L'Inde moderne
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Français
L'INDE MODERNE
(Traduit d'une contribution en bengali au Udbodhana, mars 1899)
Les prêtres védiques fondent leur force supérieure sur la connaissance des Mantras sacrificiels. Par la puissance de ces Mantras, les Devas sont contraints de descendre de leurs demeures célestes, d'accepter les offrandes de boisson et de nourriture, et d'exaucer les prières des Yajamânas. Les rois ainsi que leurs sujets se tournent donc vers ces prêtres pour assurer leur bien-être durant leur vie terrestre. Le roi Soma est vénéré par le prêtre et prospère grâce à la puissance de ses Mantras. Ainsi, les Devas, dont la nourriture favorite est le jus de la plante Soma offert en oblation par le prêtre, lui sont toujours favorables et lui accordent les bienfaits désirés. Ainsi fortifié par la grâce divine, il défie toute opposition humaine ; car que peut le pouvoir des mortels contre celui des dieux ? Même le roi, centre de tout pouvoir terrestre, est un suppliant à sa porte. Un regard bienveillant de sa part est le secours le plus précieux ; sa simple bénédiction, un tribut à l'État, prééminente au-dessus de tout.
Tantôt ordonnant au roi de s'engager dans des affaires semées de mort et de ruine, tantôt se tenant à ses côtés comme son ami le plus fidèle avec des conseils sages et bienveillants, tantôt déployant le filet d'une diplomatie subtile dans lequel le roi se trouve aisément pris, le prêtre est souvent vu rendant le pouvoir royal totalement assujetti au sien. Par-dessus tout, la pire crainte réside dans la conscience que le nom et la renommée des ancêtres royaux, de lui-même et de sa famille sont à la merci de la plume du prêtre. C'est lui l'historien. Le roi pouvait détenir un pouvoir suprême ; atteignant une grande gloire durant son règne, il pouvait se montrer à la fois père et mère pour ses sujets ; mais si le prêtre n'est pas apaisé, son soleil de gloire se couche avec son dernier souffle pour toujours ; toute sa valeur et son utilité dignes d'approbation universelle se perdent dans le grand sein du temps, telle la douce rosée tombant dans l'océan. Ceux qui inaugurèrent les sacrifices immenses s'étendant sur de nombreuses années, les exécutants de l'Ashvamedha et d'autres rites semblables, ceux qui déversèrent sur les prêtres des richesses innombrables comme la pluie incessante en saison des moussons, leurs noms, grâce à la faveur des prêtres, sont gravés dans les pages de l'histoire. Le nom de Priyadarshi Dharmâshoka, le bien-aimé des dieux, n'est qu'un simple nom dans le monde sacerdotal, tandis que Janamejaya, fils de Parikshit, est un nom familier dans chaque foyer hindou.
Pour protéger l'État, pour couvrir les dépenses de son confort personnel et de ses luxes ainsi que ceux de sa longue suite, et surtout pour remplir à déborder les coffres du clergé tout-puissant afin de se le concilier, le roi draine continuellement les ressources de ses sujets, tout comme le soleil aspire l'humidité de la terre. Sa proie de prédilection, ses vaches à lait, ce sont les Vaishyas.
Ni sous les rois hindous, ni sous la domination bouddhiste, nous ne trouvons le peuple prenant quelque part que ce soit dans l'expression de sa voix dans les affaires de l'État. Certes, Yudhishthira visite les maisons des Vaishyas et même des Shudras lorsqu'il se trouve à Vâranâvata ; certes, les sujets prient pour l'installation de Râmachandra à la régence d'Ayodhyâ ; bien plus, ils critiquent même secrètement la conduite de Sitâ et font des plans pour provoquer son exil : mais en tant que règle reconnue de l'État, ils n'ont aucune voix directe dans le gouvernement suprême. Le pouvoir du peuple s'efforce de s'exprimer par des voies indirectes et désordonnées, sans aucune méthode. Le peuple n'a pas encore la conscience de l'existence de ce pouvoir. Il n'y a de sa part ni tentative de l'organiser en action unie, ni volonté de le faire ; il y a aussi une absence totale de cette capacité, de cette habileté par lesquelles de petits centres de force incohérents sont réunis, créant une force irrésistible comme résultante.
Cela est-il dû au manque de lois appropriées ? Non, ce n'est pas cela. Il y a des lois, il y a des méthodes, séparément et distinctement assignées pour guider les différents départements du gouvernement ; il y a des lois établies dans les moindres détails pour tout : la collecte des revenus, la gestion de l'armée, l'administration de la justice, les punitions et les récompenses. Mais à la racine de tout se trouve l'injonction du Rishi, la parole d'autorité divine, la révélation de Dieu passant par le Rishi inspiré. Les lois n'ont, peut-on presque dire, aucune élasticité. Dans ces circonstances, il n'est jamais possible pour le peuple d'acquérir quelque sorte d'éducation par laquelle il pourrait apprendre à s'unir et se rassembler pour l'accomplissement de quelque objectif pour le bien commun, ou par laquelle il pourrait avoir l'intelligence concertée de concevoir l'idée d'un droit populaire sur les trésors collectés par le roi auprès de ses sujets, ou même une éducation par laquelle il pourrait être animé de l'aspiration à obtenir le droit de représentation dans le contrôle des revenus et dépenses de l'État. Pourquoi ferait-il de telles choses ? L'inspiration du Rishi n'est-elle pas responsable de leur prospérité et de leur progrès ?
De plus, toutes ces lois sont dans des livres. Entre les lois telles que codifiées dans les livres et leur application dans la vie pratique, il y a un monde de différence. Un seul Ramachandra naît après que des milliers d'Agnivarnas se sont éteints ! Beaucoup de rois nous montrent la vie de Chandâshoka ; les Dharmâshokas sont rares ! Le nombre de rois comme Akbar, en qui les sujets trouvent leur vie, est bien inférieur à celui des rois comme Aurangzeb qui vivent du sang de leur peuple !
Même si les rois étaient d'une nature aussi divine que celle de Yudhishthira, Ramachandra, Dharmashoka ou Akbar, sous le règne bienveillant desquels le peuple jouissait de la sécurité et de la prospérité, et était veillé avec un soin paternel par ses dirigeants, la main de celui qui est toujours nourri par un autre perd graduellement le pouvoir de porter la nourriture à sa bouche. Son pouvoir d'auto-préservation ne peut jamais se manifester pleinement chez celui qui est toujours protégé en tout par autrui. Même le jeune homme le plus robuste reste un enfant s'il est toujours traité comme tel par ses parents. Étant toujours gouverné par des rois d'une nature divine, à qui est laissé le devoir entier de protéger et de pourvoir au peuple, celui-ci ne peut jamais avoir l'occasion de comprendre les principes de l'autonomie gouvernementale. Une telle nation, dépendant entièrement du roi pour tout et ne se souciant jamais de faire des efforts pour le bien commun ou pour sa propre défense, devient graduellement dépourvue d'énergie et de force intrinsèques. Si cet état de dépendance et de protection se prolonge, il devient la cause de la destruction de la nation, et sa ruine n'est pas loin.
Bien entendu, on peut raisonnablement conclure que lorsque le gouvernement d'un pays est guidé par des codes de lois enjoints par les Shâstras, fruits de la connaissance inspirée par le génie divin des grands sages, un tel gouvernement doit mener au bien-être ininterrompu du riche et du pauvre, du sage et de l'ignorant, du roi et des sujets pareillement. Mais nous avons déjà vu dans quelle mesure l'application de ces lois était ou pouvait être possible dans la vie pratique. La voix des gouvernés dans le gouvernement de leur pays, qui est le mot d'ordre du monde occidental moderne, et dont l'expression ultime a été prononcée d'une voix tonnante dans la Déclaration du gouvernement américain, selon laquelle « le gouvernement du peuple de ce pays doit être par le peuple et pour le bien du peuple », ne peut cependant être dit avoir été totalement méconnue dans l'Inde ancienne. Les voyageurs grecs et d'autres virent de nombreux petits États indépendants dispersés à travers tout le pays, et des références en ce sens se trouvent aussi en maints endroits de la littérature bouddhiste. Et il ne peut y avoir le moindre doute que le germe de l'autonomie gouvernementale existait au moins sous la forme du Panchâyat de village, que l'on trouve encore en de nombreux endroits de l'Inde. Mais le germe resta à jamais un germe ; la graine, bien que mise en terre, ne devint jamais un arbre. Cette idée d'autonomie gouvernementale ne dépassa jamais le stade embryonnaire du système de Panchayat villageois et ne se répandit jamais dans la société dans son ensemble.
Dans les communautés religieuses, parmi les Sannyasins (renonçants) dans les monastères bouddhistes, nous avons amplement de preuves montrant que l'autonomie gouvernementale y était pleinement développée. Aujourd'hui encore, on s'émerveille de voir comment la puissance du système de Panchayat, des principes d'autonomie gouvernementale, fonctionne parmi les Nâgâ Sannyasins : quel profond respect le « Gouvernement des Cinq » leur inspire, quels droits individuels effectifs chaque Naga peut exercer au sein de sa propre secte, quelle excellente mise en œuvre du pouvoir d'organisation et d'action concertée ils possèdent entre eux !
Avec le déluge qui balaya le pays à l'avènement du bouddhisme, le pouvoir sacerdotal tomba en déclin et le pouvoir royal fut en ascension. Les prêtres bouddhistes sont des renonçants du monde, vivant dans des monastères comme des ascètes sans foyer, détachés des affaires séculières. Ils n'ont ni la volonté ni l'ambition de placer et de maintenir le pouvoir royal sous leur contrôle par la menace de malédictions ou de flèches magiques. Même s'il restait quelque vestige d'une telle volonté, son accomplissement est devenu désormais impossible. Car le bouddhisme a ébranlé les trônes de tous les dieux mangeurs d'oblations et les a fait descendre de leurs positions célestes. L'état de Bouddha est supérieur aux positions célestes de maint Brahmâ ou Indra, qui rivalisent entre eux pour offrir leur adoration aux pieds du Bouddha, l'Homme-Dieu ! Et à cet état de Bouddha, chaque homme a le privilège d'atteindre ; il est ouvert à tous, même en cette vie. De la déchéance des dieux, comme conséquence naturelle, la supériorité des prêtres qui étaient soutenus par eux a disparu.
En conséquence, les rênes de ce puissant cheval sacrificiel qu'est le pouvoir royal ne sont plus tenues dans la poigne ferme du prêtre védique ; et étant désormais libre, il peut errer où bon lui semble par sa volonté débridée. Le centre du pouvoir à cette période n'est ni avec les prêtres chantant les hymnes du Sâma et accomplissant les Yajnas selon le Yajur-Véda (les Védas, textes sacrés fondateurs de la tradition hindoue) ; ni le pouvoir n'est confié aux mains de rois Kshatriyas séparés les uns des autres et régnant sur de petits États indépendants. Mais le centre du pouvoir en cet âge se trouve dans les empereurs dont la domination sans entrave s'étend sur de vastes territoires bornés par l'océan, couvrant toute l'Inde d'un bout à l'autre. Les chefs de cette époque ne sont plus Vishvâmitra ou Vasishtha, mais des empereurs comme Chandragupta, Dharmashoka et d'autres. Il n'y eut jamais d'empereurs qui montèrent sur le trône de l'Inde et la menèrent au sommet de sa gloire comme ces seigneurs de la terre qui régnèrent sur elle en maîtres suprêmes durant la période bouddhiste. La fin de cette période est caractérisée par l'apparition du pouvoir Râjput sur la scène et l'essor de l'hindouisme moderne. Avec la montée du pouvoir Rajput, au déclin du bouddhisme, le sceptre de l'empire indien, délogé de son pouvoir suprême, fut de nouveau brisé en mille morceaux et manié par de petites mains sans puissance. À cette époque, le pouvoir brâhmanique (sacerdotal) réussit à nouveau à relever la tête, non pas comme adversaire comme auparavant, mais cette fois comme auxiliaire de la suprématie royale.
Durant cette révolution, cette lutte perpétuelle pour la suprématie entre les classes sacerdotale et royale, qui commença dès les temps védiques et se poursuivit à travers les âges jusqu'à atteindre son paroxysme à l'époque des révolutions jaïne et bouddhiste, a cessé pour toujours. Désormais, ces deux puissantes forces sont amicales l'une envers l'autre ; mais il n'y a plus ni cette glorieuse valeur guerrière des rois, ni cette brillance spirituelle qui caractérisait les brahmanes ; chacun a perdu sa force intrinsèque d'antan. Comme on pouvait s'y attendre, cette nouvelle union des deux forces fut bientôt occupée à satisfaire des intérêts mutuels et se dissipa en dépensant sa vitalité à extirper leurs adversaires communs, en particulier les bouddhistes de l'époque, et en d'autres actes similaires. Plongés dans tous les vices résultant d'une telle union, comme sucer le sang des masses, se venger de l'ennemi, spolier les biens d'autrui, etc., ils tentèrent en vain d'imiter le Râjasuya et d'autres sacrifices védiques des anciens rois, et n'en firent qu'une farce ridicule. Le résultat fut qu'ils se trouvèrent ligotés pieds et poings par un cortège formidable de sycophantes et de flatteries obséquieuses, et, empêtrés dans un réseau interminable de rites et de cérémonies agrémentés de Mantras et autres, ils devinrent bientôt une proie facile et toute prête pour les envahisseurs musulmans venus de l'Ouest.
Ce pouvoir sacerdotal qui commença sa lutte pour la supériorité avec le pouvoir royal dès les temps védiques et la poursuivit à travers les âges, cette hostilité envers le pouvoir Kshatra, Bhagavân Shri Krishna réussit par son génie surhumain à y mettre un terme, du moins pour un temps, durant son existence terrestre. Ce pouvoir brâhmanique fut presque effacé de son champ d'action en Inde durant les révolutions jaïne et bouddhiste, ou peut-être maintenait-il faiblement sa position en se soumettant aux religions antagonistes plus puissantes. Ce pouvoir brâhmanique, depuis l'apparition du pouvoir Rajput qui domina l'Inde sous la dynastie Mihira et d'autres, fit son dernier effort pour recouvrer sa grandeur perdue ; et dans son effort pour établir cette suprématie, il se vendit aux pieds des hordes féroces de barbares nouvellement venus d'Asie centrale, et pour gagner leur faveur introduisit dans le pays leurs mœurs et coutumes odieuses. De plus, ce pouvoir brâhmanique, se consacrant uniquement aux moyens faciles de duper des barbares ignorants, mit en vogue des rites et cérémonies mystérieux soutenus par de nouveaux Mantras et semblables ; et ce faisant, il perdit lui-même son ancienne sagesse, son ancienne vigueur et vitalité, et ses propres habitudes chastes longuement acquises. Ainsi, il transforma toute l'Âryâvarta en un profond et vaste tourbillon des coutumes barbares les plus vicieuses, les plus horribles, les plus abominables ; et comme conséquence inévitable de ces coutumes et superstitions détestables, il perdit bientôt toute sa force et son endurance internes et devint le plus faible des faibles. Quoi d'étonnant à ce qu'il fût brisé en mille morceaux et tombât au simple contact de la tempête des invasions musulmanes venues de l'Ouest ! Ce grand pouvoir brâhmanique tomba, et qui sait s'il se relèvera jamais ?
La résurrection du pouvoir sacerdotal sous la domination musulmane était, d'autre part, une impossibilité totale. Le prophète Mahomet lui-même était résolument opposé à la classe sacerdotale sous quelque forme que ce soit et fit de son mieux pour la destruction totale de ce pouvoir en formulant des règles et des injonctions à cet effet. Sous la domination musulmane, le roi lui-même était le prêtre suprême ; il était le guide principal en matières religieuses ; et quand il devint empereur, il caressa l'espoir d'être le chef suprême en toutes matières sur l'ensemble du monde musulman. Pour le musulman, les juifs ou les chrétiens ne sont pas des objets de détestation extrême ; ils sont, au pire, des hommes de peu de foi. Mais il n'en va pas de même pour l'hindou. Selon lui, l'hindou est idolâtre, le haïssable Kafir ; par conséquent, en cette vie, il mérite d'être massacré ; et dans la suivante, l'enfer éternel lui est réservé. Le plus que les rois musulmans pouvaient faire en guise de faveur à la classe sacerdotale, guides spirituels de ces Kafirs, était de leur permettre de passer leur vie en silence et d'attendre le dernier moment. Cela était parfois même considéré comme trop de bonté ! Si l'ardeur religieuse de quelque roi était un peu plus prononcée que d'ordinaire, il s'ensuivait immédiatement l'organisation d'un grand Yajna sous forme de massacre de Kafirs !
D'un côté, le pouvoir royal est désormais concentré en des rois professant une religion différente et adonnés à des coutumes différentes. De l'autre, le pouvoir sacerdotal a été entièrement déplacé de sa position influente de contrôleur et de législateur de la société. Le Coran et son code de lois ont pris la place des Dharma (loi et ordre cosmique) Shâstras de Manu et d'autres. La langue sanskrite a cédé la place au persan et à l'arabe. La langue sanskrite doit rester confinée uniquement aux écrits purement religieux et aux affaires religieuses de l'hindou conquis et détesté, et en tant que telle, vit depuis lors une existence précaire entre les mains du prêtre négligé. Le prêtre lui-même, vestige du pouvoir brâhmanique, se replia sur la dernière ressource de ne conduire que les cérémonies familiales relativement peu importantes, comme les cérémonies matrimoniales, etc., et cela seulement aussi longtemps et autant que la miséricorde des dirigeants musulmans le permettait.
Aux périodes védique et adjacentes, le pouvoir royal ne pouvait se manifester en raison de la pression écrasante du pouvoir sacerdotal. Nous avons vu comment, durant la révolution bouddhiste, résultant de la chute de la suprématie brahmanique, le pouvoir royal en Inde atteignit son point culminant. Dans l'intervalle entre la chute du bouddhisme et l'établissement de l'empire musulman, nous avons vu comment le pouvoir royal tentait de relever la tête à travers les Rajputs en Inde, et comment il échoua dans sa tentative. À la racine de cet échec aussi, on pouvait retracer les mêmes anciennes tentatives de la classe sacerdotale védique de ramener et de raviver avec une vie nouvelle leurs jours originels ritualistes.
Écrasant la suprématie brahmanique sous ses pieds, le roi musulman fut capable de restaurer dans une mesure considérable les gloires perdues de dynasties d'empereurs telles que les Maurya, les Gupta, les Andhra et les Kshâtrapa.
