Réponse au discours de Madras
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Français
Amis, Compatriotes et Coreligionnaires de Madras,
Il m'est des plus gratifiant de constater que mon insignifiant service à la cause de notre religion a été acceptable pour vous, non pas en tant qu'appréciation personnelle de moi-même et de mon travail dans un pays étranger et lointain, mais comme signe certain que, bien que des tourbillons après tourbillons d'invasions étrangères aient balayé la tête dévouée de l'Inde, bien que des siècles de négligence de notre part et de mépris de la part de nos conquérants aient visiblement terni les gloires de l'antique Âryâvarta (la terre des Aryens, l'Inde), bien que mainte colonne majestueuse sur laquelle il reposait, maint arc magnifique et maint recoin merveilleux aient été emportés par les inondations qui submergèrent le pays pendant des siècles — le centre est parfaitement sain, la clef de voûte est intacte. Le fondement spirituel sur lequel le monument de gloire à Dieu et de charité envers tous les êtres a été érigé se dresse inébranlé, solide comme jamais. Votre généreuse appréciation de Celui dont le message à l'Inde et au monde entier, moi, le plus indigne de Ses serviteurs, eus le privilège de porter, montre votre instinct spirituel inné qui vit en Lui et Son message les premiers murmures de cette marée de spiritualité destinée dans un avenir peu éloigné à déferler sur l'Inde de toute sa puissance irrésistible, emportant dans son flot omnipotent tout ce qui est faible et défectueux, et élevant la race hindoue à la position qu'elle est destinée à occuper dans la providence de Dieu, couronnée de plus de gloire qu'elle n'en eut même dans le passé, récompense de siècles de souffrance silencieuse, et accomplissant sa mission parmi les races du monde — l'évolution d'une humanité spirituelle.
Les peuples de l'Inde du Nord sont spécialement reconnaissants envers vous du Sud, car c'est vous la grande source à laquelle la plupart des impulsions qui travaillent l'Inde aujourd'hui peuvent être rattachées. Les grands Bhâshyakâras (commentateurs), les Âchâryas (maîtres spirituels) qui firent époque — Shankara, Râmânuja et Madhva — naquirent dans l'Inde du Sud. Le grand Shankara, à qui tout Advâitavâdin (partisan du non-dualisme) du monde doit allégeance ; le grand Ramanuja, dont le toucher céleste convertit les parias opprimés en Âlwârs (saints dévots tamouls) ; le grand Madhva, dont le leadership fut reconnu même par les disciples du seul Prophète du Nord dont la puissance s'est fait sentir dans toute la longueur et la largeur de l'Inde — Shrî Krishna Chaitanya. Même de nos jours, c'est le Sud qui remporte la palme dans les gloires de Varanasi — votre renoncement gouverne les sanctuaires sacrés sur les pics les plus reculés de l'Himalaya, et est-il étonnant qu'avec le sang des Prophètes coulant dans vos veines, avec vos vies bénies par de tels Acharyas, vous soyez les premiers à apprécier et à vous attacher au message de Bhagavân Shrî Ramakrishna ?
Le Sud a été le dépositaire du savoir védique, et vous me comprendrez quand j'affirme que, en dépit des assertions réitérées d'une ignorance agressive, ce sont encore les Shrutis (les textes révélés des Védas) qui forment l'ossature de toutes les différentes divisions de la religion hindoue.
Si grands que puissent être les mérites des portions Samhitâ (hymnes) et Brâhmana (rituels) des Védas pour les ethnologues ou les philologues, si désirables que puissent être les résultats que les formules rituelles, en conjonction avec les différents autels, sacrifices et libations, produisent — tout cela relevait du domaine du Bhoga (la jouissance) ; et personne n'a jamais prétendu que cela pouvait produire le Moksha (la libération spirituelle). En tant que tel, le Jnâna-Kânda (la section de la connaissance), les Âranyakas (textes de la forêt), les Shrutis par excellence qui enseignent la voie de la spiritualité, le Moksha-Mârga (la voie de la libération), ont toujours régné et régneront toujours en Inde.
Perdu dans les dédales et les divisions de la « Religion Éternelle », incapable par préjugé et parti pris de saisir le sens de la seule religion dont l'adaptation universelle est le reflet exact du Dieu qu'elle prêche — « plus petit que le plus petit, plus grand que le plus grand » —, tâtonnant dans l'obscurité avec un critère de vérité spirituelle emprunté de seconde main à des nations qui n'ont jamais connu autre chose qu'un matérialisme grossier, le jeune hindou moderne lutte en vain pour comprendre la religion de ses ancêtres, et abandonne la quête, devenant soit une épave sans espoir d'agnostique, soit, incapable de végéter en raison des élans de sa nature religieuse innée, il boit insouciamment de quelque décoction de matérialisme occidental à saveur orientale, accomplissant ainsi la prophétie des Shrutis :
« Les insensés errent chancelants, comme des aveugles conduits par des aveugles. » Seuls échappent ceux dont la nature spirituelle a été touchée et vivifiée par le contact vivifiant du « Sad-Guru » (le vrai maître spirituel).
Bien l'a dit le Bhagavân Bhâshyakâra (le vénérable commentateur, Shankaracharya) :
« Ces trois choses sont difficiles à obtenir en ce monde, et dépendent de la grâce des dieux — la naissance humaine, le désir de la libération, et la compagnie des grandes âmes. »
Que ce soit dans l'analyse aiguë des Vaisheshikas aboutissant aux merveilleuses théories sur les Paramânus (atomes), Dvyanus et Trasarenus, ou dans l'analyse plus merveilleuse encore déployée dans les discussions sur les Jâti (genres), Dravya (substances), Guna (qualités), Samavâya (relation d'inhérence) et les diverses catégories des Naiyâyikas (logiciens), s'élevant jusqu'à la marche solennelle de la pensée des Sânkhyas (philosophie du dénombrement), les pères des théories de l'évolution, pour aboutir au fruit mûr, résultat de toutes ces recherches, les Sûtras (aphorismes) de Vyâsa — le seul arrière-plan de toutes ces différentes analyses et synthèses de l'esprit humain est toujours les Shrutis. Même dans les écrits philosophiques des bouddhistes ou des jaïns, l'aide des Shrutis n'est jamais rejetée, et au moins dans certaines écoles bouddhiques et dans la majorité des écrits jaïns, l'autorité des Shrutis est pleinement admise, à l'exception de ce qu'ils appellent les Himsaka Shrutis (textes prônant la violence), qu'ils tiennent pour des interpolations des Brahmanes. Récemment, un tel point de vue a été soutenu par le défunt grand Swami Dayânanda Saraswati.
Si l'on demandait d'indiquer le système de pensée vers lequel, comme vers un centre, toutes les pensées indiennes anciennes et modernes ont convergé, si l'on veut voir la véritable ossature de l'hindouisme dans toutes ses manifestations variées, les Sûtras de Vyâsa seraient incontestablement désignés comme constituant tout cela.
Que l'on entende l'Advaïta-Keshari (le lion de la non-dualité) rugir en coups de tonnerre — l'Asti, Bhâti et Priya (l'Être, la Lumière et l'Amour) — au milieu des solennités étouffantes des forêts himalayennes, se mêlant à la cadence solennelle du fleuve du ciel, ou que l'on écoute le roucoulement du « Piyâ, Pitam » (le Bien-Aimé) dans les beaux bosquets de la forêt de Vrindâ ; que l'on se mêle aux méditations posées des monastères de Varanasi ou aux danses extatiques des disciples du Prophète de Nadia ; que l'on s'assoie aux pieds du maître du système Vishishtâdvaita (non-dualisme qualifié) avec ses subdivisions Vadakale et Tenkale, ou que l'on écoute avec révérence les Acharyas de l'école de Mâdhva ; que l'on entende le martial « Wâ Guruki Fateh » (victoire au Guru) des sikhs séculiers ou les sermons sur le Granth Sâhib (le livre sacré des sikhs) des Udâsis et des Nirmalâs ; que l'on salue les disciples sannyâsins de Kabir avec « Sat Sâhib » (le Seigneur est Vérité) et que l'on écoute avec joie les Sâkhis (chants dévotionnels) ; que l'on se penche sur le merveilleux savoir de ce réformateur du Rajputana, Dâdu, ou sur les œuvres de son royal disciple, Sundaradâsa, jusqu'au grand Nishchaladâsa, le célèbre auteur du Vichâra Sâgara (l'Océan de la réflexion), livre qui a exercé plus d'influence en Inde qu'aucun autre écrit en quelque langue que ce soit au cours des trois derniers siècles ; même si l'on demande au Bhangi Mehtar (le plus humble des travailleurs) de l'Inde du Nord de s'asseoir et de rendre compte des enseignements de son Lâlguru — l'on trouvera que tous ces divers maîtres et écoles ont pour base ce système dont l'autorité est la Shruti, la Gîtâ son commentaire divin, les Shâriraka-Sûtras (les aphorismes sur l'âme incarnée) son système organisé, et toutes les différentes sectes en Inde, des Paramahamsa Parivrâjakâchâryas (les plus hauts maîtres itinérants) aux pauvres et méprisés disciples Mehtar de Lâlguru, en sont les différentes manifestations.
Les trois Prasthânas (les trois textes fondateurs : Upanishads, Gîtâ et Sûtras de Vyâsa), dans leurs différentes explications comme Dvaita (dualisme), Vishishtadvaita ou Advaita, avec quelques recensions mineures, forment les « autorités » de la religion hindoue. Les Purânas, représentations modernes des anciennes Nârâsamsi (la portion anecdotique des Védas), fournissent la mythologie, et les Tantras (traités de rituels ésotériques), représentations modernes des Brâhmanas (la portion rituelle et explicative des Védas), fournissent le rituel. Ainsi les trois Prasthanas, en tant qu'autorités, sont communs à toutes les sectes ; mais quant aux Puranas et aux Tantras, chaque secte a les siens.
