Le travail qui nous attend
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Français
L'ŒUVRE QUI NOUS ATTEND
(Discours prononcé à la Triplicane Literary Society, Madras)
Le problème de la vie devient chaque jour plus profond et plus vaste à mesure que le monde avance. Le mot d'ordre et l'essence en ont été prêchés aux temps anciens, lorsque la vérité du Vedânta fut découverte pour la première fois : la solidarité de toute vie. Un seul atome dans cet univers ne peut bouger sans entraîner le monde entier dans son sillage. Il ne peut y avoir de progrès sans que le monde entier suive dans la foulée, et il devient chaque jour plus évident que la solution d'un problème ne pourra jamais être atteinte sur des bases raciales, nationales ou étroites. Chaque idée doit s'élargir jusqu'à couvrir la totalité de ce monde, chaque aspiration doit croître sans cesse jusqu'à englober l'humanité tout entière, et même la vie tout entière, dans son champ. Cela expliquera pourquoi notre pays, au cours des derniers siècles, n'a plus été ce qu'il était autrefois. Nous constatons que l'une des causes qui ont conduit à cette dégénérescence fut le rétrécissement de nos vues, le rétrécissement de la portée de nos actions.
Deux nations singulières ont existé — issues de la même race, mais placées dans des circonstances et des environnements différents, résolvant chacune les problèmes de la vie à sa manière propre. Je veux parler de l'ancien Hindou et de l'ancien Grec. L'Aryen indien — borné au nord par les cimes enneigées de l'Himalaya, entouré dans les plaines de rivières d'eau douce semblables à des océans en mouvement, avec des forêts éternelles qui, pour lui, semblaient être les confins du monde — tourna son regard vers l'intérieur ; et compte tenu de l'instinct naturel, du cerveau d'une finesse extrême de l'Aryen, avec ce paysage sublime qui l'entourait, le résultat naturel fut qu'il devint introspectif. L'analyse de son propre esprit fut le grand thème de l'Indo-Aryen. Le Grec, en revanche, arrivé dans une partie de la terre qui était plus belle que sublime, les belles îles de l'archipel grec, avec une nature tout autour de lui généreuse et pourtant simple — son esprit se tourna naturellement vers l'extérieur. Il voulait analyser le monde extérieur. Et par conséquent, nous constatons que de l'Inde sont nées toutes les sciences analytiques, et de la Grèce toutes les sciences de la généralisation. L'esprit hindou poursuivit sa propre direction et produisit les résultats les plus merveilleux. Même à l'heure actuelle, la capacité logique des Hindous et la puissance formidable que le cerveau indien possède encore sont incomparables. Nous savons tous que nos jeunes, mis en compétition avec ceux de n'importe quel autre pays, triomphent toujours. En même temps, lorsque la vigueur nationale déclina, peut-être un ou deux siècles avant la conquête musulmane de l'Inde, cette faculté nationale devint si exagérée qu'elle se dégrada elle-même, et nous trouvons une part de cette dégradation dans tout ce qui touche à l'Inde, dans l'art, la musique, les sciences, en toute chose. Dans l'art, il n'y avait plus de conception large, plus de symétrie de forme et de sublimité de conception, mais la tentative démesurée vers le style orné et fleuri avait surgi. L'originalité de la race semblait avoir été perdue. En musique, il n'y avait plus les idées bouleversantes de l'ancienne musique sanskrite, chaque note ne se tenait plus, pour ainsi dire, sur ses propres pieds, produisant cette harmonie merveilleuse, mais chaque note avait perdu son individualité. Toute la musique moderne est un fatras de notes, une masse confuse de courbes. C'est là un signe de dégradation en musique. Ainsi, si vous analysez vos conceptions idéalistes, vous trouverez la même tentative de figures ornementales et la perte d'originalité. Et même en religion, votre domaine particulier, vinrent les dégradations les plus horribles. Que pouvez-vous attendre d'une race qui, pendant des centaines d'années, s'est occupée à discuter de problèmes aussi capitaux que de savoir si nous devons boire un verre d'eau avec la main droite ou la gauche ? Quelle dégradation plus grande peut-il y avoir que le fait que les plus grands esprits d'un pays aient discuté de la cuisine pendant plusieurs centaines d'années, discutant si je peux vous toucher ou si vous pouvez me toucher, et quelle est la pénitence pour ce contact ! Les thèmes du Vedânta (la philosophie de la réalité ultime), les conceptions les plus sublimes et les plus glorieuses de Dieu et de l'âme jamais prêchées sur terre, étaient à moitié perdus, enterrés dans les forêts, préservés par quelques Sannyâsins (moines renonçants), tandis que le reste de la nation discutait des questions capitales du contact entre les personnes, du vêtement et de la nourriture. La conquête musulmane nous a apporté beaucoup de bonnes choses, sans doute ; même l'homme le plus humble du monde peut enseigner quelque chose au plus élevé ; en même temps, elle ne put insuffler de la vigueur à la race. Puis, pour le meilleur ou pour le pire, la conquête anglaise de l'Inde eut lieu. Bien sûr, toute conquête est mauvaise, car la conquête est un mal, un gouvernement étranger est un mal, sans doute ; mais même à travers le mal, le bien vient parfois, et le grand bienfait de la conquête anglaise est le suivant : l'Angleterre, et même l'Europe entière, doit remercier la Grèce pour sa civilisation. C'est la Grèce qui parle à travers tout en Europe. Chaque bâtiment, chaque meuble porte l'empreinte de la Grèce ; la science et l'art européens ne sont rien d'autre que grecs. Aujourd'hui, l'ancien Grec rencontre l'ancien Hindou sur le sol de l'Inde. Ainsi, lentement et silencieusement, le ferment est venu ; le mouvement d'élargissement, de régénération et de renaissance que nous voyons tout autour de nous a été produit par ces forces conjuguées. Une conception de la vie plus large et plus généreuse est devant nous ; et bien qu'au début nous ayons été quelque peu abusés et ayons voulu rétrécir les choses, nous découvrons aujourd'hui que ces impulsions généreuses qui sont à l'œuvre, ces conceptions plus larges de la vie, sont l'interprétation logique de ce qui se trouve dans nos livres anciens. Elles sont la mise en pratique, jusqu'à son effet rigoureusement logique, des conceptions premières de nos propres ancêtres. S'élargir, aller au-dehors, fusionner, universaliser, telle est la fin de nos aspirations. Et tout ce temps, nous nous sommes rendus de plus en plus petits, nous nous sommes dissociés, contrairement aux plans établis par nos écritures.
