissons donc le merveilleux intellect du Brahman [Brahmane] au cœur, à l'âme noble, au merveilleux pouvoir humanisant du Grand Maître. [The Indian Mirror, 1er décembre 1895] Lors de la réunion hebdomadaire de la Balloon Society, un discours sur « L'homme et la société à la lumière du Vedanta » fut prononcé par le Swami Vivékânanda. Le Swami, qui portait la robe rouge de sa secte, parla avec une grande aisance et dans un anglais parfait pendant plus d'une heure sans l'aide d'une seule note. Il dit que la religion était le facteur le plus merveilleux dans l'organisme social. Si la connaissance était le gain le plus élevé que la science pouvait offrir, qu'est-ce qui pouvait être plus grand que la connaissance de Dieu, de l'âme, de la propre nature de l'homme, que donnait l'étude de la religion ? Non seulement il était impossible qu'il y ait une seule religion pour le monde entier, mais ce serait dangereux. Si toute la pensée religieuse se trouvait au même niveau, ce serait la mort de la pensée religieuse ; la variété en est la vie. Il existait quatre types de religion — (1) le travailleur, (2) l'émotionnel, (3) le mystique, et (4) le philosophique. Chaque homme devenait malheureusement si lié à son propre type qu'il n'avait pas les yeux pour voir ce qui existait dans le monde. Il s'efforçait de rendre les autres du même type. La religion parfaite serait celle qui offrirait une place à tous les différents caractères. La religion védantique accueillait tous, et chacun pouvait choisir ce que sa nature requérait. Une discussion s'ensuivit. [The Indian Mirror (d'après le New York Herald), 25 mars 1896] De nombreuses personnes connues cherchent à suivre l'enseignement de la Philosophie du Swami Vivékânanda. . . . . . . Le Swami Vivékânanda était assis au centre, vêtu d'une robe couleur ocre. Le Hindu avait son auditoire divisé de chaque côté de lui et il y avait entre cinquante et une centaine de personnes présentes. Le cours portait sur le Karma Yoga (la loi de l'action et de ses effets), qui a été décrit comme la réalisation de soi-même en tant que Dieu à travers les œuvres et le devoir. Son thème était : « Ce que vous semez, vous le récolterez », que ce soit le bien ou le mal. À la suite de la conférence ou de l'enseignement, le Swami tint une réception informelle, et le magnétisme de l'homme se manifesta par la façon empressée dont ceux qui l'avaient écouté se hâtaient de lui serrer la main ou sollicitaient la faveur d'une présentation. Mais en ce qui le concerne, le Swami ne dira pas plus que ce qui est absolument nécessaire. Contrairement à la prétention de certains de ses élèves, il déclare qu'il est venu dans ce pays seul et non en tant que représentant officiel d'un ordre de moines hindous. Il appartient aux Sanyasis, dit-il ; et est donc libre de voyager sans perdre sa caste. Quand on lui fait remarquer que l'hindouisme n'est pas une religion prosélyte, il dit qu'il a un message pour l'Occident comme Bouddha en avait un pour l'Orient. Interrogé sur la religion hindoue et demandé s'il a l'intention d'introduire ses pratiques et son rituel dans ce pays, il déclare qu'il ne prêche que la philosophie. [The Indian Mirror, 19 juin 1896] Le Swami Saradananda, dans une lettre de Londres écrite à l'éditeur du Brahmavadin, dit : Le Swami Vivékânanda a fait un très bon début ici. Un grand nombre de personnes assistent régulièrement à ses cours, et les conférences sont des plus intéressantes. Canon Haweis, l'un des chefs de l'Église anglicane, est venu l'autre jour et s'est montré très intéressé. Il avait vu le Swami auparavant à la foire de Chicago et l'avait aimé depuis ce moment. Mardi dernier, le Swami a donné une conférence sur « L'éducation » au Sesame Club. C'est un club respectable fondé par des femmes pour diffuser l'éducation féminine. Dans cette conférence, il traita du vieux système éducatif de l'Inde, fit remarquer clairement et de façon impressionnante que le seul but du système était de « former des hommes » et non de bourrer les crânes, et le compara avec le système actuel. Il soutint que l'esprit de l'homme est un réservoir infini de connaissance, et que toute connaissance, présente, passée ou future, est en l'homme, manifestée ou non manifestée, et que l'objet de tout système éducatif devrait être d'aider l'esprit à la manifester. Par exemple, la loi de la gravitation était en l'homme, et la chute de la pomme aida Newton à y réfléchir et à la faire sortir de son propre esprit. Ses jours de cours ont été organisés comme suit : Mardis, matin et soir ; jeudis, matin et soir ; vendredi, cours de questions en soirée. Ainsi, le Swami doit faire quatre conférences et un cours de questions chaque semaine. Dans la conférence de cours, il a commencé par le Jnâna Yoga (la connaissance spirituelle). Un compte rendu sténographique de ces conférences est pris par M. Goodwin, qui est un grand admirateur du Swami, et ces conférences seront publiées ultérieurement. [The Brahmavadin, 18 juillet 1896] Monsieur, Je suis sûr que vous serez heureux d'avoir une idée des progrès du travail du Swami en Angleterre, en complément de la lettre que le Swami Saradananda vous a envoyée il y a quelques semaines. À ce moment-là, une série de conférences dominicales était en cours d'organisation, et trois d'entre elles ont maintenant été données. Elles se tiennent dans l'une des galeries du Royal Institute of Painters in water colours, 191 Piccadilly, et ont jusqu'ici réussi de façon remarquable à atteindre leur objectif, celui de toucher des personnes qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent pas assister aux cours en petit comité. La première de la série portait sur « La nécessité de la religion ». Le Swami soutint que la religion est et a été la plus grande force dans le façonnement des destinées de la race humaine. Concernant son origine, il dit que l'une ou l'autre des deux théories — (1) l'origine spirituelle, (2) la recherche de l'infini — suffit à rendre compte du phénomène, et que selon lui, aucune ne contredit l'autre, car la recherche des disparus chez les Égyptiens et les Babyloniens, et la tentative de regarder derrière le voile de l'aurore, du crépuscule, de l'orage ou d'autres phénomènes naturels chez les Aryens, peuvent toutes deux être incluses comme une recherche du supersensible, et donc de l'illimité. Cet illimité, au fil du temps, fut abstrait, d'abord comme une personne, puis comme une présence, et enfin comme l'essence de toute existence. Selon lui, l'état de rêve est la première suggestion de la quête religieuse, et dans la mesure où l'état d'éveil a toujours été et sera toujours accompagné de l'état de rêve — suggestion d'une existence plus subtile que celle de l'état d'éveil et pourtant s'évanouissant durant celui-ci — l'esprit humain sera toujours prédisposé en faveur de l'existence spirituelle et d'une vie future. C'est dans notre état de rêve que nous trouvons réellement, en un sens, notre immortalité. Plus tard, lorsque les rêves s'avèrent n'être que des manifestations plus douces de l'état d'éveil, la recherche de plans encore plus profonds de l'esprit commence — l'état superconscient de l'esprit. Toutes les religions prétendent être fondées sur des faits découverts dans cet état. Les deux points importants à considérer à cet égard sont, premièrement, que tous les faits ainsi découverts sont, au sens le plus élevé, des abstractions, et deuxièmement, qu'il y a dans la race une lutte constante pour s'élever jusqu'à cet idéal, et tout ce qui contrarie notre progrès vers cet idéal est ressenti comme une limitation. Cette lutte aboutit bientôt à la découverte que trouver un bonheur infini, ou