Les Tantras, comme nous l'avons dit, représentent les rituels védiques sous une forme modifiée ; et avant que quiconque ne saute aux conclusions les plus absurdes à leur sujet, je lui conseillerai de lire les Tantras en conjonction avec les Brâhmanas, spécialement la portion Adhvaryu. Et la plupart des Mantras (formules sacrées) utilisés dans les Tantras se trouveront tirés mot pour mot de leurs Brâhmanas. Quant à leur influence, hormis les rituels Shrauta (solennels) et Smârta (domestiques), toutes les formes rituelles en usage de l'Himalaya au Cap Comorin ont été tirées des Tantras, et ils dirigent le culte des Shâktas (dévots de la Déesse), des Shaïvas (dévots de Shiva), des Vaishnavas (dévots de Vishnou) et de tous les autres pareillement.
Bien entendu, je ne prétends pas que tous les hindous soient parfaitement au fait de ces sources de leur religion. Beaucoup, surtout dans le bas Bengale, n'ont pas entendu les noms de ces sectes et de ces grands systèmes ; mais consciemment ou inconsciemment, c'est le plan tracé dans les trois Prasthanas qu'ils mettent tous en œuvre.
Partout en revanche où la langue hindi est parlée, même les classes les plus basses ont plus de connaissance de la religion védantique que beaucoup des plus hautes du bas Bengale.
Et pourquoi ?
Transportée du sol de Mithilâ à Navadvipa, nourrie et développée par le génie tutélaire de Shiromani, Gadâdhara, Jagadisha et d'une foule d'autres grands noms, une analyse des lois du raisonnement, à certains égards supérieure à tout autre système dans le monde entier, exprimée dans une mosaïque de langage merveilleuse et précise, se dresse le Nyâya (la logique) du Bengale, respecté et étudié dans toute la longueur et la largeur de l'Hindusthân. Mais, hélas, l'étude védique fut tristement négligée, et jusqu'à ces dernières années, on ne pouvait guère trouver au Bengale quelqu'un pour enseigner le Mahâbhâshya (le grand commentaire grammatical) de Patanjali. Une seule fois un génie puissant s'éleva au-dessus des interminables Avachchhinnas et Avachchhedakas (termes techniques de la logique) — le Bhagavân Shrî Krishna Chaitanya. Pour une fois, la léthargie religieuse du Bengale fut ébranlée, et pour un temps il entra en communion avec la vie religieuse des autres parties de l'Inde.
Il est curieux de noter que bien que Shrî Chaitanya reçût son sannyâsa (son initiation au renoncement) d'un Bhârati, et fût donc lui-même un Bharati, ce fut par l'intermédiaire de Mâdhavendra Puri que son génie religieux fut d'abord éveillé.
Les Puris semblent avoir une mission particulière dans l'éveil de la spiritualité du Bengale. Le Bhagavân Shrî Ramakrishna reçut son Sannyâsâshrama (son ordination monastique) de Totâ Puri.
Le commentaire que Shrî Chaitanya écrivit sur les Vyâsa-Sûtras a soit été perdu, soit n'a pas encore été retrouvé. Ses disciples se joignirent aux Mâdhvas du Sud, et graduellement les manteaux de géants tels que Rupa, Sanâtana et Jiva Goswâmi tombèrent sur les épaules des Bâbâjis, et le grand mouvement de Shrî Chaitanya déclinait rapidement, jusqu'à ce que ces dernières années un signe de renouveau apparaisse. Espérons qu'il retrouvera sa splendeur perdue.
L'influence de Shrî Chaitanya s'étend sur toute l'Inde. Partout où le Bhakti-Mârga (la voie de la dévotion) est connu, il est apprécié, étudié et vénéré. J'ai tout lieu de croire que la totalité de la recension de Vallabhâchârya n'est qu'une branche de la secte fondée par Shrî Chaitanya. Mais la plupart de ses prétendus disciples au Bengale ignorent comment sa puissance continue de travailler dans toute l'Inde ; et comment le pourraient-ils ? Les disciples sont devenus des Gadiâns (chefs de monastères), tandis que lui prêchait pieds nus de porte en porte en Inde, suppliant tous, jusqu'aux plus bas, d'aimer Dieu.
La coutume curieuse et peu orthodoxe des Gurus héréditaires qui prévaut au Bengale, et pour la plus grande part au Bengale seulement, est une autre cause de son isolement de la vie religieuse du reste de l'Inde.
La plus grande cause de toutes est que la vie du Bengale n'a jamais reçu d'afflux de celle de la grande fraternité des sannyâsins qui sont les représentants et les dépositaires de la plus haute culture spirituelle indienne même de nos jours.
Le Tyâga (le renoncement) n'est jamais apprécié des classes supérieures du Bengale. Leur tendance est au Bhoga (la jouissance). Comment pourraient-ils acquérir une profonde vision des choses spirituelles ? « Par le renoncement seul l'immortalité est atteinte. » Comment pourrait-il en être autrement ?
D'un autre côté, à travers tout le monde de langue hindi, une succession de brillants maîtres renonçants d'une influence considérable a apporté les doctrines du Vedânta à chaque porte. En particulier l'impulsion donnée au Tyâga durant le règne de Ranjit Singh du Pendjab a rendu les plus hauts enseignements de la philosophie védantique accessibles aux plus humbles des humbles. Avec une légitime fierté, la paysanne pendjabi dit que même son rouet répète : « Soham, Soham » (« Je suis Cela », mantra d'identification au divin). Et j'ai vu des Mehtars (travailleurs de basse caste) renonçants dans la forêt de Hrishikesh portant le vêtement du sannyâsin, étudiant le Vedânta. Et maint homme fier de haute caste serait heureux de s'asseoir à leurs pieds pour apprendre. Et pourquoi pas ? « La connaissance suprême peut être apprise même de l'homme de basse naissance. »
C'est ainsi que le Nord-Ouest et le Pendjab ont une éducation religieuse qui est bien en avance sur celle du Bengale, de Bombay ou de Madras. Les renonçants toujours voyageants des divers ordres — Dashanâmis, Vairâgis ou Panthis — apportent la religion à la porte de chacun, et le coût n'est qu'un morceau de pain. Et combien nobles et désintéressés sont la plupart d'entre eux ! Il y a un sannyâsin appartenant aux Kachu Panthis ou indépendants (qui ne s'identifient à aucune secte), qui a contribué à l'établissement de centaines d'écoles et d'asiles de charité dans tout le Rajputana. Il a ouvert des hôpitaux dans les forêts et jeté des ponts de fer sur les gorges de l'Himalaya, et cet homme ne touche jamais une pièce de monnaie de ses mains, ne possède rien au monde sauf une couverture, qui lui a valu le surnom de « Swami à la couverture », et mendie son pain de porte en porte. Je ne l'ai jamais vu prendre un repas entier dans une seule maison, de peur que ce ne soit un fardeau pour le maître de maison. Et il n'est qu'un parmi beaucoup. Pensez-vous que, tant que ces dieux sur terre vivent en Inde et protègent la « Religion Éternelle » par le rempart impénétrable de tels caractères divins, l'ancienne religion mourra ?
Dans ce pays, les ecclésiastiques reçoivent parfois des salaires aussi élevés que trente mille, quarante mille, cinquante mille, voire quatre-vingt-dix mille roupies par an, pour prêcher deux heures le dimanche seulement, et cela seulement six mois dans l'année. Regardez les millions et millions qu'ils dépensent pour le soutien de leur religion, et le Jeune Bengale a appris que ces hommes semblables à Dieu, absolument désintéressés, comme le Kambli-Swami, sont des vagabonds oisifs. « Ceux qui sont dévoués à Mes adorateurs sont regardés comme les meilleurs des dévots. »
Prenez même un cas extrême, celui d'un vairâgi extrêmement ignorant. Même celui-là, quand il entre dans un village, s'efforce de son mieux de transmettre aux villageois tout ce qu'il sait, de Tulasidâsa (le poète dévotionnel), ou du Chaitanya-Charitâmrita (l'histoire de Chaitanya), ou des Âlwârs en Inde du Sud. N'est-ce pas faire quelque bien ? Et tout cela pour un morceau de pain et un lambeau d'étoffe. Avant de les critiquer sans pitié, pensez à tout ce que vous faites, mon frère, pour vos pauvres compatriotes, à dont les dépens vous avez reçu votre éducation, et en broyant le visage desquels vous maintenez votre position et payez vos professeurs pour qu'ils vous enseignent que les Babajis ne sont que des vagabonds.
Quelques-uns de vos compatriotes au Bengale ont critiqué ce qu'ils appellent un nouveau développement de l'hindouisme. Et ils ont bien le droit de le faire. Car l'hindouisme ne fait que pénétrer maintenant au Bengale, où pendant si longtemps toute l'idée de la religion se résumait à un assemblage de Deshâchâras (coutumes locales) concernant le manger, le boire et le mariage.
Ce court article n'a pas la place pour la discussion d'un sujet aussi vaste que de savoir si la vision de l'hindouisme que les disciples de Ramakrishna ont prêchée dans toute l'Inde était conforme aux « Sad-Shâstras » (les vraies écritures) ou non. Mais je donnerai quelques indications à nos critiques, qui pourront les aider à mieux comprendre notre position.
En premier lieu, je n'ai jamais prétendu qu'une idée correcte de l'hindouisme puisse être tirée des écrits de Kâshidâsa ou Krittivâsa, bien que leurs paroles soient « comme le nectar » et que ceux qui les entendent sont « vertueux ». Mais nous devons nous tourner vers les autorités védiques et philosophiques, et vers les grands Acharyas et leurs disciples dans toute l'Inde.
