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La religion dans laquelle nous naissons

Volume3 lecture
2,757 mots · 11 min de lecture · Lectures from Colombo to Almora

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Français

LA RELIGION DANS LAQUELLE NOUS SOMMES NÉS

Lors d'une assemblée en plein air convoquée à Dacca, le 31 mars 1901, le Swamiji parla en anglais pendant deux heures sur le sujet susmentionné devant un vaste auditoire. Ce qui suit est une traduction de la conférence d'après un compte rendu bengali d'un disciple :

Dans un passé lointain, notre pays a accompli de prodigieux progrès dans le domaine des idées spirituelles. Ramenons aujourd'hui devant les yeux de notre esprit cette histoire ancienne. Mais le grand danger que recèle la méditation sur une grandeur depuis longtemps révolue est que nous cessions de nous efforcer vers des choses nouvelles et nous contentions de végéter sur cette gloire ancestrale passée, en en tirant vanité. Nous devons nous en garder. Dans les temps anciens, il y eut sans doute de nombreux Rishis (voyants, sages) et Maharshis (grands sages) qui se trouvèrent face à face avec la Vérité. Mais si cette évocation de notre grandeur passée doit être d'un bénéfice réel, nous devons nous aussi devenir des Rishis comme eux. Bien plus, non seulement cela, mais j'ai la ferme conviction que nous serons des Rishis encore plus grands que tous ceux que notre histoire nous présente. Dans le passé, nos accomplissements furent remarquables — j'en suis fier, et je me sens honoré en y pensant. Je ne suis même pas au désespoir en voyant la dégradation présente, et je suis plein d'espoir en me représentant ce que l'avenir réserve. Pourquoi ? Parce que je sais que la graine subit une transformation complète ; oui, la graine en tant que graine est apparemment détruite avant de se développer en arbre. De la même manière, au sein de notre dégradation présente ne fait que sommeiller pour un temps la potentialité de la grandeur future de notre religion, prête à jaillir de nouveau, peut-être plus puissante et plus glorieuse que jamais.

Considérons maintenant quels sont les terrains communs d'accord dans la religion dans laquelle nous sommes nés. À première vue, nous trouvons indéniablement des différences variées parmi nos sectes. Certains sont advaïtistes, d'autres vishishtâdvaïtistes, et d'autres encore dvaïtistes. Certains croient aux incarnations de Dieu, d'autres au culte des images, tandis que d'autres défendent la doctrine du Sans-Forme. Quant aux coutumes aussi, des différences diverses sont connues. Les Jâts ne sont pas exclus de la caste même s'ils se marient parmi les musulmans et les chrétiens. Ils peuvent entrer dans n'importe quel temple hindou sans obstacle. Dans de nombreux villages du Panjab, celui qui ne mange pas de porc sera difficilement considéré comme un hindou. Au Népal, un brahmane peut se marier dans les quatre Varnas (ordres sociaux) ; tandis qu'au Bengale, un brahmane ne peut même pas se marier parmi les subdivisions de sa propre caste. Et ainsi de suite. Mais au milieu de toutes ces différences, nous notons un point d'unité parmi tous les hindous, et c'est celui-ci : aucun hindou ne mange de bœuf. De la même manière, il existe un vaste terrain commun d'unité sous-jacent aux diverses formes et sectes de notre religion.

