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L'étranger et les problèmes intérieurs

Volume5 conversation
2,826 mots · 11 min de lecture · Interviews

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Français

Notre représentant rencontra le Swami Vivekananda dans le train à la gare de Chingleput et voyagea avec lui jusqu'à Madras. Voici le compte rendu de cet entretien : « Qu'est-ce qui vous a conduit en Amérique, Swamiji ? » « C'est là une question fort sérieuse à laquelle il est difficile de répondre brièvement. Je ne puis y répondre que partiellement pour l'instant. Parce que j'avais parcouru toute l'Inde, je désirais me rendre dans d'autres pays. Je suis allé en Amérique en passant par l'Extrême-Orient. » « Qu'avez-vous observé au Japon, et y a-t-il quelque chance que l'Inde suive les pas progressistes du Japon ? » « Aucune, absolument aucune, jusqu'à ce que les trois cents millions d'habitants de l'Inde se fédèrent en une seule nation. Le monde n'a jamais vu de peuple aussi patriote et artistique que les Japonais, et l'une de leurs particularités remarquables est que, là où en Europe et ailleurs l'Art va généralement de pair avec la saleté, l'Art japonais, lui, est Art plus propreté absolue. Je souhaiterais que chacun de nos jeunes gens pût visiter le Japon au moins une fois dans sa vie. Il est très facile de s'y rendre. Les Japonais pensent que tout ce qui est hindou est grand et croient que l'Inde est une terre sainte. Le bouddhisme japonais est entièrement différent de ce que l'on voit à Ceylan. C'est la même chose que le Vedânta (la philosophie de l'Unité, essence des Upanishads). C'est un bouddhisme positif et théiste, non le bouddhisme négatif et athée de Ceylan. « Quelle est la clé de la grandeur soudaine du Japon ? » « La foi des Japonais en eux-mêmes, et leur amour pour leur pays. Quand vous aurez des hommes prêts à tout sacrifier pour leur pays, sincères jusqu'à la moelle — quand de tels hommes surgiront, l'Inde deviendra grande à tous égards. Ce sont les hommes qui font le pays ! Qu'y a-t-il dans un pays en lui-même ? Si vous vous appropriez la morale sociale et la morale politique des Japonais, vous serez aussi grands qu'eux. Les Japonais sont prêts à tout sacrifier pour leur pays, et ils sont devenus un grand peuple. Mais vous, non ; vous n'en êtes pas capables ; vous ne sacrifiez tout que pour vos familles et vos biens. » « Est-ce votre vœu que l'Inde devienne comme le Japon ? » « Absolument pas. L'Inde doit continuer d'être ce qu'elle est. Comment l'Inde pourrait-elle jamais devenir comme le Japon, ou comme n'importe quelle autre nation d'ailleurs ? Dans chaque nation, comme en musique, il y a une note principale, un thème central sur lequel tous les autres s'articulent. Chaque nation a un thème : tout le reste est secondaire. Le thème de l'Inde, c'est la religion. La réforme sociale et tout le reste sont secondaires. Par conséquent, l'Inde ne peut pas être comme le Japon. On dit que c'est quand « le cœur se brise » que le flot de la pensée jaillit. Le cœur de l'Inde doit se briser, et la spiritualité en coulera. L'Inde est l'Inde. Nous ne sommes pas comme les Japonais, nous sommes des Hindous. L'atmosphère même de l'Inde est apaisante. J'ai travaillé ici sans relâche, et au milieu de ce travail, je trouve le repos. C'est uniquement du travail spirituel que nous pouvons tirer le repos en Inde. Si votre travail est ici de nature matérielle, vous mourrez — du diabète ! » « Assez parlé du Japon. Quelle fut votre première impression de l'Amérique, Swamiji ? » « Du début à la fin, elle fut excellente. À