Si, frères, vous commencez par les Sûtras de Gautama, et lisez ses théories sur les Âptas (les inspirés) à la lumière des commentaires de Vâtsyâyana, et que vous remontiez jusqu'aux Mîmâmsakas (exégètes des Védas) avec Shabara et d'autres commentateurs, et que vous découvriez ce qu'ils disent sur la réalisation suprasensible, et qui sont les Aptas, et si tout être peut devenir un Apta ou non, et que la preuve des Védas réside en ce qu'ils sont les paroles de tels Aptas — si vous avez le temps de consulter l'introduction de Mahidhara au Yajur-Véda, vous trouverez une discussion encore plus lucide sur les Védas comme lois de la vie intérieure de l'homme, et en tant que tels, ils sont éternels.
Quant à l'éternité de la création — cette doctrine est la pierre angulaire non seulement de la religion hindoue, mais aussi des bouddhistes et des jaïns.
À présent, toutes les sectes en Inde peuvent être regroupées grossièrement en celles qui suivent le Jnâna-Mârga (la voie de la connaissance) ou le Bhakti-Mârga (la voie de la dévotion). Si vous voulez bien consulter l'introduction au Shâriraka-Bhâshya de Shrî Shankarâchârya, vous trouverez la transcendance du Jnana minutieusement discutée, et la conclusion est que la réalisation de Brahman (l'Absolu) ou l'atteinte du Moksha ne dépend ni du cérémonial, ni du dogme, ni de la caste, ni de la couleur, ni de la doctrine. Elle viendra à tout être qui possède les quatre Sâdhanâs (les quatre conditions préalables), qui sont la culture morale la plus parfaite.
Quant aux Bhaktas (les dévots), même les critiques bengalis savent bien que certaines de leurs autorités ont même déclaré que la caste ou la nationalité ou le sexe, ou, à vrai dire, même la naissance humaine, n'étaient jamais nécessaires au Moksha. La Bhakti (la dévotion) est la seule et unique chose nécessaire.
Le Jnana comme la Bhakti sont partout prêchés comme inconditionnels, et en tant que tels, il n'y a pas une seule autorité qui pose les conditions de caste ou de croyance ou de nationalité pour atteindre le Moksha. Voyez la discussion sur le Sûtra de Vyâsa par Shankara, Ramanuja et Madhva.
Parcourez toutes les Upanishads (les textes philosophiques fondamentaux), et même dans les Samhitâs, nulle part vous ne trouverez les idées limitées du Moksha que chaque autre religion possède. Quant à la tolérance, elle est partout, même dans la Samhitâ de l'Adhvaryu Véda. Cela parcourt tout. Quelqu'un a-t-il jamais été persécuté en Inde pour avoir choisi sa Ishta Devatâ (sa divinité de prédilection), ou pour être devenu athée ou agnostique même, tant qu'il obéissait aux règlements sociaux ? La société peut punir quiconque par sa désapprobation pour avoir violé ses règlements, mais aucun homme, le plus bas des déchus, n'est jamais exclu du Moksha. Il ne faut pas confondre les deux. Pour ce qui est de cela, au Malabar un Chandâla (un intouchable) n'a pas le droit de passer dans la même rue qu'un homme de haute caste, mais qu'il devienne musulman ou chrétien, il sera immédiatement autorisé à aller n'importe où ; et cette règle a prévalu dans les domaines d'un souverain hindou pendant des siècles. C'est peut-être étrange, mais cela montre l'idée de tolérance envers les autres religions même dans les circonstances les plus défavorables.
L'unique idée en laquelle les religions hindoues diffèrent de toutes les autres dans le monde, l'unique idée pour exprimer laquelle les sages ont presque épuisé le vocabulaire de la langue sanscrite, est que l'homme doit réaliser Dieu même dans cette vie. Et les textes Advaïta ajoutent très logiquement : « Connaître Dieu, c'est devenir Dieu. »
Et ici vient comme conséquence nécessaire l'idée la plus large et la plus glorieuse de l'inspiration — non seulement telle qu'affirmée et déclarée par les Rishis (voyants) des Védas, non seulement par Vidura et Dharmavyâdha et nombre d'autres, mais même l'autre jour Nishchaladâsa, un Tyâgi de la secte des Dâdu panthi, déclara hardiment dans son Vichâra-Sâgara : « Celui qui a connu Brahman est devenu Brahman. Ses paroles sont des Védas, et elles dissiperont les ténèbres de l'ignorance, qu'elles soient exprimées en sanscrit ou en tout dialecte populaire. »
Ainsi, réaliser Dieu, le Brahman, comme le disent les Dvaitins (dualistes), ou devenir Brahman, comme le disent les Advaitins (non-dualistes) — est le but et la fin de tout l'enseignement des Védas ; et tout autre enseignement qui y est contenu représente une étape dans la marche de notre progrès vers cet objectif. Et la grande gloire du Bhagavân Bhâshyakâra Shankaracharya est que c'est son génie qui donna l'expression la plus merveilleuse aux idées de Vyâsa.
En tant qu'absolu, Brahman seul est vrai ; en tant que vérité relative, toutes les différentes sectes, fondées sur différentes manifestations du même Brahman, que ce soit en Inde ou ailleurs, sont vraies. Seulement certaines sont plus élevées que d'autres. Supposons qu'un homme marche droit vers le soleil. À chaque pas de son voyage, il verra des visions toujours nouvelles du soleil — la taille, la vue et la lumière seront à chaque instant nouvelles, jusqu'à ce qu'il atteigne le vrai soleil. Il vit d'abord le soleil comme une grosse boule, puis il commença à grandir en taille. Le soleil n'a jamais été petit comme la boule qu'il voyait ; et il ne fut jamais non plus comme toute la succession de soleils qu'il vit dans son voyage. Pourtant n'est-il pas vrai que notre voyageur a toujours vu le soleil, et rien que le soleil ? De même, toutes ces diverses sectes sont vraies — certaines plus proches, d'autres plus éloignées du vrai soleil qui est notre « Un sans second ».
Et comme les Védas sont les seules écritures qui enseignent ce Dieu réel et absolu, dont toutes les autres idées de Dieu ne sont que des visions diminuées et limitées ; comme la Shruti bienveillante prend le dévot doucement par la main et le conduit d'étape en étape, à travers toutes les étapes qui lui sont nécessaires pour atteindre l'Absolu ; et comme toutes les autres religions représentent l'une ou l'autre de ces étapes sous une forme non progressive et cristallisée, toutes les autres religions du monde sont incluses dans la religion védique sans nom, sans limites, éternelle.
Travaillez des centaines de vies durant, explorez chaque recoin de votre esprit pendant des siècles — et vous ne trouverez pas une seule noble idée religieuse qui ne soit déjà enchâssée dans cette mine infinie de spiritualité.
Quant à la prétendue idolâtrie hindoue — allez d'abord apprendre les formes qu'ils accomplissent, et où les adorateurs adorent réellement, dans le temple, dans l'image, ou dans le temple de leur propre corps. Sachez d'abord avec certitude ce qu'ils font — ce dont plus de quatre-vingt-dix pour cent des détracteurs sont parfaitement ignorants — et ensuite cela s'expliquera de soi-même à la lumière de la philosophie du Vedânta.
Pourtant ces Karmas (rites et actions) ne sont pas obligatoires. D'autre part, ouvrez votre Manu (le législateur) et voyez où il ordonne à tout homme âgé d'embrasser le quatrième Âshrama (le stade de renoncement), et que, qu'il l'embrasse ou non, il doit abandonner tout Karma. Il est réitéré partout que tous ces Karmas « finissent par aboutir au Jnana (la connaissance) ».
Quant à cela, un paysan hindou a plus d'éducation religieuse que maint gentilhomme d'autres pays. Un ami a critiqué l'emploi de termes européens de philosophie et de religion dans mes discours. J'aurais été très heureux d'employer des termes sanscrits ; cela eût été bien plus facile, car c'est le seul véhicule parfait de la pensée religieuse. Mais l'ami oubliait que je m'adressais à un auditoire de gens occidentaux ; et bien qu'un certain missionnaire indien ait déclaré que les hindous avaient oublié la signification de leurs livres sanscrits, et que ce furent les missionnaires qui en exhumèrent le sens, je ne pus trouver un seul dans cette grande assemblée de missionnaires qui pût comprendre une ligne en sanscrit — et pourtant certains d'entre eux lisaient de savants mémoires critiquant les Védas et toutes les sources sacrées de la religion hindoue !
Il n'est pas vrai que je sois contre une quelconque religion. Il est également faux que je sois hostile aux missionnaires chrétiens en Inde. Mais je proteste contre certaines de leurs méthodes pour recueillir de l'argent en Amérique. Que signifient ces images dans les manuels scolaires pour enfants où la mère hindoue est peinte jetant ses enfants aux crocodiles dans le Gange ? La mère est noire, mais le bébé est peint blanc, pour susciter plus de sympathie et obtenir plus d'argent. Que signifient ces images qui peignent un homme brûlant sa femme au bûcher de ses propres mains, pour qu'elle devienne un fantôme et tourmente l'ennemi du mari ? Que signifient les images de chars énormes écrasant des êtres humains ? L'autre jour, un livre pour enfants fut publié dans ce pays, où l'un de ces messieurs raconte sa visite à Calcutta. Il dit avoir vu un char écraser des fanatiques dans les rues de Calcutta. J'ai entendu l'un de ces messieurs prêcher à Memphis que dans chaque village de l'Inde il y a un étang plein des ossements de petits bébés.
Qu'ont fait les hindous à ces disciples du Christ pour que chaque enfant chrétien soit élevé à appeler les hindous « vils », « misérables » et les diables les plus horribles sur terre ? Une partie de l'éducation du catéchisme du dimanche pour les enfants ici consiste à leur apprendre à haïr quiconque n'est pas chrétien, et les hindous en particulier, de sorte que, dès leur plus tendre enfance, ils puissent donner leurs sous aux missions. Si ce n'est pour l'amour de la vérité, du moins pour la moralité de leurs propres enfants, les missionnaires chrétiens ne devraient pas permettre de telles choses. Est-il étonnant que de tels enfants grandissent pour devenir des hommes et des femmes impitoyables et cruels ? Plus un prédicateur peut dépeindre les tortures de l'enfer éternel — le feu qui y brûle, le soufre — plus sa position est élevée parmi les orthodoxes. Une servante employée chez un de mes amis dut être envoyée dans un asile d'aliénés à la suite de sa fréquentation de ce qu'on appelle ici les prédications revivalistes. La dose de feu d'enfer et de soufre était trop forte pour elle. Regardez aussi les livres publiés à Madras contre la religion hindoue. Si un hindou écrit une seule ligne de ce genre contre la religion chrétienne, les missionnaires crieront au feu et à la vengeance.