un pouvoir infini, ou une connaissance infinie, ou tout autre infini, à travers les sens est impossible, et alors commence la quête d'autres canaux d'expansion, et nous trouvons la nécessité de la religion. La deuxième conférence portait sur « Une religion universelle », où le Swami donna, en substance, la conférence que la plupart de vos lecteurs ont vue imprimée telle qu'elle fut prononcée à New York. Cette conférence pouvant être considérée comme le « plan de campagne » du Swami, nous attendons toujours sa livraison avec un très grand intérêt, et il est très encourageant de noter que l'impression produite ici à Londres était tout aussi bonne que lorsque la conférence fut prononcée à la Hardman Hall de New York. La troisième de la série nous amena jusqu'au dimanche dernier, le 21 juin, où « L'homme réel et l'homme apparent » était le sujet en discussion. Dans cette conférence, le Swami, maillon après maillon, parcourut le fil de la pensée qui a progressivement avancé depuis la considération des hommes comme des entités séparées de Dieu et du reste de l'univers, jusqu'au point où nous admettons l'impossibilité de plus d'un Infini, et la conséquence nécessaire que ce que nous regardons maintenant comme des hommes, comme des animaux, comme l'univers matériel, ne peut être l'unité réelle ; que le réel doit être quelque chose d'indivisible et d'immuable ; et lorsque la raison nous force à conclure que ce monde phénoménal ne peut être qu'une illusion, à travers laquelle nous, en tant qu'entités dans l'illusion, devons passer pour découvrir notre vraie nature, « Ce qui existe est un ; les sages l'appellent de noms divers ». Mais le Swami ne s'arrêta pas à la théorie ; il montra quel serait l'effet pratique d'une telle théorie : l'élimination progressive de la société des distinctions de classe et des distinctions entre homme et homme, par un plus grand désintéressement en matière d'argent et de pouvoir. Répondant à l'objection qu'une telle religion signifie la perte de l'individualité, il soutint que ce qui est changeant ne peut être la vraie individualité, et que la découverte progressive de la réalité en nous signifierait l'assomption de l'individualité et non sa destruction. Les trois conférences ainsi données ont été si favorablement reçues, et tant de vœux ont été exprimés pour leur continuation, que trois nouvelles conférences vont être données. . . . 63, St. George's Rd. Sincèrement vôtre Londres, S. W. UN DISCIPLE 23 juin 1896 (Correspondance) [The Indian Mirror, 22 septembre 1896] Le Swami Vivékânanda écrit du lac Luzern [Lucerne], Suisse, à la date du 23 août dernier. Il a parcouru plusieurs parties du pays cisalpin, jouissant des vues agréables de la nature qui s'y trouvent. Il dit que les paysages n'ont rien à envier à ceux de l'Himalaya. Il relève néanmoins deux points de différence entre les deux régions montagneuses. Dans la première, la colonisation rapide et dense a compromis la beauté des lieux. Dans la seconde, cette tendance ne s'est pas encore manifestée de façon aussi marquée. La première est devenue surtout un lieu de séjour pour les sanatoristes et les résidents d'été ; et la seconde principalement pour les pèlerins et les dévots. Le Swami se rend prochainement en Allemagne, où aura lieu une rencontre avec le Prof. Deussen, après quoi, vers le 24 septembre, il retournera en Angleterre. En Inde, très vraisemblablement, dit-il, il rentrera l'hiver prochain. Il a l'intention de résider dans l'Himalaya. [The Journal of the Maha Bodhi Society, novembre 1896] On nous a offert un exemplaire d'une brochure intitulée « L'idéal d'une religion universelle », publiée par la Brahmavadin Publishing Company de Madras. C'est une conférence du Swami Vivékânanda, prononcée en Amérique. La conférence est des plus intéressantes et instructives. C'est une tentative de réconciliation entre la diversité des religions. Nous saluons cette brochure comme le symptôme des temps, car il est évident pour des raisons évidentes que les hommes commencent à se réveiller à l'importance de ce problème d'harmonie religieuse. Récemment, dans ces pays, des chefs de différentes sectes religieuses ont tenté à leur façon de réconcilier cette diversité religieuse, et ont échoué ; ils ont aspiré à défendre leurs dogmes sur la base de vues sectaires déformées. Le Swami Vivékânanda a proposé une solution à la fois philosophique et des plus pratiques à ce problème d'harmonie religieuse. Selon lui, le Vedanta est le lien entre les divergences religieuses toujours conflictuelles. Dans le monde intérieur, comme dans le monde extérieur, il y a aussi l'action centripète et centrifuge. Nous repoussons quelque chose, nous attirons quelque chose. Aujourd'hui nous sommes attirés par certains, demain nous sommes repoussés par d'autres. La même loi ne peut s'appliquer à tout moment et dans tous les cas. « La religion est le lieu le plus élevé de la pensée et de la vie humaines, et c'est là que les effets de ces deux forces ont été les plus marqués. » D'emblée, il apparaît apparemment qu'il ne peut régner d'harmonie ininterrompue sur ce plan de lutte puissante. Dans toute religion, il y a trois parties : la philosophie, la mythologie et les rituels. Toute religion reconnue [a] ces trois choses. Mais il ne peut pas y avoir de philosophie, de mythologie et de rituels universels pour le monde entier. Où est donc l'universa- lité ? Comment est-il alors possible d'avoir une forme universelle de religion ? « Nous entendons tous, » dit le Swami Vivékânanda, parler de la fraternité universelle et de sociétés qui se lèvent pratiquement pour la prêcher. Fraternité universelle, c'est-à-dire que nous crions comme des ivrognes que nous sommes tous égaux, et donc créons une secte. Dès que vous créez une secte, vous protestez contre l'égalité, et elle n'existe donc plus. Les mahométans parlent de fraternité universelle, mais qu'en ressort-il en réalité ? Personne qui n'est pas mahométan ne sera admis dans la fraternité ; on lui tranchera la gorge. Nous pensons ne pouvoir mieux faire que de citer ses propres paroles, par lesquelles il expose avec une lucidité et une profondeur de vues remarquables, dans un esprit remarquablement catholique, la philosophie de la religion universelle [Voir Œuvres complètes, II : 375-96]. . . . Dans la société, il existe diverses natures d'hommes. Certains sont des hommes actifs et travailleurs, il y a l'homme émotionnel, puis l'homme mystique et enfin le philosophe. Vivékânanda frappe la note fondamentale de toute sa philosophie quand il déclare que tenter d'aider l'humanité à devenir magnifiquement équilibrée dans ces quatre directions est son idéal de la religion, et cette religion s'appelle en Inde, Yoga (discipline d'union spirituelle). Le travailleur est appelé le Karma yogin ; celui qui cherche l'union par l'amour est appelé le Bhakti yogin (bhakti — la dévotion aimante) ; celui qui cherche par le mysticisme est appelé le Râja yogin ; et celui qui cherche par la philosophie est appelé le Jnâna yogin (jnana — la connaissance spirituelle). La religion qui a une place pour des hommes de toutes ces natures et qui satisfait la soif des hommes d'inclinaisons différentes peut être la religion universelle, et cette religion est le Vedanta. Nous recommandons très cordialement ce remarquable petit livre à nos lecteurs. Car il contient des expressions claires et définies de vues sur le problème le plus vital qui retient l'attention sérieuse des théologiens. Le prix du livre est 3 annas, et peut être obtenu au Brahmavadin Office, Triplicane, Madras. [The Indian Mirror, 16 décembre 1896] Le 21 du mois [novembre], le « Cambridge Indian