Premièrement, en examinant les écritures, un fait se détache de manière frappante : seules les religions qui possédaient une ou plusieurs écritures propres comme fondement ont progressé par bonds considérables et survivent jusqu'à nos jours malgré toutes les persécutions et répressions qu'elles ont subies. La religion grecque, avec toute sa beauté, s'éteignit faute d'écriture pour la soutenir ; mais la religion des Juifs se maintient avec une puissance intacte, étant fondée sur l'autorité de l'Ancien Testament. Il en est de même de la religion hindoue, avec son écriture, les Védas (les textes sacrés les plus anciens du monde). Les Védas se divisent en Karma Kânda (section rituelle) et Jnâna Kânda (section de la connaissance). Pour le meilleur ou pour le pire, le Karma Kanda est tombé en désuétude en Inde, bien que quelques brahmanes du Deccan accomplissent encore de temps à autre des Yajnas (sacrifices rituels) avec le sacrifice de chèvres ; et l'on trouve aussi çà et là des traces du Kriyâ Kânda (section cérémonielle) védique dans les Mantras (formules sacrées) employés en lien avec nos cérémonies de mariage et de Shrâddha (rites funéraires), etc. Mais il n'y a aucune chance de le voir rétabli sur ses bases d'origine. Kumârila Bhatta tenta un jour de le faire, mais il ne réussit pas dans sa tentative.

Le Jnana Kanda des Védas comprend les Upanishads (enseignements philosophiques) et est connu sous le nom de Védânta (litt. « fin des Védas »), le sommet des Shrutis (les textes révélés), comme on l'appelle. Partout où vous trouvez les Âchâryas (maîtres spirituels) citant un passage des Shrutis, c'est invariablement tiré des Upanishads. Le Védânta est désormais la religion des hindous. Si une secte quelconque en Inde veut voir ses idées solidement établies parmi le peuple, elle doit les fonder sur l'autorité du Védânta. Toutes doivent le faire, qu'elles soient dvaïtistes ou advaïtistes. Même les Vaishnavas (dévots de Vishnou) doivent se tourner vers la Gopâlatâpini Upanishad pour prouver la vérité de leurs propres théories. Si une nouvelle secte ne trouve rien dans les Shrutis pour confirmer ses idées, elle ira jusqu'à fabriquer une nouvelle Upanishad et la faire passer pour l'une des anciennes productions originales. Il y en a eu beaucoup de telles dans le passé.

Quant aux Védas, les hindous croient qu'ils ne sont pas de simples livres composés par des hommes en quelque époque reculée. Ils les considèrent comme une masse accumulée d'une sagesse divine infinie, qui tantôt se manifeste et tantôt demeure non-manifestée. Le commentateur Sâyanâchârya dit quelque part dans ses ouvrages : « Celui qui créa l'univers entier à partir de la connaissance des Védas. » Personne n'a jamais vu le compositeur des Védas, et il est impossible d'en imaginer un. Les Rishis ne furent que les découvreurs des Mantras ou Lois Éternelles ; ils se trouvèrent simplement face à face avec les Védas, la mine infinie de connaissance qui existe là depuis un temps sans commencement.

Qui sont ces Rishis ? Vâtsyâyana dit : « Celui qui a atteint, par les moyens appropriés, la réalisation directe du Dharma (l'ordre cosmique, la loi juste), lui seul peut être un Rishi, même s'il est un Mlechchha (étranger, barbare) de naissance. » Ainsi, dans les temps anciens, Vasishtha, né d'une union illégitime, Vyâsa, fils d'une fille de pêcheur, Narada, fils d'une servante de parenté incertaine, et bien d'autres de même nature atteignirent la dignité de Rishi. En vérité, il en ressort qu'aucune distinction ne devrait être faite envers celui qui a réalisé la Vérité. Si les personnes que je viens de nommer devinrent toutes des Rishis, alors, ô vous brahmanes Kulin d'aujourd'hui, combien plus grands Rishis pouvez-vous devenir ! Aspirez à cette dignité de Rishi, ne vous arrêtez pas avant d'avoir atteint le but, et le monde entier s'inclinera de lui-même à vos pieds ! Soyez un Rishi — voilà le secret du pouvoir.

Ce Véda est notre seule autorité, et chacun y a droit.