l'exception des missionnaires et des « femmes d'Église », les Américains sont fort hospitaliers, bons de cœur, généreux et de nature aimable. » « Qui sont ces « femmes d'Église » dont vous parlez, Swamiji ? » « Quand une femme fait de son mieux pour trouver un mari, elle fréquente toutes les stations balnéaires à la mode et use de toutes sortes de stratagèmes pour attraper un homme. Lorsqu'elle échoue dans ses tentatives, elle devient ce qu'on appelle en Amérique une « vieille fille », et rejoint l'Église. Certaines deviennent très « cléricales ». Ces « femmes d'Église » sont d'affreux fanatiques. Elles sont sous la coupe des prêtres là-bas. Entre elles et les prêtres, ils font de la terre un enfer et font un gâchis de la religion. À l'exception de celles-là, les Américains sont un très bon peuple. Ils m'ont aimé, et je les aime beaucoup. Je me sentais comme l'un d'eux. » « Quelle est votre opinion sur les résultats du Parlement des Religions ? » « Le Parlement des Religions, à ce qu'il me semble, était destiné à être un « spectacle de païens » devant le monde ; mais il s'avéra que les « païens » avaient le dessus et en firent un spectacle chrétien à tous égards. Ainsi le Parlement des Religions fut un échec du point de vue chrétien, vu que les catholiques romains, qui en étaient les organisateurs, s'opposent maintenant fermement à l'idée d'un autre Parlement à Paris, chaque fois qu'on en parle. Mais le Parlement de Chicago fut un succès prodigieux pour l'Inde et la pensée indienne. Il porta la marée du Vedânta, qui inonde le monde. Le peuple américain — moins, bien entendu, les prêtres fanatiques et les femmes d'Église — se réjouit fort des résultats du Parlement. » « Quelles perspectives avez-vous, Swamiji, pour la diffusion de votre mission en Angleterre ? » « Les perspectives sont des plus favorables. Avant que peu d'années ne s'écoulent, une très grande majorité des Anglais seront des Vedântins. La perspective en est plus grande en Angleterre qu'en Amérique. Voyez-vous, les Américains font de la fanfaronnade à propos de tout, ce qui n'est pas le cas des Anglais. Même les chrétiens ne peuvent comprendre leur Nouveau Testament sans comprendre le Vedânta. Le Vedânta est la raison d'être de toutes les religions. Sans le Vedânta, toute religion est superstition ; avec lui, tout devient religion. » « Quel trait particulier avez-vous remarqué dans le caractère anglais ? » « L'Anglais passe immédiatement à l'action pratique dès qu'il croit en quelque chose. Il dispose d'une énergie formidable pour le travail pratique. Il n'existe dans le monde entier aucun être humain supérieur au gentleman ou à la lady anglais. C'est véritablement la raison de ma foi en eux. John Bull est un gentleman assez borné à manier. Il faut pousser et repousser une idée jusqu'à ce qu'elle atteigne son cerveau, mais une fois qu'elle y est, elle n'en sort plus. En Angleterre, il n'y eut pas un seul missionnaire ni quiconque pour dire quoi que ce soit contre moi ; pas un seul pour tenter de me faire scandale. À mon grand étonnement, beaucoup de mes amis appartiennent à l'Église d'Angleterre. J'apprends que ces missionnaires ne proviennent pas des classes supérieures en Angleterre. La hiérarchie sociale y est aussi rigoureuse qu'ici, et les gens d'Église anglais appartiennent à la classe des gentlemen. Ils peuvent différer d'opinion avec vous, mais cela ne les empêche nullement d'être vos amis ; c'est pourquoi je voudrais adresser un conseil à mes compatriotes, celui de ne pas prendre garde aux missionnaires injurieux, maintenant que je sais ce qu'ils sont. Nous