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L'Inde et l'Angleterre

Volume5 conversation
2,206 mots · 9 min de lecture · Interviews

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Français

Durant la saison londonienne, le Swami Vivekananda enseignait et donnait des conférences à un nombre considérable de personnes attirées par sa doctrine et sa philosophie. La plupart des Anglais s'imaginent que l'Angleterre détient le quasi-monopole de l'entreprise missionnaire, à peine entamé par un modeste effort de la part de la France. Je me rendis donc chez le Swami, dans sa demeure temporaire au sud de Belgravia, pour m'enquérir du message que l'Inde pourrait bien adresser à l'Angleterre, abstraction faite des remontrances qu'elle a trop souvent dû formuler au sujet des charges intérieures, du cumul des fonctions judiciaires et exécutives en une seule personne, et du règlement des dépenses liées aux expéditions soudanaises et autres. « Il n'est pas nouveau, dit le Swami posément, que l'Inde envoie des missionnaires. Elle le faisait sous l'Empereur Asoka, aux premiers temps de la foi bouddhiste, quand elle avait quelque chose à enseigner aux nations environnantes. » « Eh bien, pourrait-on demander pourquoi elle a jamais cessé de le faire, et pourquoi elle y a de nouveau commencé ? » « Elle a cessé parce qu'elle est devenue égoïste, parce qu'elle a oublié le principe selon lequel les nations et les individus se maintiennent et prospèrent par un système de donner et de recevoir. Sa mission auprès du monde a toujours été la même. Elle est spirituelle : le domaine de la pensée introspective lui a appartenu à travers tous les âges ; la science abstraite, la métaphysique, la logique sont son domaine particulier. En réalité, ma mission en Angleterre est un corollaire de la mission de l'Angleterre en Inde. Il lui appartient de conquérir, de gouverner, d'utiliser sa connaissance des sciences physiques à son avantage et au nôtre. En cherchant à résumer la contribution de l'Inde au monde, je songe à une expression sanskrite et à une expression anglaise. Lorsque vous dites qu'un homme meurt, votre formule est "il a rendu l'âme" (He gave up the ghost), tandis que nous disons "il a rendu le corps". De même, vous sous-entendez bien davantage que le corps est la partie principale de l'homme en disant qu'il "possède une âme", tandis que nous disons qu'un homme est une âme et possède un corps. Ce ne sont là que de petites ondulations en surface, mais elles révèlent le courant de votre pensée nationale. Je voudrais vous rappeler comment Schopenhauer a prédit que l'influence de la philosophie indienne sur l'Europe serait aussi capitale, une fois qu'elle serait bien connue, que la renaissance des études grecques et latines à la fin des Âges sombres. La recherche orientale fait de grands progrès ; un nouveau monde d'idées s'ouvre au chercheur de vérité. » « Et l'Inde va-t-elle finalement conquérir ses conquérants ? » « Oui, dans le monde des idées. L'Angleterre possède le glaive, le monde matériel, comme l'avaient nos conquérants mahométans avant elle. Et pourtant le grand Akbar devint pratiquement hindou ; les mahométans instruits, les soufis, se distinguent à peine des hindous ; ils ne mangent pas de bœuf et se conforment en d'autres points à nos usages. Leur pensée s'est imprégnée de la nôtre. » « Voilà donc le destin que vous prévoyez pour le hautain Sahib ? En ce moment il en semble bien loin. » « Non, cela n'est pas aussi éloigné que vous le laissez entendre. Dans le monde des idées religieuses, l'hindou et l'Anglais ont beaucoup en commun, et la preuve en est donnée parmi d'autres communautés religieuses. Là où le gouverneur anglais ou le fonctionnaire civil possède quelque connaissance de la littérature indienne, notamment de sa philosophie, il existe le fondement d'une sympathie commune, un territoire qui s'élargit constamment. Il n'est pas exagéré de dire que seule l'ignorance est la cause de cette attitude exclusive — parfois même méprisante — qu'affichent certains. » « Oui, c'est la mesure de la sottise. Voulez-vous dire pourquoi vous êtes allé en Amérique plutôt qu'en Angleterre dans le cadre de votre mission ? » « C'était pure coïncidence — le résultat du fait que le Parlement Mondial des Religions se tint à Chicago lors de l'Exposition universelle, au lieu de se tenir à Londres, comme cela aurait dû être. Le Raja de Mysore et quelques autres amis m'envoyèrent en Amérique en tant que représentant hindou. J'y séjourai trois ans, à l'exception de l'été dernier et de cet été, où je vins donner des conférences à Londres. Les Américains sont un grand peuple, avec un avenir devant eux. Je les admire beaucoup et j'y ai trouvé de nombreux amis bienveillants. Ils ont moins de préjugés que les Anglais, sont plus disposés à peser et à examiner une idée nouvelle, à l'apprécier en dépit de sa