Ramakrishna, sa vie et ses paroles
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Français
RAMAKRISHNA : SA VIE ET SES PAROLES
Parmi les sanskritistes de l'Occident, le Professeur Max Müller occupe la première place. Le Rig-Véda Samhitâ (la plus ancienne des quatre collections de textes sacrés hindous), dont personne ne pouvait auparavant prendre connaissance dans son intégralité, est maintenant imprimé avec le plus grand soin et rendu accessible au public, grâce à la générosité munificente de la Compagnie des Indes orientales et aux prodigieux travaux du Professeur, poursuivis durant de longues années. Les caractères alphabétiques de la plupart des manuscrits, recueillis en différentes régions de l'Inde, sont de formes variées, et nombre de mots y sont inexacts. Nous ne pouvons aisément comprendre combien il est difficile pour un étranger, si savant soit-il, de déterminer l'exactitude ou l'inexactitude de ces caractères sanskrits, et plus encore de démêler clairement le sens d'un commentaire extrêmement condensé et compliqué. Dans la vie du Professeur Max Müller, la publication du Rig-Véda est un événement considérable. En outre, il a pour ainsi dire vécu et passé toute sa vie au milieu de l'ancienne littérature sanskrite ; mais il ne s'ensuit pas pour autant que, dans l'imagination du Professeur, l'Inde résonne encore comme jadis des hymnes védiques, avec son ciel obscurci par la fumée sacrificielle, avec maints Vasishtha, Vishvâmitra, Janaka et Yâjnavalkya, avec chacun de ses foyers embellis par une Gârgi ou une Maitreyi et elle-même guidée par les règles védiques ou les canons du Grihya-Sûtra (les traités domestiques régissant les rites du foyer).
Le Professeur, d'un œil toujours vigilant, se tient bien informé des événements nouveaux qui surviennent même dans les recoins les plus reculés de l'Inde moderne, à demi-morte qu'elle est, foulée sous les pieds de l'étranger professant une religion étrangère, et presque entièrement dépouillée de ses manières, rites et coutumes antiques. Comme les pieds du Professeur n'ont jamais touché ces rivages, maints Anglo-Indiens affichent un pur mépris pour ses opinions sur les coutumes, les mœurs et les codes moraux du peuple indien. Mais ils devraient savoir que, même après leur séjour de toute une vie, ou même s'ils étaient nés et avaient grandi dans ce pays, à l'exception de certaines informations particulières qu'ils peuvent obtenir sur la couche de société avec laquelle ils sont en contact direct, les autorités anglo-indiennes restent dans une parfaite ignorance à l'égard des autres classes de la population ; et d'autant plus que, dans cette vaste société divisée en tant de castes, il est même très difficile aux membres d'une caste de bien connaître les mœurs et les particularités d'une autre.
Il y a quelque temps, dans un livre intitulé Résidence en Inde, écrit par un officier anglo-indien bien connu, je suis tombé sur un chapitre intitulé « Secrets du zénana indigène ». Peut-être à cause de ce vif désir présent en tout cœur humain de connaître les secrets, j'ai lu le chapitre, pour découvrir que cet éminent auteur anglo-indien est entièrement résolu à satisfaire l'intense curiosité de ses compatriotes quant au mystère de la vie d'un indigène, en décrivant une affaire d'amour qui aurait eu lieu entre son balayeur, la femme du balayeur et l'amant de celle-ci ! Et à en juger par l'accueil chaleureux réservé au livre par la communauté anglo-indienne, il semble que l'objectif de l'auteur ait été atteint et qu'il se sente pleinement satisfait de son œuvre. « Bon vent à vous, chers amis ! » — Que dire d'autre ? Le Seigneur a bien dit dans la Gîtâ (le « Chant du Bienheureux », dialogue sacré entre Krishna et le guerrier Arjuna) :
« En méditant sur les objets des sens, l'homme s'y attache. De l'attachement naît le désir, et du désir naît la colère. »
Laissons ces choses hors de propos. Pour revenir à notre sujet : après tout, l'on s'émerveille de la connaissance que le Professeur Max Müller a des coutumes sociales et des codes législatifs, ainsi que des événements contemporains dans les diverses provinces de l'Inde actuelle ; nos propres expériences personnelles en témoignent.
En particulier, le Professeur observe d'un œil perçant quelles nouvelles vagues religieuses s'élèvent dans les différentes régions de l'Inde, et n'épargne aucun effort pour que le monde occidental ne reste pas dans l'ignorance à leur sujet. Le Brâhmo Samâj (société réformiste hindoue fondée en 1828) guidé par Debendranâth Tagore et Keshab Chandra Sen, l'Ârya Samâj (mouvement réformiste fondé en 1875) établi par Swami Dayânanda Sarasvatî, et le mouvement théosophique — tous sont passés sous l'éloge ou la critique de sa plume. Frappé par les paroles et les enseignements de Shrî Râmakrishna publiés dans deux journaux bien établis, le Brahmavâdin et le Prabuddha Bhârata, et lisant ce que le prédicateur brahmo, M. Pratâp Chandra Mazumdâr, avait écrit sur Shrî Râmakrishna, il fut attiré par la vie du sage. Il y a quelque temps, une brève esquisse de la vie de Shrî Râmakrishna parut également dans la revue mensuelle anglaise bien connue, The Imperial and Asiatic Quarterly Review, due à la plume de M. C. H. Tawney, M.A., l'éminent bibliothécaire de l'India House. Rassemblant une bonne quantité d'informations provenant de Madras et de Calcutta, le Professeur discuta de la vie et des enseignements de Shrî Râmakrishna dans un court article paru dans la principale revue mensuelle anglaise, The Nineteenth Century. Il y exprima le sentiment que ce nouveau sage avait aisément gagné son cœur par l'originalité de ses pensées, formulées dans un langage neuf et imprégnées d'une force spirituelle nouvelle qu'il insuffla à l'Inde à une époque où celle-ci ne faisait plus que répéter les pensées de ses sages anciens depuis plusieurs siècles, ou, comme dans les temps récents, celles des savants occidentaux. Lui, le Professeur, avait souvent lu la littérature religieuse de l'Inde et s'était ainsi bien familiarisé avec les récits de vie de nombre de ses anciens sages et saints ; mais était-il possible d'espérer de telles vies encore en cette époque, dans cette Inde des temps modernes ? La vie de Râmakrishna apportait une réponse affirmative à cette question. Et elle insuffla une vie nouvelle, en arrosant pour ainsi dire d'eau la racine du lierre de l'espérance quant à la future grandeur et au progrès de l'Inde, dans le cœur de ce savant magnanime dont toute la vie lui a été dédiée.
