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Les maux de l'Adhikarivada

Volume5 lecture
761 mots · 3 min de lecture · Notes from Lectures and Discourses

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Français

LES MÉFAITS DE L'ADHIKÂRIVÂDA Lors de l'une de ses séances de questions, la conversation dériva vers l'Adhikârivâda (la doctrine des droits et privilèges spéciaux), et Swamiji, en soulignant vigoureusement les méfaits qui en ont résulté, parla en substance de la façon suivante : Avec tout le respect que je porte aux Rishi-s (sages) de jadis, je ne peux que dénoncer leur méthode pour instruire le peuple. Ils leur enjoignaient toujours d'accomplir certaines choses, mais prenaient soin de ne jamais leur expliquer la raison. Cette méthode était pernicieuse jusqu'au fond de l'âme ; et au lieu de permettre aux hommes d'atteindre le but, elle faisait peser sur leurs épaules une masse de non-sens sans signification. Leur excuse pour garder le but caché à la vue était que le peuple n'aurait pas compris leur véritable signification même si on la lui avait présentée, n'étant pas des réceptacles dignes. L'Adhikarivada est le produit de l'égoïsme pur. Ils savaient que par cet éclairement dans leur domaine spécial, ils perdraient leur position supérieure d'instructeurs du peuple. D'où leur effort pour soutenir cette théorie. Si vous considérez un homme trop faible pour recevoir ces leçons, vous devriez essayer d'autant plus de l'enseigner et de l'instruire ; vous devriez lui donner l'avantage de plus d'enseignement, non de moins, pour former son intellect, afin de le mettre en mesure de comprendre les problèmes plus subtils. Ces partisans de l'Adhikarivada ont ignoré le fait prodigieux des possibilités infinies de l'âme humaine. Tout homme est capable de recevoir la connaissance si elle lui est transmise dans sa propre langue. Un maître qui ne peut pas convaincre les autres devrait pleurer à cause de sa propre incapacité à enseigner le peuple dans sa propre langue, au lieu de les maudire et de les condamner à vivre dans l'ignorance et la superstition, invoquant le prétexte que la connaissance supérieure n'est pas pour eux. Parlez franchement, courageusement, sans aucune crainte de troubler les faibles. Les hommes sont égoïstes ; ils ne veulent pas que les autres s'élèvent au même niveau que leur connaissance, de peur de perdre leur propre privilège et prestige sur les autres. Leur argument est que la connaissance des plus hautes vérités spirituelles provoquera une confusion dans la compréhension des hommes à l'esprit faible, et c'est pourquoi dit le verset : न बुद्धिभेदं जनयेदज्ञानां कर्मसङ्गिनाम् । जोषयेत्सर्वकर्माणि विद्वान्युक्तः समाचरन् ॥३-२६॥ — « On ne devrait pas troubler la compréhension des ignorants attachés à l'action (en leur enseignant le Jnâna) : le sage, lui-même agissant fermement, devrait engager les ignorants dans tout travail » (Gita, III. 26). Je ne peux croire à l'affirmation contradictoire en elle-même que la lumière apporte plus d'obscurité. C'est comme perdre la vie dans l'océan de Sachchidânanda (Existence-Conscience-Félicité absolues), dans l'océan de l'Existence Absolue et de l'Immortalité. Quelle absurdité ! La connaissance signifie la liberté par rapport aux erreurs que l'ignorance entraîne. La connaissance frayant le chemin à l'erreur ! L'éclairement conduisant à la confusion ! Est-ce possible ? Les hommes ne sont pas assez hardis pour énoncer de larges vérités, de peur de perdre le respect du peuple. Ils essaient de faire un compromis entre les vérités réelles et éternelles et les préjugés insensés du peuple, et établissent ainsi la doctrine que les Lokâchâras (coutumes du peuple) et les Deshâchâras (coutumes du pays) doivent être observés. Pas de compromis ! Pas de badigeonnage ! Pas de corps recouverts de fleurs ! Rejetez ces textes tels que : « Tathâpi lokâchâraḥ — Pourtant les coutumes du peuple doivent être suivies. » Sottises ! Le résultat de ce genre de compromis est que les grandes vérités sont bientôt ensevelies sous des tas d'ordures, et ces dernières sont avidement tenues pour de vraies vérités. Même les grandes vérités de la Gita, si hardiment prêchées par Shri Krishna, ont reçu le vernis du compromis entre les mains des générations futures de disciples, et il en résulte que la plus grande Écriture du monde est maintenant amenée à fournir bien des choses qui égarent les hommes. Cette tentative de compromis procède d'une lâcheté éhontée et absolue. Soyez courageux ! Mes enfants doivent être braves, avant tout. Pas le moindre compromis en aucune circonstance. Prêchez les plus hautes vérités à la volée. Ne craignez pas de perdre votre respect ni de causer une friction malheureuse. Soyez assurés que si vous servez la vérité malgré les tentations de l'abandonner, vous acquerrez une force céleste face à laquelle les hommes trembleront de parler devant vous de choses que vous ne croyez pas vraies. Les gens seront convaincus de ce que vous leur direz si vous pouvez servir fidèlement la vérité pendant quatorze ans de suite, sans en dévier. Vous conférerez ainsi la plus grande bénédiction aux masses, vous briserez leurs entraves, et vous élèverez la nation tout entière.