les avons « jaugés », comme disent les Américains. Le non-reconnaissance est la seule attitude à adopter envers eux. » « Voudriez-vous bien m'éclairer, Swamiji, sur les mouvements de réforme sociale en Amérique et en Angleterre ? » « Oui. Tous les agitateurs sociaux, du moins leurs chefs, s'efforcent de découvrir que toutes leurs théories communistes ou égalisatrices doivent reposer sur une base spirituelle, et cette base spirituelle ne se trouve que dans le Vedânta. Plusieurs chefs, qui assistaient à mes conférences, m'ont dit qu'ils avaient besoin du Vedânta comme fondement du nouvel ordre des choses. » « Quelles sont vos vues sur les masses indiennes ? » « Oh, nous sommes terriblement pauvres, et nos masses sont très ignorantes en matière de choses séculières. Nos masses sont très bonnes parce que la pauvreté n'est pas ici un crime. Nos masses ne sont pas violentes. Bien des fois, j'ai failli être maltraité en Amérique et en Angleterre, uniquement à cause de mon costume. Mais je n'ai jamais entendu dire, en Inde, qu'un homme ait été maltraité à cause d'un vêtement insolite. À tous autres égards, nos masses sont bien plus civilisées que les masses européennes. » « Que proposez-vous pour l'amélioration de nos masses ? » « Il nous faut leur donner une éducation séculière. Nous devons suivre le plan tracé par nos ancêtres, c'est-à-dire amener progressivement tous les idéaux parmi les masses. Les élever lentement, les élever à l'égalité. Transmettre même la connaissance séculière par le biais de la religion. » « Mais pensez-vous, Swamiji, que ce soit là une tâche aisément accomplie ? » « Il faudra, bien entendu, la réaliser progressivement. Mais s'il se trouve assez de jeunes gens disposés au sacrifice de soi, qui travailleront avec moi, je l'espère, on pourrait l'accomplir demain. Tout dépend du zèle et du dévouement apportés à la tâche. » « Mais si la condition dégradée actuelle est due à leur Karma (loi de causalité morale, fruit des actions passées) passé, Swamiji, comment pensez-vous qu'ils puissent s'en sortir aisément, et comment proposez-vous de les aider ? » Le Swamiji répondit sans hésiter : « Le Karma est l'affirmation éternelle de la liberté humaine. Si nous pouvons nous abaisser par notre Karma, il est certainement en notre pouvoir de nous élever par lui. Les masses, d'ailleurs, ne se sont pas entièrement abaissées par leur propre Karma. Nous devons donc leur procurer de meilleures conditions dans lesquelles travailler. Je ne propose aucun nivellement des castes. La caste est une très bonne chose. La caste est le plan que nous voulons suivre. Ce que la caste est réellement, pas un sur un million ne le comprend. Il n'existe aucun pays au monde sans caste. En Inde, à partir de la caste, nous atteignons le point où il n'y a plus de caste. La caste est fondée de part en part sur ce principe. Le plan en Inde consiste à faire de chacun un Brahmane, le Brahmane étant l'idéal de l'humanité. Si vous lisez l'histoire de l'Inde, vous constaterez que des efforts ont toujours été faits pour élever les classes inférieures. De nombreuses classes ont été élevées. Beaucoup d'autres suivront jusqu'à ce que l'ensemble devienne Brahmane. Tel est le plan. Nous n'avons qu'à les élever sans abaisser personne. Et cela doit être accompli principalement par les Brahmanes eux-mêmes, car c'est le devoir de toute aristocratie que de creuser sa propre tombe ; et plus tôt elle le fait, mieux c'est pour tous. Il ne faut pas perdre de temps. La caste indienne vaut mieux que la caste qui prévaut en Europe ou en Amérique. Je ne dis pas qu'elle soit absolument