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Mémoires de voyage en Europe II

Volume7 essay
8,596 mots · 34 min de lecture · Translation of Writings

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MEMOIRES DE VOYAGE EN EUROPE

II

Nous avons un adage chez nous selon lequel celui qui porte des motifs en forme de disque sur la plante des pieds devient un vagabond. Je crains bien que mes plantes de pieds en soient couvertes. Et la probabilite n'y est guere pour grand-chose. J'ai fait de mon mieux pour les decouvrir en scrutant mes plantes de pieds, mais en vain -- les pieds se sont atrocement crevasses a cause du froid rigoureux, et aucun disque ni quoi que ce soit de semblable n'a pu etre retrace. Neanmoins, puisque la tradition existe, je tiens pour acquis que mes plantes de pieds sont couvertes de ces signes. Mais les resultats sont bien patents -- mon desir le plus cher etait de demeurer a Paris quelque temps pour etudier la langue et la civilisation francaises ; j'ai quitte mes anciens amis et connaissances pour m'installer chez un nouvel ami, un Francais de condition modeste, qui ne savait pas un mot d'anglais, et mon francais -- eh bien, c'etait quelque chose de tout a fait extraordinaire ! J'avais en tete que l'impossibilite de vivre comme un muet me forcerait naturellement a parler francais, et que j'acquerrais la maitrise de cette langue en un rien de temps -- mais au contraire, me voici maintenant en tournee a travers Vienne, la Turquie, la Grece, l'Egypte et Jerusalem ! Eh bien, qui peut endiguer le cours de l'inevitable ! -- Et cette lettre, je vous l'ecris depuis la derniere capitale subsistante de la suprematie mahometane -- depuis Constantinople !

J'ai trois compagnons de voyage -- deux d'entre eux sont francais et le troisieme americain. L'Americaine est Miss MacLeod que vous connaissez tres bien ; le compagnon francais est Monsieur Jules Bois, celebre philosophe et homme de lettres de France ; et l'amie francaise est la chanteuse de renommee mondiale, Mademoiselle Calve. « Mister » se dit « Monsieur » en francais, et « Miss » se dit « Mademoiselle » -- avec un son en Z. Mademoiselle Calve est la premiere chanteuse -- chanteuse d'opera -- de notre epoque. Ses representations musicales sont si hautement appreciees qu'elle dispose d'un revenu annuel de trois a quatre lakhs (centaines de milliers) de roupies, uniquement grace au chant. J'avais fait sa connaissance auparavant. La premiere actrice d'Occident, Madame Sarah Bernhardt, et la premiere chanteuse, Calve, sont toutes deux d'origine francaise, et toutes deux totalement ignorantes de l'anglais, mais elles se rendent en Angleterre et en Amerique a l'occasion et gagnent des millions de dollars en jouant et en chantant. Le francais est la langue du monde civilise, la marque de la distinction en Occident, et tout le monde le connait ; par consequent, ces deux dames n'ont ni le loisir ni l'inclination d'apprendre l'anglais. Madame Bernhardt est une dame agee ; mais quand elle monte sur scene apres s'etre habillee, son imitation de l'age et du sexe du role qu'elle joue est parfaite ! Une fille ou un garcon -- quel que soit le role qu'on lui demande de jouer, elle en est la representation exacte. Et cette voix merveilleuse ! Les gens ici disent que sa voix a la sonorite de cordes d'argent ! Madame Bernhardt eprouve une consideration particuliere pour l'Inde ; elle me repete sans cesse que notre pays est « tres ancien, tres civilise ». Une annee, elle joua un drame touchant a l'Inde, dans lequel elle recrea sur scene toute une scene de rue indienne -- hommes, femmes et enfants, Sadhous (ascetes errants) et Nagas (ascetes nus), et tout le reste -- une image fidele de l'Inde ! Apres la representation, elle me raconta que pendant environ un mois, elle avait visite chaque musee et s'etait familiarisee avec les hommes et les femmes et leur vetement, les rues et les ghats (marches de bain) et tout ce qui se rapportait a l'Inde. Madame Bernhardt nourrit un tres ardent desir de visiter l'Inde. -- « C'est mon reve ! -- C'est le reve de ma vie », dit-elle. De plus, le Prince de Galles (feu Sa Majeste le roi Edouard VII, alors Prince de Galles) a promis de l'emmener pour une excursion de chasse au tigre et a l'elephant. Mais alors elle dit qu'elle devrait depenser quelque deux lakhs de roupies si elle allait en Inde ! Elle ne manque bien sur pas d'argent. « La divine Sarah » -- c'est son nom ; comment pourrait-elle manquer d'argent, elle qui ne voyage jamais autrement qu'en train special ! Ce faste et ce luxe, bien des princes d'Europe ne peuvent se permettre d'y succomber ! On ne peut s'assurer une place pour sa representation qu'en payant le double du tarif, et ce un mois a l'avance ! Eh bien, elle ne va pas souffrir du manque d'argent ! Mais Sarah Bernhardt est portee aux depenses somptueuses. Son voyage en Inde est donc remis pour le moment.

Mademoiselle Calve ne chantera pas cet hiver, elle prendra du repos et se rend dans des climats temperes comme l'Egypte et ailleurs. J'y vais en tant que son invite. Calve ne s'est pas consacree uniquement a la musique, elle est suffisamment instruite et voue un grand amour a la litterature philosophique et religieuse. Elle est nee dans des circonstances tres pauvres ; progressivement, par son propre genie et au prix de grands labeurs et de nombreuses epreuves, elle a amasse une grande fortune et est devenue l'objet de l'admiration des rois et des potentats !

Il existe de celebres chanteuses, telles que Madame Melba, Madame Emma Ames et d'autres ; et des chanteurs tres distingues, tels que Jean de Reszke, Plancon, et d'autres encore -- qui gagnent tous deux ou trois lakhs de roupies par an ! Mais a l'art de Calve s'allie un genie unique. Une beaute extraordinaire, la jeunesse, le genie et une voix celeste -- tout cela a conspire pour elever Calve au premier rang de tous les chanteurs. Mais il n'y a pas de meilleur maitre que la douleur et la pauvrete ! Cette extreme indigence et cette douleur et ces epreuves de l'enfance, contre lesquelles une lutte constante a valu a Calve cette victoire, ont engendre une sympathie remarquable et un profond serieux dans sa vie. De plus, en Occident, les occasions abondent autant que l'esprit d'entreprise. Mais dans notre pays, il y a une cruelle penurie d'occasions, meme si l'esprit d'entreprise n'est pas absent. La femme bengalie peut etre avide d'instruction, mais cela n'aboutit a rien faute d'occasions. Et qu'y a-t-il a apprendre dans la langue bengalie ? Au mieux quelques pauvres romans et drames ! En outre, l'instruction se limite aujourd'hui a une langue etrangere ou au sanskrit et n'est reservee qu'a une poignee d'elus. Dans ces pays occidentaux, il existe d'innombrables livres dans la langue maternelle ; en plus de cela, chaque fois que quelque chose de nouveau parait dans une langue etrangere, c'est aussitot traduit et presente au public.

Monsieur Jules Bois est un ecrivain celebre ; il est particulierement expert dans la decouverte des verites historiques au sein des differentes religions et superstitions. Il a ecrit un livre celebre mettant sous forme historique le culte du diable, la sorcellerie, la necromancie, les incantations et autres rites semblables qui avaient cours dans l'Europe medievale, et les traces de ceux qui subsistent encore aujourd'hui. C'est un bon poete, et il est un partisan des idees vedantiques (du Vedanta, philosophie non-dualiste de l'Inde) indiennes qui se sont infiltrees chez les grands poetes francais, tels que Victor Hugo, Lamartine et d'autres, et les grands poetes allemands, tels que Goethe, Schiller et les autres. L'influence du Vedanta sur la poesie et la philosophie europeennes est tres grande. Tout bon poete est un vedantin, je le constate ; et quiconque ecrit quelque traite philosophique doit puiser dans le Vedanta sous une forme ou une autre. Seulement certains d'entre eux ne se soucient pas d'admettre cette dette et veulent etablir leur complete originalite, comme Herbert Spencer et d'autres, par exemple. Mais la majorite le reconnait ouvertement. Et comment pourraient-ils faire autrement -- a l'epoque des telegraphes, des chemins de fer et des journaux ? M. Jules Bois est tres modeste et doux, et bien qu'homme de condition modeste, il m'a tres cordialement accueilli comme hote dans sa maison a Paris. A present, il nous accompagne en voyage.

Nous avons deux autres compagnons pour le trajet jusqu'a Constantinople -- le Pere Hyacinthe et sa femme. Le Pere, c'est-a-dire le Pere Hyacinthe, etait un moine d'une section strictement ascetique de l'Eglise catholique romaine. Son erudition, son eloquence extraordinaire et ses grandes austerites lui valirent une haute reputation en France et dans tout l'ordre catholique. Le grand poete Victor Hugo avait coutume de louer le style francais de deux hommes -- l'un d'eux etait le Pere Hyacinthe. A quarante ans, le Pere Hyacinthe tomba amoureux d'une Americaine et finit par l'epouser. Cela fit grand scandale, et bien sur l'ordre catholique le renia immediatement. Abandonnant son vetement ascetique de pieds nus et de cape ample, le Pere Hyacinthe adopta le chapeau, le manteau et les bottes du maitre de maison et devint -- Monsieur Loyson. Je l'appelle cependant par son ancien nom. C'est une tres vieille histoire, et l'affaire fut sur toutes les levres du continent. Les protestants le recurent avec honneur, mais les catholiques se mirent a le hair. Le Pape, en consideration de ses merites, ne souhaitait pas se separer de lui et lui demanda de rester pretre catholique grec, et de ne pas abandonner l'Eglise romaine. (Les pretres de la section catholique grecque sont autorises a se marier une seule fois, mais n'obtiennent aucune position elevee.) Mme Loyson, toutefois, le tira de force hors du giron du Pape. Avec le temps, ils eurent des enfants et des petits-enfants ; a present, le tres age Loyson se rend a Jerusalem pour tenter d'etablir des relations cordiales entre les chretiens et les musulmans. Son epouse avait peut-etre eu maintes visions que Loyson pourrait eventuellement devenir un second Martin Luther et renverser le trone du Pape -- dans la Mediterranee. Mais rien de tel ne se produisit ; et le seul resultat fut, comme disent les Francais, qu'il se retrouva assis entre deux chaises. Mais Madame Loyson cherit encore ses curieuses reveries ! Le vieux Loyson est tres affable en parole, modeste et d'un temperament distinctement devot. Chaque fois qu'il me rencontre, il tient d'assez longs discours sur les diverses religions et croyances. Mais etant d'un temperament devot, il a un peu peur de l'Advaita (la philosophie non-dualiste du Vedanta). L'attitude de Madame Loyson a mon egard est, je le crains, plutot defavorable. Quand je discute avec le vieil homme de sujets tels que le renoncement et le monachisme, tous ces sentiments longtemps cheris se reveillent dans sa poitrine agee, et sa femme en souffre tres probablement tout du long. En outre, tous les Francais, des deux sexes, rejettent toute la faute sur l'epouse ; ils disent : « Cette femme a gache un de nos grands moines ascetes ! » Madame Loyson se trouve vraiment dans une triste situation -- surtout parce qu'ils vivent a Paris, dans un pays catholique. Ils detestent la vue meme d'un pretre marie ; aucun catholique ne tolererait jamais la predication de la religion par un homme de famille. Et Madame Loyson nourrit aussi une certaine animosite. Un jour, elle exprima son aversion envers une actrice en disant : « C'est tres mal de votre part de vivre avec Monsieur Un tel sans l'epouser. » L'actrice retorqua immediatement : « Je suis mille fois meilleure que vous. Je vis avec un homme ordinaire ; il se peut que je ne l'aie pas legalement epouse ; tandis que vous etes une grande pecheresse -- vous avez fait rompre ses voeux religieux a un si grand moine ! Si vous etiez si desesperement amoureuse du moine, eh bien, vous auriez aussi bien pu vivre comme sa servante ; mais pourquoi l'avez-vous ruine en l'epousant et en le convertissant ainsi en maitre de maison ? »

Quoi qu'il en soit, j'entends tout et garde le silence. Mais le vieux Pere Hyacinthe est un homme vraiment de nature douce et paisible, il est heureux avec sa femme et sa famille -- et que peut le peuple francais tout entier objecter a cela ? Je pense que tout s'arrangerait si seulement sa femme acceptait de rabattre un peu de ses pretentions. Mais une chose que je remarque, c'est que les hommes et les femmes, dans tous les pays, ont des manieres differentes de comprendre et de juger les choses. Les hommes ont un angle de vision, les femmes un autre ; les hommes argumentent d'un point de vue, les femmes d'un autre. Les hommes excusent les femmes et rejettent la faute sur les hommes ; tandis que les femmes disculpent les hommes et font retomber toute la faute sur les femmes.