nouveauté. Ils sont aussi très hospitaliers ; on perd beaucoup moins de temps à prouver ses lettres de créance, pour ainsi dire. On voyage en Amérique, comme je l'ai fait, de ville en ville, donnant toujours ses conférences parmi des amis. J'ai visité Boston, New York, Philadelphie, Baltimore, Washington, Des Moines, Memphis et nombre d'autres endroits. » « Et en laissant des disciples dans chacun d'eux ? » « Oui, des disciples, mais pas d'organisations. Ce n'est pas le but de mon travail. De celles-là, il en existe bien assez, en toute conscience. Les organisations ont besoin d'hommes pour les gérer ; elles doivent rechercher le pouvoir, l'argent, l'influence. Souvent elles luttent pour la domination, et même se querellent. » « L'essentiel de votre mission pourrait-il être résumé en quelques mots ? Est-ce la religion comparée que vous voulez prêcher ? » « C'est en réalité la philosophie de la religion, le noyau de toutes ses formes extérieures. Toutes les formes de religion ont une partie essentielle et une partie non essentielle. Si nous les dépouillons de cette dernière, il reste la véritable base commune à toutes les formes de religion. L'unité est derrière toutes. Nous pouvons l'appeler Dieu, Allah, Jéhovah, l'Esprit, l'Amour ; c'est la même unité qui anime toute vie, depuis sa forme la plus humble jusqu'à sa manifestation la plus noble en l'homme. C'est sur cette unité que nous devons insister, alors qu'en Occident, et en réalité partout, les hommes tendent à insister sur le non-essentiel. Ils se battent et se tuent pour ces formes, pour contraindre leurs semblables à s'y conformer. L'essentiel étant l'amour de Dieu et l'amour de l'homme, c'est là, pour le moins, quelque chose de singulier. » « Je suppose qu'un hindou ne pourrait jamais persécuter. » « Il ne l'a jamais fait ; il est le plus tolérant de toutes les races humaines. Considérant à quel point il est profondément religieux, on aurait pu croire qu'il persécuterait ceux qui ne croient en aucun Dieu. Les jaïns regardent cette croyance comme une pure illusion, et pourtant aucun jaïn n'a jamais été persécuté. En Inde, les mahométans furent les premiers à avoir recours au glaive. » « Quels progrès la doctrine de l'unité essentielle fait-elle en Angleterre ? Ici nous avons mille sectes. » « Elles doivent disparaître graduellement à mesure que la liberté et le savoir progressent. Elles sont fondées sur le non-essentiel, qui, par la nature des choses, ne peut survivre. Les sectes ont rempli leur rôle, qui était celui d'une fraternité exclusive fondée sur des notions comprises par ceux qui en faisaient partie. Peu à peu nous atteignons l'idée de fraternité universelle en renversant les murs de séparation qui distinguent de tels groupements d'individus. En Angleterre, l'œuvre avance lentement, peut-être parce que le temps n'est pas encore mûr pour elle ; mais elle progresse néanmoins. Permettez-moi d'attirer votre attention sur l'œuvre similaire à laquelle l'Angleterre se consacre en Inde. La distinction de castes moderne est un obstacle au progrès de l'Inde. Elle rétrécit, restreint, sépare. Elle s'effritera devant l'avancée des idées. « Pourtant certains Anglais, et ils ne sont pas les moins sympathiques à l'Inde ni les plus ignorants de son histoire, considèrent la caste comme globalement bénéfique. On peut facilement être trop européanisé. Vous-même condamnez nombre de nos idéaux comme matérialistes. » « C'est vrai. Aucun homme raisonnable ne vise à assimiler l'Inde à l'Angleterre ; le corps est façonné par la pensée qui est derrière lui. Le corps politique est ainsi l'expression de la pensée nationale, et en Inde, de milliers d'années de pensée. Européaniser l'Inde est donc une tâche impossible et absurde : les éléments du progrès étaient toujours activement présents en Inde. Dès qu'un gouvernement pacifique s'y est établi, ceux-ci se sont toujours manifestés. Depuis l'époque des Upanishads (les textes qui révèlent le Brahman, la Réalité absolue) jusqu'à nos jours, presque tous nos grands Maîtres ont voulu abattre les barrières de la caste, c'est-à-dire la caste dans son état dégénéré, et non le système originel. Le peu de bien que vous voyez dans la caste actuelle s'y accroche grâce à la caste originelle, qui était la plus glorieuse institution sociale. Le Bouddha essaya de rétablir la caste dans sa forme originelle. À chaque période d'éveil de l'Inde, de grands efforts ont toujours été faits pour abattre la caste. Mais ce doit toujours être nous qui bâtissons une nouvelle Inde comme effet et continuation de son passé, en assimilant les idées étrangères utiles où qu'elles se trouvent. Ce n'est jamais eux qui peuvent le faire ; la croissance doit procéder de l'intérieur. Tout ce que l'Angleterre peut faire, c'est d'aider l'Inde à œuvrer à sa propre délivrance. Tout progrès accompli sur diktat d'un autre, dont la main est à la