Majlis » donna un dîner d'honneur à l'Hôtel University Arms [à Cambridge] en l'honneur du Prince Ranjitsinhji et de M. Atul Chandra Chatterjee. M. Hafiz G. Sarwir du St. John's College présida. Il y avait environ cinquante Indiens présents et quelques Anglais. . . . Le Swami Vivékânanda se leva ensuite pour répondre [au toast à l'Inde] au milieu d'applaudissements nourris et assourdissants. Le Swami commença par dire qu'il ne savait pas exactement pourquoi il avait été choisi pour répondre au toast, à moins que ce ne soit parce que, par sa corpulence, il ressemblait de façon frappante à l'animal national de l'Inde (rires). Il souhaitait féliciter l'invité de la soirée et il prit au pied de la lettre la déclaration du président que M. Chatterjee allait corriger l'erreur des historiens passés de l'Inde. Car du passé doit venir l'avenir, et il ne connaissait pas de fondement plus grand et plus permanent pour l'avenir qu'une vraie connaissance de ce qui avait précédé. Le présent est l'effet de l'infinité de causes qui représentent le passé. Ils avaient beaucoup à apprendre des Européens, mais leur passé, la gloire de l'Inde qui s'était écoulée, devrait constituer une source d'inspiration et d'instruction encore plus grande. Les choses montent et les choses se dégradent, il y a montée et chute partout dans le monde. . . . [Voir le bloc de citation à la page suivante pour le texte restant de ce rapport.] [The Amrita Bazar Patrika, 8 janvier 1897] . . . La réunion était unique en son genre, car les Indiens se retrouvèrent pour parler (au Majlis, ils parlent tous) des succès de Ranjit Singh et d'Atul Chandra Chatterjee. C'est dommage que le nom du Professeur Bose n'ait pas été associé aux deux précédents ; et nous pensons que le Swami Vivékânanda, qui était présent à l'occasion, méritait aussi une reconnaissance. Nous ne commettrons cependant pas l'erreur d'omettre les deux derniers en notant ce que les Indiens ont été capables d'accomplir en Occident. Ce que fit le Swamiji, c'est de dissiper l'impression dans l'esprit des Américains que les Indiens étaient des barbares, superstitieux dans leurs croyances, et adonnés à des cruautés monstrueuses. L'avènement du Swamiji en Occident a rendu ce service qu'il a créé une impression dans de nombreux milieux que les Indiens ne sont pas une race inférieure comme les appelait Sir Charles Elliot, et qu'ils peuvent, dans des domaines tels que la religion et la philosophie, dire des choses qui ne sont pas connues même en Occident. L'avènement du Swamiji en Occident a indubitablement rehaussé le caractère des Indiens en Occident. . . . Dit le Swami Vivékânanda : Et bien que l'Inde soit tombée aujourd'hui, elle se relèvera certainement. Il fut un temps où l'Inde produisait de grands philosophes et d'encore plus grands prophètes et prédicateurs. Le souvenir de ces jours devrait les remplir d'espoir et de confiance. Ce n'était pas la première fois dans l'histoire de l'Inde qu'ils se trouvaient aussi bas. Des périodes de dépression et de dégradation s'étaient produites avant cela, mais l'Inde avait toujours triomphé à la longue, et il en serait de nouveau ainsi à l'avenir. . . . . . . [The Amrita Bazar Patrika, 20 janvier 1897] Le Swami Vivékânanda a reçu l'ovation d'un héros conquérant rentrant chez lui. La dernière nouvelle que nous avons eue de lui en Angleterre était lorsqu'il reçut une adresse d'adieu de ses disciples anglais, qui exprimèrent leur amour éternel pour l'Inde. . . . Personne n'a une connaissance exacte de ce que le Swami Vivékânanda faisait en Occident. Nous entendons dire qu'il a produit quelque impression en Amérique et aussi en Angleterre. . . . Le Swami est cependant bien conscient de la nature de la mission devant lui. Il dit que le védantisme enseigne la vérité, à savoir que l'homme est un être divin et que le plus élevé et le plus humble sont les manifestations d'un même Seigneur. Il n'admet cependant pas que la connaissance seule soit suffisante pour le salut de l'homme. Il dit : Mais sa connaissance ne devrait pas être une théorie, mais une vie. La religion est une réalisation, non un discours, ni des doctrines, ni des théories, si belles soient-elles toutes. La religion, c'est être et devenir, non entendre ou reconnaître. Ce n'est pas un assentiment intellectuel ; c'est toute la nature de l'homme qui se transforme en elle. Telle est la religion. Par un assentiment intellectuel, nous pouvons arriver à cent sortes de folies, et changer le lendemain, mais cet être et devenir, voilà ce qu'est la religion. Dans ces nobles sentiments, le Swami montre qu'il comprend bien la situation. Ce qui produit la renaissance d'un homme, c'est la religion. Sous l'influence de la religion, un homme devient un être tout à fait différent de ce qu'il était auparavant. Si tel n'est pas le résultat de sa religion, sa religion est un mythe. [The Indian Mirror, 24 février 1898] Le Swami Vivékânanda a exhorté les habitants de Lahore et de Sialkote à la nécessité du travail pratique. Les millions d'affamés, soulignait-il, ne peuvent pas vivre de spéculations métaphysiques ; ils ont besoin de pain ; et dans une conférence qu'il donna à Lahore sur la Bhakti (la dévotion aimante), il suggéra, comme la meilleure religion pour aujourd'hui, que tout homme, selon ses moyens, parte dans la rue et cherche des Narayans affamés, les ramène chez lui, les nourrisse et les habille. Celui qui donne doit donner à l'homme en se souvenant qu'il est le plus grand temple de Dieu. Il avait vu la charité dans de nombreux pays, et la raison de son échec était l'esprit dans lequel elle était pratiquée. « Tiens, prends cela et va-t'en. » La charité démentait son nom tant qu'elle était pratiquée pour acquérir la réputation ou les applaudissements du monde. [The Indian Mirror, 24 avril 1898] Le Swami Vivékânanda, présentant le conférencier Swami Saradananda, dit : Mesdames et Messieurs, — L'orateur de ce soir vient juste d'Amérique. Comme vous le savez tous ici, l'Amérique est pour votre pays, bien que nos compatriotes, en particulier le Swami Dayananda Saraswati, avaient l'habitude d'appeler ce pays Patal, habité par des Lapons, des Rakshas et des Asuras, etc. (Rires et vifs applaudissements). Eh bien, Messieurs, que ce soit Patal ou non, vous devriez en décider par vous-mêmes en regardant ces quelques dames présentes ici, qui sont venues du pays de votre soi-disant Patal, pour voir si elles sont des Naga Kanyas ou non. (Applaudissements). L'Amérique est un pays tout à fait nouveau. Elle fut découverte par Colomb, l'Italien, et avant cela, une revendication antérieure est avancée par les Norvégiens qui disent avoir découvert sa partie septentrionale, et avant cela encore, il y a une autre revendication antérieure des Chinois, qui prêchèrent un jour la noble doctrine du bouddhisme dans toutes les parties du monde, et il est dit que des missionnaires bouddhistes furent aussi envoyés d'Inde en Amérique, et en particulier à Washington, où des traces de ce genre peuvent encore être retrouvées par tout voyageur qui s'y rend. Eh bien, la situation s'est maintenant renversée depuis un siècle ou plus, et au lieu que l'Amérique soit découverte, elle découvre les personnes qui viennent à elle. (Vifs applaudissements). C'est un phénomène que nous observons tous les jours là-bas : des multitudes de personnes venant de toutes les parties du monde [pays ?] et se faisant découvrir aux États-Unis. C'est un fait, bien connu de vous tous ici, que plusieurs de nos propres compatriotes ont été ainsi découverts. (Applaudissements). Aujourd'hui, je vous présente l'un de vos garçons de Calcutta, qui a été découvert de la même façon par