Un avantage particulier que je tire de la compagnie de ces dames et messieurs est que, a l'exception de la seule dame americaine, personne ne sait l'anglais ; parler anglais est totalement proscrit, (ce n'est pas l'etiquette en Occident de parler en societe une langue autre que celle connue de tous les convives) et par consequent, d'une maniere ou d'une autre, je dois parler aussi bien qu'entendre le francais.

De Paris, notre ami Maxim m'a fourni des lettres d'introduction pour divers endroits, afin que les pays puissent etre convenablement visites. Maxim est l'inventeur du celebre fusil Maxim -- l'arme qui envoie une rafale continue de balles et se charge et se decharge automatiquement sans interruption. Maxim est americain de naissance ; il s'est maintenant etabli en Angleterre, ou il possede ses usines d'armement et autres. Maxim est contrarie si quelqu'un fait trop frequemment allusion a ses armes en sa presence et dit : « Mon ami, n'ai-je rien fait d'autre qu'inventer cette machine de destruction ? » Maxim est un admirateur de la Chine et de l'Inde et ecrit avec talent sur la religion et la philosophie. Ayant lu mes oeuvres depuis longtemps, il me porte une grande -- je dirais meme excessive -- admiration. Il fournit des armes a tous les rois et souverains et est bien connu dans tous les pays, bien que son ami particulier soit Li Hung Chang, que sa consideration speciale aille a la Chine et que sa devotion soit pour le confucianisme. Il a l'habitude d'ecrire de temps en temps dans les journaux, sous des pseudonymes chinois, contre les chretiens -- sur ce qui les amene en Chine, leur vrai motif, et ainsi de suite. Il ne peut absolument pas supporter les missionnaires chretiens prechant leur religion en Chine ! Son epouse est aussi, tout comme son mari, pleine de consideration pour la Chine et de haine envers le christianisme ! Maxim n'a pas de descendance ; c'est un vieil homme, immensement riche.

Le programme du voyage etait le suivant -- de Paris a Vienne, puis de la a Constantinople, par le train ; ensuite en bateau a vapeur jusqu'a Athenes et la Grece, puis a travers la Mediterranee jusqu'en Egypte, puis l'Asie Mineure, Jerusalem, et ainsi de suite. L'« Orient Express » circule quotidiennement de Paris a Constantinople et est pourvu d'amenagements pour dormir, s'asseoir et diner selon le modele americain. Bien que pas aussi parfaits que les wagons americains, ils sont assez bien amenages. Je dois quitter Paris par ce train le 24 octobre (1900).

Nous sommes le 23 octobre ; demain soir je dois prendre conge de Paris. Cette annee, Paris est le centre du monde civilise, car c'est l'annee de l'Exposition universelle de Paris, et il y a eu un rassemblement d'hommes et de femmes eminents de tous les coins du globe. Les esprits les plus brillants de tous les pays se sont reunis aujourd'hui a Paris pour repandre la gloire de leurs pays respectifs par le biais de leur genie. L'homme fortune dont le nom sera sur toutes les levres de ce grand centre aujourd'hui couronnera en meme temps sa patrie de gloire devant le monde. Et ou es-tu, ma Mere Patrie, le Bengale, dans cette grande capitale grouillant de savants allemands, francais, anglais, italiens et d'autres encore ? Qui est la pour prononcer ton nom ? Qui est la pour proclamer ton existence ? De cette blanche galaxie de genies, un jeune heros distingue s'avanca pour proclamer le nom de notre Mere Patrie, le Bengale -- c'etait le scientifique de renommee mondiale, le Dr (plus tard Sir) J. C. Bose ! Seul, le jeune physicien bengali, avec la vivacite de l'eclair, charma aujourd'hui l'auditoire occidental par son splendide genie ; cette decharge electrique insuffla les pulsations d'une vie nouvelle dans le corps a demi mort de la Mere Patrie ! Au sommet de tous les physiciens aujourd'hui se trouve -- Jagadish Chandra Bose, un Indien, un Bengali ! Bravo, heros ! Quels que soient les pays que le Dr Bose et son epouse accomplie et exemplaire puissent visiter, partout ils glorifient l'Inde -- ajoutent de nouveaux lauriers a la couronne du Bengale. Couple beni !

Et la reunion quotidienne de nombreuses personnalites distinguees que M. Leggett organisait a grands frais dans sa demeure parisienne, en les invitant a des receptions -- cela aussi prend fin aujourd'hui.

Toutes sortes de personnalites distinguees -- poetes, philosophes, scientifiques, moralistes, politiciens, chanteurs, professeurs, peintres, artistes, sculpteurs, musiciens, et ainsi de suite, des deux sexes -- avaient coutume de se rassembler dans la residence de M. Leggett, attires par son hospitalite et sa bienveillance. Ce flot incessant de paroles, clair et limpide comme une cascade de montagne, cette expression de sentiments emanant de tous cotes comme des etincelles de feu, une musique enchanteresse, le courant magique de pensees issues d'esprits superieurs entrant en conflit les uns avec les autres -- qui tenait tous sous le charme, leur faisant oublier le temps et le lieu -- tout cela aussi prendra fin.

Toute chose sur terre a une fin. Une fois encore, j'ai fait aujourd'hui le tour de l'Exposition universelle de Paris -- cette masse accumulee d'idees eblouissantes, comme un eclair maintenu stable pour ainsi dire, ce rassemblement unique de panorama celeste sur terre !

Il pleut a Paris depuis deux ou trois jours. Durant tout ce temps, le soleil qui est toujours bienveillant envers la France a retenu sa grace accoutumee. Peut-etre son visage s'est-il assombri de nuages par degout en voyant le courant de sensualite qui coule secretement derriere ce rassemblement d'arts et d'artistes, de savoir et de savants, ou peut-etre a-t-il cache son visage sous un voile de nuage par chagrin devant la destruction imminente de ce paradis illusoire de bois et de toile barioles.

Nous aussi serons heureux de nous echapper. Le demantelement de l'Exposition est une grosse affaire ; les rues de ce paradis terrestre, de l'edenique Paris, seront remplies de boue et de mortier jusqu'aux genoux. A l'exception d'un ou deux batiments principaux, toutes les maisons et leurs parties ne sont qu'un etalage de bois, de chiffons et de badigeon -- tout comme le monde entier l'est ! Et quand on les demolit, la poussiere de chaux vole partout et etouffe ; les chiffons et le sable et le reste rendent les rues excessivement sales ; et s'il pleut en plus, c'est un desordre epouvantable.

Le soir du 24 octobre, le train quitta Paris. La nuit etait sombre et on ne pouvait rien voir. Monsieur Bois et moi-meme occupions un compartiment -- et nous nous couchames tot. En nous reveillant, nous constatames que nous avions franchi la frontiere francaise et penetre en territoire allemand. J'avais deja visite l'Allemagne en profondeur ; mais l'Allemagne, apres la France, produit un effet assez discordant. « D'un cote la lune se couche » (yatye-katostashikharam patir-oshadinam -- extrait de la Shakuntalâ de Kalidasa, poete sanskrit classique) -- la France qui embrasse le monde se consume lentement dans le feu d'une revanche longuement meditee -- tandis que de l'autre cote, l'Allemagne centralisee, jeune et puissante, a entame son ascension au-dessus de l'horizon a pas rapides. D'un cote se trouve l'art raffine d'un peuple aux cheveux sombres, de stature comparativement petite, fastueux, hautement civilise, pour qui l'art est la vie ; et de l'autre, le barbouillage grossier, la manipulation maladroite, du geant allemand aux cheveux fauves et a la haute stature. Apres Paris, il n'y a plus d'autre ville dans le monde occidental ; partout ce n'est qu'une imitation de Paris -- ou du moins une tentative. Mais en France, cet art est empli de grace et de beaute etheree, tandis qu'en Allemagne, en Angleterre et en Amerique, l'imitation est grossiere et maladroite. Meme l'usage de la force de la part des Francais est beau, pour ainsi dire, tandis que la tentative des Allemands de deployer la beaute est terrifiante. Le visage du genie francais, meme froncant les sourcils de colere, est beau ; celui du genie allemand, meme rayonnant de sourires, parait effrayant, pour ainsi dire. La civilisation francaise est toute nerfs, comme le camphre ou le musc -- elle se volatilise et envahit la piece en un instant ; tandis que la civilisation allemande est toute muscles, lourde comme le plomb ou le mercure -- elle demeure immobile et inerte la ou elle se trouve. Le muscle allemand peut continuer a frapper de petits coups inlassablement, jusqu'a la mort ; les Francais ont des corps tendres, feminins, mais quand ils concentrent leurs forces et frappent, c'est un coup de masse et il est irresistible.

Les Allemands construisent a la mode francaise de grandes maisons et de grands hotels particuliers, et placent de grandes statues, des figures equestres, etc. a leur sommet, mais en voyant un immeuble allemand de deux etages, on est tente de demander -- est-ce une habitation pour des hommes, ou une ecurie pour elephants et chameaux, tandis qu'on prend une ecurie francaise de cinq etages pour elephants et chevaux pour une demeure de fees.

L'Amerique est inspiree par les ideaux allemands ; des centaines de milliers d'Allemands se trouvent dans chaque ville. La langue est bien sur l'anglais, mais neanmoins l'Amerique se germanise lentement. L'Allemagne multiplie rapidement sa population et est exceptionnellement endurante. Aujourd'hui l'Allemagne dicte sa loi a toute l'Europe, sa place est au-dessus de tous ! Bien avant toutes les autres nations, l'Allemagne a instaure l'instruction obligatoire pour les hommes et les femmes, rendant l'analphabetisme punissable par la loi, et aujourd'hui elle recueille les fruits de cet arbre. L'armee allemande est la premiere en reputation, et l'Allemagne a jure de devenir la premiere par sa marine egalement. La fabrication allemande de marchandises a battu meme l'Angleterre ! Les marchandises allemandes et les Allemands eux-memes obtiennent lentement le monopole meme dans les colonies anglaises. Sur l'ordre de l'Empereur allemand, toutes les nations se sont volontiers soumises au commandement du Generalissime allemand sur les champs de bataille de Chine !