bonne. Où en seriez-vous s'il n'y avait pas de caste ? Où en seraient votre instruction et les autres choses, sans la caste ? Il ne resterait rien aux Européens à étudier si la caste n'avait jamais existé ! Les Mahométans auraient tout pulvérisé. Où voyez-vous la société indienne rester immobile ? Elle est toujours en mouvement. Parfois, comme aux époques des invasions étrangères, le mouvement a été lent, à d'autres moments plus rapide. Voilà ce que je dis à mes compatriotes. Je ne les condamne pas. Je regarde leur passé. Je constate que dans ces circonstances, aucune nation n'aurait pu accomplir une œuvre plus glorieuse. Je leur dis qu'ils ont bien agi. Je leur demande seulement de faire mieux. » « Quelles sont vos vues, Swamiji, sur le rapport entre la caste et les rites ? » « La caste est en perpétuel changement, les rites sont en perpétuel changement, de même que les formes. C'est la substance, le principe, qui ne change pas. C'est dans les Védas (écritures sacrées de l'hindouisme) que nous devons étudier notre religion. À l'exception des Védas, tout livre doit changer. L'autorité des Védas est pour tous les temps à venir ; l'autorité de chacun de nos autres livres est pour un temps donné. Par exemple, une Smriti (texte de tradition secondaire) est valide pour une époque, une autre pour une autre époque. De grands prophètes surgissent toujours pour indiquer la voie à suivre. Certains prophètes ont œuvré pour les classes inférieures, d'autres comme Madhva ont donné aux femmes le droit d'étudier les Védas. La caste ne doit pas disparaître, mais seulement être réajustée de temps à autre. Dans l'ancienne structure, on trouve assez de vie pour bâtir deux cent mille nouvelles structures. Désirer l'abolition de la caste est pure sottise. La nouvelle méthode, c'est l'évolution de l'ancien. » « Les Hindous n'ont-ils pas besoin de réforme sociale ? » « Nous avons certes besoin de réforme sociale. Parfois, de grands hommes élaboraient de nouvelles idées de progrès, et les rois leur donnaient la sanction de la loi. C'est ainsi que des améliorations sociales ont été réalisées dans le passé en Inde, et pour effectuer de telles réformes progressives dans les temps modernes, il nous faudra d'abord constituer un pouvoir faisant autorité. Les rois étant partis, le pouvoir appartient au peuple. Nous devons donc attendre que le peuple soit instruit, qu'il comprenne ses besoins et soit prêt et capable de résoudre ses propres problèmes. La tyrannie de la minorité est la pire tyrannie du monde. Aussi, au lieu de gaspiller nos énergies en réformes idéales qui ne deviendront jamais pratiques, il vaut mieux aller à la racine du mal et former un corps législatif, c'est-à-dire éduquer notre peuple, afin qu'il puisse résoudre ses propres problèmes. Jusqu'à ce que cela soit fait, toutes ces réformes idéales ne resteront qu'idéales. Le nouvel ordre des choses, c'est le salut du peuple par le peuple, et il faut du temps pour le rendre opérationnel, surtout en Inde, qui a toujours été gouvernée dans le passé par des rois. » « Pensez-vous que la société hindoue puisse adopter avec succès les lois sociales européennes ? » « Non, pas entièrement. Je dirais que la combinaison de l'esprit grec représenté par l'énergie extérieure européenne ajoutée à la spiritualité hindoue constituerait une société idéale pour l'Inde. Par exemple, il vous est absolument nécessaire, au lieu de gaspiller votre énergie et de bavarder souvent en propos oiseux, d'apprendre de l'Anglais l'idée d'une obéissance prompte aux chefs, l'absence de jalousie, la persévérance indomptable et