Ainsi le pouvoir sacerdotal, que des sages comme Kumârila, Shankara et Râmânuja tentèrent de rétablir, qui fut un temps soutenu par l'épée du pouvoir Rajput, et qui essaya de reconstruire sa structure sur la chute de ses adversaires jaïns et bouddhistes, fut sous la domination musulmane endormi pour toujours, sans réveil possible. Durant cette période, l'antagonisme ou la guerre n'est pas entre rois et prêtres, mais entre rois et rois. À la fin de cette période, lorsque le pouvoir hindou releva à nouveau la tête et, dans une certaine mesure, réussit à régénérer l'hindouisme à travers les Marathes et les Sikhs, nous ne trouvons guère de jeu du pouvoir sacerdotal dans ces régénérations. Au contraire, lorsque les Sikhs admettaient un brahmane dans leur secte, ils le contraignaient d'abord à renoncer publiquement à ses signes brahmaniques antérieurs et à adopter les signes reconnus de leur propre religion.
De cette manière, après un jeu séculaire d'action et de réaction entre ces deux forces, la victoire finale du pouvoir royal résonna sur le sol de l'Inde pendant plusieurs siècles, au nom de monarques étrangers professant une religion entièrement différente de la foi du pays. Mais à la fin de cette période musulmane, un autre pouvoir entièrement nouveau fit son apparition sur l'arène et commença lentement à affirmer sa puissance dans les affaires du monde indien.
Ce pouvoir est si nouveau, sa nature et ses mécanismes si étrangers à l'esprit indien, son essor si inconcevable et sa vigueur si insurmontable que, bien qu'il exerce le pouvoir suzerain jusqu'à aujourd'hui, seule une poignée d'Indiens comprend ce qu'est ce pouvoir.
Nous parlons de l'occupation de l'Inde par l'Angleterre.
Depuis les temps les plus anciens, la renommée des vastes richesses de l'Inde et de ses riches greniers a embrasé chez de nombreuses nations étrangères puissantes le désir de la conquérir. Elle a été, en fait, maintes et maintes fois conquise par des nations étrangères. Alors pourquoi devrions-nous dire que l'occupation de l'Inde par l'Angleterre était quelque chose de nouveau et d'étranger à l'esprit indien ?
Depuis des temps immémoriaux, les Indiens ont vu le pouvoir royal le plus puissant trembler devant le froncement de sourcils du prêtre ascétique, dépourvu de désir mondain, armé de force spirituelle, de la puissance des Mantras (formules sacrées) et du savoir religieux, et de l'arme des malédictions. Ils ont aussi vu le peuple soumis obéir silencieusement aux commandements de leurs suzerains tout-puissants et héroïques, soutenus par leurs armes et leurs armées, comme un troupeau de moutons devant un lion. Mais qu'une poignée de Vaishyas (marchands), qui malgré leur grande richesse ont toujours tremblé de crainte non seulement devant le roi mais aussi devant tout membre de la famille royale, s'unissent, traversent pour des fins commerciales rivières et mers, et que, uniquement en vertu de leur intelligence et de leur richesse, ils fassent progressivement des marionnettes des dynasties hindoues et musulmanes depuis longtemps établies ; non seulement cela, mais qu'ils achètent aussi les services des puissances dirigeantes de leur propre pays et utilisent leur valeur et leur savoir comme de puissants instruments pour l'afflux de leurs propres richesses : voilà un spectacle entièrement nouveau pour les Indiens, tout comme le spectacle que les descendants de la puissante noblesse d'un pays, dont un fier seigneur, esquissé par la plume extraordinaire de son grand poète, dit à un homme du commun : « Hors d'ici, fumier ! Tu oses braver un noble ? », considéreraient dans un avenir pas si lointain comme le zénith de l'ambition humaine d'être envoyés en Inde comme serviteurs obéissants d'un corps de marchands appelé la Compagnie des Indes orientales : un tel spectacle était en vérité une nouveauté que l'Inde n'avait jamais vue auparavant !
Selon la prédominance, à un degré plus ou moins grand, des trois qualités de Sattva, Rajas et Tamas chez l'homme, les quatre castes, le brahmane, le Kshatriya, le Vaishya et le Shudra, sont partout présentes en tout temps, dans toutes les sociétés civilisées. Par la main puissante du temps, leur nombre et leur pouvoir varient aussi à différentes époques selon les différents pays. Dans certains pays, la force numérique ou l'influence de l'une de ces castes peut prédominer sur une autre ; à certaines périodes, l'une des classes peut être plus puissante que les autres. Mais d'une étude attentive de l'histoire du monde, il apparaît que, conformément à la loi de la nature, les quatre castes, le brahmane, le Kshatriya, le Vaishya et le Shudra, dans chaque société, l'une après l'autre en succession, gouvernent le monde.
Parmi les Chinois, les Sumériens, les Babyloniens, les Égyptiens, les Chaldéens, les Aryas, les Iraniens, les Juifs, les Arabes, parmi toutes ces nations anciennes, le pouvoir suprême de guider la société est, dans la première période de leur histoire, entre les mains du brahmane ou du prêtre. Dans la seconde période, le pouvoir dirigeant est le Kshatriya, c'est-à-dire soit la monarchie absolue, soit le gouvernement oligarchique par un corps d'hommes choisis. Parmi les nations occidentales modernes, avec l'Angleterre à leur tête, ce pouvoir de contrôler la société est, pour la première fois, entre les mains des Vaishyas ou des communautés marchandes, enrichies par le commerce.
Bien que Troie et Carthage dans les temps anciens et Venise et d'autres petits États commerciaux de temps comparativement plus modernes soient devenus très puissants, pourtant, parmi eux, il n'y avait pas la véritable montée du pouvoir Vaishya au sens propre du terme.
À proprement parler, les descendants de la famille royale détenaient le monopole exclusif du commerce de ces jours anciens en employant le peuple commun et leurs serviteurs sous eux pour mener le commerce ; et ils s'appropriaient les profits qui en résultaient. À l'exception de ces quelques hommes, personne n'avait le droit de prendre part ou même d'exprimer une opinion dans le gouvernement du pays et les affaires connexes. Dans les pays les plus anciens comme l'Égypte, le pouvoir sacerdotal jouit d'une suprématie incontestée seulement pendant une courte période, après quoi il fut subjugué par le pouvoir royal et vécut comme son auxiliaire. En Chine, le pouvoir royal, centralisé par le génie de Confucius, a contrôlé et guidé le pouvoir sacerdotal, conformément à sa volonté absolue, pendant plus de vingt-cinq siècles ; et durant les deux derniers siècles, les Lamas envahissants du Tibet, bien qu'ils soient les guides spirituels de la famille royale, ont été contraints de passer leurs jours en étant soumis en tout point à l'empereur chinois.
En Inde, le pouvoir royal réussit à conquérir le pouvoir sacerdotal et à déclarer son autorité sans entraves bien après que les autres nations civilisées anciennes l'eurent fait ; et par conséquent, l'inauguration de l'Empire indien se produisit bien après que les empires chinois, égyptien, babylonien et autres se furent élevés. Ce fut seulement avec le peuple juif que le pouvoir royal, bien qu'il ait lutté ardemment pour établir sa suprématie sur le pouvoir sacerdotal, rencontra une défaite totale dans sa tentative. Même les Vaishyas n'atteignirent pas le pouvoir dirigeant chez les Juifs. D'autre part, le peuple soumis, essayant de se libérer des chaînes du clergé, fut écrasé à mort sous la commotion interne de mouvements religieux adverses comme le christianisme et la pression extérieure du puissant Empire romain.
De même que dans les temps anciens le pouvoir sacerdotal, malgré sa longue lutte, fut soumis par le pouvoir royal plus puissant, de même, dans les temps modernes, devant le coup violent du pouvoir Vaishya nouvellement surgi, plus d'une couronne royale a dû embrasser le sol, plus d'un sceptre a été brisé à jamais. Seuls ces quelques trônes auxquels il est encore permis d'exercer quelque pouvoir dans certains pays civilisés et de faire étalage de leur pompe et grandeur royales sont tous maintenus uniquement par les vastes hordes de richesse de ces communautés Vaishyas, les marchands de sel, d'huile, de sucre et de vin, et entretenus comme une façade magnifique et imposante et comme un moyen de glorification pour le corps véritablement gouvernant en arrière-plan : les Vaishyas.
Ce puissant pouvoir Vaishya nouvellement surgi, à la commande duquel l'électricité transporte des messages en un instant d'un pôle à l'autre, dont l'autoroute est le vaste océan avec ses vagues hautes comme des montagnes, à l'instance duquel les marchandises sont transportées avec la plus grande facilité d'une partie du globe à l'autre, et au mandat duquel même les plus grands monarques tremblent, sur la crête blanche et écumeuse de cette immense vague, le pouvoir Vaishya tout-conquérant, est installé le majestueux trône de l'Angleterre dans toute sa grandeur.
Par conséquent, la conquête de l'Inde par l'Angleterre n'est pas une conquête par Jésus ou la Bible comme on nous demande souvent de le croire. Ce n'est pas non plus comme la conquête de l'Inde par les Moghols et les Pathans. Mais derrière le nom du Seigneur Jésus, la Bible, les palais magnifiques, le lourd piétinement des armées composées d'éléphants, de chars, de cavalerie et d'infanterie faisant trembler la terre, les sons des trompettes de guerre, des clairons et des tambours, et l'étalage splendide du trône royal, derrière tout cela, il y a toujours la présence virtuelle de l'Angleterre, cette Angleterre dont le drapeau de guerre est la cheminée d'usine, dont les troupes sont les marchands, dont les champs de bataille sont les places de marché du monde, et dont l'Impératrice est la resplendissante Déesse de la Fortune elle-même ! C'est pour cette raison que j'ai dit auparavant que c'est en effet une nouveauté sans précédent, cette conquête de l'Inde par l'Angleterre. Quelle nouvelle révolution sera effectuée en Inde par sa rencontre avec cette nouvelle puissance gigantesque, et comme résultat de cette révolution quelle nouvelle transformation est réservée à l'Inde future, ne peut être déduit de son histoire passée.
J'ai déclaré précédemment que les quatre castes, brahmane, Kshatriya, Vaishya et Shudra, gouvernent successivement le monde. Durant la période d'autorité suprême exercée par chacune de ces castes, certains actes sont accomplis qui concourent au bien-être du peuple, tandis que d'autres lui sont nuisibles.
Le fondement du pouvoir sacerdotal repose sur la force intellectuelle, et non sur la force physique des armes. Par conséquent, avec la suprématie du pouvoir sacerdotal, il y a une grande prévalence de la culture intellectuelle et littéraire. Tout cœur humain aspire toujours à communiquer avec le monde spirituel suprasensible et à en recevoir de l'aide. L'entrée dans ce monde n'est pas possible pour la généralité des hommes ; seules quelques grandes âmes qui peuvent acquérir un contrôle parfait sur leurs organes sensoriels et qui possèdent une nature où prédomine l'essence du Sattva Guna sont capables de percer le formidable mur de la matière et de se trouver face à face, pour ainsi dire, avec le suprasensible : ce sont elles seules qui connaissent les mécanismes de ce royaume, en rapportent les messages et montrent le chemin aux autres. Ces grandes âmes sont les prêtres, les guides primitifs, les chefs et les moteurs des sociétés humaines. Le prêtre connaît les dieux et communique avec eux ; il est donc vénéré comme un dieu. Laissant derrière lui les pensées du monde, il n'a plus à se consacrer à gagner son pain à la sueur de son front. Les meilleures et premières parts de toute nourriture et boisson sont dues en offrandes aux dieux ; et de ces dieux, les représentants visibles sur terre sont les prêtres. C'est par leur bouche qu'ils participent aux offrandes. Sciemment ou non, la société accorde au prêtre un loisir abondant, et il peut donc avoir l'occasion d'être méditatif et de nourrir des pensées plus élevées. D'où le développement de la sagesse et du savoir qui prend naissance d'abord avec la suprématie du pouvoir sacerdotal. Le prêtre se tient entre le lion redoutable, le roi, d'un côté, et le troupeau de moutons terrifiés, le peuple soumis, de l'autre. Le bond destructeur du lion est arrêté par le bâton de contrôle du pouvoir spirituel dans les mains du prêtre. La flamme de la volonté despotique du roi, rendu fou par l'orgueil de sa richesse et de ses hommes, est capable de réduire en cendres tout ce qui se trouve sur son chemin ; mais il suffit d'un mot du prêtre, qui n'a derrière lui ni richesse ni hommes mais dont la seule force est son pouvoir spirituel, pour éteindre la volonté royale despotique, comme l'eau éteint le feu.
Avec l'ascendance de la suprématie sacerdotale apparaissent le premier avènement de la civilisation, la première victoire de la nature divine sur la nature animale, la première maîtrise de l'esprit sur la matière, et la première manifestation de la puissance divine qui est potentiellement présente dans cet esclave même de la nature, ce morceau de chair qu'est le corps humain. Le prêtre est le premier à discerner l'esprit de la matière, le premier à contribuer à mettre ce monde en communion avec l'autre, le premier messager des dieux à l'homme, et le pont intermédiaire qui relie le roi à ses sujets. Le premier rejeton du bien-être universel est nourri par son pouvoir spirituel, par sa dévotion au savoir et à la sagesse, par son renoncement, mot d'ordre de sa vie, et arrosé même par le flot de son propre sang vital. C'est pourquoi, en chaque terre, c'est à lui que la première et la plus haute adoration fut offerte. C'est pourquoi même sa mémoire nous est sacrée !
Il y a aussi des maux. Avec la croissance de la vie est semée simultanément la graine de la mort. L'obscurité et la lumière vont toujours de pair. En vérité, il y a de grands maux qui, s'ils ne sont pas contrôlés en temps voulu, mènent à la ruine de la société. Le jeu du pouvoir à travers la matière grossière est universellement éprouvé ; chacun voit, chacun comprend, la puissante manifestation de la force matérielle grossière telle qu'elle se déploie dans le jeu des haches de guerre et des épées, ou dans les propriétés brûlantes du feu et de la foudre. Personne ne doute de ces choses, et il ne peut jamais y avoir de question sur leur authenticité. Mais là où le réservoir du pouvoir et le centre de son jeu sont entièrement mentaux, là où le pouvoir est confiné à certains mots spéciaux, à certains modes spéciaux de les prononcer, à la répétition mentale de certaines syllabes mystérieuses, ou à d'autres processus et applications semblables de l'esprit, là la lumière se mêle à l'ombre, là le flux et le reflux perturbent naturellement la foi autrement inébranlable, et là même lorsque les choses sont réellement vues ou directement perçues, des doutes surgissent parfois quant à leur occurrence réelle. Là où la détresse, la peur, la colère, la malice, l'esprit de représailles et les passions semblables de l'homme, abandonnant la force palpable des armes, abandonnant les méthodes matérielles grossières pour atteindre le but visé que chacun peut comprendre, y substituent les processus mentaux mystérieux comme le Stambhana, l'Uchchâtana, le Vashikarana et le Mârana pour leur fructification, là un nuage d'indistinction brumeuse, pour ainsi dire, enveloppe naturellement l'atmosphère mentale de ces hommes qui vivent et se meuvent souvent dans ces mondes brumeux de mysticisme obscur. Aucune ligne d'action droite ne se présente devant un tel esprit ; même si elle le fait, l'esprit la déforme en la rendant tortueuse. Le résultat final de tout cela est l'insincérité, cette étroitesse très limitée du cœur, et par-dessus tout, la plus fatale est l'extrême intolérance née de l'envie malveillante devant l'excellence supérieure d'autrui.
Le prêtre se dit naturellement : « Pourquoi partagerais-je le pouvoir qui m'a rendu maître des Devas, m'a donné la maîtrise des maladies physiques et mentales, et m'a valu le service des fantômes, démons et autres esprits invisibles ? J'ai chèrement acheté ce pouvoir au prix d'un renoncement extrême. Pourquoi donnerais-je à d'autres ce pour quoi j'ai dû renoncer à ma richesse, mon nom, ma renommée, bref, à tous mes conforts et bonheurs terrestres ? » De plus, ce pouvoir est entièrement mental. Et combien d'occasions n'a-t-on pas de le garder parfaitement secret ! Prise dans cet engrenage de circonstances, la nature humaine devient ce qu'elle deviendrait inévitablement : habituée à pratiquer une constante dissimulation de soi, elle devient victime d'un égoïsme extrême et de l'hypocrisie, et succombe finalement aux conséquences empoisonnées qu'ils entraînent dans leur sillage. Avec le temps, la réaction de ce désir même de dissimulation retombe sur soi-même. Tout savoir, toute sagesse est presque perdu faute d'exercice et de diffusion convenables, et le peu qui reste est considéré comme ayant été obtenu de quelque source surnaturelle ; et par conséquent, loin de faire de nouveaux efforts pour aller vers l'originalité et acquérir la connaissance de nouvelles sciences, il est considéré comme inutile et vain de tenter même d'améliorer les vestiges de l'ancien savoir en les purifiant de leurs corruptions. Ainsi privé de son ancienne sagesse, de son ancien esprit indomptable d'autonomie, le prêtre, ne se glorifiant plus désormais qu'au nom de ses ancêtres, lutte vainement pour préserver intactes pour lui-même la même gloire, le même privilège, la même vénération et la même suprématie dont jouissaient ses grands ancêtres. D'où sa violente collision avec les autres castes.
Selon la loi de la nature, partout où il y a un éveil d'une vie nouvelle et plus forte, celle-ci cherche à conquérir et à prendre la place de l'ancienne et de la décadente. La nature favorise l'extinction des inaptes et la survie des plus aptes. Le résultat final d'un tel conflit entre la classe sacerdotale et les autres classes a déjà été mentionné.
