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À mes courageux garçons

Volume4 essay
1,113 mots · 4 min de lecture · Writings: Prose

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Français

À MES VAILLANTS ENFANTS

Poursuivez l'édification de l'organisation. Rien d'autre n'est nécessaire que ceci — l'amour, la sincérité et la patience. Qu'est-ce que la vie, sinon la croissance, c'est-à-dire l'expansion, c'est-à-dire l'amour ? Tout amour est donc vie ; c'est la seule loi de la vie ; tout égoïsme est mort, et cela est vrai ici-bas comme dans l'au-delà. Faire le bien, c'est vivre ; ne pas faire le bien aux autres, c'est mourir. Quatre-vingt-dix pour cent des brutes humaines que vous voyez sont mortes, sont des fantômes — car nul ne vit, mes enfants, sinon celui qui aime. Ressentez, mes enfants, ressentez ; ressentez pour les pauvres, pour les ignorants, pour les opprimés ; ressentez jusqu'à ce que le cœur s'arrête et que le cerveau chavire et que vous pensiez devenir fous — puis versez votre âme aux pieds du Seigneur, et alors viendront la force, l'aide et une énergie indomptable. Lutter, lutter — telle fut ma devise durant les dix dernières années. Lutter, je le dis encore. Quand tout était sombre, je disais : luttez ; quand la lumière commence à poindre, je dis encore : luttez. Ne craignez rien, mes enfants. Ne levez pas les yeux avec cette attitude de frayeur vers cette voûte étoilée infinie, comme si elle allait vous écraser. Attendez ! Dans quelques heures encore, tout cela sera sous vos pieds. Attendez, l'argent ne suffit pas, ni la renommée ; la gloire ne suffit pas, ni le savoir. C'est l'amour qui paie ; c'est le caractère qui se fraye un chemin à travers les murs adamantins des difficultés.

Voici maintenant la question qui se pose à nous. Il ne peut y avoir de croissance sans liberté. Nos ancêtres ont affranchi la pensée religieuse, et nous avons une religion admirable. Mais ils ont mis une lourde chaîne aux pieds de la société, et notre société est, en un mot, horrible, diabolique. En Occident, la société a toujours joui de la liberté, et regardez ce qu'ils ont accompli. D'un autre côté, regardez leur religion.

La liberté est la première condition de la croissance. De même que l'homme doit avoir la liberté de penser et de parler, il doit avoir la liberté en matière d'alimentation, de vêtement, de mariage et de toute autre chose, tant qu'il ne nuit pas aux autres.

Nous parlons sottement contre la civilisation matérielle. Les raisins sont trop verts. Même en admettant toute cette sottise, il y a, dans toute l'Inde, disons, cent mille hommes et femmes véritablement spirituels. Or, pour la spiritualisation de ceux-ci, faut-il plonger trois cents millions d'êtres dans la sauvagerie et la famine ? Pourquoi quelqu'un devrait-il mourir de faim ? Comment les Hindous ont-ils pu être conquis par les Mahométans ? C'était dû à leur ignorance de la civilisation matérielle. Même les Mahométans leur ont appris à porter des habits taillés par un tailleur. Si seulement les Hindous avaient appris des Mahométans à manger proprement sans mêler leur nourriture à la poussière des rues ! La civilisation matérielle, que dis-je, même le luxe, est nécessaire pour créer du travail pour les pauvres. Du pain ! Du pain ! Je ne crois pas en un Dieu qui, incapable de me donner du pain ici-bas, m'offrirait la béatitude éternelle au paradis ! Quelle absurdité ! L'Inde doit être relevée, les pauvres doivent être nourris, l'instruction doit se répandre, et le mal de la tyrannie sacerdotale doit être extirpé. Ni cléricalisme ni tyrannie sociale ! Plus de pain, plus d'opportunités pour tous ! Nos jeunes imbéciles organisent des réunions pour obtenir davantage de pouvoir des Anglais. Ceux-ci ne font qu'en rire. Nul ne mérite la liberté qui n'est pas prêt à la donner. Supposons que les Anglais vous remettent tous les pouvoirs. Eh bien, ceux qui les détiendront maintiendront le peuple sous leur joug et ne les laisseront pas en profiter. Les esclaves veulent le pouvoir pour faire des esclaves.