Mes compatriotes, je suis depuis plus d'un an dans ce pays. J'ai vu presque chaque recoin de la société, et, après avoir comparé mes notes, permettez-moi de vous dire que ni nous ne sommes des diables, comme les missionnaires disent au monde que nous le sommes, ni ne sont-ils des anges, comme ils prétendent l'être. Moins les missionnaires parleront d'immoralité, d'infanticide et des maux du système matrimonial hindou, mieux cela vaudra pour eux. Il se peut qu'il y ait de véritables tableaux de certains pays devant lesquels toutes les images missionnaires imaginaires de la société hindoue s'effaceront. Mais ma mission dans la vie n'est pas d'être un détracteur à gages. Je serai le dernier à revendiquer la perfection pour la société hindoue. Nul n'est plus conscient que moi des défauts qui s'y trouvent, ou des maux qui se sont développés sous des siècles de malheurs. Si, amis étrangers, vous venez avec une sympathie sincère pour aider et non pour détruire, que Dieu vous accompagne. Mais si, par des injures, incessamment lancées à la tête d'une race prostrée en toute saison et hors de saison, vous n'entendez que l'affirmation triomphante de la supériorité morale de votre propre nation, permettez-moi de vous dire franchement que si une telle comparaison était instituée avec quelque mesure de justice, l'hindou serait trouvé nettement au-dessus de toutes les autres nations du monde en tant que race morale.
En Inde, la religion ne fut jamais enchaînée. Nul ne fut jamais contesté dans le choix de son Ishta Devatâ, ou de sa secte, ou de son précepteur, et la religion grandit comme elle ne grandit nulle part ailleurs. D'un autre côté, un point fixe était nécessaire pour permettre cette variation infinie de la religion, et la société fut choisie comme ce point en Inde. En conséquence, la société devint rigide et presque immobile. Car la liberté est la seule condition de la croissance.
D'un autre côté, en Occident, le champ de variation était la société, et le point fixe était la religion. La conformité était le mot d'ordre, et l'est encore pour la religion européenne, et chaque nouveau départ n'a pu obtenir le moindre avantage qu'en traversant une rivière de sang. Le résultat est une splendide organisation sociale, avec une religion qui ne s'est jamais élevée au-dessus des conceptions matérialistes les plus grossières.
Aujourd'hui l'Occident s'éveille à ses besoins ; et « le vrai soi de l'homme et l'esprit » est le mot d'ordre de l'école avancée des théologiens occidentaux. L'étudiant de la philosophie sanscrite sait d'où le vent souffle, mais peu importe d'où la force vient, pourvu qu'elle apporte une vie nouvelle.
En Inde, de nouvelles circonstances exigent en même temps avec insistance un nouveau réajustement des organisations sociales. Depuis les trois quarts de siècle passés, l'Inde déborde de sociétés de réforme et de réformateurs. Mais, hélas, chacun d'eux s'est avéré un échec. Ils ne connaissaient pas le secret. Ils n'avaient pas appris la grande leçon à apprendre. Dans leur hâte, ils mirent tous les maux de notre société au compte de la religion ; et comme l'homme de l'histoire qui, voulant tuer le moustique posé sur le front d'un ami, s'apprêtait à lui porter des coups si violents qu'il aurait tué l'homme et le moustique ensemble. Mais dans ce cas, heureusement, ils ne firent que se fracasser contre des rochers immuables et furent réduits à néant dans le choc du recul. Gloire à ces âmes nobles et désintéressées qui ont lutté et échoué dans leurs tentatives mal dirigées. Ces électrochocs de zèle réformateur étaient nécessaires pour éveiller le léviathan endormi. Mais ils étaient entièrement destructifs et nullement constructifs, et en tant que tels ils étaient mortels, et donc ils moururent.
Bénissons-les et tirons profit de leur expérience. Ils n'avaient pas appris la leçon que tout est une croissance de l'intérieur vers l'extérieur, que toute évolution n'est que la manifestation d'une involution préalable. Ils ne savaient pas que la graine peut seulement assimiler les éléments environnants, mais pousse en arbre selon sa propre nature. Tant que la race hindoue tout entière ne sera pas éteinte et qu'une nouvelle race ne prendra pas possession du pays, une telle chose ne pourra jamais être — qu'on essaie l'Est ou l'Ouest, l'Inde ne pourra jamais être l'Europe jusqu'à ce qu'elle meure.
Et mourra-t-elle — cette vieille Mère de tout ce qui est noble, moral ou spirituel, la terre que les sages ont foulée, la terre où des hommes semblables à Dieu vivent et respirent encore ? J'emprunterai la lanterne du sage athénien et vous suivrai, mon frère, à travers les villes et les villages, les plaines et les forêts de ce vaste monde — montrez-moi de tels hommes dans d'autres terres si vous le pouvez. En vérité ils ont dit, l'arbre se connaît à ses fruits. Allez sous chaque manguier de l'Inde ; ramassez des boisseaux de fruits véreux, verts, tombés à terre, et écrivez des centaines de volumes les plus érudits sur chacun d'eux — vous n'avez toujours pas décrit une seule mangue. Cueillez une mangue succulente, mûre et juteuse de l'arbre, et maintenant vous savez tout ce qu'est la mangue.
De même, ces Hommes-Dieux montrent ce qu'est la religion hindoue. Ils montrent le caractère, la puissance et les possibilités de cet arbre racial qui compte sa culture par siècles et a supporté les assauts de mille ans d'ouragans, et se dresse toujours avec la vigueur intacte d'une éternelle jeunesse.
L'Inde mourra-t-elle ? Alors du monde toute spiritualité sera éteinte, toute perfection morale sera éteinte, toute sympathie délicate pour la religion sera éteinte, tout idéalisme sera éteint ; et à sa place régnera la dualité de la luxure et du luxe comme les divinités mâle et femelle, avec l'argent pour prêtre, la fraude, la force et la compétition pour cérémonies, et l'âme humaine pour sacrifice. Une telle chose ne peut jamais être. Le pouvoir de la souffrance est infiniment plus grand que le pouvoir de l'action ; le pouvoir de l'amour est d'une puissance infiniment plus grande que le pouvoir de la haine. Ceux qui pensent que le présent renouveau de l'hindouisme n'est qu'une manifestation d'impulsion patriotique se trompent.
D'abord, étudions ce curieux phénomène.
N'est-il pas étrange que, tandis que sous l'assaut terrible de la recherche scientifique moderne, toutes les vieilles forteresses des religions dogmatiques occidentales s'effritent en poussière ; tandis que les coups de masse de la science moderne pulvérisent la porcelaine des systèmes dont le fondement est soit la foi, soit la croyance, soit la majorité des voix de synodes ecclésiastiques ; tandis que la théologie occidentale est à bout de ressources pour s'accommoder de la marée toujours montante de la pensée moderne agressive ; tandis que dans tous les autres livres sacrés les textes ont été étirés à leur tension extrême sous la pression toujours croissante de la pensée moderne, et que la majorité d'entre eux sont brisés et ont été remisés au grenier ; tandis que la vaste majorité de l'humanité occidentale pensante a rompu toutes ses attaches avec l'église et dérive dans une mer d'inquiétude — les religions qui ont bu l'eau de vie à cette fontaine de lumière, les Védas — l'hindouisme et le bouddhisme — sont les seules à connaître un renouveau ?
L'athée ou l'agnostique occidental inquiet trouve dans la Gîtâ ou dans le Dhammapada (le texte fondamental du bouddhisme) le seul lieu où son âme peut jeter l'ancre.
Les rôles se sont inversés, et l'hindou, qui voyait à travers des larmes de désespoir sa demeure ancestrale couverte du feu incendiaire allumé par des mains inamicales, voit maintenant, quand le projecteur de la pensée moderne a dissipé la fumée, que sa demeure est celle qui se tient debout dans toute sa force, et que toutes les autres ont ou bien disparu ou bien reconstruisent leurs maisons selon le plan hindou. Il a essuyé ses larmes, et a découvert que la hache qui avait essayé de couper jusqu'aux racines l'arbre éternel « dont les racines sont en haut et les branches en bas » (Gîtâ, XV. 1) s'est avérée être le couteau miséricordieux du chirurgien.
Il a découvert qu'il n'a ni à torturer les textes ni à commettre quelque autre forme de malhonnêteté intellectuelle pour sauver sa religion. Bien plus, il peut appeler faible ce qui est faible dans ses écritures, parce qu'elles étaient destinées à l'être par les sages anciens, pour aider les faibles. Grâce aux sages anciens qui ont découvert un système de religion si omniprésent et toujours extensible qu'il peut accommoder tout ce qui a été découvert dans le domaine de la matière, et tout ce qui est à connaître, il a commencé à les apprécier de nouveau et à redécouvrir que ces découvertes qui se sont avérées si désastreuses pour tout petit système religieux limité ne sont que des redécouvertes, sur le plan de l'intellect et de la conscience sensorielle, de vérités que ses ancêtres découvrirent il y a des siècles sur le plan supérieur de l'intuition et de la supraconscience.
Il n'a donc rien à abandonner, ni à chercher quoi que ce soit nulle part, mais il lui suffira d'utiliser ne serait-ce qu'un peu de l'infini trésor dont il a hérité et de l'appliquer à ses besoins. Et cela il a commencé à le faire et le fera de plus en plus. N'est-ce pas là la vraie cause de ce renouveau ?