la foi inextinguible en lui-même. Dès que l'Anglais choisit un chef pour un travail, il s'y tient envers et contre tout et lui obéit. Ici en Inde, tout le monde veut devenir chef, et personne ne veut obéir. Chacun devrait apprendre à obéir avant de commander. Nos jalousies n'ont point de fin ; et plus l'Hindou est important, plus il est jaloux. Tant que l'absence de jalousie et l'obéissance aux chefs n'auront pas été apprises par l'Hindou, il n'y aura pas de puissance d'organisation. Nous devrons rester la foule désespérément confuse que nous sommes à présent, espérant et ne faisant rien. L'Inde doit apprendre de l'Europe la conquête de la nature extérieure, et l'Europe doit apprendre de l'Inde la conquête de la nature intérieure. Alors il n'y aura ni Hindous ni Européens — il y aura l'humanité idéale qui a conquis les deux natures, l'externe et l'interne. Nous avons développé une phase de l'humanité, et eux en ont développé une autre. C'est l'union des deux qui est voulue. Le mot liberté qui est le mot d'ordre de notre religion signifie réellement la liberté physiquement, mentalement et spirituellement. » « Quel rapport, Swamiji, le rite entretient-il avec la religion ? » « Les rites sont le jardin d'enfants de la religion. Ils sont absolument nécessaires pour le monde tel qu'il est maintenant ; seulement nous devrons donner aux gens des rites plus neufs et plus vivifiants. Un groupe de penseurs doit s'atteler à cela. Les anciens rites doivent être rejetés et de nouveaux substitués. » « Alors vous préconisez l'abolition des rites, n'est-ce pas ? » « Non, mon mot d'ordre est la construction, non la destruction. À partir des rites existants, de nouveaux devront être élaborés. Il y a en toute chose une puissance infinie de développement ; telle est ma conviction. Un atome possède en lui la puissance de l'univers entier. Dans toute l'histoire de la race hindoue, il n'y a jamais eu de tentative de destruction, uniquement de construction. Une secte voulut détruire, et elle fut chassée de l'Inde : c'étaient les Bouddhistes. Nous avons eu une foule de réformateurs — Shankara, Râmânuja, Madhva et Chaitanya. C'étaient de grands réformateurs, qui furent toujours constructifs et bâtirent selon les circonstances de leur époque. Telle est notre méthode particulière de travail. Tous les réformateurs modernes adoptent la réformation européenne destructrice, qui n'a jamais fait de bien à personne et n'en fera jamais. Une seule fois, un réformateur moderne fut principalement constructif, et c'était le Raja Ram Mohan Ray. Le progrès de la race hindoue a été orienté vers la réalisation des idéaux védântiques. Toute l'histoire de la vie indienne est la lutte pour la réalisation de l'idéal du Vedânta dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Chaque fois qu'une secte ou une religion réformatrice rejetait l'idéal védântique, elle était réduite à néant. » « Quel est votre programme de travail ici ? » « Je veux fonder deux institutions, l'une à Madras et l'autre à Calcutta, pour réaliser mon plan ; et ce plan, brièvement, consiste à introduire les idéaux védântiques dans la vie pratique quotidienne du saint ou du pécheur, du sage ou de l'ignare, du Brahmane ou du Paria. » Notre représentant lui posa alors quelques questions relatives à la politique indienne ; mais avant que le Swami pût tenter quoi que ce soit comme réponse, le train entra en gare d'Egmore, et la seule remarque précipitée qui s'échappa du Swami fut qu'il était absolument contre tout enchevêtrement politique des problèmes indiens et européens. L'entretien prit fin sur ces mots.