Tout cela doit se réaliser lentement, et uniquement en insistant sur notre religion et en donnant la liberté à la société. Extirpez le cléricalisme de l'ancienne religion, et vous obtenez la meilleure religion du monde. Me comprenez-vous ? Pouvez-vous bâtir une société européenne avec la religion de l'Inde ? Je crois que c'est possible, et que cela doit être.

Le grand plan consiste à fonder une colonie dans l'Inde centrale, où vous pouvez suivre vos idées de façon indépendante, et alors un peu de levain fera lever toute la pâte. En attendant, formez une Association centrale et étendez vos ramifications dans toute l'Inde. Pour le moment, partez uniquement sur des bases religieuses et ne prêchez pas de réforme sociale violente pour l'instant ; seulement, ne cautionnez pas les superstitions insensées. Tâchez de renouveler la société sur les anciens fondements du salut universel et de l'égalité tels qu'ils ont été posés par les anciens Maîtres, tels que Shankarâchârya (le grand docteur de l'Advaïta Vedânta), Râmânuja et Chaitanya.

Soyez comme le feu et répandez-vous partout. Travaillez, travaillez. Soyez le serviteur tout en dirigeant. Soyez désintéressés, et n'écoutez jamais un ami accuser un autre en privé. Ayez une patience infinie, et le succès est à vous.

Prenez garde maintenant à ceci : n'essayez pas de « faire la loi » aux autres, comme disent les Américains. Parce que j'adresse toujours mes lettres à vous, vous ne devez pas chercher à vous montrer supérieur à mes autres amis. Je sais que vous ne pourrez jamais être aussi sot, mais je crois néanmoins de mon devoir de vous avertir. C'est ce qui tue toutes les organisations. Travaillez, travaillez, car travailler uniquement pour le bien des autres, c'est la vie.

Je veux qu'il n'y ait ni hypocrisie, ni jésuitisme, ni friponnerie. J'ai toujours compté sur le Seigneur, toujours sur la Vérité large comme la lumière du jour. Que je ne meure pas avec des taches sur ma conscience pour avoir pratiqué le jésuitisme afin d'acquérir nom ou gloire, ou même pour faire le bien. Il ne doit y avoir ni souffle d'immoralité, ni tache de politique mauvaise.

Pas de tergiversations, pas de canailleries ésotériques, pas de duperie secrète, rien ne doit se faire dans un coin. Pas de favoritisme particulier pour le Maître, pas même de Maître du tout. En avant, mes vaillants enfants — argent ou pas d'argent — hommes ou pas d'hommes ! Avez-vous l'amour ? Avez-vous Dieu ? En avant et encore en avant vers la brèche, vous êtes irrésistibles.

Quelle absurdité ! Les revues théosophiques prétendent que ce sont eux, les Théosophes, qui ont préparé la voie à mon succès ! Vraiment ! Pure sottise ! Les Théosophes auraient préparé la voie !

Prenez garde ! Méfiez-vous de tout ce qui est faux ; restez attachés à la vérité et nous réussirons, peut-être lentement, mais sûrement. Travaillez comme si je n'avais jamais existé. Travaillez comme si le sort de toute l'œuvre dépendait de chacun de vous. Cinquante siècles vous regardent, l'avenir de l'Inde dépend de vous. Travaillez. Je ne sais pas quand je pourrai venir. C'est un vaste champ de travail. En Inde, on peut tout au plus vous louer, mais on ne donnera pas un centime pour quoi que ce soit ; et où le trouveraient-ils, mendiants eux-mêmes ? En outre, ils ont perdu la faculté de faire le bien public depuis deux mille ans ou plus. Ils apprennent tout juste les notions de nation, de public, etc. Aussi, je n'ai pas à les blâmer.

Bénédictions à vous tous !

Notes

English

TO MY BRAVE BOYS

Push on with the organization. Nothing else is necessary but these — love, sincerity, and patience. What is life but growth, i.e. expansion, i.e. love? Therefore all love is life, it is the only law of life; all selfishness is death, and this is true here or hereafter. It is life to do good, it is death not to do good to others. Ninety per cent of human brutes you see are dead, are ghosts — for none lives, my boys, but he who loves. Feel, my children, feel; feel for the poor, the ignorant, the downtrodden; feel till the heart stops and the brain reels and you think you will go mad — then pour the soul out at the feet of the Lord, and then will come power, help, and indomitable energy. Struggle, struggle, was my motto for the last ten years. Struggle, still say I. When it was all dark, I used to say, struggle; when light is breaking in, I still say, struggle. Be not afraid, my children. Look not up in that attitude of fear towards that infinite starry vault as if it would crush you. Wait! In a few hours more, the whole of it will be under your feet. Wait, money does not pay, nor name; fame does not pay, nor learning. It is love that pays; it is character that cleaves its way through adamantine walls of difficulties.

