La réincarnation
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Français
De toutes les énigmes qui ont déconcerté l'intellect de l'homme sous tous les cieux et à toutes les époques, la plus complexe est l'homme lui-même. De toutes les myriades de mystères qui ont mobilisé ses énergies dans la quête de solutions depuis l'aube même de l'histoire, le plus mystérieux est sa propre nature. C'est à la fois l'énigme la plus insoluble et le problème de tous les problèmes. En tant que point de départ et réceptacle de tout ce que nous savons, sentons et faisons, il n'y a jamais eu, et il n'y aura jamais, un temps où la propre nature de l'homme cessera d'exiger sa plus haute et première attention.
Bien que poussé par la faim de cette vérité qui, de toutes les autres, a le lien le plus intime avec son existence même, bien que poussé par un désir absorbant d'un étalon intérieur par lequel mesurer l'univers extérieur, bien que poussé par la nécessité absolue et inhérente de trouver un point fixe dans un univers de changement, l'homme ait parfois saisi des poignées de poussière pour de l'or, et même lorsqu'il fut poussé par une voix plus haute que la raison ou l'intellect, il a maintes fois échoué à interpréter justement la signification véritable de la divinité intérieure — cependant il n'y eut jamais un temps depuis que la recherche commença, où quelque race, ou quelques individus, n'ait tenu haut le flambeau de la vérité. Prenant une vue partiale, superficielle et préjudiciable de l'environnement et des détails inesssentiels, parfois dégoûtés aussi par le flou de nombreuses écoles et sectes, et souvent, hélas, poussés à l'extrême opposé par les violentes superstitions du clergé organisé — il n'a pas manqué d'hommes, surtout parmi les intellects avancés, que ce soit dans les temps anciens ou modernes, qui non seulement abandonnèrent la recherche par désespoir, mais la déclarèrent vaine et inutile. Les philosophes pouvaient s'irriter et railler, et les prêtres exercer leur commerce même à la pointe de l'épée, mais la vérité ne vient qu'à ceux qui adorent à son autel pour elle-même seule, sans peur et sans mercantilisme.
La lumière vient aux individus par les efforts conscients de leur intellect ; elle vient, lentement toutefois, à la race entière par des infiltrations inconscientes. Les philosophes montrent les luttes volitionnelles des grands esprits ; l'histoire révèle le processus silencieux de perméation par lequel la vérité est absorbée par les masses.
De toutes les théories que l'homme a formulées sur lui-même, celle d'une entité de l'âme, séparée du corps et immortelle, a été la plus répandue ; et parmi ceux qui croyaient en une telle âme, la majorité des penseurs avait toujours cru aussi en sa préexistence.
À présent, la plus grande portion de la race humaine, ayant une religion organisée, y croit ; et beaucoup des meilleurs penseurs dans les pays les plus favorisés, bien que nourris dans des religions ouvertement hostiles à toute idée de préexistence de l'âme, l'ont approuvée. L'hindouisme et le bouddhisme l'ont pour fondement ; les classes éduquées parmi les anciens Égyptiens y croyaient ; les anciens Perses y parvinrent ; les philosophes grecs en firent la pierre angulaire de leur philosophie ; les Pharisiens parmi les Hébreux l'acceptèrent ; et les Soufis parmi les musulmans en reconnurent presque universellement la vérité. Il doit y avoir des circonstances particulières qui engendrent et nourrissent certaines formes de croyance parmi les nations. Il fallut des âges aux races anciennes pour parvenir à toute idée d'une partie, même du corps, survivant après la mort ; il fallut des âges de plus pour arriver à une idée rationnelle sur ce quelque chose qui persiste et vit indépendamment du corps. Ce ne fut que lorsque fut atteinte l'idée d'une entité dont la connexion avec le corps n'était que temporaire, et seulement parmi les nations qui parvinrent à une telle conclusion, que l'inévitable question se posa : Où ? D'où ?
Les anciens Hébreux ne troublèrent jamais leur sérénité en s'interrogeant sur l'âme. Pour eux, la mort mettait fin à tout. Karl Heckel dit justement : « Bien qu'il soit vrai que dans l'Ancien Testament, avant l'exil, les Hébreux distinguent un principe vital, différent du corps, qui est parfois appelé "Nephesh", ou "Ruakh", ou "Neshama", pourtant tous ces mots correspondent plutôt à l'idée de souffle qu'à celle d'esprit ou d'âme. De même dans les écrits des Juifs de Palestine, après l'exil, il n'est jamais fait mention d'une âme individuelle immortelle, mais toujours seulement d'un souffle de vie émanant de Dieu, qui, après la dissolution du corps, est réabsorbé dans le "Ruakh" Divin. »
Les anciens Égyptiens et les Chaldéens avaient des croyances particulières sur l'âme ; mais leurs idées sur cette partie vivante après la mort ne doivent pas être confondues avec celles de l'ancien Hindou, du Perse, du Grec, ou de tout autre race aryenne. Il y avait, depuis les temps les plus reculés, une large distinction entre les Âryas et les Mlechchhas non sanskritisants dans la conception de l'âme. Extérieurement, cela se manifestait par leur manière de disposer des morts — les Mlechchhas essayant pour la plupart de préserver les corps des morts soit par un enterrement soigneux soit par les processus plus élaborés de la momification, et les Aryas brûlant généralement leurs morts. Ici réside la clé d'un grand secret — le fait qu'aucune race mlechchha, qu'elle soit égyptienne, assyrienne ou babylonienne, n'est jamais parvenue à l'idée de l'âme comme entité séparée pouvant vivre indépendamment du corps, sans l'aide des Aryas, en particulier des Hindous.
Bien qu'Hérodote affirme que les Égyptiens furent les premiers à concevoir l'idée de l'immortalité de l'âme, et expose comme doctrine des Égyptiens « que l'âme après la dissolution du corps entre de nouveau et encore dans une créature qui vient à la vie ; puis, que l'âme erre à travers tous les animaux de la terre et de la mer et à travers tous les oiseaux, et finalement après trois mille ans retourne dans un corps humain », pourtant les recherches modernes en égyptologie n'ont jusqu'ici trouvé aucune trace de métempsycose dans la religion populaire égyptienne. D'autre part, les recherches les plus récentes de Maspero, A. Erman et d'autres éminents égyptologues tendent à confirmer la supposition que la doctrine de la palingénésie n'était pas originaire chez les Égyptiens.