Ce renoncement, ce contrôle de soi et cet ascétisme du prêtre qui, durant la période de son ascendance, étaient consacrés à la poursuite de recherches sincères de la vérité, sont, à la veille de son déclin, employés à nouveau et dépensés uniquement dans l'accumulation d'objets de gratification personnelle et dans l'extension de sa supériorité privilégiée sur autrui. Ce pouvoir, dont la centralisation en lui-même lui valait tout honneur et toute adoration, a maintenant été précipité de sa haute position céleste dans l'abîme le plus bas de l'enfer. Ayant perdu de vue son but, errant sans direction, le pouvoir sacerdotal est empêtré, comme l'araignée, dans la toile qu'il a lui-même tissée. La chaîne qui a été forgée de génération en génération avec le plus grand soin pour être mise aux pieds des autres est maintenant resserrée autour des siens en mille anneaux, et entrave ses propres mouvements de cent façons. Pris dans le fil sans fin du réseau de rites, cérémonies et coutumes infinies qu'il avait étendu de tous côtés comme moyens extérieurs de purification du corps et de l'esprit afin de tenir la société dans la poigne de fer de ces liens innombrables, le pouvoir sacerdotal, ainsi désespérément empêtré de la tête aux pieds, dort maintenant dans le désespoir ! Il n'y a plus moyen d'en sortir. Déchirer le filet, et le sacerdoce du prêtre est ébranlé dans ses fondements ! Il est implanté en tout homme, naturellement, un fort désir de progrès ; et ceux qui, trouvant que l'accomplissement de ce désir est impossible tant qu'on est enchaîné dans les fers du sacerdoce, déchirent ce filet et adoptent la profession d'autres castes afin d'y gagner de l'argent, ceux-là, la société les dépossède immédiatement de leurs droits sacerdotaux. La société n'a pas foi dans la brahmanité des prétendus brahmanes qui, au lieu de garder le Shikhâ, se coiffent avec une raie, qui, abandonnant leurs habitudes anciennes et coutumes ancestrales, se vêtent d'habits semi-européens et adoptent de manière hybride les usages nouvellement introduits de l'Occident. De plus, dans les parties de l'Inde où ce nouveau venu, le gouvernement anglais, introduit de nouveaux modes d'éducation et ouvre de nouveaux canaux pour l'afflux de richesse, des foules de jeunes brahmanes abandonnent leur profession sacerdotale héréditaire et tentent de gagner leur vie et de s'enrichir en adoptant les métiers d'autres castes, avec pour résultat que les habitudes et coutumes de la classe sacerdotale, transmises par leurs lointains ancêtres, sont dispersées aux quatre vents et disparaissent rapidement du pays.
Au Gujarat, chaque sous-secte des brahmanes est divisée en deux subdivisions, l'une étant ceux qui s'en tiennent encore à la profession sacerdotale, tandis que l'autre vit d'autres professions. Là, seules les premières subdivisions, exerçant la profession sacerdotale, sont appelées « Brâhmanas », et bien que les autres subdivisions soient par lignage des descendants de pères brahmanes, les premières ne se lient pas en relation matrimoniale avec les secondes. Par exemple, par le nom de « Nâgara Brâhmana » sont désignés uniquement les brahmanes qui sont prêtres vivant d'aumônes ; et par le nom « Nâgara » seulement sont désignés les brahmanes qui ont accepté un service sous le gouvernement ou ceux qui exercent la profession de Vaishya. Mais il semble que de telles distinctions ne dureront pas longtemps de nos jours au Gujarat. Même les fils des « Nagara Brahmanas » reçoivent aujourd'hui une éducation anglaise et entrent dans la fonction publique ou adoptent quelque commerce. Même les Pandits orthodoxes de la vieille école, confrontés à des difficultés pécuniaires, envoient leurs fils dans les collèges des universités anglaises ou leur font choisir les professions de Vaidyas, Kâyasthas et autres castes non-brahmanes. Si le cours des affaires continue dans cette direction, alors c'est sans aucun doute une question de la plus sérieuse réflexion que de savoir combien de temps encore la classe sacerdotale continuera d'exister sur le sol de l'Inde. Ceux qui rejettent la faute de tenter de renverser la suprématie de la classe sacerdotale sur telle ou telle personne ou groupe de personnes autre qu'eux-mêmes devraient savoir que, en obéissance à la loi inévitable de la nature, la caste brahmane érige de ses propres mains son propre sépulcre ; et c'est ainsi que cela doit être. Il est bon et approprié que chaque caste de haute naissance et de noblesse privilégiée considère comme son devoir principal d'élever son propre bûcher funéraire de ses propres mains. L'accumulation du pouvoir est aussi nécessaire que sa diffusion, ou plutôt davantage. L'accumulation du sang dans le cœur est une condition indispensable de la vie ; sa non-circulation à travers le corps signifie la mort. Pour le bien-être de la société, il est absolument nécessaire à certaines époques de concentrer tout le savoir et tout le pouvoir dans certaines familles ou castes à l'exclusion des autres, mais ce pouvoir concentré n'est focalisé que pour un temps, seulement pour être diffusé largement sur l'ensemble de la société dans l'avenir. Si cette diffusion est retenue, la destruction de cette société est, sans aucun doute, proche.
D'autre côté, le roi est comme le lion ; en lui sont présentes à la fois les bonnes et les mauvaises propensions du seigneur des bêtes. Jamais un seul instant ses griffes féroces ne se retiennent de déchirer le cœur d'animaux innocents vivant d'herbes et de pâturages pour étancher sa soif de sang quand l'occasion se présente ; mais, dit le poète, bien que lui-même frappé par la vieillesse et mourant de faim, le lion ne tue jamais le renard le plus faible qui se jette dans ses bras pour sa protection. Si les classes soumises, ne serait-ce qu'un instant, se dressent comme obstacles sur le chemin de la gratification des sens du lion royal, leur glas est inévitablement sonné ; si elles s'inclinent humblement devant ses commandements, elles sont parfaitement en sécurité. Non seulement cela. Sans parler des temps anciens, même dans les temps modernes, nulle société ne peut être trouvée dans aucun pays où l'efficacité du sacrifice individuel pour le bien du plus grand nombre et l'unité de dessein et d'effort animant chaque membre de la société pour le bien commun de l'ensemble aient été pleinement réalisées. D'où la nécessité des rois qui sont les créations de la société elle-même. Ils sont les centres où toutes les forces de la société, autrement dispersées, sont amenées à converger, et d'où elles partent et circulent à travers le corps politique pour animer la société.
De même que durant la suprématie brâhmanique, au premier stade se produit l'éveil de la première impulsion vers la recherche du savoir, et plus tard le soin continu et attentif apporté à la croissance de cette impulsion encore dans son enfance, de même, durant la suprématie Kshatriya, un fort désir de plaisirs est apparu au premier stade, et plus tard ont surgi les inventions et développements des arts et des sciences comme moyens de sa gratification. Le roi, au faîte de sa gloire, peut-il cacher sa tête orgueilleuse dans les humbles chaumières des pauvres ? Ou le bien commun de ses sujets peut-il jamais satisfaire son appétit royal ?
Celui dont la dignité ne supporte aucune comparaison avec quiconque sur terre, celui qui est la divinité résidant dans le temple du corps humain — pour l'homme du commun, jeter ne serait-ce qu'un simple regard sur ses objets de plaisir est un grand péché ; penser à les posséder un jour est tout à fait hors de question. Le corps du roi n'est pas comme celui des autres, il est trop sacré pour être souillé par quelque contamination ; dans certains pays, on croit même qu'il ne tombe jamais sous l'empire de la mort. Un halo de sainteté égale rayonne autour de la reine, si bien qu'elle est scrupuleusement protégée du regard du peuple ; même le soleil ne peut poser un regard sur sa beauté ! D'où l'édification de palais magnifiques pour remplacer les chaumières de chaume. La douce mélodie harmonieuse de la musique artistique, s'écoulant comme venant du ciel, fit taire le jargon désordonné de la populace. Des jardins enchanteurs, des bosquets agréables, de belles galeries, des peintures charmantes, des sculptures exquises, des vêtements fins et coûteux commencèrent à supplanter progressivement les beautés naturelles des bois sauvages et le vêtement rude et grossier du simple paysan. Des milliers d'hommes intelligents abandonnèrent la tâche laborieuse du laboureur et tournèrent leur attention vers le nouveau domaine des beaux-arts, où ils pouvaient déployer le jeu plus subtil de leur intellect de manière moins laborieuse et plus aisée. Les villages perdirent leur importance ; les villes se dressèrent à leur place.
Ce fut en Inde, encore une fois, que les rois, après avoir joui pendant quelque temps des plaisirs terrestres à pleine satisfaction, furent frappés dans la dernière partie de leur vie par une lourde lassitude du monde, comme il est certain d'advenir après la gratification extrême des sens ; et ainsi, rassasiés des plaisirs mondains, ils se retirèrent dans leur vieil âge dans des forêts isolées, et là commencèrent à contempler les problèmes profonds de la vie. Les résultats d'un tel renoncement et d'une telle méditation profonde furent marqués par un fort dégoût des rites et cérémonies encombrants et une dévotion extrême aux plus hautes vérités spirituelles que nous trouvons incarnées dans les Upanishads, la Gita et les écritures jaïnes et bouddhistes. Là aussi il y eut un grand conflit entre les pouvoirs sacerdotal et royal. La disparition des rites et cérémonies élaborés signifiait un coup mortel pour la profession du prêtre. Par conséquent, naturellement, en tous temps et en tous pays, les prêtres se ceignent les reins et font de leur mieux pour préserver les anciennes coutumes et usages, tandis que de l'autre côté se dressent en opposition des rois comme Janaka, soutenus tant par la prouesse Kshatriya que par le pouvoir spirituel. Nous avons déjà traité longuement de cet antagonisme amer entre les deux parties.
De même que le prêtre s'occupe de centraliser tout le savoir et tout l'apprentissage en un point commun, à savoir lui-même, de même le roi est toujours affairé à rassembler tous les pouvoirs terrestres et à les concentrer en un point central, c'est-à-dire sa propre personne. Bien sûr, les deux sont bénéfiques à la société. À un moment donné, ils sont tous deux nécessaires au bien commun de la société, mais cela seulement à son stade infantile. Mais si des tentatives sont faites, lorsque la société a dépassé son stade infantile et atteint sa vigoureuse condition de jeunesse, de la revêtir de force de l'habit qui lui convenait dans son enfance et de la maintenir dans d'étroites limites, alors soit elle brise ses liens par la vertu de sa propre force et cherche à avancer, soit, là où elle échoue, elle rebrousse chemin et par degrés lents retourne à sa condition primitive non civilisée.
Les rois sont comme des parents pour leurs sujets, et les sujets sont les enfants des rois. Les sujets devraient, en tout, se tourner vers le roi et s'attacher à leur roi avec une obéissance sans réserve, et le roi devrait les gouverner avec une justice impartiale, veiller à leur bien-être et porter envers eux la même affection qu'il porterait à ses propres enfants. Mais la règle qui s'applique aux foyers individuels s'applique aussi à toute la société, car la société n'est que l'agrégat des foyers individuels. « Quand le fils atteint l'âge de seize ans, le père doit traiter avec lui comme avec un ami et un égal » : si telle est la règle, la société en enfance n'atteint-elle jamais cet âge de seize ans ? L'histoire témoigne qu'à un certain moment, chaque société atteint sa maturité, quand un conflit violent s'engage entre le pouvoir dirigeant et le peuple. La vie de la société, son expansion et sa civilisation dépendent de sa victoire ou de sa défaite dans ce conflit.
De tels changements révolutionnant la société se sont produits en Inde encore et encore, seulement dans ce pays ils ont été effectués au nom de la religion, car la religion est la vie de l'Inde, la religion est le langage de ce pays, le symbole de tous ses mouvements. Les Chârvâka, les Jaïns, les Bouddhistes, Shankara, Ramanuja, Kabir, Nânak, Chaitanya, le Brâhmo Samâj, l'Arya Samaj : de toutes ces sectes et d'autres semblables, la vague de religion, écumante, tonnante, déferlante, brise à l'avant, tandis qu'à l'arrière suit le comblement des besoins sociaux. Si tous les désirs peuvent être accomplis par la simple prononciation de quelques syllabes dépourvues de sens, alors qui s'efforcera et traversera des difficultés pour réaliser l'accomplissement de ses désirs ? Si cette maladie envahit tout le corps d'un système social, alors cette société devient indolente et rétive à tout effort et se hâte bientôt vers sa ruine. D'où le sarcasme cinglant des Charvakas, qui ne croyaient qu'à la réalité des perceptions sensorielles et rien au-delà. Qu'est-ce qui aurait pu sauver la société indienne du fardeau pesant d'un cérémonialisme ritualiste omniforme, avec ses sacrifices animaux et autres, qui écrasait presque la vie elle-même, sinon la révolution jaïne qui prit sa ferme position exclusivement sur la morale pure et la vérité philosophique ? Ou sans la révolution bouddhiste, qu'est-ce qui aurait délivré les millions souffrants des classes inférieures des tyrannies violentes des classes supérieures influentes ? Quand, au fil du temps, le bouddhisme déclina et que son caractère extrêmement pur et moral céda la place à des pratiques tout aussi mauvaises, impures et immorales, quand la société indienne trembla sous la danse infernale des diverses races de barbares admis dans le giron bouddhiste en vertu de son esprit universel et englobant d'égalité, alors Shankara, et plus tard Ramanuja, apparurent sur la scène et firent de leur mieux pour ramener la société à ses anciens jours de gloire et rétablir son statut perdu. De plus, c'est un fait indubitable que s'il n'y avait pas eu l'avènement de Kabir, Nanak et Chaitanya à la période musulmane, et l'établissement du Brahmo Samaj et de l'Arya Samaj à notre propre époque, alors, à ce jour, les musulmans et les chrétiens auraient largement dépassé en nombre les hindous actuels de l'Inde.
Quel meilleur matériau y a-t-il que la nourriture nutritive pour construire le corps composé de divers éléments, et l'esprit qui émet des vagues infinies de pensée ? Mais si cette nourriture qui sert à soutenir le corps et à fortifier l'esprit n'est pas correctement assimilée, et que les fonctions naturelles du corps ne fonctionnent pas correctement, alors cette chose même devient la racine de tout mal.
La vie de l'individu est dans la vie du tout, le bonheur de l'individu est dans le bonheur du tout ; en dehors du tout, l'existence de l'individu est inconcevable : c'est là une vérité éternelle et le socle sur lequel l'univers est bâti. Avancer lentement vers le tout infini, portant un sentiment constant de sympathie intense et d'identité avec lui, étant heureux de son bonheur et affligé de son affliction, est le seul devoir de l'individu. Non seulement c'est son devoir, mais dans sa transgression réside sa mort, tandis que l'observance de cette grande vérité mène à la vie immortelle. C'est la loi de la nature, et qui peut jeter de la poussière dans ses yeux toujours vigilants ? Nul ne peut tromper la société et la décevoir pendant longtemps. Si grands que soient les monceaux d'ordures et de boue accumulés à la surface de la société, au fond de ces monceaux le souffle vital de la société continue toujours de palpiter avec les vibrations de l'amour universel et de la compassion sacrificielle pour tous. La société est comme la terre qui supporte patiemment d'incessantes agressions ; mais elle s'éveille un jour, si long que soit ce jour à venir, et la force des tremblements de cet éveil projette au loin la saleté accumulée de l'égoïsme mesquin entassée durant des millions d'années patientes et silencieuses !
Nous ignorons cette vérité sublime ; et bien que nous souffrions mille fois de notre folie, pourtant, dans notre absurde sottise, poussés par la brute en nous, nous n'y croyons pas. Nous essayons de tromper, mais mille fois nous nous trouvons nous-mêmes trompés, et pourtant nous ne nous arrêtons pas ! Fous que nous sommes, nous imaginons pouvoir en imposer à la nature ! Avec notre vision à courte vue, nous pensons que servir le soi à n'importe quel prix est l'alpha et l'oméga de la vie.
Sagesse, savoir, richesse, hommes, force, prouesse et tout ce que la nature rassemble et nous fournit, tout cela n'est que pour être diffusé quand le moment du besoin est venu. Nous oublions souvent ce fait, mettons le sceau du « à moi seul » sur les dépôts confiés, et du même coup nous semons la graine de notre propre ruine !
Le roi, centre des forces de l'agrégat de ses sujets, oublie bientôt que ces forces ne sont que déposées en lui pour qu'il les augmente et les rende au centuple en puissance, afin qu'elles se répandent sur toute la communauté pour son bien. S'attribuant toute la divinité, dans son orgueil, comme le roi Vena, il regarde les autres comme de misérables spécimens d'humanité qui devraient ramper devant lui ; toute opposition à sa volonté, bonne ou mauvaise, est un grand péché de la part de ses sujets. D'où l'oppression qui prend la place de la protection, et l'on suce le sang des sujets au lieu de les préserver. Si la société est faible et débilitée, elle souffre en silence tous les mauvais traitements aux mains du roi, et comme conséquence naturelle, le roi et son peuple descendent et descendent encore et tombent dans l'état le plus dégradé, devenant ainsi une proie facile pour toute nation plus forte qu'eux. Là où la société est saine et forte, s'ensuit bientôt un conflit féroce entre le roi et ses sujets, et, par sa réaction et sa convulsion, sont projetés au loin le sceptre et la couronne ; et le trône et l'attirail royal deviennent comme des curiosités du passé conservées dans les galeries d'un musée.
Comme résultat de ce conflit, comme sa réaction, apparaît la puissante force du Vaishya, devant le regard courroucé duquel les têtes couronnées, les seigneurs de héros, tremblent comme une feuille de tremble sur leurs trônes : celui que le pauvre comme le prince suit humblement dans l'attente vaine de la jarre d'or dans ses mains qui, tel le fruit de Tantale, recule toujours hors de portée.
