Réponse au discours de bienvenue à Ramnad
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Français
RÉPONSE À L'ADRESSE DE BIENVENUE À RAMNAD
À Ramnad, l'adresse suivante fut présentée à Swami Vivékânanda par le Râja :
Sa Très Grande Sainteté,
Shrî Paramahamsa, Yati-Râja, Digvijaya-Kolâhala, Sarvamata-Sampratipanna, Parama-Yogîshwara, Shrîmat Bhagavân Shrî Râmakrishna Paramahamsa Karakamala Sanjâta, Râjâdhirâja-Sévita, Shrî Vivékânanda Swami, qu'il plaise à Votre Sainteté,
Nous, habitants de ce Samsthanam ancien et historique de Sethu Bandha Râmeshwaram, autrement connu sous le nom de Râmanâthapuram ou Ramnad, vous prions très cordialement de recevoir notre bienvenue sur cette terre, notre mère patrie. Nous considérons comme un privilège des plus rares d'être les premiers à rendre à Votre Sainteté notre plus sincère hommage à votre arrivée en Inde, et ce, sur les rivages sanctifiés par les pas de ce grand héros et notre vénéré Seigneur — Shrî Bhagavân Râmachandra.
Nous avons suivi avec des sentiments de fierté et de joie véritables le succès sans précédent qui a couronné vos louables efforts pour faire comprendre aux esprits les plus éminents de l'Occident les mérites intrinsèques et l'excellence de notre religion noble et vénérable. Vous avez, avec une éloquence inégalée et dans un langage clair et sans équivoque, proclamé et convaincu les auditoires cultivés d'Europe et d'Amérique que l'hindouisme remplit toutes les conditions de l'idéal d'une religion universelle et s'adapte au tempérament et aux besoins des hommes et des femmes de toutes les races et de toutes les croyances. Animé uniquement par un élan désintéressé, inspiré par les meilleures motivations et au prix de sacrifices considérables, Votre Sainteté a traversé des mers et des océans sans bornes pour porter le message de vérité et de paix, et pour planter le drapeau du triomphe et de la gloire spirituels de l'Inde dans le sol fertile de l'Europe et de l'Amérique. Votre Sainteté a, tant par le précepte que par l'exemple, montré la faisabilité et l'importance de la fraternité universelle. Par-dessus tout, vos travaux en Occident ont indirectement et dans une large mesure contribué à éveiller les fils et les filles apathiques de l'Inde au sentiment de la grandeur et de la gloire de leur foi ancestrale, et à créer en eux un intérêt véritable pour l'étude et l'observance de leur chère et inestimable religion.
Nous estimons ne pouvoir exprimer de manière adéquate par des mots nos sentiments de gratitude et de reconnaissance envers Votre Sainteté pour vos travaux philanthropiques en faveur de la régénération spirituelle de l'Orient et de l'Occident. Nous ne pouvons clore cette adresse sans mentionner la grande bonté que Votre Sainteté a toujours témoignée à notre Râja, qui est l'un de vos disciples dévoués, et l'honneur et la fierté qu'il ressent de cet acte gracieux de Votre Sainteté en débarquant d'abord sur son territoire sont indescriptibles.
En conclusion, nous prions le Tout-Puissant de bénir Votre Sainteté d'une longue vie, de santé et de force pour vous permettre de poursuivre la bonne œuvre que vous avez si habilement inaugurée.
Avec nos respects et notre affection,
Nous nous permettons de nous souscrire,
Les plus dévoués et obéissants de Votre Sainteté,
Disciples et Serviteurs.
Ramnad,
25 janvier 1897.
La réponse du Swami suit in extenso :
La plus longue des nuits semble toucher à sa fin, la plus cruelle des épreuves semble enfin s'achever, le cadavre apparent semble s'éveiller, et une voix nous parvient — de là-bas, au loin, où l'histoire et même la tradition ne peuvent percer les ténèbres du passé, descendant de là, réfléchie pour ainsi dire de sommet en sommet de l'infini Himalaya de la connaissance, de l'amour et de l'action — l'Inde, cette mère patrie qui est la nôtre — une voix nous parvient, douce, ferme, et pourtant claire dans ses paroles, et elle gagne en puissance au fil des jours, et voici que le dormeur s'éveille ! Comme une brise descendue de l'Himalaya, elle insuffle la vie dans les os et les muscles presque morts ; la léthargie se dissipe, et seul l'aveugle ne peut voir, ou le pervers refuse de voir, qu'elle s'éveille, cette mère patrie qui est la nôtre, de son profond et long sommeil. Nul ne peut plus la retenir ; jamais plus elle ne dormira ; nulle puissance extérieure ne peut plus la freiner ; car le géant infini se lève.