Ainsi parle le Shukla Yajur Véda (XXVI. 2). Pouvez-vous montrer une quelconque autorité tirée de notre Véda selon laquelle tout le monde n'y aurait pas droit ? Les Purânas (textes mythologiques), sans doute, disent qu'une certaine caste a droit à telle ou telle recension des Védas, ou qu'une certaine caste n'a pas le droit de les étudier, ou que telle portion des Védas est pour le Satya Yuga (âge de vérité) et telle autre pour le Kali Yuga (âge de déclin). Mais remarquez bien : le Véda ne dit pas cela ; ce sont seulement vos Purânas qui le disent. Mais le serviteur peut-il dicter sa loi au maître ? Les Smritis (codes de lois), les Purânas, les Tantras (textes ésotériques) — tout cela n'est acceptable que dans la mesure où cela s'accorde avec les Védas ; et partout où ils sont contradictoires, ils doivent être rejetés comme peu fiables. Mais de nos jours, nous avons placé les Purânas sur un piédestal encore plus élevé que les Védas ! L'étude des Védas a presque disparu du Bengale. Comme je souhaite que vienne bientôt le jour où, dans chaque foyer, le Véda sera vénéré aux côtés du Shâlagrâma (la pierre sacrée représentant Vishnou), la divinité domestique, quand les jeunes, les anciens et les femmes inaugureront le culte du Véda !

Je n'ai aucune foi dans les théories avancées par les savants occidentaux au sujet des Védas. Ils fixent aujourd'hui l'antiquité des Védas à une certaine période, puis demain la renversent et la font avancer de mille ans, et ainsi de suite. Cependant, au sujet des Purânas, je vous ai dit qu'ils ne font autorité que dans la mesure où ils s'accordent avec les Védas, autrement non. Dans les Purânas, nous trouvons bien des choses qui ne concordent pas avec les Védas. Par exemple, il est écrit dans les Purânas que quelqu'un vécut dix mille ans, un autre vingt mille ans, mais dans les Védas nous trouvons : « L'homme vit en vérité cent ans. » Lesquels devons-nous accepter dans ce cas ? Certainement les Védas. Malgré de telles affirmations, je ne déprécie pas les Purânas. Ils contiennent de nombreux enseignements beaux et éclairants, et des paroles de sagesse sur le Yoga (union avec le divin), la Bhakti (dévotion), le Jnâna (connaissance) et le Karma (action) ; ceux-là, bien entendu, nous devrions les accepter. Puis il y a les Tantras. Le véritable sens du mot Tantra est Shâstra (traité), comme par exemple le Kâpila Tantra. Mais le mot Tantra est généralement employé dans un sens restreint. Sous le règne de rois qui adoptèrent le bouddhisme et prêchèrent largement la doctrine de l'Ahimsâ (non-violence), l'accomplissement des Yâga-Yajnas (sacrifices) védiques devint chose du passé, et personne ne pouvait plus tuer d'animal en sacrifice de peur du roi. Mais par la suite, parmi les bouddhistes eux-mêmes — convertis qu'ils étaient de l'hindouisme — les meilleures parties de ces Yaga-Yajnas furent reprises et pratiquées en secret. De là naquirent les Tantras. Mis à part certaines des choses abominables dans les Tantras, telles que le Vâmâchâra (voie de la main gauche), etc., les Tantras ne sont pas aussi mauvais que les gens ont tendance à le croire. Il y a en eux beaucoup de pensées védântiques élevées et sublimes. En fait, les portions Brâhmana des Védas furent légèrement modifiées et incorporées dans le corps des Tantras. Toutes les formes de notre culte et les cérémonies d'aujourd'hui, constituant le Karma Kanda, sont observées conformément aux Tantras.