Pour les anciens Égyptiens, l'âme n'était qu'un double, n'ayant pas d'individualité propre, et n'étant jamais capable de rompre sa connexion avec le corps. Elle ne persiste qu'aussi longtemps que le corps dure ; et si par hasard le cadavre est détruit, l'âme du défunt doit subir une seconde mort et l'anéantissement. L'âme après la mort était autorisée à errer librement de par le monde, mais retournant toujours la nuit là où était le cadavre, toujours misérable, toujours affamée et assoiffée, toujours extrêmement désireuse de jouir de la vie une fois de plus, et n'étant jamais capable de réaliser ce désir. Si une partie de son ancien corps était blessée, l'âme était aussi invariablement blessée dans sa partie correspondante. Et cette idée explique la sollicitude des anciens Égyptiens à préserver leurs morts. D'abord les déserts furent choisis comme lieu de sépulture, parce que la sécheresse de l'air ne permettait pas au corps de périr vite, accordant ainsi à l'âme du défunt un long bail d'existence. Avec le temps, l'un des dieux découvrit le processus de fabrication des momies, par lequel les dévots espéraient préserver les corps des morts de leurs ancêtres pour une durée presque infinie, assurant ainsi l'immortalité au fantôme du défunt, aussi misérable fût-il. Le regret perpétuel du monde, auquel l'âme ne peut plus prendre aucun intérêt, ne cessait de torturer le défunt. « Ô mon frère », s'exclame le disparu, « ne te prive pas de boire et de manger, de l'ivresse, de l'amour, de toute jouissance, de suivre ton désir nuit et jour ; ne mets pas la tristesse en ton cœur, car, que sont les années de l'homme sur terre ? L'Occident est une terre de sommeil et de lourdes ombres, un lieu où les habitants, une fois installés, sommeillent sous leurs formes de momies, ne s'éveillant plus jamais pour voir leurs frères ; ne reconnaissant plus leurs pères et mères, le cœur oublieux de leurs femmes et de leurs enfants. L'eau vive, que la terre donne à tous ceux qui demeurent sur elle, est pour moi stagnante et morte ; cette eau qui coule pour tous ceux qui sont sur terre, pour moi n'est que putréfaction liquide, cette eau qui est mienne. Depuis que je suis entré dans cette vallée funèbre, je ne sais plus ni où ni ce que je suis. Donnez-moi à boire de l'eau courante ... qu'on me place au bord de l'eau, le visage tourné vers le Nord, que la brise me caresse et que mon cœur se rafraîchisse de sa douleur. »
Chez les Chaldéens également, bien qu'ils ne spéculassent pas autant que les Égyptiens sur la condition de l'âme après la mort, l'âme est encore un double et est liée à son sépulcre. Eux non plus ne pouvaient concevoir un état sans ce corps physique, et attendaient une résurrection du cadavre à la vie ; et bien que la déesse Ishtar, après de grands périls et aventures, obtînt la résurrection de son berger, époux, Dumuzi, le fils d'Ea et de Damkina, « les dévots les plus pieux plaidèrent en vain de temple en temple pour la résurrection de leurs amis défunts ».
Ainsi nous constatons que les anciens Égyptiens ou Chaldéens ne purent jamais entièrement dissocier l'idée de l'âme du cadavre du défunt ou du sépulcre. L'état d'existence terrestre était le meilleur après tout ; et les défunts aspirent toujours à avoir une chance de le renouveler ; et les vivants espèrent fervemment les aider à prolonger l'existence du misérable double et font de leur mieux pour les y aider. Ce n'est pas le terreau d'où pourrait naître une connaissance plus haute de l'âme. En premier lieu, c'est grossièrement matérialiste, et même ainsi, c'est un terreau de terreur et d'angoisse. Effrayées par les puissances maléfiques presque innombrables, et dans des efforts désespérés et agonisants pour les éviter, les âmes des vivants, comme leurs idées des âmes des défunts — bien qu'elles pussent errer par le monde entier — ne purent jamais dépasser le sépulcre et le cadavre en décomposition.
Nous devons nous tourner maintenant vers une autre race pour trouver la source des idées plus hautes de l'âme, une race dont le Dieu était un Être tout miséricordieux, omniprésent, se manifestant à travers divers Devas lumineux, bienveillants et secourables, la première de toutes les races humaines à appeler son Dieu « Père » — « Oh, prends-moi par les mains comme un père prend son fils chéri » ; pour qui la vie était un espoir et non un désespoir ; dont la religion n'était pas les gémissements intermittents s'échappant des lèvres d'un homme agonisant durant les intervalles d'une vie d'excitation folle ; mais dont les idées nous parviennent embaumées de l'arôme des champs et des forêts ; dont les chants de louange — spontanés, libres, joyeux, comme les chants qui jaillissent de la gorge des oiseaux quand ils saluent ce beau monde illuminé par les premiers rayons du seigneur du jour — nous parviennent encore maintenant à travers la perspective de quatre-vingts siècles comme des appels frais du ciel ; nous nous tournons vers les anciens Aryas.
« Place-moi dans ce monde immortel, imputrescible, où est la lumière du ciel, et où resplendit un lustre éternel » ; « Rends-moi immortel dans ce royaume où demeure le fils du roi Vivasvân, où est le sanctuaire secret du ciel » ; « Rends-moi immortel dans ce royaume où l'on se meut à son gré » ; « Dans la troisième sphère du ciel le plus intime, où les mondes sont emplis de lumière, rends-moi immortel dans ce royaume de félicité » — Telles sont les prières des Aryas dans leur plus ancien document, le Rig-Véda (les Védas, les écritures sacrées les plus anciennes de l'Inde) Samhitâ. Nous trouvons aussitôt un monde entier de différence entre les idéaux mlechchha et aryen. Pour l'un, ce corps et ce monde sont tout ce qui est réel, et tout ce qui est désirable. Un peu de fluide vital qui s'envole du corps à la mort, pour ressentir torture et angoisse devant la perte des jouissances des sens, peut, espèrent-ils avec tendresse, être ramené si le corps est soigneusement conservé ; et ainsi un cadavre devint plus un objet de soin que l'homme vivant. L'autre découvrit que ce qui quittait le corps était l'homme véritable ; et lorsqu'il était séparé du corps, il jouissait d'un état de béatitude plus élevé que tout ce qu'il avait jamais goûté dans le corps. Et ils se hâtèrent d'anéantir le cadavre corrompu en le brûlant.