English

Our representative met the Swami Vivekananda in the train at the Chingleput Station and travelled with him to Madras. The following is the report of the interview:

"What made you go to America, Swamiji?"

"Rather a serious question to answer in brief. I can only answer it partly now. Because I travelled all over India, I wanted to go over to other countries. I went to America by the Far East."

"What did you see in Japan, and is there any chance of India following in the progressive steps of Japan?"

"None whatever, until all the three hundred millions of India combine together as a whole nation. The world has never seen such a patriotic and artistic race as the Japanese, and one special feature about them is this that while in Europe and elsewhere Art generally goes with dirt, Japanese Art is Art plus absolute cleanliness. I would wish that every one of our young men could visit Japan once at least in his lifetime. It is very easy to go there. The Japanese think that everything Hindu is great and believe that India is a holy land. Japanese Buddhism is entirely different from what you see in Ceylon. It is the same as Vedanta. It is positive and theistic Buddhism, not the negative atheistic Buddhism of Ceylon.

"What is the key to Japan's sudden greatness?"

"The faith of the Japanese in themselves, and their love for their country. When you have men who are ready to sacrifice their everything for their country, sincere to the backbone — when such men arise, India will become great in every respect. It is the men that make the country! What is there in the country? If you catch the social morality and the political morality of the Japanese, you will be as great as they are. The Japanese are ready to sacrifice everything for their country, and they have become a great people. But you are not; you cannot be, you sacrifice everything only for your own families and possessions."

"Is it your wish that India should become like Japan?"

"Decidedly not. India should continue to be what she is. How could India ever become like Japan, or any nation for the matter of that? In each nation, as in music, there is a main note, a central theme, upon which all others turn. Each nation has a theme: everything else is secondary. India's theme is religion. Social reform and everything else are secondary. Therefore India cannot be like Japan. It is said that when 'the heart breaks', then the flow of thought comes. India's heart must break, and the flow of spirituality will come out. India is India. We are not like the Japanese, we are Hindus. India's very atmosphere is soothing. I have been working incessantly here, and amidst this work I am getting rest. It is only from spiritual work that we can get rest in India. If your work is material here, you die of — diabetes!"

"So much for Japan. What was your first experience of America, Swamiji?"

"From first to last it was very good. With the exception of the missionaries and 'Church-women' the Americans are most hospitable, kind-hearted, generous, and good-natured."

"Who are these 'Church-women' that you speak of, Swamiji?"

"When a woman tries her best to find a husband, she goes to all the fashionable seaside resorts and tries all sorts of tricks to catch a man. When she fails in her attempts, she becomes, what they call in America, an 'old maid', and joins the Church. Some of them become very 'Churchy'. These 'Church-women' are awful fanatics. They are under the thumb of the priests there. Between them and the priests they make hell of earth and make a mess of religion. With the exception of these, the Americans are a very good people. They loved me, and I love them a great deal. I felt as if I was one of them."

"What is your idea about the results of the Parliament of Religions?"

"The Parliament of Religions, as it seems to me, was intended for a 'heathen show' before the world: but it turned out that the heathens had the upper hand and made it a Christian show all around. So the Parliament of Religions was a failure from the Christian standpoint, seeing that the Roman Catholics, who were the organisers of that Parliament, are, when there is a talk of another Parliament at Paris, now steadily opposing it. But the Chicago Parliament was a tremendous success for India and Indian thought. It helped on the tide of Vedanta, which is flooding the world. The American people — of course, minus the fanatical priests and Church-women — are very glad of the results of the Parliament."

"What prospects have you, Swamiji, for the spread of your mission in England?"

"There is every prospect. Before many years elapse a vast majority of the English people will be Vedantins. There is a greater prospect of this in England than there is in America. You see, Americans make a fanfaronade of everything, which is not the case with Englishmen. Even Christians cannot understand their New Testament, without understanding the Vedanta. The Vedanta is the rationale of all religions. Without the Vedanta every religion is superstition; with it everything becomes religion."

"What is the special trait you noticed in the English character?"

"The Englishman goes to practical work as soon as he believes in something. He has tremendous energy for practical work. There is in the whole world no human being superior to the English gentleman or lady. That is really the reason of my faith in them. John Bull is rather a thick-headed gentleman to deal with. You must push and push an idea till it reaches his brain, but once there, it does not get out. In England, there was not one missionary or anybody who said anything against me; not one who tried to make a scandal about me. To my astonishment, many of my friends belong to the Church of England. I learn, these missionaries do not come from the higher classes in England. Caste is as rigorous there as it is here, and the English churchmen belong to the class of gentlemen. They may differ in opinion from you, but that is no bar to their being friends with you; therefore, I would give a word of advice to my countrymen, which is, not to take notice of the vituperative missionaries, now that I have known that they are. We have 'sized' them, as the Americans say. Non-recognition is the only attitude to assume towards them."