Il y a en Occident certaines grandes âmes qui désirent sincèrement le bien de l'Inde, mais nous ne savons si l'Europe peut désigner un autre ami de l'Inde qui ressente davantage pour son bien-être que le Professeur Max Müller. Non seulement Max Müller est un ami de l'Inde, mais il a aussi une foi solide dans la philosophie et la religion indiennes. Que l'Advaïtisme (la non-dualité, doctrine philosophique affirmant l'unité de l'Être) soit la plus haute découverte dans le domaine de la religion, le Professeur l'a publiquement reconnu à maintes reprises. La doctrine de la réincarnation, qui est une terreur pour le chrétien ayant identifié l'âme au corps, il y croit fermement, ayant trouvé des preuves concluantes dans sa propre expérience personnelle. Et qui plus est, peut-être sa naissance précédente eut-elle lieu en Inde ; et de peur qu'en venant en Inde, cette vieille charpente ne s'effondre sous l'assaut violent d'une masse de souvenirs passés soudainement éveillée — telle est la crainte dans son esprit qui s'oppose en premier lieu à sa visite dans ce pays. Pourtant, en tant qu'homme du monde, quel qu'il soit, il doit prendre en compte tous les aspects et se conduire en conséquence. Quand, après un abandon complet de tous les intérêts mondains, même le Sannyâsin (le moine renonçant), en accomplissant des pratiques qu'il sait être les plus pures en elles-mêmes, est vu frissonner de crainte devant l'opinion publique, simplement parce qu'elles sont désapprouvées par les gens parmi lesquels il vit ; quand le souci de gagner un nom, la célébrité et une haute position, et la peur de les perdre, règlent les actions même du plus grand ascète, bien qu'il puisse verbalement dénoncer de telles considérations comme les plus viles et les plus détestables — quoi d'étonnant alors que l'homme du monde, universellement honoré et toujours soucieux de ne pas encourir le déplaisir de la société, doive être très prudent en exprimant les opinions qu'il chérit en son for intérieur. Il n'est pas vrai que le Professeur soit un incrédule absolu en des sujets aussi subtils que les mystérieux pouvoirs psychiques des Yogis (praticiens du Yoga).
Il n'y a pas beaucoup d'années que le Professeur Max Müller « se sentit appelé à dire quelques mots sur certains mouvements religieux qui se déroulent actuellement en Inde » — « qui a été souvent et non sans justice appelée un pays de philosophes » — et qui lui semblaient « avoir été grandement déformés et mal compris chez nous ». Afin de dissiper de telles méprises et de protester contre « les récits extravagants et exagérés de saints et de sages vivant et enseignant actuellement en Inde, qui avaient été publiés et répandus à profusion dans les journaux indiens, américains et anglais » ; et « de montrer en même temps que derrière des noms aussi étranges que la Théosophie indienne et le Bouddhisme ésotérique, et tout le reste, il y avait quelque chose de réel, quelque chose digne d'être connu » — ou en d'autres termes, pour indiquer à la partie réfléchie de l'Europe que l'Inde n'était pas un pays habité seulement par « une toute nouvelle race d'êtres humains ayant traversé les exercices ascétiques les plus terribles », pour exercer une profession lucrative en acquérant ainsi le pouvoir d'accomplir de « très sots miracles » tels que voler dans les airs comme les oiseaux, marcher sur l'eau ou vivre sous l'eau comme des poissons, guérir toutes sortes de maladies par des incantations, et, à l'aide d'arts occultes, fabriquer de l'or, de l'argent ou du diamant à partir de matières viles, ou par le pouvoir des Siddhis (pouvoirs surnaturels obtenus par la discipline spirituelle) accorder des fils robustes aux familles riches — mais que des hommes qui avaient véritablement réalisé dans leur vie de grandes vérités transcendantales, qui étaient de vrais connaisseurs de Brahman (l'Absolu), de véritables Yogis, de vrais dévots de Dieu, ne firent jamais défaut en Inde : et, par-dessus tout, pour montrer que la population aryenne entière de l'Inde n'était pas encore tombée si bas qu'elle fût au même niveau que la création brute, que, rejetant ces derniers — les dieux vivants en forme humaine —, « hauts et bas » étaient, jour et nuit, occupés à lécher les pieds des jongleurs mentionnés en premier, exécuteurs de sots tours — le Professeur Max Müller présenta la vie de Shrî Râmakrishna au public savant européen, dans un article intitulé « Un vrai Mahâtman » (littéralement, « Grande Âme »), qui parut dans The Nineteenth Century en son numéro d'août 1896.
