La mission du Vedanta
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Français
LA MISSION DU VEDÂNTA
À l'occasion de sa visite à Kumbakonam, le Swamiji se vit remettre l'adresse suivante par la communauté hindoue locale :
Vénéré Swâmin,
Au nom des habitants hindous de cette ancienne ville de Kumbakonam, si importante sur le plan religieux, nous sollicitons la permission de vous offrir un accueil des plus chaleureux à votre retour du monde occidental vers notre propre terre sainte de grands temples et de saints et sages illustres. Nous sommes profondément reconnaissants envers Dieu pour le remarquable succès de votre mission religieuse en Amérique et en Europe, et pour vous avoir permis d'impressionner les plus éminents représentants des grandes religions du monde, assemblés à Chicago, en leur montrant que la philosophie et la religion hindoues sont si vastes et si rationnellement universelles qu'elles ont en elles le pouvoir d'élever et d'harmoniser toutes les conceptions de Dieu et de la spiritualité humaine.
La conviction que la cause de la Vérité est toujours en sécurité entre les mains de Celui qui est la vie et l'âme de l'univers fait partie depuis des milliers d'années de notre foi vivante ; et si aujourd'hui nous nous réjouissons des résultats de votre sainte œuvre en terres chrétiennes, c'est parce que les yeux des hommes, en Inde et hors de l'Inde, s'ouvrent ainsi à la valeur inestimable de l'héritage spirituel de la nation hindoue, éminemment religieuse. Le succès de votre œuvre a naturellement ajouté un grand éclat au nom déjà renommé de votre grand Guru (maître spirituel) ; il nous a également élevés dans l'estime du monde civilisé ; plus que tout, il nous a fait sentir que nous aussi, en tant que peuple, avons des raisons d'être fiers des accomplissements de notre passé, et que l'absence d'agressivité manifeste dans notre civilisation n'est nullement le signe d'un état d'épuisement ou de déclin. Avec des travailleurs clairvoyants, dévoués et entièrement désintéressés comme vous parmi nous, l'avenir de la nation hindoue ne peut qu'être lumineux et plein d'espoir. Puisse le Dieu de l'univers, qui est aussi le grand Dieu de toutes les nations, vous accorder santé et longue vie, et vous rendre toujours plus fort et plus sage dans l'exercice de votre haute et noble fonction de digne maître de la religion et de la philosophie hindoues.
Une seconde adresse fut également présentée par les étudiants hindous de la ville.
Le Swami prononça alors le discours suivant sur la Mission du Vedânta :
Une très petite quantité de travail religieux accompli produit une grande quantité de résultats. Si cette affirmation de la Gîtâ (le « Chant du Seigneur », texte sacré de l'hindouisme) avait besoin d'une illustration, je trouve chaque jour la vérité de cette grande parole dans mon humble vie. Mon travail a été vraiment très modeste, mais la bonté et la cordialité de l'accueil qui m'ont été réservés à chaque étape de mon voyage de Colombo à cette ville dépassent tout simplement toute attente. Et pourtant, en même temps, cela est digne de nos traditions en tant qu'Hindous, digne de notre race ; car nous sommes ici, la race hindoue, dont la vitalité, dont le principe de vie, dont l'âme même, pour ainsi dire, réside dans la religion. J'ai vu un peu du monde, voyageant parmi les races de l'Orient et de l'Occident ; et partout je trouve parmi les nations un grand idéal qui forme, pour ainsi dire, l'épine dorsale de cette race. Pour certains, c'est la politique, pour d'autres, la culture sociale ; d'autres encore peuvent avoir la culture intellectuelle et ainsi de suite comme toile de fond nationale. Mais notre mère patrie a la religion, et la religion seule, pour fondement, pour colonne vertébrale, pour socle sur lequel tout l'édifice de sa vie a été bâti. Certains d'entre vous se souviendront peut-être que dans ma réponse à l'aimable adresse que le peuple de Madras m'avait envoyée en Amérique, j'ai souligné le fait qu'un paysan en Inde possède, à bien des égards, une meilleure éducation religieuse que bien des gentilshommes en Occident, et aujourd'hui, sans aucun doute, je vérifie moi-même mes propres paroles. Il fut un temps où je ressentais un certain mécontentement devant le manque d'information parmi les masses de l'Inde et le manque de soif d'information chez elles, mais maintenant je comprends. Là où réside leur intérêt, là elles sont plus avides d'information que les masses de toute autre race que j'aie vue ou parmi lesquelles j'aie voyagé. Interrogez nos paysans sur les changements politiques capitaux en Europe, les bouleversements qui se produisent dans la société européenne — ils n'en savent rien, et ne se soucient pas de le savoir ; mais les paysans, même à Ceylan, détachés de l'Inde à bien des égards, coupés d'un intérêt vivant pour l'Inde — j'ai trouvé que les paysans mêmes travaillant dans les champs là-bas étaient déjà au courant du fait qu'il y avait eu un Parlement des Religions en Amérique, qu'un Sannyâsin (moine renonçant) indien s'y était rendu, et qu'il avait eu quelque succès.
Là où, par conséquent, réside leur intérêt, là ils sont aussi avides d'information que toute autre race ; et la religion est l'unique et seul intérêt du peuple de l'Inde. Je ne suis pas en train de discuter en ce moment s'il est bon d'avoir la vitalité de la race dans les idéaux religieux ou dans les idéaux politiques, mais il est clair pour nous que, pour le meilleur ou pour le pire, notre vitalité est concentrée dans notre religion. Vous ne pouvez pas la changer. Vous ne pouvez pas la détruire et mettre autre chose à sa place. Vous ne pouvez pas transplanter un grand arbre en pleine croissance d'un sol à un autre et le faire prendre racine immédiatement. Pour le meilleur ou pour le pire, l'idéal religieux a coulé vers l'Inde pendant des milliers d'années ; pour le meilleur ou pour le pire, l'atmosphère indienne a été emplie d'idéaux de religion pendant des dizaines de siècles resplendissants ; pour le meilleur ou pour le pire, nous sommes nés et avons grandi au milieu même de ces idées de religion, jusqu'à ce qu'elles soient entrées dans notre sang même et aient vibré dans chaque goutte de nos veines, et soient devenues une seule chose avec notre constitution, soient devenues la vitalité même de nos vies. Pouvez-vous abandonner une telle religion sans susciter la même énergie en réaction, sans combler le canal que ce fleuve puissant s'est creusé au cours de milliers d'années ? Voulez-vous que le Gange retourne à son lit de glace et commence un nouveau cours ? Même si cela était possible, il serait impossible pour ce pays d'abandonner sa voie caractéristique de vie religieuse et de s'engager dans une nouvelle carrière de politique ou d'autre chose. On ne peut travailler que sous la loi de la moindre résistance, et cette ligne religieuse est la ligne de moindre résistance en Inde. C'est la ligne de vie, c'est la ligne de croissance, et c'est la ligne de bien-être en Inde — suivre la voie de la religion.
Oui, dans d'autres pays, la religion n'est qu'une parmi les nombreuses nécessités de la vie. Pour utiliser une illustration courante dont j'ai l'habitude, ma dame a beaucoup de choses dans son salon, et c'est la mode aujourd'hui d'avoir un vase japonais, et elle doit se le procurer ; cela ne fait pas bonne figure de ne pas en avoir. Ainsi ma dame, ou mon gentilhomme, a bien d'autres occupations dans la vie, et un petit peu de religion doit aussi y entrer pour compléter le tout. En conséquence, il ou elle a un peu de religion. La politique, le progrès social, en un mot, ce monde, est le but de l'humanité en Occident, et Dieu et la religion viennent tranquillement comme auxiliaires pour atteindre ce but. Leur Dieu est, pour ainsi dire, l'Être qui aide à purifier et à meubler ce monde pour eux ; c'est apparemment toute la valeur de Dieu pour eux. Ne savez-vous pas comment, depuis cent ou deux cents ans, vous avez entendu encore et encore de la bouche d'hommes qui auraient dû mieux savoir, de la bouche de ceux qui prétendent au moins mieux savoir, que tous les arguments qu'ils produisent contre la religion indienne se résument à ceci — que notre religion ne contribue pas au bien-être en ce monde, qu'elle ne nous apporte pas d'or, qu'elle ne fait pas de nous des pillards de nations, qu'elle ne fait pas que les forts se tiennent sur les corps des faibles pour se nourrir du sang vital des faibles. Certes, notre religion ne fait pas cela. Elle ne peut envoyer de cohortes, sous les pieds desquelles la terre tremble, dans le but de détruire, de piller et de ruiner des races. Par conséquent, ils disent — qu'y a-t-il dans cette religion ? Elle n'apporte pas de grain au moulin, pas de force aux muscles ; qu'y a-t-il dans une telle religion ?
Ils ne se doutent guère que c'est là précisément l'argument par lequel nous prouvons notre religion, parce qu'elle n'est pas faite pour ce monde. La nôtre est la seule vraie religion car, selon elle, ce petit monde des sens d'une durée de trois jours ne doit pas être érigé en fin et en but de tout, ne doit pas être notre grand objectif. Ce petit horizon terrestre de quelques pieds n'est pas celui qui borne la vue de notre religion. La nôtre va au-delà, et encore au-delà ; au-delà des sens, au-delà de l'espace, et au-delà du temps, loin, loin au-delà, jusqu'à ce que rien de ce monde ne reste et que l'univers lui-même devienne comme une goutte dans l'océan transcendant de la gloire de l'âme. La nôtre est la vraie religion parce qu'elle enseigne que Dieu seul est vrai, que ce monde est faux et éphémère, que tout votre or n'est que poussière, que tout votre pouvoir est fini, et que la vie elle-même est bien souvent un mal ; c'est pourquoi la nôtre est la vraie religion. La nôtre est la vraie religion parce que, par-dessus tout, elle enseigne le renoncement et se dresse avec la sagesse des âges pour dire et déclarer aux nations qui ne sont que des enfants d'hier en comparaison de nous, les Hindous — qui possédons l'antique vénérable sagesse découverte par nos ancêtres ici en Inde — pour leur dire en termes clairs : « Enfants, vous êtes esclaves des sens ; il n'y a que le fini dans les sens, il n'y a que la ruine dans les sens ; les trois courts jours de luxe ici-bas n'apportent que la ruine à la fin. Renoncez à tout, renoncez à l'amour des sens et du monde ; c'est là la voie de la religion. » C'est par le renoncement que se trouve le chemin vers le but, et non par la jouissance. C'est pourquoi la nôtre est la seule vraie religion.