Le brahmane dit : « Le savoir est le pouvoir de tous les pouvoirs ; ce savoir dépend de moi, je possède ce savoir, donc la société doit obéir à mes ordres. » Pendant quelque temps, il en fut ainsi. Le Kshatriya dit : « Sans la puissance de mon épée, où serais-tu, ô brahmane, avec tout ton pouvoir de savoir ? Tu serais en un rien de temps effacé de la surface de la terre. C'est moi seul qui suis le supérieur. » L'épée flamboyante jaillit du fourreau cliquetant : la société la reconnut humblement en s'inclinant. Même l'adorateur du savoir fut le premier à se transformer en adorateur du roi. Le Vaishya dit : « Vous, insensés ! ce que vous appelez la divinité resplendissante et omniprésente est ici, dans ma main, l'or toujours brillant, le souverain tout-puissant. Voyez, par sa grâce, je suis moi aussi tout aussi puissant. Ô brahmane ! dès à présent, j'achèterai par sa grâce toute votre sagesse, votre savoir, vos prières et votre méditation. Et, ô grand roi ! votre épée, vos armes, votre valeur et votre prouesse seront bientôt employées, par la grâce de cet or qui est mien, à réaliser les objectifs que je désire. Voyez-vous ces manufactures hautes et vastes ? Ce sont mes ruches. Voyez comment des essaims de millions d'abeilles, les Shudras, y amassent incessamment le miel. Savez-vous pour qui ? Pour moi, ce moi qui, en temps voulu, en pressera chaque goutte pour mon propre usage et profit. »
De même que durant la suprématie du brahmane et du Kshatriya, il y a centralisation du savoir et progrès de la civilisation, de même le résultat de la suprématie du Vaishya est l'accumulation de la richesse. Le pouvoir du Vaishya réside dans la possession de cette monnaie dont le charme du tintement agit avec une fascination irrésistible sur les esprits des quatre castes. Le Vaishya craint toujours que le brahmane ne l'escroquât de cela, sa seule possession, et que le Kshatriya ne l'usurpât en vertu de sa force supérieure des armes. Pour sa propre conservation, les Vaishyas en tant que corps sont donc d'un seul esprit. Le Vaishya commande l'argent ; l'intérêt exorbitant qu'il peut exiger pour son usage par d'autres est, comme un fouet dans sa main, son arme puissante qui frappe de terreur le cœur de tous. Par la puissance de son argent, il est toujours occupé à réfréner le pouvoir royal. Que le pouvoir royal ne fasse en aucune façon obstacle à l'afflux de ses richesses, le marchand y veille constamment. Mais malgré tout, il n'a jamais le moindre souhait que le pouvoir passe de la classe royale à celle des Shudras.
En quel pays le marchand ne va-t-il pas ? Bien qu'ignorant lui-même, il mène son commerce et transplante le savoir, la sagesse, l'art et la science d'un pays à un autre. La sagesse, la civilisation et les arts qui se sont accumulés dans le cœur du corps social durant les suprématies brahmane et Kshatriya sont diffusés dans toutes les directions par les artères du commerce vers les différentes places de marché du Vaishya. Sans la montée de ce pouvoir Vaishya, qui aurait porté aujourd'hui la culture, le savoir, les acquis et les articles de nourriture et de luxe d'un bout du monde à l'autre ?
Et où sont-ils, ceux par le seul travail physique desquels sont possibles l'influence du brahmane, la prouesse du Kshatriya et la fortune du Vaishya ? Quelle est leur histoire, eux qui, étant le véritable corps de la société, sont désignés en tous temps et en tous pays comme « de basse naissance » ? Pour qui la bonne Inde prescrivit les douces punitions : « Qu'on lui coupe la langue, qu'on lui tranche la chair », et d'autres de même nature, pour un crime aussi grave que toute tentative de leur part de gagner une part du savoir et de la sagesse monopolisés par ses classes supérieures ; ces « cadavres ambulants » de l'Inde et les « bêtes de somme » des autres pays : les Shudras, quel est leur sort dans la vie ? Que dirai-je de l'Inde ? Sans même parler de sa classe Shudra, ses brahmanes à qui appartenait l'acquisition du savoir scripturaire sont maintenant les professeurs étrangers, ses Kshatriyas les Anglais qui gouvernent, et les Vaishyas aussi sont les Anglais dans les os et la moelle desquels est l'instinct du commerce, de sorte qu'il ne reste plus aux Indiens eux-mêmes que la condition de Shudra, la condition de bête de somme. Un nuage d'obscurité impénétrable nous a tous également enveloppés à présent. Il n'y a plus ni fermeté de dessein ni hardiesse d'entreprise, ni courage au cœur ni force d'esprit, ni aversion pour les mauvais traitements infligés par autrui ni dégoût de l'esclavage, ni amour dans le cœur ni espoir ni virilité ; mais ce que nous avons en Inde, ce sont seulement une envie profondément enracinée et une forte antipathie les uns contre les autres, le désir morbide de ruiner par tous les moyens les faibles, et de lécher comme des chiens les pieds des forts. Désormais, la plus haute satisfaction consiste dans l'étalage de richesse et de pouvoir, la dévotion dans la gratification personnelle, la sagesse dans l'accumulation d'objets transitoires, le Yoga (discipline spirituelle d'union avec le divin) dans d'hideuses pratiques diaboliques, le travail dans l'asservissement aux autres, la civilisation dans l'imitation servile des nations étrangères, l'éloquence dans l'usage d'un langage injurieux, le mérite de la littérature dans les flatteries extravagantes des riches ou dans la diffusion d'obscénités sinistres ! Que dire séparément de la classe Shudra distincte d'un tel pays où la population tout entière est virtuellement descendue au niveau du Shudra ? Les Shudras des pays autres que l'Inde semblent s'être un peu éveillés ; mais il leur manque une éducation convenable et ils n'ont que la haine mutuelle des hommes de leur propre classe, trait commun aux Shudras. Que leur sert-il de surpasser largement en nombre les autres classes ? Cette unité par laquelle dix hommes rassemblent la force d'un million est encore loin du Shudra ; par conséquent, selon la loi de la nature, les Shudras forment invariablement la race sujette.
Mais il y a de l'espoir. Dans le cours puissant du temps, les brahmanes et les autres castes supérieures aussi sont ramenés au statut inférieur des Shudras, et les Shudras sont élevés à des rangs supérieurs. L'Europe, jadis terre de Shudras asservis par Rome, est maintenant emplie de valeur Kshatriya. Même sous nos yeux, la puissante Chine, à grands pas, descend vers la condition de Shudra, tandis que l'insignifiant Japon, s'élevant avec le départ soudain d'une fusée, rejette sa nature de Shudra et envahit par degrés les droits des castes supérieures. L'accession de la Grèce et de l'Italie modernes à la condition de Kshatriya et le déclin de la Turquie, de l'Espagne et d'autres pays méritent aussi considération ici.
Pourtant, un temps viendra où se produira l'avènement de la classe Shudra, avec sa nature de Shudra ; c'est-à-dire, non pas comme à présent où les Shudras deviennent grands en acquérant les qualités caractéristiques du Vaishya ou du Kshatriya, mais un temps viendra où les Shudras de chaque pays, avec leur nature et leurs habitudes innées de Shudra, ne devenant pas en essence Vaishya ou Kshatriya mais restant Shudras, obtiendront la suprématie absolue dans chaque société. La première lueur de l'aube de ce nouveau pouvoir a déjà commencé à poindre lentement sur le monde occidental, et les esprits réfléchis sont à bout de ressources pour méditer sur l'issue finale de ce phénomène inédit. Le socialisme, l'anarchisme, le nihilisme et d'autres sectes semblables sont l'avant-garde de la révolution sociale qui doit suivre. Sous le résultat d'une pression écrasante et d'une tyrannie exercées depuis la nuit des temps, les Shudras, en règle générale, sont soit mesquinement séniles, léchant comme des chiens les pieds de la classe supérieure, soit au contraire aussi inhumains que des bêtes brutes. De plus, en tout temps, leurs espoirs et leurs aspirations sont contrariés ; d'où une fermeté de dessein et une persévérance dans l'action qu'ils ne possèdent pas.
Malgré la diffusion de l'éducation en Occident, il y a un grand obstacle sur le chemin de l'élévation de la classe Shudra, et c'est la reconnaissance de la caste telle que déterminée par la présence plus ou moins grande de qualités bonnes ou mauvaises. Par ce système même de castes qualitatives qui existait en Inde dans les temps anciens, la classe Shudra fut maintenue, ligotée pieds et poings. En premier lieu, à peine quelque occasion était donnée au Shudra pour l'accumulation de richesse ou l'acquisition d'un savoir et d'une éducation convenables ; ajoutant à ce désavantage, si jamais un homme de parts et de génie extraordinaires naissait de la classe Shudra, les sections supérieures influentes de la société lui décernaient aussitôt des honneurs titulaires et l'élevaient dans leur propre cercle. Sa richesse et la puissance de sa sagesse étaient employées au bénéfice d'une caste étrangère, et les gens de sa propre caste ne récoltaient aucun fruit de ses réalisations ; et non seulement cela, les bons à rien, l'écume et le rebut des castes supérieures, étaient rejetés et précipités dans la classe Shudra pour en grossir le nombre. Vasishtha, Nârada, Satyakâma Jâbâla, Vyâsa, Kripa, Drona, Karna (héros du Mahabharata) et d'autres de parenté douteuse furent élevés à la position de brahmane ou de Kshatriya en vertu de leur savoir ou de leur valeur supérieurs ; mais il reste à voir comment la classe des prostituées, des servantes, des pêcheurs ou des conducteurs de chars bénéficia de ces élévations. Inversement, d'un autre côté, les déchus de la classe brahmane, Kshatriya ou Vaishya étaient toujours ramenés pour remplir les rangs des Shudras.
Dans l'Inde moderne, nul né de parents Shudras, fût-il millionnaire ou grand Pandit, n'a jamais le droit de quitter sa propre société, avec pour résultat que le pouvoir de sa richesse, de son intellect ou de sa sagesse, restant confiné dans les limites de sa propre caste, est employé au profit de sa propre communauté. Ce système héréditaire de castes de l'Inde, étant ainsi incapable de franchir ses propres bornes, concourt lentement mais sûrement au progrès des gens se mouvant dans le même cercle. L'amélioration des classes inférieures de l'Inde continuera de cette manière aussi longtemps que l'Inde sera sous un gouvernement traitant ses sujets sans considération de leur caste et de leur position.
Que la direction de la société soit entre les mains de ceux qui monopolisent le savoir ou manient le pouvoir de la richesse ou des armes, la source de sa puissance est toujours les masses sujettes. D'autant que la classe au pouvoir se sépare de cette source, d'autant elle est certaine de s'affaiblir. Mais telle est l'étrange ironie du sort, tel est le fonctionnement singulier de Mâyâ (l'illusion cosmique), que ceux de qui ce pouvoir est directement ou indirectement tiré, par des moyens justes ou déloyaux, par la ruse, le stratagème, la force ou le don volontaire, cessent bientôt d'être pris en compte par la classe dirigeante. Quand, au fil du temps, le pouvoir sacerdotal se sépara totalement des masses sujettes, véritable dynamo de son pouvoir, il fut renversé par le pouvoir royal qui s'appuyait alors sur la force du peuple soumis ; à nouveau, le pouvoir royal, se jugeant parfaitement indépendant, créa un gouffre béant entre lui-même et le peuple soumis, pour n'être lui-même que détruit ou devenu une simple marionnette entre les mains des Vaishyas, qui réussirent alors à s'assurer une coopération relativement plus grande de la masse du peuple. Les Vaishyas ont maintenant atteint leur but ; aussi ne daignent-ils plus compter sur l'aide du peuple soumis et font de leur mieux pour se dissocier de lui ; par conséquent, voici que l'on sème la graine de la destruction de ce pouvoir également.
Bien qu'étant elles-mêmes le réservoir de tous les pouvoirs, les masses sujettes, créant une distance éternelle entre elles, ont été privées de tous leurs droits légitimes ; et elles le resteront aussi longtemps que ce type de relation continuera.
Un danger commun, ou parfois une cause commune de haine ou d'amour, est le lien qui unit les peuples. Par la même loi qui rassemble les bêtes de proie, les hommes aussi s'unissent en un corps et forment une caste ou une nation qui leur est propre. L'amour zélé pour son propre peuple et son propre pays, se manifestant par une haine amère contre un autre, comme celle de la Grèce contre la Perse, de Rome contre Carthage, de l'Arabe contre le Kafir, de l'Espagne contre le Maure, de la France contre l'Espagne, de l'Angleterre et de l'Allemagne contre la France, et de l'Amérique contre l'Angleterre, est indubitablement l'une des principales causes qui mènent au progrès d'une nation sur une autre, par le moyen de s'unir dans l'hostilité contre une autre.
L'amour de soi est le premier maître du renoncement. C'est uniquement pour la préservation de l'intérêt de l'individu qu'on veille d'abord au bien-être du tout. Dans l'intérêt de sa propre nation se trouve le propre intérêt de chacun ; dans le bien-être de sa propre nation se trouve le propre bien-être de chacun. Sans la coopération du plus grand nombre, la plupart des entreprises ne peuvent en aucune façon fonctionner, et même la défense de soi devient une impossibilité. L'union des mains amies dans l'entraide pour la protection de cet intérêt personnel se retrouve dans chaque nation et en chaque pays. Bien sûr, la circonférence de cet intérêt personnel varie selon les différents peuples. Se multiplier et avoir la possibilité de traîner tant bien que mal une existence précaire, et en outre la condition que les poursuites religieuses des castes supérieures ne souffrent en aucune façon, voilà le plus grand gain et le plus grand intérêt pour les Indiens ! Pour l'Inde moderne, il n'y a pas de meilleur espoir concevable ; c'est le dernier barreau de l'échelle de la vie de l'Inde !
Le gouvernement actuel de l'Inde comporte certains maux, et il y a aussi en lui de très grandes et bonnes parties. Le plus grand bien est ceci : depuis la chute de l'Empire de Pâtaliputra jusqu'à maintenant, l'Inde n'a jamais été sous la direction d'une aussi puissante machinerie gouvernementale que celle des Britanniques, exerçant le pouvoir sur toute l'étendue et la largeur du pays. Et sous cette suprématie Vaishya, grâce à l'entreprise acharnée naturelle au Vaishya, tout comme les objets de commerce sont portés d'un bout du monde à l'autre, de même en même temps, comme séquence naturelle, les idées et les pensées de différents pays se frayent un chemin jusque dans les os et la moelle de l'Inde. De ces idées et pensées, certaines sont véritablement des plus bénéfiques pour elle, certaines sont nuisibles, tandis que d'autres révèlent l'ignorance et l'incapacité des étrangers à déterminer ce qui est véritablement bon pour les habitants de ce pays.
Mais perçant à travers la masse de tout ce qu'il peut y avoir de bon ou de mauvais, on voit se lever l'emblème certain de la prospérité future de l'Inde : comme résultat de l'action et de la réaction entre ses propres anciens idéaux nationaux d'un côté, et les idéaux étrangers nouvellement introduits de nations étrangères de l'autre, elle s'éveille lentement et doucement de son long et profond sommeil. Des erreurs, elle en commettra, qu'elle les commette : il n'y a pas de mal à cela ; dans toutes nos actions, les erreurs et les fautes sont nos seuls maîtres. Qui commet des erreurs, le chemin de la vérité est accessible à lui seul. Les arbres ne commettent jamais d'erreurs, ni les pierres ne tombent dans l'erreur ; les animaux ne transgressent guère les lois fixes de la nature ; mais l'homme est sujet à l'erreur, et c'est l'homme qui devient Dieu sur terre. Si chacun de nos mouvements depuis le berceau jusqu'au lit de mort, si chacune de nos pensées depuis le lever du jour jusqu'au coucher de minuit était prescrit et imposé dans les moindres détails par d'autres, et si la menace de l'épée du roi était réquisitionnée pour nous maintenir dans la poigne de fer de ces règles prescrites, alors que nous resterait-il à penser par nous-mêmes de manière indépendante ? Qu'est-ce qui fait d'un homme un génie, un sage ? N'est-ce pas parce qu'il pense, raisonne, veut ? Sans exercice, le pouvoir de la pensée profonde se perd. Le Tamas (inertie, l'une des trois qualités fondamentales) prévaut, l'esprit devient terne et inerte, l'âme est ramenée au niveau de la matière. Pourtant, même aujourd'hui, chaque prédicateur religieux, chaque leader social est soucieux de formuler de nouvelles lois et de nouveaux règlements pour guider la société ! Le pays manque-t-il de règles ? N'en a-t-il pas assez ? Sous l'oppression des règles, la nation tout entière se dirige vers sa ruine : qui s'arrête pour comprendre cela ?
Dans le cas d'une monarchie absolue et arbitraire, la race conquise n'est pas traitée avec autant de mépris par le pouvoir dirigeant. Sous un tel gouvernement absolu, les droits de tous les sujets sont égaux, en d'autres termes, personne n'a le droit de questionner ou de contrôler l'autorité gouvernante. Il reste donc très peu de place pour les privilèges spéciaux de caste et autres. Mais là où la monarchie est contrôlée par la voix de la race dirigeante, ou une forme républicaine de gouvernement dirige la race conquise, là une grande distance est créée entre les dirigeants et les dirigés ; et la plus grande part de ce pouvoir qui, employé uniquement pour le bien-être des classes dirigées, aurait pu leur faire un bien immense en peu de temps, est gaspillée par le gouvernement dans ses tentatives et ses applications pour garder la race sujette sous son contrôle total. Sous l'Empire romain, les sujets étrangers étaient, pour cette même raison, plus heureux que sous la République de Rome. Pour cette même raison, saint Paul, l'apôtre chrétien, bien que né de la race juive conquise, obtint la permission de faire appel à l'empereur romain, César, pour juger des accusations portées contre lui. Parce que tel ou tel Anglais peut nous appeler « indigènes » ou nous haïr en nous traitant de sauvages non civilisés, nous n'y gagnons ni n'y perdons pour autant. Nous, en raison des distinctions de caste, avons parmi nous des sentiments de haine et de mépris les uns envers les autres bien plus forts ; et qui peut dire que les brahmanes, s'ils obtiennent à leurs côtés quelque roi Kshatriya sot et sans lumières, n'essaieront pas gracieusement à nouveau de « couper la langue des Shudras et de leur trancher les membres » ? Que récemment, dans l'Aryavarta orientale, les différentes castes semblent développer un sentiment de sympathie unie entre elles en vue d'améliorer leur condition sociale actuelle, que dans le pays Marathe les brahmanes se soient mis à chanter des louanges à la race « Marâthâ », voilà ce que les castes inférieures ne peuvent encore croire être le fruit d'un pur désintéressement.
Mais graduellement se forme dans l'esprit du public anglais l'idée que la perte de l'Empire indien hors de leur domination aboutira à un péril imminent pour la nation anglaise et sera sa ruine. Aussi, par tous les moyens possibles, la suprématie de l'Angleterre doit être maintenue en Inde. Le moyen d'y parvenir, pensent-ils, est de garder au plus haut dans le cœur de chaque Indien le prestige imposant et la gloire de la nation britannique. Cela provoque à la fois le rire et les larmes d'observer comment ce sentiment ridicule et pitoyable gagne du terrain parmi les Anglais, et comment ils étendent régulièrement leur modus operandi pour mettre ce sentiment en pratique. Il semble que les Anglais résidant en Inde oublient que tant que cette force d'âme, cette persévérance et cette intense unité nationale de dessein par lesquelles les Anglais ont gagné cet Empire indien, et que ce génie commercial toujours en éveil, aidé par la science, qui a transformé même l'Inde, mère de toutes les richesses, en le principal marché de l'Angleterre, tant que ces caractéristiques ne sont pas éliminées de leur vie nationale, leur trône en Inde est inébranlable. Tant que ces qualités sont inhérentes au caractère britannique, que des milliers de tels Empires indiens soient perdus, des milliers seront regagnés. Mais si le flot de ces qualités est entravé, un Empire sera-t-il gouverné par le simple affichage du prestige et de la gloire britanniques ? Par conséquent, quand de tels traits de caractère remarquables sont encore prédominants chez les Anglais en tant que nation, il est totalement inutile de dépenser tant d'énergie et de puissance pour la simple préservation d'un « prestige » dénué de sens. Si ce pouvoir était employé pour le bien-être du peuple soumis, cela aurait certainement été un grand gain pour les deux races, dirigeante et dirigée.