Votre Altesse et messieurs de Ramnad, acceptez mes plus sincères remerciements pour la cordialité et la bonté avec lesquelles vous m'avez reçu. Je sens que vous êtes cordiaux et bienveillants, car le cœur parle au cœur mieux que toute langue ; l'esprit parle à l'esprit en silence, et pourtant dans le langage le plus clair, et je le sens au plus profond de mon cœur. Votre Altesse de Ramnad, si quelque œuvre a été accomplie par mon humble personne en faveur de notre religion et de notre mère patrie dans les pays occidentaux, si quelque petit travail a été fait pour éveiller les sympathies de notre propre peuple en attirant son attention sur les joyaux inestimables qui, sans qu'il le sache, gisent enfouis au sein même de sa demeure — si, au lieu de mourir de soif et de boire l'eau sale des fossés ailleurs par aveuglement et ignorance, on l'appelle à venir boire à la source éternelle qui coule intarissablement au seuil de sa propre maison — si quoi que ce soit a été fait pour éveiller notre peuple à l'action, pour lui faire comprendre qu'en toutes choses, la religion et la religion seule est la vie de l'Inde, et que si elle disparaît, l'Inde mourra, en dépit de la politique, en dépit des réformes sociales, en dépit de la richesse de Kubéra déversée sur la tête de chacun de ses enfants — si quoi que ce soit a été fait dans ce sens, l'Inde et chaque pays où quelque œuvre a été accomplie en doivent beaucoup à vous, Râja de Ramnad. Car c'est vous qui m'avez donné l'idée en premier, et c'est vous qui m'avez poussé avec insistance vers cette œuvre. Vous avez, pour ainsi dire, compris intuitivement ce qui allait advenir, et vous m'avez pris par la main, m'avez aidé tout au long, et n'avez jamais cessé de m'encourager. Il est donc bien juste que vous soyez le premier à vous réjouir de mon succès, et il est convenable que je débarque d'abord sur votre territoire à mon retour en Inde.
De grandes œuvres restent à accomplir, de merveilleux pouvoirs doivent être mis en action ; nous avons à enseigner bien des choses aux autres nations, comme l'a déjà dit Votre Altesse. Ceci est la mère patrie de la philosophie, de la spiritualité et de l'éthique, de la douceur, de la tendresse et de l'amour. Celles-ci existent encore, et mon expérience du monde me conduit à me tenir sur un terrain solide et à faire cette déclaration hardie : l'Inde est encore la première et la plus grande de toutes les nations du monde à ces égards. Observez ce petit phénomène. Il y a eu d'immenses changements politiques au cours des quatre ou cinq dernières années. De gigantesques organisations entreprenant de renverser l'ensemble des institutions existantes dans différents pays et rencontrant un certain succès ont été à l'œuvre dans tout le monde occidental. Demandez à notre peuple s'il en a entendu parler. Il n'en a pas entendu un mot. Mais qu'il y ait eu un Parlement des Religions à Chicago, et qu'un Sannyâsin (Sannyâsin, « renonçant ») ait été envoyé d'Inde à ce Parlement, et qu'il ait été très bien reçu, et que depuis lors il œuvre en Occident — cela, le plus pauvre des mendiants le sait. J'ai entendu dire que nos masses sont obtuses, qu'elles ne veulent aucune éducation, et qu'elles ne se soucient d'aucune information. J'ai moi-même eu un temps un penchant insensé pour cette opinion, mais je trouve que l'expérience est un professeur bien plus glorieux que toute la spéculation ou que tous les livres écrits par des globe-trotteurs et des observateurs pressés. Cette expérience m'enseigne qu'elles ne sont pas obtuses, qu'elles ne sont pas lentes, qu'elles sont aussi avides et assoiffées d'information que n'importe quelle race sous le soleil ; mais chaque nation a son propre rôle à jouer, et naturellement, chaque nation a sa propre particularité et individualité avec laquelle elle naît. Chacune représente, pour ainsi dire, une note particulière dans cette harmonie des nations, et c'est là sa vie même, sa vitalité. En elle se trouvent la colonne vertébrale, le fondement et le socle de la vie nationale, et ici, dans cette terre bénie, le fondement, la colonne vertébrale, le centre vital est la religion et la religion seule. Que d'autres parlent de politique, de la gloire de l'acquisition d'immenses richesses déversées par le commerce, de la puissance et de l'expansion du mercantilisme, de la glorieuse fontaine de la liberté physique ; mais ces choses, l'esprit hindou ne les comprend pas et ne veut pas les comprendre. Touchez-le sur la spiritualité, sur la religion, sur Dieu, sur l'âme, sur l'Infini, sur la liberté spirituelle, et je vous assure que le plus humble paysan de l'Inde est mieux informé sur ces sujets que bien des soi-disant philosophes d'autres pays. J'ai dit, messieurs, que nous avons encore quelque chose à enseigner au monde. C'est là la raison même, la raison d'être, pour laquelle cette nation a survécu, en dépit de centaines d'années de persécution, en dépit de près de mille ans de domination et d'oppression étrangères. Cette nation vit encore ; la raison d'être en est qu'elle s'accroche encore à Dieu, au trésor de la religion et de la spiritualité.