Ici nous trouvons le germe d'où pouvait naître une véritable idée de l'âme. C'est ici — où l'homme véritable n'était pas le corps, mais l'âme, où toute idée d'un lien inséparable entre l'homme véritable et le corps était totalement absente — qu'une noble idée de la liberté de l'âme pouvait s'élever. Et ce fut quand les Aryas pénétrèrent au-delà même du vêtement lumineux du corps dont l'âme du défunt était enveloppée, et trouvèrent sa vraie nature de principe individuel, sans forme et unitaire, que la question se posa inévitablement : D'où ?
C'est en Inde et parmi les Aryas que la doctrine de la préexistence, l'immortalité et l'individualité de l'âme vit le jour. Les recherches récentes en Égypte n'ont pas réussi à montrer la moindre trace des doctrines d'une âme indépendante et individuelle existant avant et après la phase terrestre d'existence. Certains des mystères possédaient sans doute cette idée, mais dans ceux-là elle a été rattachée à l'Inde.
« Je suis convaincu », dit Karl Heckel, « que plus nous pénétrons dans l'étude de la religion égyptienne, plus il est clairement montré que la doctrine de la métempsycose était entièrement étrangère à la religion populaire égyptienne ; et que même ce que certains mystères en possédaient n'était pas inhérent aux enseignements d'Osiris, mais dérivé de sources hindoues. » Plus tard, nous trouvons les Juifs alexandrins imprégnés de la doctrine d'une âme individuelle, et les Pharisiens du temps de Jésus, comme nous l'avons déjà dit, non seulement avaient foi en une âme individuelle, mais croyaient en sa migration à travers divers corps ; et ainsi il est facile de comprendre comment le Christ fut reconnu comme l'incarnation d'un prophète plus ancien, et Jésus lui-même affirma directement que Jean-Baptiste était le Prophète Élie revenu. « Si vous voulez le recevoir, c'est lui l'Élie qui devait venir. » — Matt. XI, 14.
Les idées d'une âme et de son individualité chez les Hébreux vinrent évidemment par les enseignements mystiques supérieurs des Égyptiens, qui à leur tour les tinrent de l'Inde. Et qu'elles soient venues par Alexandrie est significatif, car les archives bouddhistes montrent clairement l'activité missionnaire bouddhiste à Alexandrie et en Asie Mineure.
On dit que Pythagore fut le premier Grec à enseigner la doctrine de la palingénésie parmi les Hellènes. En tant que race aryenne, brûlant déjà ses morts et croyant en la doctrine d'une âme individuelle, il était facile pour les Grecs d'accepter la doctrine de la réincarnation à travers l'enseignement pythagoricien. Selon Apulée, Pythagore était venu en Inde, où il avait été instruit par les Brâhmanes.
Jusqu'ici nous avons appris que partout où l'âme était tenue pour un individu, le véritable homme, et non pas seulement une partie vivifiante du corps, la doctrine de sa préexistence en avait inévitablement découlé, et que les nations extérieurement qui croyaient en l'individualité indépendante de l'âme l'avaient presque toujours signifié en brûlant les corps des défunts. Bien que l'une des anciennes races aryennes, la perse, ait développé très tôt et sans aucune influence sémitique une méthode particulière de disposer des corps des morts, le nom même par lequel ils appellent leurs « Tours du silence » vient de la racine Dah, brûler. En bref, les races qui n'accordèrent pas beaucoup d'attention à l'analyse de leur propre nature ne dépassèrent jamais le corps matériel comme leur tout, et même lorsqu'elles furent poussées par une lumière supérieure à pénétrer au-delà, elles n'arrivèrent qu'à la conclusion que d'une manière ou d'une autre, à quelque période lointaine du temps, ce corps deviendrait incorruptible.
En revanche, la race qui consacra la meilleure part de ses énergies à l'investigation de la nature de l'homme en tant qu'être pensant — la race indo-aryenne — découvrit bientôt qu'au-delà de ce corps, au-delà même du corps lumineux auquel leurs ancêtres aspiraient, se trouve l'homme véritable, le principe, l'individu qui se revêt de ce corps, puis le rejette quand il est usé. Un tel principe a-t-il été créé ? Si création signifie quelque chose venant de rien, leur réponse est un « Non » décisif. Cette âme est sans naissance et sans mort ; ce n'est pas un composé ou une combinaison, mais un individu indépendant, et en tant que tel, elle ne peut être ni créée ni détruite. Elle ne fait que voyager à travers différents états.
Naturellement, la question se pose : Où était-elle pendant tout ce temps ? Les philosophes hindous disent : « Elle passait par différents corps dans le sens physique, ou, réellement et métaphysiquement parlant, passait par différents plans mentaux. »
Existe-t-il des preuves, en dehors des enseignements des Védas, sur lesquelles la doctrine de la réincarnation a été fondée par les philosophes hindous ? Il en existe, et nous espérons montrer plus loin qu'il y a des fondements aussi valides pour elle que pour toute autre doctrine universellement acceptée. Mais d'abord nous verrons ce que certains des plus grands penseurs européens modernes ont pensé de la réincarnation. I. H. Fichte, parlant de l'immortalité de l'âme, dit :
« Il est vrai qu'il y a une analogie dans la nature que l'on pourrait avancer pour réfuter la continuité. C'est l'argument bien connu que tout ce qui a un commencement dans le temps doit aussi périr à un moment donné ; d'où que l'existence passée prétendue de l'âme implique nécessairement sa préexistence. C'est une conclusion juste, mais au lieu d'être une objection à sa continuité, c'est plutôt un argument supplémentaire en sa faveur. En effet, il suffit de comprendre toute la signification de l'axiome métaphysico-physiologique selon lequel en réalité rien ne peut être créé ni anéanti, pour reconnaître que l'âme a dû exister avant d'être devenue visible dans un corps physique. »
Schopenhauer, dans son livre, Die Welt als Wille und Vorstellung, parlant de la palingénésie, dit :