Examinons maintenant un peu les principes de notre religion. Malgré les différences et controverses qui existent parmi nos diverses sectes, il y a en elles aussi plusieurs terrains d'unité. Premièrement, presque toutes admettent l'existence de trois choses — trois entités — Ishvara (le Seigneur suprême), l'Âtman (l'âme individuelle) et le Jagat (l'univers). Ishvara est Celui qui éternellement crée, préserve et détruit l'univers entier. À l'exception des Sânkhyas (école de philosophie dualiste), tous les autres y croient. Puis la doctrine de l'Âtman et de la réincarnation de l'âme ; elle soutient que d'innombrables âmes individuelles, ayant pris corps après corps encore et encore, tournent en rond dans la roue de la naissance et de la mort selon leurs Karmas (actes) respectifs ; c'est le Samsâravâda, ou comme on l'appelle communément la doctrine de la renaissance. Puis il y a le Jagat, l'univers sans commencement et sans fin. Bien que certains tiennent ces trois pour différentes phases d'un seul être, d'autres pour trois entités distinctement différentes, et d'autres encore de manières diverses, tous sont cependant unanimes à croire en ces trois.

Ici, je devrais vous demander de vous rappeler que les hindous, depuis des temps immémoriaux, connaissaient l'Âtman comme distinct du Manas (le mental, l'esprit). Mais les Occidentaux n'ont jamais pu s'élever au-delà du mental. L'Occident conçoit l'univers comme plein de bonheur et, en tant que tel, c'est pour eux un lieu où ils peuvent jouir le plus possible ; mais l'Orient est né avec la conviction que ce Samsâra (cycle des renaissances), cette existence en perpétuel changement, est plein de misère et, en tant que tel, n'est rien, rien d'autre qu'irréel, ne valant pas la peine d'y échanger l'âme contre ses joies et possessions éphémères. Pour cette raison même, l'Occident est toujours particulièrement adroit dans l'action organisée, et de même l'Orient est toujours audacieux dans la recherche des mystères du monde intérieur.

Tournons-nous cependant maintenant vers un ou deux autres aspects de l'hindouisme. Il y a la doctrine des Incarnations de Dieu. Dans les Védas, nous ne trouvons mention que du Matsya Avatâra, l'Incarnation en Poisson. Que tous croient ou non en cette doctrine n'est pas la question ; le véritable sens, cependant, de cet Avatâravâda (doctrine des avatars) est le culte de l'Homme — voir Dieu dans l'homme, telle est la vraie vision de Dieu. L'hindou ne va pas à travers la nature vers le Dieu de la nature — il va au Dieu de l'homme à travers l'Homme.

Puis il y a le culte des images. À l'exception des cinq Devatâs (divinités) qui doivent être vénérées dans chaque Karma (rite) de bon augure comme le prescrivent nos Shâstras (traités), toutes les autres Devatâs ne sont que les noms de certains états tenus par elles. Mais encore, ces cinq Devatâs ne sont rien d'autre que les différents noms d'un seul et même Dieu. Ce culte extérieur des images a cependant été décrit dans tous nos Shâstras comme la plus basse de toutes les formes basses de culte. Mais cela ne signifie pas que ce soit une mauvaise chose à faire. Malgré les nombreuses iniquités qui se sont introduites dans les pratiques du culte des images tel qu'il est en vogue aujourd'hui, je ne le condamne pas. Certes, où en serais-je si je n'avais pas été béni par la poussière des pieds saints de ce brahmane orthodoxe adorateur d'images !