Sur cette terre se trouvent encore la religion et la spiritualité, ces sources qui devront déborder et inonder le monde pour apporter une vie nouvelle et une vitalité nouvelle aux nations occidentales et aux autres nations, qui sont aujourd'hui presque accablées, à moitié tuées et dégradées par les ambitions politiques et les intrigues sociales. De parmi de nombreuses voix, concordantes et discordantes, de parmi la cacophonie des sons qui emplissent l'atmosphère indienne, s'élève une note suprême, frappante et pleine, et c'est le renoncement. Renoncez ! Voilà le mot d'ordre des religions indiennes. Ce monde est une illusion de deux jours. La vie présente est de cinq minutes. Au-delà est l'Infini, au-delà de ce monde d'illusion ; cherchons-le. Ce continent est illuminé par des esprits courageux et gigantesques, par des intelligences qui considèrent même cet univers soi-disant infini comme une simple flaque de boue ; au-delà et encore au-delà ils vont. Le temps, même le temps infini, n'est pour eux que non-existence. Au-delà et encore au-delà du temps ils vont. L'espace n'est rien pour eux ; au-delà ils veulent aller, et cet aller au-delà du phénoménal est l'âme même de la religion. La caractéristique de ma nation est ce transcendantalisme, cette lutte pour aller au-delà, cette audace d'arracher le voile du visage de la nature et d'avoir, à tout risque, à tout prix, un aperçu de l'au-delà. Tel est notre idéal, mais bien entendu, tous les habitants d'un pays ne peuvent pas renoncer entièrement. Voulez-vous les enthousiasmer ? Voici le moyen. Vos discours sur la politique, sur la régénération sociale, vos discours sur l'enrichissement et le mercantilisme — tout cela glissera comme l'eau sur le dos d'un canard. C'est cette spiritualité, alors, que vous devez enseigner au monde. Avons-nous quelque chose d'autre à apprendre, avons-nous quelque chose à apprendre du monde ? Nous avons, peut-être, à acquérir un peu de connaissance matérielle, dans l'art de l'organisation, dans la capacité à manier les forces, les forces organisatrices, à tirer les meilleurs résultats des plus petites causes. Cela, peut-être, dans une certaine mesure, nous pouvons l'apprendre de l'Occident. Mais si quelqu'un prêche en Inde l'idéal de manger, de boire et de se divertir, si quelqu'un veut apothéoser le monde matériel en un Dieu, cet homme est un menteur ; il n'a pas sa place sur cette terre sainte ; l'esprit indien ne veut pas l'écouter. Oui, malgré l'éclat et le clinquant de la civilisation occidentale, malgré tout son vernis et ses merveilleuses manifestations de puissance, debout sur cette tribune, je leur dis en face que tout cela est vain. C'est vanité des vanités. Dieu seul vit. L'âme seule vit. La spiritualité seule vit. Accrochez-vous à cela.