Jeunes gens du Bengale, c'est à vous que je fais spécialement appel. Frères, nous savons à notre honte que la plupart des véritables maux pour lesquels les races étrangères injurient la nation hindoue ne sont dus qu'à nous. Nous avons été la cause de bien des calomnies imméritées sur la tête des autres races de l'Inde. Mais gloire à Dieu, nous en avons été pleinement éveillés, et avec Ses bénédictions, nous ne nous contenterons pas de nous purifier nous-mêmes, mais nous aiderons l'Inde entière à atteindre les idéaux prêchés dans la religion éternelle.
Effaçons d'abord cette marque que la nature met toujours sur le front d'un esclave — la tache de la jalousie. Ne soyez jaloux de personne. Soyez prêts à tendre la main à tout travailleur du bien. Envoyez une bonne pensée pour chaque être dans les trois mondes.
Prenons notre position sur l'unique vérité centrale de notre religion — l'héritage commun des hindous, des bouddhistes et des jaïns — l'esprit de l'homme, l'Âtman (le Soi) de l'homme, l'immortel, le sans-naissance, l'omniprésent, l'âme éternelle de l'homme dont les gloires les Védas eux-mêmes ne peuvent exprimer, devant la majesté de laquelle l'univers avec ses galaxies sur galaxies de soleils, d'étoiles et de nébuleuses n'est qu'une goutte. Tout homme ou femme, que dis-je, depuis les plus hauts Devas (êtres célestes) jusqu'au ver qui rampe sous nos pieds, est un tel esprit évolué ou involué. La différence n'est pas de nature, mais de degré.
Ce pouvoir infini de l'esprit, appliqué à la matière, produit le développement matériel ; dirigé vers la pensée, il produit l'intellectualité ; et dirigé vers lui-même, il fait de l'homme un Dieu.
D'abord, soyons des Dieux, et ensuite aidons les autres à devenir des Dieux. « Être et faire être. » Que ce soit notre devise. Ne dites pas que l'homme est un pécheur. Dites-lui qu'il est un Dieu. Même s'il y avait un diable, il serait de notre devoir de nous souvenir de Dieu toujours, et non du diable.
Si la pièce est sombre, le sentiment et la répétition constants de l'obscurité ne la feront pas disparaître, mais apportez la lumière. Sachons que tout ce qui est négatif, tout ce qui est destructeur, tout ce qui n'est que critique, est destiné à passer ; c'est le positif, l'affirmatif, le constructif qui est immortel, qui demeurera pour toujours. Disons : « Nous sommes » et « Dieu est » et « Nous sommes Dieu » — « Shivoham, Shivoham » (« Je suis Shiva, je suis l'Absolu ») — et marchons. Non pas la matière, mais l'esprit. Tout ce qui a nom et forme est soumis à tout ce qui n'en a pas. C'est la vérité éternelle que les Shrutis prêchent. Apportez la lumière ; les ténèbres disparaîtront d'elles-mêmes. Que le lion du Vedânta rugisse ; les renards fuiront dans leurs terriers. Jetez les idées à tous les vents, et laissez le résultat prendre soin de lui-même. Mettons les éléments chimiques ensemble ; la cristallisation suivra son propre cours. Faites jaillir la puissance de l'esprit et répandez-la sur la longueur et la largeur de l'Inde ; et tout ce qui est nécessaire viendra de soi.
Manifestez la divinité qui est en vous, et tout s'ordonnera harmonieusement autour d'elle. Souvenez-vous de l'illustration d'Indra et de Virochana dans les Védas ; tous deux reçurent l'enseignement de leur divinité. Mais l'Asura (démon), Virochana, prit son corps pour son Dieu. Indra, étant un Deva (être divin), comprit que c'était l'Âtman qui était signifié. Vous êtes les enfants de l'Inde. Vous êtes les descendants des Devas. La matière ne peut jamais être votre Dieu ; le corps ne peut jamais être votre Dieu.
L'Inde sera relevée, non par la puissance de la chair, mais par la puissance de l'esprit ; non sous le drapeau de la destruction, mais sous le drapeau de la paix et de l'amour, la robe du sannyâsin ; non par la puissance de la richesse, mais par la puissance du bol du mendiant. Ne dites pas que vous êtes faibles. L'esprit est omnipotent. Regardez cette poignée de jeunes gens appelés à l'existence par le toucher divin des pieds de Ramakrishna. Ils ont prêché le message de l'Assam au Sindh, de l'Himalaya au Cap Comorin. Ils ont franchi l'Himalaya à une altitude de six mille mètres, à travers la neige et la glace à pied, et pénétré dans les mystères du Tibet. Ils ont mendié leur pain, se sont couverts de haillons ; ils ont été persécutés, suivis par la police, gardés en prison, et finalement relâchés quand le Gouvernement fut convaincu de leur innocence.
Ils sont maintenant vingt. Faites-en deux mille demain. Jeunes gens du Bengale, votre pays le demande. Le monde le demande. Invoquez la divinité en vous, qui vous permettra de supporter la faim et la soif, le chaud et le froid. Assis dans des demeures luxueuses, entourés de tous les conforts de la vie, et dispensant un peu de religion en amateur peut convenir à d'autres terres, mais l'Inde a un instinct plus vrai. Elle détecte intuitivement le masque. Vous devez donner. Soyez grands. Aucune grande œuvre ne peut s'accomplir sans sacrifice. Le Purusha (l'Être suprême) Lui-même se sacrifia pour créer ce monde. Abandonnez vos conforts, vos plaisirs, vos noms, votre renommée ou votre position, voire même vos vies, et faites un pont de chaînes humaines sur lequel des millions traverseront cet océan de la vie. Rassemblez toutes les forces du bien. Peu importe sous quelle bannière vous marchez. Peu importe votre couleur — verte, bleue ou rouge — mais mêlez toutes les couleurs et produisez cette lueur intense de blanc, la couleur de l'amour. À nous est le travail. Les résultats prendront soin d'eux-mêmes. Si quelque institution sociale se dresse sur votre chemin pour devenir Dieu, elle cédera devant la puissance de l'Esprit. Je ne vois pas dans l'avenir ; et je ne me soucie pas de voir. Mais une vision je vois, claire comme la vie, devant moi : que l'antique Mère s'est éveillée une fois de plus, assise sur Son trône rajeunie, plus glorieuse que jamais. Proclamez-La au monde entier avec la voix de la paix et de la bénédiction.
Vôtre à jamais dans l'amour et le labeur, Vivekananda.
English
Friends, Fellow-Countrymen and Co-Religionists of Madras,
It is most gratifying to me to find that my insignificant service to the cause of our religion has been accept able to you, not because it is as a personal appreciation of me and my work in a foreign and distant land, but as a sure sign that, though whirlwind after whirlwind of foreign invasion has passed over the devoted head of India, though centuries of neglect on our part and contempt on the part of our conquerors have visibly dimmed the glories of ancient Āryâvarta, though many a stately column on which it rested, many a beautiful arch, and many a marvellous corner have been washed away by the inundations that deluged the land for centuries — the centre is all sound, the keystone is unimpaired. The spiritual foundation upon which the marvellous monument of glory to God and charity to all beings has been reared stands unshaken, strong as ever. Your generous appreciation of Him whose message to India and to the whole world, I, the most unworthy of His servants, had the privilege to bear shows your innate spiritual instinct which saw in Him and His message the first murmurs of that tidal wave of spirituality which is destined at no distant future to break upon India in all its irresistible powers, carrying away in its omnipotent flood all that is weak and defective, and raising the Hindu race to the platform it is destined to occupy in the providence of God, crowned with more glory than it ever had even in the past, the reward of centuries of silent suffering, and fulfilling its mission amongst the races of the world — the evolution of spiritual humanity.
The people of Northern India are especially grateful to you of the South, as the great source to which most of the impulses that are working in India today can be traced. The great Bhâshyakâras, epoch-making Âchâryas, Shankara, Râmânuja, and Madhva were born in Southern India. Great Shankara to whom every Advâitavâdin in the world owes allegiance; great Ramanuja whose heavenly touch converted the downtrodden pariahs into Âlwârs; great Madhva whose leadership was recognised even by the followers of the only Northern Prophet whose power has been felt all over the length and breadth of India — Shri Krishna Chaitanya. Even at the present day it is the South that carries the palm in the glories of Varanasi — your renunciation controls the sacred shrines on the farthest peaks of the Himalayas, and what wonder that with the blood of Prophets running in your veins, with your lives blessed by such Acharyas, you are the first and foremost to appreciate and hold on to the message of Bhagavân Shri Ramakrishna.
The South had been the repository of Vedic learning, and you will understand me when I state that, in spite of the reiterated assertions of aggressive ignorance, it is the Shruti still that is the backbone of all the different divisions of the Hindu religion.
However great may be the merits of the Samhitâ and the Brâhmana portions of the Vedas to the ethnologists or the philologists, however desirable may be the results that the अग्निमीले or इषेत्वोर्जेत्वा or शन्नो देवीरभीष्टये in conjunction with the different Vedis (altars) and sacrifices and libations produce — it was all in the way of Bhoga; and no one ever contended that it could produce Moksha. As such, the Jnâna-Kânda, the Āranyakas, the Shrutis par excellence which teach the way to spirituality, the Moksha-Mârga, have always ruled and will always rule in India.
Lost in the mazes and divisions of the "Religion Eternal", by prepossession and prejudice unable to grasp the meaning of the only religion whose universal adaptation is the exact shadow of the अणोरणीयान् महतो महीयान् God it preaches, groping in the dark with a standard of spiritual truth borrowed second-hand from nations who never knew anything but rank materialism, the modern young Hindu struggles in vain to understand the religion of his forefathers, and gives up the quest altogether, and becomes a hopeless wreck of an agnostic, or else, unable to vegetate on account of the promptings of his innate religious nature, drinks carelessly of some of those different decoctions of Western materialism with an Eastern flavour, and thus fulfils the prophecy of the Shruti:
परियन्ति मूढा अन्धेनैव नीयमाना यथान्धाः।
— "Fools go staggering to and fro, like blind men led by the blind." They alone escape whose spiritual nature has been touched and vivified by the life-giving touch of the "Sad-Guru".