À ces réformateurs qui prêchent contre le culte des images, ou ce qu'ils dénoncent comme de l'idolâtrie, je dis ceci : « Frères, si vous êtes aptes à adorer Dieu sans forme en rejetant toute aide extérieure, faites-le, mais pourquoi condamnez-vous les autres qui ne peuvent faire de même ? Un bel et vaste édifice, relique glorieuse d'une vénérable antiquité, est tombé, par négligence ou par défaut d'usage, dans un état de délabrement ; des amas de saleté et de poussière s'y trouvent peut-être partout, peut-être que certaines parties s'écroulent. Qu'en ferez-vous ? Entreprendrez-vous le nettoyage et les réparations nécessaires pour restaurer l'ancien, ou bien abattrez-vous l'édifice entier pour chercher à en construire un autre à sa place, selon un plan moderne sordide dont la pérennité reste à prouver ? Nous devons le réformer, ce qui signifie véritablement préparer ou perfectionner par le nettoyage et les réparations nécessaires, non en démolissant le tout. Là s'arrête la fonction de la réforme. Quand le travail de rénovation de l'ancien est terminé, à quoi sert-il encore ? Faites-le si vous le pouvez ; sinon, bas les mains ! » Les réformateurs de notre pays veulent, au contraire, bâtir une secte distincte qui leur soit propre. Ils ont cependant fait du bon travail ; que les bénédictions de Dieu se déversent sur leurs têtes ! Mais pourquoi devriez-vous, hindous, vouloir vous séparer du grand giron commun ? Pourquoi devriez-vous avoir honte de prendre le nom d'hindou, qui est votre bien le plus grand et le plus glorieux ? Ce vaisseau national qui est le nôtre, ô enfants des Immortels, mes compatriotes, navigue depuis des âges, portant la civilisation et enrichissant le monde entier de ses trésors inestimables. Pendant des dizaines de siècles resplendissants, ce vaisseau national a fait traverser l'océan de la vie et a conduit des millions d'âmes vers l'autre rive, au-delà de toute misère. Mais aujourd'hui il se peut qu'il ait pris une voie d'eau et qu'il soit endommagé, par votre propre faute ou quelle qu'en soit la cause, peu importe. Que feriez-vous maintenant, vous qui vous y êtes placés ? Iriez-vous le maudire et vous quereller entre vous ? Ne vous uniriez-vous pas tous ensemble pour mettre tous vos efforts à boucher les trous ? Donnons tous avec joie le sang de nos cœurs pour cela ; et si nous échouons dans la tentative, sombrons et mourons tous ensemble, avec des bénédictions et non des malédictions sur nos lèvres.

Et aux brahmanes, je dis : « Vaine est votre fierté de naissance et d'ascendance. Secouez-la. La condition brahmanique, selon vos propres Shâstras, vous ne la possédez plus, parce que vous avez si longtemps vécu sous des rois Mlechchhas. Si vous croyez réellement aux paroles de vos propres ancêtres, alors allez à l'instant même et faites expiation en entrant dans le feu lent allumé par le Tusha (balle de riz), comme ce vieux Kumârila Bhatta qui, dans le dessein de chasser les bouddhistes, se fit d'abord disciple des bouddhistes, puis, les ayant vaincus en argumentation, devint la cause de la mort de plusieurs, et par la suite entra dans le Tushânala pour expier ses péchés. Si vous n'êtes pas assez hardis pour cela, alors admettez votre faiblesse, tendez une main secourable, ouvrez les portes du savoir à tous sans exception, et rendez aux masses opprimées, une fois encore, leurs droits et privilèges justes et légitimes. »

English

THE RELIGION WE ARE BORN IN

At an open-air meeting convened at Dacca, on the 31st March, 1901, the Swamiji spoke in English for two hours on the above subject before a vast audience. The following is a translation of the lecture from a Bengali report of a disciple:

In the remote past, our country made gigantic advances in spiritual ideas. Let us, today, bring before our mind's eye that ancient history. But the one great danger in meditating over long-past greatness is that we cease to exert ourselves for new things, and content ourselves with vegetating upon that by-gone ancestral glory and priding ourselves upon it. We should guard against that. In ancient times there were, no doubt, many Rishis and Maharshis who came face to face with Truth. But if this recalling of our ancient greatness is to be of real benefit, we too must become Rishis like them. Ay, not only that, but it is my firm conviction that we shall be even greater Rishis than any that our history presents to us. In the past, signal were our attainments — I glory in them, and I feel proud in thinking of them. I am not even in despair at seeing the present degradation, and I am full of hope in picturing to my mind what is to come in the future. Why? Because I know the seed undergoes a complete transformation, ay, the seed as seed is seemingly destroyed before it develops into a tree. In the same way, in the midst of our present degradation lies, only dormant for a time, the potentiality of the future greatness of our religion, ready to spring up again, perhaps more mighty and glorious than ever before.