Pourtant, peut-être, une certaine forme de matérialisme, tempéré selon nos propres besoins, serait une bénédiction pour beaucoup de nos frères qui ne sont pas encore mûrs pour les plus hautes vérités. C'est l'erreur commise dans chaque pays et dans chaque société, et il est fort regrettable qu'en Inde, où cela était toujours compris, la même erreur d'imposer les plus hautes vérités à des gens qui n'y sont pas prêts ait été commise récemment. Ma méthode n'a pas besoin d'être la vôtre. Le Sannyâsin, comme vous le savez tous, est l'idéal de la vie hindoue, et chacun, selon nos Shâstras (Shâstra, « écriture sacrée »), est tenu de renoncer. Tout hindou qui a goûté aux fruits de ce monde doit renoncer dans la dernière partie de sa vie, et celui qui ne le fait pas n'est pas hindou et n'a plus le droit de se dire tel. Nous savons que c'est l'idéal — renoncer après avoir vu et éprouvé la vanité des choses. Ayant découvert que le cœur du monde matériel n'est qu'un creux renfermant des cendres, abandonnez-le et revenez en arrière. L'esprit tourne vers l'avant, pour ainsi dire, vers les sens, et cet esprit doit tourner en arrière ; la Pravritti (Pravritti, « mouvement vers l'extérieur ») doit cesser et la Nivritti (Nivritti, « mouvement vers l'intérieur ») doit commencer. Tel est l'idéal. Mais cet idéal ne peut être réalisé qu'après une certaine quantité d'expérience. Nous ne pouvons enseigner à l'enfant la vérité du renoncement ; l'enfant est un optimiste-né ; toute sa vie est dans ses sens ; toute sa vie n'est qu'une masse de jouissance sensorielle. De même, il y a dans chaque société des hommes semblables à des enfants qui ont besoin d'une certaine quantité d'expérience, de jouissance, pour voir à travers la vanité des choses, et alors le renoncement leur viendra. Il a été amplement pourvu à cela dans nos livres ; mais malheureusement, dans les temps récents, il y a eu une tendance à astreindre tout le monde aux mêmes lois que celles auxquelles le Sannyâsin est lié, et c'est une grande erreur. Sans cela, une bonne part de la pauvreté et de la misère que l'on voit en Inde n'aurait pas existé. La vie du pauvre est entravée et ligotée par de formidables lois spirituelles et éthiques dont il n'a nul besoin. Bas les mains ! Laissez le pauvre homme jouir un peu de la vie, et alors il s'élèvera de lui-même, et le renoncement lui viendra naturellement. Peut-être que sur ce point, les peuples occidentaux peuvent nous enseigner quelque chose ; mais nous devons être très prudents dans l'apprentissage de ces choses. Je regrette de dire que la plupart des exemples que l'on rencontre de nos jours d'hommes ayant absorbé les idées occidentales sont plus ou moins des échecs.
Il y a deux grands obstacles sur notre chemin en Inde : le Charybde de l'ancienne orthodoxie et le Scylla de la civilisation européenne moderne. De ces deux, je vote pour la vieille orthodoxie, et non pour le système européanisé ; car le vieil homme orthodoxe peut être ignorant, il peut être fruste, mais c'est un homme, il a une foi, il a de la force, il se tient sur ses propres pieds ; tandis que l'homme européanisé n'a pas de colonne vertébrale, il est un amas d'idées hétérogènes glanées au hasard de toute source — et ces idées ne sont ni assimilées, ni digérées, ni harmonisées. Il ne se tient pas sur ses propres pieds, et sa tête tourne et tourne encore. Où est la force motrice de son œuvre ? — dans quelques petites tapes condescendantes des Anglais. Ses plans de réforme, ses véhémentes vitupérations contre les maux de certaines coutumes sociales ont pour ressort principal quelque patronage européen. Pourquoi certaines de nos coutumes sont-elles appelées des maux ? Parce que les Européens le disent. Voilà à peu près la raison qu'il donne. Je ne m'y soumettrai pas. Tenez bon et mourez dans votre propre force ; s'il y a un péché dans le monde, c'est la faiblesse ; évitez toute faiblesse, car la faiblesse est péché, la faiblesse est mort. Ces créatures déséquilibrées ne se sont pas encore formées en personnalités distinctes ; comment les appeler — hommes, femmes ou animaux ? Tandis que ces vieux orthodoxes étaient résolus et étaient des hommes. Il en existe encore d'excellents exemples, et celui que je veux vous présenter maintenant est votre Râja de Ramnad. Vous avez ici un homme plus zélé hindou que quiconque dans toute l'étendue de ce pays ; vous avez ici un prince mieux informé que n'importe quel autre prince de ce pays dans toutes les affaires, tant orientales qu'occidentales, et qui prend de chaque nation tout ce qu'il peut y trouver de bon. « Apprenez la bonne connaissance avec toute la dévotion, fût-ce de la caste la plus basse. Apprenez le chemin de la liberté, même s'il vient d'un Paria, en le