gorge de l'Inde, est sans valeur à mes yeux. Le travail le plus élevé ne peut que dégénérer quand c'est le travail d'esclave qui le produit. » « Avez-vous prêté quelque attention au mouvement du Congrès national indien ? » « Je ne puis prétendre lui en avoir accordé beaucoup ; mon travail est dans une autre partie du champ. Mais je regarde le mouvement comme significatif, et lui souhaite sincèrement le succès. Une nation est en train de se former à partir des différentes races de l'Inde. Je pense parfois qu'elles ne sont pas moins variées que les différents peuples d'Europe. Dans le passé, l'Europe a lutté pour le commerce indien, commerce qui a joué un rôle immense dans la civilisation du monde ; son acquisition pourrait presque être appelée un tournant dans l'histoire de l'humanité. On voit les Hollandais, les Portugais, les Français et les Anglais se le disputer successivement. La découverte de l'Amérique peut être attribuée aux compensations que les Vénitiens cherchèrent dans le lointain Occident pour les pertes qu'ils subirent en Orient. » « Où tout cela mènera-t-il ? » « Cela aboutira certainement à l'élaboration de l'homogénéité de l'Inde, à son acquisition de ce qu'on pourrait appeler les idées démocratiques. L'intelligence ne doit pas rester le monopole d'une minorité cultivée ; elle se répandra des classes supérieures aux classes inférieures. L'éducation vient, et l'éducation obligatoire suivra. L'immense capacité de travail de notre peuple doit être utilisée. Les potentialités de l'Inde sont grandes et seront appelées à se manifester. » « Une nation a-t-elle jamais été grande sans être une grande puissance militaire ? » « Oui, dit le Swami sans une seconde d'hésitation, la Chine l'a été. Parmi d'autres pays, j'ai voyagé en Chine et au Japon. Aujourd'hui la Chine ressemble à une foule désorganisée ; mais au faîte de sa grandeur, elle possédait l'organisation la plus admirable qu'aucune nation ait jamais connue. Bien des procédés et méthodes que nous qualifions de modernes étaient pratiqués par les Chinois depuis des centaines et même des milliers d'années. Prenez l'examen concurrentiel comme illustration. » « Pourquoi s'est-elle désorganisée ? » « Parce qu'elle ne put produire des hommes à la hauteur du système. Vous avez le dicton que les hommes ne peuvent être rendus vertueux par une loi du Parlement ; les Chinois en firent l'expérience avant vous. Et c'est pourquoi la religion est d'une importance plus profonde que la politique, car elle va à la racine et traite de l'essentiel de la conduite. » « L'Inde est-elle consciente de l'éveil auquel vous faites allusion ? » « Parfaitement consciente. Le monde le voit peut-être surtout dans le mouvement du Congrès et dans le domaine de la réforme sociale ; mais l'éveil est tout aussi réel dans la religion, bien qu'il agisse plus silencieusement. » « L'Occident et l'Orient ont des idéaux de vie si différents. Le nôtre semble être le perfectionnement de l'état social. Pendant que nous nous occupons de ces questions, les Orientaux méditent sur des abstractions. Le Parlement discute ici du paiement de l'armée indienne au Soudan. Toute la section respectable de la presse conservatrice a poussé un grand cri contre la décision injuste du gouvernement, tandis que vous pensez probablement que toute l'affaire ne mérite pas attention. » « Mais vous avez tout à fait tort, dit le Swami en saisissant le journal et en parcourant des yeux des extraits des journaux conservateurs. Mes sympathies dans cette affaire vont naturellement à mon pays. Elle rappelle néanmoins le vieux proverbe sanskrit : "Vous avez vendu l'éléphant, pourquoi vous quereller pour le crochet ?" L'Inde paie toujours. Les querelles des politiciens sont bien curieuses. Il faudra des âges pour introduire la religion dans la politique. » « Il faudrait néanmoins faire l'effort très bientôt. » « Oui, cela vaut la peine de planter une idée dans le cœur de cette grande Londres, qui est sans doute la plus grande machine de gouvernement jamais mise en mouvement. Je la regarde souvent fonctionner, la puissance et la perfection avec lesquelles la moindre veine est atteinte, son merveilleux système de circulation et de distribution. Cela aide à réaliser combien l'Empire est grand et combien sa tâche est grande. Et avec tout le reste, elle distribue la pensée. Cela vaudrait la peine pour un homme d'y placer quelques idées dans le cœur de cette grande machine, pour qu'elles circulent jusqu'à la partie la plus lointaine. » Le Swami est un homme d'apparence distinguée. Grand, large, avec de beaux traits mis en valeur par son pittoresque costume oriental, sa personnalité est très frappante. Par la naissance, il est Bengali, et par l'éducation, diplômé de l'Université de Calcutta. Ses dons d'orateur sont élevés. Il peut parler une heure et demie sans note ni la moindre pause pour trouver un mot.