Toute la journee le train traversa l'Allemagne a vive allure, jusqu'a ce que dans l'apres-midi il atteignit les frontieres de l'Autriche, l'ancienne sphere de suprematie allemande, mais desormais un territoire etranger. Il y a certaines difficultes quand on voyage a travers l'Europe. Dans chaque pays, d'enormes droits de douane sont preleves sur certaines choses, ou certains articles de commerce sont le monopole du Gouvernement, comme par exemple le tabac. De plus, en Russie et en Turquie, il vous est totalement interdit d'entrer sans un passeport royal ; un passeport, il faut toujours en avoir un. En outre, en Russie et en Turquie, tous vos livres et papiers seront saisis ; et quand, apres examen, les autorites sont satisfaites qu'il n'y a rien en eux contre le gouvernement et la religion russes ou turcs, alors seulement ils seront restitues, sinon ils seront tous confisques. Dans les autres pays, votre tabac est une source de grands tracas. Vous devez ouvrir votre coffre, votre malle et vos paquets pour inspection afin de verifier s'ils contiennent du tabac etc. ou non. Et pour venir a Constantinople, il faut traverser deux grands Etats -- l'Allemagne et l'Autriche, et de nombreux petits ; ces derniers avaient autrefois ete des districts de la Turquie, mais plus tard les rois chretiens independants firent cause commune et arracherent autant de ces districts chretiens des mains mahometanes qu'ils le purent. La morsure de ces petites fourmis est bien pire encore que celle des plus grosses.

Le soir du 25 octobre, le train atteignit Vienne, la capitale de l'Autriche. Les membres de la famille royale en Autriche et en Russie portent les titres d'Archiducs et d'Archiduchesses. Deux Archiducs devaient descendre a Vienne par ce train ; et tant qu'ils ne l'avaient pas fait, les autres passagers n'etaient pas autorises a descendre. Nous dumes donc attendre. Quelques officiers en uniforme chamare et des soldats coiffes de bonnets a plumes attendaient les Archiducs, qui descendirent entoures par eux. Nous aussi fumes soulages et nous hatames de descendre et de faire passer nos bagages. Il y avait peu de passagers, et il ne nous fallut pas beaucoup de temps pour montrer nos bagages et les faire passer. Un hotel avait deja ete reserve, et un homme de l'hotel nous attendait avec une voiture. Nous arrivames a l'hotel dans les regles. Il n'etait pas question de sortir pour visiter la ville pendant la nuit ; aussi, le lendemain matin, nous partimes voir la ville. Dans tous les hotels, et dans presque tous les pays d'Europe a l'exception de l'Angleterre et de l'Allemagne, la mode francaise prevaut. On mange deux fois par jour comme les Hindous ; le matin vers midi, et le soir vers huit heures. Tot le matin, c'est-a-dire vers huit ou neuf heures, on prend un peu de cafe. Le the est tres peu en usage, sauf en Angleterre et en Russie. Le repas du matin s'appelle en francais dejeuner -- c'est-a-dire le premier repas, et le repas du soir diner -- c'est-a-dire le repas principal. Le the est tres utilise en Russie -- il fait trop froid, et la Chine est assez proche. Le the chinois est excellent, et la plus grande partie va en Russie. La maniere russe de boire le the est aussi analogue a la chinoise, c'est-a-dire sans lait. Le the ou le cafe devient nocif comme du poison si l'on y melange du lait. Les vrais peuples buveurs de the, les Chinois, les Japonais, les Russes et les habitants de l'Asie centrale, prennent le the sans lait. De meme, les peuples originels buveurs de cafe, tels que les Turcs, boivent le cafe sans lait. Seulement en Russie, on met une tranche de citron et un morceau de sucre dans le the. Les gens pauvres placent un morceau de sucre dans la bouche et boivent le the par-dessus, et quand l'un a fini de boire, il passe ce morceau a un autre, qui repete le procede. Vienne est une petite ville sur le modele de Paris. Mais les Autrichiens sont de race germanique. L'Empereur d'Autriche etait jusqu'ici l'Empereur de presque toute l'Allemagne. A l'epoque actuelle, grace a la clairvoyance du roi Guillaume de Prusse, a la merveilleuse diplomatie de son habile ministre Bismarck, et au genie militaire du general Von Moltke, le roi de Prusse est l'Empereur de toute l'Allemagne a l'exception de l'Autriche. L'Autriche, depouilee de sa gloire et privee de sa puissance, maintient tant bien que mal son ancien nom et son prestige. La lignee royale autrichienne -- la dynastie des Habsbourg -- est la plus ancienne et la plus aristocratique d'Europe. C'est cette dynastie autrichienne qui jusqu'ici gouvernait l'Allemagne en tant qu'Empereurs -- l'Allemagne dont les princes sont assis sur les trones de presque tous les pays d'Europe, et dont les petits chefs feodaux meme occupent les trones d'empires aussi puissants que l'Angleterre et la Russie. Le desir de cet honneur et de ce prestige, l'Autriche le cherit encore pleinement, seulement elle manque de puissance. La Turquie est appelee « l'homme malade » de l'Europe ; alors l'Autriche devrait etre appelee « la dame malade ». L'Autriche appartient a la confession catholique, et jusqu'a recemment l'Empire autrichien s'appelait « le Saint Empire romain ». L'Allemagne moderne a une preponderance de protestants. L'Empereur d'Autriche a toujours ete le bras droit du Pape, son fidele suiveur et le chef de la confession catholique romaine. Desormais, l'Empereur d'Autriche est le seul souverain catholique en Europe ; la France, fille ainee de l'Eglise catholique, est maintenant une Republique, tandis que l'Espagne et le Portugal sont dechus ! L'Italie n'a laisse juste assez de place que pour l'etablissement du trone papal, depouillant le Pape de toute sa splendeur et de son domaine ; entre le roi d'Italie et le Pape de Rome, il n'y a aucune amitie, ils ne supportent pas la vue l'un de l'autre. Rome, la capitale du Pape, est desormais la capitale de l'Italie. Le roi vit dans l'ancien palais du Pape dont il s'est empare, et l'ancien royaume italien du Pape est maintenant confine dans l'enceinte du Vatican. Mais le Pape conserve encore une grande influence dans les affaires religieuses -- et le principal soutien de celle-ci est l'Autriche. De la lutte contre l'Autriche -- contre l'asservissement seculaire de l'Autriche, alliee du Pape -- est nee l'Italie moderne. Par consequent, l'Autriche est contre l'Italie -- contre elle, parce qu'elle l'a perdue. Malheureusement, la jeune Italie, mal conseillee par l'Angleterre, s'employa a creer une armee et une marine puissantes. Mais ou etait l'argent ? Ainsi, couverte de dettes, l'Italie est en voie de ruine ; et pour comble de malheur, elle s'attira un nouveau probleme en cherchant a etendre son empire en Afrique. Vaincue par le monarque abyssin, elle a sombre, privee de gloire et de prestige. La Prusse, entre-temps, vainquit l'Autriche dans une grande guerre et la repoussa a grande distance. L'Autriche agonise lentement, tandis que l'Italie s'est pareillement enchainee par le mauvais usage de sa vie nouvelle.

La lignee royale autrichienne est encore la plus fiere de toutes les familles royales europeennes. Elle se vante d'etre une dynastie tres ancienne et tres aristocratique. Les mariages et autres alliances de cette lignee sont contractes avec la plus grande circonspection, et aucune telle relation ne peut etre etablie avec des familles qui ne sont pas catholiques romaines. C'est le mirage d'une alliance avec cette lignee qui causa la chute de Napoleon le Grand. Assez curieusement, il lui prit la fantaisie d'epouser une fille de quelque noble famille royale et de fonder une grande dynastie par une succession de descendants. Le heros qui, interroge sur son pedigree, avait repondu : « Je ne dois mon titre de noblesse a personne -- c'est moi qui dois fonder une grande dynastie » -- c'est-a-dire qu'il ferait naitre une puissante dynastie, et qu'il n'etait pas ne pour se glorifier des plumes empruntees a quelque ancetre -- ce heros tomba dans cet abime du prestige familial.

Le divorce de l'imperatrice Josephine, la defaite de l'Empereur d'Autriche au combat et la prise de sa fille en mariage, le mariage de Bonaparte en grande pompe avec Marie-Louise, princesse d'Autriche, la naissance d'un fils, l'installation du nouveau-ne comme roi de Rome, la chute de Napoleon, l'inimitie de son beau-pere, Leipzig, Waterloo, Sainte-Helene, l'imperatrice Marie-Louise vivant dans la maison de son pere avec son enfant, le mariage de la royale epouse de Napoleon avec un simple soldat, la mort de son fils unique, le roi de Rome, dans la maison de son grand-pere maternel -- tout cela constitue des episodes bien connus de l'histoire.

Tombee dans un etat relativement affaibli, la France rumine a present sa gloire passee -- de nos jours, il y a de tres nombreux livres sur Napoleon. Des dramaturges comme Sardou ecrivent de nombreux drames sur Napoleon defunt et disparu ; et des actrices comme Madame Bernhardt et Rejane jouent ces pieces chaque soir devant des salles combles. Recemment, Madame Bernhardt a cree une grande attraction a Paris en jouant un drame intitule L'Aiglon (le Jeune Aigle).

Le Jeune Aigle est le fils unique de Napoleon, pratiquement interne dans la residence de son grand-pere maternel, le palais de Vienne. Le ministre de l'Empereur d'Autriche, le machiavelique Metternich, veille toujours a ne pas laisser les recits d'heroisme de son pere penetrer dans l'esprit du garcon. Mais quelques veterans de Bonaparte reussirent a se faire admettre incognito dans le service du garcon au palais de Schoenbrunn ; leur idee etait de ramener d'une maniere ou d'une autre le garcon en France et de fonder la lignee des Bonaparte en chassant les Bourbons reinstalles par les potentats europeens coalises. L'enfant etait le fils d'un grand heros, et bien vite cet heroisme latent s'eveilla en lui a l'ecoute des glorieux recits de bataille de son pere. Un jour, le garcon s'enfuit du palais de Schoenbrunn accompagne des conspirateurs. Mais l'intellect acere de Metternich avait deja flaire l'affaire, et il mit fin au voyage. Le fils de Bonaparte fut ramene au palais de Schoenbrunn et le Jeune Aigle, les ailes liees pour ainsi dire, mourut bientot le coeur brise !

Ce palais de Schoenbrunn est un palais ordinaire. Bien sur, les pieces et le reste sont somptueusement decores ; dans l'une d'elles on ne trouve peut-etre que de l'artisanat chinois, dans une autre uniquement des oeuvres d'art hindou, dans une troisieme les productions d'un autre pays, et ainsi de suite ; et le jardin attenant au palais est veritablement charmant. Mais tous les gens qui viennent aujourd'hui visiter ce palais s'y rendent dans le but de voir la chambre ou le fils de Bonaparte avait coutume de reposer, ou son cabinet de travail, ou la chambre dans laquelle il mourut, et ainsi de suite. Beaucoup de Francais et Francaises etourdis interrogent le garde : quelle chambre appartenait a « L'Aiglon », quel lit « L'Aiglon » occupait-il, et ainsi de suite. Quelles sottes questions que celles-la ! Les Autrichiens savent seulement qu'il etait le fils de Bonaparte, et que la relation fut etablie en prenant de force leur fille en mariage ; cette haine, ils ne l'ont pas encore oubliee. Le prince etait un petit-fils de l'Empereur, et sans foyer, aussi ne purent-ils s'empecher de lui donner un abri, mais ils ne pouvaient lui accorder un titre tel que « roi de Rome » ; seulement, etant le petit-fils de l'Empereur d'Autriche, il etait un Archiduc, c'etait tout. Il se peut que vous, Francais, ayez ecrit un livre sur lui, en faisant de lui le Jeune Aigle, et que l'ajout de decors imaginaires et le genie de Madame Bernhardt aient cree un grand interet pour l'histoire, mais comment un garde autrichien saurait-il ce nom ? En outre, il a ete ecrit dans ce livre que l'Empereur d'Autriche, suivant les conseils de son ministre Metternich, avait en quelque sorte tue le fils de Napoleon !