servant. Si une femme est un joyau, prenez-la en mariage même si elle vient d'une famille humble de la caste la plus basse. » Telle est la loi posée par notre grand et incomparable législateur, le divin Manu. Cela est vrai. Tenez-vous debout sur vos propres pieds, et assimilez ce que vous pouvez ; apprenez de chaque nation, prenez ce qui vous est utile. Mais rappelez-vous qu'en tant qu'hindous, tout le reste doit être subordonné à nos propres idéaux nationaux. Chaque homme a une mission dans la vie, qui est le résultat de tout son Karma (Karma, « action et ses conséquences ») passé infini. Chacun de vous est né avec un splendide héritage, qui est la totalité de la vie passée infinie de votre glorieuse nation. Des millions de vos ancêtres observent, pour ainsi dire, chacun de vos actes ; soyez donc vigilants. Et quelle est la mission avec laquelle tout enfant hindou naît ? N'avez-vous pas lu la fière déclaration de Manu concernant le Brahmane, où il dit que la naissance du Brahmane est « pour la protection du trésor de la religion » ? Je dirais que c'est la mission non seulement du Brahmane, mais de chaque enfant, garçon ou fille, qui naît sur cette terre bénie — « pour la protection du trésor de la religion ». Et tout autre problème de la vie doit être subordonné à ce thème principal. C'est aussi la loi de l'harmonie en musique. Il peut y avoir une nation dont le thème de vie est la suprématie politique ; la religion et tout le reste doivent être subordonnés à ce grand thème de sa vie. Mais voici une autre nation dont le grand thème de vie est la spiritualité et le renoncement, dont le seul mot d'ordre est que ce monde est toute vanité et illusion de trois jours, et tout le reste — que ce soit la science ou la connaissance, la jouissance ou les pouvoirs, la richesse, le nom ou la renommée — doit être subordonné à ce thème unique. Le secret du caractère d'un vrai hindou réside dans la subordination de sa connaissance des sciences européennes et du savoir, de sa richesse, de sa position et de son nom, à ce thème principal qui est inné en tout enfant hindou — la spiritualité et la pureté de la race. Par conséquent, entre ces deux — le cas de l'homme orthodoxe qui possède toute cette source vivifiante de la race, la spiritualité, et l'autre homme dont les mains sont pleines de bijoux d'imitation occidentaux mais qui n'a aucune prise sur le principe vital, la spiritualité — de ces deux, je ne doute pas que chacun ici conviendra que nous devrions choisir le premier, l'orthodoxe, parce qu'il y a quelque espoir en lui — il possède le thème national, quelque chose à quoi se tenir ; aussi vivra-t-il, tandis que l'autre mourra. De même que dans le cas des individus, si le principe vital n'est pas perturbé, si la fonction principale de cette vie individuelle est présente, toute blessure reçue quant aux autres fonctions n'est pas grave et ne tue pas l'individu ; de même, tant que cette fonction principale de notre vie n'est pas perturbée, rien ne peut détruire notre nation. Mais notez bien : si vous abandonnez cette spiritualité, la laissant de côté pour courir après la civilisation matérialiste de l'Occident, le résultat sera qu'en trois générations vous serez une race éteinte ; car la colonne vertébrale de la nation sera brisée, le fondement sur lequel l'édifice national a été bâti sera miné, et le résultat sera l'anéantissement de toutes parts.
C'est pourquoi, mes amis, la voie à suivre est d'abord et avant tout de tenir fermement à la spiritualité — ce don inestimable que nous ont transmis nos anciens ancêtres. Avez-vous jamais entendu parler d'un pays où les plus grands rois cherchaient à faire remonter leur lignée non pas à des rois, non pas à des barons brigands vivant dans de vieux châteaux et pillant les pauvres voyageurs, mais à des sages à demi nus vivant dans la forêt ? Avez-vous jamais entendu parler d'une telle terre ? C'est cette terre. Dans d'autres pays, les grands prêtres cherchent à faire remonter leur lignée à quelque roi ; mais ici, les plus grands rois feraient remonter leur lignée à quelque ancien prêtre. Par conséquent, que vous croyiez en la spiritualité ou non, pour le bien de la vie nationale, vous devez vous accrocher à la spiritualité et vous y tenir. Puis tendez l'autre main et gagnez tout ce que vous pouvez des autres races, mais tout doit être subordonné à cet unique idéal de vie ; et de là naîtra une Inde merveilleuse, glorieuse — j'en suis sûr, elle vient — une Inde plus grande que jamais. Des sages surgiront, plus grands que tous les anciens sages ; et vos ancêtres non seulement seront satisfaits, mais je suis sûr qu'ils seront fiers, depuis leurs positions dans d'autres mondes, de contempler leurs descendants, si glorieux et si grands.