Plusieurs dangers se dressent sur le chemin, et l'un d'eux est cette conception extrême que nous sommes le peuple par excellence du monde. Avec tout mon amour pour l'Inde, et avec tout mon patriotisme et ma vénération pour les anciens, je ne peux m'empêcher de penser que nous avons beaucoup de choses à apprendre des autres nations. Nous devons toujours être prêts à nous asseoir aux pieds de tous, car, notez-le bien, chacun peut nous enseigner de grandes leçons. Notre grand législateur Manu (le sage mythique auteur des lois) dit : « Recevez quelque bonne connaissance même de celui de basse naissance, et même de l'homme de la naissance la plus humble, apprenez par le service le chemin du ciel. » Nous donc, en vrais enfants de Manu, devons obéir à ses commandements et être prêts à apprendre les leçons de cette vie ou de la vie future de quiconque peut nous les enseigner. En même temps, nous ne devons pas oublier que nous avons aussi une grande leçon à enseigner au monde. Nous ne pouvons nous passer du monde extérieur à l'Inde ; ce fut notre folie de croire que nous le pouvions, et nous en avons payé le prix par environ mille ans d'esclavage. Le fait que nous ne soyons pas allés comparer les choses avec d'autres nations, que nous n'ayons pas observé les activités qui se déroulaient tout autour de nous, a été l'unique grande cause de cette dégradation de l'esprit indien. Nous avons payé le prix ; ne recommençons plus. Toutes ces idées insensées selon lesquelles les Indiens ne doivent pas quitter l'Inde sont puériles. Il faut les rejeter ; plus vous voyagez et circulez parmi les nations du monde, mieux c'est pour vous et pour votre pays. Si vous l'aviez fait pendant des centaines d'années, vous ne seriez pas aujourd'hui aux pieds de chaque nation qui veut gouverner l'Inde. Le premier effet manifeste de la vie est l'expansion. Vous devez vous étendre si vous voulez vivre. Dès que vous avez cessé de vous étendre, la mort est sur vous, le danger est devant vous. Je suis allé en Amérique et en Europe, à quoi vous faites si aimablement allusion ; il le fallait, car c'est le premier signe du renouveau de la vie nationale : l'expansion. Cette vie nationale renaissante, se déployant à l'intérieur, m'a projeté au-dehors, et des milliers seront projetés de la même façon. Retenez mes paroles, cela doit arriver si cette nation veut vivre. Cette question est donc le plus grand des signes du renouveau de la vie nationale, et par cette expansion, notre quote-part d'offrande à la masse générale du savoir humain, notre contribution au soulèvement général du monde, s'en va vers le monde extérieur.
Encore une fois, ce n'est pas chose nouvelle. Ceux d'entre vous qui pensent que les Hindous ont toujours été confinés entre les quatre murs de leur pays à travers tous les âges se trompent entièrement ; vous n'avez pas étudié les anciens livres, vous n'avez pas étudié correctement l'histoire de la race si vous pensez ainsi. Chaque nation doit donner pour vivre. Quand vous donnez la vie, vous recevrez la vie ; quand vous recevez, vous devez payer en donnant à tous les autres ; et le fait que nous ayons vécu pendant tant de milliers d'années est un fait qui nous regarde en face, et la solution qui reste est que nous avons toujours donné au monde extérieur, quoi qu'en pensent les ignorants. Mais le don de l'Inde est le don de la religion et de la philosophie, de la sagesse et de la spiritualité. Et la religion ne veut pas de cohortes marchant devant elle pour lui frayer le chemin. La sagesse et la philosophie ne veulent pas être portées sur des flots de sang. La sagesse et la philosophie ne marchent pas sur des corps humains ensanglantés, mais viennent sur les ailes de la paix et de l'amour, et il en a toujours été ainsi. C'est pourquoi nous avions à donner. Une jeune femme à Londres me demanda : « Qu'avez-vous fait, vous les Hindous ? Vous n'avez même jamais conquis une seule nation. » C'est vrai du point de vue de l'Anglais, du brave, de l'héroïque, du Kshatriya (la caste guerrière) — la conquête est la plus grande gloire qu'un homme puisse avoir sur un autre. C'est vrai de son point de vue, mais du nôtre, c'est tout l'opposé. Si je me demande quelle a été la cause de la grandeur de l'Inde, je réponds : parce que nous n'avons jamais conquis. Telle est notre gloire. Vous entendez chaque jour, et parfois, je suis désolé de le dire, de la bouche d'hommes qui devraient mieux savoir, des dénonciations de notre religion, parce qu'elle n'est en rien une religion conquérante. À mon avis, c'est justement l'argument pour lequel notre religion est plus vraie que toute autre religion, parce qu'elle n'a jamais conquis, parce qu'elle n'a jamais versé le sang, parce que sa bouche a toujours répandu sur tous des paroles de bénédiction, de paix, des paroles d'amour et de compassion. C'est ici, et ici seul, que les idéaux de tolérance furent prêchés pour la première fois. Et c'est ici, et ici seul, que la tolérance et la compassion sont devenues pratiques ; c'est théorique dans tous les autres pays, c'est ici et ici seul que l'Hindou bâtit des mosquées pour les musulmans et des églises pour les chrétiens.
Ainsi, vous le voyez, notre message est allé vers le monde maintes et maintes fois, mais lentement, silencieusement, imperceptiblement. Il est à l'unisson de tout ce qui se fait en Inde. La caractéristique de la pensée indienne est son silence, son calme. En même temps, la puissance formidable qui la soutient ne s'exprime jamais par la violence. C'est toujours le magnétisme silencieux de la pensée indienne. Si un étranger prend notre littérature pour l'étudier, au premier abord elle le rebute ; il n'y a pas la même agitation, peut-être la même énergie qui l'éveille instantanément. Comparez les tragédies de l'Europe avec nos tragédies. Les unes sont pleines d'action, qui vous transportent sur le moment, mais quand c'est fini vient la réaction, et tout a disparu, effacé pour ainsi dire de vos cerveaux. Les tragédies indiennes sont comme le pouvoir du magnétiseur : tranquilles, silencieuses, mais à mesure que vous les étudiez, elles vous fascinent ; vous ne pouvez plus bouger ; vous êtes lié ; et quiconque a osé toucher à notre littérature a senti cette emprise, et y est lié pour toujours. Comme la douce rosée qui tombe invisible et inaudible, et pourtant fait éclore les plus belles des roses, telle a été la contribution de l'Inde à la pensée du monde. Silencieuse, imperceptible, et pourtant toute-puissante dans son effet, elle a révolutionné la pensée du monde, et pourtant personne ne sait quand elle l'a fait. On me fit un jour cette remarque : « Comme il est difficile de déterminer le nom d'un écrivain en Inde ! » À quoi je répondis : « C'est l'idée indienne. » Les écrivains indiens ne sont pas comme les auteurs modernes qui empruntent quatre-vingt-dix pour cent de leurs idées à d'autres auteurs, tandis que seuls dix pour cent sont les leurs, et ils prennent soin d'écrire une préface dans laquelle ils disent : « De ces idées, je suis responsable. » Ces grands maîtres esprits, produisant des résultats prodigieux dans les cœurs de l'humanité, se contentaient d'écrire leurs livres sans même y mettre leur nom, et de mourir tranquillement, laissant les livres à la postérité. Qui connaît les auteurs de notre philosophie, qui connaît les auteurs de nos Purânas (les anciens textes narratifs) ? Ils passent tous sous le nom générique de Vyâsa, de Kapila, et ainsi de suite. Ils furent de vrais enfants de Shrî Krishna. Ils furent de vrais disciples de la Gîtâ (le chant du Seigneur) ; ils mirent pratiquement en œuvre le grand commandement : « Tu as droit à l'action, mais non à ses fruits. »
Ainsi l'Inde agit sur le monde, mais une condition est nécessaire. Les pensées, comme les marchandises, ne peuvent circuler que par des canaux créés par quelqu'un. Des routes doivent être construites avant même que la pensée puisse voyager d'un lieu à un autre, et chaque fois que, dans l'histoire du monde, une grande nation conquérante s'est levée, reliant les différentes parties du monde entre elles, alors la pensée de l'Inde a afflué à travers ces canaux et est ainsi entrée dans les veines de chaque race. Avant même la naissance des bouddhistes, les preuves s'accumulent chaque jour que la pensée indienne a pénétré le monde. Avant le bouddhisme, le Vedânta avait pénétré en Chine, en Perse et dans les îles de l'archipel oriental. De nouveau, quand l'esprit puissant du Grec eut relié les différentes parties du monde oriental, vint la pensée indienne ; et le christianisme, avec toute sa civilisation tant vantée, n'est qu'une collection de petits fragments de pensée indienne. La nôtre est la religion dont le bouddhisme, avec toute sa grandeur, est un enfant rebelle, et dont le christianisme est une imitation très fragmentaire. L'un de ces cycles est de nouveau arrivé. Il y a la puissance formidable de l'Angleterre qui a relié les différentes parties du monde entre elles. Les routes anglaises ne se contentent plus, comme les routes romaines, de parcourir les terres, mais elles ont aussi labouré les profondeurs dans toutes les directions. D'océan en océan s'étendent les routes de l'Angleterre. Chaque partie du monde a été reliée à toutes les autres, et l'électricité joue un rôle des plus merveilleux en tant que nouveau messager. Dans toutes ces circonstances, nous trouvons l'Inde de nouveau renaissante et prête à donner sa propre quote-part au progrès et à la civilisation du monde. Et le fait que j'aie été contraint, pour ainsi dire, par la nature, d'aller prêcher en Amérique et en Angleterre en est le résultat. Chacun d'entre nous aurait dû voir que le temps était venu. Tout semble propice, et la pensée indienne, philosophique et spirituelle, doit une fois de plus aller conquérir le monde. Le problème devant nous prend donc des proportions de plus en plus grandes chaque jour. Il ne s'agit pas seulement de régénérer notre propre pays — c'est un petit sujet ; je suis un homme d'imagination — et mon idée est la conquête du monde entier par la race hindoue.