Oui, c'est un fait curieux que tandis que nation après nation est apparue sur la scène du monde, a joué vigoureusement son rôle pendant quelques instants, et est morte presque sans laisser de trace ni de ride sur l'océan du temps, nous voici vivant, pour ainsi dire, une vie éternelle. On parle beaucoup des nouvelles théories sur la survie du plus apte, et l'on croit que c'est la force des muscles qui est la plus apte à survivre. Si cela était vrai, n'importe laquelle des nations agressives bien connues de l'ancien monde vivrait dans la gloire aujourd'hui, et nous, les faibles Hindous, qui n'avons jamais conquis même une seule autre race ou nation, aurions dû disparaître ; pourtant nous vivons ici, trois cents millions, pleins de force ! (Une jeune Anglaise me dit un jour : Qu'ont fait les Hindous ? Ils n'ont même jamais conquis une seule race !) Et il n'est pas du tout vrai que toutes ses énergies soient épuisées, que l'atrophie ait saisi son corps : ce n'est pas vrai. Il y a assez de vitalité, et elle jaillit en torrents et inonde le monde quand le temps est mûr et l'exige.
Nous avons, pour ainsi dire, lancé un défi au monde entier depuis les temps les plus anciens. En Occident, on essaie de résoudre le problème de combien un homme peut posséder, et nous essayons ici de résoudre le problème de combien peu un homme peut vivre. Cette lutte et cette différence se poursuivront encore pendant quelques siècles. Mais si l'histoire a quelque vérité en elle et si les pronostics se vérifient jamais, il faut que ceux qui s'entraînent à vivre avec le moins et à se maîtriser bien gagneront finalement la bataille, et que ceux qui courent après la jouissance et le luxe, si vigoureux qu'ils puissent paraître pour le moment, devront mourir et être anéantis. Il y a des moments dans l'histoire de la vie d'un homme, que dis-je, dans l'histoire de la vie des nations, où une sorte de lassitude du monde devient douloureusement prédominante. Il semble qu'une telle marée de lassitude du monde ait déferlé sur le monde occidental. Là aussi, ils ont leurs penseurs, de grands hommes ; et ils découvrent déjà que cette course à l'or et au pouvoir n'est que vanité des vanités ; beaucoup, que dis-je, la plupart des hommes et des femmes cultivés là-bas, sont déjà las de cette compétition, de cette lutte, de cette brutalité de leur civilisation commerciale, et ils se tournent vers quelque chose de meilleur. Il y a une classe qui s'accroche encore aux changements politiques et sociaux comme seule panacée aux maux de l'Europe, mais parmi les grands penseurs, là-bas, d'autres idéaux se développent. Ils ont découvert qu'aucune manipulation politique ou sociale des conditions humaines ne peut guérir les maux de la vie. C'est un changement de l'âme elle-même vers le meilleur qui seul peut guérir les maux de la vie. Aucune force, aucun gouvernement, aucune cruauté législative ne changera les conditions d'une race, mais c'est la culture spirituelle et la culture éthique seules qui peuvent changer en bien les mauvaises tendances raciales. Ainsi ces races de l'Occident sont avides de quelque pensée nouvelle, de quelque philosophie nouvelle ; la religion qu'elles ont eue, le christianisme, bien que bon et glorieux à bien des égards, a été imparfaitement compris, et tel qu'il a été compris jusqu'ici, s'avère insuffisant. Les hommes réfléchis de l'Occident trouvent dans notre ancienne philosophie, surtout dans le Vedânta (la philosophie de la fin des Vedas), la nouvelle impulsion de pensée qu'ils recherchent, la nourriture et la boisson spirituelles mêmes dont ils ont faim et soif. Et il n'est pas étonnant qu'il en soit ainsi.
J'ai pris l'habitude d'entendre toutes sortes de prétentions merveilleuses avancées en faveur de chaque religion sous le soleil. Vous avez également entendu, très récemment, les prétentions avancées par le Dr Barrows, un grand ami à moi, selon lesquelles le christianisme est la seule religion universelle. Permettez-moi d'examiner cette question un moment et de vous exposer mes raisons pour lesquelles je pense que c'est le Vedânta, et le Vedânta seul, qui peut devenir la religion universelle de l'homme, et qu'aucune autre n'est faite pour ce rôle. À l'exception de la nôtre, presque toutes les autres grandes religions du monde sont inévitablement liées à la vie ou aux vies d'un ou de plusieurs de leurs fondateurs. Toutes leurs théories, leurs enseignements, leurs doctrines et leur éthique sont bâtis autour de la vie d'un fondateur personnel, de qui elles tirent leur sanction, leur autorité et leur pouvoir ; et chose assez étrange, c'est sur l'historicité de la vie du fondateur qu'est bâti, pour ainsi dire, tout l'édifice de ces religions. S'il est porté un seul coup à l'historicité de cette vie, comme cela a été le cas dans les temps modernes avec les vies de presque tous les soi-disant fondateurs de religion — nous savons que la moitié des détails de ces vies n'est plus sérieusement crue, et que l'autre moitié est sérieusement mise en doute — si cela arrive, si ce roc d'historicité, comme ils prétendent l'appeler, est ébranlé et fracassé, tout l'édifice s'effondre, brisé absolument, pour ne jamais retrouver son statut perdu.
Chacune des grandes religions du monde, à l'exception de la nôtre, est bâtie sur de tels personnages historiques ; mais la nôtre repose sur des principes. Il n'y a ni homme ni femme qui puisse prétendre avoir créé les Vedas (les plus anciens textes sacrés de l'hindouisme). Ils sont l'incarnation de principes éternels ; des sages les ont découverts ; et de temps à autre les noms de ces sages sont mentionnés — simplement leurs noms ; nous ne savons même pas qui ou ce qu'ils étaient. Dans bien des cas, nous ne savons pas qui étaient leurs pères, et dans presque tous les cas, nous ne savons pas quand et où ils sont nés. Mais que leur importait, à ces sages, leurs noms ? Ils étaient les prédicateurs de principes, et eux-mêmes, dans la mesure de leurs moyens, ont essayé de devenir les illustrations des principes qu'ils prêchaient. En même temps, de même que notre Dieu est un Dieu impersonnel et pourtant personnel, de même notre religion est une religion des plus intensément impersonnelle — une religion fondée sur des principes — et pourtant avec un champ infini pour le jeu des personnes ; car quelle religion vous donne plus d'Incarnations, plus de prophètes et de voyants, et attend encore infiniment plus ? Le Bhâgavata dit que les Incarnations sont infinies, laissant amplement de place pour autant que vous voudriez en voir venir. Par conséquent, si un ou plusieurs de ces personnages de l'histoire religieuse de l'Inde, si une ou plusieurs de ces Incarnations, et si un ou plusieurs de nos prophètes s'avéraient n'être pas historiques, cela ne porterait aucun préjudice à notre religion ; même alors, elle resterait aussi ferme que jamais, parce qu'elle est fondée sur des principes, et non sur des personnes. C'est en vain que nous essayons de rassembler tous les peuples du monde autour d'une seule personnalité. Il est difficile de les faire se rassembler même autour de principes éternels et universels. S'il devient jamais possible d'amener la plus grande partie de l'humanité à une seule façon de penser en matière de religion, notez-le bien, ce sera toujours à travers des principes et non à travers des personnes. Pourtant, comme je l'ai dit, notre religion offre un ample champ pour l'autorité et l'influence des personnes. Il y a cette théorie si merveilleuse de l'Ishta (la divinité d'élection) qui vous donne le choix le plus complet et le plus libre possible parmi ces grandes personnalités religieuses. Vous pouvez adopter n'importe lequel des prophètes ou des maîtres comme votre guide et l'objet de votre adoration spéciale ; vous êtes même autorisés à penser que celui que vous avez choisi est le plus grand des prophètes, le plus grand de tous les Avatâras (incarnations divines) ; il n'y a aucun mal à cela, mais vous devez vous maintenir sur un arrière-plan solide de principes éternellement vrais. Le fait étrange ici est que le pouvoir de nos Incarnations n'a été opérant chez nous que dans la mesure où elles sont des illustrations des principes des Vedas. La gloire de Shrî Krishna est d'avoir été le meilleur prédicateur de notre religion éternelle de principes et le meilleur commentateur du Vedânta qui ait jamais vécu en Inde.
La seconde revendication du Vedânta à l'attention du monde est que, de toutes les Écritures au monde, c'est la seule dont l'enseignement est en entière harmonie avec les résultats atteints par les recherches scientifiques modernes sur la nature extérieure. Deux esprits, dans le passé lointain de l'histoire, apparentés l'un à l'autre par la forme, la parenté et la sympathie, partirent, étant placés sur des routes différentes. L'un était l'ancien esprit hindou, et l'autre l'ancien esprit grec. Le premier commença par analyser le monde intérieur. Le second se mit en quête de ce but au-delà en analysant le monde extérieur. Et même à travers les diverses vicissitudes de leur histoire, il est facile de distinguer ces deux vibrations de pensée comme tendant à produire des échos similaires du but au-delà. Il semble clair que les conclusions de la science matérialiste moderne ne peuvent être acceptables, en harmonie avec leur religion, que par les Védântins ou Hindous comme on les appelle. Il semble clair que le matérialisme moderne peut maintenir sa position et en même temps approcher la spiritualité en adoptant les conclusions du Vedânta. Il nous semble, et à tous ceux qui se soucient de savoir, que les conclusions de la science moderne sont les conclusions mêmes que le Vedânta a atteintes il y a des âges ; seulement, dans la science moderne, elles sont écrites dans le langage de la matière. C'est là une autre revendication du Vedânta auprès des esprits occidentaux modernes, sa rationalité, la merveilleuse rationalité du Vedânta. J'ai moi-même entendu dire par certains des meilleurs esprits scientifiques occidentaux d'aujourd'hui combien les conclusions du Vedânta sont merveilleusement rationnelles. J'en connais un personnellement qui a à peine le temps de prendre son repas ou de sortir de son laboratoire, mais qui pourtant restait debout des heures entières pour assister à mes conférences sur le Vedânta ; car, comme il l'exprime, elles sont si scientifiques, elles s'harmonisent si exactement avec les aspirations de l'époque et avec les conclusions auxquelles la science moderne parvient à l'heure actuelle.
Deux conclusions scientifiques tirées de la religion comparée, j'aimerais particulièrement attirer votre attention sur elles : l'une porte sur l'idée de l'universalité des religions, et l'autre sur l'idée de l'unité des choses. Nous observons dans les histoires de Babylone et chez les Juifs un phénomène religieux intéressant. Nous trouvons que chacun de ces peuples, babylonien et juif, était divisé en de nombreuses tribus, chaque tribu ayant un dieu qui lui était propre, et que ces petits dieux tribaux avaient souvent un nom générique. Les dieux chez les Babyloniens s'appelaient tous Baals, et parmi eux Baal Mérodach était le chef. Au cours du temps, l'une de ces nombreuses tribus conquérait et assimilait les autres tribus racialement alliées, et le résultat naturel était que le dieu de la tribu conquérante était placé à la tête de tous les dieux des autres tribus. C'est ainsi que le soi-disant monothéisme vanté des Sémites fut créé. Chez les Juifs, les dieux portaient le nom de Molochs. Parmi eux, il y avait un Moloch qui appartenait à la tribu appelée Israël, et il était appelé le Moloch-Yahvé ou Moloch-Yava. Avec le temps, cette tribu d'Israël conquit lentement certaines des autres tribus de la même race, détruisit leurs Molochs, et déclara que son propre Moloch était le Moloch suprême de tous les Molochs. Et je suis sûr que la plupart d'entre vous connaissez la quantité de sang versé, de tyrannie et de brutalité sauvage que cette conquête religieuse a entraînée. Plus tard, les Babyloniens essayèrent de détruire cette suprématie du Moloch-Yahvé, mais ne purent y réussir.