« Ce que le sommeil est pour l'individu, la mort l'est pour la "volonté". Elle ne supporterait pas de continuer les mêmes actions et souffrances pendant toute une éternité sans gain véritable, si la mémoire et l'individualité lui étaient conservées. Elle les rejette, et c'est le Léthé, et par ce sommeil de la mort elle reparaît pourvue d'un autre intellect en tant qu'être nouveau ; un jour nouveau tente vers de nouveaux rivages. Ces naissances constamment nouvelles constituent donc la succession des rêves de vie d'une volonté qui en soi est indestructible, jusqu'à ce que, instruite et améliorée par tant de connaissances variées et successives sous une forme constamment nouvelle, elle s'abolisse et s'abroge elle-même.... Il ne faut pas négliger que même des raisons empiriques soutiennent une palingénésie de cette sorte. En fait, il existe bel et bien une connexion entre la naissance des êtres nouvellement apparus et la mort de ceux qui sont usés. Elle se manifeste dans la grande fécondité de la race humaine qui apparaît comme conséquence de maladies dévastatrices. Quand au quatorzième siècle la Peste Noire eut en grande partie dépeuplé l'Ancien Monde, une fécondité tout à fait anormale apparut parmi la race humaine, et les naissances gémellaires furent très fréquentes. La circonstance aussi était remarquable que nul des enfants nés à cette époque n'obtint son nombre complet de dents ; ainsi la nature, s'exerçant au maximum, fut avare dans les détails. Ceci est rapporté par F. Schnurrer dans sa Chronik der Seuchen, 1825. Casper, aussi, dans son Ueber die Wahrscheinliche Lebensdauer des Menschen, 1835, confirme le principe selon lequel le nombre des naissances dans une population donnée a l'influence la plus décidée sur la durée de vie et la mortalité, car celle-ci va toujours de pair avec la mortalité ; de sorte que toujours et partout les décès et les naissances augmentent et diminuent dans la même proportion, ce qu'il place hors de doute par une accumulation de preuves recueillies dans de nombreux pays et leurs diverses provinces. Et pourtant il est impossible qu'il y ait une connexion physique, causale, entre ma mort prématurée et la fécondité d'un mariage avec lequel je n'ai rien à faire, ou inversement. Ainsi ici le métaphysique apparaît indéniable, et de manière stupéfiante, comme le fondement immédiat de l'explication du physique. Chaque être nouvellement né arrive frais et joyeux dans la nouvelle existence, et en jouit comme d'un don gratuit ; mais il n'y a et ne peut y avoir rien de donné gratuitement. Sa fraîche existence est payée par la vieillesse et la mort d'une existence usée qui a péri, mais qui contenait la graine indestructible d'où la nouvelle existence a surgi ; ils sont un seul être. » Le grand philosophe anglais Hume, nihiliste qu'il fût, dit dans son essai sceptique sur l'immortalité : « La métempsycose est donc le seul système de cette sorte que la philosophie puisse écouter. » Le philosophe Lessing, avec une profonde intuition poétique, demande : « Cette hypothèse est-elle si risible simplement parce qu'elle est la plus ancienne, parce que l'entendement humain, avant que les sophismes des écoles ne l'eussent dissipé et affaibli, s'y était arrêté d'emblée ? ... Pourquoi ne reviendrais-je pas aussi souvent que je suis capable d'acquérir de nouvelles connaissances, de nouvelles expériences ? Est-ce que j'emporte tant d'une seule fois qu'il n'y a rien qui vaille la peine de revenir ? »
Les arguments pour et contre la doctrine d'une âme préexistante se réincarnant à travers de nombreuses vies ont été nombreux, et certains des plus grands penseurs de tous les âges ont relevé le défi pour la défendre ; et pour autant que nous puissions voir, s'il y a une âme individuelle, qu'elle ait existé auparavant semble inévitable. Si l'âme n'est pas un individu mais une combinaison de « Skandhas » (notions), comme insistent les Mâdhyamikas parmi les bouddhistes, ils trouvent encore la préexistence absolument nécessaire pour expliquer leur position.
L'argument montrant l'impossibilité d'une existence infinie commençant dans le temps est irréfutable, bien que des tentatives aient été faites pour le parer en faisant appel à la toute-puissance de Dieu pour faire n'importe quoi, aussi contraire à la raison que cela puisse être. Nous sommes désolés de trouver cet argument des plus fallacieux émanant de certaines des personnes les plus réfléchies.
En premier lieu, Dieu étant la cause universelle et commune de tous les phénomènes, la question était de trouver les causes naturelles de certains phénomènes dans l'âme humaine, et la théorie du Deus ex machina est, par conséquent, tout à fait hors de propos. Elle ne revient à rien de moins qu'à une confession d'ignorance. Nous pouvons donner cette réponse à toute question posée dans toute branche de la connaissance humaine et arrêter ainsi toute recherche et, par conséquent, toute connaissance. Deuxièmement, cet appel constant à la toute-puissance de Dieu n'est qu'un jeu de mots. La cause, en tant que cause, est et ne peut être connue de nous que comme suffisante pour l'effet, et rien de plus. En tant que telle, nous n'avons pas plus d'idée d'un effet infini que d'une cause toute-puissante. De plus, toutes nos idées de Dieu sont limitées ; même l'idée de cause limite notre idée de Dieu. Troisièmement, même en admettant cette position, nous ne sommes pas tenus d'accepter des théories aussi absurdes que « quelque chose venant de rien » ou « l'infini commençant dans le temps », tant que nous pouvons fournir une meilleure explication.
Un soi-disant grand argument est avancé contre l'idée de préexistence en affirmant que la majorité de l'humanité n'en est pas consciente. Pour prouver la validité de cet argument, celui qui l'offre doit prouver que la totalité de l'âme de l'homme est enfermée dans la faculté de mémoire. Si la mémoire est le critère de l'existence, alors toute cette partie de nos vies qui n'y est pas en ce moment doit être non existante, et toute personne qui dans un état de coma ou autrement perd sa mémoire doit être non existante elle aussi.
Les prémisses dont est tirée l'inférence d'une existence antérieure, et cela sur le plan de l'action consciente, telles qu'avancées par les philosophes hindous, sont principalement celles-ci :
Premièrement, comment expliquer autrement ce monde d'inégalités ? Voici un enfant né dans la province d'un Dieu juste et miséricordieux, avec toutes les circonstances propices à faire de lui un membre bon et utile de la race humaine, et peut-être au même instant et dans la même ville un autre enfant naît dans des circonstances dont chacune est contraire à ce qu'il devienne bon. Nous voyons des enfants nés pour souffrir, peut-être toute leur vie, et cela sans aucune faute de leur part. Pourquoi en est-il ainsi ? Quelle en est la cause ? De l'ignorance de qui est-ce le résultat ? Si ce n'est pas celle de l'enfant, pourquoi devrait-il souffrir pour les actes de ses parents ?