Il y a eu de grandes races conquérantes dans le monde. Nous aussi avons été de grands conquérants. L'histoire de notre conquête a été décrite par ce noble empereur de l'Inde, Ashoka (le grand empereur bouddhiste), comme la conquête de la religion et de la spiritualité. Une fois de plus, le monde doit être conquis par l'Inde. Tel est le rêve de ma vie, et je souhaite que chacun de vous qui m'entend aujourd'hui ait le même rêve dans l'esprit, et ne s'arrête pas avant de l'avoir réalisé. On vous dira chaque jour que nous ferions mieux de regarder d'abord chez nous, puis d'aller travailler au-dehors. Mais je vous dirai en langage clair que vous travaillez le mieux quand vous travaillez pour les autres. Le meilleur travail que vous ayez jamais fait pour vous-mêmes fut quand vous avez travaillé pour les autres, en cherchant à diffuser vos idées en langues étrangères par-delà les mers, et cette réunion même prouve comment la tentative d'éclairer d'autres pays par vos pensées aide votre propre pays. Le quart de l'effet qui a été produit dans ce pays par mon départ en Angleterre et en Amérique n'aurait pas été obtenu si j'avais limité mes idées à la seule Inde. Tel est le grand idéal devant nous, et chacun doit y être prêt — la conquête du monde entier par l'Inde — rien de moins que cela, et nous devons tous nous y préparer, y tendre chaque nerf. Que des étrangers viennent et inondent le pays de leurs armées, peu importe. Debout, Inde, et conquiers le monde par ta spiritualité ! Oui, comme il a été déclaré sur ce sol pour la première fois, l'amour doit vaincre la haine, la haine ne peut se vaincre elle-même. Le matérialisme et toutes ses misères ne pourront jamais être vaincus par le matérialisme. Les armées qui tentent de conquérir des armées ne font que se multiplier et faire de l'humanité des brutes. La spiritualité doit conquérir l'Occident. Lentement, ils découvrent que ce dont ils ont besoin, c'est de spiritualité pour se préserver en tant que nations. Ils l'attendent, ils la désirent ardemment. D'où viendra l'approvisionnement ? Où sont les hommes prêts à partir dans chaque pays du monde avec les messages des grands sages de l'Inde ? Où sont les hommes prêts à tout sacrifier pour que ce message atteigne chaque coin du monde ? De tels élans héroïques sont nécessaires pour aider à la diffusion de la vérité. De tels travailleurs héroïques sont nécessaires pour aller à l'étranger et aider à diffuser les grandes vérités du Vedânta. Le monde en a besoin ; sans cela, le monde sera détruit. Tout l'Occident est sur un volcan qui peut éclater demain, voler en éclats demain. Ils ont cherché dans chaque recoin du monde et n'ont trouvé aucun répit. Ils ont bu profondément la coupe du plaisir et l'ont trouvée vaine. C'est maintenant le moment de travailler pour que les idées spirituelles de l'Inde pénètrent profondément en Occident. C'est pourquoi, jeunes gens de Madras, je vous demande spécialement de vous en souvenir. Nous devons aller au-dehors, nous devons conquérir le monde par notre spiritualité et notre philosophie. Il n'y a pas d'autre alternative, nous devons le faire ou mourir. La seule condition de la vie nationale, d'une vie nationale éveillée et vigoureuse, est la conquête du monde par la pensée indienne.
En même temps, nous ne devons pas oublier que ce que j'entends par la conquête du monde par la pensée spirituelle, c'est l'envoi des principes vivifiants, et non des centaines de superstitions que nous avons serrées sur notre poitrine pendant des siècles. Celles-ci doivent être arrachées même de ce sol, et rejetées, afin qu'elles meurent à jamais. Elles sont les causes de la dégradation de la race et conduiront au ramollissement du cerveau. Ce cerveau qui ne peut penser de hautes et nobles pensées, qui a perdu tout pouvoir d'originalité, qui a perdu toute vigueur, ce cerveau qui s'empoisonne continuellement avec toutes sortes de petites superstitions passant sous le nom de religion, nous devons nous en méfier. Sous nos yeux, ici en Inde, il y a plusieurs dangers. Parmi eux, les deux, Scylla et Charybde, le matérialisme pur et son opposé, la superstition flagrante, doivent être évités. Il y a l'homme d'aujourd'hui qui, après avoir bu la coupe de la sagesse occidentale, pense qu'il sait tout. Il rit des anciens sages. Toute pensée hindoue n'est pour lui qu'un pur fatras — la philosophie un simple babil d'enfant, et la religion la superstition des imbéciles. D'un autre côté, il y a l'homme instruit, mais une sorte de monomaniaque, qui court à l'autre extrême et veut expliquer le présage de ceci et de cela. Il a des explications philosophiques, métaphysiques et Dieu sait quelles autres explications puériles pour chaque superstition qui appartient à sa race particulière, ou à ses dieux particuliers, ou à son village particulier. Chaque petite superstition de village est pour lui un commandement des Védas (les textes sacrés les plus anciens), et selon lui, la vie nationale dépend de son exécution. Il faut vous en méfier. Je préférerais voir chacun d'entre vous être un athée convaincu plutôt qu'un imbécile superstitieux, car l'athée est vivant et vous pouvez en tirer quelque chose. Mais si la superstition entre, le cerveau est parti, le cerveau se ramollit, la dégradation s'est emparée de la vie. Évitez ces deux extrêmes. Des hommes courageux, des hommes hardis, voilà ce dont nous avons besoin. Ce que nous voulons, c'est de la vigueur dans le sang, de la force dans les nerfs, des muscles de fer et des nerfs d'acier, pas des idées molles et mièvres. Évitez tout cela. Évitez tout mystère. Il n'y a aucun mystère dans la religion. Y a-t-il un mystère dans le Vedânta, ou dans les Védas, ou dans les Samhitâs (les recueils d'hymnes), ou dans les Purânas ? Quelles sociétés secrètes les sages d'autrefois ont-ils établies pour prêcher leur religion ? Quels tours de passe-passe sont rapportés comme ayant été utilisés par eux pour apporter leurs grandes vérités à l'humanité ? Le goût du mystère et la superstition sont toujours des signes de faiblesse. Ce sont toujours des signes de dégradation et de mort. Méfiez-vous-en donc ; soyez forts et tenez-vous sur vos propres pieds. De grandes choses existent, des choses des plus merveilleuses. Nous pouvons les appeler surnaturelles dans la mesure où nos idées de la nature le permettent, mais aucune de ces choses n'est un mystère. On n'a jamais prêché sur ce sol que les vérités de la religion étaient des mystères ou qu'elles étaient la propriété de sociétés secrètes siégeant sur les sommets enneigés de l'Himalaya. J'ai été dans l'Himalaya. Vous n'y avez pas été ; c'est à plusieurs centaines de kilomètres de chez vous. Je suis un Sannyâsin, et j'ai passé les quatorze dernières années sur mes pieds. Ces sociétés mystérieuses n'existent nulle part. Ne courez pas après ces superstitions. Mieux vaut pour vous et pour la race que vous deveniez des athées convaincus, car vous auriez de la force, mais ces choses sont dégradation et mort. Honte à l'humanité que des hommes forts passent leur temps sur ces superstitions, passent tout leur temps à inventer des allégories pour expliquer les superstitions les plus pourries du monde. Soyez hardis ; n'essayez pas de tout expliquer de cette façon. Le fait est que nous avons beaucoup de superstitions, beaucoup de taches et de plaies sur notre corps — elles doivent être excisées, coupées et détruites — mais elles ne détruisent pas notre religion, notre vie nationale, notre spiritualité. Chaque principe de religion est sauf, et plus tôt ces taches noires seront purgées, mieux les principes brilleront, plus glorieusement. Restez-y fidèles.