Travaillons tous avec ardeur, mes frères ; ce n'est pas le moment de dormir. De notre travail dépend l'avènement de l'Inde future. Elle est là, prête, en attente. Elle ne fait que dormir. Levez-vous et réveillez-vous, et voyez-la assise sur son trône éternel, rajeunie, plus glorieuse qu'elle ne le fut jamais — cette mère patrie qui est la nôtre. L'idée de Dieu ne fut jamais aussi pleinement développée nulle part ailleurs que dans cette mère patrie qui est la nôtre, car la même idée de Dieu n'exista jamais ailleurs. Peut-être êtes-vous étonnés de mon affirmation ; mais montrez-moi dans n'importe quelle autre écriture une idée de Dieu égale à la nôtre ; ils n'ont que des dieux de clan, le Dieu des Juifs, le Dieu des Arabes, et de telle ou telle race, et leur Dieu combat les dieux des autres races. Mais l'idée de ce Dieu bienfaisant, très miséricordieux, notre père, notre mère, notre ami, l'ami de nos amis, l'âme de nos âmes, elle est ici et ici seulement. Et puisse Celui qui est le Shiva des shaïvites, le Vishnou des vaishnavites, le Karma des karmistes, le Bouddha des bouddhistes, le Jina des jaïns, le Jéhovah des chrétiens et des juifs, l'Allah des musulmans, le Seigneur de chaque secte, le Brahman (Brahman, « l'Absolu ») des védantistes, Lui le tout-pénétrant, dont la gloire n'a été connue que dans cette terre — puisse-t-Il nous bénir, puisse-t-Il nous aider, puisse-t-Il nous donner la force, l'énergie de mettre cet idéal en pratique. Que ce que nous avons écouté et étudié devienne nourriture pour nous, que cela devienne force en nous, que cela devienne énergie en nous pour nous entraider ; que nous, le maître et l'élève, ne soyons pas jaloux l'un de l'autre ! Paix, paix, paix, au nom de Hari !
English
REPLY TO THE ADDRESS OF WELCOME AT RAMNAD
At Ramnad the following address was presented to Swami Vivekananda by the Raja:
His Most Holiness,
Sri Paramahamsa, Yati-Râja, Digvijaya-Kolâhala, Sarvamata-Sampratipanna, Parama-Yogeeswara, Srimat Bhagavân Sree Ramakrishna Paramahamsa Karakamala Sanjâta, Râjâdhirâja-Sevita, Sree Vivekananda Swami, May It Please Your Holiness,
We, the inhabitants of this ancient and historic Samsthânam of Sethu Bandha Rameswaram, otherwise known as Râmanâthapuram or Ramnad, beg, most cordially, to welcome you to this, our motherland. We deem it a very rare privilege to be the first to pay your Holiness our heartfelt homage on your landing in India, and that, on the shores sanctified by the footsteps of that great Hero and our revered Lord — Sree Bhagavân Râmachandra.
We have watched with feelings of genuine pride and pleasure the unprecedented success which has crowned your laudable efforts in bringing home to the master-minds of the West the intrinsic merits and excellence of our time-honoured and noble religion. You have with an eloquence that is unsurpassed and in language plain and unmistakable, proclaimed to and convinced the cultured audiences in Europe and America that Hinduism fulfils all the requirements of the ideal of a universal religion and adapts itself to the temperament and needs of men and women of all races and creeds. Animated purely by a disinterested impulse, influenced by the best of motives and at considerable self-sacrifice, Your Holiness has crossed boundless seas and oceans to convey the message of truth and peace, and to plant the flag of India's spiritual triumph and glory in the rich soil of Europe and America. Your Holiness has, both by precept and practice, shown the feasibility and importance of universal brotherhood. Above all, your labours in the West have indirectly and to a great extent tended to awaken the apathetic sons and daughters of India to a sense of the greatness and glory of their ancestral faith, and to create in them a genuine interest in the study and observance of their dear and priceless religion
We feel we cannot adequately convey in words our feelings of gratitude and thankfulness to your Holiness for your philanthropic labours towards the spiritual regeneration of the East and the West. We cannot close this address without referring to the great kindness which your Holiness has always extended to our Raja, who is one of your devoted disciples, and the honour and pride he feels by this gracious act of your Holiness in landing first on his territory is indescribable.