Il me semble qu'une telle tentative d'affirmation tribale en matière religieuse aurait pu avoir lieu aussi aux frontières de l'Inde. Ici aussi, les diverses tribus aryennes auraient pu entrer en conflit les unes avec les autres pour déclarer la suprématie de leurs divers dieux tribaux ; mais l'histoire de l'Inde devait être autre, devait être différente de celle des Juifs. L'Inde seule devait être, de toutes les terres, la terre de la tolérance et de la spiritualité ; et c'est pourquoi le combat entre les tribus et leurs dieux ne se prolongea pas longtemps ici. Car l'un des plus grands sages qui ait jamais existé découvrit ici, en Inde, en ce temps lointain que l'histoire ne peut atteindre et dans l'obscurité duquel même la tradition elle-même n'ose pas plonger son regard — en ce temps lointain, le sage se dressa et déclara : ekam sad viprâ bahudhâ vadanti — « Celui qui existe est un ; les sages L'appellent de divers noms. » C'est l'une des sentences les plus mémorables qui aient jamais été prononcées, l'une des plus grandes vérités qui aient jamais été découvertes. Et pour nous, Hindous, cette vérité a été la colonne vertébrale même de notre existence nationale. Car à travers les perspectives des siècles de notre vie nationale, cette seule idée — ekam sad viprâ bahudhâ vadanti — descend, gagnant en volume et en plénitude jusqu'à avoir imprégné tout notre être national, jusqu'à s'être mêlée à notre sang, et être devenue une avec nous. Nous vivons cette grande vérité dans chaque veine, et notre pays est devenu la terre glorieuse de la tolérance religieuse. C'est ici et ici seulement que l'on construit des temples et des églises pour les religions qui sont venues dans le but de condamner notre propre religion. C'est là un très grand principe que le monde attend d'apprendre de nous. Oui, vous ne savez guère combien d'intolérance sévit encore au dehors. Il m'a frappé plus d'une fois que j'allais devoir laisser mes os sur des rivages étrangers à cause de la prévalence de l'intolérance religieuse. Tuer un homme n'est rien pour la cause de la religion ; demain ils pourraient le faire au cœur même de la civilisation si vantée de l'Occident, si aujourd'hui ils ne le font pas réellement. L'exclusion sous ses formes les plus horribles s'abattrait souvent sur la tête d'un homme en Occident s'il osait dire un mot contre la religion acceptée de son pays. Ils parlent ici avec aisance et douceur pour critiquer nos lois de caste. Si vous allez en Occident et y vivez comme je l'ai fait, vous saurez que même certains des plus grands professeurs dont vous entendez parler sont de fieffés lâches et n'osent pas dire, par peur de l'opinion publique, le centième de ce qu'ils tiennent pour vraiment vrai en matière religieuse.
Par conséquent, le monde attend cette grande idée de tolérance universelle. Ce sera une grande acquisition pour la civilisation. Que dis-je, aucune civilisation ne peut longtemps exister sans que cette idée y pénètre. Aucune civilisation ne peut croître tant que le fanatisme, le sang versé et la brutalité ne cessent pas. Aucune civilisation ne peut commencer à relever la tête tant que nous ne nous regardons pas les uns les autres avec charité ; et le premier pas vers cette charité si nécessaire est de regarder avec charité et bienveillance les convictions religieuses des autres. Bien plus, comprendre que non seulement nous devons être charitables, mais positivement utiles les uns aux autres, si différentes que puissent être nos idées et convictions religieuses. Et c'est exactement ce que nous faisons en Inde, comme je viens de vous le raconter. C'est ici, en Inde, que les Hindous ont construit et construisent encore des églises pour les Chrétiens et des mosquées pour les Musulmans. C'est cela qu'il faut faire. En dépit de leur haine, en dépit de leur brutalité, en dépit de leur cruauté, en dépit de leur tyrannie, et en dépit du langage vil qu'ils ont coutume de proférer, nous devons et nous continuerons à construire des églises pour les Chrétiens et des mosquées pour les Musulmans jusqu'à ce que nous conquérions par l'amour, jusqu'à ce que nous ayons démontré au monde que l'amour seul est ce qui est le plus apte à survivre et non la haine, que c'est la douceur qui a la force de vivre et de fructifier, et non la simple brutalité et la force physique. L'autre grande idée que le monde veut recevoir de nous aujourd'hui, la partie pensante de l'Europe, que dis-je, le monde entier — et peut-être davantage les classes inférieures que les classes supérieures, davantage les masses que les gens cultivés, davantage les ignorants que les instruits, davantage les faibles que les forts — est cette éternelle et grande idée de l'unité spirituelle de tout l'univers. Je n'ai pas besoin de vous dire aujourd'hui, hommes de l'Université de Madras, comment les recherches modernes de l'Occident ont démontré par des moyens physiques l'unité et la solidarité de tout l'univers ; comment, physiquement parlant, vous et moi, le soleil, la lune et les étoiles ne sommes que de petites vagues ou vaguelettes au milieu d'un océan infini de matière ; comment la psychologie indienne a démontré il y a des âges que, de même, le corps et l'esprit ne sont que de simples noms ou petites vaguelettes dans l'océan de matière, le Samashti (la totalité) ; et comment, allant un pas plus loin, il est également montré dans le Vedânta que derrière cette idée de l'unité de tout le spectacle, l'Âme réelle est une. Il n'y a qu'une seule Âme à travers tout l'univers, tout n'est qu'une seule Existence. Cette grande idée de la solidarité réelle et fondamentale de tout l'univers en a effrayé beaucoup, même dans ce pays. Elle trouve encore parfois, même maintenant, plus d'opposants que de partisans. Je vous le dis, néanmoins, que c'est la seule grande idée vivifiante que le monde veut de nous aujourd'hui, et que les masses muettes de l'Inde veulent pour leur élévation, car nul ne peut régénérer cette terre qui est la nôtre sans l'application pratique et le fonctionnement effectif de cet idéal de l'unité des choses.
L'Occident rationnel est sincèrement résolu à rechercher la rationalité, la raison d'être de toute sa philosophie et de toute son éthique ; et vous savez tous bien que l'éthique ne peut être dérivée de la simple sanction d'un personnage, si grand et divin qu'il ait pu être. Une telle explication de l'autorité de l'éthique ne satisfait plus les plus grands penseurs du monde ; ils veulent quelque chose de plus qu'une sanction humaine pour que les codes éthiques et moraux soient contraignants, ils veulent un principe éternel de vérité comme sanction de l'éthique. Et où cette sanction éternelle peut-elle être trouvée sinon dans la seule Réalité Infinie qui existe en vous et en moi et en tout, dans le Soi, dans l'Âme ? L'unité infinie de l'Âme est la sanction éternelle de toute moralité, à savoir que vous et moi ne sommes pas seulement frères — toute littérature exprimant la lutte de l'homme vers la liberté a prêché cela pour vous — mais que vous et moi sommes réellement un. C'est le précepte de la philosophie indienne. Cette unité est le fondement rationnel de toute éthique et de toute spiritualité. L'Europe en a besoin aujourd'hui tout autant que nos masses opprimées, et ce grand principe forme même maintenant inconsciemment la base de toutes les dernières aspirations politiques et sociales qui émergent en Angleterre, en Allemagne, en France et en Amérique. Et remarquez-le, mes amis, que dans et à travers toute la littérature exprimant la lutte de l'homme vers la liberté, vers la liberté universelle, encore et encore vous trouvez les idéaux védântiques indiens qui ressortent de manière proéminente. Dans certains cas, les auteurs ne connaissent pas la source de leur inspiration, dans certains cas ils essaient de paraître très originaux, et quelques-uns, audacieux et reconnaissants, mentionnent la source et reconnaissent leur dette envers elle.
Quand j'étais en Amérique, j'ai entendu un jour la plainte que je prêchais trop d'Advaïta (non-dualisme) et trop peu de dualisme. Oui, je sais quelle grandeur, quels océans d'amour, quelles bénédictions et quelle joie infinies et extatiques il y a dans les théories dualistes d'adoration et de religion fondées sur l'amour. Je sais tout cela. Mais ce n'est pas le moment pour nous de pleurer même de joie ; nous avons assez pleuré ; ce n'est pas non plus le moment pour nous de devenir tendres. Cette tendresse a été avec nous jusqu'à ce que nous soyons devenus comme des masses de coton et que nous soyons morts. Ce dont notre pays a besoin maintenant, ce sont des muscles de fer et des nerfs d'acier, des volontés gigantesques auxquelles rien ne peut résister, qui peuvent pénétrer dans les mystères et les secrets de l'univers, et qui accompliront leur dessein de n'importe quelle manière, même s'il faut pour cela descendre au fond de l'océan et affronter la mort face à face. C'est ce dont nous avons besoin, et cela ne peut être créé, établi et renforcé que par la compréhension et la réalisation de l'idéal de l'Advaïta, cet idéal de l'unité de tout. La foi, la foi, la foi en nous-mêmes, la foi, la foi en Dieu — voilà le secret de la grandeur. Si vous avez foi en tous les trois cent trente millions de vos dieux mythologiques, et en tous les dieux que les étrangers ont introduits parmi vous de temps à autre, et que vous n'avez toujours pas foi en vous-mêmes, il n'y a pas de salut pour vous. Ayez foi en vous-mêmes, et dressez-vous sur cette foi et soyez forts ; voilà ce dont nous avons besoin. Pourquoi est-ce que nous, trois cent trente millions de personnes, avons été gouvernés pendant les mille dernières années par n'importe quelle poignée d'étrangers qui décidait de marcher sur nos corps prosternés ? Parce qu'ils avaient foi en eux-mêmes et nous non. Qu'ai-je appris en Occident, et qu'ai-je vu derrière ces paroles creuses des sectes chrétiennes répétant que l'homme était un pécheur déchu et irrémédiablement déchu ? J'ai vu là, qu'au fond du cœur national de l'Europe comme de l'Amérique réside la puissance formidable de la foi des hommes en eux-mêmes. Un garçon anglais vous dira : « Je suis Anglais, et je peux tout faire. » Le garçon américain vous dira la même chose, et tout garçon européen aussi. Nos garçons peuvent-ils dire la même chose ici ? Non, et pas même les pères de ces garçons. Nous avons perdu la foi en nous-mêmes. C'est pourquoi prêcher l'aspect Advaïta du Vedânta est nécessaire pour éveiller les cœurs des hommes, pour leur montrer la gloire de leurs âmes. C'est pourquoi je prêche cet Advaïta ; et je le fais non pas en tant que sectaire, mais sur des bases universelles et largement acceptables.
