IX
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Français
Le disciple est venu au Math (monastere) aujourd'hui. Celui-ci a maintenant ete transfere dans la maison-jardin de Nilambar Babou, et le site du Math actuel a recemment ete achete. Swamiji est sorti visiter le nouveau terrain du Math vers quatre heures, emmenant le disciple avec lui. Le site etait alors principalement couvert de jungle, mais du cote nord se trouvait une maison de brique a un etage. Swamiji se mit a arpenter le terrain et a discuter, au fil de la conversation, du plan de travail du futur Math ainsi que de ses regles et reglements. Parvenant progressivement a la veranda du cote est de la maison a un etage, Swamiji declara : « Ici sera le lieu de residence des Sadhous. Mon souhait est de transformer ce Math en un centre principal de pratiques spirituelles et de culture de la connaissance. La puissance qui s'elevera d'ici inondera le monde entier et detournera le cours de la vie des hommes vers des canaux differents ; de ce lieu jailliront des ideaux qui seront l'harmonie du Jnana (la connaissance supreme), de la Bhakti (la devotion), du Yoga (l'union spirituelle) et du Karma (l'action) ; sur un signe des hommes de ce Math, une impulsion vivifiante sera, avec le temps, donnee aux coins les plus recules du globe ; tandis que tous les vrais chercheurs de spiritualite se rassembleront ici au fil du temps. Mille pensees de ce genre surgissent dans mon esprit. « Cette parcelle de terre du cote sud du Math sera le centre d'etude, ou l'on enseignera la grammaire, la philosophie, la science, la litterature, la rhetorique, les Shroutis (les ecritures revelees), les ecritures de la Bhakti et l'anglais. Ce Temple du Savoir sera faconne a l'image des Tols d'autrefois. Les garcons qui sont Brahmacharis (disciples celibataires voues a l'etude) depuis leur enfance y vivront et etudieront les ecritures. Leur nourriture, leurs vetements et tout le reste seront fournis par le Math. Apres une formation de cinq ans, ces Brahmacharis pourront, s'ils le souhaitent, retourner chez eux et mener une vie de maitres de maison ; ou bien ils pourront embrasser la vie monastique avec l'approbation des venerables Superieurs du Math. Les autorites du Math auront le pouvoir d'expulser immediatement tout Brahmachari qui se revelerait insoumis ou de mauvais caractere. L'enseignement sera dispense ici sans distinction de caste ni de croyance, et ceux qui s'y opposeront ne seront pas admis. Mais ceux qui souhaiteraient observer les rites particuliers de leur caste devront prendre des dispositions separees pour leur nourriture, etc. Ils assisteront seulement aux cours avec les autres. Les autorites du Math exerceront egalement une surveillance vigilante sur le caractere de ceux-ci. Seuls ceux qui auront ete formes ici seront admissibles au Sannyasa (le renoncement monastique). Ne sera-ce pas admirable lorsque, progressivement, ce Math commencera a fonctionner ainsi ? » Le disciple : Vous souhaitez donc reintroduire dans le pays l'ancienne institution de la vie de Brahmachari dans la maison du Gourou (le maitre spirituel) ? Swamiji : Exactement. Le systeme educatif moderne n'offre aucune facilite pour le developpement de la connaissance du Brahman (l'Absolu, la Realite supreme). Nous devons fonder des foyers de Brahmacharya comme aux temps anciens. Mais a present, nous devons en poser les fondations sur une base elargie, c'est-a-dire que nous devons y introduire bon nombre de changements pour repondre aux exigences de l'epoque. J'en parlerai avec vous plus tard. Swamiji reprit : « Cette parcelle de terre au sud du Math, nous devons aussi l'acheter en temps voulu. La, nous etablirons un Annasatra -- un Foyer d'alimentation. On y prendra les dispositions necessaires pour servir les veritables indigents dans l'esprit de Dieu. Le Foyer d'alimentation portera le nom de Shri Ramakrishna. Son envergure sera d'abord determinee par le montant des fonds disponibles. A vrai dire, nous pouvons commencer avec deux ou trois pensionnaires. Nous devons former des Brahmacharis energiques pour diriger ce Foyer. Ils devront collecter les fonds necessaires a son entretien -- oui, meme en mendiant. Il ne sera pas permis au