Les gens instruits d'Europe et d'Amérique lurent l'article avec un grand intérêt et beaucoup furent attirés vers son sujet, Shrî Râmakrishna Deva, avec pour résultat que les idées fausses de l'Occident civilisé sur l'Inde comme un pays peuplé d'une race nue, infanticide, ignorante, lâche, cannibale et à peine éloignée des bêtes, qui brûlait de force ses veuves et était plongée dans toutes sortes de péchés et de ténèbres — à la formation desquelles les missionnaires chrétiens et, j'ai autant de honte que de douleur à le confesser, certains de mes propres compatriotes aussi ont été les principaux artisans — commencèrent à se corriger. Le voile de ténébreuse ignorance qui avait été étendu sur les yeux du peuple occidental par les efforts acharnés de ces deux corps d'hommes se déchirait lentement, lentement. « Le pays qui a produit un grand maître universel comme Shrî Bhagavân Râmakrishna Deva peut-il être vraiment rempli de telles abominations qu'on nous a demandé de croire, ou avons-nous été dupés depuis le début par des corps organisés de fauteurs de trouble intéressés, et maintenus dans une complète obscurité et une complète erreur sur la véritable Inde ? » — Telle est la question qui se pose naturellement à l'esprit occidental.
Lorsque le Professeur Max Müller, qui occupe en Occident le premier rang dans le domaine de la religion, de la philosophie et de la littérature indiennes, publia avec un cœur dévoué une brève esquisse de la vie de Shrî Râmakrishna dans The Nineteenth Century au bénéfice des Européens et des Américains, il est inutile de dire qu'un amer sentiment de rancune brûlante apparut parmi les deux catégories de personnes mentionnées plus haut.
Par une représentation erronée des dieux et des déesses hindous, les missionnaires chrétiens s'efforçaient de tout leur cœur et de toute leur âme de prouver que des hommes véritablement religieux ne pouvaient jamais naître parmi leurs adorateurs ; mais tel un fétu de paille devant un raz-de-marée, cette tentative fut balayée ; tandis que cette catégorie de nos compatriotes à laquelle nous avons fait allusion plus haut, qui s'appliquait à trouver les moyens d'éteindre le grand feu de la puissance de Shrî Râmakrishna en rapide expansion, voyant tous ses efforts vains, a cédé au désespoir. Que peut la volonté humaine contre la volonté divine ?
Bien entendu, des deux côtés, des salves incessantes de violentes attaques furent dirigées contre la tête dévouée du vénérable Professeur ; le vieux vétéran, cependant, n'était pas homme à tourner le dos. Il avait triomphé maintes fois en des combats semblables. Cette fois encore, il a passé l'épreuve avec la même aisance. Et pour faire cesser les vaines clameurs de ses adversaires inférieurs, il a publié, à titre d'avertissement à leur intention, le livre Ramakrishna : sa vie et ses paroles, dans lequel il a rassemblé des informations plus complètes et donné un compte rendu plus détaillé de sa vie et de ses propos, afin que le public lecteur puisse acquérir une meilleure connaissance de ce grand sage et de ses idées religieuses — le sage « qui a récemment acquis une célébrité considérable tant en Inde qu'en Amérique, où ses disciples ont été activement engagés à prêcher son évangile et à gagner des convertis à ses doctrines, même parmi des auditoires chrétiens ». Le Professeur ajoute : « Cela peut sembler très étrange, presque incroyable pour nous... Pourtant, tout cœur humain a ses aspirations religieuses ; il a une faim de religion qui, tôt ou tard, demande à être satisfaite. Or, la religion enseignée par les disciples de Râmakrishna vient à ces âmes affamées sans aucune autorité importune », et est par conséquent accueillie comme le « libre élixir de vie »... « De sorte que, bien qu'il puisse y avoir quelque exagération dans le nombre de ceux qui sont dits s'être convertis à la religion de Râmakrishna, ... il ne fait aucun doute qu'une religion qui peut remporter de tels succès de notre temps, alors qu'elle se qualifie en toute vérité de la plus ancienne religion et philosophie du monde, à savoir le Védânta (la « fin des Védas », la philosophie de l'unité ultime de l'être), la fin ou l'objet suprême des Védas, mérite notre attention soutenue. »
Après avoir discuté, dans la première partie du livre, de ce que l'on entend par le Mahâtman, les quatre stades de la vie, les exercices ascétiques ou le Yoga, et après avoir fait quelque mention de Dayânanda Sarasvatî, de Pavhâri Bâbâ, de Debendranâth Tagore et de Rai Shâligrâm Sâheb Bahadur, le chef de la secte Râdhâswâmi, le Professeur aborde la vie de Shrî Râmakrishna.
Le Professeur craint fort que le processus dialogique — la transformation produite dans la description des faits tels qu'ils se sont réellement passés par une trop grande bienveillance ou malveillance du narrateur à leur égard — qui est invariablement à l'œuvre dans toute histoire comme une fatalité inévitable, n'influence également cette présente esquisse biographique. D'où son soin inhabituel dans la collecte des faits. Le présent rédacteur est un humble serviteur de Shrî Râmakrishna. Bien que les matériaux qu'il a rassemblés pour la biographie de Râmakrishna aient été bien pilés dans le mortier de la logique et du jugement impartial du Professeur, celui-ci (Max Müller) n'a pas omis d'ajouter qu'il pourrait subsister « des traces de ce que j'appelle le processus dialogique et les irrépressibles tendances à la miraculeusation des disciples dévoués » même dans « sa description sans fard de son Maître ». Et, sans aucun doute, ces quelques paroles aigres-douces que le Professeur a dites au cours de sa réponse à ce que certaines personnes, avec le prédicateur du Brâhmo-Dharma, le Révérend Pratâp Chandra Mazumdâr, à leur tête, lui avaient écrit dans leur empressement à faire ressortir un « côté peu édifiant » du caractère de Râmakrishna — méritent une réflexion approfondie de la part de ceux d'entre nous au Bengale qui, pleins de jalousie, supportent avec peine le spectacle du bonheur d'autrui.