Vous entendez des prétentions émises par chaque religion d'être la religion universelle du monde. Permettez-moi de vous dire, en premier lieu, que peut-être il n'y aura jamais une telle chose, mais s'il est une religion qui puisse prétendre à l'être, c'est seulement la nôtre et aucune autre, parce que toute autre religion dépend de quelque personne ou de quelques personnes. Toutes les autres religions ont été construites autour de la vie de ce qu'elles considèrent comme un homme historique ; et ce qu'elles estiment être la force de la religion en est réellement la faiblesse, car réfutez l'historicité de l'homme et tout l'édifice s'effondre. La moitié de la vie de ces grands fondateurs de religions a été mise en pièces, et l'autre moitié est très sérieusement mise en doute. Dès lors, chaque vérité qui n'avait sa sanction que dans leurs paroles s'évanouit dans l'air. Mais les vérités de notre religion, bien que nous ayons des personnalités par dizaines, ne dépendent pas d'elles. La gloire de Krishna n'est pas qu'il était Krishna, mais qu'il fut le grand maître du Vedânta. S'il ne l'avait pas été, son nom se serait éteint en Inde de la même façon que le nom du Bouddha l'a fait. Ainsi, notre allégeance va toujours aux principes, et non aux personnes. Les personnes ne sont que les incarnations, les illustrations des principes. Si les principes sont là, les personnes viendront par milliers et par millions. Si le principe est sauf, des personnes comme le Bouddha naîtront par centaines et par milliers. Mais si le principe est perdu et oublié et que toute la vie nationale tente de s'accrocher à une soi-disant personne historique, malheur à cette religion, danger pour cette religion ! La nôtre est la seule religion qui ne dépend pas d'une personne ou de personnes ; elle est fondée sur des principes. En même temps, il y a de la place pour des millions de personnes. Il y a un terrain ample pour introduire des personnes, mais chacune d'elles doit être une illustration des principes. Nous ne devons pas l'oublier. Ces principes de notre religion sont tous saufs, et ce devrait être l'œuvre de la vie de chacun d'entre nous de les garder saufs, et de les garder libres de la poussière et de la crasse accumulées par les siècles. Il est étrange que, malgré la dégradation qui s'est emparée de la race maintes et maintes fois, ces principes du Vedânta n'aient jamais été ternis. Nul, si méchant fût-il, n'a jamais osé jeter de la boue sur eux. Nos écritures sont les mieux préservées du monde. Comparées à d'autres livres, il n'y a eu ni interpolations, ni déformation des textes, ni destruction de l'essence de la pensée qu'elles contiennent. Elles sont là telles qu'elles furent à l'origine, dirigeant l'esprit humain vers l'idéal, le but.
Vous constatez que ces textes ont été commentés par différents commentateurs, prêchés par de grands maîtres, et que des sectes ont été fondées sur eux ; et vous constatez que dans ces livres des Védas, il y a des idées apparemment contradictoires. Il y a certains textes qui sont entièrement dualistes, d'autres entièrement monistes. Le commentateur dualiste, n'en sachant pas davantage, souhaite rejeter les textes monistes. Les prédicateurs et les prêtres veulent les expliquer dans un sens dualiste. Le commentateur moniste traite les textes dualistes de façon similaire. Or ce n'est pas la faute des Védas. Il est insensé de tenter de prouver que la totalité des Védas est dualiste. Il est également insensé de tenter de prouver que la totalité des Védas est non-dualiste. Ils sont les deux à la fois, dualistes et non-dualistes. Nous les comprenons mieux aujourd'hui à la lumière des idées nouvelles. Ce ne sont que des conceptions différentes menant à la conclusion finale que les conceptions dualistes et monistes sont toutes deux nécessaires à l'évolution de l'esprit, et c'est pourquoi les Védas les prêchent. Par miséricorde envers la race humaine, les Védas montrent les différentes étapes vers le but le plus élevé. Non pas qu'elles soient contradictoires, de vaines paroles employées par les Védas pour tromper les enfants ; elles sont nécessaires non seulement pour les enfants, mais pour bien des adultes. Aussi longtemps que nous avons un corps et que nous sommes trompés par l'idée de notre identité avec le corps, aussi longtemps que nous avons cinq sens et voyons le monde extérieur, nous devons avoir un Dieu personnel. Car si nous avons toutes ces idées, nous devons accepter, comme le grand Râmânuja (le philosophe vishnouite du XIe siècle) l'a prouvé, toutes les idées sur Dieu, la nature et l'âme individualisée ; quand vous prenez l'un, vous devez prendre le triangle entier — nous ne pouvons l'éviter. C'est pourquoi, aussi longtemps que vous voyez le monde extérieur, éviter un Dieu personnel et une âme personnelle est une pure folie. Mais il peut y avoir des moments dans la vie des sages où l'esprit humain transcende pour ainsi dire ses propres limites, où l'homme va même au-delà de la nature, vers ce domaine dont les Shruti (les textes révélés) déclarent : « d'où les mots reviennent avec l'esprit sans l'atteindre » ; « là les yeux ne peuvent atteindre ni la parole ni l'esprit » ; « nous ne pouvons dire que nous le connaissons, nous ne pouvons dire que nous ne le connaissons pas ». Là, l'âme humaine transcende toutes les limites, et alors, et alors seulement, jaillit dans l'âme humaine la conception du monisme : moi et l'univers entier sommes un ; moi et Brahman (la réalité absolue) sommes un. Et cette conclusion, vous constaterez qu'elle a été atteinte non seulement par la connaissance et la philosophie, mais aussi en partie par le pouvoir de l'amour. Vous lisez dans le Bhâgavata (le Purâna dédié à Vishnou), quand Krishna disparut et que les Gopîs (les bergères dévotes) déplorèrent sa disparition, qu'à la fin la pensée de Krishna devint si prépondérante dans leurs esprits que chacune oublia son propre corps et pensa qu'elle était Krishna, et se mit à se parer et à jouer comme il le faisait. Nous comprenons donc que cette identité vient même à travers l'amour. Il y avait un ancien poète soufi persan, et l'un de ses poèmes dit : « Je vins vers le Bien-Aimé et vis que la porte était fermée ; je frappai à la porte et de l'intérieur une voix vint : ‹ Qui est là ? › Je répondis : ‹ C'est moi. › La porte ne s'ouvrit pas. Une seconde fois je vins et frappai à la porte, et la même voix demanda : ‹ Qui est là ? › — ‹ C'est un tel. › La porte ne s'ouvrit pas. Une troisième fois je vins et la même voix demanda : ‹ Qui est là ? › — ‹ Je suis Toi-même, mon Amour ›, et la porte s'ouvrit. »