Math de fournir une quelconque aide pecuniaire en la matiere. Les Brahmacharis eux-memes devront reunir les fonds. Ce n'est qu'apres avoir accompli leurs cinq annees de formation dans ce Foyer de Service qu'ils seront autorises a rejoindre la branche du Temple du Savoir. Apres une formation de dix ans -- cinq au Foyer d'alimentation et cinq au Temple du Savoir -- ils seront autorises a entrer dans la vie du Sannyasa, en recevant l'initiation des autorites du Math -- a condition, bien entendu, qu'ils aient le desir de devenir des Sannyasins (renonçants) et que les autorites du Math les considerent aptes au Sannyasa et soient disposees a les y admettre. Mais le Chef du Math sera libre de conferer le Sannyasa a tout Brahmachari d'un merite exceptionnel, a tout moment, en derogation a cette regle. Les Brahmacharis ordinaires, cependant, devront se qualifier pour le Sannyasa par degres, comme je viens de le dire. J'ai toutes ces idees dans la tete. » Le disciple : Monsieur, quel sera l'objet de la creation de ces trois sections au sein du Math ? Swamiji : Ne m'avez-vous pas compris ? Tout d'abord vient le don de nourriture ; ensuite le don du savoir, et le plus eleve de tous est le don de la connaissance spirituelle. Nous devons harmoniser ces trois ideaux au sein du Math. Par la pratique continue du don de nourriture, l'idee du travail concret au service d'autrui et celle de servir tous les etres dans l'esprit du Seigneur s'imprimeront fermement dans l'esprit des Brahmacharis. Cela purifiera progressivement leur mental et conduira a la manifestation d'idees Sattviques (pures et desinteressees). Et grace a cela, les Brahmacharis acquerront avec le temps l'aptitude a atteindre la connaissance du Brahman et deviendront dignes du Sannyasa. Le disciple : Monsieur, si, comme vous le dites, le don de la connaissance spirituelle est le plus eleve, pourquoi alors creer des sections pour le don de nourriture et le don du savoir ? Swamiji : Ne pouvez-vous pas comprendre ce point, meme a present ? Ecoutez. Si, en ces jours de disette, vous pouvez, pour le service desinteresse des autres, reunir quelques bouchees de nourriture par la mendicite ou tout autre moyen, et les donner aux pauvres et aux souffrants, cela ne fera pas seulement du bien a vous-meme et au monde, mais vous obtiendrez en meme temps la sympathie de tous pour cette noble oeuvre. Les esprits mondains, enchaines par la concupiscence et la richesse, auront foi en vous pour ce labeur d'amour et s'avanceront pour vous aider. Vous attirerez mille fois plus d'hommes par ce don de nourriture non sollicite que par le don du savoir ou de la connaissance spirituelle. Dans aucune autre oeuvre vous n'obtiendrez autant de sympathie publique que dans celle-ci. Dans une oeuvre veritablement noble, sans parler des hommes, Dieu Lui-meme se fait l'ami de celui qui l'accomplit. Lorsque les gens auront ete ainsi attires, vous pourrez stimuler en eux le desir du savoir et de la spiritualite. C'est pourquoi le don de nourriture vient en premier. Le disciple : Monsieur, pour etablir des Foyers d'alimentation, il nous faut d'abord un terrain, puis des batiments, et ensuite les fonds pour les faire fonctionner. D'ou viendra tout cet argent ? Swamiji : La portion sud du terrain du Math, je la mets immediatement a votre disposition, et je fais eriger une hutte de chaume sous cet arbre Bael. Trouvez simplement une ou deux personnes aveugles ou infirmes et consacrez-vous a leur service. Allez mendier de la nourriture pour eux vous-meme ; cuisinez de vos propres mains et nourrissez-les. Si vous poursuivez cela pendant quelques jours, vous constaterez que beaucoup de gens se presenteront pour vous aider avec des sommes abondantes. « Jamais, mon fils, celui qui fait le bien ne connait le malheur. » (Gita, VI.40) Le disciple : Oui, c'est vrai. Mais ce genre de travail continu ne risque-t-il pas de devenir une source d'asservissement a la longue ? Swamiji : Si vous n'avez pas les yeux fixes sur les fruits de l'action, et si vous avez un desir ardent de depasser tous les desirs egoistes, alors ces bonnes oeuvres aideront a briser vos chaines, je vous le dis. Comme il est irreflechi de votre part de dire qu'un tel travail conduira