Well has it been said by Bhagavan Bhashyakara:
दुर्लभं त्रयमेवैतत् देवानुग्रहहेतुकम्।
मनुष्यत्वं मुमुक्षुत्वं महापुरुशसंश्रयः॥
दुर्लभं त्रयमेवैतत् देवानुग्रहहेतुकम्।
मनुष्यत्वं मुमुक्षुत्वं महापुरुशसंश्रयः॥
— "These three are difficult to obtain in this world, and depend on the mercy of the gods — the human birth, the desire for salvation, and the company of the great-souled ones."
Either in the sharp analysis of the Vaisheshikas, resulting in the wonderful theories about the Paramânus, Dvyanus, and Trasarenus, or the still more wonderful analysis displayed in the discussions of the Jâti, Dravya, Guna, Samavâya, and to the various categories of the Naiyâyikas, rising to the solemn march of the thought of the Sânkhyas, the fathers of the theories of evolution, ending with the ripe fruit, the result of all these researches, the Sutras of Vyâsa — the one background to all these different analyses and syntheses of the human mind is still the Shrutis. Even in the philosophical writings of the Buddhists or Jains, the help of Shrutis is never rejected, and at least in some of the Buddhistic schools and in the majority of the Jain writings, the authority of the Shrutis is fully admitted, excepting what they call the Himsaka Shrutis, which they hold to be interpolations of the Brahmins. In recent times, such a view has been held by the late great Swami Dayânanda Saraswati.
If one be asked to point out the system of thought towards which as a centre all the ancient and modern Indian thoughts have converged, if one wants to see the real backbone of Hinduism in all its various manifestations, the Sutras of Vyasa will unquestionably be pointed out as constituting all that.
Either one hears the Advaita-Keshari roaring in peals of thunder — the Asti, Bhâti, and Priya — amidst the heart-stopping solemnities of the Himalayan forests, mixing with the solemn cadence of the river of heaven, or listens to the cooing of the Piyâ, Pitam in the beautiful bowers of the grove of Vrindâ: whether one mingles with the sedate meditations of the monasteries of Varanasi or the ecstatic dances of the followers of the Prophet of Nadia; whether one sits at the feet of the teacher of the Vishishtâdvaita system with its Vadakale, Tenkale, and all the other subdivisions, or listens with reverence to the Acharyas of the Mâdhva school; whether one hears the martial "Wâ Guruki Fateh" of the secular Sikhs or the sermons on the Grantha Sâhib of the Udâsis and Nirmalâs; whether he salutes the Sannyâsin disciples of Kabir with "Sat Sâhib" and listens with joy to the Sâkhis (Bhajans); whether he pores upon the wonderful lore of that reformer of Rajputana, Dâdu, or the works of his royal disciple, Sundaradâsa, down to the great Nishchaladâsa, the celebrated author of Vichâra sâgara, which book has more influence in India than any that has been written in any language within the last three centuries; if even one asks the Bhangi Mehtar of Northern India to sit down and give an account of the teachings of his Lâlguru — one will find that all these various teachers and schools have as their basis that system whose authority is the Shruti, Gitâ its divine commentary, the Shâriraka-Sutras its organised system, and all the different sects in India, from the Paramahamsa Parivrâjakâchâryas to the poor despised Mehtar disciples of Lâlguru, are different manifestations.
The three Prasthânas, then, in their different explanations as Dvaita, Vishishtadvaita, or Advaita, with a few minor recensions, form the "authorities" of the Hindu religion. The Purânas, the modern representations of the ancient Nârâsamsi (anecdote portion of the Vedas), supply the mythology, and the Tantras, the modern representations of the Brâhmanas (ritual and explanatory portion of the Vedas), supply the ritual. Thus the three Prasthanas, as authorities, are common to all the sects; but as to the Puranas and Tantras, each sect has its own.
The Tantras, as we have said, represent the Vedic rituals in a modified form; and before any one jumps into the most absurd conclusions about them, I will advise him to read the Tantras in conjunction with the Brahmanas, especially the Adhvaryu portion. And most of the Mantras, used in the Tantras, will be found taken verbatim from their Brahmanas. As to their influence, apart from the Shrauta and Smârta rituals, all the forms of the rituals in vogue from the Himalayas to the Comorin have been taken from the Tantras, and they direct the worship of the Shâkta, or Shaiva, or Vaishnava, and all the others alike.
Of course, I do not pretend that all the Hindus are thoroughly acquainted with these sources of their religion. Many, especially in lower Bengal, have not heard of the names of these sects and these great systems; but consciously or unconsciously, it is the plan laid down in the three Prasthanas that they are all working out.
Wherever, on the other hand, the Hindi language is spoken, even the lowest classes have more knowledge of the Vedantic religion than many of the highest in lower Bengal.
And why so?
Transported from the soil of Mithilâ to Navadvipa, nurtured and developed by the fostering genius of Shiromani, Gadâdhara, Jagadisha, and a host of other great names, an analysis of the laws of reasoning, in some points superior to every other system in the whole world, expressed in a wonderful and precise mosaic of language, stands the Nyâya of Bengal, respected and studied throughout the length and breadth of Hindusthân. But, alas, the Vedic study was sadly neglected, and until within the last few years, scarcely anyone could be found in Bengal to teach the Mahâbhâshya of Patanjali. Once only a mighty genius rose above the never-ending Avachchhinnas and Avachchhedakas — Bhagavân Shri Krishna Chaitanya. For once the religious lethargy of Bengal was shaken, and for a time it entered into a communion with the religious life of other parts of India.
It is curious to note that though Shri Chaitanya obtained his Sannyâsa from a Bhârati, and as such was a Bharati himself, it was through Mâdhavendra Puri that his religious genius was first awakened.
The Puris seem to have a peculiar mission in rousing the spirituality of Bengal. Bhagavan Shri Ramakrishna got his Sannyâsâshrama from Totâ Puri.
The commentary that Shri Chaitanya wrote on the Vyâsa-Sutras has either been lost or not found yet. His disciples joined themselves to the Madhvas of the South, and gradually the mantles of such giants as Rupa and Sanâtana and Jiva Goswâmi fell on the shoulders of Bâbâjis, and the great movement of Shri Chaitanya was decaying fast, till of late years there is a sign of revival. Hope that it will regain its lost splendour.
The influence of Shri Chaitanya is all over India. Wherever the Bhakti-Mârga is known, there he is appreciated, studied, and worshipped. I have every reason to believe that the whole of the Vallabhâchârya recension is only a branch of the sect founded by Shri Chaitanya. But most of his so-called disciples in Bengal do not know how his power is still working all over India; and how can they? The disciples have become Gadiâns (Heads of monasteries), while he was preaching barefooted from door to door in India, begging Âchandâlas (all down to the lowest) to love God.
The curious and unorthodox custom of hereditary Gurus that prevails in Bengal, and for the most part in Bengal alone, is another cause of its being cut off from the religious life of the rest of India.
The greatest cause of all is that the life of Bengal never received an influx from that of the great brotherhood of Sannyasins who are the representatives and repositories of the highest Indian spiritual culture even at the present day.
Tyâga (renunciation) is never liked by the higher classes of Bengal. Their tendency is for Bhoga (enjoyment). How can they get a deep insight into spiritual things? त्यागेनैके अमृतत्वमानशुः — "By renunciation alone immortality was reached." How can it be otherwise?
On the other hand, throughout the Hindi-speaking world, a succession of brilliant Tyâgi teachers of far-reaching influence has brought the doctrines of the Vedanta to every door. Especially the impetus given to Tyaga during the reign of Ranjit Singh of the Punjab has made the highest teachings of the Vedantic philosophy available for the very lowest of the low. With true pride, the Punjabi peasant girl says that even her spinning wheel repeats: "Soham", "Soham". And I have seen Mehtar Tyagis in the forest of Hrishikesh wearing the garb of the Sannyasin, studying the Vedanta. And many a proud high-class man would be glad to sit at their feet and learn. And why not? अन्त्यादपि परं धर्मं — "Supreme knowledge (can be learnt) even from the man of low birth."
Thus it is that the North-West and the Punjab have a religious education which is far ahead of that of Bengal, Bombay, or Madras. The ever-travelling Tyagis of the various orders, Dashanâmis or Vairâgis or Panthis bring religion to everybody's door, and the cost is only a bit of bread. And how noble and disinterested most of them are! There is one Sannyasin belonging to the Kachu Panthis or independents (who do not identify themselves with any sect), who has been instrumental in the establishing of hundreds of schools and charitable asylums all over Rajputana. He has opened hospitals in forests, and thrown iron bridges over the gorges in the Himalayas, and this man never touches a coin with his hands, has no earthly possession except a blanket, which has given him the nickname of the "Blanket Swami", and begs his bread from door to door. I have never known him taking a whole dinner from one house, lest it should be a tax on the householder. And he is only one amongst many. Do you think that so long as these Gods on earth live in India and protect the "Religion Eternal" with the impenetrable rampart of such godly characters, the old religion will die?
In this country, the clergymen sometimes receive as high salaries as rupees thirty thousand, forty thousand, fifty thousand, even ninety thousand a year, for preaching two hours on Sunday only, and that only six months in a year. Look at the millions upon millions they spend for the support of their religion, and Young Bengal has been taught that these Godlike, absolutely unselfish men like Kambli-Swami are idle vagabonds. मद्भक्तानाञ्च च ये भक्तास्ते मे भक्ततमा मताः — "Those who are devoted to My worshippers are regarded as the best of devotees."