La vie de Shrî Râmakrishna est présentée dans le livre dans un langage très bref et simple. Dans cette biographie, chaque mot de l'historien prudent est pesé, pour ainsi dire, avant d'être couché sur le papier ; ces étincelles de feu que l'on voyait jaillir çà et là dans l'article « Un vrai Mahâtman » sont cette fois retenues avec le plus grand soin. La barque du Professeur navigue ici entre le Charybde des missionnaires chrétiens d'un côté et le Scylla des turbulents Brahmos de l'autre. L'article « Un vrai Mahâtman » suscita des deux parties maints propos durs et maintes critiques mesquines envers le Professeur. C'est un plaisir d'observer qu'il n'y a ici ni tentative de rétorquer, ni étalage de mesquinerie — car les écrivains raffinés d'Angleterre n'ont pas l'habitude de se livrer à ce genre de chose — mais d'une voix sobre, digne, sans la moindre malveillance, et pourtant ferme et retentissante, digne du vénérable savant, il a réfuté les accusations portées contre certaines des idées peu communes du sage magnanime — jaillissant d'un cœur trop profond pour être saisi par le commun.
Et les accusations sont, en vérité, surprenantes pour nous. Nous avons entendu le grand ministre du Brâhmo Samâj, le regretté et vénéré Âchârya Shrî Keshab Chandra Sen, dire de sa manière charmante que le langage simple, doux et familier de Shrî Râmakrishna respirait une pureté surhumaine ; que, bien que l'on pût remarquer dans ses propos certains mots que nous qualifions d'obscènes, l'emploi de ces mots, en raison de son extraordinaire innocence enfantine et de leur parfaite absence du moindre souffle de sensualité, loin d'être blâmable, servait plutôt d'ornement — et pourtant, voilà l'une des formidables accusations !
Une autre accusation portée contre lui est que son traitement de son épouse était barbare, parce qu'il avait prononcé le vœu de mener la vie d'un Sannyâsin ! À cela, le Professeur a répondu qu'il avait prononcé le vœu de Sannyâsa (renoncement total au monde) avec le consentement de son épouse, et que, durant les années de sa vie sur cette terre, son épouse, portant un caractère digne de son époux, le reçut de tout cœur comme son Gourou (guide spirituel) et, selon ses instructions, passa ses jours dans une béatitude et une paix infinies, engagée dans le service de Dieu en tant que Brahmachârinî (femme vouée à la chasteté et à l'étude spirituelle) sa vie durant. De plus, demande-t-il, « l'amour entre mari et femme est-il vraiment impossible sans la procréation d'enfants ? » « Nous devons apprendre à croire en l'honnêteté hindoue » — quant au fait qu'un époux Brahmachâri (celui qui pratique la continence spirituelle) peut vivre une vie de pureté cristalline sans aucune relation physique, faisant ainsi de son épouse Brahmachârinî une partenaire dans la béatitude immortelle de la plus haute réalisation spirituelle, le Brahmânanda (la béatitude du Brahman) — « si incrédules que nous puissions justement être sur de tels sujets dans notre propre pays ». Que les bénédictions se déversent sur le Professeur pour de si dignes paroles ! Même lui, né d'une nationalité étrangère et vivant en terre étrangère, peut comprendre la signification de notre Brahmacharya (vœu de chasteté et de discipline spirituelle) comme l'unique voie d'accès à la spiritualité, et croit qu'il n'est même pas rare de nos jours en Inde, tandis que les héros hypocrites de notre propre foyer sont incapables de voir autre chose qu'une relation charnelle dans l'union matrimoniale ! « Tel l'homme pense en son esprit, ainsi voit-il au-dehors. »
Encore une autre accusation avancée est qu'« il ne montrait pas une horreur morale suffisante envers les prostituées ». La réplique du Professeur est d'une grande douceur : il dit qu'en cette accusation, Râmakrishna « ne se trouve pas tout à fait seul parmi les fondateurs de religion ! » Ah ! Comme ces paroles sont douces — elles rappellent la courtisane Ambâpâlî, objet de la grâce divine du Seigneur Bouddha, et la femme samaritaine qui gagna la grâce du Seigneur Jésus-Christ.
Encore une autre accusation est qu'il ne haïssait pas ceux qui étaient intempérants dans leurs habitudes. Grand Dieu ! Il ne faudrait même pas fouler l'ombre d'un homme parce qu'il a pris une gorgée ou deux de boisson — n'est-ce pas là le sens ? Une formidable accusation en vérité ! Pourquoi le Mahâpurusha (le « Grand Être ») ne repoussait-il pas à coups de pied et ne chassait-il pas avec dégoût les ivrognes, les prostituées, les voleurs et tous les pécheurs du monde ! Et pourquoi ne parlait-il pas, les yeux fermés, dans le débit monotone et immuable du joueur de flûte indienne, ou ne s'exprimait-il pas dans un langage conventionnel dissimulant ses pensées ! Et par-dessus tout, l'accusation suprême est : pourquoi n'a-t-il pas « vécu maritalement » toute sa vie !
À moins que la vie ne puisse être modelée selon l'idéal d'une si étrange pureté et de si bonnes manières que celles proposées par les accusateurs, l'Inde est condamnée à la ruine. Qu'elle périsse, si elle doit se relever à l'aide de telles règles d'éthique !
La plus grande portion du livre a été consacrée à la collection des paroles, plutôt qu'à la vie elle-même. Que ces paroles aient attiré l'attention de nombre de lecteurs anglophones à travers le monde peut aisément se déduire de la vente rapide du livre. Les paroles, tombées directement de ses saintes lèvres, sont imprégnées de la force et de la puissance spirituelles les plus intenses, et par conséquent elles exerceront assurément leur influence divine en toute partie du monde. « Pour le bien du plus grand nombre, pour le bonheur du plus grand nombre », les grandes âmes prennent naissance ; leurs vies et leurs œuvres dépassent le cours ordinaire de la condition humaine, et la méthode de leur prédication est également merveilleuse.