les Américains. (Applaudissements). [The Indian Mirror, 15 février 1901] Un correspondant écrit : « Ce qui suit est un résumé du discours du Swami Vivékânanda prononcé à l'école de Belur M.E. lors de la distribution des prix du 22 du mois courant, dimanche, quand le Swami fut invité à présider. L'auditoire était composé principalement des élèves de l'école et de quelques notables de Belur. » L'étudiant moderne n'est pas pratique. Il est tout à fait impuissant. Ce qu'il faut à nos étudiants, c'est moins la musculature du corps que la robustesse. Ils manquent d'autonomie. Ils n'ont pas l'habitude d'utiliser leurs yeux et leurs mains. Aucun artisanat n'est enseigné. Le système actuel d'enseignement anglais est entièrement littéraire. L'étudiant doit être amené à penser par lui-même et à travailler par lui-même. Supposons qu'il y ait un incendie. C'est le premier à intervenir et à éteindre le feu celui qui a l'habitude d'utiliser ses yeux et ses mains. Il y a beaucoup de vérité dans la critique des Européens touchant la paresse du Bengali, la façon négligente dont il fait les choses. On peut y remédier rapidement si l'on amène les étudiants à apprendre un artisanat — indépendamment de son aspect utilitaire, c'est en soi une éducation. Deuxièmement, combien de milliers d'étudiants je connais qui se nourrissent de la pire nourriture possible et vivent dans les milieux les plus horribles — faut-il s'étonner qu'il y ait tant d'idiots, d'imbéciles et de lâches parmi eux ? Ils meurent comme des mouches. L'éducation dispensée est unilatérale, affaiblissante, elle tue à petit feu. On fait ingurgiter aux enfants trop de matières inutiles, et on les enferme dans des salles de classe de cinquante ou soixante-dix élèves pendant cinq heures d'affilée. On leur donne une mauvaise nourriture. On oublie que la santé future de l'homme est dans l'enfant. On oublie que la nature ne peut jamais être trompée et que les choses ne peuvent pas être précipitées. En donnant une éducation à un enfant, la loi de la croissance doit être respectée. Et nous devons apprendre à attendre. Rien n'est plus important que le fait que l'enfant doit avoir un corps fort et sain. Le corps est la première chose à atteindre pour parvenir à la vertu. Je sais que nous sommes la nation la plus pauvre du monde et que nous ne pouvons pas nous permettre de faire grand-chose. Nous ne pouvons travailler que sur les lignes de moindre résistance. Nous devrions veiller au moins à ce que nos enfants soient bien nourris. La machine du corps de l'enfant ne devrait jamais être épuisée. En Europe et en Amérique, un homme possédant des millions envoie son fils, s'il est chétif, chez des fermiers, pour labourer la terre. Après trois ans, il revient vers son père en bonne santé, le teint rosé et fort. Alors seulement il est prêt à être envoyé à l'école. Pour ces raisons, nous ne devrions pas pousser davantage le système actuel d'éducation. Troisièmement, notre caractère a disparu. Notre éducation anglaise a tout détruit et n'a rien mis à la place. Nos enfants ont perdu leur politesse. Bien parler est dégradant. Être respectueux envers ses aînés est dégradant. L'irrévérence est devenue le signe de la liberté. Il est grand temps que nous revenions à notre ancienne politesse. Les réformateurs n'ont rien à offrir à la place de ce qu'ils ont enlevé. Et pourtant, malgré les conditions environnantes les plus défavorables de climat, etc., nous avons pu faire beaucoup, nous avons encore beaucoup à faire. Je suis fier de ma race, je ne désespère pas, je vois quotidiennement dans mes visions mentales un avenir glorieux et merveilleux. Prenez le plus grand soin de ces jeunes dont dépend notre avenir. [The Indian Social Reformer, 16 juin 1901] Une question s'étant posée en Amérique quant à l'attitude du Swami Vivékânanda envers les questions sociales, une dame écrit à un journal américain comme suit : « Dans l'une de ses conférences à la Pouch Mansion, il parla des veuves hindoues, déclarant qu'il était injuste d'affirmer qu'elles étaient généralement soumises à la cruauté ou à l'oppression dans les foyers indiens. Il admit que le préjugé contre le remariage, et la coutume qui fait de la veuve un membre de la famille du mari plutôt que celle de ses propres parents, infligeait certaines difficultés aux veuves en Inde, et il soutint des efforts avisés pour leur éducation qui les rendraient autonomes et soulageraient ainsi leur condition. Il souligna son désir pour l'éducation et l'élévation des femmes de son pays, y compris les veuves, en offrant spontanément de donner l'intégralité du produit de l'une de ses conférences au soutien de l'école de Babu Sasipada Banerjee, à Baranagar, près de Calcutta, dont la fondation précéda celle de la Pandita Ramabai à Poona, et où, si je ne me trompe, la Pandita elle-même ob- tint la première inspiration de son œuvre. Cette conférence fut donnée, et le produit fut transmis à Babu Sasipada Banerjee et dûment reçu. » ## Références
English
[Madura Mail, January 28, 1893]
(Though this extract does not mention Swami Vivekananda by name, refers to an M.A. which the Swami never received, and describes him as two years older than his actual age--still there is indubitable internal evidence that the Bengali Sâdhu was Swami Vivekananda. Furthermore, the date coincides accurately with the Swami's stay in Madras, and a back reference to this event published in the Indian Social Reformer, on July 13, 1902, is added confirmation. Incidentally, no copy of the Indian Social Reformer of 1892 1893 is available today.)
A BENGALI SADHU ON HINDU RELIGION AND SOCIOLOGY
A young Bengalee Sanyashi [Sannyâsin] of about thirty two years of age, and a Master of Arts of the Calcutta University was last week interviewed at the Triplicane Literary Society by about a hundred educated Indians among whom was Dewan Bahadur Raghunatha Rao. A summary of what was stated by the Sadhu is published by the Indian Social Reformer, from which we make the following extracts:
The perfect religion is the Vedic religion. The Vedas have two parts, mandatory and optional. The mandatory injunctions are eternally binding on us. They constitute the Hindu religion. The optional ones are not so. These have been changing and been changed by the Rishis to suit the times. The Brahmins at one time ate beef and married Sudras. [A] calf was killed to please a guest. Sudras cooked for Brahmins. The food cooked by a male Brahmin was regarded as polluted food. But we have changed our habits to suit the present yug[a]. Although our caste rules have so far changed from the time of Manu, still if he should come to us now, he would still call us Hindus. Caste is a social organization and not a religious one. It was the outcome of the natural evolution of our society. It was found necessary and convenient at one time. It has served its purpose. But for it, we would long ago have become Mahomedans [sic]. It is useless now. It may be dispensed with. Hindu religion no longer requires the prop of the caste system. A Brahmin may interdine with anybody, even a Pariah. He won't thereby lose his spirituality. A degree of spirituality that is destroyed by the touch of a Pariah, is a very poor quantity. It is almost at the zero point. Spirituality of a Brahmin must overflow, blaze and burn [so] as to warm into spiritual life not one Pariah but thousands of Pariahs who may touch him. The old Rishis observed no distinctions or restrictions as regards food. A man who feels that his own spirituality is so flimsy that the sight of a low caste man annihilates it need not approach a Pariah and must keep his precious little to himself.