Il y a donc de nombreuses étapes, et nous n'avons pas besoin de nous quereller à leur sujet, même si des querelles ont existé parmi les anciens commentateurs que nous devons tous révérer ; car il n'y a pas de limite à la connaissance, il n'y a pas d'omniscience exclusivement réservée à quiconque, dans les temps anciens ou modernes. S'il y a eu des sages et des Rishis (des voyants inspirés) dans le passé, soyez assurés qu'il y en aura beaucoup maintenant. S'il y a eu des Vyâsas, des Vâlmîkis et des Shankarâchâryas dans les temps anciens, pourquoi chacun de vous ne deviendrait-il pas un Shankarâchârya ? C'est un autre point de notre religion que vous devez toujours vous rappeler : dans toutes les autres écritures, l'inspiration est citée comme leur autorité, mais cette inspiration est limitée à très peu de personnes, et par elles la vérité parvint aux masses, et nous devons tous leur obéir. La vérité vint à Jésus de Nazareth, et nous devons tous lui obéir. Mais la vérité est venue aux Rishis de l'Inde — les Mantra-drashtâs (les voyants des mantras), les voyants de la pensée — et elle viendra à tous les Rishis dans l'avenir, non aux bavards, non aux avaleurs de livres, non aux érudits, non aux philologues, mais aux voyants de la pensée. L'Âtman (le Soi véritable) ne peut être atteint par trop de paroles, ni même par les intellects les plus élevés, ni même par l'étude des écritures. Les écritures elles-mêmes le disent. Trouvez-vous dans une autre écriture une affirmation aussi audacieuse — que même par l'étude des Védas vous n'atteindrez pas l'Âtman ? Vous devez ouvrir votre cœur. La religion, ce n'est pas aller au temple, ou mettre des marques sur le front, ou s'habiller d'une manière particulière ; vous pouvez vous peindre de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, mais si le cœur n'a pas été ouvert, si vous n'avez pas réalisé Dieu, tout est vain. Si l'on a la couleur du cœur, on n'a besoin d'aucune couleur extérieure. Telle est la véritable réalisation religieuse. Nous ne devons pas oublier que les couleurs et toutes ces choses sont bonnes dans la mesure où elles aident ; dans cette mesure, elles sont toutes les bienvenues. Mais elles tendent à dégénérer et, au lieu d'aider, elles retardent, et l'homme identifie la religion avec les extériorités. Aller au temple devient synonyme de vie spirituelle. Donner quelque chose à un prêtre devient synonyme de vie religieuse. Ce sont des choses dangereuses et pernicieuses, et elles devraient être immédiatement freinées. Nos écritures déclarent encore et encore que même la connaissance des sens extérieurs n'est pas la religion. La religion est ce qui nous fait réaliser l'Immuable, et c'est la religion pour chacun. Celui qui réalise la vérité transcendantale, celui qui réalise l'Âtman dans sa propre nature, celui qui se retrouve face à face avec Dieu, voit Dieu seul en toute chose, est devenu un Rishi. Et il n'y a pas de vie religieuse pour vous tant que vous n'êtes pas devenu un Rishi. Alors seulement la religion commence pour vous, maintenant c'est seulement la préparation. Alors la religion se lève sur vous, maintenant vous ne faites que subir de la gymnastique intellectuelle et des tortures physiques.
Nous devons donc nous rappeler que notre religion établit distinctement et clairement que quiconque veut le salut doit passer par le stade de Rishi — doit devenir un Mantra-drashta, doit voir Dieu. Tel est le salut ; telle est la loi établie par nos écritures. Alors il devient facile de regarder dans les écritures avec nos propres yeux, de comprendre le sens par nous-mêmes, d'analyser exactement ce dont nous avons besoin, et de comprendre la vérité par nous-mêmes. C'est ce qu'il faut faire. En même temps, nous devons rendre tout hommage aux anciens sages pour leur œuvre. Ils furent grands, ces anciens, mais nous voulons être plus grands. Ils firent une grande œuvre dans le passé, mais nous devons faire une œuvre plus grande qu'eux. Ils eurent des centaines de Rishis dans l'Inde ancienne. Nous en aurons des millions — nous allons en avoir, et plus tôt chacun d'entre vous le croira, mieux ce sera pour l'Inde et mieux ce sera pour le monde. Quoi que vous croyiez, c'est ce que vous serez. Si vous vous croyez sages, vous serez sages demain. Il n'y a rien pour vous faire obstacle. Car s'il est une doctrine commune qui parcourt toutes nos sectes apparemment combattantes et contradictoires, c'est que toute gloire, toute puissance et toute pureté sont déjà dans l'âme ; seulement, selon Râmânuja, l'âme se contracte et se dilate par moments, et selon Shankara (le grand maître de l'Advaïta, le non-dualisme), elle tombe sous une illusion. Peu importent ces différences. Tous admettent la vérité que la puissance est là — potentielle ou manifeste, elle est là — et plus tôt vous le croirez, mieux ce sera pour vous. Toute puissance est en vous ; vous pouvez tout faire. Croyez-le, ne croyez pas que vous êtes faibles ; ne croyez pas que vous êtes des demi-fous, comme la plupart d'entre nous le pensent de nos jours. Vous pouvez tout faire, sans même la guidance de qui que ce soit. Toute puissance est là. Levez-vous et exprimez la divinité qui est en vous.
English
THE WORK BEFORE US
(Delivered at the Triplicane Literary Society, Madras)
The problem of life is becoming deeper and broader every day as the world moves on. The watchword and the essence have been preached in the days of yore when the Vedantic truth was first discovered, the solidarity of all life. One atom in this universe cannot move without dragging the whole world along with it. There cannot be any progress without the whole world following in the wake, and it is becoming every day dearer that the solution of any problem can never be attained on racial, or national, or narrow grounds. Every idea has to become broad till it covers the whole of this world, every aspiration must go on increasing till it has engulfed the whole of humanity, nay, the whole of life, within its scope. This will explain why our country for the last few centuries has not been what she was in the past. We find that one of the causes which led to this degeneration was the narrowing of our views narrowing the scope of our actions.