Il a été dit auparavant que l'Inde s'éveille lentement par sa friction avec les nations extérieures ; et comme résultat de ce petit éveil, apparaît, dans une certaine mesure, la pensée libre et indépendante dans l'Inde moderne. D'un côté se trouve la science occidentale moderne, éblouissant les yeux par l'éclat de myriades de soleils et conduisant le char de faits solides et indéniables recueillis par l'application de puissances tangibles directes dans leur incision ; de l'autre se trouvent les traditions pleines d'espoir et fortifiantes de ses anciens ancêtres, aux jours où elle était au zénith de sa gloire, traditions qui ont été tirées des pages de son histoire par les grands sages de son propre pays et de l'étranger, qui courent pendant d'innombrables années et siècles dans chacune de ses veines avec le renouveau de vie tiré de l'amour universel, traditions qui révèlent une valeur insurpassée, un génie surhumain et une spiritualité suprême qui sont l'envie des dieux : celles-ci l'inspirent d'espoirs pour l'avenir. D'un côté, le matérialisme effréné, la plénitude de la fortune, l'accumulation d'un pouvoir gigantesque et d'intenses poursuites sensuelles ont, par la littérature étrangère, causé un formidable émoi ; de l'autre, à travers le vacarme assourdissant de tous ces sons discordants, elle entend, en des accents bas mais indubitables, les cris déchirants de ses dieux anciens qui la transpercent jusqu'au vif. Devant elle s'étalent divers luxes étranges introduits de l'Occident : des boissons célestes, des mets coûteux et bien servis, de splendides vêtements, de magnifiques palais, de nouveaux modes de transport, de nouvelles manières, de nouvelles modes dans lesquelles se meut la jeune fille bien éduquée en une liberté sans pudeur : tout cela éveille des désirs inéprouvés. Puis la scène change, et à sa place apparaissent, avec une présence austère, Sitâ, Sâvitri, les vœux religieux rigoureux, les jeûnes, la retraite en forêt, les cheveux emmêlés et la robe safran du Sannyasin (renonçant) à demi nu, le Samâdhi (état d'absorption méditative suprême) et la quête de l'Atman (le Soi véritable, l'âme individuelle identique au Brahman, la réalité absolue et universelle). D'un côté se trouve l'indépendance des sociétés occidentales fondée sur l'intérêt personnel ; de l'autre, le sacrifice de soi extrême de la société aryenne. Dans ce violent conflit, est-il étrange que la société indienne soit ballottée en tous sens ? De l'Occident, le but est l'indépendance individuelle, le langage l'éducation pour gagner de l'argent, le moyen la politique ; de l'Inde, le but est la Mukti (libération spirituelle), le langage les Védas (textes sacrés fondateurs), le moyen le renoncement. Pour un temps, l'Inde moderne pense, pour ainsi dire : « Je ruine en vain cette vie mondaine qui est mienne dans l'attente incertaine d'un bien-être spirituel futur qui a jeté sur moi sa fascination » ; et voici qu'envoûtée elle écoute...
D'un côté, l'Inde nouvelle dit : « Nous devrions avoir pleine liberté dans le choix du mari et de la femme ; car le mariage, dans lequel sont impliqués le bonheur et le malheur de toute notre vie future, nous devons avoir le droit de le déterminer selon notre libre volonté. » De l'autre, la vieille Inde dicte : « Le mariage n'est pas pour la jouissance des sens, mais pour perpétuer la race. Telle est la conception indienne du mariage. En engendrant des enfants, vous contribuez au bien ou au mal futur de la société et en êtes responsables. C'est pourquoi la société a le droit de dicter qui vous devez épouser et qui vous ne devez pas épouser. Cette forme de mariage prévaut dans la société qui est la plus propice à son bien-être ; renoncez à votre désir de plaisir individuel pour le bien du plus grand nombre. »
D'un côté, l'Inde nouvelle dit : « Si seulement nous adoptions les idées occidentales, la langue occidentale, la nourriture occidentale, l'habillement occidental et les manières occidentales, nous serions aussi forts et puissants que les nations occidentales. » De l'autre, la vieille Inde dit : « Insensés ! Par l'imitation, les idées d'autrui ne deviennent jamais les vôtres ; rien, à moins d'être gagné, n'est à vous. L'âne dans la peau du lion devient-il le lion ? »
D'un côté, l'Inde nouvelle dit : « Ce que les nations occidentales font est sûrement bien, sinon comment seraient-elles devenues si grandes ? » De l'autre, la vieille Inde dit : « L'éclair est intensément brillant, mais seulement pour un instant ; attention, les enfants, il vous éblouit les yeux. Prenez garde ! »
N'avons-nous donc rien à apprendre de l'Occident ? Ne devons-nous pas essayer de nous efforcer vers de meilleures choses ? Sommes-nous parfaits ? Notre société est-elle entièrement sans tache, sans aucun défaut ? Il y a beaucoup de choses à apprendre ; il faut lutter pour des choses nouvelles et plus élevées jusqu'à ce que nous mourions : la lutte est la finalité de la vie humaine. Shri Ramakrishna (maître spirituel du Vedânta, enseignement philosophique fondé sur les Védas) avait coutume de dire : « Tant que je vis, j'apprends. » L'homme ou la société qui n'a rien à apprendre est déjà dans les mâchoires de la mort. Oui, nous devons apprendre beaucoup de choses de l'Occident : mais il y a aussi des craintes.
Un certain jeune homme de peu d'entendement blâmait toujours les Shâstras hindous devant Shri Ramakrishna. Un jour, il loua la Bhagavad-Gita (le « Chant du Seigneur », texte sacré exposant les voies du karma, de la bhakti (dévotion aimante envers le divin) et du jnana (voie de la connaissance et du discernement)), sur quoi Shri Ramakrishna dit : « Il me semble qu'un Pandit européen a fait l'éloge de la Gita, et il a donc suivi le mouvement. »
O Inde, voici ton terrible danger. Le sortilège d'imiter l'Occident prend un tel empire sur toi que ce qui est bien ou ce qui est mal n'est plus décidé par la raison, le jugement, le discernement ou la référence aux Shastras. Quelles que soient les idées, quelles que soient les manières que les hommes blancs louent ou apprécient, elles sont bonnes ; quelles que soient les choses qu'ils n'aiment pas ou censurent, elles sont mauvaises. Hélas ! quelle preuve plus tangible de folie que celle-ci ?
Les dames occidentales se déplacent librement partout, donc cela est bien ; elles choisissent elles-mêmes leurs maris, donc c'est le plus haut degré de progrès ; les Occidentaux désapprouvent notre habillement, nos ornements, notre nourriture et nos modes de vie, donc ils doivent être très mauvais ; les Occidentaux condamnent le culte des images comme un péché, alors sûrement le culte des images est le plus grand péché, il n'y a aucun doute !
Les Occidentaux disent que le culte d'une seule Divinité porte les plus hauts fruits spirituels, donc jetons nos dieux et déesses dans le Gange ! Les Occidentaux considèrent les distinctions de caste comme odieuses, donc que toutes les différentes castes soient confondues en une seule ! Les Occidentaux disent que le mariage des enfants est la racine de tous les maux, donc c'est aussi très mal, certainement !
Nous ne discutons pas ici si ces coutumes méritent d'être maintenues ou rejetées ; mais si la simple désapprobation des Occidentaux doit être la mesure de l'abomination de nos manières et coutumes, alors il est de notre devoir d'élever notre protestation emphatique contre cela.
L'auteur de ces lignes a, dans une certaine mesure, une expérience personnelle de la société occidentale. La conviction résultant de cette expérience a été qu'il y a une si grande divergence entre la société occidentale et la société indienne quant au cours initial et au but de chacune, que toute secte en Inde modelée sur le modèle occidental manquera son but. Nous n'avons pas la moindre sympathie pour ceux qui, n'ayant jamais vécu dans la société occidentale et par conséquent totalement ignorants des règles et interdictions concernant l'association des hommes et des femmes qui y prévalent et qui servent de garde-fous pour préserver la pureté des femmes occidentales, donnent libre cours au mélange sans restriction des hommes et des femmes dans notre société.
J'ai observé en Occident aussi que les enfants de nations plus faibles, s'ils sont nés en Angleterre, se font passer pour des Anglais, au lieu de Grecs, Portugais, Espagnols, etc., selon le cas. Tous dérivent vers le fort. Que la lumière de la gloire qui brille dans les glorieux puisse d'une manière ou d'une autre tomber et se refléter sur le propre corps de chacun, c'est-à-dire briller dans la lumière empruntée des grands, est le seul désir des faibles. Quand je vois des Indiens vêtus de costumes et d'habits européens, la pensée me vient à l'esprit que peut-être ils ont honte de reconnaître leur nationalité et leur parenté avec le peuple ignorant, pauvre, illettré et opprimé de l'Inde ! Nourri par le sang de l'hindou depuis les quatorze derniers siècles, le Parsi n'est plus un « indigène » ! Devant l'arrogance de ceux sans caste qui prétendent être et se glorifient d'être brahmanes, la vraie noblesse du vieux brahmane héroïque de haute classe se dissout en néant ! De plus, les Occidentaux nous ont maintenant appris que ces millions de gens stupides, ignorants, de basse caste de l'Inde, vêtus d'un simple pagne, ne sont pas des Aryens. Ils ne sont donc plus nos parents !
O Inde ! Avec ce simple écho des paroles d'autrui, avec cette imitation servile des autres, avec cette dépendance d'autrui, cette faiblesse servile, cette détestable cruauté vile, voudrais-tu, avec ces seules provisions, gravir le sommet le plus élevé de la civilisation et de la grandeur ? Voudrais-tu atteindre, par le moyen de ta couardise honteuse, cette liberté que seuls les braves et les héroïques méritent ? O Inde ! N'oublie pas que l'idéal de ta féminité est Sita, Savitri, Damayanti ; n'oublie pas que le Dieu que tu adores est le grand Ascète des ascètes, le tout-renonçant Shankara, le Seigneur d'Umâ ; n'oublie pas que ton mariage, ta richesse, ta vie ne sont pas pour le plaisir des sens, ne sont pas pour ton bonheur personnel individuel ; n'oublie pas que tu es né comme un sacrifice à l'autel de la Mère ; n'oublie pas que ton ordre social n'est que le reflet de la Maternité Universelle Infinie ; n'oublie pas que les classes inférieures, les ignorants, les pauvres, les illettrés, le cordonnier, le balayeur, sont ta chair et ton sang, tes frères. Toi, le brave, sois audacieux, prends courage, sois fier d'être Indien, et proclame fièrement : « Je suis Indien, chaque Indien est mon frère. » Dis : « L'Indien ignorant, l'Indien pauvre et démuni, l'Indien brahmane, l'Indien Paria, est mon frère. » Toi aussi, vêtu seulement d'un lambeau autour des reins, proclame fièrement à haute voix : « L'Indien est mon frère, l'Indien est ma vie, les dieux et déesses de l'Inde sont mon Dieu. La société de l'Inde est le berceau de mon enfance, le jardin de plaisirs de ma jeunesse, le ciel sacré, la Varanasi de ma vieillesse. » Dis, frère : « Le sol de l'Inde est mon ciel suprême, le bien de l'Inde est mon bien », et répète et prie jour et nuit : « O Toi Seigneur de Gauri, O Toi Mère de l'Univers, accorde-moi la virilité ! O Toi Mère de la Force, enlève-moi ma faiblesse, enlève-moi mon manque de virilité, et fais de moi un Homme ! »
English
MODERN INDIA
(Translated from a Bengali contribution to the Udbodhana, March 1899)
The Vedic priests base their superior strength on the knowledge of the sacrificial Mantras. By the power of these Mantras, the Devas are made to come down from their heavenly abodes, accept the drink and food offerings, and grant the prayers of the Yajamânas. The kings as well as their subjects are, therefore, looking up to these priests for their welfare during their earthly life. Raja Soma is worshipped by the priest and is made to thrive by the power of his Mantras. As such, the Devas, whose favourite food is the juice of the Soma plant offered in oblation by the priest, are always kind to him and bestow his desired boons. Thus strengthened by divine grace, he defies all human opposition; for what can the power of mortals do against that of the gods? Even the king, the centre of all earthly power, is a supplicant at his door. A kind look from him is the greatest help; his mere blessing a tribute to the State, pre-eminent above everything else.
Now commanding the king to be engaged in affairs fraught with death and ruin, now standing by him as his fastest friend with kind and wise counsels, now spreading the net of subtle, diplomatic statesmanship in which the king is easily caught — the priest is seen, oftentimes, to make the royal power totally subservient to him. Above all, the worst fear is in the knowledge that the name and fame of the royal forefathers and of himself and his family lie at the mercy of the priest's pen. He is the historian. The king might have paramount power; attaining a great glory in his reign, he might prove himself as the father and mother in one to his subjects; but if the priest is not appeased, his sun of glory goes down with his last breath for ever; all his worth and usefulness deserving of universal approbation are lost in the great womb of time, like unto the fall of gentle dew on the ocean. Others who inaugurated the huge sacrifices lasting over many years, the performers of the Ashvamedha and so on — those who showered, like incessant rain in the rainy season, countless wealth on the priests — their names, thanks to the grace of priests, are emblazoned in the pages of history. The name of Priyadarshi Dharmâshoka, the beloved of the gods, is nothing but a name in the priestly world, while Janamejaya, son of Parikshit, is a household word in every Hindu family.
To protect the State, to meet the expenses of the personal comforts and luxuries of himself and his long retinue, and, above all, to fill to overflowing the coffers of the all-powerful priesthood for its propitiation, the king is continually draining the resources of his subjects, even as the sun sucks up moisture from the earth. His especial prey — his milch cows — are the Vaishyas.
Neither under the Hindu kings, nor under the Buddhist rule, do we find the common subject-people taking any part in expressing their voice in the affairs of the State. True, Yudhishthira visits the houses of Vaishyas and even Shudras when he is in Vâranâvata; true, the subjects are praying for the installation of Râmachandra to the regency of Ayodhyâ; nay, they are even criticising the conduct of Sitâ and secretly making plans for the bringing about of her exile: but as a recognised rule of the State they have no direct voice in the supreme government. The power of the populace is struggling to express itself in indirect and disorderly ways without any method. The people have not as yet the conscious knowledge of the existence of this power. There is neither the attempt on their part to organise it into a united action, nor have they got the will to do so; there is also a complete absence of that capacity, that skill, by means of which small and incoherent centres of force are united together, creating insuperable strength as their resultant.
Is this due to want of proper laws? — no, that is not it. There are laws, there are methods, separately and distinctly assigned for the guidance of different departments of government, there are laws laid down in the minutest detail for everything, such as the collection of revenue, the management of the army, the administration of justice, punishments and rewards. But at the root of all, is the injunction of the Rishi — the word of divine authority, the revelation of God coming through the inspired Rishi. The laws have, it can almost be said, no elasticity in them. Under the circumstances, it is never possible for the people to acquire any sort of education by which they can learn to combine among themselves and be united for the accomplishment of any object for the common good of the people, or by which they can have the concerted intellect to conceive the idea of popular right in the treasures collected by the king from his subjects, or even such education by which they can be fired with the aspiration to gain the right of representation in the control of State revenues and expenditure. Why should they do such things? Is not the inspiration of the Rishi responsible for their prosperity and progress?
Again, all those laws are in books. Between laws as codified in books and their operation in practical life, there is a world of difference. One Ramachandra is born after thousands of Agnivarnas pass away! Many kings show us the life of Chandâshoka ; Dharmâshokas are rare! The number of kings like Akbar, in whom the subjects find their life, is far less than that of kings like Aurangzeb who live on the blood of their people!
Even if the kings be of as godlike nature as that of Yudhishthira, Ramachandra, Dharmashoka, or Akbar under whose benign rule the people enjoyed safety and prosperity, and were looked after with paternal care by their rulers, the hand of him who is always fed by another gradually loses the power of taking the food to his mouth. His power of self-preservation can never become fully manifest who is always protected in every respect by another. Even the strongest youth remains but a child if he is always looked after as a child by his parents. Being always governed by kings of godlike nature, to whom is left the whole duty of protecting and providing for the people, they can never get any occasion for understanding the principles of self-government. Such a nation, being entirely dependent on the king for everything and never caring to exert itself for the common good or for self-defence, becomes gradually destitute of inherent energy and strength. If this state of dependence and protection continues long, it becomes the cause of the destruction of the nation, and its ruin is not far to seek.
Of course, it can be reasonably concluded that, when the government a country, is guided by codes of laws enjoined by Shâstras which are the outcome of knowledge inspired by the divine genius of great sages, such a government must lead to the unbroken welfare of the rich and the poor, the wise and the ignorant, the king and the subjects alike. But we have seen already how far the operation of those laws was, or may be, possible in practical life. The voice of the ruled in the government of their land — which is the watchword of the modern Western world, and of which the last expression has been echoed with a thundering voice in the Declaration of the American Government, in the words, "That the government of the people of this country must be by the people and for the good of the people" — cannot however be said to have been totally unrecognised in ancient India. The Greek travellers and others saw many independent small States scattered all over this country, and references are also found to this effect in many places of the Buddhistic literature. And there cannot be the least doubt about it that the germ of self-government was at least present in the shape of the village Panchâyat, which is still to be found in existence in many places of India. But the germ remained for ever the germ; the seed though put in the ground never grew into a tree. This idea of self-government never passed beyond the embryo state of the village Panchayat system and never spread into society at large.
In the religious communities, among Sannyasins in the Buddhist monasteries, we have ample evidence to show that self-government was fully developed. Even now, one wonders to see how the power of the Panchayat system of the principles of self-government, is working amongst the Nâgâ Sannyasins — what deep respect the "Government by the Five" commands from them, what effective individual rights each Naga can exercise within his own sect, what excellent working of the power of organisation and concerted action they have among themselves!