The Hindu Ideal of life is "Nivarti" [Nivritti]. Nivarti means subjugation and conquest of evil passions, of Tamasa nature of lust, revenge and avarice. It does not mean conquest of all desire. It means only the annihilation of gross desires. Every man is bound to love and sympathize with his fellow creatures. [A] Sanyasi is one who has vanquished all his selfish passions and vowed to devote his life for the good of others. He loves all. "Pravirti" [Pravritti] means love of God and all his creatures. Sanyasis ought to be fed. They are not like the Christian bishops and Archbishops who must be paid to do their work with thousands of pounds per annum; all whose earnings are spent upon their own luxury--their wife and children. [The] Sanyasi wants only a morsel of food, and then he places all his knowledge and services at the disposal of the public. He is a wandering missionary. Individuals and society have to work themselves up from "brute through man, into divine". Even the lowest of the Hindus, the Pariah, has less of the brute in him than a Briton in a similar social status. This is the result of an old and excellent religious civilization. This evolution to a higher spiritual state is possible only through discipline and education.
Every institution, caste, early marriage etc., that stands in the way of education, ought at once to be knocked on the head. Even "Shradh" may be given up, if the performance of it involves waste of time which might be better used for self education. But "Shradh" should not be given up. The meaning of the Mantras is very edifying. The Mantras depict the suffering and care undergone by our parents on our behalf. The performance of it is an honour paid to the memory of the sum total of the spirit of our forefathers, whose virtues we inherit. Shradh has nothing to do with one's salvation. Yet no Hindu who loves his religion, his country and his past great men should give up Shradh. The outward formalities and the feeding of the Brahmins are not essential. We have no Brahmins in these days worthy of being fed on Shradh days. The Brahmins fed ought not to be professional eaters, but Brahmins who feed disciples gratis, and teach them true Vedic doctrines. In these days, Shradh may be performed mentally.
The jealous guardianship of our women shows that we Hindus have declined in our national virtues, that we reverted to the "brutal state". Every man must so discipline his mind as to bring himself to regard all women as his sis ters or mothers. Women must have freedom to read, to receive as good an education as men. Individual development is impossible with ignorance and slavery.
Through the slavery of a thousand years, Hindus have at present degenerated. They have forgotten their own self respect. Every English boy is taught to feel his importance, he thinks that he is a member of a great race, the conquerors of the Earth. The Hindu feels from his boyhood just the reverse that he is born to slave. We can't become a great nation unless we love our religion and try to respect ourselves, and respect our country men and society. The Hindus of modern times are generally hypocrites. They must rise, and combine the faith in the true Vedic religion, with a knowledge of the political and scientific truths of the Europeans. The evils of caste seem to be more prevalent in the South than in Bengal. In Bengal a Brahmin uses the water touched by the Sudras, but here the Sudra is kept at a great distance by the Brahmin. There are no Brahmins in [the] Kali Yug[a]. The Pariahs, our fellow beings, ought to be educated by the higher castes, must [ . . . ] truths of Hindu religion and be [ . . . ] Brahmins. The first duty of a Brahmin is to love all. There must first be an amalgamation of the Brahmins, then of all the Dwijas, and then of the Dwijas and Sudras.
By H. R. Haweis
[The Indian Mirror (from The Daily Chronicle), November 28, 1893]
. . . Vivekananda, the popular Hindu monk, whose physiognomy bore the most striking resemblance to the classic face of the Buddha, denounced our commercial prosperity, our bloody wars, and our religious intolerance, declaring that at such a price the "mild Hindu" would have none of our vaunted civilisation. . . . "You come," he cried, with the Bible in one hand and the conqueror's sword in the other--you, with your religion of yesterday, to us, who were taught thousands of years ago by our Rishis precepts as noble and lives as holy as your Christ's. You trample on us and treat us like the dust beneath your feet. You destroy precious life in animals. You are carnivores. You degrade our people with drink. You insult our women. You scorn our religion--in many points like yours, only better, because more humane. And then you wonder why Christianity makes such slow progress in India. I tell you it is because you are not like your Christ, whom we could honour and reverence. Do you think, if you came to our doors like him, meek and lowly, with a message of love, living and working and suffering for others, as he did, we should turn a deaf ear? Oh no! We should receive him and listen to him, and as we have done our own inspired Rishis (teachers). . . .
[The Indian Mirror, December 7, 1893]
Hindu Criticises Christianity
Mr. Vivekananda Says Religion of the Vedas Is Religion of Love
Vivekananda Says Christianity Is Intolerant
Dr. Noble presided at the afternoon session. The Hall of Colombus [Columbus] was badly crowded. . . . Dr. Noble then presented Swami Vivekananda, the Hindu monk, who was applauded loudly as he stepped forward to the centre of the platform. He wore an orange robe, bound with a scarlet sash, and a pale yellow turban. The customary smile was on his handsome face and his eyes shown with animation. Said he:
We who come from the East have sat here on the platform day after day, and have been told in a patronizing way that we ought to accept Christianity because Christian nations are the most prosperous. We look about us, and we see England, the most prosperous Christian nation in the world, with her foot on the neck of 250,000,000 of Asiatics. We look back into history, and see that the prosperity of Christian Europe began with Spain. Spain's prosperity began with the invasion of Mexico. Christianity wins its prosperity by cutting the throats of its fellowmen. At such a price the Hindu will not have prosperity.
I have sat here to day, and I have heard the height of intolerance. I have heard the creed of the Moslem applauded, when to day the Moslem sword is carrying destruction into India. Blood and the sword are not for the Hindu, whose religion is based on the law of love.
When the applause had ceased, Mr. Vivekananda went [on] to read his paper, a summary of which follows: [Vide "Paper on Hinduism", Complete Works, I: 6 20]. . . .
[The Indian Mirror, June 14, 1894]
There has been some lively correspondence between Swami Vivekanand and a retired Christian Missionary on the work and prospects of Christianity in India. Among other things, the
Swami is reported to have said that "the way of converting is absolutely absurd";
Missionary doctors do no good, because they are not in touch with the people. . . . They accomplish nothing in the way of converting, although they may have nice sociable times among themselves, &c.
The reverend gentleman took exception to the words, maintaining that speaking the vernaculars well, nobody of foreigners understands, and sympathises with Indians better than Missionaries. The Missionaries are undoubtedly good and well meaning people; but we think, the statement of the Swami that they are seldom in touch with the people, is not without foundation. With the revival of Hinduism, manifested in every part of the country, it is doubtful whether Christianity will have any sway over the Hindus. The present is a critical time for Christian Missions in India. The Swami thanked the Missionary for calling him his fellow countryman. "This is the first time," he wrote, any European foreigner, born in India though he be, has dared to call a detested Native by that name--Missionary or no Missionary. Would you dare call me the same in India?
[The Indian Mirror, July 20, 1894]
Swami Vivekananda explained in America the central idea of the Vedas as follows:
I humbly beg to differ from those who see in monotheism, in the recognition of a personal God, apart from Nature, the acme of intellectual development. I believe, it is only a kind of anthropomorphism which the human mind stumbles upon in its first efforts to understand the unknown. The ultimate satisfaction of human reason and custom lies in the realisation of that universal essence which is the All. And I hold an irrefragable evidence that this idea is present in the Vedas, the numerous gods and their invocations notwithstanding. This idea of formless All, the Sat, i.e., esse or being, called Atman and Brahman in the Upanishads, and further explained in the Darsans, is the central idea of the Vedas, nay, the root idea of the Hindu religion in general.
[The Bengalee, May 18, 1895]
There is not a Hindoo who is not proud of Vivekananda Swami--who would not honor him and his teachings. He has done honor to himself, to his race and his religion. If we are right in this view, it follows that the opinions of Vivekananda are entitled to the highest consideration. This is what he says with regard to the sea voyage movement:--
Expansion is life; contraction is death. Love is life, hatred is death. We began to die the day we began to contract--to hate other races--and nothing can prevent our death, until we come back to life, to expansion. We must mix, therefore, with all the races of the earth and every Hindoo that goes out to travel in foreign parts, does more benefit to his country than hundreds of those bundles of superstition and selfishness whose one aim in life is to be the dog in the manger. Those wonderful structures of national life which the Western nations have raised are supported by pillars of character--and until we can produce such by the hundred, it is useless to fret and fume against this power or that power. Does anyone deserve liberty who is not ready to give it to others? Let us calmly and in manly fashion go to work--instead of dissipating our energies in unnecessary frettings and fumings and I, for one, thoroughly believe that no power in the universe can withhold from anyone anything he really deserves. The past was great no doubt, but I sincerely believe that the future in store is glorious still.