Now let us consider what are the common grounds of agreement in the religion we are born in. At first sight we undeniably find various differences among our sects. Some are Advaitists, some are Vishishtâdvaitists, and others are Dvaitists. Some believe in Incarnations of God, some in image-worship, while others are upholders of the doctrine of the Formless. Then as to customs also, various differences are known to exist. The Jâts are not outcasted even if they marry among the Mohammedans and Christians. They can enter into any Hindu temple without hindrance. In many villages in the Punjab, one who does not eat swine will hardly be considered a Hindu. In Nepal, a Brâhmin can marry in the four Varnas; while in Bengal, a Brahmin cannot marry even among the subdivisions of his own caste. So on and so forth. But in the midst of all these differences we note one point of unity among all Hindus, and it is this, that no Hindu eats beef. In the same way, there is a great common ground of unity underlying the various forms and sects of our religion.

First, in discussing the scriptures, one fact stands out prominently — that only those religions which had one or many scriptures of their own as their basis advanced by leaps and bounds and survive to the present day notwithstanding all the persecution and repression hurled against them. The Greek religion, with all its beauty, died out in the absence of any scripture to support it; but the religion of the Jews stands undiminished in its power, being based upon the authority of the Old Testament. The same is the case with the Hindu religion, with its scripture, the Vedas, the oldest in the world. The Vedas are divided into the Karma Kânda and the Jnâna Kânda. Whether for good or for evil, the Karma Kanda has fallen into disuse in India, though there are some Brahmins in the Deccan who still perform Yajnas now and then with the sacrifice of goats; and also we find here and there, traces of the Vedic Kriyâ Kânda in the Mantras used in connection with our marriage and Shrâddha ceremonies etc. But there is no chance of its being rehabilitated on its original footing. Kumârila Bhatta once tried to do so, but he was not successful in his attempt.

The Jnana Kanda of the Vedas comprises the Upanishads and is known by the name of Vedanta, the pinnacle of the Shrutis, as it is called. Wherever you find the Âchâryas quoting a passage from the Shrutis, it is invariably from the Upanishads. The Vedanta is now the religion of the Hindus. If any sect in India wants to have its ideas established with a firm hold on the people it must base them on the authority of the Vedanta. They all have to do it, whether they are Dvaitists or Advaitists. Even the Vaishnavas have to go to Gopâlatâpini Upanishad to prove the truth of their own theories. If a new sect does not find anything in the Shrutis in confirmation of its ideas, it will go even to the length of manufacturing a new Upanishad, and making it pass current as one of the old original productions. There have been many such in the past.

Now as to the Vedas, the Hindus believe that they are not mere books composed by men in some remote age. They hold them to be an accumulated mass of endless divine wisdom, which is sometimes manifested and at other times remains unmanifested. Commentator Sâyanâchârya says somewhere in his works यो वेदेभ्योऽखिलं जगत् निर्ममे — "Who created the whole universe out of the knowledge of the Vedas". No one has ever seen the composer of the Vedas, and it is impossible to imagine one. The Rishis were only the discoverers of the Mantras or Eternal Laws; they merely came face to face with the Vedas, the infinite mine of knowledge, which has been there from time without beginning.

Who are these Rishis? Vâtsyâyana says, "He who has attained through proper means the direct realisation of Dharma, he alone can be a Rishi even if he is a Mlechchha by birth." Thus it is that in ancient times, Vasishtha, born of an illegitimate union, Vyâsa, the son of a fisherwoman, Narada, the son of a maidservant with uncertain parentage, and many others of like nature attained to Rishihood. Truly speaking, it comes to this then, that no distinction should be made with one who has realised the Truth. If the persons just named all became Rishis, then, O ye Kulin Brahmins of the present day, how much greater Rishis you can become! Strive after that Rishihood, stop not till you have attained the goal, and the whole world will of itself bow at your feet! Be a Rishi — that is the secret of power.