a l'asservissement ! Un tel travail desinteresse est le seul moyen d'extirper l'asservissement du au travail egoiste. « Il n'est point d'autre voie » (Shvetashvatara Upanishad, III.8). Le disciple : Vos paroles m'encouragent a ecouter en detail vos idees sur le Foyer d'alimentation et le Foyer de Service. Swamiji : Nous devons construire de petites chambres bien ventilees pour les pauvres. Seulement deux ou trois d'entre eux vivront dans chaque chambre. Il faut leur fournir de bonne literie, des vetements propres, et ainsi de suite. Il y aura un medecin pour eux, qui les examinera une ou deux fois par semaine selon sa convenance. Le Sevashrama (Foyer de Service) sera comme un pavillon rattache a l'Annasatra, ou l'on soignera les malades. Puis, graduellement, a mesure que les fonds s'accumuleront, nous construirons une grande cuisine. L'Annasatra devra retentir des cris incessants de nourriture demandee et servie. Le gruau de riz devra couler jusque dans le Gange et en blanchir les eaux ! Lorsque je verrai un tel Foyer d'alimentation en fonctionnement, cela apportera du baume a mon coeur. Le disciple : Puisque vous nourrissez un tel desir, il se materialisera tres probablement en actes avec le temps. En entendant les paroles du disciple, Swamiji demeura immobile un moment, le regard fixe sur le Gange. Puis, le visage rayonnant, il s'adressa au disciple en ces termes : « Qui sait lequel d'entre vous verra le lion s'eveiller en lui, et quand ? Si, chez un seul d'entre vous, la Mere allume le feu, il y aura des centaines de Foyers d'alimentation comme celui-la. La Connaissance, la Puissance et la Devotion -- tout existe dans sa mesure la plus pleine en tous les etres. Nous ne faisons que remarquer les degres variables de leur manifestation et appelons l'un grand et l'autre petit. Dans l'esprit de toutes les creatures, un voile s'interpose pour ainsi dire et cache a la vue la manifestation parfaite. A l'instant ou ce voile est retire, tout est regle ; quoi que vous vouliez, quoi que vous desiriez, cela se realisera. » Swamiji poursuivit : « Si le Seigneur le veut, nous ferons de ce Math un grand centre d'harmonie. Notre Seigneur est l'incarnation visible de l'harmonie de tous les ideaux. Il sera etabli sur terre si nous maintenons vivant cet esprit d'harmonie ici. Nous devons veiller a ce que les gens de toutes les croyances et de toutes les sectes, du Brahmane au Chandala, puissent venir ici et trouver leurs ideaux respectifs manifestes. L'autre jour, lorsque j'ai installe Shri Ramakrishna sur le terrain du Math, j'ai senti comme si ses idees jaillissaient de ce lieu et inondaient l'univers entier, anime et inanime. Pour ma part, je fais de mon mieux et continuerai a le faire -- vous tous egalement, expliquez aux gens les idees liberales de Shri Ramakrishna ; a quoi sert de simplement lire le Vedanta (la philosophie de la non-dualite) ? Nous devons prouver la verite de l'Advaita (la non-dualite) pur dans la vie pratique. Shankara a laisse cette philosophie de l'Advaita dans les collines et les forets, tandis que je suis venu pour l'en faire sortir et la repandre a profusion devant le monde du labeur quotidien et la societe. Le rugissement du lion de l'Advaita doit retentir dans chaque foyer et chaque maison, dans les prairies et les bosquets, sur les collines et les plaines. Venez tous a mon aide et mettez-vous a l'oeuvre. » Le disciple : Monsieur, il m'attire davantage de realiser cet etat par la meditation que de le manifester dans l'action. Swamiji : Ce n'est la qu'un etat de stupefaction, comme sous l'effet de la boisson. A quoi servira-t-il de simplement demeurer ainsi ? Sous l'impulsion de la realisation de l'Advaita, vous devriez parfois danser avec une sainte folie et parfois demeurer perdu au monde exterieur. Eprouve-t-on du bonheur a gouter une bonne chose pour soi seul ? Il faut la partager avec les autres. Admettons que vous atteigniez la liberation personnelle par la realisation de l'Advaita, mais qu'importe cela au monde ? Vous devez liberer l'univers entier avant de quitter ce corps. Alors seulement vous serez etabli dans la Verite eternelle. Cette beatitude a-t-elle son pareil, mon enfant ? Vous serez etabli dans cette beatitude