Il est facile de trouver le moyen de réconciliation qui ne blessera ni le dualiste ni le moniste qualifié. Il n'y a pas un seul système en Inde qui ne soutienne la doctrine que Dieu est à l'intérieur, que la Divinité réside en toutes choses. Chacun de nos systèmes védântiques admet que toute pureté, toute perfection et toute force sont déjà dans l'âme. Selon certains, cette perfection se contracte, pour ainsi dire, parfois, et à d'autres moments elle se dilate à nouveau. Pourtant elle est là. Selon l'Advaïta, elle ne se contracte ni ne se dilate, mais se cache et se découvre tour à tour. C'est à peu près la même chose quant à l'effet. L'une peut être une affirmation plus logique que l'autre, mais quant au résultat, aux conclusions pratiques, les deux sont à peu près les mêmes ; et c'est là la seule idée centrale dont le monde a besoin, et nulle part le besoin ne s'en fait plus sentir qu'ici, dans notre propre mère patrie.
Oui, mes amis, je dois vous dire quelques vérités dures. Je lis dans le journal comment, quand l'un des nôtres est assassiné ou maltraité par un Anglais, les clameurs s'élèvent dans tout le pays ; je lis et je pleure, et l'instant d'après me vient à l'esprit la question : Qui est responsable de tout cela ? En tant que Védântin, je ne peux que me poser cette question à moi-même. L'Hindou est un homme d'introspection ; il veut voir les choses en lui-même et à travers lui-même, par la vision subjective. C'est pourquoi je me demande : Qui est responsable ? Et la réponse vient à chaque fois : Pas les Anglais ; non, ils ne sont pas responsables ; c'est nous qui sommes responsables de toute notre misère et de toute notre dégradation, et nous seuls en sommes responsables. Nos ancêtres aristocratiques ont piétiné les masses communes de notre pays, jusqu'à ce qu'elles soient devenues impuissantes, jusqu'à ce que sous ce tourment les pauvres, pauvres gens aient presque oublié qu'ils étaient des êtres humains. Ils ont été contraints d'être simplement des bûcherons et des porteurs d'eau pendant des siècles, à tel point qu'on leur a fait croire qu'ils sont nés esclaves, nés bûcherons et porteurs d'eau. Avec toute notre éducation tant vantée des temps modernes, si quelqu'un dit un mot aimable en leur faveur, je trouve souvent nos hommes reculer aussitôt devant le devoir de les élever, ces pauvres gens opprimés. Non seulement cela, mais je trouve aussi que toutes sortes d'arguments les plus démoniaques et les plus brutaux, glanés dans les idées grossières de la transmission héréditaire et d'autres sottises semblables du monde occidental, sont avancés afin de brutaliser et de tyranniser encore davantage les pauvres. Au Parlement des Religions en Amérique, il vint entre autres un jeune homme, un Noir de naissance, un vrai Noir africain, et il fit un beau discours. Je m'intéressai au jeune homme et de temps en temps lui parlai, mais ne pus rien apprendre sur lui. Mais un jour en Angleterre, je rencontrai des Américains ; et voici ce qu'ils me dirent. Ce garçon était le fils d'un chef noir qui vivait au cœur de l'Afrique, et qu'un jour un autre chef se mit en colère contre le père de ce garçon et l'assassina et assassina la mère aussi, et ils furent cuits et mangés ; il ordonna que l'enfant fût tué aussi et cuit et mangé ; mais le garçon s'enfuit, et après avoir traversé de grandes épreuves et avoir parcouru une distance de plusieurs centaines de kilomètres, il atteignit le bord de la mer, et là il fut recueilli par un navire américain et emmené en Amérique. Et ce garçon fit ce discours ! Après cela, que devais-je penser de votre doctrine de l'hérédité !
Oui, Brâhmanes, si le Brâhmane a plus d'aptitude pour l'étude en raison de l'hérédité que le Paria, ne dépensez plus d'argent pour l'éducation du Brâhmane, mais dépensez tout pour le Paria. Donnez aux faibles, car c'est là que le don est le plus nécessaire. Si le Brâhmane est né intelligent, il peut s'éduquer lui-même sans aide. Si les autres ne sont pas nés intelligents, qu'ils aient tout l'enseignement et tous les professeurs qu'ils veulent. C'est la justice et la raison telles que je les comprends. Nos pauvres gens, ces masses opprimées de l'Inde, ont donc besoin d'entendre et de savoir ce qu'ils sont réellement. Oui, que chaque homme et chaque femme et chaque enfant, sans considération de caste ou de naissance, de faiblesse ou de force, entende et apprenne que derrière le fort et le faible, derrière le grand et le petit, derrière chacun, il y a cette Âme Infinie, assurant la possibilité infinie et la capacité infinie de tous à devenir grands et bons. Proclamons à chaque âme : uttishthat jâgrat prâpya varân nibodhata — Levez-vous, éveillez-vous, et ne vous arrêtez pas avant d'avoir atteint le but. Levez-vous, éveillez-vous ! Éveillez-vous de cette hypnose de la faiblesse. Nul n'est vraiment faible ; l'âme est infinie, omnipotente et omnisciente. Debout, affirmez-vous, proclamez le Dieu qui est en vous, ne Le niez pas ! Trop d'inactivité, trop de faiblesse, trop d'hypnose a pesé et pèse sur notre race. Ô vous, Hindous modernes, dés-hypnotisez-vous. La voie pour le faire se trouve dans vos propres livres sacrés. Enseignez-vous à vous-mêmes, enseignez à chacun sa vraie nature, appelez l'âme endormie et voyez comment elle s'éveille. Le pouvoir viendra, la gloire viendra, la bonté viendra, la pureté viendra, et tout ce qui est excellent viendra quand cette âme endormie sera éveillée à une activité consciente d'elle-même. Oui, s'il y a quelque chose dans la Gîtâ que j'aime, ce sont ces deux versets, qui ressortent avec force comme la quintessence même, l'essence même de l'enseignement de Krishna : « Celui qui voit le Seigneur Suprême demeurant également en tous les êtres, l'Impérissable dans les choses qui périssent, celui-là voit véritablement. Car voyant le Seigneur comme le même, partout présent, il ne détruit pas le Soi par le soi, et ainsi il atteint le but suprême. »
Il y a donc une grande ouverture pour le Vedânta afin d'accomplir une œuvre bienfaisante ici comme ailleurs. Cette merveilleuse idée de l'identité et de l'omniprésence de l'Âme Suprême doit être prêchée pour l'amélioration et l'élévation de la race humaine ici comme ailleurs. Partout où il y a le mal et partout où il y a l'ignorance et le manque de connaissance, j'ai découvert par expérience que tout mal vient, comme le disent nos Écritures, en s'appuyant sur les différences, et que tout bien vient de la foi dans l'égalité, dans l'identité et l'unité fondamentales des choses. C'est là le grand idéal védântique. Avoir l'idéal est une chose, et l'appliquer pratiquement aux détails de la vie quotidienne en est une tout autre. Il est très bien de montrer un idéal, mais où est le moyen pratique de l'atteindre ?
Ici survient naturellement la question difficile et épineuse de la caste et de la réforme sociale, qui a été au premier plan pendant des siècles dans les esprits de nos gens. Je dois vous dire franchement que je ne suis ni un briseur de castes ni un simple réformateur social. Je n'ai rien à voir directement avec vos castes ou avec votre réforme sociale. Vivez dans la caste que vous voulez, mais ce n'est pas une raison pour que vous détestiez un autre homme ou une autre caste. C'est l'amour et l'amour seul que je prêche, et je fonde mon enseignement sur la grande vérité védântique de l'identité et de l'omniprésence de l'Âme de l'Univers. Pendant presque les cent dernières années, notre pays a été inondé de réformateurs sociaux et de diverses propositions de réforme sociale. Personnellement, je n'ai rien à reprocher à ces réformateurs. La plupart d'entre eux sont de bonnes gens bien intentionnées, et leurs objectifs aussi sont très louables sur certains points ; mais c'est un fait bien patent que ces cent années de réforme sociale n'ont produit aucun résultat permanent et précieux appréciable dans tout le pays. Des discours de tribune ont été prononcés par milliers, des dénonciations en volumes après volumes ont été lancées sur la tête dévouée de la race hindoue et de sa civilisation, et pourtant aucun bon résultat pratique n'a été atteint ; et quelle en est la raison ? La raison n'est pas difficile à trouver. Elle est dans la dénonciation elle-même. Comme je vous l'ai dit auparavant, en premier lieu, nous devons essayer de conserver notre caractère historiquement acquis en tant que peuple. J'admets que nous avons à prendre beaucoup de choses d'autres nations, que nous avons à apprendre bien des leçons de l'extérieur ; mais j'ai le regret de dire que la plupart de nos mouvements de réforme modernes ont été des imitations irréfléchies des moyens et méthodes de travail occidentaux ; et cela, assurément, ne marchera pas pour l'Inde ; c'est pourquoi tous nos mouvements de réforme récents n'ont donné aucun résultat.
En second lieu, la dénonciation n'est pas du tout la manière de faire le bien. Que notre société ait des maux, même un enfant peut le voir ; et dans quelle société n'y a-t-il pas de maux ? Et permettez-moi de saisir cette occasion, mes compatriotes, de vous dire qu'en comparant les différentes races et nations du monde parmi lesquelles j'ai vécu, je suis arrivé à la conclusion que nos gens sont dans l'ensemble les plus moraux et les plus pieux, et que nos institutions sont, dans leur plan et leur dessein, les mieux faites pour rendre l'humanité heureuse. Je ne veux donc pas de réformation. Mon idéal est la croissance, l'expansion, le développement sur des lignes nationales. Quand je regarde en arrière l'histoire de mon pays, je ne trouve pas dans le monde entier un autre pays qui ait fait autant pour l'amélioration de l'esprit humain. C'est pourquoi je n'ai pas de mots de condamnation pour ma nation. Je leur dis : « Vous avez bien fait ; essayez seulement de faire mieux. » De grandes choses ont été faites dans le passé dans ce pays, et il y a le temps et la place pour de plus grandes choses encore. Je suis sûr que vous savez que nous ne pouvons pas rester immobiles. Si nous restons immobiles, nous mourrons. Nous devons ou avancer ou reculer. Nous devons ou progresser ou dégénérer. Nos ancêtres ont fait de grandes choses dans le passé, mais nous devons croître vers une vie plus pleine et marcher au-delà même de leurs grands accomplissements. Comment pourrions-nous maintenant reculer et nous dégrader nous-mêmes ? Cela ne se peut pas ; cela ne doit pas être ; reculer mènerait au déclin national et à la mort. Par conséquent, allons de l'avant et faisons des choses encore plus grandes ; c'est ce que j'ai à vous dire.