With the deluge which swept the land at the advent of Buddhism, the priestly power fell into decay and the royal power was in the ascendant. Buddhist priests are renouncers of the world, living in monasteries as homeless ascetics, unconcerned with secular affairs. They have neither the will nor the endeavour to bring and keep the royal power under their control through the threat of curses or magic arrows. Even if there were any remnant of such a will, its fulfilment has now become an impossibility. For Buddhism has shaken the thrones of all the oblation-eating gods and brought them down from their heavenly positions. The state of being a Buddha is superior to the heavenly positions of many a Brahmâ or an Indra, who vie with each other in offering their worship at the feet of the Buddha, the God-man! And to this Buddhahood, every man has the privilege to attain; it is open to all even in this life. From the descent of the gods, as a natural consequence, the superiority of the priests who were supported by them is gone.
Accordingly, the reins of that mighty sacrificial horse — the royal power — are no longer held in the firm grasp of the Vedic priest; and being now free, it can roam anywhere by its unbridled will. The centre of power in this period is neither with the priests chanting the Sâma hymns and performing the Yajnas according to the Yajur-Veda; nor is the power vested in the hands of Kshatriya kings separated from each other and ruling over small independent States. But the centre of power in this age is in emperors whose unobstructed sway extend over vast areas bounded by the ocean, covering the whole of India from one end to the other. The leaders of this age are no longer Vishvâmitra or Vasishtha, but emperors like Chandragupta, Dharmashoka, and others. There never were emperors who ascended the throne of India and led her to the pinnacle of her glory such as those lords of the earth who ruled over her in paramount sway during the Buddhistic period. The end of this period is characterised by the appearance of Râjput power on the scene and the rise of modern Hinduism. With the rise of Rajput power, on the decline of Buddhism, the sceptre of the Indian empire, dislodged from its paramount power, was again broken into a thousand pieces and wielded by small powerless hands. At this time, the Brâhminical (priestly) power again succeeded in raising its head, not as an adversary as before, but this time as an auxiliary to the royal supremacy.
During this revolution, that perpetual struggle for supremacy between the priestly and the royal classes, which began from the Vedic times and continued through ages till it reached its climax at the time of the Jain and Buddhist revolutions, has ceased for ever. Now these two mighty powers are friendly to each other; but neither is there any more that glorious Kshatra (warlike) velour of the kings, nor that spiritual brilliance which characterised the Brahmins; each has lost his former intrinsic strength. As might be expected, this new union of the two forces was soon engaged in the satisfaction of mutual self-interests, and became dissipated by spending its vitality on extirpating their common opponents, especially the Buddhists of the time, and on similar other deeds. Being steeped in all the vices consequent on such a union, e.g., the sucking of the blood of the masses, taking revenge on the enemy, spoliation of others' property, etc., they in vain tried to imitate the Râjasuya and other Vedic sacrifices of the ancient kings, and only made a ridiculous farce of them. The result was that they were bound hand and foot by a formidable train of sycophantic attendance and its obsequious flatteries, and being entangled in an interminable net of rites and ceremonies with flourishes of Mantras and the like, they soon became a cheap and ready prey to the Mohammeden invaders from the West.
That priestly power which began its strife for superiority with the royal power from the Vedic times and continued it down the ages, that hostility against the Kshatra power, Bhagavân Shri Krishna succeeded by his super-human genius in putting a stop to, at least for the tired being, during his earthly existence. That Brâhmanya power was almost effaced from its field of work in India during the Jain and Buddhist revolutions, or, perhaps, was holding its feeble stand by being subservient to the strong antagonistic religions. That Brahmanya power, since this appearance of Rajput power, which held sway over India under the Mihira dynasty and others, made its last effort to recover its lost greatness; and in its effort to establish that supremacy, it sold itself at the feet of the fierce hordes of barbarians newly come from Central Asia, and to win their pleasure introduced in the land their hateful manners and customs. Moreover, it, the Brahmanya; power, solely devoting itself to the easy means to dupe ignorant barbarians, brought into vogue mysterious rites and ceremonies backed by its new Mantras and the like; and in doing so, itself lost its former wisdom, its former vigour and vitality, and its own chaste habits of long acquirement. Thus it turned the whole Âryâvarta into a deep and vast whirlpool of the most vicious, the most horrible, the most abominable, barbarous customs; and as the inevitable consequence of countenancing these detestable customs and superstitions, it soon lost all its own internal strength and stamina and became the weakest of the weak. What wonder that it should be broken into a thousand pieces and fall at the mere touch of the storm of Mussulman invasions from the West! That great Brahmanya power fell — who knows, if ever to rise again?
The resuscitation of the priestly power under the Mussulman rule was, on the other hand, an utter impossibility. The Prophet Mohammed himself was dead against the priestly class in any shape and tried his best for the total destruction of this power by formulating rules and injunctions to that effect. Under the Mussulman rule, the king himself was the supreme priest; he was the chief guide in religious matters; and when he became the emperor, he cherished the hope of being the paramount leader in all matters over the whole Mussulman world. To the Mussulman, the Jews or the Christians are not objects of extreme detestation; they are, at the worst, men of little faith. But not so the Hindu. According to him, the Hindu is idolatrous, the hateful Kafir; hence in this life he deserves to be butchered; and in the next, eternal hell is in store for him. The utmost the Mussulman kings could do as a favour to the priestly class — the spiritual guides of these Kafirs — was to allow them somehow to pass their life silently and wait for the last moment. This was again sometimes considered too, much kindness! If the religious ardour of any king was a little more uncommon, there would immediately follow arrangements for a great Yajna by way of Kafir-slaughter!
On one side, the royal power is now centred in kings professing a different religion and given to different customs. On the other, the priestly power has been entirely displaced from its influential position as the controller and lawgiver of the society. The Koran and its code of laws have taken the place of the Dharma Shâstras of Manu and others. The Sanskrit language has made room for the Persian and the Arabic. The Sanskrit language has to remain confined only to the purely religious writings and religious matters of the conquered and detested Hindu, and, as such, has since been living a precarious life at the hands of the neglected priest. The priest himself, the relic of the Brahmanya power, fell back upon the last resource of conducting only the comparatively unimportant family ceremonies, such as the matrimonial etc., and that also only so long and as much as the mercy of the Mohammedan rulers permitted.
In the Vedic and the adjoining periods, the royal power could not manifest itself on account of the grinding pressure of the priestly power. We have seen how, during the Buddhistic revolution, resulting in the fall of the Brahminical supremacy, the royal power in India reached its culminating point. In the interval between the fall of the Buddhistic and the establishment of the Mohammedan empire, we have seen how the royal power was trying to raise its head through the Rajputs in India, and how it failed in its attempt. At the root of this failure, too, could be traced the same old endeavours of the Vedic priestly class to bring back and revive with a new life their original (ritualistic) days.
Crushing the Brahminical supremacy under his feet the Mussulman king was able to restore to a considerable extent the lost glories of such dynasties of emperors as the Maurya, the Gupta, the Andhra, and the Kshâtrapa.
Thus the priestly power — which sages like Kumârila, Shankara, and Râmânuja tried to re-establish, which for some time was supported by the sword of the Rajput power, and which tried to rebuild its structure on the fall of its Jain and Buddhist adversaries — was under Mohammedan rule laid to sleep for ever, knowing no awakening. In this period, the antagonism or warfare is not between kings and priests, but between kings and kings. At the end of this period, when Hindu power again raised its head, and, to some extent, was successful in regenerating Hinduism through the Mahrattas and the Sikhs, we do not find much play of the priestly power with these regenerations. On the contrary, when the Sikhs admitted any Brahmin into their sect, they, at first, compelled him publicly to give up his previous Brahminical signs and adopt the recognised signs of their own religion.
In this manner, after an age-long play of action and reaction between these two forces, the final victory of the royal power was echoed on the soil of India for several centuries, in the name of foreign monarchs professing an entirely different religion from the faith of the land. But at the end of this Mohammedan period, another entirely new power made its appearance on the arena and slowly began to assert its prowess in the affairs of the Indian world.
This power is so new, its nature and workings are so foreign to the Indian mind, its rise so inconceivable, and its vigour so insuperable that though it wields the suzerain power up till now, only a handful of Indians understand what this power is.
We are talking of the occupation of India by England.
From very ancient times, the fame of India's vast wealth and her rich granaries has enkindled in many powerful foreign nations the desire for conquering her. She has been, in fact, again and again conquered by foreign nations. Then why should we say that the occupation of India by England was something new and foreign to the Indian mind?
From time immemorial Indians have seen the mightiest royal power tremble before the frown of the ascetic priest, devoid of worldly desire, armed with spiritual strength — the power of Mantras (sacred formulas) and religious lore — and the weapon of curses. They have also seen the subject people silently obey the commands of their heroic all-powerful suzerains, backed by their arms and armies, like a flock of sheep before a lion. But that a handful of Vaishyas (traders) who, despite their great wealth, have ever crouched awe stricken not only before the king but also before any member of the royal family, would unite, cross for purposes of business rivers and seas, would, solely by virtue of their intelligence and wealth, by degrees make puppets of the long-established Hindu and Mohammedan dynasties; not only so, but that they would buy as well the services of the ruling powers of their own country and use their valour and learning as powerful instruments for the influx of their own riches — this is a spectacle entirely novel to the Indians, as also the spectacle that the descendants of the mighty nobility of a country, of which a proud lord, sketched by the extraordinary pen of its great poet, says to a common man, "Out, dunghill! darest thou brave a nobleman?" would, in no distant future, consider it the zenith of human ambition to be sent to India as obedient servants of a body of merchants, called The East India Company — such a sight was, indeed, a novelty unseen by India before!
According to the prevalence, in greater or lesser degree, of the three qualities of Sattva, Rajas, and Tamas in man, the four castes, the Brahmin, Kashatriya, Vaishya, and Shudra, are everywhere present at all times, in all civilised societies. By the mighty hand of time, their number and power also vary at different times in regard to different countries. In some countries the numerical strength or influence of one of these castes may preponderate over another; at some period, one of the classes may be more powerful than the rest. But from a careful study of the history of the world, it appears that in conformity to the law of nature the four castes, the Brahmin, Kshatriya, Vaishya, and Shudra do, in every society, one after another in succession, govern the world.
Among the Chinese, the Sumerians, the Babylonians, the Egyptians, the Chaldeans, the Areas, the Iranians, the Jews, the Arabs — among all these ancient nations, the supreme power of guiding society is, in the first period of their history, in the hands of the Brahmin or the priest. In the second period, the ruling power is the Kshatriya, that is, either absolute monarchy or oligarchical government by a chosen body of men. Among the modern Western nations, with England at their head, this power of controlling society has been, for the first time, in the hands of the Vaishyas or mercantile communities, made rich through the carrying on of commerce.
Though Troy and Carthage of ancient times and Venice and similar other small commercial States of comparatively modern times became highly powerful, yet, amongst them, there was not the real rising of the Vaishya power in the proper sense of the term.
Correctly speaking, the descendants of the royal family had the sole monopoly of the commerce of those old days by employing the common people and their servants under them to carry on the trade; and they appropriated to themselves the profits accruing from it. Excepting these few men, no one was allowed to take any part or voice an opinion even in the government of the country and kindred affairs. In the oldest countries like Egypt, the priestly power enjoyed unmolested supremacy only for a short period, after which it became subjugated to the royal power and lived as an auxiliary to it. In China, the royal power, centralised by the genius of Confucius, has been controlling and guiding the priestly power, in accordance with its absolute will, for more than twenty-five centuries; and during the last two centuries, the all-absorbing Lamas of Tibet, though they are the spiritual guides of the royal family, have been compelled to pass their days, being subject in every way to the Chinese Emperor.
In India, the royal power succeeded in conquering the priestly power and declaring its untrammelled authority long after the other ancient civilised nations had done so; and therefore the inauguration of the Indian Empire came about long after the Chinese, Egyptian, Babylonian, and other Empires had risen. It was only with the Jewish people that the royal power, though it tried hard to establish its supremacy over the priestly, had to meet a complete defeat in the attempt. Not even the Vaishyas attained the ruling power with the Jews. On the other hand, the common subject people, trying to free themselves from the shackles of priestcraft, were crushed to death under the internal commotion of adverse religious movements like Christianity and the external pressure of the mighty Roman Empire.
As in the ancient days the priestly power, in spite of its long-continued struggle, was subdued by the more powerful royal power, so, in modern times, before the violent blow of the newly-risen Vaishya power, many a kingly crown has to kiss the ground, many a sceptre is for ever broken to pieces. Only those few thrones which are allowed still to exercise some power in some of the civilised countries and make a display of their royal pomp and grandeur are all maintained solely by the vast hordes of wealth of these Vaishya communities — the dealers in salt, oil, sugar, and wine — and kept up as a magnificent and an imposing front, and as a means of glorification to the really governing body behind, the Vaishyas.
That mighty newly-risen Vaishya power — at whose command, electricity carries messages in an instant from one pole to another, whose highway is the vast ocean, with its mountain-high waves, at whose instance, commodities are being carried with the greatest ease from one part of the globe to another, and at whose mandate, even the greatest monarchs tremble — on the white foamy crest of that huge wave the all-conquering Vaishya power, is installed the majestic throne of England in all its grandeur.
Therefore the conquest of India by England is not a conquest by Jesus or the Bible as we are often asked to believe. Neither is it like the conquest of India by the Moguls and the Pathans. But behind the name of the Lord Jesus, the Bible, the magnificent palaces, the heavy tramp of the feet of armies consisting of elephants, chariots, cavalry, and infantry, shaking the earth, the sounds of war trumpets, bugles, and drums, and the splendid display of the royal throne, behind all these, there is always the virtual presence of England — that England whose war flag is the factory chimney, whose troops are the merchantmen, whose battlefields are the market-places of the world, and whose Empress is the shining Goddess of Fortune herself! It is on this account I have said before that it is indeed an unseen novelty, this conquest of India by England. What new revolution will be effected in India by her clash with the new giant power, and as the result of that revolution what new transformation is in store for future India, cannot be inferred from her past history.
I have stated previously that the four castes, Brahmin, Kshatriya, Vaishya, and Shudra do, in succession, rule the world. During the period of supreme authority exercised by each of these castes, some acts are accomplished which conduce to the welfare of the people, while others are injurious to them.
The foundation of the priestly power rests on intellectual strength, and not on the physical strength of arms. Therefore, with the supremacy of the priestly power, there is a great prevalence of intellectual and literary culture. Every human heart is always anxious for communication with, and help from, the supersensuous spiritual world. The entrance to that world is not possible for the generality of mankind; only a few great souls who can acquire a perfect control over their sense-organs and who are possessed with a nature preponderating with the essence of Sattva Guna are able to pierce the formidable wall of matter and come face to face, as it were, with the supersensuous — it is only they who know the workings of the kingdom that bring the messages from it and show the way to others. These great souls are the priests, the primitive guides, leaders, and movers of human societies.
The priest knows the gods and communicates with them; he is therefore worshipped as a god. Leaving behind the thoughts of the world, he has no longer to devote himself to the earning of his bread by the sweat of his brow. The best and foremost parts of all food and drink are due as offerings to the gods; and of these gods, the visible proxies on earth are the priests. It is through their mouths that they partake of the offerings. Knowingly or unknowingly, society gives the priest abundant leisure, and he can therefore get the opportunity of being meditative and of thinking higher thoughts. Hence the development of wisdom and learning originates first with the supremacy of the priestly power. There stands the priest between the dreadful lion — the king — on the one hand, and the terrified flock of sheep — the subject people — on the other. The destructive leap of the lion is checked by the controlling rod of spiritual power in the hands of the priest. The flame of the despotic will of the king, maddened in the pride of his wealth and men, is able to burn into ashes everything that comes in his way; but it is only a word from the priest, who has neither wealth nor men behind him but whose sole strength is his spiritual power, that can quench the despotic royal will, as water the fire.
With the ascendancy of the priestly supremacy are seen the first advent of civilisation, the first victory of the divine nature over the animal, the first mastery of spirit over matter, and the first manifestation of the divine power which is potentially present in this very slave of nature, this lump of flesh, to wit, the human body. The priest is the first discriminator of spirit from matter, the first to help to bring this world in communion with the next, the first messenger from the gods to man, and the intervening bridge that connects the king with his subjects. The first offshoot of universal welfare and good is nursed by his spiritual power, by his devotion to learning and wisdom, by his renunciation, the watchword of his life and, watered even by the flow of his own life-blood. It is therefore that in every land it was he to whom the first and foremost worship was offered. It is therefore that even his memory is sacred to us!
There are evils as well. With the growth of life is sown simultaneously the seed of death. Darkness and light always go together. Indeed, there are great evils which, if not checked in proper time, lead to the ruin of society. The play of power through gross matter is universally experienced; everyone sees, everyone understands, the mighty manifestation of gross material force as displayed in the play of battle-axes and swords, or in the burning properties of fire and lightning. Nobody doubts these things, nor can there ever be any question about their genuineness. But where the repository of power and the centre of its play are wholly mental, where the power is confined to certain special words, to certain special modes of uttering them, to the mental repetition of certain mysterious syllables, or to other similar processes and applications of the mind, there light is mixed with shade, there the ebb and flow naturally disturb the otherwise unshaken faith, and there even when things are actually seen or directly perceived, still sometimes doubts arise as to their real occurrence. Where distress, fear, anger, malice, spirit of retaliation, and the like passions of man, leaving the palpable force of arms, leaving the gross material methods to gain the end in view which every one can understand, substitute in their stead the mysterious mental processes like Stambhana, Uchchâtana, Vashikarana, and Mârana for their fructification — there a cloud of smoky indistinctness, as it were, naturally envelops the mental atmosphere of these men who often live and move in such hazy worlds of obscure mysticism. No straight line of action presents itself before such a mind; even if it does, the mind distorts it into crookedness. The final result of all this is insincerity — that very limited narrowness of the heart — and above all, the most fatal is the extreme intolerance born of malicious envy at the superior excellence of another.