English

THE EVILS OF ADHIKARIVADA

In one of his question classes the talk drifted on to the Adhikârivâda, or the doctrine of special rights and privileges, and Swamiji in pointing out vehemently the evils that have resulted from it spoke to the following effect:

With all my respects for the Rishis of yore, I cannot but denounce their method in instructing the people. They always enjoined upon them to do certain things but took care never to explain to them the reason for it. This method was pernicious to the very core; and instead of enabling men to attain the end, it laid upon their shoulders a mass of meaningless nonsense. Their excuse for keeping the end hidden from view was that the people could not have understood their real meaning even if they had presented it to them, not being worthy recipients. The Adhikarivada is the outcome of pure selfishness. They knew that by this enlightenment on their special subject they would lose their superior position of instructors to the people. Hence their endeavour to support this theory. If you consider a man too weak to receive these lessons, you should try the more to teach and educate him; you should give him the advantage of more teaching, instead of less, to train up his intellect, so as to enable him to comprehend the more subtle problems. These advocates of Adhikarivada ignored the tremendous fact of the infinite possibilities of the human soul. Every man is capable of receiving knowledge if it is imparted in his own language. A teacher who cannot convince others should weep on account of his own inability to teach the people in their own language, instead of cursing them and dooming them to live in ignorance and superstition, setting up the plea that the higher knowledge is not for them. Speak out the truth boldly, without any fear that it will puzzle the weak. Men are selfish; they do not want others to come up to the same level of their knowledge, for fear of losing their own privilege and prestige over others. Their contention is that the knowledge of the highest spiritual truths will bring about confusion in the understanding of the weak-minded men, and so the Shloka goes:

न बुद्धिभेदं जनयेदज्ञानां कर्मसङ्गिनाम् ।

जोषयेत्सर्वकर्माणि विद्वान्युक्तः समाचरन् ॥३- २६॥

— "One should not unsettle the understanding of the ignorant, attached to action (by teaching them Jnâna): the wise man, himself steadily acting, should engage the ignorant in all work" (Gita, III. 26).

I cannot believe in the self-contradictory statement that light brings greater darkness. It is like losing life in the ocean of Sachchidânanda, in the ocean of Absolute Existence and Immortality. How absurd! Knowledge means freedom from the errors which ignorance leads to. Knowledge paving the way to error! Enlightenment leading to confusion! Is it possible? Men are not bold enough to speak out broad truths, for fear of losing the respect of the people. They try to make a compromise between the real, eternal truths and the nonsensical prejudices of the people, and thus set up the doctrine that Lokâchâras (customs of the people) and Deshâchâras (customs of the country) must be adhered to. No compromise! No whitewashing! No covering of corpses beneath flowers! Throw away such texts as, "तथापि लोकाचारः —Yet the customs of the people have to be be followed." Nonsense! The result of this sort of compromise is that the grand truths are soon buried under heaps of rubbish, and the latter are eagerly held as real truths. Even the grand truths of the Gita, so boldly preached by Shri Krishna, received the gloss of compromise in the hands of future generations of disciples, and the result is that the grandest scripture of the world is now made to yield many things which lead men astray.

This attempt at compromise proceeds from arrant downright cowardice. Be bold! My children should be brave, above all. Not the least compromise on any account. Preach the highest truths broadcast. Do not fear losing your respect or causing unhappy friction. Rest assured that if you serve truth in spite of temptations to forsake it, you will attain a heavenly strength in the face of which men will quail to speak before you things which you do not believe to be true. People will be convinced of what you will say to them if you can strictly serve truth for fourteen years continually, without swerving from it. Thus you will confer the greatest blessing on the masses, unshackle their bandages, and uplift the whole nation.


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