We must mix with other nations and take from them whatever good they have to give us. It is our exclusiveness, our unwillingness to learn from foreign nations which is mainly responsible for our present degradation. We considered ourselves to be the elect of heaven, and superior to the nations of the earth in all respects. We regarded them as barbarians, their touch as pollution, their knowledge as worse than ignorance. We lived in a world of our own creation. We would teach the foreigner nothing--we would learn nothing from the foreigner. At last the disillusion came. The foreigner became our master-- the arbiter of our destinies. We eagerly took to his learning. We found that there was much in it that was novel, much that was highly useful. We found that so far as the material comforts of life were concerned the foreigner vastly out distanced us--that his control over the powers of nature was far greater than any we had dreamt of. He had annihilated time and space, and had subordinated the powers of nature to the convenience of man. He had many wonderful things to teach us. We learnt them eagerly. But still we don't visit his country. If we do, we lose caste. We are under a foreign Government. We eagerly study a foreign language and literature and admire all that is good and beautiful in it. We use foreign articles for dress and consumption. But still we dare not visit the country of our rulers, for fear of excommunication. Against this unmeaning prejudice, the great Swami, who is a Hindoo of Hindoos, indignantly raises his voice of protest. The objectors, in his expressive language, are like the dog in the manger. They will not travel to foreign
countries,--they will not allow others to travel. Yet the fact remains, says the Swami, that these travelled Hindoos do more benefit to their country than hundreds of those bundles of superstition and selfishness, whose one aim in life is to be like the dog in the manger. . . . . . . If we had our Rishis in this age, as we had them in the ages that are gone by, we are sure they would have withdrawn the interdiction to sea voyage, if indeed any such interdiction has been laid in the past. Society is an organism which obeys the immutable law of progress; and change, judicious and cautious change, is necessary for the well being, and indeed the preservation of the social system. However that may be, it is something to know that so high an authority and so good a Hindoo as Swami Vivekananda supports travel to foreign countries. . . .
[The Indian Mirror, June 29, 1895]
Swami Vivekananda's speech, delivered in Chicago at the presentation of the Buddhists on September 26, 1893, is published in MacNeely's edition of the "History of the Parliament of Religions". The following were his concluding words:--
We cannot live without you, nor you without us. Then believe that separation has shown to us, that you cannot stand without the brain and the philosophy of the Brahman [sic], nor we without your heart. This separation between the Buddhist and the Brahman [Brahmin] is the cause of the downfall of India. That is why India has been the slave of conquerors for the past 1000 years. Let us then join the wonderful intellect of the Brahman [Brahmin] with the heart, the noble soul, the wonderful humanising power of the Great Master.
[The Indian Mirror, December 1, 1895]
At the weekly meeting of the Balloon Society, an address on "Man and Society in the Light of Vedanta" was given by Swami Vivekananda. The Swami who wore the red robe of his sect, spoke with great fluency and in perfect English for more than an hour without the help of a single note. He said that religion was the most wonderful factor in the social organism. If knowledge was the highest gain that science could give, what could be greater than the knowledge of God, of the soul, of man's own nature which was given by the study of religion? It was not only impossible that there should be one religion for the whole world, but it would be dangerous. If the whole of religious thought was at the same level, it would be the death of religious thought; variety was its life. There were four types of religion--(1) the worker, (2) the emotional, (3) the mystical, and (4) the philosophical. Each man unfortunately became so wedded to his own type that he had no eyes to see what existed in the world. He struggled to make others of the same type. That religion would be perfect which gave scope to all the different characters. The Vedantic religion took in all, and each could choose in what his nature required. A discussion followed.
[The Indian Mirror (from the New York Herald), March 25, 1896]
Many well known persons are seeking to follow the teaching of Swami Vivekananda's Philosophy. . . . . . .
Swami Vivekananda sat in the centre, clad in an ochre coloured robe. The Hindu had his audience divided on either side of him and there was between fifty and a hundred persons present. The class was in Karma Yoga, which has been described as the realisation of one's self as God through works and duty.
Its theme was:--
"That which ye sow ye reap", whether of good or evil.
Following the lecture or instruction the Swami held an informal reception, and the magnetism of the man was shown by the eager manner in which those who had been listening to him hastened to shake hands or begged for the favour of an introduction. But concerning himself the Swami will not say more than is absolutely necessary. Contrary to the claim made by some of his pupils he declares that he has come to this country alone and not so officially representing any order of Hindu monks. He belongs to the Sanyasis he will say; and is hence free to travel without losing his caste. When it is pointed out to him that Hinduism is not a proselytising religion, he says he has a message to the West as Buddha had a message to the East. When questioned concerning the Hindu religion, and asked whether he intends to introduce its practices and ritual into [t]his country, he declares that he is preaching simply philosophy.
[The Indian Mirror, June 19, 1896]
Swami Saradananda in a letter from London written to the Editor of the Brahmavadin says:--
Swami Vivekananda has made a very good beginning here. A large number of the people attend his classes regularly, and the lectures are most interesting. Canon Haweis, one of the leaders of the Anglican Church, came the other day, and was much interested. He saw the Swami before, in the Chicago fairs, and loved him from that time. On Tuesday last, the Swami lectured on "Education" at the Sesame Club. It is a respectable club got up by women for diffusing female education. In this he dealt with the old educational system of India, pointed out clearly and impressively that, the sole aim of the system was "man making" and not cramming and compared it with the present system. He held that, the mind of the man is an infinite reservoir of knowledge, and all knowledge, present, past or future, is within man, manifested or non manifested, and the object of every system of education should be to help the mind to manifest it. For instance, the law of gravitation was within man, and the fall of the apple helped Newton to think upon it, and bring it out from within his mind. His class days have been arranged as follows:--
Tuesdays, morning and evening; Thursdays, morning and evening; Friday, evening question classes. So the Swami has to do four lectures, and one class on questions every week. In the class lecture, he has begun with Gnan [Jnâna ]Yoga. A short hand report of these lectures is being taken down by Mr. Goodwin, who is a great admirer of the Swami, and these lectures will be published later on.