Now the question before us is this. There cannot be any growth without liberty. Our ancestors freed religious thought, and we have a wonderful religion. But they put a heavy chain on the feet of society, and our society is, in a word, horrid, diabolical. In the West, society always had freedom, and look at them. On the other hand, look at their religion.

Liberty is the first condition of growth. Just as man must have liberty to think and speak, so he must have liberty in food, dress, and marriage, and in every other thing, so long as he does not injure others.

We talk foolishly against material civilisation. The grapes are sour. Even taking all that foolishness for granted, in all India there are, say, a hundred thousand really spiritual men and women. Now, for the spiritualisation of these, must three hundred millions be sunk in savagery and starvation? Why should any starve? How was it possible for the Hindus to have been conquered by the Mohammedans? It was due to the Hindus' ignorance of material civilization. Even the Mohammedans taught them to wear tailor-made clothes. Would the Hindus had learnt from the Mohammedans how to eat in a cleanly way without mixing their food with the dust of the streets! Material civilization, nay, even luxury, is necessary to create work for the poor. Bread! Bread! I do not believe in a God, who cannot give me bread here, giving me eternal bliss in heaven! Pooh! India is to be raised, the poor are to be fed, education is to be spread, and the evil of priestcraft is to be removed. No priestcraft, no social tyranny! More bread, more opportunity for everybody! Our young fools organise meetings to get more power from the English. They only laugh. None deserves liberty who is not ready to give liberty. Suppose the English give over to you all the power. Why, the powers that be then, will hold the people down, and let them not have it. Slaves want power to make slaves.

Now, this is to be brought about slowly, and by only insisting on our religion and giving liberty to society. Root up priestcraft from the old religion, and you get the best religion in the world. Do you understand me? Can you make a European society with India's religion? I believe it is possible, and must be.

The grand plan is to start a colony in Central India, where you can follow your own ideas independently, and then a little leaven will leaven all. In the meanwhile form a Central Association and go on branching off all over India. Start only on religious grounds now, and do not preach any violent social reform at present; only do not countenance foolish superstitions. Try to revive society on the old grounds of universal salvation and equality as laid down by the old Masters, such as Shankarâchârya, Râmânuja, and Chaitanya.

Have fire and spread all over. Work, work. Be the servant while leading. Be unselfish, and never listen to one friend in private accusing another. Have infinite patience, and success is yours.

Now take care of this: Do not try to "boss" others, as the Yankees say. Because I always direct my letters to you, you need not try to show your consequence over my other friends. I know you never can be such a fool, but still I think it my duty to warn you. This is what kills all organizations. Work, work, for, to work only for the good of others is life.

I want that there should be no hypocrisy, no Jesuitism, no roguery. I have depended always on the Lord, always on Truth broad as the light of day. Let me not die with stains on my conscience for having played Jesuitism to get up name or fame, or even to do good. There should not be a breath of immorality, nor a stain of policy which is bad.

No shilly-shally, no esoteric blackguardism, no secret humbug, nothing should be done in a corner. No special favouritism of the Master, no Master at that, even. Onward, my brave boys — money or no money — men or no men! Have you love? Have you God? Onward and forward to the breach, you are irresistible.

How absurd! The Theosophical magazines saying that they, the Theosophists, prepared the way to my success! Indeed! Pure nonsense! Theosophists prepared the way!

Take care! Beware of everything that is untrue; stick to truth and we shall succeed, maybe slowly, but surely. Work on as if I never existed. Work as if on each of you depended the whole work. Fifty centuries are looking on you, the future of India depends on you. Work on. I do not know when I shall be able to come. This is a great field for work. They can at best praise in India, but they will not give a cent for anything; and where shall they get it, beggars themselves? Then, they have lost the faculty of doing public good for the last two thousand years or more. They are just learning the ideas of nation, public, etc. So I need not blame them.

Blessings to you all!

Notes


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