This Veda is our only authority, and everyone has the right to it.

यथेमां वाचं कल्याणीमावदानि जनेभ्यः।

ब्रह्मराजन्याभ्यां शूद्राय चार्याय च स्वाय चारणाय॥

यथेमां वाचं कल्याणीमावदानि जनेभ्यः।

ब्रह्मराजन्याभ्यां शूद्राय चार्याय च स्वाय चारणाय॥

— Thus says the Shukla Yajur Veda (XXVI. 2). Can you show any authority from this Veda of ours that everyone has not the right to it? The Purânas, no doubt, say that a certain caste has the right to such and such a recension of the Vedas, or a certain caste has no right to study them, or that this portion of the Vedas is for the Satya Yuga and that portion is for the Kali Yuga. But, mark you, the Veda does not say so; it is only your Puranas that do so. But can the servant dictate to the master? The Smritis, Puranas, Tantras — all these are acceptable only so far as they agree with the Vedas; and wherever they are contradictory, they are to be rejected as unreliable. But nowadays we have put the Puranas on even a higher pedestal than the Vedas! The study of the Vedas has almost disappeared from Bengal. How I wish that day will soon come when in every home the Veda will be worshipped together with Shâlagrâma, the household Deity, when the young, the old, and the women will inaugurate the worship of the Veda!

I have no faith in the theories advanced by Western savants with regard to the Vedas. They are today fixing the antiquity of the Vedas at a certain period, and again tomorrow upsetting it and bringing it one thousand years forward, and so on. However, about the Puranas, I have told you that they are authoritative only in so far as they agree with the Vedas, otherwise not. In the Puranas we find many things which do not agree with the Vedas. As for instance, it is written in the Puranas that some one lived ten thousand years, another twenty thousand years, but in the Vedas we find: शतायुर्वै पुरुषः — "Man lives indeed a hundred years." Which are we to accept in this case? Certainly the Vedas. Notwithstanding statements like these, I do not depreciate the Puranas. They contain many beautiful and illuminating teachings and words of wisdom on Yoga, Bhakti, Jnâna, and Karma; those, of course, we should accept. Then there are the Tantras. The real meaning of the word Tantra is Shâstra, as for example, Kâpila Tantra. But the word Tantra is generally used in a limited sense. Under the sway of kings who took up Buddhism and preached broadcast the doctrine of Ahimsâ, the performances of the Vedic Yâga-Yajnas became a thing of the past, and no one could kill any animal in sacrifice for fear of the king. But subsequently amongst the Buddhists themselves — who were converts from Hinduism — the best parts of these Yaga-Yajnas were taken up, and practiced in secret. From these sprang up the Tantras. Barring some of the abominable things in the Tantras, such as the Vâmâchâra etc., the Tantras are not so bad as people are inclined to think. There are many high and sublime Vedantic thoughts in them. In fact, the Brâhmana portions of the Vedas were modified a little and incorporated into the body of the Tantras. All the forms of our worship and the ceremonials of the present day, comprising the Karma Kanda, are observed in accordance with the Tantras.

Now let us discuss the principles of our religion a little. Notwithstanding the differences and controversies existing among our various sects, there are in them, too, several grounds of unity. First, almost all of them admit the existence of three things — three entities — Ishvara, Atman, and the Jagat. Ishvara is He who is eternally creating, preserving and destroying the whole universe. Excepting the Sânkhyas, all the others believe in this. Then the doctrine of the Atman and the reincarnation of the soul; it maintains that innumerable individual souls, having taken body after body again and again, go round and round in the wheel of birth and death according to their respective Karmas; this is Samsâravâda, or as it is commonly called the doctrine of rebirth. Then there is the Jagat or universe without beginning and without end. Though some hold these three as different phases of one only, and some others as three distinctly different entities, and others again in various other ways, yet they are all unanimous in believing in these three.