"Will you kindly enlighten me, Swamiji, on the Social Reform movements in America and England?"

"Yes. All the social upheavalists, at least the leaders of them, are trying to find that all their communistic or equalising theories must have a spiritual basis, and that spiritual basis is in the Vedanta only. I have been told by several leaders, who used to attend my lectures, that they required the Vedanta as the basis of the new order of things."

"What are your views with regard to the Indian masses?"

"Oh, we are awfully poor, and our masses are very ignorant about secular things. Our masses are very good because poverty here is not a crime. Our masses are not violent. Many times I was near being mobbed in America and England, only on account of my dress. But I never heard of such a thing in India as a man being mobbed because of peculiar dress. In every other respect, our masses are much more civilised than the European masses."

"What will you propose for the improvement of our masses?"

"We have to give them secular education. We have to follow the plan laid down by our ancestors, that is, to bring all the ideals slowly down among the masses. Raise them slowly up, raise them to equality. Impart even secular knowledge through religion."

"But do you think, Swamiji, it is a task that can be easily accomplished?"

"It will, of course, have gradually to be worked out. But if there are enough self-sacrificing young fellows, who, I hope, will work with me, it can be done tomorrow. It all depends upon the zeal and the self-sacrifice brought to the task."

"But if the present degraded condition is due to their past Karma, Swamiji, how do you think they could get out of it easily, and how do you propose to help them?"

The Swamiji readily answered "Karma is the eternal assertion of human freedom. If we can bring ourselves down by our Karma, surely it is in our power to raise ourselves by it. The masses, besides, have not brought themselves down altogether by their own Karma. So we should give them better environments to work in. I do not propose any levelling of castes. Caste is a very good thing. Caste is the plan we want to follow. What caste really is, not one in a million understands. There is no country in the world without caste. In India, from caste we reach to the point where there is no caste. Caste is based throughout on that principle. The plan in India is to make everybody a Brahmin, the Brahmin being the ideal of humanity. If you read the history of India you will find that attempts have always been made to raise the lower classes. Many are the classes that have been raised. Many more will follow till the whole will become Brahmin. That is the plan. We have only to raise them without bringing down anybody. And this has mostly to be done by the Brahmins themselves, because it is the duty of every aristocracy to dig its own grave; and the sooner it does so, the better for all. No time should be lost. Indian caste is better than the caste which prevails in Europe or America. I do not say it is absolutely good. Where would you be if there were no caste? Where would be your learning and other things, if there were no caste? There would be nothing left for the Europeans to study if caste had never existed! The Mohammedans would have smashed everything to pieces. Where do you find the Indian society standing still? It is always on the move. Sometimes, as in the times of foreign invasions, the movement has been slow, at other times quicker. This is what I say to my countrymen. I do not condemn them. I look into their past. I find that under the circumstances no nation could do more glorious work. I tell them that they have done well. I only ask them to do better."

"What are your views, Swamiji, in regard to the relation of caste to rituals?"

"Caste is continually changing, rituals are continually changing, so are forms. It is the substance, the principle, that does not change. It is in the Vedas that we have to study our religion. With the exception of the Vedas every book must change. The authority of the Vedas is for all time to come; the authority of every one of our other books is for the time being. For instance; one Smriti is powerful for one age, another for another age. Great prophets are always coming and pointing the way to work. Some prophets worked for the lower classes, others like Madhva gave to women the right to study the Vedas. Caste should not go; but should only be readjusted occasionally. Within the old structure is to be found life enough for the building of two hundred thousand new ones. It is sheer nonsense to desire the abolition of caste. The new method is — evolution of the old."