In conclusion, we pray to the Almighty to bless your Holiness with long life, and health, and strength to enable you to carry on the good work that has been so ably inaugurated by you.
With respects and love,
We beg to subscribe ourselves,
Your Holiness' most devoted and obedient
Disciples and Servants.
Ramnad,
25th January, 1897.
The Swami's reply follows in extenso:
The longest night seems to be passing away, the sorest trouble seems to be coming to an end at last, the seeming corpse appears to be awaking and a voice is coming to us — away back where history and even tradition fails to peep into the gloom of the past, coming down from there, reflected as it were from peak to peak of the infinite Himalaya of knowledge, and of love, and of work, India, this motherland of ours — a voice is coming unto us, gentle, firm, and yet unmistakable in its utterances, and is gaining volume as days pass by, and behold, the sleeper is awakening! Like a breeze from the Himalayas, it is bringing life into the almost dead bones and muscles, the lethargy is passing away, and only the blind cannot see, or the perverted will not see, that she is awakening, this motherland of ours, from her deep long sleep. None can desist her any more; never is she going to sleep any more; no outward powers can hold her back any more; for the infinite giant is rising to her feet.
Your Highness and gentlemen of Ramnad, accept my heartfelt thanks for the cordiality and kindness with which you have received me. I feel that you are cordial and kind, for heart speaks unto heart better than any language of the mouth; spirit speaks unto spirit in silence, and yet in most unmistakable language, and I feel it in my heart of hearts. Your Highness of Ramnad, if there has been any work done by my humble self in the cause of our religion and our motherland in the Western countries, if any little work has been done in rousing the sympathies of our own people by drawing their attention to the inestimable jewels that, they know not, are lying deep buried about their own home — if, instead of dying of thirst and drinking dirty ditch water elsewhere out of the blindness of ignorance, they are being called to go and drink from the eternal fountain which is flowing perennially by their own home — if anything has been done to rouse our people towards action, to make them understand that in everything, religion and religion alone is the life of India, and when that goes India will die, in spite of politics, in spite of social reforms, in spite of Kubera's wealth poured upon the head of every one of her children — if anything has been done towards this end, India and every country where any work has been done owe much of it to you, Raja of Ramnad. For it was you who gave me the idea first, and it was you who persistently urged me on towards the work. You, as it were, intuitively understood what was going to be, and took me by the hand, helped me all along, and have never ceased to encourage me. Well is it, therefore, that you should be the first to rejoice at my success, and meet it is that I should first land in your territory on my return to India.
Great works are to be done, wonderful powers have to be worked out, we have to teach other nations many things, as has been said already by your Highness. This is the motherland of philosophy, of spirituality, and of ethics, of sweetness, gentleness, and love. These still exist, and my experience of the world leads me to stand on firm ground and make the bold statement that India is still the first and foremost of all the nations of the world in these respects. Look at this little phenomenon. There have been immense political changes within the last four or five years. Gigantic organizations undertaking to subvert the whole of existing institutions in different countries and meeting with a certain amount of success have been working all over the Western world. Ask our people if they have heard anything about them. They have heard not a word about them. But that there was a Parliament of Religions in Chicago, and that there was a Sannyasin sent over from India to that Parliament, and that he was very well received and since that time has been working in the West, the poorest beggar has known. I have heard it said that our masses are dense, that they do not want any education, and that they do not care for any information. I had at one time a foolish leaning towards that opinion myself, but I find experience is a far more glorious teacher than any amount of speculation, or any amount of books written by globe-trotters and hasty observers. This experience teaches me that they are not dense, that they are not slow, that they are as eager and thirsty for information as any race under the sun; but then each nation has its own part to play, and naturally, each nation has its own peculiarity and individuality with which it is born. Each represents, as it were, one peculiar note in this harmony of nations, and this is its very life, its vitality. In it is the backbone, the foundation, and the bed-rock of the national life, and here in this blessed land, the foundation, the backbone, the life-centre is religion and religion alone. Let others talk of politics, of the glory of acquisition of immense wealth poured in by trade, of the power and spread of commercialism, of the glorious fountain of physical liberty; but these the Hindu mind does not understand and does not want to understand. Touch him on spirituality, on religion, on God, on the soul, on the Infinite, on spiritual freedom, and I assure you, the lowest peasant in India is better informed on these subjects than many a so-called philosopher in other lands. I have said, gentlemen, that we have yet something to teach to the world. This is the very reason, the raison d'être, that this nation has lived on, in spite of hundreds of years of persecution, in spite of nearly a thousand year of foreign rule and foreign oppression. This nation still lives; the raison d'être is it still holds to God, to the treasure-house of religion and spirituality.