Here I should ask you to remember that Hindus, from time immemorial, knew the Atman as separate from Manas, mind. But the Occidentals could never soar beyond the mind. The West knows the universe to be full of happiness, and as such, it is to them a place where they can enjoy the most; but the East is born with the conviction that this Samsara, this ever-changing existence, is full of misery, and as such, it is nothing, nothing but unreal, not worth bartering the soul for its ephemeral joys and possessions. For this very reason, the West is ever especially adroit in organised action, and so also the East is ever bold in search of the mysteries of the internal world.

Let us, however, turn now to one or two other aspects of Hinduism. There is the doctrine of the Incarnations of God. In the Vedas we find mention of Matsya Avatâra, the Fish Incarnation only. Whether all believe in this doctrine or not is not the point; the real meaning, however, of this Avatâravâda is the worship of Man — to see God in man is the real God-vision. The Hindu does not go through nature to nature's God — he goes to the God of man through Man.

Then there is image-worship. Except the five Devatâs who are to be worshipped in every auspicious Karma as enjoined in our Shastras, all the other Devatas are merely the names of certain states held by them. But again, these five Devatas are nothing but the different names of the one God Only. This external worship of images has, however, been described in all our Shastras as the lowest of all the low forms of worship. But that does not mean that it is a wrong thing to do. Despite the many iniquities that have found entrance into the practices of image-worship as it is in vogue now, I do not condemn it. Ay, where would I have been if I had not been blessed with the dust of the holy feet of that orthodox, image-worshipping Brahmin!

Those reformers who preach against image-worship, or what they denounce as idolatry — to them I say "Brothers, if you are fit to worship God-without-form discarding all external help, do so, but why do you condemn others who cannot do the same? A beautiful, large edifice, the glorious relic of a hoary antiquity has, out of neglect or disuse, fallen into a dilapidated condition; accumulations of dirt and dust may be lying everywhere within it, maybe, some portions are tumbling down to the ground. What will you do to it? Will you take in hand the necessary cleansing and repairs and thus restore the old, or will you pull the whole edifice down to the ground and seek to build another in its place, after a sordid modern plan whose permanence has yet to be established? We have to reform it, which truly means to make ready or perfect by necessary cleansing and repairs, not by demolishing the whole thing. There the function of reform ends. When the work of renovating the old is finished, what further necessity does it serve? Do that if you can, if not, hands off!" The band of reformers in our country want, on the contrary, to build up a separate sect of their own. They have, however, done good work; may the blessings of God be showered on their heads! But why should you, Hindus, want to separate yourselves from the great common fold? Why should you feel ashamed to take the name of Hindu, which is your greatest and most glorious possession? This national ship of ours, ye children of the Immortals, my countrymen, has been plying for ages, carrying civilisation and enriching the whole world with its inestimable treasures. For scores of shining centuries this national ship of ours has been ferrying across the ocean of life, and has taken millions of souls to the other shore, beyond all misery. But today it may have sprung a leak and got damaged, through your own fault or whatever cause it matters not. What would you, who have placed yourselves in it, do now? Would you go about cursing it and quarrelling among yourselves! Would you not all unite together and put your best efforts to stop the holes? Let us all gladly give our hearts' blood to do this; and if we fail in the attempt, let us all sink and die together, with blessings and not curses on our lips.

And to the Brahmins I say, "Vain is your pride of birth and ancestry. Shake it off. Brahminhood, according to your Shastras, you have no more now, because you have for so long lived under Mlechchha kings. If you at all believe in the words of your own ancestors, then go this very moment and make expiation by entering into the slow fire kindled by Tusha (husks), like that old Kumarila Bhatta, who with the purpose of ousting the Buddhists first became a disciple of the Buddhists and then defeating them in argument became the cause of death to many, and subsequently entered the Tushânala to expiate his sins. If you are not bold enough to do that, then admit your weakness and stretch forth a helping hand, and open the gates of knowledge to one and all, and give the downtrodden masses once more their just and legitimate rights and privileges."


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