English

During the London season, Swami Vivekananda has been teaching and lecturing to considerable numbers of people who have been attracted by his doctrine and philosophy. Most English people fancy that England has the practical monopoly of missionary enterprise, almost unbroken save for a small effort on the part of France. I therefore sought the Swami in his temporary home in South Belgravia to enquire what message India could possibly send to England, apart from the remonstrances she has too often had to make on the subject of home charges, judicial and executive functions combined in one person, the settlement of expenses connected with Sudanese and other expeditions.

"It is no new thing", said the Swami composedly, "that India should send forth missionaries. She used to do so under the Emperor Asoka, in the days when the Buddhist faith was young, when she had something to teach the surrounding nation."

"Well, might one ask why she ever ceased doing so, and why she has now begun again?"

"She ceased because she grew selfish, forgot the principle that nations and individuals alike subsist and prosper by a system of give and take. Her mission to the world has always been the same. It is spiritual, the realm of introspective thought has been hers through all the ages; abstract science, metaphysics, logic, are her special domain. In reality, my mission to England is an outcome of England's to India. It has been hers to conquer, to govern, to use her knowledge of physical science to her advantage and ours. In trying to sum up India's contribution to the world, I am reminded of a Sanskrit and an English idiom. When you say a man dies, your phrase is, 'He gave up the ghost', whereas we say, 'He gave up the body'. Similarly, you more than imply that the body is the chief part of man by saying it possesses a soul. Whereas we say a man is a soul and possesses a body. These are but small ripples on the surface, yet they show the current of your national thought. I should like to remind you how Schopenhauer predicted that the influence of Indian philosophy upon Europe would be as momentous when it became well known as was the revival of Greek and Latin learning at the close of the Dark Ages. Oriental research is making great progress; a new world of ideas is opening to the seeker after truth."