de l'Infini, illimitee comme les cieux. Vous serez frappe de stupeur en decouvrant votre presence partout dans le monde de l'ame et de la matiere. Vous sentirez le monde entier, anime et inanime, comme votre propre Soi. Alors vous ne pourrez vous empecher de traiter tous les etres avec la meme bonte que vous vous temoignez a vous-meme. Voila la veritable Vedanta pratique. Me comprenez-vous ? Le Brahman est un, mais en meme temps il nous apparait comme multiple sur le plan relatif. Le nom et la forme sont a la racine de cette relativite. Par exemple, que trouvez-vous lorsque vous faites abstraction du nom et de la forme d'une jarre ? Rien que la terre, qui est son essence. De meme, par l'illusion, vous pensez a une jarre, un tissu, un monastere, et ainsi de suite, et vous les voyez. Le monde phenomenal depend de cette nescience qui obstrue la connaissance et qui n'a pas d'existence reelle. On ne voit la diversite -- epouse, enfants, corps, esprit -- que dans le monde cree par la nescience au moyen du nom et de la forme. Des que cette nescience est supprimee, la realisation du Brahman, qui existe eternellement, en est le resultat. Le disciple : D'ou est venue cette nescience ? Swamiji : D'ou elle est venue, je vous le dirai plus tard. Lorsque vous vous etes mis a courir en prenant la corde pour un serpent, la corde s'est-elle reellement transformee en serpent ? Ou bien n'est-ce pas votre ignorance qui vous a fait fuir de la sorte ? Le disciple : Je l'ai fait par pure ignorance. Swamiji : Eh bien, alors, considerez si, lorsque vous reconnaitrez de nouveau la corde comme corde, vous ne rirez pas de votre ignorance precedente. Le nom et la forme ne vous apparaitront-ils pas alors comme une illusion ? Le disciple : Si, en effet. Swamiji : S'il en est ainsi, le nom et la forme se revelent irreels. Ainsi le Brahman, l'Existence eternelle, se revele etre la seule realite. C'est seulement a travers ce crepuscule de la nescience que vous pensez que ceci est votre epouse, que cela est votre enfant, que ceci est a vous, que cela n'est pas a vous, et ainsi de suite, et que vous ne parvenez pas a realiser l'existence de l'Atman (le Soi supreme), l'illuminateur de toute chose. Lorsque, par les enseignements du Gourou et votre propre conviction, vous verrez non pas ce monde de noms et de formes, mais l'essence qui repose comme son substrat, alors seulement vous realiserez votre identite avec l'univers entier, du Createur jusqu'a une touffe d'herbe ; alors seulement vous atteindrez l'etat dans lequel « les noeuds du coeur sont tranches et tous les doutes sont dissipes ». Le disciple : Monsieur, on souhaiterait connaitre l'origine et la cessation de cette nescience. Swamiji : Vous avez compris, je presume, qu'une chose qui cesse d'exister par la suite n'est qu'un phenomene ? Celui qui a veritablement realise le Brahman dira : ou est la nescience, en verite ? Il voit la corde comme corde uniquement, et jamais comme le serpent. Et il rit de l'alarme de ceux qui la voient comme le serpent. C'est pour cette raison que la nescience n'a pas de realite absolue. Vous ne pouvez qualifier la nescience ni de reelle ni d'irreelle ; « ni reelle, ni irreelle, ni un melange des deux ». Concernant une chose ainsi demontree fausse, ni la question ni la reponse n'ont de signification. De plus, toute question a ce sujet est deraisonnable. Je vais vous expliquer pourquoi. Cette question et cette reponse ne sont-elles pas formulees du point de vue du nom et de la forme, du temps et de l'espace ? Et pouvez-vous expliquer le Brahman, qui transcende le temps et l'espace, au moyen de questions et de reponses ? C'est pourquoi les Shastras (les ecritures sacrees), les Mantras (les formules sacrees) et autres choses semblables ne sont vrais que relativement, et non absolument. La nescience n'a veritablement aucune essence qui lui soit propre ; comment alors pourriez-vous la comprendre ? Lorsque le Brahman Se manifestera Lui-meme, il n'y aura plus de place pour de telles questions. N'avez-vous pas entendu cette histoire de Shri Ramakrishna au sujet du cordonnier portefaix ? Au moment ou l'on reconnait la nescience, elle s'evanouit. Le disciple : Mais, Monsieur, d'ou est venue cette nescience ? Swamiji : Comment peut venir ce qui n'a aucune existence ? Il faut d'abord que cela existe pour admettre la possibilite de sa venue. Le disciple : Comment alors ce monde des ames et de la matiere a-t-il pris naissance ? Swamiji : Il n'existe qu'une seule Existence -- le Brahman. Vous ne faites que Le voir sous differentes formes et differents noms, a travers le voile du nom et de la forme, qui sont irreels. Le disciple : Mais pourquoi ce nom et cette forme irreels ? D'ou sont-ils venus ? Swamiji : Les Shastras ont decrit cette notion enracinee, ou ignorance, comme une serie presque sans fin. Mais elle a un terme, tandis que le Brahman demeure a jamais tel qu'Il est, sans subir le moindre changement, semblable a la corde qui cause l'illusion du serpent. C'est pourquoi la conclusion du Vedanta est que l'univers entier a ete surimpose au Brahman -- apparaissant comme le tour d'un prestidigitateur. Cela n'a pas cause la moindre deviation du Brahman par rapport a Sa nature veritable. Me comprenez-vous ? Le disciple : Il y a une chose que je ne parviens pas encore a comprendre. Swamiji : Laquelle ? Le disciple : Vous venez de dire que la creation, la conservation, la dissolution, etc., sont surimposees au Brahman et n'ont pas d'existence absolue. Mais comment cela se peut-il ? On ne peut jamais avoir l'illusion de quelque chose que l'on n'a pas deja experimente. De meme que celui qui n'a jamais vu de serpent ne peut pas prendre une corde pour un serpent, comment celui qui n'a pas experimente cette creation peut-il confondre le Brahman avec la creation ? La creation doit donc avoir existe, ou exister, pour avoir donne naissance a l'illusion de la creation. Mais cela introduit une position dualiste. Swamiji : L'homme de realisation refutera en premier lieu votre objection en declarant qu'a ses yeux, la creation et les choses de cette sorte n'apparaissent nullement. Il voit le Brahman et le Brahman seul. Il voit la corde et non le serpent. Si vous arguez que vous, en tout cas, voyez cette creation, ou ce serpent -- alors il s'efforcera de vous faire saisir la nature veritable de la corde, en vue de guerir votre vision defectueuse. Lorsque, par ses enseignements et votre raisonnement, vous serez en mesure de realiser la verite de la corde, ou du Brahman, alors cette idee illusoire du serpent, ou de la creation, s'evanouira. A ce moment-la, que pouvez-vous appeler cette idee illusoire de creation, de conservation et de dissolution, sinon une surimposition sur le Brahman ? Si cette apparence de creation, etc., s'est poursuivie comme une serie sans commencement, qu'elle se poursuive ; aucun avantage ne sera obtenu en tranchant cette question. Tant que le Brahman n'est pas realise aussi distinctement qu'un fruit dans la paume de la main, cette question ne peut etre resolue de maniere adequate, et a ce moment-la, une telle question ne se pose plus, et il n'y a pas non plus besoin de solution. La degustation de la realite du Brahman est alors semblable a celle d'un muet qui goute quelque chose de delicieux, mais sans le pouvoir d'exprimer ce qu'il ressent. Le disciple : A quoi servira-t-il alors de tant raisonner a ce sujet ? Swamiji : Le raisonnement est necessaire pour comprendre le point intellectuellement. Mais la Realite transcende le raisonnement : « Cette conviction ne peut etre atteinte par le raisonnement. » Au cours de cette conversation, Swamiji regagna le Math, accompagne du disciple. Swamiji expliqua alors aux Sannyasins et aux Brahmacharis du Math l'essentiel de la discussion ci-dessus sur le Brahman. En montant l'escalier, il fit cette remarque au disciple : « Cet Atman ne peut etre atteint par les faibles. »
English
The disciple has come to the Math (monastery) today. It has now been removed to Nilambar Babu's garden - house, and the site of the present Math has recently been purchased. Swamiji is out visiting the new Math - grounds at about four o'clock, taking the disciple with him. The site was then mostly jungle, but on the north side of it there was a one - storeyed brick - built house. Swamiji began to walk over the site and to discuss in the course of conversation the plan of work of the future Math and its rules and regulations.