Je ne suis le prédicateur d'aucune réforme sociale momentanée. Je n'essaie pas de remédier aux maux, je vous demande seulement d'aller de l'avant et de compléter la réalisation pratique du plan de progrès humain qui a été tracé dans l'ordre le plus parfait par nos ancêtres. Je vous demande seulement de travailler à réaliser de plus en plus l'idéal védântique de la solidarité de l'homme et de sa nature divine innée. Si j'avais le temps, je vous montrerais volontiers comment tout ce que nous avons à faire maintenant avait été tracé il y a des années par nos anciens législateurs, et comment ils ont réellement anticipé tous les différents changements qui ont eu lieu et doivent encore avoir lieu dans nos institutions nationales. Eux aussi étaient des briseurs de castes, mais ils n'étaient pas comme nos hommes modernes. Ils n'entendaient pas par la rupture des castes que toutes les personnes d'une ville devraient s'asseoir ensemble pour un dîner de bifteck et de champagne, ni que tous les fous et les lunatiques du pays devraient se marier quand, où et avec qui ils voudraient et réduire le pays à un asile de fous, ni ne croyaient que la prospérité d'une nation se mesure au nombre de maris que ses veuves obtiennent. Je n'ai pas encore vu une telle nation prospère.
L'homme idéal de nos ancêtres était le Brâhmane. Dans tous nos livres se détache de manière proéminente cet idéal du Brâhmane. En Europe, il y a Monseigneur le Cardinal, qui lutte ardemment et dépense des milliers de livres pour prouver la noblesse de ses ancêtres, et il ne sera satisfait que lorsqu'il aura fait remonter sa lignée à quelque terrible tyran qui vivait sur une colline et surveillait les gens qui passaient, et chaque fois qu'il en avait l'occasion, se jetait sur eux et les dépouillait. C'était l'occupation de ces ancêtres conférant la noblesse, et Monseigneur le Cardinal n'est pas satisfait tant qu'il ne peut faire remonter sa lignée à l'un d'eux. En Inde, en revanche, les plus grands princes cherchent à faire remonter leur descendance à quelque ancien sage qui s'habillait d'un bout de pagne, vivait dans une forêt, mangeant des racines et étudiant les Vedas. C'est là que le prince indien va chercher sa lignée. Vous êtes de haute caste quand vous pouvez faire remonter votre lignée à un Rishi (un sage voyant), et pas autrement.
Notre idéal de haute naissance est donc différent de celui des autres. Notre idéal est le Brâhmane de culture spirituelle et de renoncement. Par l'idéal brahmanique, qu'entends-je ? J'entends l'idéal de la brahmanité dans lequel le mondain est entièrement absent et la vraie sagesse est abondamment présente. C'est l'idéal de la race hindoue. N'avez-vous pas entendu comment il est déclaré que le Brâhmane n'est pas justiciable de la loi, qu'il n'a pas de loi, qu'il n'est pas gouverné par les rois, et que son corps ne peut être blessé ? C'est parfaitement vrai. Ne le comprenez pas à la lumière que jettent sur ce sujet des imbéciles intéressés et ignorants, mais comprenez-le à la lumière de la vraie et originelle conception védântique. Si le Brâhmane est celui qui a tué tout égoïsme et qui vit et travaille pour acquérir et propager la sagesse et le pouvoir de l'amour — si un pays est entièrement habité par de tels Brâhmanes, par des hommes et des femmes qui sont spirituels, moraux et bons, est-il étrange de penser que ce pays est au-dessus et au-delà de toute loi ? Quelle police, quel militaire sont nécessaires pour les gouverner ? Pourquoi quiconque les gouvernerait-il ? Pourquoi vivraient-ils sous un gouvernement ? Ils sont bons et nobles, et ce sont les hommes de Dieu ; tels sont nos Brâhmanes idéaux, et nous lisons que dans le Satya Yuga (l'âge de vérité) il n'y avait qu'une seule caste, et c'était le Brâhmane. Nous lisons dans le Mahâbhârata que le monde entier était au commencement peuplé de Brâhmanes, et qu'à mesure qu'ils commencèrent à dégénérer, ils se divisèrent en différentes castes, et que lorsque le cycle se retournera, ils retourneront tous à cette origine brahmanique. Ce cycle est en train de tourner maintenant, et j'attire votre attention sur ce fait. Par conséquent, notre solution de la question des castes ne consiste pas à dégrader ceux qui sont déjà élevés, ni à se ruer au travers de la nourriture et de la boisson, ni à sortir de nos propres limites pour avoir plus de jouissance, mais elle vient par chacun de nous, accomplissant les préceptes de notre religion védântique, par notre atteinte de la spiritualité, et par le fait de devenir le Brâhmane idéal. Il y a une loi imposée à chacun de vous dans ce pays par vos ancêtres, que vous soyez Aryens ou non-Aryens, Rishis ou Brâhmanes, ou les parias les plus humbles. Le commandement est le même pour vous tous : vous devez progresser sans vous arrêter, et du plus haut des hommes au plus humble des Parias, chacun dans ce pays doit essayer de devenir le Brâhmane idéal. Cette idée védântique est applicable non seulement ici mais dans le monde entier. Tel est notre idéal de la caste, conçu pour élever toute l'humanité lentement et doucement vers la réalisation de ce grand idéal de l'homme spirituel qui est non-résistant, calme, ferme, dévot, pur et méditatif. Dans cet idéal réside Dieu.
Comment ces choses doivent-elles être réalisées ? Je dois à nouveau attirer votre attention sur le fait que maudire, vilipender et injurier ne produisent et ne peuvent produire rien de bon. On les a essayés pendant des années et des années, et aucun résultat précieux n'a été obtenu. De bons résultats ne peuvent être produits que par l'amour, par la sympathie. C'est un vaste sujet, et il faudrait plusieurs conférences pour élucider tous les plans que j'ai en vue, et toutes les idées qui, à ce propos, me viennent à l'esprit jour après jour. Je dois donc conclure, en vous rappelant seulement ce fait que ce vaisseau de notre nation, ô Hindous, a navigué utilement ici pendant des âges. Aujourd'hui, peut-être, il a une voie d'eau ; aujourd'hui, peut-être, il est un peu usé. Et si tel est le cas, il vous incombe, à vous et à moi, de faire de notre mieux pour colmater la fuite et les trous. Faisons connaître à nos compatriotes le danger, éveillons-les et qu'ils nous aident. Je crierai du haut de ma voix d'un bout à l'autre de ce pays, pour éveiller le peuple à la situation et à son devoir. Supposons qu'ils ne m'entendent pas, je n'aurai pourtant pas un seul mot d'injure pour eux, pas un seul mot de malédiction. Grande a été l'œuvre de notre nation dans le passé ; et si nous ne pouvons pas faire de plus grandes choses dans l'avenir, ayons au moins cette consolation que nous pouvons sombrer et mourir ensemble en paix. Soyez patriotes, aimez la race qui a fait de si grandes choses pour nous dans le passé. Oui, plus je compare mes notes, plus je vous aime, mes chers compatriotes ; vous êtes bons, purs et doux. Vous avez toujours été tyrannisés, et telle est l'ironie de ce monde matériel de Mâyâ (l'illusion cosmique). Peu importe ; l'Esprit triomphera à la longue. En attendant, travaillons et ne maltraitons pas notre pays, ne maudissons pas et n'injurions pas les institutions battues par les tempêtes et usées par le labeur de notre mère patrie trois fois sainte. N'ayez pas un mot de condamnation, même pour la plus superstitieuse et la plus irrationnelle de ses institutions, car elles aussi ont dû servir à quelque bien dans le passé. Souvenez-vous toujours qu'il n'y a pas dans le monde un autre pays dont les institutions soient réellement meilleures dans leurs buts et leurs objectifs que les institutions de cette terre. J'ai vu des castes dans presque tous les pays du monde, mais nulle part leur plan et leur dessein ne sont aussi glorieux qu'ici. Si la caste est ainsi inévitable, je préférerais avoir une caste de pureté, de culture et d'abnégation, plutôt qu'une caste du dollar. Par conséquent, ne prononcez aucun mot de condamnation. Fermez vos lèvres et ouvrez vos cœurs. Œuvrez au salut de cette terre et du monde entier, chacun de vous pensant que le fardeau tout entier est sur ses épaules. Portez la lumière et la vie du Vedânta à chaque porte, et éveillez la divinité qui est cachée dans chaque âme. Alors, quelle que soit la mesure de votre succès, vous aurez cette satisfaction d'avoir vécu, travaillé et être mort pour une grande cause. Dans le succès de cette cause, quel qu'en soit le moyen, est centré le salut de l'humanité ici-bas et dans l'au-delà.
English
THE MISSION OF THE VEDANTA
On the occasion of his visit to Kumbakonam, the Swamiji was presented with the following address by the local Hindu community:
Revered Swamin ,
On behalf of the Hindu inhabitants of this ancient and religiously important town of Kumbakonam, we request permission to offer you a most hearty welcome on your return from the Western World to our own holy land of great temples and famous saints and sages. We are highly thankful to God for the remarkable success of your religious mission in America and in Europe, and for His having enabled you to impress upon the choicest representatives of the world's great religions assembled at Chicago that both the Hindu philosophy and religion are so broad and so rationally catholic as to have in them the power to exalt and to harmonise all ideas of God and of human spirituality.
The conviction that the cause of Truth is always safe in the hands of Him who is the life and soul of the universe has been for thousands of years part of our living faith; and if today we rejoice at the results of your holy work in Christian lands, it is because the eyes of men in and outside of India are thereby being opened to the inestimable value of the spiritual heritage of the preeminently religious Hindu nation. The success of your work has naturally added great lustre to the already renowned name of your great Guru; it has also raised us in the estimation of the civilised world; more than all, it has made us feel that we too, as a people, have reason to be proud of the achievements of our past, and that the absence of telling aggressiveness in our civilisation is in no way a sign of its exhausted or decaying condition. With clear-sighted, devoted, and altogether unselfish workers like you in our midst, the future of the Hindu nation cannot but be bright and hopeful. May the God of the universe who is also the great God of all nations bestow on you health and long life, and make you increasingly strong and wise in the discharge of your high and noble function as a worthy teacher of Hindu religion and philosophy.
A second address was also presented by the Hindu students of the town.