Et que faisons-nous, nous ? Le fils d'un pauvre brahmane, qui nous a sanctifiés par sa naissance, élevés par son œuvre, et a attiré sur nous la sympathie de la race conquérante par ses paroles immortelles — que faisons-nous pour lui ? La vérité n'est pas toujours agréable à entendre, mais il est des moments où elle doit être dite : certains d'entre nous comprennent que sa vie et ses enseignements sont à notre avantage, mais l'affaire en reste là. Il dépasse nos forces ne serait-ce que de tenter de mettre ces préceptes en pratique dans notre propre vie, bien loin de consacrer tout notre corps et toute notre âme aux immenses vagues d'harmonie de Jnâna (la connaissance spirituelle) et de Bhakti (la dévotion aimante envers Dieu) que Shrî Râmakrishna a soulevées. Ce jeu du Seigneur, ceux qui l'ont compris ou s'efforcent de le comprendre, nous leur disons : « Que fera la simple compréhension ? La preuve de la compréhension est dans l'œuvre. Les autres vous croiront-ils si cela se termine par de simples expressions verbales d'assurance ou n'est avancé que comme une affaire de foi personnelle ? L'œuvre manifeste ce que l'on ressent ; réalisez ce que vous ressentez et laissez le monde voir. » Toutes les idées et tous les sentiments jaillissant de la plénitude du cœur se reconnaissent à leurs fruits — les œuvres pratiques.
Ceux qui, se croyant très savants, font peu de cas de ce prêtre de temple illetré, pauvre et ordinaire, nous leur soumettons ceci : « Le pays dont un seul prêtre de temple illetré, par la vertu de sa propre force, a fait en si peu de temps retentir la victoire de l'antique Sanâtana Dharma (la « Loi Éternelle », nom traditionnel de l'hindouisme) de vos ancêtres même en des terres bien au-delà des mers — de ce pays, vous êtes les héros des héros, les plus honorés de tous, puissants, bien nés, les plus savants des savants — combien plus, par conséquent, ne devez-vous pas être capables d'accomplir des actes bien plus extraordinaires et héroïques pour le bien de votre propre terre et de votre nation, si seulement vous le voulez ! Levez-vous donc, avancez, déployez le jeu de votre puissance supérieure intérieure, manifestez-la, et nous nous tenons là, avec des offrandes de la plus profonde vénération en main, prêts à vous adorer. Nous sommes ignorants, pauvres, inconnus et insignifiants mendiants, n'ayant pour moyen de subsistance que l'habit du mendiant ; tandis que vous, suprêmes en richesses et en influence, d'une puissance redoutable, nés de noble lignée, centres de tout savoir et de toute érudition ! Pourquoi ne vous réveillez-vous pas ? Pourquoi ne prenez-vous pas la tête ? Montrez la voie, montrez-nous cet exemple de parfait renoncement pour le bien du monde, et nous vous suivrons comme des esclaves ! »
D'autre part, ceux qui montrent des signes injustifiés d'hostilités rancunières et sans cause, par pure malice et envie — naturelles à une race servile — devant le succès et la célébrité de Shrî Râmakrishna et de son nom — nous leur disons : « Chers amis, vains sont ces efforts de votre part ! Si cette vague religieuse infinie, illimitée, qui a englouti dans ses profondeurs les confins mêmes de l'espace — sur la crête neigeuse de laquelle resplendit cette forme divine dans l'éclat auguste d'une présence céleste — si cela est l'effet produit par nos ardents efforts en quête de renom, de gloire ou de richesse personnels, alors, sans vos efforts ni ceux de quiconque, cette vague obéira à la loi insurmontable de l'univers et mourra bientôt dans le sein infini du temps, pour ne plus jamais se relever ! Mais si, en revanche, cette marée, conformément à la volonté et sous l'inspiration divine de la Mère Universelle, a commencé à inonder le monde du flot de l'amour désintéressé du cœur d'un grand homme, alors, ô homme fragile, quel pouvoir possèdes-tu pour entraver la marche en avant de la volonté de la Mère Toute-Puissante ? »
Notes
English
Among the Sanskrit scholars of the West, Professor Max Müller takes the lead. The Rig-Veda Samhitâ, the whole of which no one could even get at before, is now very neatly printed and made accessible to the public, thanks to the munificent generosity of the East India Company and to the Professor's prodigious labours extending over years. The alphabetical characters of most of the manuscripts, collected from different parts of India, are of various forms, and many words in them are inaccurate. We cannot easily comprehend how difficult it is for a foreigner, however learned he may be, to find out the accuracy or inaccuracy of these Sanskrit characters, and more especially to make out clearly the meaning of an extremely condensed and complicated commentary. In the life of Professor Max Müller, the publication of the Rig-Veda is a great event. Besides this, he has been dwelling, as it were, and spending his whole lifetime amidst ancient Sanskrit literature; but notwithstanding this, it does not imply that in the Professor's imagination India is still echoing as of old with Vedic hymns, with her sky clouded with sacrificial smoke, with many a Vasishtha, Vishvâmitra, Janaka, and Yâjnavalkya, with her every home blooming with a Gârgi or a Maitreyi and herself guided by the Vedic rules or canons of Grihya-Sutra.
The Professor, with ever-watchful eyes, keeps himself well-informed of what new events are occurring even in the out-of-the-way corners of modern India, half-dead as she is, trodden down by the feet of the foreigner professing an alien religion, and all but bereft of her ancient manners, rites, and customs. As the Professor's feet never touched these shores, many Anglo-Indians here show an unmixed contempt for his opinions on the customs, manners, and codes of morality of the Indian people. But they ought to know that, even after their lifelong stay, or even if they were born and brought up in this country, except any particular information they may obtain about that stratum of society with which they come in direct contact, the Anglo-Indian authorities have to remain quite ignorant in respect of other classes of people; and the more so, when, of this vast society divided into so many castes, it is very hard even among themselves for one caste to properly know the manners and peculiarities of another.