[The Brahmavadin, July 18, 1896]
Sir,
I feel sure you will be glad to have an idea of the progress of the Swami's work in England, as a supplement to the letter which the Swami Saradananda sent you a few weeks ago. At that time a series of Sunday lectures was being arranged, and three of these have now been given. They are held in one of the galleries of the Royal Institute of Painters in water colours, 191 Piccadilly, and have been so far remarkably successful in attaining their object, that of reaching people who, from one reason or another, cannot attend the class talks. The first of the series was "The Necessity of Religion". The Swami claimed that religion is and has been the greatest force in moulding the destinies of the human race. Concerning its origin he said that either of the two theories, (1) Spirit origin, (2) Search after the infinite, will meet the case, and, to his mind, neither contradicts the other, because the search after the departed of the Egyptians and Babylonians, and the attempt to peep behind the veil of the dawn, the evening, the thunderstorm, or other natural phenomena, of the Aryans, can both be included as a search after the super sensuous, and therefore the unlimited. This unlimited, in the course of time became abstracted, first as a person, then as a presence, and lastly as the essence of all existence. To his mind the dream state is the first suggestion of religious inquiry, and inasmuch as the awakened state has always been, and always will be accompanied by the dream state, a suggestion of existence finer than that of the awakened state yet vanishing during it, the human mind will always be predisposed in favour of spiritual existence and a future life. It is in our dream state that we really find, in a sense, our immortality. Later on, as dreams are found to be only milder manifestations of the awakened state, the search for still deeper planes of the mind begin[s], the super conscious state of the mind. All religions claim to be founded on facts discovered in this state. The two important points to consider in this connection are, that all facts discovered in this way are, in the highest sense, abstractions, and secondly, that there is a constant struggle in the race to come up to this ideal, and everything which thwarts our progress towards that we feel as a limitation. This struggle soon ends in the discovery that to find infinite happiness, or power, or knowledge, or any other infinity, through the senses, is impossible, and then the struggle for other channels of expansion begins, and we find the necessity of religion. The second lecture was upon the subject "A Universal Religion", when the Swami gave, in substance, the lecture which most of your readers have seen in print as it was delivered in New York. As this lecture may be termed the Swami's "plan of campaign" we always await its delivery with very great interest, and it is most encouraging to note that the impression made here in London was equally as good as was the case when the lecture was delivered in the Hardman Hall, New York. The third of the series brought us up to Sunday last, June 21st, when "The Real and the Apparent Man" was the subject under discussion. In this the Swami, link by link, glanced over the thread of thought which has gradually advanced from the consideration of men as separate entities from God and the rest of the universe, up to the point at which we concede the impossibility of more than one Infinity, and the necessary consequence that which we now regard as men, as animals, as the universe of matter, cannot be the real unity; that the real must be something which is indivisible, and unchangeable; and when reason forces us to the conclusion that this phenomenal world can only be an illusion, through which we, as entities in the illusion, have to pass to discover our real nature, "That which exists is one; sages call it variously". But the Swami did not stop with the theory; he showed what would be the practical effect of such a theory, the gradual elimination from society of class distinctions, and distinctions between man and man, by greater unselfishness in the matters of money and power. Answering the objection that such a religion means loss of individuality, he argued that that which is changeful cannot be the real individuality, and that the gradual discovery of the reality behind us would mean the assumption of individuality and not its destruction.
The three lectures thus given have been so favorably received, and there have been so many wishes expressed for their continuation that three further lectures are to be given. . . .
63, St. George's Rd.Sincerely yours
London, S. W. A DISCIPLE
June 23, 1896(Correspondence)
[The Indian Mirror, September 22, 1896]
Swami Vivekananda writes from Lake Luzern [Lucerne] Switzerland, under date the 23rd of August last. He has been walking over several parts of the Cis Alpine country, enjoying the pleasing views of nature there. He says that the scenery is in no respect less grand than that of the Himalayas. Still, he makes out two points of difference between the two mountainous regions. In the former the rapid and thick colonization has been marring the beauty of the place. In the latter, there has not yet been any such marked tendency. The former has become a resort mainly for the sanatorists and summer residents; and the latter mainly for the pilgrims and devotees. The Swami is shortly going to visit Germany, where an interview will take place with Prof. Deussen, after which, by the 24th of September, he will go back to England. To India, most likely, as he says, he is returning by the next winter. He intends to reside in the Himalayas.
[The Journal of the Maha Bodhi Society, November 1896]
We have been presented with a copy of a booklet entitled the "Ideal of Universal Religion", published by the Brahmavadin Publishing Company, Madras. It is a lecture by Swami Vivekananda, delivered in America. The lecture is highly interesting and instructive. It is an attempt at a reconciliation between the diversity of religions. We hail the booklet as the symptom of the times, for it is evident for obvious reasons that men are beginning to awaken to the importance of this problem of religious harmony. Recently, in these countries leaders of different religious sects have attempted in their own way to reconcile this religious diversity, and have failed; they have aspired to defend their dogmas on the ground of distorted views of sectarianism. Swami Vivekananda has propounded a philosophical and at the same time a most practical solution of this problem of religious harmony. According to him, Vedanta is the bond between the ever conflicting religious differences. In the internal world, like the external world, there is also the centripetal and centrifugal action. We repel something, we attract something. Today we are attracted by some, to morrow we are repelled by some. The same law cannot be applied at all times and in all cases. "Religion is the highest place of human thought and life, and herein the workings of these two forces have been most marked." At the outset, it apparently appears that there cannot reign unbroken harmony in this plane of mighty struggle. In every religion there are three parts, namely, philosophy, mythology and rituals. Every recognised religion [has] all these three things. But there can be no universal philosophy, mythology and rituals for the whole world. Where then the universal- ity? How is it possible then to have a universal form of religion? "We all hear," says Swami Vivekananda, about universal brotherhood, and how societies stand up practically to preach this, Universal brotherhood, that is, we shout like drunken men we are all equal, therefore, let us make a sect. As soon as you make a sect you protest against equality, and thus it is no more.
Mahomedans talk of universal brotherhood, but what comes out of them in reality? Nobody who is not a Mahomedan will be admitted into the brotherhood, he will have his throat cut. We think we cannot do better than quote his own words, wherein he with his wonderful lucidity and depth of views and in a remarkably catholic mind propounds forcibly the philosophy of the uni versal religion [Vide Complete Works, II: 375 96]. . . .
In society there are various natures of men. Some are active working men, there is the emotional man, then there is the mystic man and lastly there is the philosopher. Vivekananda strikes the key note of his whole philosophy when he declares that the attempt to help mankind to become beautifully balanced in all these four directions, is his ideal of religion and this religion is called in India, Yoga. The worker is called the Karma yogin; who seeks union through love is called Bhakti yogin; he who seeks through mysticism is called Raja yogin; and he who seeks it through philosophy is called Jnan[a] yogin. The religion which has a place for men of all these natures and a religion which satisf[ies] the thirst of men of different inclination, may be the universal religion, and that religion is Vedanta. Most cordially we recommend this admirable little book to our readers. For it contains some clear and definite expressions of views on the most vital problem that is engaging the serious attention of theologians. The price of the book is As. 3, and may be had at the Brahmavadin Office, Triplicane, Madras.
[The Indian Mirror, December 16, 1896]
On the 21st of this month [November], the Cambridge "Indian Majlis" gave a complimentary dinner at the University Arms Hotel [in Cambridge] to Prince Ranjit sinhji and Mr. Atul Chandra Chatterjee. Mr. Hafiz G. Sarwir of St. John's College, took the chair. There were about fifty Indians present and a few Englishmen. . . . Swami Vivekananda rose next to respond [to the toast of India] amidst loud and deafening cheers. The Swami began by saying that he did not know exactly why he should be chosen to respond to the toast unless it be for the reason that he in physical bulk bore a striking resemblance to the national animal of India (laughter). He desired to congratulate the guest of the evening and he took the statement which the Chairman had made that Mr. Chatterjee was going to correct the mistake of past historians of India, to be literally true. For out of the past the future must come and he knew no greater and more permanent foundation for the future than a true knowledge of what had preceded before. The present is the effect of the infinity of causes which represent the past. They had many things to learn from the Europeans but their past, the glory of India which had passed away, should constitute even a still greater source of inspiration and instruction. Things rise and things decay, there is rise and fall everywhere in the world. . . . [Vide the block quotation on the following page for the remaining text of this report.]
[The Amrita Bazar Patrika, January 8, 1897]
. . . The gathering was a unique one, for the Indians met together to talk (in the Majlis they all talk), about the successes of Ranjit Sing[h] and Atul Chandra Chatterjee. It is a pity the name of Professor Bose was not associated with the above two; and we think, Swami Vivekananda, who was present on the occasion, also deserved a recognition. We shall, however, not commit the mistake of omitting the last two in noticing to show what the Indians have been able to achieve in the West.