The Swami then delivered the following address on the Mission of the Vedanta:
A very small amount of religious work performed brings a large amount of result. If this statement of the Gita wanted an illustration, I am finding every day the truth of that great saying in my humble life. My work has been very insignificant indeed, but the kindness and the cordiality of welcome that have met me at every step of my journey from Colombo to this city are simply beyond all expectation. Yet, at the same time, it is worthy of our traditions as Hindus, it is worthy of our race; for here we are, the Hindu race, whose vitality, whose life-principle, whose very soul, as it were, is in religion. I have seen a little of the world, travelling among the races of the East and the West; and everywhere I find among nations one great ideal which forms the backbone, so to speak, of that race. With some it is politics, with others it is social culture; others again may have intellectual culture and so on for their national background. But this, our motherland, has religion and religion alone for its basis, for its backbone, for the bed-rock upon which the whole building of its life has been based. Some of you may remember that in my reply to the kind address which the people of Madras sent over to me in America, I pointed out the fact that a peasant in India has, in many respects, a better religious education than many a gentleman in the West, and today, beyond all doubt, I myself am verifying my own words. There was a time when I did feel rather discontented at the want of information among the masses of India and the lack of thirst among them for information, but now I understand it. Where their interest lies, there they are more eager for information than the masses of any other race that I have seen or have travelled among. Ask our peasants about the momentous political changes in Europe, the upheavals that are going on in European society — they do not know anything of them, nor do they care to know; but the peasants, even in Ceylon, detached from India in many ways, cut off from a living interest in India — I found the very peasants working in the fields there were already acquainted with the fact that there had been a Parliament of Religions in America, that an Indian Sannyasin had gone over there, and that he had had some success.
Where, therefore, their interest is, there they are as eager for information as any other race; and religion is the one and sole interest of the people of India. I am not just now discussing whether it is good to have the vitality of the race in religious ideals or in political ideals, but so far it is clear to us that, for good or for evil, our vitality is concentrated in our religion. You cannot change it. You cannot destroy it and put in its place another. You cannot transplant a large growing tree from one soil to another and make it immediately take root there. For good or for evil, the religious ideal has been flowing into India for thousands of years; for good or for evil, the Indian atmosphere has been filled with ideals of religion for shining scores of centuries; for good or for evil, we have been born and brought up in the very midst of these ideas of religion, till it has entered into our very blood and tingled with every drop in our veins, and has become one with our constitution, become the very vitality of our lives. Can you give such religion up without the rousing of the same energy in reaction, without filling the channel which that mighty river has cut out for itself in the course of thousands of years? Do you want that the Gangâ should go back to its icy bed and begin a new course? Even if that were possible, it would be impossible for this country to give up her characteristic course of religious life and take up for herself a new career of politics or something else. You can work only under the law of least resistance, and this religious line is the line of least resistance in India. This is the line of life, this is the line of growth, and this is the line of well-being in India — to follow the track of religion.
Ay, in other countries religion is only one of the many necessities in life. To use a common illustration which I am in the habit of using, my lady has many things in her parlour, and it is the fashion nowadays to have a Japanese vase, and she must procure it; it does not look well to be without it. So my lady, or my gentleman, has many other occupations in life, and also a little bit of religion must come in to complete it. Consequently he or she has a little religion. Politics, social improvement, in one word, this world, is the goal of mankind in the West, and God and religion come in quietly as helpers to attain that goal. Their God is, so to speak, the Being who helps to cleanse and to furnish this world for them; that is apparently all the value of God for them. Do you not know how for the last hundred or two hundred years you have been hearing again and again out of the lips of men who ought to have known better, from the mouths of those who pretend at least to know better, that all the arguments they produce against the Indian religion is this — that our religion does not conduce to well-being in this world, that it does not bring gold to us, that it does not make us robbers of nations, that it does not make the strong stand upon the bodies of the weak and feed themselves with the life-blood of the weak. Certainly our religion does not do that. It cannot send cohorts, under whose feet the earth trembles, for the purpose of destruction and pillage and the ruination of races. Therefore they say — what is there in this religion? It does not bring any grist to the grinding mill, any strength to the muscles; what is there in such a religion?
They little dream that that is the very argument with which we prove out religion, because it does not make for this world. Ours is the only true religion because, according to it, this little sense-world of three days' duration is not to be made the end and aim of all, is not to be our great goal. This little earthly horizon of a few feet is not that which bounds the view of our religion. Ours is away beyond, and still beyond; beyond the senses, beyond space, and beyond time, away, away beyond, till nothing of this world is left and the universe itself becomes like a drop in the transcendent ocean of the glory of the soul. Ours is the true religion because it teaches that God alone is true, that this world is false and fleeting, that all your gold is but as dust, that all your power is finite, and that life itself is oftentimes an evil; therefore it is, that ours is the true religion. Ours is the true religion because, above all, it teaches renunciation and stands up with the wisdom of ages to tell and to declare to the nations who are mere children of yesterday in comparison with us Hindus — who own the hoary antiquity of the wisdom, discovered by our ancestors here in India — to tell them in plain words: "Children, you are slaves of the senses; there is only finiteness in the senses, there is only ruination in the senses; the three short days of luxury here bring only ruin at last. Give it all up, renounce the love of the senses and of the world; that is the way of religion." Through renunciation is the way to the goal and not through enjoyment. Therefore ours is the only true religion.
Ay, it is a curious fact that while nations after nations have come upon the stage of the world, played their parts vigorously for a few moments, and died almost without leaving a mark or a ripple on the ocean of time, here we are living, as it were, an eternal life. They talk a great deal of the new theories about the survival of the fittest, and they think that it is the strength of the muscles which is the fittest to survive. If that were true, any one of the aggressively known old world nations would have lived in glory today, and we, the weak Hindus, who never conquered even one other race or nation, ought to have died out; yet we live here three hundred million strong! (A young English lady once told me: What have the Hindus done? They never even conquered a single race!) And it is not at all true that all its energies are spent, that atrophy has overtaken its body: that is not true. There is vitality enough, and it comes out in torrents and deluges the world when the time is ripe and requires it.
We have, as it were, thrown a challenge to the whole world from the most ancient times. In the West, they are trying to solve the problem how much a man can possess, and we are trying here to solve the problem on how little a man can live. This struggle and this difference will still go on for some centuries. But if history has any truth in it and if prognostications ever prove true, it must be that those who train themselves to live on the least and control themselves well will in the end gain the battle, and that those who run after enjoyment and luxury, however vigorous they may seem for the moment, will have to die and become annihilated. There are times in the history of a man's life, nay, in the history of the lives of nations, when a sort of world-weariness becomes painfully predominant. It seems that such a tide of world-weariness has come upon the Western world. There, too, they have their thinkers, great men; and they are already finding out that this race after gold and power is all vanity of vanities; many, nay, most of the cultured men and women there, are already weary of this competition, this struggle, this brutality of their commercial civilisation, and they are looking forward towards something better. There is a class which still clings on to political and social changes as the only panacea for the evils in Europe, but among the great thinkers there, other ideals are growing. They have found out that no amount of political or social manipulation of human conditions can cure the evils of life. It is a change of the soul itself for the better that alone will cure the evils of life. No amount of force, or government, or legislative cruelty will change the conditions of a race, but it is spiritual culture and ethical culture alone that can change wrong racial tendencies for the better. Thus these races of the West are eager for some new thought, for some new philosophy; the religion they have had, Christianity, although good and glorious in many respects, has been imperfectly understood, and is, as understood hitherto, found to be insufficient. The thoughtful men of the West find in our ancient philosophy, especially in the Vedanta, the new impulse of thought they are seeking, the very spiritual food and drink for which they are hungering and thirsting. And it is no wonder that this is so.
I have become used to hear all sorts of wonderful claims put forward in favour of every religion under the sun. You have also heard, quite within recent times, the claims put forward by Dr. Barrows, a great friend of mine, that Christianity is the only universal religion. Let me consider this question awhile and lay before you my reasons why I think that it is Vedanta, and Vedanta alone that can become the universal religion of man, and that no other is fitted for the role. Excepting our own almost all the other great religions in the world are inevitably connected with the life or lives of one or more of their founders. All their theories, their teachings, their doctrines, and their ethics are built round the life of a personal founder, from whom they get their sanction, their authority, and their power; and strangely enough, upon the historicity of the founder's life is built, as it were, all the fabric of such religions. If there is one blow dealt to the historicity of that life, as has been the case in modern times with the lives of almost all the so-called founders of religion — we know that half of the details of such lives is not now seriously believed in, and that the other half is seriously doubted — if this becomes the case, if that rock of historicity, as they pretend to call it, is shaken and shattered, the whole building tumbles down, broken absolutely, never to regain its lost status.
Every one of the great religions in the world excepting our own, is built upon such historical characters; but ours rests upon principles. There is no man or woman who can claim to have created the Vedas. They are the embodiment of eternal principles; sages discovered them; and now and then the names of these sages are mentioned — just their names; we do not even know who or what they were. In many cases we do not know who their fathers were, and almost in every case we do not know when and where they were born. But what cared they, these sages, for their names? They were the preachers of principles, and they themselves, so far as they went, tried to become illustrations of the principles they preached. At the same time, just as our God is an Impersonal and yet a Personal God, so is our religion a most intensely impersonal one — a religion based upon principles — and yet with an infinite scope for the play of persons; for what religion gives you more Incarnations, more prophets and seers, and still waits for infinitely more? The Bhâgavata says that Incarnations are infinite, leaving ample scope for as many as you like to come. Therefore if any one or more of these persons in India's religious history, any one or more of these Incarnations, and any one or more of our prophets proved not to have been historical, it does not injure our religion at all; even then it remains firm as ever, because it is based upon principles, and not upon persons. It is in vain we try to gather all the peoples of the world around a single personality. It is difficult to make them gather together even round eternal and universal principles. If it ever becomes possible to bring the largest portion of humanity to one way of thinking in regard to religion, mark you, it must be always through principles and not through persons. Yet as I have said, our religion has ample scope for the authority and influence of persons. There is that most wonderful theory of Ishta which gives you the fullest and the freest choice possible among these great religious personalities. You may take up any one of the prophets or teachers as your guide and the object of your special adoration; you are even allowed to think that he whom you have chosen is the greatest of the prophets, greatest of all the Avatâras; there is no harm in that, but you must keep to a firm background of eternally true principles. The strange fact here is that the power of our Incarnations has been holding good with us only so far as they are illustrations of the principles in the Vedas. The glory of Shri Krishna is that he has been the best preacher of our eternal religion of principles and the best commentator on the Vedanta that ever lived in India.
The second claim of the Vedanta upon the attention of the world is that, of all the scriptures in the world, it is the one scripture the teaching of which is in entire harmony with the results that have been attained by the modern scientific investigations of external nature. Two minds in the dim past of history, cognate to each other in form and kinship and sympathy, started, being placed in different routes. The one was the ancient Hindu mind, and the other the ancient Greek mind. The former started by analysing the internal world. The latter started in search of that goal beyond by analysing the external world. And even through the various vicissitudes of their history, it is easy to make out these two vibrations of thought as tending to produce similar echoes of the goal beyond. It seems clear that the conclusions of modern materialistic science can be acceptable, harmoniously with their religion, only to the Vedantins or Hindus as they are called. It seems clear that modern materialism can hold its own and at the same time approach spirituality by taking up the conclusions of the Vedanta. It seems to us, and to all who care to know, that the conclusions of modern science are the very conclusions the Vedanta reached ages ago; only, in modern science they are written in the language of matter. This then is another claim of the Vedanta upon modern Western minds, its rationality, the wonderful rationalism of the Vedanta. I have myself been told by some of the best Western scientific minds of the day, how wonderfully rational the conclusions of the Vedanta are. I know one of them personally who scarcely has time to eat his meal or go out of his laboratory, but who yet would stand by the hour to attend my lectures on the Vedanta; for, as he expresses it, they are so scientific, they so exactly harmonise with the aspirations of the age and with the conclusions to which modern science is coming at the present time.