Il vaut bien mieux confesser l'ignorance que d'essayer d'esquiver la question par les attraits de jouissances futures proportionnelles au mal ici-bas, ou en invoquant des « mystères ». Non seulement la souffrance imméritée que nous impose un agent quelconque est immorale — pour ne pas dire injuste — mais même la théorie de la compensation future n'a aucun fondement. Combien parmi ceux qui sont nés dans la misère luttent vers une vie meilleure, et combien de plus succombent aux circonstances dans lesquelles ils sont placés ? Ceux qui deviennent pires et plus méchants en étant forcés de naître dans des circonstances défavorables devraient-ils être récompensés dans l'avenir pour la méchanceté de leurs vies ? Dans ce cas, plus l'homme est méchant ici-bas, meilleure sera sa part dans l'au-delà.
Il n'y a pas d'autre moyen de défendre la gloire et la liberté de l'âme humaine et de concilier les inégalités et les horreurs de ce monde qu'en plaçant tout le fardeau sur la cause légitime — nos propres actions indépendantes ou le karma (karma, la loi de causalité par laquelle les actes déterminent le destin). Non seulement cela, mais toute théorie de la création de l'âme à partir de rien mène inévitablement au fatalisme et à la prédestination, et au lieu d'un Père Miséricordieux, place devant nous un Dieu hideux, cruel et toujours en colère à adorer. Et pour ce qui est du pouvoir de la religion pour le bien ou le mal, cette théorie d'une âme créée, menant à ses corollaires de fatalisme et de prédestination, est responsable de l'horrible idée qui prévaut parmi certains chrétiens et musulmans selon laquelle les païens sont les victimes légitimes de leurs épées, et de toutes les horreurs qui en ont découlé et qui en découlent encore.
Mais un argument que les philosophes de l'école du Nyâya ont toujours avancé en faveur des réincarnations et qui nous semble concluant est celui-ci : nos expériences ne peuvent être anéanties. Nos actions (karma), bien qu'apparemment disparaissantes, demeurent encore inaperçues (Adrishta), et réapparaissent à nouveau dans leurs effets sous forme de tendances (Pravrittis). Même les petits bébés viennent avec certaines tendances — la peur de la mort, par exemple.
Or si une tendance est le résultat d'actions répétées, les tendances avec lesquelles nous naissons doivent être expliquées sur le même fondement. Évidemment nous n'avons pas pu les acquérir dans cette vie ; il nous faut donc chercher leur genèse dans le passé. Or il est aussi évident que certaines de nos tendances sont les effets des efforts de conscience de soi propres à l'homme ; et s'il est vrai que nous naissons avec de telles tendances, il en découle rigoureusement que leurs causes furent des efforts conscients dans le passé — c'est-à-dire que nous avons dû être sur le même plan mental que nous appelons le plan humain, avant cette vie présente. Pour ce qui est d'expliquer les tendances de la vie présente par des efforts conscients passés, les réincarnationnistes de l'Inde et la dernière école des évolutionnistes sont d'accord ; la seule différence est que les Hindous, en tant que spiritualistes, l'expliquent par les efforts conscients des âmes individuelles, et l'école matérialiste des évolutionnistes, par une transmission physique héréditaire. Les écoles qui soutiennent la théorie de la création à partir de rien sont entièrement hors jeu.
La question doit être tranchée entre les réincarnationnistes qui soutiennent que toutes les expériences sont emmagasinées sous forme de tendances dans le sujet de ces expériences, l'âme individuelle, et sont transmises par la réincarnation de cette individualité ininterrompue — et les matérialistes qui soutiennent que le cerveau est le sujet de toutes les actions et la théorie de la transmission par les cellules.
C'est ainsi que la doctrine de la réincarnation prend une importance infinie pour notre esprit, car le combat entre la réincarnation et la simple transmission cellulaire est, en réalité, le combat entre le spiritualisme et le matérialisme. Si la transmission cellulaire est l'explication pleinement suffisante, le matérialisme est inévitable, et il n'y a pas de nécessité pour la théorie d'une âme. Si elle n'est pas une explication suffisante, la théorie d'une âme individuelle apportant dans cette vie les expériences du passé est tout aussi absolument vraie. Il n'y a pas d'échappatoire à cette alternative : la réincarnation ou le matérialisme. Laquelle accepterons-nous ?
Notes
English
Of the many riddles that have perplexed the intellect of man in all climes and times, the most intricate is himself. Of the myriad mysteries that have called forth his energies to struggle for solution from the very dawn of history, the most mysterious is his own nature. It is at once the most insoluble enigma and the problem of all problems. As the starting-point and the repository of all we know and feel and do, there never has been, nor will be, a time when man's own nature will cease to demand his best and foremost attention.
Though through hunger after that truth, which of all others has the most intimate connection with his very existence, though through an all-absorbing desire for an inward standard by which to measure the outward universe though through the absolute and inherent necessity of finding a fixed point in a universe of change, man has sometimes clutched at handfuls of dust for gold, and even when urged on by a voice higher than reason or intellect, he has many times failed rightly to interpret the real meaning of the divinity within — still there never was a time since the search began, when some race, or some individuals, did not hold aloft the lamp of truth.
Taking a one-sided, cursory and prejudiced view of the surroundings and the unessential details, sometimes disgusted also with the vagueness of many schools and sects, and often, alas, driven to the opposite extreme by the violent superstitions of organised priestcraft — men have not been wanting, especially among advanced intellects, in either ancient or modern times, who not only gave up the search in despair, but declared it fruitless and useless. Philosophers might fret and sneer, and priests ply their trade even at the point of the sword, but truth comes to those alone who worship at her shrine for her sake only, without fear and without shopkeeping.
Light comes to individuals through the conscious efforts of their intellect; it comes, slowly though, to the whole race through unconscious percolations. The philosophers show the volitional struggles of great minds; history reveals the silent process of permeation through which truth is absorbed by the masses.
Of all the theories that have been held by man about himself, that of a soul entity, separate from the body and immortal, has been the most widespread; and among those that held the belief in such a soul, the majority of the thoughtful had always believed also in its pre-existence.
At present the greater portion of the human race, having organised religion, believe in it; and many of the best thinkers in the most favoured lands, though nurtured in religions avowedly hostile to every idea of the preexistence of the soul, have endorsed it. Hinduism and Buddhism have it for their foundation; the educated classes among the ancient Egyptians believed in it; the ancient Persians arrived at it; the Greek philosophers made it the corner-stone of their philosophy; the Pharisees among the Hebrews accepted it; and the Sufis among the Mohammedans almost universally acknowledged its truth.