Take even an extreme case, that of an extremely ignorant Vairagi. Even he, when he goes into a village tries his best to impart to the villagers whatever he knows, from Tulasidâsa, or Chaitanya-Charitâmrita or the Âlwârs in Southern India. Is that not doing some good? And all this for only a bit of bread and a rag of cloth. Before unmercifully criticising them, think how much you do, my brother, for your poor fellow-countrymen, at whose expense you have got your education, and by grinding whose face you maintain your position and pay your teachers for teaching you that the Babajis are only vagabonds.
A few of your fellow-countrymen in Bengal have criticised what they call a new development of Hinduism. And well they may. For Hinduism is only just now penetrating into Bengal, where so long the whole idea of religion was a bundle of Deshâchâras (local customs) as to eating and drinking and marriage.
This short paper has not space for the discussion of such a big subject as to whether the view of Hinduism, which the disciples of Ramakrishna have been preaching all over India, was according to the "Sad-Shâstras" or not. But I will give a few hints to our critics, which may help them in understanding our position better.
In the first place, I never contended that a correct idea of Hinduism can be gathered from the writings of Kâshidâsa or Krittivâsa, though their words are "Amrita Samâna" (like nectar), and those that hear them are "Punyavâns" (virtuous). But we must go to Vedic and Dârshanika authorities, and to the great Acharyas and their disciples all over India.
If, brethren, you begin with the Sutras of Gautama, and read his theories about the Âptas (inspired) in the light of the commentaries of Vâtsyâyana, and go up to the Mimâmsakas with Shabara and other commentators, and find out what they say about the अलौकिकप्रत्यक्षम् (supersensuous realisation), and who are Aptas, and whether every being can become an Apta or not, and that the proof of the Vedas is in their being the words of such Aptas if you have time to look into the introduction of Mahidhara to the Yajur-Veda, you will find a still more lucid discussion as to the Vedas being laws of the inner life of man, and as such they are eternal.
As to the eternity of creation — this doctrine is the corner-stone not only of the Hindu religion, but of the Buddhists and Jains also.
Now all the sects in India can be grouped roughly as following the Jnâna-Mârga or the Bhakti-Mârga. If you will kindly look into the introduction to the Shâriraka-Bhâshya of Shri Shankarâchârya, you will find there the Nirapekshatâ (transcendence) of Jnana is thoroughly discussed, and the conclusion is that realisation of Brahman or the attainment of Moksha do not depend upon ceremonial, creed, caste, colour, or doctrine. It will come to any being who has the four Sâdhanâs, which are the most perfect moral culture.
As to the Bhaktas, even Bengali critics know very well that some of their authorities even declared that caste or nationality or sex, or, as to that, even the human birth, was never necessary to Moksha. Bhakti is the one and only thing necessary.
Both Jnana and Bhakti are everywhere preached to be unconditioned, and as such there is not one authority who lays down the conditions of caste or creed or nationality in attaining Moksha. See the discussion on the Sutra of Vyâsa — अन्तरा चापि तु तद्दृष्टेः by Shankara, Ramanuja, and Madhva.
Go through all the Upanishads, and even in the Samhitas, nowhere you will find the limited ideas of Moksha which every other religion has. As to toleration, it is everywhere, even in the Samhita of the Adhvaryu Veda, in the third or fourth verse of the fortieth chapter, if my memory does not fail; it begins with न बुध्दिभेदं जनयेदज्ञानां कर्मसंगिनाम्।. This is running through every where. Was anybody persecuted in India for choosing his Ishta Devatâ, or becoming an atheist or agnostic even, so long as he obeyed the social regulations? Society may punish anybody by its disapprobation for breaking any of its regulations, but no man, the lowest Patita (fallen), is ever shut out from Moksha. You must not mix up the two together. As to that, in Malabar a Chandâla is not allowed to pass through the same street as a high-caste man, but let him become a Mohammedan or Christian, he will be immediately allowed to go anywhere; and this rule has prevailed in the dominion of a Hindu sovereign for centuries. It may be queer, but it shows the idea of toleration for other religions even in the most untoward circumstances.
The one idea the Hindu religions differ in from every other in the world, the one idea to express which the sages almost exhaust the vocabulary of the Sanskrit language, is that man must realise God even in this life. And the Advaita texts very logically add, "To know God is to become God."
And here comes as a necessary consequence the broadest and most glorious idea of inspiration — not only as asserted and declared by the Rishis of the Vedas, not only by Vidura and Dharmavyâdha and a number of others, but even the other day Nischaladâsa, a Tyagi of the Dâdu panthi sect, boldly declared in his Vichâra-Sâgara: "He who has known Brahman has become Brahman. His words are Vedas, and they will dispel the darkness of ignorance, either expressed in Sanskrit or any popular dialect."
Thus to realise God, the Brahman, as the Dvaitins say, or to become Brahman, as the Advaitins say — is the aim and end of the whole teaching of the Vedas; and every other teaching, therein contained, represents a stage in the course of our progress thereto. And the great glory of Bhagavan Bhashyakara Shankaracharya is that it was his genius that gave the most wonderful expression to the ideas of Vyasa.
As absolute, Brahman alone is true; as relative truth, all the different sects, standing upon different manifestations of the same Brahman, either in India or elsewhere, are true. Only some are higher than others. Suppose a man starts straight towards the sun. At every step of his journey he will see newer and newer visions of the sun — the size, the view, and light will every moment be new, until he reaches the real sun. He saw the sun at first like a big ball, and then it began to increase in size. The sun was never small like the ball he saw; nor was it ever like all the succession of suns he saw in his journey. Still is it not true that our traveller always saw the sun, and nothing but the sun? Similarly, all these various sects are true — some nearer, some farther off from the real sun which is our एकमेवाव्दितीयम् — "One without a second".
And as the Vedas are the only scriptures which teach this real absolute God, of which all other ideas of God are but minimised and limited visions; as the सर्वलोकहितैषिणी Shruti takes the devotee gently by the hand, and leads him from one stage to another, through all the stages that are necessary for him to travel to reach the Absolute; and as all other religions represent one or other of these stages in an unprogressive and crystallized form, all the other religions of the world are included in the nameless, limitless, eternal Vedic religion.
Work hundreds of lives out, search every corner of your mind for ages — and still you will not find one noble religious idea that is not already imbedded in that infinite mine of spirituality.
As to the so-called Hindu idolatry — first go and learn the forms they are going through, and where it is that the worshippers are really worshipping, whether in the temple, in the image, or in the temple of their own bodies. First know for certain what they are doing — which more than ninety per cent of the revilers are thoroughly ignorant of — and then it will explain itself in the light of the Vedantic philosophy.
Still these Karmas are not compulsory. On the other hand, open your Manu and see where it orders every old man to embrace the fourth Ashrama, and whether he embraces it or not, he must give up all Karma. It is reiterated everywhere that all these Karmas ज्ञाने परिसमाप्यते। — "finally end in Jnana".
As to the matter of that, a Hindu peasant has more religious education than many a gentleman in other countries. A friend criticised the use of European terms of philosophy and religion in my addresses. I would have been very glad to use Sanskrit terms; it would have been much more easy, as being the only perfect vehicle of religious thought. But the friend forgot that I was addressing an audience of Western people; and although a certain Indian missionary declared that the Hindus had forgotten the meaning of their Sanskrit books, and that it was the missionaries who unearthed the meaning, I could not find one in that large concourse of missionaries who could understand a line in Sanskrit — and yet some of them read learned papers criticising the Vedas, and all the sacred sources of the Hindu religion!
It is not true that I am against any religion. It is equally untrue that I am hostile to the Christian missionaries in India. But I protest against certain of their methods of raising money in America. What is meant by those pictures in the school-books for children where the Hindu mother is painted as throwing her children to the crocodiles in the Ganga? The mother is black, but the baby is painted white, to arouse more sympathy, and get more money. What is meant by those pictures which paint a man burning his wife at a stake with his own hands, so that she may become a ghost and torment the husband's enemy? What is meant by the pictures of huge cars crushing over human beings? The other day a book was published for children in this country, where one of these gentlemen tells a narrative of his visit to Calcutta. He says he saw a car running over fanatics in the streets of Calcutta. I have heard one of these gentlemen preach in Memphis that in every village of India there is a pond full of the bones of little babies.
What have the Hindus done to these disciples of Christ that every Christian child is taught to call the Hindus "vile", and "wretches", and the most horrible devils on earth? Part of the Sunday School education for children here consists in teaching them to hate everybody who is not a Christian, and the Hindus especially, so that, from their very childhood they may subscribe their pennies to the missions. If not for truth's sake, for the sake of the morality of their own children, the Christian missionaries ought not to allow such things going on. Is it any wonder that such children grow up to be ruthless and cruel men and women? The greater a preacher can paint the tortures of eternal hell — the fire that is burning there, the brimstone - the higher is his position among the orthodox. A servant-girl in the employ of a friend of mine had to be sent to a lunatic asylum as a result of her attending what they call here the revivalist-preaching. The dose of hell-fire and brimstone was too much for her. Look again at the books published in Madras against the Hindu religion. If a Hindu writes one such line against the Christian religion, the missionaries will cry fire and vengeance.
My countrymen, I have been more than a year in this country. I have seen almost every corner of the society, and, after comparing notes, let me tell you that neither are we devils, as the missionaries tell the world we are, nor are they angels, as they claim to be. The less the missionaries talk of immorality, infanticide, and the evils of the Hindu marriage system, the better for them. There may be actual pictures of some countries before which all the imaginary missionary pictures of the Hindu society will fade away into light. But my mission in life is not to be a paid reviler. I will be the last man to claim perfection for the Hindu society. No man is more conscious of the defects that are therein, or the evils that have grown up under centuries of misfortunes. If, foreign friends, you come with genuine sympathy to help and not to destroy, Godspeed to you. But if by abuses, incessantly hurled against the head of a prostrate race in season and out of season, you mean only the triumphant assertion of the moral superiority of your own nation, let me tell you plainly, if such a comparison be instituted with any amount of justice, the Hindu will be found head and shoulders above all other nations in the world as a moral race.