En entendant le nom « L'Aiglon », le garde prit un air allonge et continua a montrer les pieces et autres choses, profondement degoute en son for interieur ; que pouvait-il faire d'autre ? -- c'etait trop lui demander de renoncer aux pourboires. De plus, dans des pays comme l'Autriche et autres, le departement militaire est tres mal paye, ils doivent vivre de presque rien ; bien sur, ils sont autorises a retourner chez eux apres quelques annees de service. Le visage du garde s'assombrit en expression de son patriotisme, mais la main se porta instinctivement vers le pourboire. Les visiteurs francais mirent quelques pieces d'argent dans la main du garde et rentrerent chez eux en parlant de « L'Aiglon » et en maudissant Metternich, tandis que le garde fermait les portes avec un long salut. Dans son coeur, il devait donner de doux noms aux ancetres du peuple francais tout entier.

La chose la plus digne d'etre vue a Vienne est le Musee, particulierement le Musee des Sciences, une institution d'un grand profit pour l'etudiant. Il y a une belle collection de squelettes de diverses especes d'animaux anciens disparus. Dans la Galerie d'Art, les peintures d'artistes hollandais constituent la majeure partie. Dans l'ecole hollandaise, il y a tres peu de recherche de suggestion ; cette ecole est celebre pour sa copie exacte des objets et creatures de la nature. Un artiste a passe des annees sur le dessin d'un panier de poissons, ou d'un morceau de chair, ou d'un verre d'eau -- et ce poisson, ou cette chair, ou cette eau dans le verre est merveilleux. Mais les figures feminines de l'ecole hollandaise ressemblent tout simplement a des athletes.

Il y a bien sur l'erudition et l'intellectualite allemandes a Vienne, mais les causes qui ont aide a la decadence progressive de la Turquie sont egalement a l'oeuvre ici -- c'est-a-dire le melange de races et de langues diverses. La population de l'Autriche proprement dite parle allemand ; les gens de Hongrie appartiennent a la souche tartare et ont une langue differente ; tandis qu'il y en a certains qui parlent grec et sont des chretiens appartenant a l'Eglise grecque. L'Autriche n'a pas le pouvoir de fusionner tant de confessions differentes. C'est pourquoi elle est tombee.

A l'epoque actuelle, une immense vague de nationalisme deferle sur l'Europe, ou les peuples parlant la meme langue, professant la meme religion et appartenant a la meme race veulent s'unir. Partout ou une telle union s'accomplit effectivement, une grande puissance se manifeste ; et la ou cela est impossible, la mort est inevitable. Apres la mort de l'actuel Empereur d'Autriche (Francois-Joseph II mourut en 1916), l'Allemagne tentera surement d'absorber la partie germanophone de l'Empire autrichien -- et la Russie et les autres s'y opposeront certainement ; il y a donc la possibilite d'une guerre effroyable. L'actuel Empereur etant tres age, cette catastrophe pourrait se produire tres prochainement. L'Empereur d'Allemagne est de nos jours un allie du Sultan de Turquie ; et quand l'Allemagne tentera de saisir le territoire autrichien, la Turquie, qui est l'ennemie de la Russie, offrira certainement quelque resistance a la Russie ; c'est pourquoi l'Empereur d'Allemagne est tres amical envers la Turquie.

Trois jours a Vienne suffirent a me lasser. Visiter l'Europe apres Paris, c'est comme gouter une preparation inferieure apres un somptueux festin -- ce meme habit, ce meme style de manger, cette meme mode partout ; a travers tout le pays, on rencontre ce meme costume noir et ce meme chapeau bizarre -- desolant ! En outre, vous avez les nuages au-dessus et cette fourmiliere de gens en chapeaux noirs et manteaux noirs en dessous -- on se sent etouffe, pour ainsi dire. Toute l'Europe adopte progressivement ce meme style vestimentaire et ce meme mode de vie ! C'est une loi de la nature que ce sont la les symptomes de la mort ! Par des centaines d'annees de conditionnement, nos ancetres nous ont si bien faconnes que nous nous brossons tous les dents, nous lavons le visage, prenons nos repas et faisons tout de la meme maniere, et le resultat est que nous sommes progressivement devenus de simples automates ; la vie s'en est allee, et nous nous deplacons, simplement comme autant de machines ! Les machines ne disent jamais « oui » ou « non », ne se soucient jamais de rien, elles avancent « dans la voie ou leurs ancetres sont alles », puis pourrissent et meurent. Les Europeens aussi subiront le meme sort ! « Le cours du temps est en perpetuel changement ! Si tous les peuples adoptent le meme habit, la meme nourriture, la meme maniere de parler et le meme tout, progressivement ils deviendront comme autant de machines, fouleront progressivement le chemin que leurs ancetres ont foule », et comme consequence inevitable de cela -- ils pourriront et mourront !

Le 28 octobre, a 21 heures, nous reprimes cet Orient Express, qui atteignit Constantinople le 30. Ces deux nuits et un jour, le train traversa la Hongrie, la Serbie et la Bulgarie. Les gens de Hongrie sont sujets de l'Empereur d'Autriche, dont le titre cependant est « Empereur d'Autriche et roi de Hongrie ». Les Hongrois et les Turcs sont de la meme race, apparentes aux Tibetains. Les Hongrois penetrerent en Europe par le nord de la mer Caspienne, tandis que les Turcs occuperent lentement l'Europe par les frontieres occidentales de la Perse et par l'Asie Mineure. Les gens de Hongrie sont chretiens et les Turcs sont mahometans, mais l'esprit martial caracteristique du sang tartare est perceptible chez les deux. Les Hongrois se sont battus encore et encore pour se separer de l'Autriche et ne sont maintenant que nominalement unis. L'Empereur d'Autriche est roi de Hongrie de nom seulement. Leur capitale, Budapest, est une tres elegante et belle ville. Les Hongrois sont un peuple epris de plaisirs et amateur de musique, et l'on trouve des orchestres hongrois dans tout Paris.

La Serbie, la Bulgarie et le reste etaient des districts de la Turquie et sont devenus pratiquement independants apres la guerre russo-turque ; mais le Sultan de Turquie est encore leur Empereur ; et la Serbie et la Bulgarie n'ont aucun droit en matiere d'affaires etrangeres. Il y a trois nations civilisees en Europe -- les Francais, les Allemands et les Anglais. Le reste est presque aussi mal loti que nous, et la majorite d'entre eux sont si peu civilises qu'on ne trouvera en Asie aucune race aussi degradee. A travers la Serbie et la Bulgarie, on trouve les memes maisons de torchis, des gens vetus de haillons, et des tas d'immondices -- et j'etais presque enclin a penser que j'etais de retour en Inde ! De plus, comme ils sont chretiens, ils doivent avoir un certain nombre de porcs ; et un seul porc rendra un endroit plus sale que deux cents hommes barbares ne sauraient le faire. Vivant dans une maison de torchis au toit de boue, vetu de haillons sur sa personne, et entoure de porcs -- voila votre Serbe ou Bulgare ! Apres beaucoup d'effusion de sang et de nombreuses guerres, ils ont secoue le joug de la Turquie ; mais avec cela ils ont eu un serieux desavantage -- ils doivent constituer leur armee sur le modele europeen, sinon l'existence d'aucun d'entre eux n'est assuree pour un seul jour. Bien sur, tot ou tard ils seront tous un jour absorbes par la Russie ; mais meme cette existence de deux jours est impossible sans armee. Ils doivent donc avoir la conscription.

En un jour funeste, la France subit la defaite face a l'Allemagne. Par colere et par peur, elle fit de chaque citoyen un soldat. Chaque homme doit servir quelque temps dans l'armee et apprendre la science militaire ; il n'y a d'exemption pour personne. Il doit vivre dans les casernes pendant trois ans et apprendre a se battre, l'arme a l'epaule, fut-il millionnaire de naissance. Le gouvernement pourvoira a sa nourriture et a son habillement, et la solde sera d'un centime (un pice) par jour. Apres cela, il doit toujours etre pret pour le service actif pendant deux ans a son domicile ; et pendant encore quinze ans, il doit etre pret a se presenter pour le service au premier appel. L'Allemagne ayant mis un lion en fureur, elle aussi dut se tenir prete. Dans les autres pays aussi, la conscription a ete introduite par crainte mutuelle les uns des autres -- ainsi dans toute l'Europe, a l'exception de la seule Angleterre. L'Angleterre, etant une ile, renforce continuellement sa marine, mais qui sait si les lecons de la guerre des Boers ne la forceront pas a introduire la conscription. La Russie a la plus grande population de toutes, donc elle peut amasser la plus grande armee d'Europe. Maintenant, les Etats titulaires, comme la Serbie et la Bulgarie, que les Puissances europeennes creent en demantelant la Turquie -- eux aussi, des leur naissance, doivent avoir des armees modernes, entrainees et bien equipees et des canons, etc. Mais en fin de compte, qui fournira les fonds ? Par consequent, les paysans ont du mettre des haillons -- tandis que dans les villes on trouve des soldats en uniformes somptueux. A travers toute l'Europe, c'est une folie de soldats -- des soldats partout. Neanmoins, la liberte est une chose et l'esclavage une autre ; meme le meilleur travail perd son charme si l'on est contraint de le faire par autrui. Sans l'idee de responsabilite personnelle, nul ne peut accomplir quoi que ce soit de grand. La liberte avec un seul repas par jour et des haillons sur le dos est un million de fois preferable a l'esclavage dans des chaines d'or. Un esclave souffre les miseres de l'enfer ici-bas et dans l'au-dela. Les gens d'Europe se moquent des Serbes et des Bulgares et autres, et les raillent pour leurs erreurs et leurs lacunes. Mais peuvent-ils atteindre la maitrise en un jour, apres tant d'annees de servitude ? Des erreurs, ils en commettront forcement -- oui, par centaines -- mais ils apprendront de ces erreurs et les corrigeront quand ils auront appris. Donnez-lui la responsabilite, et l'homme le plus faible deviendra fort, et l'homme ignorant deviendra sagace.

Le train traverse la Hongrie, la Roumanie et d'autres pays. Parmi les races qui habitent le moribond Empire autrichien, les Hongrois possedent encore de la vitalite. Toutes les races d'Europe, a l'exception d'une ou deux petites, appartiennent au grand groupe que les savants europeens appellent la race indo-europeenne ou aryenne. Les Hongrois sont parmi les quelques races qui ne parlent pas une langue sanskritique. Les Hongrois et les Turcs, comme nous l'avons deja dit, appartiennent a la meme race. A des epoques relativement modernes, cette race tres puissante etablit sa souverainete en Asie et en Europe. Le pays appele aujourd'hui Turkestan, situe au nord de l'Himalaya occidental et de la chaine de l'Hindou Kouch, etait la patrie originelle des Turcs. Le nom turc de ce pays est Tchagataï. La dynastie moghole de Delhi, la lignee royale persane actuelle, la dynastie du Sultan turc de Constantinople et les Hongrois ont tous progressivement etendu leur domination depuis ce pays, en commencant par l'Inde et en poussant jusqu'en Europe, et meme aujourd'hui ces dynasties se qualifient de Tchagataï et parlent une langue commune. Bien sur, ces Turcs etaient incivilises il y a des siecles, et avaient coutume d'errer avec des troupeaux de moutons, de chevaux et de bovins, emmenant avec eux leurs femmes et enfants et tous leurs biens terrestres, et de camper quelque temps partout ou ils pouvaient trouver assez de paturage pour leurs betes. Et quand l'herbe et l'eau venaient a manquer, ils avaient coutume de se deplacer ailleurs. Meme maintenant, de nombreuses familles de cette race menent des vies nomades de cette facon en Asie centrale. Ils ont une similitude parfaite avec les races d'Asie centrale en ce qui concerne la langue, mais quelque difference en matiere de physionomie. Le visage du Turc ressemble a celui du Mongol par la forme de la tete et par la proeminence de la pommette, mais le nez du Turc n'est pas plat, plutot long, et les yeux sont droits et grands, bien que l'espace entre les yeux soit comparativement large, comme chez les Mongols. Il semble que depuis longtemps le sang aryen et semitique ait penetre dans cette race turque. De temps immemorial, les Turcs ont ete excessivement epris de guerre. Et le melange avec eux de races parlant le sanskrit et des peuples de Kandahar et de Perse a produit les races belliqueuses telles que les Afghans, les Khildjis, les Hazaras, les Barakhais, les Yusufzais, etc., pour qui la guerre est une passion et qui ont frequemment opprime l'Inde.