Two such scientific conclusions drawn from comparative religion, I would specially like to draw your attention to: the one bears upon the idea of the universality of religions, and the other on the idea of the oneness of things. We observe in the histories of Babylon and among the Jews an interesting religious phenomenon happening. We find that each of these Babylonian and Jewish peoples was divided into so many tribes, each tribe having a god of its own, and that these little tribal gods had often a generic name. The gods among the Babylonians were all called Baals, and among them Baal Merodach was the chief. In course of time one of these many tribes would conquer and assimilate the other racially allied tribes, and the natural result would be that the god of the conquering tribe would be placed at the head of all the gods of the other tribes. Thus the so-called boasted monotheism of the Semites was created. Among the Jews the gods went by the name of Molochs. Of these there was one Moloch who belonged to the tribe called Israel, and he was called the Moloch-Yahveh or Moloch-Yava. In time, this tribe of Israel slowly conquered some of the other tribes of the same race, destroyed their Molochs, and declared its own Moloch to be the Supreme Moloch of all the Molochs. And I am sure, most of you know the amount of bloodshed, of tyranny, and of brutal savagery that this religious conquest entailed. Later on, the Babylonians tried to destroy this supremacy of Moloch-Yahveh, but could not succeed in doing so.
It seems to me, that such an attempt at tribal self-assertion in religious matters might have taken place on the frontiers and India also. Here, too, all the various tribes of the Aryans might have come into conflict with one another for declaring the supremacy of their several tribal gods; but India's history was to be otherwise, was to be different from that of the Jews. India alone was to be, of all lands, the land of toleration and of spirituality; and therefore the fight between tribes and their gods did not long take place here. For one of the greatest sages that was ever born found out here in India even at that distant time, which history cannot reach, and into whose gloom even tradition itself dares not peep — in that distant time the sage arose and declared, एकं सद् विप्रा बहुधा वदन्ति — "He who exists is one; the sages call Him variously." This is one of the most memorable sentences that was ever uttered, one of the grandest truths that was ever discovered. And for us Hindus this truth has been the very backbone of our national existence. For throughout the vistas of the centuries of our national life, this one idea — एकं सद् विप्रा बहुधा वदन्ति — comes down, gaining in volume and in fullness till it has permeated the whole of our national existence, till it has mingled in our blood, and has become one with us. We live that grand truth in every vein, and our country has become the glorious land of religious toleration. It is here and here alone that they build temples and churches for the religions which have come with the object of condemning our own religion. This is one very great principle that the world is waiting to learn from us. Ay, you little know how much of intolerance is yet abroad. It struck me more than once that I should have to leave my bones on foreign shores owing to the prevalence of religious intolerance. Killing a man is nothing for religion's sake; tomorrow they may do it in the very heart of the boasted civilisation of the West, if today they are not really doing so. Outcasting in its most horrible forms would often come down upon the head of a man in the West if he dared to say a word against his country's accepted religion. They talk glibly and smoothly here in criticism of our caste laws. If you go, to the West and live there as I have done, you will know that even some of the biggest professors you hear of are arrant cowards and dare not say, for fear of public opinion, a hundredth part of what they hold to be really true in religious matter.
Therefore the world is waiting for this grand idea of universal toleration. It will be a great acquisition to civilisation. Nay, no civilisation can long exist unless this idea enters into it. No civilisation can grow unless fanatics, bloodshed, and brutality stop. No civilisation can begin to lift up its head until we look charitably upon one another; and the first step towards that much-needed charity is to look charitably and kindly upon the religious convictions of others. Nay more, to understand that not only should we be charitable, but positively helpful to each other, however different our religious ideas and convictions may be. And that is exactly what we do in India as I have just related to you. It is here in India that Hindus have built and are still building churches for Christians and mosques for Mohammedans. That is the thing to do. In spite of their hatred, in spite of their brutality, in spite of their cruelly, in spite of their tyranny, and in spite of the vile language they are given to uttering, we will and must go on building churches for the Christians and mosques for the Mohammedans until we conquer through love, until we have demonstrated to the world that love alone is the fittest thing to survive and not hatred, that it is gentleness that has the strength to live on and to fructify, and not mere brutality and physical force.
The other great idea that the world wants from us today, the thinking part of Europe, nay, the whole world — more, perhaps, the lower classes than the higher, more the masses than the cultured, more the ignorant than the educated, more the weak than the strong — is that eternal grand idea of the spiritual oneness of the whole universe. I need not tell you today, men from Madras University, how the modern researches of the West have demonstrated through physical means the oneness and the solidarity of the whole universe; how, physically speaking, you and I, the sun, moon, and stars are but little waves or waveless in the midst of an infinite ocean of matter; how Indian psychology demonstrated ages ago that, similarly, both body and mind are but mere names or little waveless in the ocean of matter, the Samashti; and how, going one step further, it is also shown in the Vedanta that behind that idea of the unity of the whole show, the real Soul is one. There is but one Soul throughout the universe, all is but One Existence This great idea of the real and basic solidarity of the whole universe has frightened many, even in this country. It even now finds sometimes more opponents than adherents. I tell you, nevertheless, that it is the one great life-giving idea which the world wants from us today, and which the mute masses of India want for their uplifting, for none can regenerate this land of ours without the practical application and effective operation of this ideal of the oneness of things.
The rational West is earnestly bent upon seeking out the rationality, the raison d' être of all its philosophy and its ethics; and you all know well that ethics cannot be derived from the mere sanction of any personage, however great and divine he may have been. Such an explanation of the authority of ethics appeals no more to the highest of the world's thinkers; they want something more than human sanction for ethical and moral codes to be binding, they want some eternal principle of truth as the sanction of ethics. And where is that eternal sanction to be found except in the only Infinite Reality that exists in you and in me and in all, in the Self, in the Soul? The infinite oneness of the Soul is the eternal sanction of all morality, that you and I are not only brothers — every literature voicing man's struggle towards freedom has preached that for you — but that you and I are really one. This is the dictate of Indian philosophy. This oneness is the rationale of all ethics and all spirituality. Europe wants it today just as much as our downtrodden masses do, and this great principle is even now unconsciously forming the basis of all the latest political and social aspirations that are coming up in England, in Germany, in France, and in America. And mark it, my friends, that in and through all the literature voicing man's struggle towards freedom, towards universal freedom, again and again you find the Indian Vedantic ideals coming out prominently. In some cases the writers do not know the source of their inspiration, in some cases they try to appear very original, and a few there are, bold and grateful enough to mention the source and acknowledge their indebtedness to it.
When I was in America, I heard once the complaint made that I was preaching too much of Advaita, and too little of dualism. Ay, I know what grandeur, what oceans of love, what infinite, ecstatic blessings and joy there are in the dualistic love-theories of worship and religion. I know it all. But this is not the time with us to weep even in joy; we have had weeping enough; no more is this the time for us to become soft. This softness has been with us till we have become like masses of cotton and are dead. What our country now wants are muscles of iron and nerves of steel, gigantic wills which nothing can resist, which can penetrate into the mysteries and the secrets of the universe, and will accomplish their purpose in any fashion even if it meant going down to the bottom of the ocean and meeting death face to face. That is what we want, and that can only be created, established, and strengthened by understanding and realising the ideal of the Advaita, that ideal of the oneness of all. Faith, faith, faith in ourselves, faith, faith in God — this is the secret of greatness. If you have faith in all the three hundred and thirty millions of your mythological gods, and in all the gods which foreigners have now and again introduced into your midst, and still have no faith in yourselves, there is no salvation for you. Have faith in yourselves, and stand up on that faith and be strong; that is what we need. Why is it that we three hundred and thirty millions of people have been ruled for the last one thousand years by any and every handful of foreigners who chose to walk over our prostrate bodies? Because they had faith in themselves and we had not. What did I learn in the West, and what did I see behind those frothy sayings of the Christian sects repeating that man was a fallen and hopelessly fallen sinner? There I saw that inside the national hearts of both Europe and America reside the tremendous power of the men's faith in themselves. An English boy will tell you, "I am an Englishman, and I can do anything." The American boy will tell you the same thing, and so will any European boy. Can our boys say the same thing here? No, nor even the boy's fathers. We have lost faith in ourselves. Therefore to preach the Advaita aspect of the Vedanta is necessary to rouse up the hearts of men, to show them the glory of their souls. It is, therefore, that I preach this Advaita; and I do so not as a sectarian, but upon universal and widely acceptable grounds.
It is easy to find out the way of reconciliation that will not hurt the dualist or the qualified monist. There is not one system in India which does not hold the doctrine that God is within, that Divinity resides within all things. Every one of our Vedantic systems admits that all purity and perfection and strength are in the soul already. According to some, this perfection sometimes becomes, as it were, contracted, and at other times it becomes expanded again. Yet it is there. According to the Advaita, it neither contracts nor expands, but becomes hidden and uncovered now and again. Pretty much the same thing in effect. The one may be a more logical statement than the other, but as to the result, the practical conclusions, both are about the same; and this is the one central idea which the world stands in need of, and nowhere is the want more felt than in this, our own motherland.
Ay, my friends, I must tell you a few harsh truths. I read in the newspaper how, when one of our fellows is murdered or ill-treated by an Englishman, howls go up all over the country; I read and I weep, and the next moment comes to my mind the question: Who is responsible for it all? As a Vedantist I cannot but put that question to myself. The Hindu is a man of introspection; he wants to see things in and through himself, through the subjective vision. I, therefore, ask myself: Who is responsible? And the answer comes every time: Not the English; no, they are not responsible; it is we who are responsible for all our misery and all our degradation, and we alone are responsible. Our aristocratic ancestors went on treading the common masses of our country underfoot, till they became helpless, till under this torment the poor, poor people nearly forgot that they were human beings. They have been compelled to be merely hewers of wood and drawers of water for centuries, so much so, that they are made to believe that they are born as slaves, born as hewers of wood and drawers of water. With all our boasted education of modern times, if anybody says a kind word for them, I often find our men shrink at once from the duty of lifting them up, these poor downtrodden people. Not only so, but I also find that all sorts of most demoniacal and brutal arguments, culled from the crude ideas of hereditary transmission and other such gibberish from the Western world, are brought forward in order to brutalise and tyrannise over the poor all the more. At the Parliament of Religions in America, there came among others a young man, a born Negro, a real African Negro, and he made a beautiful speech. I became interested in the young man and now and then talked to him, but could learn nothing about him. But one day in England, I met some Americans; and this is what they told me. This boy was the son of a Negro chief who lived in the heart of Africa, and that one day another chief became angry with the father of this boy and murdered him and murdered the mother also, and they were cooked and eaten; he ordered the child to be killed also and cooked and eaten; but the boy fled, and after passing through great hardships and having travelled a distance of several hundreds of miles, he reached the seashore, and there he was taken into an American vessel and brought over to America. And this boy made that speech! After that, what was I to think of your doctrine of heredity!