"And is India finally to conquer her conquerors?"

"Yes, in the world of ideas. England has the sword, the material world, as our Mohammedan conquerors had before her. Yet Akbar the Great became practically a Hindu; educated Mohammedans, the Sufis, are hardly to be distinguished from the Hindus; they do not eat beef, and in other ways conform to our usages. Their thought has become permeated by ours."

"So, that is the fate you foresee for the lordly Sahib? Just at this moment he seems to be a long way off it."

"No, it is not so remote as you imply. In the world of religious ideas, the Hindu and the Englishman have much in common, and there is proof of the same thing among other religious communities. Where the English ruler or civil servant has had any knowledge of India's literature, especially her philosophy, there exists the ground of a common sympathy, a territory constantly widening. It is not too much to say that only ignorance is the cause of that exclusive — sometimes even contemptuous — attitude assumed by some."

"Yes, it is the measure of folly. Will you say why you went to America rather than to England on your mission?"

"That was a mere accident — a result of the World's Parliament of Religions being held in Chicago at the time of the World's Fair, instead of in London, as it ought to have been. The Raja of Mysore and some other friends sent me to America as the Hindu representative. I stayed there three years, with the exception of last summer and this summer, when I came to lecture in London. The Americans are a great people, with a future before them. I admire them very much, and found many kind friends among them. They are less prejudiced than the English, more ready to weigh end examine anew idea, to value it in spite of its newness. They are most hospitable too; far less time is lost in showing one's credentials, as it were. You travel in America, as I did, from city to city, always lecturing among friends. I saw Boston, New York, Philadelphia, Baltimore, Washington, Des Moines, Memphis, and numbers of other places."

"And leaving disciples in each of them?"

"Yes, disciples, but not organizations. That is no part of my work. Of these there are enough in all conscience. Organisations need men to manage them; they must seek power, money, influence. Often they struggle for domination, and even fight."

"Could the gist of this mission of yours be summed up in a few words? Is it comparative religion you want to preach?"

"It is really the philosophy of religion, the kernel of all its outward forms. All forms of religion have an essential and a non-essential part. If we strip from them the latter, there remains the real basis of all religion, which all forms of religion possess in common. Unity is behind them all. We may call it God, Allah, Jehovah, the Spirit, Love; it is the same unity that animates all life, from its lowest form to its noblest manifestation in man. It is on this unity that we need to lay stress, whereas in the West, and indeed everywhere, it is on the non-essential that men are apt to lay stress. They will fight and kill each other for these forms, to make their fellows conform. Seeing that the essential is love of God and love of man, this is curious, to say the least."

"I suppose a Hindu could never persecute."

"He never yet has done so; he is the most tolerant of all the races of men. Considering how profoundly religious he is, one might have thought that he would persecute those who believe in no God. The Jains regard such belief as sheer delusion, yet no Jain has ever been persecuted. In India the Mohammedans were the first who ever took the sword."

"What progress does the doctrine of essential unity make in England? Here we have a thousand sects."

"They must gradually disappear as liberty and knowledge increase. They are founded on the nonessential, which by the nature of things cannot survive. The sects have served their purpose, which was that of an exclusive brotherhood on lines comprehended by those within it. Gradually we reach the idea of universal brotherhood by flinging down the walls of partition which separate such aggregations of individuals. In England the work proceeds slowly, possibly because the time is not yet ripe for it; but all the same, it makes progress. Let me call your attention to the similar work that England is engaged upon in India. Modern caste distinction is a barrier to India's progress. It narrows, restricts, separates. It will crumble before the advance of ideas.

"Yet some Englishmen, and they are not the least sympathetic to India nor the most ignorant of her history, regard caste as in the main beneficent. One may easily be too much Europeanised. You yourself condemn many of our ideals as materialistic."