Some time ago, in a book, named, Residence in India, written by a well-known Anglo-Indian officer, I came across such a chapter as "Native Zenana Secrets". Perhaps because of that strong desire in every human heart for knowledge of secrets, I read the chapter, but only to find that this big Anglo-Indian author is fully bent upon satisfying the intense curiosity of his own countrymen regarding the mystery of a native's life by describing an affaire d'amour, said to have transpired between his sweeper, the sweeper's wife, and her paramour! And from the cordial reception given to the book by the Anglo-Indian community, it seems the writer's object has been gained, and he feels himself quite satisfied with his work "God-speed to you, dear friends!" — What else shall we say? Well has the Lord said in the Gita:
ध्यायतो विषयान्पुंसः सङ्गस्तेषूपजायते ।
सङ्गात्संजायते कामः कामात्क्रोधोऽभिजायते ॥
ध्यायतो विषयान्पुंसः सङ्गस्तेषूपजायते ।
सङ्गात्संजायते कामः कामात्क्रोधोऽभिजायते ॥
—"Thinking of objects, attachment to them is formed in a man. From attachment longing, and from longing anger grows."
Let such irrelevant things alone. To return to our subject: After all, one wonders at Professor Max Müller's knowledge of the social customs and codes of law, as well as the contemporaneous occurrences in the various provinces of present-day India; this is borne out by our own personal experiences.
In particular, the Professor observes with a keen eye what new waves of religion are rising in different parts of India, and spares no pains in letting the Western world not remain in the dark about them. The Brâhmo Samaj guided by Debendranâth Tagore and Keshab Chandra Sen, the Ârya Samaj established by Swami Dayânanda Sarasvati, and the Theosophical movement — have all come under the praise or censure of his pen. Struck by the sayings and teachings of Shri Ramakrishna published in the two well-established journals, the Brahmavâdin and the Prabuddha Bhârata, and reading what the Brahmo preacher, Mr. Pratâp Chandra Mazumdâr, wrote about Shri Ramakrishna, he was attracted by the sage's life. Some time ago, a short sketch of Shri Ramakrishna's life also appeared in the well-known monthly journal of England, The Imperial and Asiatic Quarterly Review, contributed by Mr. C. H. Tawney, M.A., the distinguished librarian of the India House. Gathering a good deal of information from Madras and Calcutta, the Professor discussed Shri Ramakrishna's life and his teachings in a short article in the foremost monthly English journal, The Nineteenth Century. There he expressed himself to the effect that this new sage easily won his heart by the originality of his thoughts, couched in novel language and impregnate with fresh spiritual power which he infused into India when she was merely echoing the thoughts of her ancient sages for several centuries past, or, as in recent times, those of Western scholars. He, the Professor, had read often India's religious literature and thereby well acquainted himself with the life-stories of many of her ancient sages and saints; but is it possible to expect such lives again in this age in this India of modern times? Ramakrishna's life was a reply in the affirmative to such a question. And it brought new life by sprinkling water, as it were, at the root of the creeper of hope regarding India's future greatness and progress, in the heart of this great-souled scholar whose whole life has been dedicated to her.
There are certain great souls in the West who sincerely desire the good of India, but we are not aware whether Europe can point out another well-wisher of India who feels more for India's well-being than Professor Max Müller. Not only is Max Müller a well-wisher of India, but he has also a strong faith in Indian philosophy and Indian religion. That Advaitism is the highest discovery in the domain of religion, the Professor has many times publicly admitted. That doctrine of reincarnation, which is a dread to the Christian who has identified the soul with the body, he firmly believes in because of his having found conclusive proof in his own personal experience. And what more, perhaps, his previous birth was in India; and lest by coming to India, the old frame may break down under the violent rush of a suddenly aroused mass of past recollections - is the fear in his mind that now stands foremost in the way of his visit to this country. Still as a worldly man, whoever he may be, he has to look to all sides and conduct himself accordingly. When, after a complete surrender of all worldly interests, even the Sannyasin, when performing any practices which he knows to be purest in themselves, is seen to shiver in fear of public opinion, simply because they are held with disapproval by the people among whom he lives; when the consideration of gaining name and fame and high position, and the fear of losing them regulate the actions of even the greatest ascetic, though he may verbally denounce such consideration as most filthy and detestable — what wonder then that the man of the world who is universally honoured, and is ever anxious not to incur the displeasure of society, will have to be very cautious in ventilating the views which he personally cherishes. It is not a fact that the Professor is an utter disbeliever in such subtle subjects as the mysterious psychic powers of the Yogis.
It is not many years since Professor Max Müller "felt called upon to say a few words on certain religious movements, now going on in India" — "which has often and not unjustly, been called a country of philosophers"— which seemed to him "to have been very much misrepresented and misunderstood at home". In order to remove such misconceptions and to protest against "the wild and overcharged accounts of saints and sages living and teaching at present in India, which had been published and scattered broadcast in Indian, American, and English papers"; and "to show at the same time that behind such strange names as Indian Theosophy, and Esoteric Buddhism, and all the rest, there was something real something worth knowing" — or in other words, to point out to the thoughtful section of Europe that India was not a land inhabited only by "quite a new race of human beings who had gone through a number of the most fearful ascetic exercises", to carry on a lucrative profession by thus acquiring the powers of working such "very silly miracles" as flying through the air like the feathered race, walking on or living fishlike under the water, healing all sorts of maladies by means of incantations, and, by the aid of occult arts fabricating gold, silver, or diamond from baser materials, or by the power of Siddhis bestowing sturdy sons to rich families — but that men, who had actually realised in their life great transcendental truths, who were real knowers of Brahman, true Yogis, real devotees of God, were never found wanting in India: and, above all, to show that the whole Aryan population of India had not as yet come down so low as to be on the same plane as the brute creation, that, rejecting the latter, the living Gods in human shape, they "the high and the low" were, day and night, busy licking the feet of the first-mentioned performers of silly juggleries, — Professor Max Müller presented Shri Ramakrishna's life to the learned European public, in an article entitled "A Real Mahâtman", which appeared in The Nineteenth Century in its August number, 1896.