Two curious nations there have been — sprung of the same race, but placed in different circumstances and environments, working put the problems of life each in its own particular way. I mean the ancient Hindu and the ancient Greek. The Indian Aryan — bounded on the north by the snow-caps of the Himalayas, with fresh-water rivers like rolling oceans surrounding him in the plains, with eternal forests which, to him, seemed to be the end of the world — turned his vision inward; and given the natural instinct, the superfine brain of the Aryan, with this sublime scenery surrounding him, the natural result was that he became introspective. The analysis of his own mind was the great theme of the Indo-Aryan. With the Greek, on the other hand, who arrived at a part of the earth which was more beautiful than sublime, the beautiful islands of the Grecian Archipelago, nature all around him generous yet simple — his mind naturally went outside. It wanted to analyse the external world. And as a result we find that from India have sprung all the analytical sciences, and from Greece all the sciences of generalization. The Hindu mind went on in its own direction and produced the most marvellous results. Even at the present day, the logical capacity of the Hindus, and the tremendous power which the Indian brain still possesses, is beyond compare. We all know that our boys pitched against the boys of any other country triumph always. At the same time when the national vigour went, perhaps one or two centuries before the Mohammedan conquest of India, this national faculty became so much exaggerated that it degraded itself, and we find some of this degradation in everything in India, in art, in music, in sciences, in everything. In art, no more was there a broad conception, no more the symmetry of form and sublimity of conception, but the tremendous attempt at the ornate and florid style had arisen. The originality of the race seemed to have been lost. In music no more were there the soul-stirring ideas of the ancient Sanskrit music, no more did each note stand, as it were, on its own feet, and produce the marvellous harmony, but each note had lost its individuality. The whole of modern music is a jumble of notes, a confused mass of curves. That is a sign of degradation in music. So, if you analyse your idealistic conceptions, you will find the same attempt at ornate figures, and loss of originality. And even in religion, your special field, there came the most horrible degradations. What can you expect of a race which for hundreds of years has been busy in discussing such momentous problems as whether we should drink a glass of water with the right hand or the left? What more degradation can there be than that the greatest minds of a country have been discussing about the kitchen for several hundreds of years, discussing whether I may touch you or you touch me, and what is the penance for this touching! The themes of the Vedanta, the sublimest and the most glorious conceptions of God and soul ever preached on earth, were half-lost, buried in the forests, preserved by a few Sannyâsins, while the rest of the nation discussed the momentous questions of touching each other, and dress, and food. The Mohammedan conquest gave us many good things, no doubt; even the lowest man in the world can teach something to the highest; at the same time it could not bring vigour into the race. Then for good or evil, the English conquest of India took place. Of course every conquest is bad, for conquest is an evil, foreign government is an evil, no doubt; but even through evil comes good sometimes, and the great good of the English conquest is this: England, nay the whole of Europe, has to thank Greece for its civilization. It is Greece that speaks through everything in Europe. Every building, every piece of furniture has the impress of Greece upon it; European science and art are nothing but Grecian. Today the ancient Greek is meeting the ancient Hindu on the soil of India. Thus slowly and silently the leaven has come; the broadening, the life-giving and the revivalist movement that we see all around us has been worked out by these forces together. A broader and more generous conception of life is before us; and although at first we have been deluded a little and wanted to narrow things down, we are finding out today that these generous impulses which are at work, these broader conceptions of life, are the logical interpretation of what is in our ancient books. They are the carrying out, to the rigorously logical effect, of the primary conceptions of our own ancestors. To become broad, to go out, to amalgamate, to universalist, is the end of our aims. And all the time we have been making ourselves smaller and smaller, and dissociating ourselves, contrary to the plans laid down our scriptures.
Several dangers are in the way, and one is that of the extreme conception that we are the people in the world. With all my love for India, and with all my patriotism and veneration for the ancients, I cannot but think that we have to learn many things from other nations. We must be always ready to sit at the feet of all, for, mark you, every one can teach us great lessons. Says our great law-giver, Manu: "Receive some good knowledge even from the low-born, and even from the man of lowest birth learn by service the road to heaven." We, therefore, as true children of Manu, must obey his commands and be ready to learn the lessons of this life or the life hereafter from any one who can teach us. At the same time we must not forget that we have also to teach a great lesson to the world. We cannot do without the world outside India; it was our foolishness that we thought we could, and we have paid the penalty by about a thousand years of slavery. That we did not go out to compare things with other nations, did not mark the workings that have been all around us, has been the one great cause of this degradation of the Indian mind. We have paid the penalty; let us do it no more. All such foolish ideas that Indians must not go out of India are childish. They must be knocked on the head; the more you go out and travel among the nations of the world, the better for you and for your country. If you had done that for hundreds of years past, you would not be here today at the feet of every nation that wants to rule India. The first manifest effect of life is expansion. You must expand if you want to live. The moment you have ceased to expand, death is upon you, danger is ahead. I went to America and Europe, to which you so kindly allude; I have to, because that is the first sign of the revival of national life, expansion. This reviving national life, expanding inside, threw me off, and thousands will be thrown off in that way. Mark my words, it has got to come if this nation lives at all. This question, therefore, is the greatest of the signs of the revival of national life, and through this expansion our quota of offering to the general mass of human knowledge, our contribution to the general upheaval of the world, is going out to the external world.
Again, this is not a new thing. Those of you who think that the Hindus have been always confined within the four walls of their country through all ages, are entirely mistaken; you have not studied the old books, you have not studied the history of the race aright if you think so. Each nation must give in order to live. When you give life, you will have life; when you receive, you must pay for it by giving to all others; and that we have been living for so many thousands of years is a fact that stares us in the face, and the solution that remains is that we have been always giving to the outside world, whatever the ignorant may think. But the gift of India is the gift of religion and philosophy, and wisdom and spirituality. And religion does not want cohorts to march before its path and clear its way. Wisdom and philosophy do not want to be carried on floods of blood. Wisdom and philosophy do not march upon bleeding human bodies, do not march with violence but come on the wings of peace and love, and that has always been so. Therefore we had to give. I was asked by a young lady in London, "What have you Hindus done? You have never even conquered a single nation." That is true from the point of view of the Englishman, the brave, the heroic, the Kshatriya — conquest is the greatest glory that one man can have over another. That is true from his point of view, but from ours it is quite the opposite. If I ask myself what has been the cause of India's greatness, I answer, because we have never conquered. That is our glory. You are hearing every day, and sometimes, I am sorry to say, from men who ought to know better, denunciations of our religion, because it is not at all a conquering religion. To my mind that is the argument why our religion is truer than any other religion, because it never conquered, because it never shed blood, because its mouth always shed on all, words of blessing, of peace, words of love and sympathy. It is here and here alone that the ideals of toleration were first preached. And it is here and here alone that toleration and sympathy have become practical it is theoretical in every other country, it is here and here alone, that the Hindu builds mosques for the Mohammedans and churches for the Christians.
So, you see, our message has gone out to the world many a time, but slowly, silently, unperceived. It is on a par with everything in India. The one characteristic of Indian thought is its silence, its calmness. At the same time the tremendous power that is behind it is never expressed by violence. It is always the silent mesmerism of Indian thought. If a foreigner takes up our literature to study, at first it is disgusting to him; there is not the same stir, perhaps, the same amount of go that rouses him instantly. Compare the tragedies of Europe with our tragedies. The one is full of action, that rouses you for the moment, but when it is over there comes the reaction, and everything is gone, washed off as it were from your brains. Indian tragedies are like the mesmerist's power, quiet, silent, but as you go on studying them they fascinate you; you cannot move; you are bound; and whoever has dared to touch our literature has felt the bondage, and is there bound for ever. Like the gentle dew that falls unseen and unheard, and yet brings into blossom the fairest of roses, has been the contribution of India to the thought of the world. Silent, unperceived, yet omnipotent in its effect, it has revolutionised the thought of the world, yet nobody knows when it did so. It was once remarked to me, "How difficult it is to ascertain the name of any writer in India", to which I replied, "That is the Indian idea." Indian writers are not like modern writers who steal ninety percent of their ideas from other authors, while only ten per cent is their own, and they take care to write a preface in which they say, "For these ideas I am responsible". Those great master minds producing momentous results in the hearts of mankind were content to write their books without even putting their names, and to die quietly, leaving the books to posterity. Who knows the writers of our philosophy, who knows the writers of our Purânas? They all pass under the generic name of Vyâsa, and Kapila, and so on. They have been true children of Shri Krishna. They have been true followers of the Gita; they practically carried out the great mandate, "To work you have the right, but not to the fruits thereof."