Reaching by degrees the veranda on the east side of the one - storeyed house, Swamiji said, "Here would be the place for the Sadhus to live. It is my wish to convert this Math into a chief centre of spiritual practices and the culture of knowledge. The power that will have its rise from here will flood the whole world and turn the course of men's lives into different channels; from this place will spring forth ideals which will be the harmony of Knowledge, Devotion, Yoga, and Work; at a nod from the men of this Math a life - giving impetus will in time be given to the remotest corners of the globe; while all true seekers after spirituality will in course of time assemble here. A thousand thoughts like these are arising in my mind. "Yonder plot of land on the south side of the Math will be the centre of learning, where grammar, philosophy, science, literature, rhetoric, the Shrutis, Bhakti scriptures, and English will be taught. This Temple of Learning will be fashioned after the Tols of old days. Boys who are Brahmacharins from their childhood will live there and study the scriptures. Their food and clothing and all will be supplied from the Math. After a course of five years' training these Brahmacharins may, if they like, go back to their homes and lead householders' lives; or they may embrace the monastic life with the sanction of the venerable Superiors of the Math. The authorities of the Math will have the power to turn out at once any of these Brahmacharins who will be found refractory or of a bad character. Teaching will be imparted here irrespective of caste or creed, and those who will have objection to this will not be admitted. But those who would like to observe their particular caste - rites, should make separate arrangements for their food, etc. They will only attend the classes along with the rest. The Math authorities shall keep a vigilant watch over the character of these also. None but those that are trained here shall be eligible for Sannyasa. Won't it be nice when by degrees this Math will begin to work like this?"
Disciple: Then you want to reintroduce into the country the ancient institution of living a Brahmacharin's life in the house of the Guru?
Swamiji: Exactly. The modern system of education gives no facility for the development of the knowledge of Brahman. We must found Brahmacharya Homes as in times of old. But now we must lay their foundations on a broad basis, that is to say, we must introduce a good deal of change into it to suit the requirements of the times. Of this I shall speak to you later on. "That piece of land to the south of the Math," Swamiji resumed, "we must also purchase in time. There we shall start an Annasatra -- a Feeding Home. There arrangements will be made for serving really indigent people in the spirit of God. The Feeding Home will be named after Shri Ramakrishna. Its scope will at first be determined by the amount of funds. For the matter of that, we may start it with two or three inmates. We must train energetic Brahmacharins to conduct this Home. They will have to collect the funds for its maintenance -- ay, even by begging. The Math will not be allowed to give any pecuniary help in this matter. The Brahmacharins themselves shall have to raise funds for it. Only after completing their five years' training in this Home of Service, will they be allowed to join the Temple of Learning branch. After a training of ten years -- five in the Feeding Home and five in the Temple of Learning -- they will be allowed to enter the life of Sannyasa, having initiation from the Math authorities -- provided of course they have a mind to become Sannyasins and the Math authorities consider them fit for Sannyasa and are willing to admit them into it. But the Head of the Math will be free to confer Sannyasa on any exceptionally meritorious Brahmacharin, at any time, in defiance of this rule. The ordinary Brahmacharins, however, will have to qualify themselves for Sannyasa by degrees, as I have just said. I have all these ideas in my brain."
Disciple: Sir, what will be the object of starting three such sections in the Math?
Swamiji: Didn't you understand me? First of all, comes the gift of food; next is the gift of learning, and the highest of all is the gift of knowledge. We must harmonise these three ideals in the Math. By continuously practising the gift of food, the Brahmacharins will have the idea of practical work for the sake of others and that of serving all beings in the spirit of the Lord firmly impressed on their minds. This will gradually purify their minds and lead to the manifestation of Sattvika (pure and unselfish) ideas. And having this the Brahmacharins will in time acquire the fitness for attaining the knowledge of Brahman and become eligible for Sannyasa.
Disciple: Sir, if, as you say, the gift of (spiritual) knowledge is the highest, why then start sections for the gift of food and the gift of learning?
Swamiji: Can't you understand this point even now? Listen. If in these days of food scarcity you can, for the disinterested service of others, get together a few morsels of food by begging or any other means, and give them to the poor and suffering, that will not only be doing good to yourself and the world, but you will at the same time get everybody's sympathy for this noble work. The worldly - minded people, tied down to lust and wealth, will have faith in you for this labour of love and come forward to help you. You will attract a thousand times as many men by this unasked - for gift of food, as you will by the gift of learning or of (spiritual) knowledge. In no other work will you get so much public sympathy as you will in this. In a truly noble work, not to speak of men, even God Himself befriends the doer. When people have thus been attracted, you will be able to stimulate the desire for learning and spirituality in them. Therefore the gift of food comes first.
Disciple; Sir, to start Feeding Homes we want a site first, then buildings, and then the funds to work them. Where will so much money come from?
Swamiji: The southern portion of the Math premises I am leaving at your disposal immediately, and I am getting a thatched house erected under that Bael tree. You just find out one or two blind or infirm people and apply yourself to their service. Go and beg food for them yourself; cook with your own hands and feed them. If you continue this for some days, you will find that lots of people will be coming forward to assist you with plenty of money. "[(Sanskrit)]-- never, my son, does a doer of good come to grief." (Gita, VI.40)
Disciple: Yes, it is true. But may not that kind of continuous work become a source of bondage in the long run?