In India religion was never shackled. No man was ever challenged in the selection of his Ishta Devatâ, or his sect, or his preceptor, and religion grew, as it grew nowhere else. On the other hand, a fixed point was necessary to allow this infinite variation to religion, and society was chosen as that point in India. As a result, society became rigid and almost immovable. For liberty is the only condition of growth.
On the other hand, in the West, the field of variation was society, and the constant point was religion. Conformity was the watchword, and even now is the watchword of European religion, and each new departure had to gain the least advantage only by wading through a river of blood. The result is a splendid social organisation, with a religion that never rose beyond the grossest materialistic conceptions.
Today the West is awakening to its wants; and the "true self of man and spirit" is the watchword of the advanced school of Western theologians. The student of Sanskrit philosophy knows where the wind is blowing from, but it matters not whence the power comes so longs as it brings new life.
In India, new circumstances at the same time are persistently demanding a new adjustment of social organisations. For the last three-quarters of a century, India has been bubbling over with reform societies and reformers. But, alas, every one of them has proved a failure. They did not know the secret. They had not learnt the great lesson to be learnt. In their haste, they laid all the evils in our society at the door of religion; and like the man in the story, wanting to kill the mosquito that sat on a friend's forehead, they were trying to deal such heavy blows as would have killed man and mosquito together. But in this case, fortunately, they only dashed themselves against immovable rocks and were crushed out of existence in the shock of recoil. Glory unto those noble and unselfish souls who have struggled and failed in their misdirected attempts. Those galvanic shocks of reformatory zeal were necessary to rouse the sleeping leviathan. But they were entirely destructive, and not constructive, and as such they were mortal, and therefore died.
Let us bless them and profit by their experience. They had not learnt the lesson that all is a growth from inside out, that all evolution is only a manifestation of a preceding involution. They did not know that the seed can only assimilate the surrounding elements, but grows a tree in its own nature. Until all the Hindu race becomes extinct, and a new race takes possession of the land, such a thing can never be — try East or West, India can never be Europe until she dies.
And will she die — this old Mother of all that is noble or moral or spiritual, the land which the sages trod, the land in which Godlike men still live and breathe? I will borrow the lantern of the Athenian sage and follow you, my brother, through the cities and villages, plains and forests, of this broad world — show me such men in other lands if you can. Truly have they said, the tree is known by its fruits. Go under every mango tree in India; pick up bushels of the worm-eaten, unripe, fallen ones from the ground, and write hundreds of the most learned volumes on each one of them — still you have not described a single mango. Pluck a luscious, full-grown, juicy one from the tree, and now you have known all that the mango is.
Similarly, these Man-Gods show what the Hindu religion is. They show the character, the power, and the possibilities of that racial tree which counts culture by centuries, and has borne the buffets of a thousand years of hurricane, and still stands with the unimpaired vigour of eternal youth.
Shall India die? Then from the world all spirituality will be extinct, all moral perfection will be extinct, all sweet-souled sympathy for religion will be extinct, all ideality will be extinct; and in its place will reign the duality of lust and luxury as the male and female deities, with money as its priest, fraud, force, and competition its ceremonies, and the human soul its sacrifice. Such a thing can never be. The power of suffering is infinitely greater than the power of doing; the power of love is infinitely of greater potency than the power of hatred. Those that think that the present revival of Hinduism is only a manifestation of patriotic impulse are deluded.
First, let us study the quaint phenomenon.
Is it not curious that, whilst under the terrific onset of modern scientific research, all the old forts of Western dogmatic religions are crumbling into dust; whilst the sledge-hammer blows of modern science are pulverising the porcelain mass of systems whose foundation is either in faith or in belief or in the majority of votes of church synods; whilst Western theology is at its wit's end to accommodate itself to the ever-rising tide of aggressive modern thought; whilst in all other sacred books the texts have been stretched to their utmost tension under the ever-increasing pressure of modern thought, and the majority of them are broken and have been stored away in lumber rooms; whilst the vast majority of thoughtful Western humanity have broken asunder all their ties with the church and are drifting about in a sea of unrest, the religions which have drunk the water of life at that fountain of light, the Vedas — Hinduism and Buddhism — alone are reviving?
The restless Western atheist or agnostic finds in the Gitâ or in the Dhammapada the only place where his soul can anchor.
The tables have been turned, and the Hindu, who saw through tears of despair his ancient homestead covered with incendiary fire, ignited by unfriendly hands, now sees, when the searchlight of modern thought has dispersed the smoke, that his home is the one that is standing in all its strength, and all the rest have either vanished or are building their houses anew after the Hindu plan. He has wiped away his tears, and has found that the axe that tried to cut down to the roots the ऊर्ध्वमूलमधःशाखमश्वत्थं प्राहुरव्ययम् (Gita, XV. 1) has proved the merciful knife of the surgeon.
He has found that he has neither to torture texts nor commit any other form of intellectual dishonesty to save his religion. Nay, he may call all that is weak in his scriptures, weak, because they were meant to be so by the ancient sages, to help the weak, under the theory of अरुन्धतीदर्शनन्याय . Thanks to the ancient sages who have discovered such an all-pervading, ever-expanding system of religion that can accommodate all that has been discovered in the realm of matter, and all that is to be known; he has begun to appreciate them anew, and discover anew, that those discoveries which have proved so disastrous to every limited little scheme of religion are but rediscoveries, in the plane of intellect and sense-consciousness, of truths which his ancestors discovered ages ago in the higher plane of intuition and superconsciousness.
He has not, therefore, to give up anything, nor go about seeking for anything anywhere, but it will be enough for him if he can utilise only a little from the infinite store he has inherited and apply it to his needs. And that he has begun to do and will do more and more. Is this not the real cause of this revival?
Young men of Bengal, to you I especially appeal. Brethren, we know to our shame that most of the real evils for which the foreign races abuse the Hindu nation are only owing to us. We have been the cause of bringing many undeserved calumnies on the head of the other races in India. But glory unto God, we have been fully awakened to it, and with His blessings, we will not only cleanse ourselves, but help the whole of India to attain the ideals preached in the religion eternal.
Let us wipe off first that mark which nature always puts on the forehead of a slave — the stain of jealousy. Be jealous of none. Be ready to lend a hand to every worker of good. Send a good thought for every being in the three worlds.
Let us take our stand on the one central truth in our religion — the common heritage of the Hindus, the Buddhists, and Jains alike — the spirit of man, the Atman of man, the immortal, birthless, all-pervading, eternal soul of man whose glories the Vedas cannot themselves express, before whose majesty the universe with its galaxy upon galaxy of suns and stars and nebulae is as a drop. Every man or woman, nay, from the highest Devas to the worm that crawls under our feet, is such a spirit evoluted or involuted. The difference is not in kind, but in degree.
This infinite power of the spirit, brought to bear upon matter evolves material development, made to act upon thought evolves intellectuality, and made to act upon itself makes of man a God.
First, let us be Gods, and then help others to be Gods. "Be and make." Let this be our motto. Say not man is a sinner. Tell him that he is a God. Even if there were a devil, it would be our duty to remember God always, and not the devil.
If the room is dark, the constant feeling and repeating of darkness will not take it away, but bring in the light. Let us know that all that is negative, all that is destructive, all that is mere criticism, is bound to pass away; it is the positive, the affirmative, the constructive that is immortal, that will remain for ever. Let us say, "We are" and "God is" and "We are God", "Shivoham, Shivoham", and march on. Not matter but spirit. All that has name and form is subject to all that has none. This is the eternal truth the Shrutis preach. Bring in the light; the darkness will vanish of itself. Let the lion of Vedanta roar; the foxes will fly to their holes. Throw the ideas broadcast, and let the result take care of itself. Let us put the chemicals together; the crystallization will take its own course. Bring forth the power of the spirit, and pour it over the length and breadth of India; and all that is necessary will come by itself.
Manifest the divinity within you, and everything will be harmoniously arranged around it. Remember the illustration of Indra and Virochana in the Vedas; both were taught their divinity. But the Asura, Virochana, took his body for his God. Indra, being a Deva, understood that the Atman was meant. You are the children of India. You are the descendants of the Devas. Matter can never be your God; body can never be your God.
India will be raised, not with the power of the flesh, but with the power of the spirit; not with the flag of destruction, but with the flag of peace and love, the garb of the Sannyâsin; not by the power of wealth, but by the power of the begging bowl. Say not that you are weak. The spirit is omnipotent. Look at that handful of young men called into existence by the divine touch of Ramakrishna's feet. They have preached the message from Assam to Sindh, from the Himalayas to Cape Comorin. They have crossed the Himalayas at a height of twenty thousand feet, over snow and ice on foot, and penetrated into the mysteries of Tibet. They have begged their bread, covered themselves with rags; they have been persecuted, followed by the police, kept in prison, and at last set free when the Government was convinced of their innocence.
They are now twenty. Make them two thousand tomorrow. Young men of Bengal, your country requires it. The world requires it. Call up the divinity within you, which will enable you to bear hunger and thirst, heat and cold. Sitting in luxurious homes, surrounded with all the comforts of life, and doling out a little amateur religion may be good for other lands, but India has a truer instinct. It intuitively detects the mask. You must give up. Be great. No great work can be done without sacrifice. The Purusha Himself sacrificed Himself to create this world. Lay down your comforts, your pleasures, your names, fame or position, nay even your lives, and make a bridge of human chains over which millions will cross this ocean of life. Bring all the forces of good together. Do not care under what banner you march. Do not care what be your colour — green, blue, or red — but mix up all the colours and produce that intense glow of white, the colour of love. Ours is to work. The results will take care of themselves. If any social institution stands in your way of becoming God, it will give way before the power of Spirit. I do not see into the future; nor do I care to see. But one vision I see dear as life before me: that the ancient Mother has awakened once more, sitting on Her throne rejuvenated, more glorious than ever. Proclaim Her to all the world with the voice of peace and benediction.
Yours ever in love and labour, Vivekananda.
Notes
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.