Ay, Brâhmins, if the Brahmin has more aptitude for learning on the ground of heredity than the Pariah, spend no more money on the Brahmin's education, but spend all on the Pariah. Give to the weak, for there all the gift is needed. If the Brahmin is born clever, he can educate himself without help. If the others are not born clever, let them have all the teaching and the teachers they want. This is justice and reason as I understand it. Our poor people, these downtrodden masses of India, therefore, require to hear and to know what they really are. Ay, let every man and woman and child, without respect of caste or birth, weakness or strength, hear and learn that behind the strong and the weak, behind the high and the low, behind every one, there is that Infinite Soul, assuring the infinite possibility and the infinite capacity of all to become great and good. Let us proclaim to every soul:उत्तिष्ठत जाग्रत प्राप्य वरान्निबोधत — Arise, awake, and stop not till the goal is reached. Arise, awake! Awake from this hypnotism of weakness. None is really weak; the soul is infinite, omnipotent, and omniscient. Stand up, assert yourself, proclaim the God within you, do not deny Him! Too much of inactivity, too much of weakness, too much of hypnotism has been and is upon our race. O ye modern Hindus, de-hypnotise yourselves. The way to do that is found in your own sacred books. Teach yourselves, teach every one his real nature, call upon the sleeping soul and see how it awakes. Power will come, glory will come, goodness will come, purity will come, and everything that is excellent will come when this sleeping soul is roused to self-conscious activity. Ay, if there is anything in the Gita that I like, it is these two verses, coming out strong as the very gist, the very essence, of Krishna's teaching — "He who sees the Supreme Lord dwelling alike in all beings, the Imperishable in things that perish, he sees indeed. For seeing the Lord as the same, everywhere present, he does not destroy the Self by the Self, and thus he goes to the highest goal."
Thus there is a great opening for the Vedanta to do beneficent work both here and elsewhere. This wonderful idea of the sameness and omnipresence of the Supreme Soul has to be preached for the amelioration and elevation of the human race here as elsewhere. Wherever there is evil and wherever there is ignorance and want of knowledge, I have found out by experience that all evil comes, as our scriptures say, relying upon differences, and that all good comes from faith in equality, in the underlying sameness and oneness of things. This is the great Vedantic ideal. To have the ideal is one thing, and to apply it practically to the details of daily life is quite another thing. It is very good to point out an ideal, but where is the practical way to reach it?
Here naturally comes the difficult and the vexed question of caste and of social reformation, which has been uppermost for centuries in the minds of our people. I must frankly tell you that I am neither a caste-breaker nor a mere social reformer. I have nothing to do directly with your castes or with your social reformation. Live in any caste you like, but that is no reason why you should hate another man or another caste. It is love and love alone that I preach, and I base my teaching on the great Vedantic truth of the sameness and omnipresence of the Soul of the Universe. For nearly the past one hundred years, our country has been flooded with social reformers and various social reform proposals. Personally, I have no fault to find with these reformers. Most of them are good, well-meaning men, and their aims too are very laudable on certain points; but it is quite a patent fact that this one hundred years of social reform has produced no permanent and valuable result appreciable throughout the country. Platform speeches have been made by the thousand, denunciations in volumes after volumes have been hurled upon the devoted head of the Hindu race and its civilisation, and yet no good practical result has been achieved; and where is the reason for that? The reason is not hard to find. It is in the denunciation itself. As I told you before, in the first place, we must try to keep our historically acquired character as a people. I grant that we have to take a great many things from other nations, that we have to learn many lessons from outside; but I am sorry to say that most of our modern reform movements have been inconsiderate imitations of Western means and methods of work; and that surely will not do for India; therefore, it is that all our recent reform movements have had no result.
In the second place, denunciation is not at all the way to do good. That there are evils in our society even a child can see; and in what society are there no evils? And let me take this opportunity, my countrymen, of telling you that in comparing the different races and nations of the world I have been among, I have come to the conclusion that our people are on the whole the most moral and the most godly, and our institutions are, in their plan and purpose, best suited to make mankind happy. I do not, therefore, want any reformation. My ideal is growth, expansion, development on national lines. As I look back upon the history of my country, I do not find in the whole world another country which has done quite so much for the improvement of the human mind. Therefore I have no words of condemnation for my nation. I tell them, "You have done well; only try to do better." Great things have been done in the past in this land, and there is both time and room for greater things to be done yet. I am sure you know that we cannot stand still. If we stand still, we die. We have either to go forward or to go backward. We have either to progress or to degenerate. Our ancestors did great things in the past, but we have to grow into a fuller life and march beyond even their great achievements. How can we now go back and degenerate ourselves? That cannot be; that must not be; going back will lead to national decay and death. Therefore let us go forward and do yet greater things; that is what I have to tell you.
I am no preacher of any momentary social reform. I am not trying to remedy evils, I only ask you to go forward and to complete the practical realisation of the scheme of human progress that has been laid out in the most perfect order by our ancestors. I only ask you to work to realise more and more the Vedantic ideal of the solidarity of man and his inborn divine nature. Had I the time, I would gladly show you how everything we have now to do was laid out years ago by our ancient law-givers, and how they actually anticipated all the different changes that have taken place and are still to take place in our national institutions. They also were breakers of caste, but they were not like our modern men. They did not mean by the breaking of caste that all the people in a city should sit down together to a dinner of beef-steak and champagne, nor that all fools and lunatics in the country should marry when, where, and whom they chose and reduce the country to a lunatic asylum, nor did they believe that the prosperity of a nation is to be gauged by the number of husbands its widows get. I have yet to see such a prosperous nation.
The ideal man of our ancestors was the Brahmin. In all our books stands out prominently this ideal of the Brahmin. In Europe there is my Lord the Cardinal, who is struggling hard and spending thousands of pounds to prove the nobility of his ancestors, and he will not be satisfied until he has traced his ancestry to some dreadful tyrant who lived on a hill and watched the people passing by, and whenever he had the opportunity, sprang out on them and robbed them. That was the business of these nobility-bestowing ancestors, and my Lord Cardinal is not satisfied until he can trace his ancestry to one of these. In India, on the other hand, the greatest princes seek to trace their descent to some ancient sage who dressed in a bit of loin cloth, lived in a forest, eating roots and studying the Vedas. It is there that the Indian prince goes to trace his ancestry. You are of the high caste when you can trace your ancestry to a Rishi, and not otherwise.
Our ideal of high birth, therefore, is different from, that of others. Our ideal is the Brahmin of spiritual culture and renunciation. By the Brahmin ideal what do I mean? I mean the ideal Brahmin-ness in which worldliness is altogether absent and true wisdom is abundantly present. That is the ideal of the Hindu race. Have you not heard how it is declared that he, the Brahmin, is not amenable to law, that he has no law, that he is not governed by kings, and that his body cannot be hurt? That is perfectly true. Do not understand it in the light thrown upon it by interested and ignorant fools, but understand it in the light of the true and original Vedantic conception. If the Brahmin is he who has killed all selfishness and who lives and works to acquire and propagate wisdom and the power of love — if a country is altogether inhabited by such Brahmins, by men and women who are spiritual and moral and good, is it strange to think of that country as being above and beyond all law? What police, what military are necessary to govern them? Why should any one govern them at all? Why should they live under a government? They are good and noble, and they are the men of God; these are our ideal Brahmins, and we read that in the Satya Yuga there was only one caste, and that was the Brahmin. We read in the Mahâbhârata that the whole world was in the beginning peopled with Brahmins, and that as they began to degenerate, they became divided into different castes, and that when the cycle turns round, they will all go back to that Brahminical origin. This cycle is turning round now, and I draw your attention to this fact. Therefore our solution of the caste question is not degrading those who are already high up, is not running amuck through food and drink, is not jumping out of our own limits in order to have more enjoyment, but it comes by every one of us, fulfilling the dictates of our Vedantic religion, by our attaining spirituality, and by our becoming the ideal Brahmin. There is a law laid on each one of you in this land by your ancestors, whether you are Aryans or non-Aryans, Rishis or Brahmins, or the very lowest outcasts. The command is the same to you all, that you must make progress without stopping, and that from the highest man to the lowest Pariah, every one in this country has to try and become the ideal Brahmin. This Vedantic idea is applicable not only here but over the whole world. Such is our ideal of caste as meant for raising all humanity slowly and gently towards the realisation of that great ideal of the spiritual man who is non-resisting, calm, steady, worshipful, pure, and meditative. In that ideal there is God.
How are these things to be brought about? I must again draw your attention to the fact that cursing and vilifying and abusing do not and cannot produce anything good. They have been tried for years and years, and no valuable result has been obtained. Good results can be produced only through love, through sympathy. It is a great subject, and it requires several lectures to elucidate all the plans that I have in view, and all the ideas that are, in this connection, coming to my mind day after day I must, therefore, conclude, only reminding you of this fact that this ship of our nation, O Hindus, has been usefully plying here for ages. Today, perhaps, it has sprung a leak; today, perhaps, it has become a little worn out. And if such is the case, it behaves you and me to try our best to stop the leak and holes. Let us tell our countrymen of the danger, let them awake and help us. I will cry at the top of my voice from one part of this country to the other, to awaken the people to the situation and their duty. Suppose they do not hear me, still I shall not have one word of abuse for them, not one word of cursing. Great has been our nation's work in the past; and if we cannot do greater things in the future, let us have this consolation that we can sink and die together in peace. Be patriots, love the race which has done such great things for us in the past. Ay, the more I compare notes, the more I love you, my fellow-countrymen; you are good and pure and gentle. You have been always tyrannised over, and such is the irony of this material world of Mâyâ. Never mind that; the Spirit will triumph in the long run. In the meanwhile let us work and let us not abuse our country, let us not curse and abuse the weather-beaten and work-worn institutions of our thrice-holy motherland. Have no word of condemnation even for the most superstitious and the most irrational of its institutions, for they also must have served some good in the past. Remember always that there is not in the world any other country whose institutions are really better in their aims and objects than the institutions of this land. I have seen castes in almost every country in the world, but nowhere is their plan and purpose so glorious as here. If caste is thus unavoidable, I would rather have a caste of purity and culture and self-sacrifice, than a caste of dollars. Therefore utter no words of condemnation. Close your lips and let your hearts open. Work out the salvation of this land and of the whole world, each of you thinking that the entire burden is on your shoulders. Carry the light and the life of the Vedanta to every door, and rouse up the divinity that is hidden within every soul. Then, whatever may be the measure of your success, you will have this satisfaction that you have lived, worked, and died for a great cause. In the success of this cause, howsoever brought about, is centred the salvation of humanity here and hereafter.
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