Dans des temps tres anciens, cette race turque conquit a maintes reprises les provinces occidentales de l'Inde et fonda de vastes royaumes. Ils etaient bouddhistes, ou se convertissaient au bouddhisme apres avoir occupe le territoire indien. Dans l'histoire ancienne du Cachemire, il est fait mention de ces celebres empereurs turcs, Hushka, Yushka et Kanishka. C'est ce Kanishka qui fonda l'ecole septentrionale du bouddhisme appelee le Mahayana (le « Grand Vehicule », courant bouddhiste visant la liberation de tous les etres). Bien plus tard, la majorite d'entre eux adopta l'islam et devasta completement les principaux centres bouddhiques de l'Asie centrale tels que Kandahar et Kaboul. Avant leur conversion a l'islam, ils avaient coutume d'absorber le savoir et la culture des pays qu'ils conqueraient, et en assimilant la culture d'autres pays, ils s'efforçaient de propager la civilisation. Mais depuis qu'ils sont devenus musulmans, il ne leur reste plus que l'instinct guerrier ; ils n'ont plus le moindre vestige de savoir et de culture ; au contraire, les pays qui tombent sous leur domination voient progressivement leur civilisation s'eteindre. En de nombreux endroits de l'Afghanistan et du Kandahar modernes, etc., il existe encore de merveilleux stupas (monuments bouddhiques en forme de dome), des monasteres, des temples et des statues gigantesques batis par leurs ancetres bouddhistes. En raison du metissage turc et de leur conversion a l'islam, ces temples et le reste sont presque en ruines, et les Afghans actuels et les races apparentees sont devenus si incivilises et illettres que, loin d'imiter ces oeuvres anciennes d'architecture, ils les croient creees par des esprits surnaturels comme les djinns (genies de la mythologie islamique) et autres, et sont fermement convaincus que de si grandes entreprises depassent le pouvoir de l'homme. La cause principale de la degradation actuelle de la Perse est que la lignee royale appartient a la puissante souche turque incivilisee, tandis que les sujets sont les descendants des anciens Perses hautement civilises, qui etaient des Aryens. De cette maniere, l'Empire de Constantinople -- la derniere arene politique des Grecs et des Romains, descendants d'Aryens civilises -- a ete ruine sous les pieds devastateurs de la puissante et barbare Turquie. Les Empereurs moghols de l'Inde furent les seules exceptions a cette regle ; cela etait peut-etre du a un melange d'idees et de sang hindous. Dans les chroniques des bardes et menestrels rajpoutes, toutes les dynasties musulmanes qui conquirent l'Inde sont designees sous le nom de Turcs. C'est une appellation tres correcte, car, quelles que soient les races dont les armees musulmanes conquerantes pouvaient etre composees, le commandement etait toujours devolu aux seuls Turcs.

Ce que l'on appelle l'invasion, la conquete ou la colonisation musulmane de l'Inde ne signifie que ceci : sous la direction des Turcs musulmans, renegats du bouddhisme, les sections de la race hindoue qui perseveraient dans la foi de leurs ancetres furent a maintes reprises conquises par l'autre section de cette meme race, egalement renegate du bouddhisme ou de la religion vedique (religion fondee sur les Vedas, textes sacres les plus anciens de l'Inde), et qui servait sous les Turcs, ayant ete de force convertie a l'islam par leur force superieure. Bien entendu, la langue des Turcs a, comme leur physionomie, ete considerablement melangee ; particulierement les sections qui se sont le plus eloignees de leur lieu d'origine, les Tchagataï ont la forme de langue la plus hybride. Cette annee, le Shah de Perse visita l'Exposition universelle de Paris et retourna dans son pays par le train via Constantinople. Malgre l'immense difference de temps et de lieu, le Sultan et le Shah converserent l'un avec l'autre dans leur ancienne langue maternelle turque. Mais le turc du Sultan etait mele de persan, d'arabe et de quelques mots grecs, tandis que celui du Shah etait comparativement pur.

Dans les temps anciens, ces Turcs tchagataï etaient divises en deux sections ; l'une s'appelait le « mouton blanc » et l'autre le « mouton noir ». Mais ces sections partirent de leur lieu de naissance au nord du Cachemire, menant leurs troupeaux de moutons et ravageant les pays, jusqu'a ce qu'elles atteignent les rives de la mer Caspienne. Le « mouton blanc » penetra en Europe par le nord de la mer Caspienne et fonda le Royaume de Hongrie, s'emparant d'un fragment de l'Empire romain alors presque en ruines, tandis que le « mouton noir », avancant par le sud de la mer Caspienne, occupa progressivement la portion occidentale de la Perse et, franchissant le Caucase, se rendit peu a peu maitre du territoire arabe tel que l'Asie Mineure et ainsi de suite ; progressivement ils saisirent le trone du Calife, et petit a petit annexerent le petit reste de l'Empire romain d'Occident. Dans des epoques tres reculees, ces Turcs etaient de grands adorateurs du serpent. Tres probablement, c'etaient ces dynasties que les anciens Hindous designaient sous le nom de Nagas (divinites serpentines) et de Takshakas (rois serpents). Plus tard, ils devinrent bouddhistes ; et par la suite, ils avaient tres souvent coutume d'embrasser la religion de n'importe quel pays qu'ils pouvaient conquerir a un moment donne. A des epoques relativement recentes, des deux sections dont nous parlons, le « mouton blanc » conquit les chretiens et se convertit au christianisme, tandis que le « mouton noir » conquit les musulmans et adopta leur religion. Mais dans leur christianisme ou leur islam, on peut encore aujourd'hui retracer par la recherche les strates du culte du serpent et du bouddhisme.

Les Hongrois, bien que Turcs par race et par langue, sont chretiens -- catholiques romains -- en religion. Dans le passe, le fanatisme religieux ne respectait aucun lien -- ni le lien de la langue, ni celui du sang, ni celui du pays. Les Hongrois sont a jamais les ennemis mortels de la Turquie ; et sans l'aide des Hongrois, des Etats chretiens tels que l'Autriche et autres n'auraient pas pu maintenir leur existence en maintes occasions. A l'epoque moderne, grace a la diffusion de l'education et a la decouverte de la linguistique et de l'ethnologie, les peuples sont davantage attires par la parente de langue et de sang, tandis que la solidarite religieuse se relache progressivement. Ainsi, parmi les Hongrois et les Turcs instruits, un sentiment d'unite raciale se developpe. Bien que faisant partie de l'Empire autrichien, la Hongrie a tente a maintes reprises de s'en separer. Le resultat de nombreuses revolutions et rebellions a ete que la Hongrie n'est plus qu'une province nominale de l'Empire autrichien, mais pratiquement independante a tous egards. L'Empereur d'Autriche porte le titre d'« Empereur d'Autriche et roi de Hongrie ». La Hongrie gere toutes ses affaires interieures independamment de l'Autriche et en celles-ci les sujets ont plein pouvoir. L'Empereur d'Autriche continue d'etre un chef titulaire ici, mais meme ce brin de relation, semble-t-il, ne durera pas longtemps. L'habilete guerriere, la magnanimite et les autres vertus caracteristiques de la race turque sont suffisamment presentes chez les Hongrois egalement. De plus, n'etant pas convertis a l'islam, ils ne considerent pas les arts celestes tels que la musique et autres comme un piege du diable, et par consequent les Hongrois sont de grands experts en musique et sont renommes pour cela dans toute l'Europe.

Auparavant, j'avais la notion que les gens des climats froids ne prenaient pas de piments forts, ce qui n'etait qu'une mauvaise habitude des gens des climats chauds. Mais l'habitude de consommer des piments, que nous observames a partir de la Hongrie et qui atteignit son paroxysme en Roumanie et en Bulgarie, etc., me parut surpasser meme celle de vos habitants du sud de l'Inde.

English

MEMOIRS OF EUROPEAN TRAVEL

II

We have an adage among us that one that has a disc-like pattern on the soles of his feet becomes a vagabond. I fear, I have my soles inscribed all over with them. And there is not much room for probability, either. I have tried my best to discover them by scrutinising the soles, but all to no purpose — the feet have been dreadfully cracked through the severity of cold, and no discs or anything of the kind could be traced. However, when there is the tradition, I take it for granted that my soles are full of those signs. But the results are quite patent — it was my cherished desire to remain in Paris for some time and study the French language and civilisation; I left my old friends and acquaintances and put up with a new friend, a Frenchman of ordinary means, who knew no English, and my French — well, it was something quite extraordinary! I had this in mind that the inability to live like a dumb man would naturally force me to talk French, and I would attain fluency in that language in no time — but on the contrary I am now on a tour through Vienna, Turkey, Greece, Egypt, and Jerusalem! Well, who can stem the course of the inevitable! — And this letter I am writing to you from the last remaining capital of Mohammedan supremacy — from Constantinople!

I have three travelling companions — two of them French and the third an American. The American is Miss MacLeod whom you know very well; the French male companion is Monsieur Jules Bois, a famous philosopher and litterateur of France; and the French lady friend is the world-renowned singer, Mademoiselle Calvé. "Mister" is "Monsieur" in the French language, and "Miss" is "Mademoiselle" — with a Z-sound. Mademoiselle Calvé is the foremost singer — opera singer — of the present day. Her musical performances are so highly appreciated that she has an annual income of three to four lakhs of rupees, solely from singing. I had previously been acquainted with her. The foremost actress in the West, Madame Sarah Bernhardt, and the foremost singer, Calvé, are both of them of French extraction, and both totally ignorant of English, but they visit England and America occasionally and earn millions of dollars by acting and singing. French is the language of the civilised world, the mark of gentility in the West, and everybody knows it; consequently these two ladies have neither the leisure nor the inclination to learn English. Madame Bernhardt is an aged lady; but when she steps on the stage after dressing, her imitation of the age and sex of the role she plays is perfect! A girl or a boy — whatever part you want her to play, she is an exact representation of that. And that wonderful voice! People here say her voice has the ring of silver strings! Madame Bernhardt has a special regard for India; she tells me again and again that our country is "trés ancien, tres civilisé" — very ancient and very civilised. One year she performed a drama touching on India, in which she set up a whole Indian street-scene on the stage — men, women, and children, Sadhus and Nagas, and everything — an exact picture of India! After the performance she told me that for about a month she had visited every museum and made herself acquainted with the men and women and their dress, the streets and bathing ghats and everything relating to India. Madame Bernhardt has a very strong desire to visit India. — "C'est mon rave! — It is the dream of my life", she says. Again, the Prince of Wales (His late Majesty King Edward VII, the then Prince of Wales.) has promised to take her over to a tiger and elephant hunting excursion. But then she said she must spend some two lakhs of rupees if she went to India! She is of course in no want of money. "La divine Sarah" — the divine Sarah — is her name; how can she want money, she who never travels but by a special train! That pomp and luxury many a prince of Europe cannot afford to indulge in! One can only secure a seat for her performance by paying double the fees, and that a month in advance! Well, she is not going to suffer want of money! But Sarah Bernhardt is given to spending lavishly. Her travel to India is therefore put off for the present.

Mademoiselle Calve will not sing this winter, she will take a rest and is going to temperate climates like Egypt etc. I am going as her guest. Calve has not devoted herself to music alone, she is sufficiently learned and has a great love for philosophical and religious literature. She was born amidst very poor circumstances; gradually, through her own genius and undergoing great labour and much hardship, she has now amassed a large fortune and has become the object of adoration of kings and potentates!