What the Swamiji did was to remove the impression from the minds of the Americans that the Indians were barbarians, superstitious in their beliefs, and addicted to monstrous cruelties. The advent of the Swamiji in the West has done this service, that it has created an impression in many quarters that the Indians are not an inferior race as Sir Charles Elliot called them, and that they can, in such subjects as religion and philosophy say things which are not known even to the West. The advent of the Swamiji in the West has undoubtedly enhanced the character of the Indians in the West. . . .
Said Swami Vivekananda:--
And though India is fallen to day she will assuredly rise again. There was a time when India produced great philosophers and still greater prophets and preachers. The memory of those days ought to fill them with hope and confidence. This was not the first time in the history of India that they were so low. Periods of depression and degradation had occurred before this but India had always triumphed in the long run and so would she once again in the future. . . . . . .
[The Amrita Bazar Patrika, January 20, 1897]
Swami Vivekananda has received the ovation of a conquering hero, returning home. The last we heard of him in England was when he got a farewell address from his English disciples, who expressed their undying love for India. . . .
No one has any accurate knowledge of what Swami Vivekananda was doing in the West. We hear that he has made some impression in America and also in England. . . .
The Swami is, however, well aware of the nature of the mission before him. He says that Vedantism teaches the truth, which is that man is a divine being and that the highest and the lowest are the manifestations of the same Lord. He does not, however, admit that knowledge alone is sufficient for the salvation of man. Says he:--
But his knowledge ought not to be a theory, but life. Religion is a realization, not talk, not doctrines, nor theories, however beautiful all these may be. Religion is being and becoming, not hearing or acknowledging. It is not an intellectual assent; but one's whole nature becoming changed into it. Such is religion. By an intellectual assent we can come to a hundred sort of foolish things, and change the next day, but this being and becoming is what is religion.
In the above noble sentiments, the Swami shews [shows] that he understands the situation pretty well. That which produces the rebirth of a man is religion. Under the influence of religion a man becomes a quite different being from what he was before. Unless that is the result of his religion, his religion is a myth.
[The Indian Mirror, February 24, 1898]
Swami Vivekananda has been urging on the people of Lahore and Sialkote the need of practical work. The starving millions, he urged, cannot live on metaphysical speculation; they require bread; and in a lecture he gave at Lahore on Bhakti, he suggested as the best religion for to day that everyman should, according to his means, go out into the street and search for hungry Narayans, take them into their houses, feed them and clothe them. The giver should give to man, remembering that he is the highest temple of God. He had seen charity in many countries, and the reason of its failure was the spirit, in which it was carried out. "Here take this and go away". Charity belied its name so long as it was given to gain reputation or applause of the world.
[The Indian Mirror, April 24, 1898]
Swami Vivekananda, in introducing the lecturer Swami Saradananda, said:
Ladies and Gentlemen,--The speaker of tonight just comes from America. As you all know here that America is for your country, although our countrymen, specially Swami Dayananda Saraswati, used to call this country as Patal, inhabited by Laplands, Rakshas and Asurs, &c. (Laughter and loud cheers). Well, Gentlemen, whether it is Patal or not you ought to decide that by seeing those few ladies pres- ent here, who have come from the country of your so called Patal, whether they are Naga Kanyas or not. (Cheers). Now, America is perfectly a new country. It was discovered by Columbus, the Italian, and before that a prior claim is put forward by the Norwegians who say, that they have discovered the northern part of it, and then before that there is another prior claim of the Chinese, who at one time preached the noble doctrine of Buddhism in all parts of the world, and it is said that Buddhist Missionaries were also sent from India to America, and specially in Washington, where some sort[s] of records are still to be traced by any traveller going there. Well, the table has now been turned at last for a century or more and instead of America being discovered, she discovers persons that go over to her. (Loud applause). It is a phenomenon that we observe every day there, multitudes of persons coming over from every part of the country [world?] and getting themselves discovered in the United States. It is a fact, well known to you here all that several of our own countrymen have been discovered in that way. (Cheers). To day, here I present before you one of your Calcutta boys, that has been similarly discovered by the Americans. (Cheers).
[The Indian Mirror, February 15, 1901]
A correspondent writes:--"The following is an epitome of Swami Vivekananda's speech made in Belur M.E. School on the prize distribution day held on the 22nd instant, Sunday, when the Swami was invited to preside. The audience was composed chiefly of the boys of the school and some elderly gentlemen of Belur."
The modern student is not practical. He is quite helpless. What our students want is not so much muscularity of body as hardihood. They are wanting in self help. They are not accustomed to use their eyes and hands. No handicraft is taught. The present system of English education is entirely literary. The student must be made to think for himself and work for himself. Suppose there is a fire. He is the first to come forward and put on [out] the fire who is accustomed to use his eyes and hands. There is much truth in the criticism of Europeans touching the laziness of the Bengali, the slipshod way of his doing things. This can be soon remedied if the students be made to learn some handicraft apart from its utilitarian aspect, it is an education in itself.
Secondly, how many thousands of students I know who live upon the worst food possible, and live amidst the most horrible surroundings, what wonder that there are so many idiots, imbeciles and cowards among them. They die like flies. The education that is given is onesided, weakening, it is killing by inches. The children are made to cram too much of useless matter, and are incarcerated in school rooms fifty or seventy in each, five hours together. They are given bad food. It is forgotten that the future health of the man is in the child. It is forgotten that nature can never be cheated and things cannot be pushed too early. In giving education to a child the law of growth has to be obeyed. And we must learn to wait. Nothing is more important than that the child must have a strong and healthy body. The body is the first thing to attain to virtue. I know we are the poorest nation in the world, and we cannot afford to do much. We can only work on the lines of least resistance. We should see at least that our children are well fed. The machine of the child's body should never be exhausted. In Europe and America a man with crores of rupees sends his son if sickly, to the farmers, to till the ground. After three years he returns to the father healthy, rosy and strong. Then he is fit to be sent to school. We ought not for these reasons push the present system of education any further.
Thirdly, our character has disappeared. Our English education has destroyed everything and left nothing in its place.
Our children have lost their politeness. To talk nicely is degrading. To be reverential to one's elders is degrading. Irreverence has been the sign of liberty. It is high time that we go back to our old politeness. The reformers have nothing to give in place of what they have taken away. Yet in spite of the most adverse surrounding of climate, etc., we have been able to do much, we have to do much more. I am proud of my race, I do not despair, I am seeing daily a glorious and wonderful future in my menial [mental] visions. Take greatest care of these young ones on whom our future depends.
[The Indian Social Reformer, June 16, 1901]
A question having arisen in America as to the Swami Vivekananda's attitude towards social questions, a lady writes to an American paper as follows: "In one of his lectures at the Pouch Mansion, he spoke of the Hindu widows, declaring it unjust to state that they were generally subjected to cruelty or oppression in the Indians [sic] homes. He admitted that the prejudice against remarriage, and the custom which makes the widow a member of the husband's family instead of that of her own parents inflicted some hardships upon widows in India, and favoured wise efforts for their education which would render them self supporting and in this way alleviate their condition. He emphasised his desire for the education and elevation of the women of his country, including the widows, by volunteering to give the entire proceeds of one of his lectures in support of the school of Babu Sasipada Banerjee, at Baranagar, near Calcutta, the institution of which preceded that of the Pandita Ramabai, at Poona, and where, if I am not mistaken, the Pandita herself ob - tained the first inspiration of her work. This lecture was given, and the proceeds were forwarded to Babu Sasipada Banerjee, and duly acknowledged."
## References
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.