There must be peculiar surroundings which generate and foster certain forms of belief among nations. It required ages for the ancient races to arrive at any idea about a part, even of the body, surviving after death; it took ages more to come to any rational idea about this something which persists and lives apart from the body. It was only when the idea was reached of an entity whose connection with the body was only for a time, and only among those nations who arrived at such a conclusion, that the unavoidable question arose: Whither? Whence?
The ancient Hebrews never disturbed their equanimity by questioning themselves about the soul. With them death ended all. Karl Heckel justly says, "Though it is true that in the Old Testament, preceding the exile, the Hebrews distinguish a life-principle, different from the body, which is sometimes called 'Nephesh', or 'Ruakh', or 'Neshama', yet all these words correspond rather to the idea of breath than to that of spirit or soul. Also in the writings of the Palestinean Jews, after the exile, there is never made mention of an individual immortal soul, but always only of a life-breath emanating from God, which, after the body is dissolved, is reabsorbed into the Divine 'Ruakh'."
The ancient Egyptians and the Chaldeans had peculiar beliefs of their own about the soul; but their ideas about this living part after death must not be confused with those of the ancient Hindu, the Persian, the Greek, or any other Aryan race. There was, from the earliest times, a broad distinction between the Âryas and the non-Sanskrit speaking Mlechchhas in the conception of the soul. Externally it was typified by their disposal of the dead — the Mlechchhas mostly trying their best to preserve the dead bodies either by careful burial or by the more elaborate processes of mummifying, and the Aryas generally burning their dead.
Herein lies the key to a great secret — the fact that no Mlechchha race, whether Egyptian, Assyrian, or Babylonian, ever attained to the idea of the soul as a separate entity which can live independent of the body, without the help of the Aryas, especially of the Hindus.
Although Herodotus states that the Egyptians were the first to conceive the idea of the immortality of the soul, and states as a doctrine of the Egyptians "that the soul after the dissolution of the body enters again and again into a creature that comes to life; then, that the soul wanders through all the animals of the land and the sea and through all the birds, and finally after three thousand years returns to a human body," yet, modern researches into Egyptology have hitherto found no trace of metempsychosis in the popular Egyptian religion. On the other hand, the most recent researches of Maspero, A. Erman, and other eminent Egyptologists tend to confirm the supposition that the doctrine of palingenesis was not at home with the Egyptians.
With the ancient Egyptians the soul was only a double, having no individuality of its own, and never able to break its connection with the body. It persists only so long as the body lasts; and if by chance the corpse is destroyed, the departed soul must suffer a second death and annihilation. The soul after death was allowed to roam freely all over the world, but always returning at night to where the corpse was, always miserable, always hungry and thirsty, always extremely desirous to enjoy life once more, and never being able to fulfil the desire. If any part of its old body was injured, the soul was also invariably injured in its corresponding part. And this idea explains the solicitude of the ancient Egyptians to preserve their dead. At first the deserts were chosen as the burial-place, because the dryness of the air did not allow the body to perish soon, thus granting to the departed soul a long lease of existence. In course of time one of the gods discovered the process of making mummies, through which the devout hoped to preserve the dead bodies of their ancestors for almost an infinite length of time, thus securing immortality to the departed ghost, however miserable it might be.
The perpetual regret for the world, in which the soul can take no further interest, never ceased to torture the deceased. "O. my brother," exclaims the departed "withhold not thyself from drinking and eating, from drunkenness, from love, from all enjoyment, from following thy desire by night and by day; put not sorrow within thy heart, for, what are the years of man upon earth? The West is a land of sleep and of heavy shadows, a place wherein the inhabitants, when once installed, slumber on in their mummy forms, never more waking to see their brethren; never more to recognise their fathers and mothers, with hearts forgetful of their wives and children The living water, which earth giveth to all who dwell upon it, is for me stagnant and dead; that water floweth to all who are on earth, while for me it is but liquid putrefaction, this water that is mine. Since I came into this funeral valley I know not where nor what I am. Give me to drink of running water . . . let me be placed by the edge of the water with my face to the North, that the breeze may caress me and my heart be refreshed from its sorrow."
Among the Chaldeans also, although they did not speculate so much as the Egyptians as to the condition of the soul after death, the soul is still a double and is bound to its sepulchre. They also could not conceive of a state without this physical body, and expected a resurrection of the corpse again to life; and though the goddess Ishtar, after great perils and adventures, procured the resurrection of her shepherd, husband, Dumuzi, the son of Ea and Damkina, "The most pious votaries pleaded in rain from temple to temple, for the resurrection of their dead friends."
Thus we find, that the ancient Egyptians or Chaldeans never could entirely dissociate the idea of the soul from the corpse of the departed or the sepulchre. The state of earthly existence was best after all; and the departed are always longing to have a chance once more to renew it; and the living are fervently hoping to help them in prolonging the existence of the miserable double and striving the best they can to help them.
This is not the soil out of which any higher knowledge of the soul could spring. In the first place it is grossly materialistic, and even then it is one of terror and agony. Frightened by the almost innumerable powers of evil, and with hopeless, agonised efforts to avoid them, the souls of the living, like their ideas of the souls of the departed — wander all over the world though they might — could never get beyond the sepulchre and the crumbling corpse.
We must turn now for the source of the higher ideas of the soul to another race, whose God was an all-merciful, all-pervading Being manifesting Himself through various bright, benign, and helpful Devas, the first of all the human race who addressed their God as Father "Oh, take me by the hands even as a father takes his dear son"; with whom life was a hope and not a despair; whose religion was not the intermittent groans escaping from the lips of an agonised man during the intervals of a life of mad excitement; but whose ideas come to us redolent with the aroma of the field and forest; whose songs of praise — spontaneous, free, joyful, like the songs which burst forth from the throats of the birds when they hail this beautiful world illuminated by the first rays of the lord of the day — come down to us even now through the vista of eighty centuries as fresh calls from heaven; we turn to the ancient Aryas.
"Place me in that deathless, undecaying world where is the light of heaven, and everlasting lustre shines"; "Make me immortal in that realm where dwells the King Vivasvân's son, where is the secret shrine of heaven"; "Make me immortal in that realm where they move even as they list"; "In the third sphere of inmost heaven, where worlds are full of light, make me immortal in that realm of bliss"— These are the prayers of the Aryas in their oldest record, the Rig-Veda Samhitâ.