Thus India is working upon the world, but one condition is necessary. Thoughts like merchandise can only run through channels made by somebody. Roads have to be made before even thought can travel from one place to another, and whenever in the history of the world a great conquering nation has arisen, linking the different parts of the world together, then has poured through these channels the thought of India and thus entered into the veins of every race. Before even the Buddhists were born, there are evidences accumulating every day that Indian thought penetrated the world. Before Buddhism, Vedanta had penetrated into China, into Persia, and the Islands of the Eastern Archipelago. Again when the mighty mind of the Greek had linked the different parts of the Eastern world together there came Indian thought; and Christianity with all its boasted civilisation is but a collection of little bits of Indian thought. Ours is the religion of which Buddhism with all its greatness is a rebel child, and of which Christianity is a very patchy imitation. One of these cycles has again arrived. There is the tremendous power of England which has linked the different parts of the world together. English roads no more are content like Roman roads to run over lands, but they have also ploughed the deep in all directions. From ocean to ocean run the roads of England. Every part of the world has been linked to every other part, and electricity plays a most marvellous part as the new messenger. Under all these circumstances we find again India reviving and ready to give her own quota to the progress and civilisation of the world. And that I have been forced, as it were, by nature, to go over and preach to America and England is the result. Every one of us ought to have seen that the time had arrived. Everything looks propitious, and Indian thought, philosophical and spiritual, roast once more go over and conquer the world. The problem before us, therefore, is assuming larger proportions every day. It is not only that we must revive our own country — that is a small matter; I am an imaginative man — and my idea is the conquest of the whole world by the Hindu race.
There have been great conquering races in the world. We also have been great conquerors. The story of our conquest has been described by that noble Emperor of India, Asoka, as the conquest of religion and of spirituality. Once more the world must be conquered by India. This is the dream of my life, and I wish that each one of you who hear me today will have the same dream in your minds, and stop not till you have realised the dream. They will tell you every day that we had better look to our own homes first and then go to work outside. But I will tell you in plain language that you work best when you work for others. The best work that you ever did for yourselves was when you worked for others, trying to disseminate your ideas in foreign languages beyond the seas, and this very meeting is proof how the attempt to enlighten other countries with your thoughts is helping your own country. One-fourth of the effect that has been produced in this country by my going to England and America would not have been brought about, had I confined my ideas only to India. This is the great ideal before us, and every one must be ready for it — the Conquest of the whole world by India — nothing less than that, and we must all get ready for it, strain every nerve for it. Let foreigners come and flood the land with their armies, never mind. Up, India, and conquer the world with your spirituality! Ay, as has been declared on this soil first, love must conquer hatred, hatred cannot conquer itself. Materialism and all its miseries can never be conquered by materialism. Armies when they attempt to conquer armies only multiply and make brutes of humanity. Spirituality must conquer the West. Slowly they are finding out that what they want is spirituality to preserve them as nations. They are waiting for it, they are eager for it. Where is the supply to come from? Where are the men ready to go out to every country in the world with the messages of the great sages of India? Where are the men who are ready to sacrifice everything, so that this message shall reach every corner of the world? Such heroic spurs are wanted to help the spread of truth. Such heroic workers are wanted to go abroad and help to disseminate the great truths of the Vedanta. The world wants it; without it the world will be destroyed. The whole of the Western world is on a volcano which may burst tomorrow, go to pieces tomorrow. They have searched every corner of the world and have found no respite. They have drunk deep of the cup of pleasure and found it vanity. Now is the time to work so that India's spiritual ideas may penetrate deep into the West. Therefore young men of Madras, I specially ask you to remember this. We must go out, we must conquer the world through our spirituality and philosophy. There is no other alternative, we must do it or die. The only condition of national life, of awakened and vigorous national life, is the conquest of the world by Indian thought.
At the same time we must not forget that what I mean by the conquest of the world by spiritual thought is the sending out of the life-giving principles, not the hundreds of superstitions that we have been hugging to our breasts for centuries. These have to be weeded out even on this soil, and thrown aside, so that they may die for ever. These are the causes of the degradation of the race and will lead to softening of the brain. That brain which cannot think high and noble thoughts, which has lost all power of originality, which has lost all vigour, that brain which is always poisoning itself with all sorts of little superstitions passing under the name of religion, we must beware of. In our sight, here in India, there are several dangers. Of these, the two, Scylla and Charybdis, rank materialism and its opposite arrant superstition, must be avoided. There is the man today who after drinking the cup of Western wisdom, thinks that he knows everything. He laughs at the ancient sages. All Hindu thought to him is arrant trash — philosophy mere child's prattle, and religion the superstition of fools. On the other hand, there is the man educated, but a sort of monomaniac, who runs to the other extreme and wants to explain the omen of this and that. He has philosophical and metaphysical, and Lord knows what other puerile explanations for every superstition that belongs to his peculiar race, or his peculiar gods, or his peculiar village. Every little village superstition is to him a mandate of the Vedas, and upon the carrying out of it, according to him, depends the national life. You must beware of this. I would rather see every one of you rank atheists than superstitious fools, for the atheist is alive and you can make something out of him. But if superstition enters, the brain is gone, the brain is softening, degradation has seized upon the life. Avoid these two. Brave, bold men, these are what we want. What we want is vigour in the blood, strength in the nerves, iron muscles and nerves of steel, not softening namby-pamby ideas. Avoid all these. Avoid all mystery. There is no mystery in religion. Is there any mystery in the Vedanta, or in the Vedas, or in the Samhitâs, or in the Puranas? What secret societies did the sages of yore establish to preach their religion? What sleight-of-hand tricks are there recorded as used by them to bring their grand truths to humanity? Mystery mongering and superstition are always signs of weakness. These are always signs of degradation and of death. Therefore beware of them; be strong, and stand on your own feet. Great things are there, most marvellous things. We may call them supernatural things so far as our ideas of nature go, but not one of these things is a mystery. It was never preached on this soil that the truths of religion were mysteries or that they were the property of secret societies sitting on the snow-caps of the Himalayas. I have been in the Himalayas. You have not been there; it is several hundreds of miles from your homes. I am a Sannyâsin, and I have been for the last fourteen years on my feet. These mysterious societies do not exist anywhere. Do not run after these superstitions. Better for you and for the race that you become rank atheists, because you would have strength, but these are degradation and death. Shame on humanity that strong men should spend their time on these superstitions, spend all their time in inventing allegories to explain the most rotten superstitions of the world. Be bold; do not try to explain everything that way. The fact is that we have many superstitions, many bad spots and sores on our body — these have to be excised, cut off, and destroyed — but these do not destroy our religion, our national life, our spirituality. Every principle of religion is safe, and the sooner these black spots are purged away, the better the principles will shine, the more gloriously. Stick to them.