There are famous lady singers, such as Madame Melba, Madame Emma Ames, and others; and very distinguished singers, such as Jean de Reszke, Plancon, and the rest — all of whom earn two or three lakhs of rupees a year! But with Calvé's art is coupled a unique genius. Extraordinary beauty, youth, genius, and a celestial voice — all these have conspired to raise Calvé to the forefront of all singers. But there is no better teacher than pain and poverty! That extreme penury and pain and hardship of childhood, a constant struggle against which has won for Calvé this victory, have engendered a remarkable sympathy and a profound seriousness in her life. Again, in the West, there are ample opportunities along with the enterprising spirit. But in our country, there is a sad dearth of opportunities, even if the spirit of enterprise be not absent. The Bengali woman may be keen after acquiring education, but it comes to nought for want of opportunities. And what is there to learn from in the Bengali language? At best some poor novels and dramas! Then again, learning is confined at present to a foreign tongue or to Sanskrit and is only for the chosen few. In these Western countries there are innumerable books in the mother-tongue; over and above that, whenever something new comes out in a foreign tongue, it is at once translated and placed before the public.

Monsieur Jules Bois is a famous writer; he is particularly an adept in the discovery of historical truths in the different religions and superstitions. He has written a famous book putting into historical form the devil-worship, sorcery, necromancy, incantation, and such other rites that were in vogue in Mediaeval Europe, and the traces of those that obtain to this day. He is a good poet, and is an advocate of the Indian Vedantic ideas that have crept into the great French poets, such as Victor Hugo and Lamartine and others, and the great German poets, such as Goethe, Schiller, and the rest. The influence of Vedanta on European poetry and philosophy is very great. Every good poet is a Vedantin, I find; and whoever writes some philosophical treatise has to draw upon Vedanta in some shape or other. Only some of them do not care to admit this indebtedness, and want to establish their complete originality, as Herbert Spencer and others, for instance. But the majority do openly acknowledge. And how can they help it — in these days of telegraphs and railways and newspapers? M. Jules Bois is very modest and gentle, and though a man of ordinary means, he very cordially received me as a guest into his house in Paris. Now he is accompanying us for travel.

We have two other companions on the journey as far as Constantinople — Père Hyacinthe and his wife. Père, i.e. Father Hyacinthe was a monk of a strict ascetic section of the Roman Catholic Church. His scholarship, extraordinary eloquence, and great austerities won for him a high reputation in France and in the whole Catholic Order. The great poet, Victor Hugo, used to praise the French style of two men — one of these was Père Hyacinthe. At forty years of age Père Hyacinthe fell in love with an American woman and eventually married her. This created a great sensation, and of course the Catholic Order immediately gave him up. Discarding his ascetic garb of bare feet and loose-fitting cloak, Père Hyacinthe took up the hat, coat, and boots of the householder and became — Monsieur Loyson. I, however, call him by his former name. It is an old, old tale, and the matter was the talk of the whole continent. The Protestants received him with honour, but the Catholics began to hate him. The Pope, in consideration of his attainments, was unwilling to part with him and asked him to remain a Greek Catholic priest, and not abandon the Roman Church. (The priests of the Greek Catholic section are allowed to marry but once, but do not get any high position). Mrs. Loyson, however, forcibly dragged him out of the Pope's fold. In course of time they had children and grandchildren; now the very aged Loyson is going to Jerusalem to try to establish cordial relations among the Christians and Mussulmans. His wife had perhaps seen many visions that Loyson might possibly turn out to be a second Martin Luther and overthrow the Pope's throne — into the Mediterranean. But nothing of the kind took place; and the only result was, as the French say, that he was placed between two stools. But Madame Loyson still cherishes her curious day-dreams! Old Loyson is very affable in speech, modest, and of a distinctly devotional turn of mind. Whenever he meets me, he holds pretty long talks about various religions and creeds. But being of a devotional temperament, he is a little afraid of the Advaita. Madame Loyson's attitude towards me is, I fear, rather unfavourable. When I discuss with the old man such topics as renunciation and monasticism etc., all those long-cherished sentiments wake up in his aged breast, and his wife most probably smarts all the while. Besides, all French people, of both sexes, lay the whole blame on the wife; they say, "That woman has spoilt one of our great ascetic monks!" Madame Loyson is really in a sorry predicament — specially as they live in Paris, in a Catholic country. They hate the very sight of a married priest; no Catholic would ever tolerate the preaching of religion by a man with family. And Madame Loyson has a bit of animus also. Once she expressed her dislike of an actress, saying, "It is very bad of you to live with Mr. So-and-so without marrying him". The actress immediately retorted, "I am a thousand times better than you. I live with a common man; it may be, I have not legally married him; whereas you are a great sinner — you have made such a great monk break his religious vows! If you were so desperately in love with the monk, why, you might as well live as his attending maid; but why did you bring ruin on him by marrying him and thus converting him into a householder?"

However I hear all and keep silent. But old Père Hyacinthe is a really sweet-natured and peaceful man, he is happy with his wife and family — and what can the whole French people have to say against this? I think, everything would be settled if but his wife climbed down a bit. But one thing I notice, viz. that men and women, in every country, have different ways of understanding and judging things. Men have one angle of vision, women another; men argue from one standpoint, women from another. Men extenuate women and lay the blame on men; while women exonerate men and heap all the blame on women.

One special benefit I get from the company of these ladies and gentlemen is that, except the one American lady, no one knows English; talking in English is wholly eschewed, (It is not etiquette in the West to talk in company any language but one known to all party.) and consequently somehow or other I have to talk as well as hear French.

From Paris our friend Maxim has supplied me with letters of introduction to various places, so that the countries may be properly seen. Maxim is the inventor of the famous Maxim gun — the gun that sends off a continuous round of balls and is loaded and discharged automatically without intermission. Maxim is by birth an American; now he has settled in England, where he has his gun-factories etc. Maxim is vexed if anybody alludes too frequently to his guns in his presence and says, "My friend, have I done nothing else except invent that engine of destruction?" Maxim is an admirer of China and India and is a good writer on religion and philosophy etc. Having read my works long since, he holds me in great — I should say, excessive — admiration. He supplies guns to all kings and rulers and is well known in every country, though his particular friend is Li Hung Chang, his special regard is for China and his devotion, for Confucianism. He is in the habit of writing occasionally in the newspapers, under Chinese pseudonyms, against the Christians — about what takes them to China, their real motive, and so forth. He cannot at all bear the Christian missionaries preaching their religion in China! His wife also is just like her husband in her regard for China and hatred of Christianity! Maxim has no issue; he is an old man, and immensely rich.

The tour programme was as follows — from Paris to Vienna, and thence to Constantinople, by rail; then by steamer to Athens and Greece, then across the Mediterranean to Egypt, then Asia Minor, Jerusalem, and so on. The "Oriental Express" runs daily from Paris to Constantinople, and is provided with sleeping, sitting, and dining accommodations after the American model. Though not perfect like the American cars, they are fairly well furnished. I am to leave Paris by that train on October 24 (1900).

Today is the 23rd October; tomorrow evening I am to take leave of Paris. This year Paris is a centre of the civilised world, for it is the year of the Paris Exhibition, and there has been an assemblage of eminent men and women from all quarters of the globe. The master-minds of all countries have met today in Paris to spread the glory of their respective countries by means of their genius. The fortunate man whose name the bells of this great centre will ring today will at the same time crown his country also with glory, before the world. And where art thou, my Motherland, Bengal, in the great capital city swarming with German, French, English, Italian, and other scholars? Who is there to utter thy name? Who is there to proclaim thy existence? From among that white galaxy of geniuses there stepped forth one distinguished youthful hero to proclaim the name of our Motherland, Bengal — it was the world-renowned scientist, Dr. (Later, Sir.) J. C. Bose! Alone, the youthful Bengali physicist, with galvanic quickness, charmed the Western audience today with his splendid genius; that electric charge infused pulsations of new life into the half-dead body of the Motherland! At the top of all physicists today is — Jagadish Chandra Bose, an Indian, a Bengali! Well done, hero! Whichever countries, Dr. Bose and his accomplished, ideal wife may visit, everywhere they glorify India — add fresh laurels to the crown of Bengal. Blessed pair!

And the daily reunion of numbers of distinguished men and women which Mr. Leggett brought about at an enormous expense in his Parisian mansion, by inviting them to at-homes — that too ends today.

All types of distinguished personages — poets, philosophers, scientists, moralists, politicians, singers, professors, painters, artists, sculptors, musicians, and so on, of both sexes — used to be assembled in Mr. Leggett's residence, attracted by his hospitality and kindness. That incessant outflow of words, clear and limpid like a mountainfall, that expression of sentiments emanating from all sides like sparks of fire, bewitching music, the magic current of thoughts from master minds coming into conflict with one another — which used to hold all spellbound, making them forgetful of time and place — these too shall end.

Everything on earth has an end. Once again I took a round over the Paris Exhibition today — this accumulated mass of dazzling ideas, like lightning held steady as it were, this unique assemblage of celestial panorama on earth!

It has been raining in Paris for the last two or three days. During all this time the sun who is ever kind to France has held back his accustomed grace. Perhaps his face has been darkened over with clouds in disgust to witness the secretly flowing current of sensuality behind this assemblage of arts and artists, learning and learned folk, or perhaps he has hid his face under a pall of cloud in grief over the impending destruction of this illusive heaven of particoloured wood and canvas.

We too shall be happy to escape. The breaking up of the Exhibition is a big affair; the streets of this heaven on earth, the Eden-like Paris, will be filled with knee-deep mud and mortar. With the exception of one or two main buildings, all the houses and their parts are but a display of wood and rags and whitewashing — just as the whole world is! And when they are demolished, the lime-dust flies about and is suffocating; rags and sand etc. make the streets exceedingly dirty; and, if it rains in addition, it is an awful mess.

In the evening of October 24 the train left Paris. The night was dark and nothing could be seen. Monsieur Bois and myself occupied one compartment — and early went to bed. On awakening from sleep we found we had crossed the French frontier and entered German territory. I had already seen Germany thoroughly; but Germany, after France, produces quite a jarring effect. "On the one hand the moon is setting" ( यात्येकतोऽस्तशिखरं पतिरोषधीनां — From Kalidasa's Shakuntalâ.) — the world-encompassing France is slowly consuming herself in the fire of contemplated retribution — while on the other hand, centralised, young, and mighty Germany has begun her upward march above the horizon with rapid strides. On one side is the artistic workmanship of the dark-haired, comparatively short-statured, luxurious, highly civilised French people, to whom art means life; and on the other, the clumsy daubing, the unskilful manipulation, of tawny-haired, tall, gigantic German. After Paris there is no other city in the Western world; everywhere it is an imitation of Paris — or at least an attempt at it. But in France that art is full of grace and ethereal beauty, while in Germany, England, and America the imitation is coarse and clumsy. Even the application of force on the part of the French is beautiful, as it were, whereas the attempt of the Germans to display beauty even is terrible. The countenance of French genius, even when frowning in anger, is beautiful; that of German genius, even when beaming with smiles, appears frightful, as it were. French civilisation is full of nerve, like camphor or musk — it volatilises and pervades the room in a moment; while German civilisation is full of muscle, heavy like lead or mercury — it remains motionless and inert wherever it lies. The German muscle can go on striking small blows untiringly, till death; the French have tender, feminine bodies, but when they do concentrate and strike, it is a sledge-hammer blow and is irresistible.

The Germans are constructing after the French fashion big houses and mansions, and placing big statues, equestrian figures, etc. on top of them, but on seeing a double-storeyed German building one is tempted to ask — is it a dwelling-house for men, or a stable for elephants and camels, while one mistakes a five-storeyed French stable for elephants and horses as a habitation for fairies.