Swamiji: If you have no eye to the fruits of work, and if you have a passionate longing to go beyond all selfish desires, then these good works will help to break your bonds, I tell you. How thoughtless of you to say that such work will lead to bondage! Such disinterested work is the only means of rooting out the bondage due to selfish work. "[(Sanskrit)] There is no other way out" (Shvetasvatara Upanishad, III.8).
Disciple: Your words encourage me to hear in detail about your ideas of the Feeding Home and Home of Service.
Swamiji: We must build small well - ventilated rooms for the poor. Only two or three of them will live in each room. They must be given good bedding, clean clothes, and so on. There will be a doctor for them, who will inspect them once or twice a week according to his convenience. The Sevashrama (Home of Service) will be as a ward attached to the Annasatra, where the sick will be nursed. Then, gradually, as funds will accumulate, we shall build a big kitchen. The Annasatra must be astir with constant shouts of food demanded and supplied. The rice - gruel must run into the Ganga and whiten its water! When I see such a Feeding Home started, it will bring solace to my heart.
Disciple: When you have this kind of desire, most likely it will materialise into action in course of time.
Hearing the disciple's words, Swamiji remained motionless for a while, gazing on the Ganga. Then with a beaming countenance he addressed the disciple, saying: "Who knows which of you will have the lion roused up in him, and when? If in a single one amongst you Mother rouses the fire, there will be hundreds of Feeding Homes like that. Knowledge and Power and Devotion -- everything exists in the fullest measure in all beings. We only notice the varying degrees of their manifestation and call one great and another little. In the minds of all creatures a screen intervenes as it were and hides the perfect manifestation from view. The moment that is removed, everything is settled; whatever you want, whatever you will desire, will come to pass."
Swamiji continued: "If the Lord wills, we shall make this Math a great centre of harmony. Our Lord is the visible embodiment of the harmony of all ideals. He will be established on earth if we keep alive that spirit of harmony here. We must see to it that people of all creeds and sects, from the Brahmana down to the Chandala, may come here and find their respective ideals manifested. The other day when I installed Shri Ramakrishna on the Math grounds, I felt as if his ideas shot forth from this place and flooded the whole universe, sentient and insentient. I, for one, am doing my best, and shall continue to do so -- all of you too explain to people the liberal ideas of Shri Ramakrishna; what is the use of merely reading the Vedanta? We must prove the truth of pure Advaitism in practical life. Shankara left this Advaita philosophy in the hills and forests, while I have come to bring it out of those places and scatter it broadcast before the workaday world and society. The lion - roar of Advaita must resound in every hearth and home, in meadows and groves, over hills and plains. Come all of you to my assistance and set yourselves to work."
Disciple: Sir, it appeals to me rather to realise that state through meditation than to manifest it in action.
Swamiji: That is but a state of stupefaction, as under liquor. What will be the use of merely remaining like that? Through the urge of Advaitic realisation, you should sometimes dance wildly and sometimes remain lost to outward sense. Does one feel happy to taste of a good thing by oneself? One should share it with others. Granted that you attain personal liberation by means of the realisation of the Advaita, but what matters it to the world? You must liberate the whole universe before you leave this body. Then only you will be established in the eternal Truth. Has that bliss any match, my boy? You will be established in that bliss of the Infinite which is limitless like the skies. You will be struck dumb to find your presence everywhere in the world of soul and matter. You will feel the whole sentient and insentient world as your own self. Then you can't help treating all with the same kindness as you show towards yourself. This is indeed practical Vedanta. Do you understand me? Brahman is one, but is at the same time appearing to us as many, on the relative plane. Name and form are at the root of this relativity. For instance, what do you find when you abstract name and form from a jar? Only earth, which is its essence. Similarly, through delusion you are thinking of and seeing a jar, a cloth, a monastery, and so on. The phenomenal world depends on this nescience which obstructs knowledge and which has no real existence. One sees variety such as wife, children, body, mind -- only in the world created by nescience by means of name and form. As soon as this nescience is removed, the realisation of Brahman which eternally exists is the result.
Disciple: Where has the nescience come from?
Swamiji: Where it has come from I shall tell you later on. When you began to run, mistaking the rope for the snake, did the rope actually turn into a snake? Or was it not your ignorance which put you to flight in that way?
Disciple: I did it from sheer ignorance.