You hear claims made by every religion as being the universal religion of the world. Let me tell you in the first place that perhaps there never will be such a thing, but if there is a religion which can lay claim to be that, it is only our religion and no other, because every other religion depends on some person or persons. All the other religions have been built round the life of what they think a historical man; and what they think the strength of religion is really the weakness, for disprove the historicity of the man and the whole fabric tumbles to ground. Half the lives of these great founders of religions have been broken into pieces, and the other half doubted very seriously. As such, every truth that had its sanction only in their words vanishes into air. But the truths of our religion, although we have persons by the score, do not depend upon them. The glory of Krishna is not that he was Krishna, but that he was the great teacher of Vedanta. If he had not been so, his name would have died out of India in the same way as the name of Buddha has done. Thus our allegiance is to the principles always, and not to the persons. Persons are but the embodiments, the illustrations of the principles. If the principles are there, the persons will come by the thousands and millions. If the principle is safe, persons like Buddha will be born by the hundreds and thousands. But if the principle is lost and forgotten and the whole of national life tries to cling round a so-called historical person, woe unto that religion, danger unto that religion! Ours is the only religion that does not depend on a person or persons; it is based upon principles. At the same time there is room for millions of persons. There is ample ground for introducing persons, but each one of them must be an illustration of the principles. We must not forget that. These principles of our religion are all safe, and it should be the life-work of everyone of us to keep then safe, and to keep them free from the accumulating dirt and dust of ages. It is strange that in spite of the degradation that seized upon the race again and again, these principles of the Vedanta were never tarnished. No one, however wicked, ever dared to throw dirt upon them. Our scriptures are the best preserved scriptures in the world. Compared to other books there have been no interpolations, no text-torturing, no destroying of the essence of the thought in them. It is there just as it was first, directing the human mind towards the ideal, the goal.
You find that these texts have been commented upon by different commentators, preached by great teachers, and sects founded upon them; and you find that in these books of the Vedas there are various apparently contradictory ideas. There are certain texts which are entirely dualistic, others are entirely monistic. The dualistic commentator, knowing no better, wishes to knock the monistic texts on the head. Preachers and priests want to explain them in the dualistic meaning. The monistic commentator serves the dualistic texts in a similar fashion. Now this is not the fault of the Vedas. It is foolish to attempt to prove that the whole of the Vedas is dualistic. It is equally foolish to attempt to prove that the whole of the Vedas is nondualistic. They are dualistic and non-dualistic both. We understand them better today in the light of newer ideas. These are but different conceptions leading to the final conclusion that both dualistic and monistic conceptions are necessary for the evolution of the mind, and therefore the Vedas preach them. In mercy to the human race the Vedas show the various steps to the higher goal. Not that they are contradictory, vain words used by the Vedas to delude children; they are necessary not only for children, but for many a grown-up man. So long as we have a body and so long as we are deluded by the idea of our identity with the body, so long as we have five senses and see the external world, we must have a Personal God. For if we have all these ideas, we must take as the great Râmânuja has proved, all the ideas about God and nature and the individualized soul; when you take the one you have to take the whole triangle — we cannot avoid it. Therefore as long as you see the external world to avoid a Personal God and a personal soul is arrant lunacy. But there may be times in the lives of sages when the human mind transcends as it were its own limitations, man goes even beyond nature, to the realm of which the Shruti declares, "whence words fall back with the mind without reaching it"; "There the eyes cannot reach nor speech nor mind"; "We cannot say that we know it, we cannot say that we do not know it". There the human soul transcends all limitations, and then and then alone flashes into the human soul the conception of monism: I and the whole universe are one; I and Brahman are one. And this conclusion you will find has not only been reached through knowledge and philosophy, but parts of it through the power of love. You read in the Bhâgavata, when Krishna disappeared and the Gopis bewailed his disappearance, that at last the thought of Krishna became so prominent in their minds that each one forgot her own body and thought she was Krishna, and began to decorate herself and to play as he did. We understand, therefore, that this identity comes even through love. There was an ancient Persian Sufi poet, and one of his poems says, "I came to the Beloved and beheld the door was closed; I knocked at the door and from inside a voice came, 'Who is there?' I replied, 'I am'. The door did not open. A second time I came and knocked at the door and the same voice asked, 'Who is there?' 'I am so-and-so.' The door did not open. A third time I came and the same voice asked, 'Who is there?' 'I am Thyself, my Love', and the door opened."
There are, therefore, many stages, and we need not quarrel about them even if there have been quarrels among the ancient commentators, whom all of us ought to revere; for there is no limitation to knowledge, there is no omniscience exclusively the property of any one in ancient or modern times. If there have been sages and Rishis in the past, be sure that there will be many now. If there have been Vyâsas and Vâlmikis and Shankarâchâryas in ancient times, why may not each one of you become a Shankaracharya? This is another point of our religion that you must always remember, that in all other scriptures inspiration is quoted as their authority, but this inspiration is limited to a very few persons, and through them the truth came to the masses, and we have all to obey them. Truth came to Jesus of Nazareth, and we must all obey him. But the truth came to the Rishis of India — the Mantra-drashtâs, the seers of thought — and will come to all Rishis in the future, not to talkers, not to book-swallowers, not to scholars, not to philologists, but to seers of thought. The Self is not to be reached by too much talking, not even by the highest intellects, not even by the study of the scriptures. The scriptures themselves say so. Do you find in any other scripture such a bold assertion as that — not even by the study of the Vedas will you reach the Atman? You must open your heart. Religion is not going to church, or putting marks on the forehead, or dressing in a peculiar fashion; you may paint yourselves in all the colours of the rainbow, but if the heart has not been opened, if you have not realised God, it is all vain. If one has the colour of the heart, he does not want any external colour. That is the true religious realisation. We must not forget that colours and all these things are good so far as they help; so far they are all welcome. But they are apt to degenerate and instead of helping they retard, and a man identifies religion with externalities. Going to the temple becomes tantamount to spiritual life. Giving something to a priest becomes tantamount to religious life. These are dangerous and pernicious, and should be at once checked. Our scriptures declare again and again that even the knowledge of the external senses is not religion. That is religion which makes us realise the Unchangeable One, and that is the religion for every one. He who realises transcendental truth, he who realises the Atman in his own nature, he who comes face to face with God, sees God alone in everything, has become a Rishi. And there is no religious life for you until you have become a Rishi. Then alone religion begins for you, now is only the preparation. Then religion dawns upon you, now you are only undergoing intellectual gymnastics and physical tortures.
We must, therefore, remember that our religion lays down distinctly and clearly that every one who wants salvation must pass through the stage of Rishihood — must become a Mantra-drashta, must see God. That is salvation; that is the law laid down by our scriptures. Then it becomes easy to look into the scripture with our own eyes, understand the meaning for ourselves, to analyse just what we want, and to understand the truth for ourselves. This is what has to be done. At the same time we must pay all reverence to the ancient sages for their work. They were great, these ancients, but we want to be greater. They did great work in the past, but we must do greater work than they. They had hundreds of Rishis in ancient India. We will have millions — we are going to have, and the sooner every one of you believes in this, the better for India and the better for the world. Whatever you believe, that you will be. If you believe yourselves to be sages, sages you will be tomorrow. There is nothing to obstruct you. For if there is one common doctrine that runs through all our apparently fighting and contradictory sects, it is that all glory, power, and purity are within the soul already; only according to Ramanuja, the soul contracts and expands at times, and according to Shankara, it comes under a delusion. Never mind these differences. All admit the truth that the power is there -potential or manifest it is there — and the sooner you believe that, the better for you. All power is within you; you can do anything and everything. Believe in that, do not believe that you are weak; do not believe that you are half-crazy lunatics, as most of us do nowadays. You can do anything and everything without even the guidance of any one. All power is there. Stand up and express the divinity within you.
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