The learned people of Europe and America read the article with great interest and many have been attracted towards its subject, Shri Ramakrishna Deva, with the result that the wrong ideas of the civilised West about India as a country full of naked, infanticidal, ignorant, cowardly race of men who were cannibals and little removed from beasts, who forcibly burnt their widows and were steeped in all sorts of sin and darkness — towards the formation of which ideas, the Christian missionaries and, I am as much ashamed as pained to confess, some of my own countrymen also have been chiefly instrumental — began to be corrected. The veil of the gloom of ignorance, which was spread across the eyes of the Western people by the strenuous efforts of these two bodies of men, has been slowly and slowly rending asunder. "Can the country that has produced a great world-teacher like Shri Bhagavân Ramakrishna Deva be really full of such abominations as we have been asked to believe in, or have we been all along duped by interested organised bodies of mischief-makers, and kept in utter obscurity and error about the real India?"— Such a question naturally arises in the Western mind.
When Professor Max Müller, who occupies in the West the first rank in the field of Indian religion, philosophy, and literature, published with a devoted heart a short sketch of Shri Ramakrishna's life in The Nineteenth Century for the benefit of Europeans and Americans, it is needless to say that a bitter feeling of burning rancour made its appearance amongst those two classes of people referred to above.
By improper representation of the Hindu gods and goddesses, the Christian missionaries were trying with all their heart and soul to prove that really religious men could never be produced from among their worshippers; but like a straw before a tidal wave, that attempt was swept away; while that class of our countrymen alluded to above, which set itself to devise means for quenching the great fire of the rapidly spreading power of Shri Ramakrishna, seeing all its efforts futile, has yielded to despair. What is human will in opposition to the divine?
Of course from both sides, unintermittent volleys of fierce attack were opened on the aged Professor's devoted head; the old veteran, however, was not the one to turn his back. He had triumphed many times in similar contests. This time also he has passed the trial with equal ease. And to stop the empty shouts of his inferior opponents, he has published, by way of a warning to them, the book, Ramakrishna: His Life and Sayings, in which he has collected more complete information and given a fuller account of his life and utterances, so that the reading public may get a better knowledge of this great sage and his religious ideas — the sage "who has lately obtained considerable celebrity both in India and America where his disciples have been actively engaged in preaching his gospel and winning converts to his doctrines even among Christian audiences". The Professor adds, "This may seem very strange, nay, almost incredible to us. . . .Yet every human heart has its religious yearnings; it has a hunger for religion, which sooner or later wants to be satisfied. Now the religion taught by the disciples of Ramakrishna comes to these hungry souls without any untoward authority", and is therefore, welcomed as the "free elixir of life". . . "Hence, though there may be some exaggeration in the number of those who are stated to have become converted to the religion of Ramakrishna, ... there can be no doubt that a religion which can achieve such successes in our time, while it calls itself with perfect truth the oldest religion and philosophy of the world, viz the Vedanta, the end or highest object of the Vedas, deserves our careful attention."
After discussing, in the first part of the book, what is meant by the Mahatman, the Four Stages of Life, Ascetic Exercises or Yoga, and after making some mention about Dayananda Sarasvati, Pavhâri Bâbâ, Debendranath Tagore, and Rai Shâligrâm Sâheb Bahadur, the leader of the Râdhâswami sect, the Professor enters on Shri Ramakrishna's life.
The Professor greatly fears lest the Dialogic Process — the transformation produced in the description of the facts as they really happened by too much favourableness or unfavourableness of the narrator towards them — which is invariably at work in all history as a matter of inevitable course, also influences this present sketch of life. Hence his unusual carefulness about the collection of facts. The present writer is an insignificant servant of Shri Ramakrishna. Though the materials gathered by him for Ramakrishna's life have been well-pounded in the mortar of the Professor's logic and impartial judgment, still he (Max Müller) has not omitted to add that there may be possible "traces of what I call the Dialogic Process and the irrepressible miraculising tendencies of devoted disciples" even in "his unvarnished description of his Master". And, no doubt, those few harsh-sweet words which the Professor has said in the course of his reply to what some people, with the Brâhmo-Dharma preacher, the Rev. Pratap Chandra Mazumdar, at their head, wrote to him in their anxiety to make out a "not edifying side" of Ramakrishna's character — demand thoughtful consideration from those amongst us of Bengal who, being full of jealousy, can with difficulty bear the sight of others' weal.
Shri Ramakrishna's life is presented in the book in very brief and simple language. In this life, every word of the wary historian is weighed, as it were, before being put on paper; those sparks of fire, which are seen here and there to shoot forth in the article, "A Real Mahatman", are this time held in with the greatest care. The Professor's boat is here plying between the Scylla of the Christian missionaries on the one hand, and the Charybdis of the tumultuous Brahmos on the other. The article, "A Real Mahatman" brought forth from both the parties many hard words and many carping remarks on the Professor. It is a pleasure to observe that there is neither the attempt made here to retort on them, nor is there any display of meanness — as the refined writers of England are not in the habit of indulging in that kind of thing — but with a sober, dignified, not the least malignant, yet firm and thundering voice, worthy of the aged scholar, he has removed the charges that were levelled against some of the uncommon ideas of the great-soured sage — swelling forth from a heart too deep for ordinary grasp.