The priest naturally says to himself: "Why should I part with the power that has made the Devas subservient to me, has given me mastery over physical and mental illnesses, and has gained for me the service of ghosts, demons, and other unseen spirits? I have dearly bought this power by the price of extreme renunciation. Why should I give to others that to get which I had to give up my wealth, name, fame, in short, all my earthly comforts and happiness?" Again, that power is entirely mental. And how many opportunities are there of keeping it a perfect secret! Entangled in this wheel of circumstances, human nature becomes what it inevitably would: being used to practice constant self-concealment, it becomes a victim of extreme selfishness and hypocrisy, and at last succumbs to the poisonous consequences which they bring in their train. In time, the reaction of this very desire to concealment rebounds upon oneself. All knowledge, all wisdom is almost lost for want of proper exercise and diffusion, and what little remains is thought to have been obtained from some supernatural source; and, therefore, far from making fresh efforts to go in for originality and gain knowledge of new sciences, it is considered useless and futile to attempt even to improve the remnants of the old by cleansing them of their corruptions. Thus lost to former wisdom, the former indomitable spirit of self-reliance, the priest, now glorifying himself merely in the name of his forefathers, vainly struggles to preserve untarnished for himself the same glory, the same privilege, the same veneration, and the same supremacy as was enjoyed by his great forefathers. Consequently, his violent collision with the other castes.
According to the law of nature, wherever there is an awakening of a new and stronger life, there it tries to conquer and take the place of the old and the decaying. Nature favours the dying out of the unfit and the survival of the fittest. The final result of such conflict between the priestly and the other classes has been mentioned already.
That renunciation, self-control, and asceticism of the priest which during the period of his ascendancy were devoted to the pursuance of earnest researches of truth are on the eve of his decline employed anew and spent solely in the accumulation of objects of self-gratification and in the extension of privileged superiority over others. That power, the centralization of which in himself gave him all honour and worship, has now been dragged down from its high heavenly position to the lowest abyss of hell. Having lost sight of the goal, drifting aimless, the priestly power is entangled, like the spider, in the web spun by itself. The chain that has been forged from generation to generation with the greatest care to be put on others' feet is now tightened round its own in a thousand coils, and is thwarting its own movement in hundreds of ways. Caught in the endless thread of the net of infinite rites, ceremonies, and customs, which it spread on all sides as external means for purification of the body and the mind with a view to keeping society in the iron grasp of these innumerable bonds — the priestly power, thus hopelessly entangled from head to foot, is now asleep in despair! There is no escaping out of it now. Tear the net, and the priesthood of the priest is shaken to its foundation! There is implanted in every man, naturally, a strong desire for progress; and those who, finding that the fulfilment of this desire is an impossibility so long as one is trammelled in the shackles of priesthood, rend this net and take to the profession of other castes in order to earn money thereby — them, the society immediately dispossesses of their priestly rights. Society has no faith in the Brahminhood of the so-called Brahmins who, instead of keeping the Shikhâ, part their hair, who, giving up their ancient habits and ancestral customs, clothe themselves in semi European dress and adopt the newly introduced usages from the West in a hybrid fashion. Again, in those parts of India, wherever this new-comer, the English Government, is introducing new modes of education and opening up new channels for the coming in of wealth, there hosts of Brahmin youths are giving up their hereditary priestly profession and trying to earn their livelihood and become rich by adopting the callings of other castes, with the result that the habits and customs of the priestly class, handed down from their distant forefathers, are scattered to the winds and are fast disappearing from the land.
In Gujarat, each secondary sect of the Brahmins is divided into two subdivisions, one being those who still stick to the priestly profession, while the other lives by other professions. There only the first subdivisions, carrying on the priestly profession, are called "Brâhmanas", and though the other subdivisions are by lineage descendants from Brahmin fathers, yet the former do not link themselves in matrimonial relation with the latter. For example, by the name of "Nâgara Brâhmana" are meant only those Brahmins who are priests living on alms; and by the name "Nâgara" only are meant those Brahmins who have accepted service under the Government, or those who have been carrying on the Vaishya's profession. But it appears that such distinctions will not long continue in these days in Gujarat. Even the sons of the "Nagara Brahmanas" are nowadays getting English education, and entering into Government service, or adopting some mercantile business. Even orthodox Pandits of the old school, undergoing pecuniary difficulties, are sending their sons to the colleges of the English universities or making them choose the callings of Vaidyas, Kâyasthas, and other non-Brahmin castes. If the current of affairs goes on running in this course, then it is a question of most serious reflection, no doubt, how long more will the priestly class continue on India's soil. Those who lay the fault of attempting to bring down the supremacy of the priestly class at the door of any particular person or body of persons other than themselves ought to know that, in obedience to the inevitable law of nature, the Brahmin caste is erecting with its own hands its own sepulchre; and this is what ought to be. It is good and appropriate that every caste of high birth and privileged nobility should make it its principal duty to raise its own funeral pyre with its own hands. Accumulation of power is as necessary as its diffusion, or rather more so. The accumulation of blood in the heart is an indispensable condition for life; its non-circulation throughout the body means death. For the welfare of society, it is absolutely necessary at certain times to have all knowledge and power concentrated in certain families or castes to the exclusion of others, but that concentrated power is focussed for the time being, only to be scattered broadcast over the whole of society in future. If this diffusion be withheld, the destruction of that society is, without doubt, near at hand.
On the other side, the king is like the lion; in him are present both the good and evil propensities of the lord of beasts. Never for a moment his fierce nails are held back from tearing to pieces the heart of innocent animals, living on herbs and grass, to allay his thirst for blood when occasion arises; again, the poet says, though himself stricken with old age and dying with hunger, the lion never kills the weakest fox that throws itself in his arms for protection. If the subject classes, for a moment, stand as impediments in the way of the gratification of the senses of the royal lion, their death knell is inevitably tolled; if they humbly bow down to his commands, they are perfectly safe. Not only so. Not to speak of ancient days, even in modern times, no society can be found in any country where the effectiveness of individual self-sacrifice for the good of the many and of the oneness of purpose and endeavour actuating every member of the society for the common good of the whole have been fully realised. Hence the necessity of the kings who are the creations of the society itself. They are the centres where all the forces of society, otherwise loosely scattered about, are made to converge, and from which they start and course through the body politic and animate society.
As during the Brâhminical supremacy, at the first stage is the awakening of the first impulse for search after knowledge, and later the continual and careful fostering of the growth of that impulse still in its infancy — so, during the Kshatriya supremacy, a strong desire for pleasure pursuits has made its appearance at the first stage, and later have sprung up inventions and developments of arts and sciences as the means for its gratification. Can the king, in the height of his glory, hide his proud head within the lowly cottages of the poor? Or can the common good of his subjects ever minister to his royal appetite with satisfaction?
He whose dignity bears no comparison with anyone else on earth, he who is divinity residing in the temple of the human body — for the common man, to cast even a mere glance at his, the king's, objects of pleasure is a great sin; to think of ever possessing them is quite out of the question. The body of the king is not like the bodies of other people, it is too sacred to be polluted by any contamination; in certain countries it is even believed never to come under the sway of death. A halo of equal sacredness shines around the queen, so she is scrupulously guarded from the gaze of the common folk, not even the sun may cast a glance on her beauty! Hence the rising of magnificent palaces to take the place of thatched cottages. The sweet harmonious strain of artistic music, flowing as it were from heaven, silenced the disorderly jargon of the rabble. Delightful gardens, pleasant groves, beautiful galleries, charming paintings, exquisite sculptures, fine and costly apparel began to displace by gradual steps the natural beauties of rugged woods and the rough and coarse dress of the simple rustic. Thousands of intelligent men left the toilsome task of the ploughman and turned their attention to the new field of fine arts, where they could display the finer play of their intellect in less laborious and easier ways. Villages lost their importance; cities rose in their stead.
It was in India, again, that the kings, after having enjoyed for some time earthly pleasures to their full satisfaction, were stricken at the latter part of their lives with heavy world-weariness, as is sure to follow on extreme sense-gratification; and thus being satiated with worldly pleasures, they retired at their old age into secluded forests, and there began to contemplate the deep problems of life. The results of such renunciation and deep meditation were marked by a strong dislike for cumbrous rites and ceremonials and an extreme devotion to the highest spiritual truths which we find embodied in the Upanishads, the Gita, and the Jain and the Buddhist scriptures. Here also was a great conflict between the priestly and the royal powers. Disappearance of the elaborate rites and ceremonials meant a death-blow to the priest's profession. Therefore, naturally, at all times and in every country, the priests gird up their loins and try their best to preserve the ancient customs and usages, while on the other side stand in opposition kings like Janaka, backed by Kshatriya prowess as well as spiritual power. We have dealt at length already on this bitter antagonism between the two parties.
As the priest is busy about centralising all knowledge and learning at a common centre, to wit, himself, so the king is ever up and doing in collecting all the earthly powers and focusing them in a central point, i.e. his own self. Of course, both are beneficial to society. At one time they are both needed for the common good of society, but that is only at its infant stage. But if attempts be made, when society has passed its infant stage and reached its vigorous youthful condition, to clothe it by force with the dress which suited it in its infancy and keep it bound within narrow limits, then either it bursts the bonds by virtue of its own strength and tries to advance, or where it fails to do so, it retraces its footsteps and by slow degrees returns to its primitive uncivilised condition.
Kings are like parents to their subjects, and the subjects are the kings' children. The subjects should, in every respect, look up to the king and stick to their king with unreserved obedience, and the king should rule them with impartial justice and look to their welfare and bear the same affection towards them as he would towards his own children. But what rule applies to individual homes applies to the whole society as well, for society is only the aggregate of individual homes. "When the son attains the age of sixteen, the father ought to deal with him as his friend and equal" — if that is the rule, does not the infant society ever attain that age of sixteen? It is the evidence of history that at a certain time every society attains its manhood, when a strong conflict ensues between the ruling power and the common people. The life of the society, its expansion and civilisation, depend on its victory or defeat in this conflict.
Such changes, revolutionizing society, have been happening in India again and again, only in this country they have been effected in the name of religion, for religion is the life of India, religion is the language of this country, the symbol of all its movements. The Chârvâka, the Jain, the Buddhist, Shankara, Ramanuja, Kabir, Nânak, Chaitanya, the Brâhmo Samâj, the Arya Samaj — of all these and similar other sects, the wave of religion, foaming, thundering, surging, breaks in the front, while in the rear follows the filling-up of social wants. If all desires can be accomplished by the mere utterance of some meaningless syllables, then who will exert himself and go through difficulties to work out the fulfilment of his desires? If this malady enters into the entire body of any social system, then that society becomes slothful and indisposed to any exertion, and soon hastens to it, ruin. Hence the slashing sarcasm of the Charvakas, who believed only in the reality of sense-perceptions and nothing beyond. What could have saved Indian society from the ponderous burden of omnifarious ritualistic ceremonialism, with its animal and other sacrifices, which all but crushed the very life out of it, except the Jain revolution which took its strong stand exclusively on chaste morals and philosophical truth? Or without the Buddhist revolution what would have delivered the suffering millions of the lower classes from the violent tyrannies of the influential higher castes? When, in course of time, Buddhism declined and its extremely pure and moral character gave place to equally bad, unclean, and immoral practices, when Indian society trembled under the infernal dance of the various races of barbarians who were allowed into the Buddhistic fold by virtue of its universal all-embracing spirit of equality — then Shankara, and later Ramanuja, appeared on the scene and tried their best to bring society back to its former days of glory and re-establish its lost status. Again, it is an undoubted fact that if there had not been the advent of Kabir, Nanak, and Chaitanya in the Mohammedan period, and the establishment of the Brahmo Samaj and the Arya Samaj in our own day, then, by this time, the Mohammedans and the Christians would have far outnumbered the Hindus of the present day in India.
What better material is there than nourishing food to build up the body composed of various elements, and the mind which sends out infinite waves of thought? But if that food which goes to sustain the body and strengthen the mind is not properly assimilated, and the natural functions of the body do not work properly, then that very thing becomes the root of all evil.
The individual's life is in the life of the whole, the individual's happiness is in the happiness of the whole; apart from the whole, the individual's existence is inconceivable — this is an eternal truth and is the bed-rock on which the universe is built. To move slowly towards the infinite whole, bearing a constant feeling of intense sympathy and sameness with it, being happy with its happiness and being distressed in its affliction, is the individual's sole duty. Not only is it his duty, but in its transgression is his death, while compliance with this great truth leads to life immortal. This is the law of nature, and who can throw dust into her ever-watchful eyes? None can hoodwink society and deceive it for any length of time. However much there may have accumulated heaps of refuse and mud on the surface of society — still, at the bottom of those heaps the life-breath of society is ever to be found pulsating with the vibrations of universal love and self-denying compassion for all. Society is like the earth that patiently bears incessant molestations; but she wakes up one day, however long that may be in coming, and the force of the shaking tremors of that awakening hurls off to a distance the accumulated dirt of self-seeking meanness piled up during millions of patient and silent years!
We ignore this sublime truth; and though we suffer a thousand times for our folly, yet, in our absurd foolishness, impelled by the brute in us, we do not believe in it. We try to deceive, but a thousand times we find we are deceived ourselves, and yet we do not desist! Mad that we are, we imagine we can impose on nature' With our shortsighted vision we think ministering to the self at any cost is the be-all and end-all of life.
Wisdom, knowledge, wealth, men, strength, prowess and whatever else nature gathers and provides us with, are all only for diffusion, when the moment of need is at hand. We often forget this fact, put the stamp of "mine only" upon the entrusted deposits, and pari passu, we sow the seed of our own ruin!
The king, the centre of the forces of the aggregate of his subjects, soon forgets that those forces are only stored with him so that he may increase and give them back a thousandfold in their potency, so that they may spread over the whole community for its good. Attributing all Godship to himself, in his pride, like the king Vena he looks upon other people as wretched specimens of humanity who should grovel before him; any opposition to his will, whether good or bad, is a great sin on the part of his subjects. Hence oppression steps into the place of protection — sucking their blood in place of preservation. If the society is weak and debilitated, it silently suffers all ill-treatment at the hands of the king, and as the natural consequence, both the king and his people go down and down and fall into the most degraded state, and thus become an easy prey to any nation stronger than themselves. Where the society is healthy and strong, there soon follows a fierce contest between the king and his subjects, and, by its reaction and convulsion, are flung away the sceptre and the crown; and the throne and the royal paraphernalia become like past curiosities preserved in the museum galleries.
As the result of this contest — as its reaction — is the appearance of the mighty power of the Vaishya, before whose angry glance the crowned heads, the lords of heroes, tremble like an aspen leaf on their thrones — whom the poor as well as the prince humbly follow in vain expectation of the golden jar in his hands, that like Tantalus's fruit always recedes from the grasp.
The Brahmin said, "Learning is the power of all powers; that learning is dependent upon me, I possess that learning, so the society must follow my bidding." For some days such was the case. The Kshatriya said, "But for the power of my sword, where would you be, O Brahmin, with all your power of lore? You would in no time be wiped off the face of the earth. It is I alone that am the superior." Out flew the flaming sword from the jingling scabbard — society humbly recognised it with bended head. Even the worshipper of learning was the first to turn into the worshipper of the king. The Vaishya is saying, "You, madmen I what you call the effulgent all-pervading deity is here, in my hand, the ever-shining gold, the almighty sovereign. Behold, through its grace, I am also equally all-powerful. O Brahmin! even now, I shall buy through its grace all your wisdom, learning, prayers, and meditation. And, O great king! your sword, arms, valour, and prowess will soon be employed, through the grace of this, my gold, in carrying out my desired objects. Do you see those lofty and extensive mills? Those are my hives. See, how, swarms of millions of bees, the Shudras, are incessantly gathering honey for those hives. Do you know for whom? For me, this me, who in due course of time will squeeze out every drop of it for my own use and profit."
As during the supremacy of the Brahmin and the Kshatriya, there is a centralization of learning and advancement of civilization, so the result of the supremacy of the Vaishya is accumulation of wealth. The power of the Vaishya lies in the possession of that coin, the charm of whose clinking sound works with an irresistible fascination on the minds of the four castes. The Vaishya is always in fear lest the Brahmin swindles him out of this, his only possession, and lest the Kshatriya usurps it by virtue of his superior strength of arms. For self-preservation, the Vaishyas as a body are, therefore, of one mind. The Vaishya commands the money; the exorbitant interest that he can exact for its use by others, as with a lash in his hand, is his powerful weapon which strikes terror in the heart of all. By the power of his money, he is always busy curbing the royal power. That the royal power may not anyhow stand in the way of the inflow of his riches, the merchant is ever watchful. But, for all that, he has never the least wish that the power should pass on from the kingly to the Shudra class.
To what country does not the merchant go? Though himself ignorant, he carries on his trade and transplants the learning, wisdom, art, and science of one country to another. The wisdom, civilization, and arts that accumulated in the heart of the social body during the Brahmin and the Kshatriya supremacies are being diffused in all directions by the arteries of commerce to the different market-places of the Vaishya. But for the rising of this Vaishya power, who would have carried today the culture, learning, acquirements, and articles of food and luxury of one end of the world to the other?
And where are they through whose physical labour only are possible the influence of the Brahmin, the prowess of the Kshatriya, and the fortune of the Vaishya? What is their history, who, being the real body of society, are designated at all times in all countries as "baseborn"? — for whom kind India prescribed the mild punishments, "Cut out his tongue, chop off his flesh", and others of like nature, for such a grave offence as any attempt on their part to gain a share of the knowledge and wisdom monopolised by her higher classes — those "moving corpses" of India and the "beasts of burden" of other countries — the Shudras, what is their lot in life? What shall I say of India? Let alone her Shudra class, her Brahmins to whom belonged the acquisition of scriptural knowledge are now the foreign professors, her Kshatriyas the ruling Englishmen, and Vaishyas, too, the English in whose bone and marrow is the instinct of trade, so that, only the Shudra-ness — the-beast-of-burdenness — is now left with the Indians themselves.
A cloud of impenetrable darkness has at present equally enveloped us all. Now there is neither firmness of purpose nor boldness of enterprise, neither courage of heart nor strength of mind, neither aversion to maltreatments by others nor dislike for slavery, neither love in the heart nor hope nor manliness; but what we have in India are only deep-rooted envy and strong antipathy against one another, morbid desire to ruin by hook or by crook the weak, and to lick dog-like the feet of the strong. Now the highest satisfaction consists in the display of wealth and power, devotion in self-gratification, wisdom in the accumulation of transitory objects, Yoga in hideous diabolical practices, work in the slavery of others, civilisation in base imitation of foreign nations, eloquence in the use of abusive language, the merit of literature in extravagant flatteries of the rich or in the diffusion of ghastly obscenities! What to speak separately of the distinct Shudra class of such a land, where the whole population has virtually come down to the level of the Shudra? The Shudras of countries other than India have become, it seems, a little awake; but they are wanting in proper education and have only the mutual hatred of men of their own class — a trait common to Shudras. What avails it if they greatly outnumber the other classes? That unity, by which ten men collect the strength of a million, is yet far away from the Shudra; hence, according to the law of nature, the Shudras invariably form the subject race.