We find at once a whole world of difference between the Mlechchha and the Aryan ideals. To the one, this body and this world are all that are real, and all that are desirable. A little life-fluid which flies off from the body at death, to feel torture and agony at the loss of the enjoyments of the senses, can, they fondly hope, be brought back if the body is carefully preserved; and thus a corpse became more an object of care than the living man. The other found out that, that which left the body was the real man; and when separated from the body, it enjoyed a state of bliss higher than it ever enjoyed when in the body. And they hastened to annihilate the corrupted corpse by burning it.
Here we find the germ out of which a true idea of the soul could come. Here it was — where the real man was not the body, but the soul, where all ideas of an inseparable connection between the real man and the body were utterly absent — that a noble idea of the freedom of the soul could rise. And it was when the Aryas penetrated even beyond the shining cloth of the body with which the departed soul was enveloped, and found its real nature of a formless, individual, unit principle, that the question inevitably arose: Whence?
It was in India and among the Aryas that the doctrine of the pre-existence, the immortality, and the individuality of the soul first arose. Recent researches in Egypt have failed to show any trace of the doctrines of an independent and individual soul existing before and after the earthly phase of existence. Some of the mysteries were no doubt in possession of this idea, but in those it has been traced to India.
"I am convinced", says Karl Heckel, "that the deeper we enter into the study of the Egyptian religion, the clearer it is shown that the doctrine of metempsychosis was entirely foreign to the popular Egyptian religion; and that even that which single mysteries possessed of it was not inherent to the Osiris teachings, but derived from Hindu sources."
Later on, we find the Alexandrian Jews imbued with the doctrine of an individual soul, and the Pharisees of the time of Jesus, as already stated, not only had faith in an individual soul, but believed in its wandering through various bodies; and thus it is easy to find how Christ was recognised as the incarnation of an older Prophet, and Jesus himself directly asserted that John the Baptist was the Prophet Elias come back again. "If ye will receive it, this is Elias, which was for to come." — Matt. XI. 14.
The ideas of a soul and of its individuality among the Hebrews, evidently came through the higher mystical teachings of the Egyptians, who in their turn derived it from India. And that it should come through Alexandria is significant, as the Buddhistic records clearly show Buddhistic missionary activity in Alexandria and Asia Minor.
Pythagoras is said to have been the first Greek who taught the doctrine of palingenesis among the Hellenes. As an Aryan race, already burning their dead and believing in the doctrine of an individual soul, it was easy for the Greeks to accept the doctrine of reincarnation through the Pythagorean teachings. According to Apuleius, Pythagoras had come to India, where he had been instructed by the Brâhmins.
So far we have learnt that wherever the soul was held to be an individual, the real man, and not a vivifying part of the body only, the doctrine of its pre-existence had inevitably come, and that externally those nations that believed in the independent individuality of the soul had almost always signified it by burning the bodies of the departed. Though one of the ancient Aryan races, the Persian, developed at an early period and without any; Semitic influence a peculiar method of disposing of the bodies of the dead, the very name by which they call their "Towers of silence", comes from the root Dah, to burn.
In short, the races who did not pay much attention to the analysis of their own nature, never went beyond the material body as their all in all, and even when driven by higher light to penetrate beyond, they only came to the conclusion that somehow or other, at some distant period of time, this body will become incorruptible.
On the other hand, that race which spent the best part of its energies in the inquiry into the nature of man as a thinking being — the Indo-Aryan — soon found out that beyond this body, beyond even the shining body which their forefathers longed after, is the real man, the principle, the individual who clothes himself with this body, and then throws it off when worn out. Was such a principle created? If creation means something coming out of nothing, their answer is a decisive "No". This soul is without birth and without death; it is not a compound or combination but an independent individual, and as such it cannot be created or destroyed. It is only travelling through various states.
Naturally, the question arises: Where was it all this time? The Hindu philosophers say, "It was passing through different bodies in the physical sense, or, really and metaphysically speaking, passing through different mental planes."
Are there any proofs apart from the teachings of the Vedas upon which the doctrine of reincarnation has been founded by the Hindu philosophers? There are, and we hope to show later on that there are grounds as valid for it as for any other universally accepted doctrine. But first we will see what some of the greatest of modern European thinkers have thought about reincarnation.
I. H. Fichte, speaking about the immortality of the soul, says:
"It is true there is one analogy in nature which might be brought forth in refutation of the continuance. It is the well-known argument that everything that has a beginning in time must also perish at some period of time; hence, that the claimed past existence of the soul necessarily implies its pre-existence. This is a fair conclusion, but instead of being an objection to, it is rather an additional argument for its continuance. Indeed, one needs only to understand the full meaning of the metaphysico-physiological axiom that in reality nothing can be created or annihilated, to recognise that the soul must have existed prior to its becoming visible in a physical body."
Schopenhauer, in his book, Die Welt als Wille und Vorstellung, speaking about palingenesis, says:
"What sleep is for the individual, death is for the 'will'. It would not endure to continue the same actions and sufferings throughout an eternity without true gain, if memory and individuality remained to it. It flings them off, and this is Lethe, and through this sleep of death it reappears fitted out with another intellect as a new being; a new day tempts to new shores. These constant new births, then, constitute the succession of the life-dreams of a will which in itself is indestructible, until instructed and improved by so much and such various successive knowledge in a constantly new form, it abolishes and abrogates itself.... It must not be neglected that even empirical grounds support a palingenesis of this kind. As a matter of fact, there does exist a connection between the birth of the newly appearing beings and the death of those that are worn out. It shows itself in the great fruitfulness of the human race which appears as a consequence of devastating diseases. When in the fourteenth century the Black Death had for the most part depopulated the Old World, a quite abnormal fruitfulness appeared among the human race, and twin-births were very frequent. The circumstance was also remarkable that none of the children born at this time obtained their full number of teeth; thus nature, exerting itself to the utmost, was niggardly in details. This is related by F. Schnurrer in his Chronik der Seuchen, 1825. Casper, also, in his Ueber die Wahrscheinliche Lebensdauer des Menschen, 1835, confirms the principle that the number of births in a given population has the most decided influence upon the length of life and mortality in it, as this always keeps pace with mortality; so that always and everywhere the deaths and the births increase and decrease in like proportion, which he places beyond doubt by an accumulation of evidence collected from many lands and their various provinces. And yet it is impossible that there can be physical, causal connection between my early death and the fruitfulness of a marriage with which I have nothing to do, or conversely. Thus here the metaphysical appears undeniable, and in a stupendous manner, as the immediate ground of explanation of the physical. Every new-born being comes fresh and blithe into the new existence, and enjoys it as a free gift; but there is and can be nothing freely given. Its fresh existence is paid for by the old age and death of a worn-out existence which has perished, but which contained the indestructible seed out of which the new existence has arisen; they are one being."