"True. No reasonable person aims at assimilating India to England; the body is made by the thought that lies behind it. The body politic is thus the expression of national thought, and in India, of thousands of years of thought. To Europeanise India is therefore an impossible and foolish task: the elements of progress were always actively present in India. As soon as a peaceful government was there, these have always shown themselves. From the time of the Upanishads down to the present day, nearly all our great Teachers have wanted to break through the barriers of caste, i.e. caste in its degenerate state, not the original system. What little good you see in the present caste clings to it from the original caste, which was the most glorious social institution. Buddha tried to re-establish caste in its original form. At every period of India's awakening, there have always been great efforts made to break down caste. But it must always be we who build up a new India as an effect and continuation of her past, assimilating helpful foreign ideas wherever they may be found. Never can it be they; growth must proceed from within. All that England can do is to help India to work out her own salvation. All progress at the dictation of another, whose hand is at India's throat, is valueless in my opinion. The highest work can only degenerate when slave-labour produces it."

"Have you given any attention to the Indian National Congress movement?"

"I cannot claim to have given much; my work is in another part of the field. But I regard the movement as significant, and heartily wish it success. A nation is being made out of India's different races. I sometimes think they are no less various than the different peoples of Europe. In the past, Europe has struggled for Indian trade, a trade which has played a tremendous part in the civilisation of the world; its acquisition might almost be called a turning-point in the history of humanity. We see the Dutch, Portuguese, French, and English contending for it in succession. The discovery of America may be traced to the indemnification the Venetians sought in the far distant West for the loss they suffered in the East."

"Where will it end?"

"It will certainly end in the working out of India's homogeneity, in her acquiring what we may call democratic ideas. Intelligence must not remain the monopoly of the cultured few; it will be disseminated from higher to lower classes. Education is coming, and compulsory education will follow. The immense power of our people for work must be utilised. India's potentialities are great and will be called forth"

"Has any nation ever been great without being a great military power?"

"Yes," said the Swami without a moment's hesitation, "China has. Amongst other countries, I have travelled in China and Japan. Today, China is like a disorganised mob; but in the heyday of her greatness she possessed the most admirable organisation any nation has yet known Many of the devices and methods we term modern were practiced by the Chinese for hundreds and even thousands of years. Take competitive examination as an illustration."

"Why did she become disorganized?"

"Because she could not produce men equal to the system. You have the saying that men cannot be made virtuous by an Act of Parliament; the Chinese experienced it before you. And that is why religion is of deeper importance than politics, since it goes to the root, and deals with the essential of conduct."

"Is India conscious of the awakening that you allude to?"

"Perfectly conscious. The world perhaps sees it chiefly in the Congress movement and in the field of social reform; but the awakening is quite as real in religion, though it works more silently."

"The West and East have such different ideals of life. Ours seems to be the perfecting of the social state. Whilst we are busy seeing to these matters, Orientals are meditating on abstractions. Here has Parliament been discussing the payment of the Indian army in the Sudan. All the respectable section of the Conservative press has made a loud outcry against the unjust decision of the Government, whereas you probably think the whole affair not worth attention."

"But you are quite wrong", said the Swami, taking the paper and running his eyes over extracts from the Conservative Journals. "My sympathies in this matter are naturally with my country. Yet it reminds one of the old Sanskrit proverb: 'You have sold the elephant, why quarrel over the goad?' India always pays. The quarrels of politicians are very curious. It will take ages to bring religion into politics."

"One ought to make the effort very soon all the same."

"Yes, it is worth one's while to plant an idea in the heart of this great London, surely the greatest governing machine that has ever been set in motion. I often watch it working, the power and perfection with which the minutest vein is reached, its wonderful system of circulation and distribution. It helps one to realise how great is the Empire and how great its task. And with all the rest, it distributes thought. It would be worth a man's while to place some ideas in the heart of this great machine, so that they might circulate to the remotest part."

The Swami is a man of distinguished appearance. Tall, broad, with fine features enhanced by his picturesque Eastern dress, his personality is very striking. By birth, he is a Bengali, and by education, a graduate of the Calcutta University. His gifts as an orator are high. He can speak for an hour and a half without a note or the slightest pause for a word.


Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.