America is inspired by German ideals; hundreds of thousand Germans are in every town. The language is of course English, but nevertheless America is being slowly Germanised. Germany is fast multiplying her population and is exceptionally hardy. Today Germany is the dictator to all Europe, her place is above all! Long before all other nations, Germany has given man and woman compulsory education, making illiteracy punishable by law, and today she is enjoying the fruits of that tree. The German army is the foremost in reputation, and Germany has vowed to become foremost in her navy also. German manufacture of commodities has beaten even England! German merchandise and the Germans themselves are slowly obtaining a monopoly even in the English colonies. At the behest of the German Emperor all the nations have ungrudgingly submitted to the lead of the German Generalissimo in the battle-fields of China!

The whole day the train rushed through Germany, till in the afternoon it reached the frontiers of Austria, the ancient sphere of German supremacy, but now an alien territory. There are certain troubles in travelling through Europe. In every country enormous duties are levied upon certain things, or some articles of merchandise are the monopoly of the Government, as for instance, tobacco. Again, in Russia and Turkey, you are totally forbidden to enter without a royal passport; a passport you must always have. Besides, in Russia and Turkey, all your books and papers will be seized; and when on perusal the authorities are satisfied that there is nothing in them against the Russian or Turkish Government and religion, then only they will be returned, otherwise they will all be confiscated. In other countries your tobacco is a source of great trouble. You must open your chest, and trunk and packages for inspection whether they contain tobacco etc. or not. And to come to Constantinople one has to pass through two big States — Germany and Austria, and many petty ones; the latter had formerly been districts of Turkey, but later on the independent Christian kings made a common cause and wrested as many of these Christian districts from Mohammedan hands as they could. The bite of these tiny ants is much worse than even that of the bigger ones.

In the evening of October 25 the train reached Vienna, the capital of Austria. The members of the royal family in Austria and Russia are styled Archdukes and Archduchesses. Two Archdukes are to get down at Vienna by this train; and until they have done so the other passengers are not allowed to get down. So we had to wait. A few officers in laced uniform and some soldiers with feathered caps were waiting for the Archdukes, who got down surrounded by them. We too felt relieved and made haste to get down and have our luggage passed. There were few passengers, and it did not take us much time to show our luggage and have it passed. A hotel had already been arranged for, and a man from the hotel was waiting for us with a carriage. We reached the hotel duly. It was out of the question to go out for sight-seeing during the night; so the next morning we started to see the town. In all hotels, and almost in all the countries of Europe except England and Germany, the French fashion prevails. They eat twice a day like the Hindus; in the morning by twelve o'clock, and in the evening by eight. Early in the morning, that is, about eight or nine, they take a little coffee. Tea is very little in vogue except in England and Russia. The morning meal is called in French déjeuner — that is, breakfast, and the evening meal dîner — that is, dinner. Tea is very much in use in Russia — it is too cold, and China is near enough. Chinese tea is excellent, and most of it goes to Russia. The Russian mode of drinking tea is also analogous to the Chinese, that is, without mixing milk. Tea or coffee becomes injurious like poison if you mix milk with it. The real tea-drinking races, the Chinese, Japanese, Russians, and the inhabitants of Central Asia, take tea without milk. Similarly, the original coffee-drinking races, such as the Turks, drink coffee without milk. Only in Russia they put a slice of lemon and a lump of sugar into the tea. The poor people place a lump of sugar in the mouth and drink tea over it, and when one has finished drinking, one passes that lump on to another, who repeats the process.

Vienna is a small city after the model of Paris. But the Austrians are German by race. The Austrian Emperor was hitherto the Emperor of almost the whole of Germany. In the present times, owing to the far-sightedness of King Wilhelm of Prussia, the wonderful diplomacy of his able minister, Bismark, and the military genius of General Von Moltke, the King of Prussia is the Emperor of the whole of Germany barring Austria. Austria, shorn of her glory and robbed of her power, is somehow maintaining her ancient name and prestige. The Austrian royal line — the Hapsburg Dynasty — is the oldest and most aristocratic dynasty in Europe. It was this Austrian dynasty which hitherto rules Germany as Emperors — Germany whose princes are seated on the thrones of almost all the countries of Europe, and whose petty feudatory chiefs even occupy the thrones of such powerful empires as England and Russia. The desire for that honour and prestige Austria still cherishes in full, only she lacks the power. Turkey is called "the sick man" of Europe; then Austria should be called "the sick dame". Austria belongs to the Catholic sect, and until recently the Austrian Empire used to be called "the Holy Roman Empire". Modern Germany has a preponderance of Protestants. The Austrian Emperor has always been the right-hand man of the Pope, his faithful follower, and the leader of the Roman Catholic sect. Now the Austrian Emperor is the only Catholic Ruler in Europe; France, the eldest daughter of the Catholic Church, is now a Republic, while Spain and Portugal are downfallen! Italy has given only room enough for the Papal throne to be established, robbing the Pope's entire splendour and dominion; between the King of Italy and the Pope of Rome there is no love lost, they cannot bear each other's sight. Rome, the capital of the Pope, is now the capital of Italy. The King lives in the Pope's ancient palace which he has seized, and the ancient Italian kingdom of the Pope is now confined within the precincts of the Vatican. But the Pope has still great influence in religious matters — and the chief supporter of this is Austria. As a result of the struggle against Austria — against the age-long thraldom of Austria, the ally of the Pope — up rose modern Italy. Consequently Austria is against Italy — against, because she lost her. Unfortunately, however, young Italy, under England's misdirection, set herself to create a powerful army and navy. But where was the money? So, involved in debt, Italy is on the way to ruin; and to her misfortune, she brought on herself a fresh trouble by proceeding to extend her empire in Africa. Defeated by the Abyssinian monarch, she has sunk down, bereft of glory and prestige. Prussia in the meantime defeated Austria in a great war and thrust her off to a great distance. Austria is slowly dying, while Italy has similarly fettered herself by the misuse of her new life.

The Austrian royal line is still the proudest of all European royal families. It boasts of being a very ancient and very aristocratic dynasty. The marriages and other connections of this line are contracted with the greatest circumspection, and no such relationship can be established with families that are not Roman Catholic. It was the glamour of a connection with this line that led to the fall of Napoleon the Great. Quaintly enough, he took it into his head to marry a daughter of some noble royal family and found a great dynasty through a succession of descendents. The hero who, questioned as to his pedigree, had replied, "I owe the title to my nobility to none — I am to be the founder of a great dynasty" — that is to say, that he would originate a powerful dynasty, and that he was not born to glorify himself with the borrowed plumes of some ancestor — that hero fell into this abyss of family prestige.

The divorce of the Empress Josephine, the defeat of the Austrian Emperor in battle and taking his daughter to wife, the marriage of Bonaparte in great pomp with Marie Louise, the Princess of Austria, the birth of a son, the installation of the new-born babe as the King of Rome, the fall of Napoleon, the enmity of his father-in-law, Leipsic, Waterloo, St. Helena, Empress Marie Louise living in her father's house with her child, the marriage of Napoleon's royal consort with an ordinary soldier, the death of his only son, the King of Rome, in the house of his maternal grandfather — all these are well-known incidents of history.

Fallen in a comparatively weakened condition, France is now ruminating on her past glory — nowadays there are very many books on Napoleon. Dramatists like Sardou are writing many dramas on Napoleon dead and gone; and actresses like Madame Bernhardt and Réjane are performing those plays every night before bumper houses. Recently Madame Bernhardt has created a great attraction in Paris by playing a drama entitled L’aiglon (the Young Eagle).

The young Eagle is the only son of Napoleon, practically interned in his maternal grandfather's residence, the Palace of Vienna. The Austrian Emperor's minister, the Machiavellian Metternich, is always careful not to allow the tales of heroism of his father to enter into the boy's mind. But a few of Bonaparte's veterans contrived to get themselves admitted into the boy's service in the Schönbrunn Palace, incognito; their idea was to somehow take the boy over to France and found the Bonaparte line by driving out the Bourbons reinstated by the combined European potentates. The child was the son of a great hero, and very soon that latent heroism woke up in him to hear the glorious tales of battle of his father. One day the boy fled from the Schönbrunn Palace accompanied by the conspirators. But Metternich's keen intellect had already scented the matter, and he cut off the journey. The son of Bonaparte was carried back to the Schönbrunn Palace and the Young Eagle, with his wings tied, as it were, very soon died of a broken heart!

This Schönbrunn Palace is an ordinary palace. Of course, the rooms etc. are lavishly decorated; in one of them perhaps one meets with only Chinese workmanship, in another only works of Hindu art, in a third the productions of some other country, and so on; and the garden attached to the Palace is very charming indeed. But all the people that now go to visit this Palace go there with the object of seeing the room where Bonaparte's son used to lie, or his study, or the room in which he died, and so forth. Many thoughtless French men and women are interrogating the guard, which room belonged to "L’aiglon", which bed did "L’aiglon" use to occupy, and so on. What silly questions, these! The Austrians only know that he was the son of Bonaparte, and the relation was established by forcibly taking their girl in marriage; that hatred they have not yet forgotten. The Prince was a grandchild of the Emperor, and homeless, so they could not help giving him a shelter, but they could give him no such title as "King of Rome"; only, being the grandson of the Austrian Emperor, he was an Archduke, that was all. It may be that you French people have now written a book on him, making him the Young Eagle, and the addition of imaginary settings and the genius of Madame Bernhardt have created a great interest in the story, but how should an Austrian guard know that name? Besides, it has been written in that book that the Austrian Emperor, following the advice of his minister Metternich, in a way killed Napoleon's son!

Hearing the name "L’aiglon", the guard put on a long face and went on showing the rooms and other things thoroughly disgusted at heart; what else could he do? — it was too much for him to give up the tips. Moreover, in countries like Austria etc., the military department is too poorly paid, they have to live almost on a bare pittance; of course they are allowed to go back home after a few years' service. The guard's countenance darkened as an expression of his patriotism, but the hand instinctively moved towards the tip. The French visitors put some silver pieces into the guard's hand and returned home talking of "L’aiglon" and abusing Metternich, while the guard shut the doors with a long salute. In his heart he must have given sweet names to the ancestors of the whole French people.

The thing most worth seeing in Vienna is the Museum, specially the Scientific Museum, an institution of great benefit to the student. There is a fine collection of the skeletons of various species of ancient extinct animals. In the Art Gallery, paintings by Dutch artists form the major portion. In the Dutch school, there is very little attempt at suggestiveness; this school is famous for its exact copy of natural objects and creatures. One artist has spent years over the drawing of a basketful of fish, or a lump of flesh, or a tumbler of water — and that fish, or flesh, or water in the tumbler is wonderful. But the female figures of the Dutch school look just like athletes.

There is of course German scholarship and German intellectuality in Vienna, but the causes which helped the gradual decay of Turkey are at work here also — that is to say, the mixture of various races and languages. The population of Austria proper speaks German; the people of Hungary belong to the Tartar stock, and have a different language; while there are some who are Greek-speaking and are Christians belonging to the Greek Church. Austria has not the power to fuse together so many different sects. Hence she has fallen.

In the present times a huge wave of nationalism is sweeping over Europe, where people speaking the same tongue, professing the same religion, and belonging to the same race want to unite together. Wherever such union is being effectively accomplished, there is great power being manifested; and where this is impossible, death is inevitable. After the death of the present Austrian Emperor, (Francis Joseph II died in 1916) Germany will surely try to absorb the German-speaking portion of the Austrian Empire — and Russia and others are sure to oppose her; so there is the possibility of a dreadful war. The present Emperor being very old, that catastrophe may take place very early. The German Emperor is nowadays an ally of the Sultan of Turkey; and when Germany will attempt to seize Austrian territory, Turkey, which is Russia's enemy, will certainly offer some resistance to Russia; so the German Emperor is very friendly towards Turkey.