Swamiji: Well, then, consider whether, when you will again come to know the rope as rope, you will not laugh at your previous ignorance. Will not name and form appear to be a delusion then?
Disciple: They will.
Swamiji: If that be so, the name and form turn out to be unreal. Thus Brahman, the Eternal Existence, proves to be the only reality. Only through this twilight of nescience you think this is your wife, that is your child, this is your own, that is not your own, and so on, and fail to realise the existence of the Atman, the illuminator of everything. When through the Guru's instructions and your own conviction you will see, not this world of name and form, but the essence which lies as its substratum then only you will realise your identity with the whole universe from the Creator down to a clump of grass, then only you will get the state in which "[(Sanskrit)]-- the knots of the heart are cut asunder and all doubts are dispelled".
Disciple: Sir, one wishes to know of the origin and cessation of this nescience.
Swamiji: You have understood, I presume, that a thing that ceases to exist afterwards is a phenomenon merely? He who has truly realised Brahman will say -- where is nescience, in faith? He sees the rope as rope only, and never as the snake. And he laughs at the alarm of those who see it as the snake. For this reason, nescience has no absolute reality. You can call nescience neither real nor unreal; "[(Sanskrit)]-- neither real, nor unreal, nor a mixture of both". About a thing that is thus proved to be false, neither question nor answer is of any significance. Moreover, any question on such a thing is unreasonable. I shall explain how. Are not this question and answer made from the standpoint of name and form, of time and space? And can you explain Brahman which transcends time and space, by means of questions and answers? Hence the Shastras and Mantras and such other things are only relatively, and not absolutely, true. Nescience has verily no essence to call its own; how then can you understand it? When Brahman will manifest Itself, there will be no more room for such questions. Have you not heard that story of Shri Ramakrishna about the shoemaker coolie? The moment one recognises nescience, it vanishes.
Disciple: But, sir, whence has this nescience come?
Swamiji: How can that come which has no existence at all? It must exist first, to admit the possibility of coming.
Disciple: How then did this world of souls and matter originate?
Swamiji: There is only one Existence -- brahman. You are but seeing That under different forms and names, through the veil of name and form which are unreal.
Disciple: But why this unreal name and form? Whence have they come?
Swamiji: The Shastras have described this ingrained notion or ignorance as almost endless in a series. But it has a termination, while Brahman ever remains as It is, without suffering the least change, like the rope which causes the delusion of the snake. Therefore the conclusion of the Vedanta is that the whole universe has been superimposed on Brahman -- appearing like a juggler's trick. It has not caused the least aberration of Brahman from Its real nature. Do you understand me?
Disciple: One thing I cannot yet understand.
Swamiji: What is that?
Disciple: You have just said that creation, maintenance, and dissolution, etc. are superimposed on Brahman, and have no absolute existence. But how can that be? One can never have the delusion of something that one has not already experienced. Just as one who has never seen a snake cannot mistake a rope for a snake, so how can one who has not experienced this creation, come to mistake Brahman for the creation? Therefore creation must have been, or is, to have given rise to the delusion of creation. But this brings in a dualistic position.
Swamiji: The man of realisation will in the first place refute your objection by stating that to his vision creation and things of that sort do not at all appear. He sees Brahman and Brahman alone. He sees the rope and not the snake. If you argue that you, at any rate, are seeing this creation, or snake -- then he will try to bring home to you the real nature of the rope, with a view to curing your defective vision. When through his instructions and your reasoning you will be able to realise the truth of the rope, or Brahman, then this delusive idea of the snake, or creation, will vanish. At that time, what else can you call this delusive idea of creation, maintenance, and dissolution, but a superimposition on the Brahman? If this appearance of creation etc. has continued as a beginningless series, let it do so; no advantage will be gained by settling this question. Until Brahman is realised as vividly as a fruit on the palm of one's hand this question cannot be adequately settled, and then neither such a question crops up, nor is there need for a solution. The tasting of the reality of Brahman is then like a dumb man tasting something nice, but without the power to express his feelings.
Disciple: What then will be the use of reasoning about it so much?
Swamiji: Reasoning is necessary to understand the point intellectually. But the Reality transcends reasoning: "[(Sanskrit)]-- this conviction cannot be reached through reasoning."
In the course of such conversation Swamiji reached the Math, accompanied by the disciple. Swamiji then explained to the Sannyasins and Brahmacharins of the Math the gist of the above discussion on Brahman. While going upstairs, he remarked to the disciple, "[(Sanskrit)]-- this Atman cannot be attained by the weak."
## References
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