"Do not Hindus stand in need of social reform?"

"We do stand in need of social reform. At times great men would evolve new ideas of progress, and kings would give them the sanction of law. Thus social improvements had been in the past made in India, and in modern times to effect such progressive reforms, we will have first to build up such an authoritative power. Kings having gone, the power is the people's. We have, therefore, to wait till the people are educated, till they understand their needs and are ready and able to solve their problems. The tyranny of the minority is the worst tyranny in the world. Therefore, instead of frittering away our energies on ideal reforms, which will never become practical, we had better go to the root of the evil and make a legislative body, that is to say, educate our people, so that they may be able to solve their own problems. Until that is done all these ideal reforms will remain ideals only. The new order of things is the salvation of the people by the people, and it takes time to make it workable, especially in India, which has always in the past been governed by kings."

"Do you think Hindu society can successfully adopt European social laws?"

"No, not wholly. I would say, the combination of the Greek mind represented by the external European energy added to the Hindu spirituality would be an ideal society for India. For instance, it is absolutely necessary for you, instead of frittering away your energy and often talking of idle nonsense, to learn from the Englishman the idea of prompt obedience to leaders, the absence of jealousy, the indomitable perseverance and the undying faith in himself. As soon as he selects a leader for a work, the Englishman sticks to him through thick and thin and obeys him. Here in India, everybody wants to become a leader, and there is nobody to obey. Everyone should learn to obey before he can command. There is no end to our jealousies; and the more important the Hindu, the more jealous he is. Until this absence of jealousy and obedience to leaders are learnt by the Hindu, there will be no power of organization. We shall have to remain the hopelessly confused mob that we are now, hoping and doing nothing. India has to learn from Europe the conquest of external nature, and Europe has to learn from India the conquest of internal nature. Then there will be neither Hindus nor Europeans — there will be the ideal humanity which has conquered both the natures, the external and the internal. We have developed one phase of humanity, and they another. It is the union of the two that is wanted. The word freedom which is the watchword of our religion really means freedom physically, mentally, and spiritually."

"What relation, Swamiji, does ritual bear to religion?"

"Rituals are the kindergarten of religion. They are absolutely necessary for the world as it is now; only we shall have to give people newer and fresher rituals. A party of thinkers must undertake to do this. Old rituals must be rejected and new ones substituted."

"Then you advocate the abolition of rituals, don't you?"

"No, my watchword is construction, not destruction. Out of the existing rituals, new ones will have to be evolved. There is infinite power of development in everything; that is my belief. One atom has the power of the whole universe at its back. All along, in the history of the Hindu race, there never was any attempt at destruction, only construction. One sect wanted to destroy, and they were thrown out of India: They were the Buddhists. We have had a host of reformers — Shankara, Râmânuja, Madhva, and Chaitanya. These were great reformers, who always were constructive and built according to the circumstances of their time. This is our peculiar method of work. All the modern reformers take to European destructive reformation, which will never do good to anyone and never did. Only once was a modern reformer mostly constructive, and that one was Raja Ram Mohan Ray. The progress of the Hindu race has been towards the realisation of the Vedantic ideals. All history of Indian life is the struggle for the realisation of the ideal of the Vedanta through good or bad fortune. Whenever there was any reforming sect or religion which rejected the Vedantic ideal, it was smashed into nothing."

"What is your programme of work here?"

"I want to start two institutions, one in Madras and one in Calcutta, to carry out my plan; and that plan briefly is to bring the Vedantic ideals into the everyday practical life of the saint or the sinner, of the sage or the ignoramus, of the Brahmin or the Pariah."

Our representative here put to him a few questions relative to Indian politics; but before the Swami could attempt anything like an answer, the train steamed up to the Egmore platform, and the only hurried remark that fell from the Swami was that he was dead against all political entanglements of Indian and European problems. The interview then terminated.


Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.