And the charges are, indeed, surprising to us. We have heard the great Minister of the Brahmo Samaj, the late revered Âchârya Shri Keshab Chandra Sen, speaking in his charming way that Shri Ramakrishna's simple, sweet, colloquial language breathed a superhuman purity; though in his speech could be noticed some such words as we term obscene, the use of those words, on account of his uncommon childlike innocence and of their being perfectly devoid of the least breath of sensualism, instead of being something reproachable, served rather the purpose of embellishment — yet, this is one of the mighty charges!
Another charge brought against him is that his treatment of his wife was barbarous because of his taking the vow of leading a Sannyasin's life! To this the Professor has replied that he took the vow of Sannyasa with his wife's assent, and that during the years of his life on this earth, his wife, bearing a character worthy of her husband, heartily received him as her Guru (spiritual guide) and, according to his instructions, passed her days in infinite bliss and peace, being engaged in the service of God as a lifelong Brahmachârini. Besides, he asks, "Is love between husband and wife really impossible without the procreation of children?" "We must learn to believe in Hindu honesty" — in the matter that, without having any physical relationship, a Brahmachari husband can live a life of crystal purity, thus making his Brahmacharini wife a partner in the immortal bliss of the highest spiritual realisation, Brahmânanda — "however incredulous we might justly be on such matters in our own country". May blessings shower on the Professor for such worthy remarks! Even he, born of a foreign nationality and living in a foreign land, can understand the meaning of our Brahmacharya as the only way to the attainment of spirituality, and belies that it is not even in these days rare in India, whilst the hypocritical heroes of our own household are unable to see anything else than carnal relationship in the matrimonial union! "As a man thinketh in his mind, so he seeth outside."
Again another charge put forward is that "he did not show sufficient moral abhorrence of prostitutes". To this the Professor's rejoinder is very very sweet indeed: he says that in this charge Ramakrishna "does not stand quite alone among the founders of religion! " Ah! How sweet are these words — they remind one of the prostitute Ambâpâli, the object of Lord Buddha's divine grace, and of the Samaritan woman who won the grace of the Lord Jesus Christ.
Yet again, another charge is that he did not hate those who were intemperate in their habits. Heaven save the mark! One must not tread even on the shadow of a man, because he took a sip or two of drink — is not that the meaning? A formidable accusation indeed! Why did not the Mahâpurusha kick away and drive off in disgust the drunkards, the prostitutes, the thieves, and all the sinners of the world! And why did he not, with eyes closed, talk in a set drawl after the never-to-be-varied tone of the Indian flute-player, or talk in conventional language concealing his thoughts! And above all, the crowning charge is why did he not "live maritalement" all his life!
Unless life can be framed after the ideal of such strange purity and good manners as set forth by the accusers, India is doomed to go to ruin. Let her, if she has to rise by the help of such ethical rules!
The greater portion of the book has been devoted to the collection of the sayings, rather than to the life itself. That those sayings have attracted the attention of many of the English-speaking readers throughout the world can be easily inferred from the rapid sale of the book. The sayings, falling direct from his holy lips, are impregnate with the strongest spiritual force and power, and therefore they will surely exert their divine influence in every part of the world. "For the good of the many, for the happiness of the many" great-souled men take their birth; their lives and works are past the ordinary human run, and the method of their preaching is equally marvellous.
And what are we doing? The son of a poor Brahmin, who has sanctified us by his birth, raised us by his work, and has turned the sympathy of the conquering race towards us by his immortal sayings — what are we doing for him? Truth is not always palatable, still there are times when it has to be told: some of us do understand that his life and teachings are to our gain, but there the matter ends. It is beyond our power even to make an attempt to put those precepts into practice in our own lives, far less to consign our whole body and soul to the huge waves of harmony of Jnâna and Bhakti that Shri Ramakrishna has raised. This play of the Lord, those who have understood or are trying to understand, to them we say, "What will mere understanding do? The proof of understanding is in work. Will others believe you if it ends only in verbal expressions of assurance or is put forward as a matter of personal faith? Work argues what one feels; work out what you feel and let the world see." All ideas and feelings coming out of the fullness of the heart are known by their fruits — practical works.
Those who, knowing themselves very learned, think lightly of this unlettered, poor, ordinary temple-priest, to them our submission is: "The country of which one illiterate temple-priest, by virtue of his own strength, has in so short a time caused the victory of the ancient Sanâtana Dharma of your forefathers to resound even in lands far beyond the seas — of that country, you are the heroes of heroes, the honoured of all, mighty, well-bred, the learned of the learned — how much therefore must you be able to perform far more uncommon, heroic deeds for the welfare of your own land and nation, if you but will its Arise, therefore, come forward, display the play of your superior power within, manifest it, and we are standing with offerings of deepest veneration in hand ready to worship you. We are ignorant, poor, unknown, and insignificant beggars with only the beggar's garb as a means of livelihood; whereas you are supreme in riches and influence, of mighty power, born of noble descent, centres of all knowledge and learning! Why not rouse yourselves? Why not take the lead? Show the way, show us that example of perfect renunciation for the good of the world, and we will follow you like bond-slaves!"
On the other hand, those who are showing unjustified signs of causeless, rancorous hostilities out of absolute malice and envy — natural to a slavish race — at the success and the celebrity of Shri Ramakrishna and his name — to them we say, "Dear friends, vain are these efforts of yours! If this infinite, unbounded, religious wave that has engulfed in its depths the very ends of space — on whose snow-white crest shineth this divine form in the august glow of a heavenly presence — if this be the effect brought about by our eager endeavours in pursuit of personal name, fame, or wealth, then, without your or any others' efforts, this wave shall in obedience to the insuperable law of the universe, soon die in the infinite womb of time, never to rise again! But if, again, this tide, in accordance with the will and under the divine inspiration of the One Universal Mother, has begun to deluge the world with the flood of the unselfish love of a great man's heart, then, O feeble man, what power cost thou possess that thou shouldst thwart the onward progress of the Almighty Mother's will? "
Notes
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.