But there is hope. In the mighty course of time, the Brahmin and the other higher castes, too, are being brought down to the lower status of the Shudras, and the Shudras are being raised to higher ranks. Europe, once the land of Shudras enslaved by Rome, is now filled with Kshatriya valour. Even before our eyes, powerful China, with fast strides, is going down to Shudra-hood, while insignificant Japan, rising with the sudden start of a rocket, is throwing off her Shudra nature and is invading by degrees the rights of the higher castes. The attaining of modern Greece and Italy to Kshatriya-hood and the decline of Turkey, Spain, and other countries, also, deserve consideration here.
Yet, a time will come when there will be the rising of the Shudra class, with their Shudra-hood; that is to say, not like that as at present when the Shudras are becoming great by acquiring the characteristic qualities of the Vaishya or the Kshatriya, but a time will come when the Shudras of every country, with their inborn Shudra nature and habits — not becoming in essence Vaishya or Kshatriya, but remaining as Shudras — will gain absolute supremacy in every society. The first glow of the dawn of this new power has already begun to break slowly upon the Western world, and the thoughtful are at their wits' end to reflect upon the final issue of this fresh phenomenon. Socialism, Anarchism, Nihilism, and other like sects are the vanguard of the social revolution that is to follow. As the result of grinding pressure and tyranny, from time out of mind, the Shudras, as a rule, are either meanly senile, licking dog-like the feet of the higher class, or otherwise are as inhuman as brute beasts. Again, at all times their hopes and aspirations are baffled; hence a firmness of purpose and perseverance in action they have none.
In spite of the spread of education in the West, there is a great hindrance in the way of the rising of the Shudra class, and that is the recognition of caste as determined by the inherence of more or less good or bad qualities. By this very qualitative caste system which obtained in India in ancient days, the Shudra class was kept down, bound hand and foot. In the first place, scarcely any opportunity was given to the Shudra for the accumulation of wealth or the earning of proper knowledge and education; to add to this disadvantage, if ever a man of extraordinary parts and genius were born of the Shudra class, the influential higher sections of the society forthwith showered titular honours on him and lifted him up to their own circle. His wealth and the power of his wisdom were employed for the benefit of an alien caste — and his own caste-people reaped no benefits of his attainments; and not only so, the good-for-nothing people, the scum and refuse of the higher castes, were cast off and thrown into the Shudra class to swell their number. Vasishtha, Nârada, Satyakâma Jâbâla, Vyâsa, Kripa, Drona, Karna, and others of questionable parentage were raised to the position of a Brahmin or a Kshatriya, in virtue of their superior learning or valour; but it remains to be seen how the prostitute, maidservant, fisherman, or the charioteer class was benefited by these upliftings. Again, on the other hand, the fallen from the Brahmin, the Kshatriya, or the Vaishya class were always brought down to fill the ranks of the Shudras.
In modern India, no one born of Shudra parents, be he a millionaire or a great Pandit, has ever the right to leave his own society, with the result that the power of his wealth, intellect, or wisdom, remaining confined within his own caste limits, is being employed for the betterment of his own community. This hereditary caste system of India, being thus unable to overstep its own bounds, is slowly but surely conducing to the advancement of the people moving within the same circle. The improvement of the lower classes of India will go on, in this way, so long as India will be under a government dealing with its subjects irrespective of their caste and position.
Whether the leadership of society be in the hands of those who monopolise learning or wield the power of riches or arms, the source of its power is always the subject masses. By so much as the class in power severs itself from this source, by so much is it sure to become weak. But such is the strange irony of fate, such is the queer working of Mâyâ, that they from whom this power is directly or indirectly drawn, by fair means or foul — by deceit, stratagem, force, or by voluntary gift — they soon cease to be taken into account by the leading class. When in course of time, the priestly power totally estranged itself from the subject masses, the real dynamo of its power, it was overthrown by the then kingly power taking its stand on the strength of the subject people; again, the kingly power, judging itself to be perfectly independent, created a gaping chasm between itself and the subject people, only to be itself destroyed or become a mere puppet in the hands of the Vaishyas, who now succeeded in securing a relatively greater co-operation of the mass of the people. The Vaishyas have now gained their end; so they no longer deign to count on help from the subject people and are trying their best to dissociate themselves from them; consequently, here is being sown the seed of the destruction of this power as well.
Though themselves the reservoir of all powers, the subject masses, creating an eternal distance between one another, have been deprived of all their legitimate rights; and they will remain so as long as this sort of relation continues.
A common danger, or sometimes a common cause of hatred or love, is the bond that binds people together. By the same law that herds beasts of prey together, men also unite into a body and form a caste or a nation of their own. Zealous love for one's own people and country, showing itself in bitter hatred against another — as of Greece against Persia, or Rome against Carthage, of the Arab against the Kafir, of Spain against the Moor, of France against Spain, of England and Germany against France, and of America against England — is undoubtedly one of the main causes which lead to the advancement of one nation over another, by way of uniting itself in hostilities against another.
Self-love is the first teacher of self-renunciation. For the preservation of the individual's interest only one looks first to the well-being of the whole. In the interest of one's own nation is one's own interest; in the well-being of one's own nation is one's own well-being. Without the co-operation of the many, most words can by no means go on — even self-defence becomes an impossibility. The joining of friendly hands in mutual help for the protection of this self-interest is seen in every nation, and in every land. Of course, the circumference of this self-interest varies with different people. To multiply and to have the opportunity of somehow dragging on a precarious existence, and over and above this, the condition that the religious pursuits of the higher castes may not suffer in any way, is of the highest gain and interest for Indians! For modern India, there is no better hope conceivable; this is the last rung of the ladder of India's life!
The present government of India has certain evils attendant on it, and there are some very great and good parts in it as well. Of highest good is this, that after the fall of the Pâtaliputra Empire till now, India was never under the guidance of such a powerful machinery of government as the British, wielding the sceptre throughout the length and breadth of the land. And under this Vaishya supremacy, thanks to the strenuous enterprise natural to the Vaishya, as the objects of commerce are being brought from one end of the world to another, so at the same time, as its natural sequence, the ideas and thoughts of different countries are forcing their way into the very bone and marrow of India. Of these ideas and thoughts, some are really most beneficial to her, some are harmful, while others disclose the ignorance and inability of the foreigners to determine what is truly good for the inhabitants of this country.
But piercing through the mass of whatever good or evil there may be is seen rising the sure emblem of India's future prosperity — that as the result of the action and reaction between her own old national ideals on the one hand, and the newly-introduced strange ideals of foreign nations on the other, she is slowly and gently awakening from her long deep sleep. Mistakes she will make, let her: there is no harm in that; in all our actions, errors and mistakes are our only teachers. Who commits mistaken the path of truth is attainable by him only. Trees never make mistakes, nor do stones fall into error; animals are hardly seen to transgress the fixed laws of nature; but man is prone to err, and it is man who becomes God-on-earth. If our every movement from the nursery to the death-bed, if our every thought from rising at day-break till retirement at midnight, be prescribed and laid down for us in minutest detail by others — and if the threat of the king's sword be brought into requisition to keep us within the iron grasp of those prescribed rules — then, what remains for us to think independently for ourselves? What makes a man a genius, a sage? Isn't it because he thinks, reasons, wills? Without exercise, the power of deep thinking is lost. Tamas prevails, the mind gets dull and inert, the spirit is brought down to the level of matter. Yet, even now, every religious preacher, every social leader is anxious to frame new laws and regulations for the guidance of society! Does the country stand in want of rules? Has it not enough of them? Under the oppression of rules, the whole nation is verging on its ruin — who stops to understand this?
In the case of an absolute and arbitrary monarchy, the conquered race is not treated with so much contempt by the ruling power. Under such an absolute government, the rights of all subjects are equal, in other words, no one has any right to question or control the governing authority. So there remains very little room for special privileges of caste and the like. But where the monarchy is controlled by the voice of the ruling race, or a republican form of government rules the conquered race, there a wide distance is created between the ruling and the ruled; and the most part of that power, which, if employed solely for the well-being of the ruled classes, might have done immense good to them within a short time, is wasted by the government in its attempts and applications to keep the subject race under its entire control. Under the Roman Emperorship, foreign subjects were, for this very reason, happier than under the Republic of Rome. For this very reason, St. Paul, the Christian Apostle, though born of the conquered Jewish race, obtained permission to appeal to the Roman Emperor, Caesar, to judge of the charges laid against him Because some individual Englishman may call us "natives" or "riggers" and hate us as uncivilized savages, we do not gain or lose by that. We, on account of caste distinctions, have among ourselves far stronger feelings of hatred and scorn against one another; and who can say that the Brahmins, if they get some foolish unenlightened Kshatriya king on their side, will not graciously try again to "cut out the Shudras' tongues and chop off their limbs"? That recently in Eastern Aryavarta, the different caste-people seem to develop a feeling of united sympathy amidst themselves with a view to ameliorating their present social condition — that in the Mahratta country, the Brahmins have begun to sing paeans in praise of the "Marâthâ" race — these, the lower castes cannot yet believe to be the outcome of pure disinterestedness.
But gradually the idea is being formed in the minds of the English public that the passing away of the Indian Empire from their sway will end in imminent peril to the English nation, and be their ruin. So, by any means whatsoever, the supremacy of England must be maintained in India. The way to effect this, they think, is by keeping uppermost in the heart of every Indian the mighty prestige and glory of the British nation. It gives rise to both laughter and tears simultaneously to observe how this ludicrous and pitiful sentiment is gaining ground among the English, and how they are steadily extending their modus operandi for the carrying out of this sentiment into practice. It seems as if the Englishmen resident in India are forgetting that so long as that fortitude, that perseverance, and that intense national unity of purpose, by which Englishmen have earned this Indian Empire — and that ever wide-awake commercial genius aided by science' which has turned even India, the mother of all riches, into the principal mart of England — so long as these characteristics are not eliminated from their national life, their throne in India is unshakable. So long as these qualities are inherent in the British character, let thousands of such Indian Empires be lost, thousands will be earned again. But if the flow of the stream of those qualifier be retarded, shall an Empire be governed by the mere emblazoning of British prestige and glory? Therefore when such remarkable traits of character are still predominant in the English as a nation, it is utterly useless to spend so much energy and power for the mere preservation of meaningless "prestige". If that power were employed for the welfare of the subject-people, that, would certainly have been a great gain for both the ruling and the ruled races.
It has been said before that India is slowly awakening through her friction with the outside nations; and as the result of this little awakening, is the appearance, to a certain extent, of free and independent thought in modern India. On one side is modern Western science, dazzling the eyes with the brilliancy of myriad suns and driving in the chariot of hard and fast facts collected by the application of tangible powers direct in their incision, on the other are the hopeful and strengthening traditions of her ancient forefathers, in the days when she was at the zenith of her glory — traditions that have been brought out of the pages of her history by the great sages of her own land and outside, that run for numberless years and centuries through her every vein with the quickening of life drawn from universal love — traditions that reveal unsurpassed valour, superhuman genius, and supreme spirituality, which are the envy of the gods — these inspire her with future hopes. On one side, rank materialism, plenitude of fortune, accumulation of gigantic power, and intense sense-pursuits have, through foreign literature, caused a tremendous stir; on the other, through the confounding din of all these discordant sounds, she hears, in low yet unmistakable accents, the heart-rending cries of her ancient gods, cutting her to the quick. There lie before her various strange luxuries introduced from the West — celestial drinks, costly well-served food, splendid apparel, magnificent palaces, new modes of conveyance, new manners, new fashions dressed in which moves about the well-educated girl in shameless freedom — all these are arousing unfelt desires. Again, the scene changes, and in its place appear, with stern presence, Sitâ, Sâvitri, austere religious vows, fastings, the forest retreat, the matted locks and orange garb of the semi-naked Sannyasin, Samâdhi and the search after the Self. On one side is the independence of Western societies based on self-interest; on the other is the extreme self-sacrifice of the Aryan society. In this violent conflict, is it strange that Indian society should be tossed up and down? Of the West, the goal is individual independence, the language money-making education, the means politics; of India, the goal is Mukti, the language the Veda, the means renunciation. For a time, Modern India thinks, as it were, I am ruining this worldly life of mine in vain expectation of uncertain spiritual welfare hereafter which has spread its fascination over one; and again, lo! spellbound she listens —
On one side, new India is saying, "We should have full freedom in the selection of husband and wife; because the marriage, in which are involved the happiness and misery of all our future life, we must have the right to determine according to our own free will." On the other, old India is dictating, "Marriage is not for sense-enjoyment, but to perpetuate the race. This is the Indian conception of marriage. By the producing of children, you are contributing to, and are responsible for, the future good or evil of the society. Hence society has the right to dictate whom you shall marry and whom you shall not. That form of marriage obtains in society which is conducive most to its well-being; do you give up your desire of individual pleasure for the good of the many."
On one side, new India is saying, "If we only adopt Western ideas, Western language, Western food, Western dress, and Western manners, we shall be as strong and powerful as the Western nations"; on the other, old India is saying, "Fools! By imitation, other's ideas never become one's own; nothing, unless earned, is your own. Does the ass in the lion's skin become the lion?"
On one side, new India is saying, "What the Western nations do is surely good, otherwise how did they become so great?" On the other side, old India is saying, "The flash of lightning is intensely bright, but only for a moment; look out, boys, it is dazzling your eyes. Beware! "
Have we not then to learn anything from the West? Must we not needs try and exert ourselves for better things? Are we perfect? Is our society entirely spotless, without any flaw. There are many things to learn, he must struggle for new and higher things till we die — struggle is the end of human life. Shri Ramakrishna used to say, "As long as I live, so long do I learn." That man or that society which has nothing to learn is already in the jaws of death. Yes, learn we must many things from the West: but there are fears as well.
A certain young man of little understanding used always to blame the Hindu Shâstras before Shri Ramakrishna. One day he praised the Bhagavad-Gita, on which Shri Ramakrishna said, "Methinks, some European Pandit has praised the Gita, and so he has also followed suit."
O India, this is your terrible danger. The spell of imitating the West is getting such a strong hold upon you that what is good or what is bad is no longer decided by reason, judgment, discrimination, or reference to the Shastras. Whatever ideas, whatever manners the white men praise or like are good; whatever things they dislike or censure are bad. Alas! what can be a more tangible proof of foolishness than this?
The Western ladies move freely everywhere, therefore that is good; they choose for themselves their husbands, therefore that is the highest step of advancement; the Westerners disapprove of our dress, decorations, food, and ways of living, therefore they must be very bad; the Westerners condemn image-worship as sinful, surely then, image-worship is the greatest sin, there is no doubt of it!
The Westerners say that worshipping a single Deity is fruitful of the highest spiritual good, therefore let us throw our gods and goddesses into the river Ganga! The Westerners hold caste distinctions to be obnoxious, therefore let all the different castes be jumbled into one! The Westerners say that child-marriage is the root of all evils, therefore that is also very bad, of a certainty it is!
We are not discussing here whether these customs deserve continuance or rejection; but if the mere disapproval of the Westerners be the measure of the abominableness of our manners and customs, then it is our duty to raise our emphatic protest against it.
The present writer has, to some extent, personal experience of Western society. His conviction resulting from such experience has been that there is such a wide divergence between the Western society and the Indian as regards the primal course and goal of each, that any sect in India, framed after the Western model, will miss the aim. We have not the least sympathy with those who, never having lived in Western society and, therefore, utterly ignorant of the rules and prohibitions regarding the association of men and women that obtain there, and which act as safeguards to preserve the purity of the Western women, allow a free rein to the unrestricted intermingling of men and women in our society.
I have observed in the West also that the children of weaker nations, if born in England, give themselves out as Englishmen, instead of Greek, Portuguese, Spaniard, etc., as the case may be. All drift towards the strong. That the light of glory which shines in the glorious may anyhow fall and reflect on one's own body, i.e. to shine in the borrowed light of the great, is the one desire of the weak. When I see Indians dressed in European apparel and costumes, the thought comes to my mind, perhaps they feel ashamed to own their nationality and kinship with the ignorant, poor, illiterate, downtrodden people of India! Nourished by the blood of the Hindu for the last fourteen centuries, the Parsee is no longer a "native"! Before the arrogance of the casteless, who pretend to be and glorify themselves in being Brahmins, the true nobility of the old, heroic, high-class Brahmin melts into nothingness! Again, the Westerners have now taught us that those stupid, ignorant, low-caste millions of India, clad only in loin-cloths, are non-Aryans. They are therefore no more our kith and kin!
O India! With this mere echoing of others, with this base imitation of others, with this dependence on others this slavish weakness, this vile detestable cruelty — wouldst thou, with these provisions only, scale the highest pinnacle of civilisation and greatness? Wouldst thou attain, by means of thy disgraceful cowardice, that freedom deserved only by the brave and the heroic? O India! Forget not that the ideal of thy womanhood is Sita, Savitri, Damayanti; forget not that the God thou worshippest is the great Ascetic of ascetics, the all-renouncing Shankara, the Lord of Umâ; forget not that thy marriage, thy wealth, thy life are not for sense-pleasure, are not for thy individual personal happiness; forget not that thou art born as a sacrifice to the Mother's altar; forget not that thy social order is but the reflex of the Infinite Universal Motherhood; forget not that the lower classes, the ignorant, the poor, the illiterate, the cobbler, the sweeper, are thy flesh and blood, thy brothers. Thou brave one, be bold, take courage, be proud that thou art an Indian, and proudly proclaim, "I am an Indian, every Indian is my brother." Say, "The ignorant Indian, the poor and destitute Indian, the Brahmin Indian, the Pariah Indian, is my brother." Thou, too, clad with but a rag round thy loins proudly proclaim at the top of thy voice: "The Indian is my brother, the Indian is my life, India's gods and goddesses are my God. India's society is the cradle of my infancy, the pleasure-garden of my youth, the sacred heaven, the Varanasi of my old age." Say, brother: "The soil of India is my highest heaven, the good of India is my good," and repeat and pray day and night, "O Thou Lord of Gauri, O Thou Mother of the Universe, vouchsafe manliness unto me! O Thou Mother of Strength, take away my weakness, take away my unmanliness, and make me a Man!"
Notes
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.