Three days in Vienna were sufficient to tire me. To visit Europe after Paris is like tasting an inferior preparation after a sumptuous feast — that dress, and style of eating, that same fashion everywhere; throughout the land you meet with that same black suit, and the same queer hat — disgusting! Besides, you have clouds above, and this swarm of people with black hats and black coats below — one feels suffocated, as it were. All Europe is gradually taking up that same style of dress, and that same mode of living! It is a law of nature that such are the symptoms of death! By hundreds of years of drill, our ancestors have so fashioned us that we all clean our teeth, wash our face, eat our meals, and do everything in the same way, and the result is that we have gradually become mere automata; the life has gone out, and we are moving about, simply like so many machines! Machines never say "yea" or "nay", never trouble their heads about anything, they move on "in the way their forefathers have gone", and then rot and die. The Europeans too will share the same fate! "The course of time is ever changing! If all people take to the same dress, same food, same manner of talking, and same everything, gradually they will become like so many machines, will gradually tread the path their forefathers have trod", and as an inevitable consequence of that — they will rot and die!

On the 28th October, at 9 p.m., we again took that Orient Express train, which reached Constantinople on the 30th. These two nights and one day the train ran through Hungary, Serbia, and Bulgaria. The people of Hungary are subjects of the Austrian Emperor, whose title, however, is "Emperor of Austria and King of Hungary". The Hungarians and Turks are of the same race, akin to the Tibetans. The Hungarians entered Europe along the north of the Caspian Sea, while the Turks slowly occupied Europe through the western borders of Persia and through Asia Minor. The people of Hungary are Christians, and the Turks are Mohammedans, but the martial spirit characteristic of Tartar blood is noticeable in both. The Hungarians have fought again and again for separation from Austria and are now but nominally united. The Austrian Emperor is King of Hungary in name only. Their capital, Budapest, is a very neat and beautiful city. The Hungarians are a pleasure-loving race and fond of music, and you will find Hungarian bands all over Paris.

Serbia, Bulgaria, and the rest were districts of Turkey and have become practically independent after the Russo-Turkish War; but the Sultan of Turkey is yet their Emperor; and Serbia and Bulgaria have no right regarding foreign affairs. There are three civilised nations in Europe — the French, the Germans, and the English. The rest are almost as badly off as we are, and the majority of them are so uncivilised that you can find no race in Asia so degraded. Throughout Serbia and Bulgaria you find the same mud houses, and people dressed in tattered rags, and heaps of filth — and I was almost inclined to think I was back to India! Again, as they are Christians, they must have a number of hogs; and a single hog will make a place more dirty than two hundred barbarous men will be able to do. Living in a mud house with mud roof, with tattered rags on his person, and surrounded by hogs — there you have your Serb or Bulgarian! After much bloodshed and many wars, they have thrown off the yoke of Turkey; but along with this they have got a serious disadvantage — they must construct their army after the European model, otherwise the existence of not one of them is safe for a day. Of course, sooner or later they will all one day be absorbed by Russia; but even this two days' existence is impossible without an army. So they must have conscription.

In an evil hour, did France suffer defeat from Germany. Through anger and fear she made every citizen a soldier. Every man must serve for some time in the army and learn the military science; there is no exemption for anybody. He must have to live in the barracks for three years and learn to fight, shouldering his gun, be he a millionaire by birth. The government will provide for his food and clothing, and the salary will be a centime (one pice) a day. After this he must be always ready for active service for two years at his home; and another fifteen years he must be ready to present himself for service at the first call. Germany set a lion to fury, so she too had to be ready. In other countries also conscription has been introduced in mutual dread of one another — so throughout Europe, excepting only England. England, being an island, is continually strengthening her navy, but who knows if the lessons of the Boer War will not force her to introduce conscription. Russia has the largest population of all, so she can amass the biggest army in Europe. Now, the titular states, like Serbia and Bulgaria, which the European Powers are creating by dismembering Turkey — they, too, as soon as they are born, must have up-to-date trained and well-equipped armies and guns etc. But ultimately who is to supply the funds? Consequently the peasants have had to put on tattered rags — while in the towns you will find soldiers dressed in gorgeous uniforms. Throughout Europe there is a craze for soldiers — soldiers everywhere. Still, liberty is one thing and slavery another; even best work loses its charm if one is forced to do it by another. Without the idea of personal responsibility, no one can achieve anything great. Freedom with but one meal a day and tattered rags on is a million times better than slavery in gold chains. A slave suffers the miseries of hell both here and hereafter. The people of Europe joke about the Serbs and Bulgarians etc., and taunt them with their mistakes and shortcomings. But can they attain proficiency all in a day, after so many years of servitude? Mistakes they are bound to commit — ay, by the hundreds — but they will learn through these mistakes and set them right when they have learnt. Give him responsibility and the weakest man will become strong, and the ignorant man sagacious.

The train is traversing Hungary, Rumania, and other countries. Among the races that inhabit the moribund Austrian Empire, the Hungarians yet possess vitality. All the races of Europe, except one or two small ones, belong to the great stock which European scholars term the Indo-European or Aryan race. The Hungarians are among the few races which do not speak a Sanskritic language. The Hungarians and Turks, as already stated, belong to the same race. In comparatively modern times this very powerful race established their sovereignty in Asia and Europe. The country now called Turkistan, lying to the north of the Western Himalayas and the Hindukush range, was the original home of the Turks. The Turkish name for that country is Chagwoi. The Mogul dynasty of Delhi, the present Persian royal line, the dynasty of the Turkish Sultan of Constantinople, and the Hungarians have all gradually extended their dominion from that country, beginning with India, and pushing right up to Europe, and even today these dynasties style themselves as Chagwois and speak a common language. Of course these Turks were uncivilised ages ago, and used to roam with herds of sheep, horses, and cattle, taking their wives and children and every earthly possession with them, and encamp for some time wherever they could find enough pasture for their beasts. And when grass and water ran short there, they used to remove somewhere else. Even now many families of this race lead nomadic lives in this way in Central Asia. They have got a perfect similarity with the races of Central Asia as regards language, but some difference in point of physiognomy. The Turk's face resembles that of the Mongolian in the shape of the head and in the prominence of the cheek-bone, but the Turk's nose is not flat, but rather long, and the eyes are straight and large, though the space between the eyes of comparatively wide, as with the Mongolians. It appears that from a long time past Aryan and Semitic blood has found its way into this Turkish race. From time immemorial the Turks have been exceedingly fond of war. And the mixture with them of Sanskrit-speaking races and the people of Kandahar and Persia has produced the war-loving races such as the Afghans, Khiljis, Hazaras, Barakhais, Usufjais, etc., to whom war is a passion and who have frequently oppressed India.

In very ancient times this Turkish race repeatedly conquered the western provinces of India and founded extensive kingdoms. They were Buddhists, or would turn Buddhists after occupying Indian territory. In the ancient history of Kashmir there is mention of these famous Turkish Emperors, Hushka, Yushka, and Kanishka. It was this Kanishka who founded the Northern school of Buddhism called the Mahâyâna. Long after, the majority of them took to Mohammedanism and completely devastated the chief Buddhistic seats of Central Asia such as Kandahar and Kabul. Before their conversion to Mohammedanism they used to imbibe the learning and culture of the countries they conquered, and by assimilating the culture of other countries would try to propagate civilisation. But ever since they became Mohammedans, they have only the instinct for war left in them; they have not got the least vestige of learning and culture; on the contrary, the countries that come under their sway gradually have their civilisation extinguished. In many places of modern Afghanistan and Kandahar etc., there yet exist wonderful Stupas, monasteries, temples and gigantic statues built by their Buddhistic ancestors. As a result of Turkish admixture and their conversion to Mohammedanism, those temples etc. are almost in ruins, and the present Afghans and allied races have grown so uncivilised and illiterate that far from imitating those ancient works of architecture, they believe them to be the creation of supernatural spirits like the Jinn etc., and are firmly convinced that such great undertakings are beyond the power of man to accomplish. The principal cause of the present degradation of Persia is that the royal line belongs to the powerful, uncivilised Turkish stock, whereas the subjects are the descendants of the highly civilised ancient Persians, who were Aryans. In this way the Empire of Constantinople — the last political arena of the Greeks and Romans, the descendants of civilised Aryans — has been ruined under the blasting feet of powerful, barbarous Turkey. The Mogul Emperors of India were the only exceptions to this rule; perhaps that was due to an admixture of Hindu ideas and Hindu blood. In the chronicles of Rajput bards and minstrels all the Mohammedan dynasties who conquered India are styled as Turks. This is a very correct appellation, for, or whatever races the conquering Mohammedan armies might be made up, the leadership was always vested in the Turks alone.

What is called the Mohammedan invasion, conquest, or colonisation of India means only this that, under the leadership of Mohammedan Turks who were renegades from Buddhism, those sections of the Hindu race who continued in the faith of their ancestors were repeatedly conquered by the other section of that very race who also were renegades from Buddhism or the Vedic religion and served under the Turks, having been forcibly converted to Mohammedanism by their superior strength. Of course, the language of the Turks has, like their physiognomy, been considerably mixed up; specially those sections that have gone farthest from their native place. Chagwoi have got the most hybrid form of language. This year the Shah of Persia visited the Paris Exhibition and returned to his country by rail via Constantinople. Despite the immense difference in time and place, the Sultan and the Shah talked with each other in their ancient Turkish mother tongue. But the Sultan's Turkish was mixed up with Persian, Arabic, and a few Greek words, while that of the Shah was comparatively pure.

In ancient times these Chagwoi Turks were divided into two sections; one was called the "white sheep", and the other, "black sheep". But these sections started from their birthplace on the north of Kashmir, tending their flocks of sheep and ravaging countries, till they reached the shore of the Caspian Sea. The "white sheep" penetrated into Europe along the north of the Caspian Sea and founded the Kingdom of Hungary, seizing a fragment of the Roman Empire then almost in ruins, while the "black sheep", advancing along the south of the Caspian Sea, gradually occupied the western portion of Persia and, crossing the Caucasus, by degrees made themselves masters of Arabian territory such as Asia Minor and so forth; gradually they seized the throne of the Caliph, and bit by bit annexed the small remnant of the western Roman Empire. In very remote ages these Turks were great snake-worshippers. Most probably it was these dynasties whom the ancient Hindus used to designate as Nagas and Takshakas. Later on they became Buddhists; and afterwards they very often used to embrace the religion of any particular country they might conquer at any particular time. In comparatively recent times, of the two sections we are speaking about, the "white sheep" conquered the Christians and became converts to Christianity, while the "black sheep" conquered the Mohammedans and adopted their religion. But in their Christianity or Mohammedanism one may even now trace on research the strata of serpent-worship and of Buddhism.

The Hungarians, though Turks by race and language, are Christians — Roman Catholics — in religion. In the past, religious fanaticism had no respect for any tie — neither the tie of language, nor that of blood, nor that of country. The Hungarians are ever the deadly enemies of Turkey; and but for the Hungarians' aid Christian states, such as Austria etc., would not have been able to maintain their existence on many an occasion. In modern times, owing to the spread of education and the discovery of Linguistics and Ethnology, people are being more attracted to the kinship of language and blood, while religious solidarity is gradually slackening. So, among the educated Hungarians and Turks, there is growing up a feeling of racial unity. Though a part of the Austrian Empire, Hungary has repeatedly tried to cut off from her. The result of many revolutions and rebellions has been that Hungary is now only nominally a province of the Austrian Empire, but practically independent in all respects. The Austrian Emperor is styled "the Emperor of Austria and King of Hungary". Hungary manages all her internal affairs independently of Austria and in these the subjects have full power. The Austrian Emperor continues to be a titular leader here, but even this bit of relation, it appears, will not last long. Skill in war, magnanimity and other characteristic virtues of the Turkish race are sufficiently present in the Hungarian also. Besides, not being converted to Mohammedanism they do not consider such heavenly arts as music etc. as the devil's snare, and consequently the Hungarians are great adepts in music and are renowned for this all over Europe.

Formerly I had the notion that people of cold climates did not take hot chillies, which was merely a bad habit of warm climate people. But the habit of taking chillies, which we observed to begin with Hungary and which reached its climax in Rumania and Bulgaria etc., appeared to me to beat even your South Indians.


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