The great English philosopher Hume, nihilistic though he was, says in the sceptical essay on immortality, "The metempsychosis is therefore the only system of this kind that philosophy can listen to." The philosopher Lessing, with a deep poetical insight, asks, "Is this hypothesis so laughable merely because it is the oldest, because the human understanding, before the sophistries of the schools had dissipated and debilitated it, lighted upon it at once? . . . Why should not I come back as often as I am capable of acquiring fresh knowledge, fresh experience? Do I bring away so much from once that there is nothing to repay the trouble of coming back?"
The arguments for and against the doctrine of a preexisting soul reincarnating through many lives have been many, and some of the greatest thinkers of all ages have taken up the gauntlet to defend it; and so far as we can see, if there is an individual soul, that it existed before seems inevitable. If the soul is not an individual but a combination of "Skandhas" (notions), as the Mâdhyamikas among the Buddhists insist, still they find pre-existence absolutely necessary to explain their position.
The argument showing the impossibility of an infinite existence beginning in time is unanswerable, though attempts have been made to ward it off by appealing to the omnipotence of God to do anything, however contrary to reason it may be. We are sorry to find this most fallacious argument proceeding from some of the most thoughtful persons.
In the first place, God being the universal and common cause of all phenomena, the question was to find the natural causes of certain phenomena in the human soul, and the Deus ex machina theory is, therefore, quite irrelevant. It amounts to nothing less than confession of ignorance. We can give that answer to every question asked in every branch of human knowledge and stop all inquiry and, therefore, knowledge altogether.
Secondly, this constant appeal to the omnipotence of God is only a word-puzzle. The cause, as cause, is and can only be known to us as sufficient for the effect, and nothing more. As such we have no more idea of an infinite effect than of an omnipotent cause. Moreover, all our ideas of God are only limited; even the idea of cause limits our idea of God. Thirdly, even taking the position for granted, we are not bound to allow any such absurd theories as "Something coming out of nothing", or "Infinity beginning in time", so long as we can give a better explanation.
A so-called great argument is made against the idea of pre-existence by asserting that the majority of mankind are not conscious of it. To prove the validity of this argument, the party who offers it must prove that the whole of the soul of man is bound up in the faculty of memory. If memory be the test of existence, then all that part of our lives which is not now in it must be non-existent, and every, person who in a state of coma or otherwise loses his memory must be non-existent also.
The premises from which the inference is drawn of a previous existence, and that too on the plane of conscious' action, as adduced by the Hindu philosophers, are chiefly these:
First, how else to explain this world of inequalities? Here is one child born in the province of a just and merciful God, with every circumstance conducing to his becoming a good and useful member of the human race, and perhaps at the same instant and in the same city another child is born under circumstances every one of which is against his becoming good. We see children born to suffer, perhaps all their lives, and that owing to no fault of theirs. Why should it be so? What is the cause? Of whose ignorance is it the result? If not the child's, why should it suffer for its parents' actions?
It is much better to confess ignorance than to try to evade the question by the allurements of future enjoyments in proportion to the evil here, or by posing "mysteries". Not only undeserved suffering forced upon us by any agent is immoral — not to say unjust — but even the future-makingup theory has no legs to stand upon.
How many of the miserably born struggle towards a higher life, and how many more succumb to the circumstances they are placed under? Should those who grow worse and more wicked by being forced to be born under evil circumstances be rewarded in the future for the wickedness of their lives? In that case the more wicked the man is here, the better will be his deserts hereafter.
There is no other way to vindicate the glory and the liberty of the human soul and reconcile the inequalities and the horrors of this world than by placing the whole burden upon the legitimate cause — our own independent actions or Karma. Not only so, but every theory of the creation of the soul from nothing inevitably leads to fatalism and preordination, and instead of a Merciful Father, places before us a hideous, cruel, and an ever-angry God to worship. And so far as the power of religion for good or evil is concerned, this theory of a created soul, leading to its corollaries of fatalism and predestination, is responsible for the horrible idea prevailing among some Christians and Mohammedans that the heathens are the lawful victims of their swords, and all the horrors that have followed and are following it still.
But an argument which the philosophers of the Nyâya school have always advanced in favour of reincarnations and which to us seems conclusive, is this: Our experiences cannot be annihilated. Our actions (Karma) though apparently disappearing, remain still unperceived (Adrishta), and reappear again in their effect as tendencies (Pravrittis). Even little babies come with certain tendencies — fear of death, for example.
Now if a tendency is the result of repeated actions, the tendencies with which we are born must be explained on that ground too. Evidently we could not have got them in this life; therefore we must have to seek for their genesis in the past. Now it is also evident that some of our tendencies are the effects of the self-conscious efforts peculiar to man; and if it is true that we are born with such tendencies, it rigorously follows that their causes were conscious efforts in the past — that is, we must have been on the same mental plane which we call the human plane, before this present life.
So far as explaining the tendencies of the present life by past conscious efforts goes, the reincarnationists of India and the latest school of evolutionists are at once; the only difference is that the Hindus, as spiritualists, explain it by the conscious efforts of individual souls, and the materialistic school of evolutionists, by a hereditary physical transmission. The schools which hold to the theory of creation out of nothing are entirely out of court.
The issue has to be fought out between the reincarnationists who hold that all experiences are stored up as; tendencies in the subject of those experiences, the individual soul, and are transmitted by reincarnation of that unbroken individuality — and the materialists who hold that the brain is the subject of all actions and the theory of the transmission through cells.
It is thus that the doctrine of reincarnation assumes an infinite importance to our mind, for the fight between reincarnation and mere cellular transmission is, in reality, the fight between spiritualism and materialism. If cellular transmission is the all-sufficient explanation, materialism is inevitable, and there is no necessity for the theory of a soul. If it is not a sufficient explanation, the theory of an individual soul bringing into this life the experiences of the past is as absolutely true. There is no escape from the alternative, reincarnation or materialism. Which shall we accept?
Notes
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.