In this land are, still, religion and spirituality, the fountains which will have to overflow and flood the world to bring in new life and new vitality to the Western and other nations, which are now almost borne down, half-killed, and degraded by political ambitions and social scheming. From out of many voices, consonant and dissentient, from out of the medley of sounds filling the Indian atmosphere, rises up supreme, striking, and full, one note, and that is renunciation. Give up! That is the watchword of the Indian religions. This world is a delusion of two days. The present life is of five minutes. Beyond is the Infinite, beyond this world of delusion; let us seek that. This continent is illumined with brave and gigantic minds and intelligences which even think of this so called infinite universe as only a mud-puddle; beyond and still beyond they go. Time, even infinite time, is to them but non-existence. Beyond and beyond time they go. Space is nothing to them; beyond that they want to go, and this going beyond the phenomenal is the very soul of religion. The characteristic of my nation is this transcendentalism, this struggle to go beyond, this daring to tear the veil off the face of nature and have at any risk, at any price, a glimpse of the beyond. That is our ideal, but of course all the people in a country cannot give up entirely. Do you want to enthuse them, then here is the way to do so. Your talks of politics, of social regeneration, your talks of money-making and commercialism — all these will roll off like water from a duck's back. This spirituality, then, is what you have to teach the world. Have we to learn anything else, have we to learn anything from the world? We have, perhaps, to gain a little in material knowledge, in the power of organisation, in the ability to handle powers, organising powers, in bringing the best results out of the smallest of causes. This perhaps to a certain extent we may learn from the West. But if any one preaches in India the ideal of eating and drinking and making merry, if any one wants to apotheosise the material world into a God, that man is a liar; he has no place in this holy land, the Indian mind does not want to listen to him. Ay, in spite of the sparkle and glitter of Western civilisation, in spite of all its polish and its marvellous manifestation of power, standing upon this platform, I tell them to their face that it is all vain. It is vanity of vanities. God alone lives. The soul alone lives. Spirituality alone lives. Hold on to that.
Yet, perhaps, some sort of materialism, toned down to our own requirements, would be a blessing to many of our brothers who are not yet ripe for the highest truths. This is the mistake made in every country and in every society, and it is a greatly regrettable thing that in India, where it was always understood, the same mistake of forcing the highest truths on people who are not ready for them has been made of late. My method need not be yours. The Sannyasin, as you all know, is the ideal of the Hindu's life, and every one by our Shâstras is compelled to give up. Every Hindu who has tasted the fruits of this world must give up in the latter part of his life, and he who does not is not a Hindu and has no more right to call himself a Hindu. We know that this is the ideal — to give up after seeing and experiencing the vanity of things. Having found out that the heart of the material world is a mere hollow, containing only ashes, give it up and go back. The mind is circling forward, as it were, towards the senses, and that mind has to circle backwards; the Pravritti has to stop and the Nivritti has to begin. That is the ideal. But that ideal can only be realised after a certain amount of experience. We cannot teach the child the truth of renunciation; the child is a born optimist; his whole life is in his senses; his whole life is one mass of sense-enjoyment. So there are childlike men in every society who require a certain amount of experience, of enjoyment, to see through the vanity of it, and then renunciation will come to them. There has been ample provision made for them in our Books; but unfortunately, in later times, there has been a tendency to bind every one down by the same laws as those by which the Sannyasin is bound, and that is a great mistake. But for that a good deal of the poverty and the misery that you see in India need not have been. A poor man's life is hemmed in and bound down by tremendous spiritual and ethical laws for which he has no use. Hands off! Let the poor fellow enjoy himself a little, and then he will raise himself up, and renunciation will come to him of itself. Perhaps in this line, we can be taught something by the Western people; but we must be very cautious in learning these things. I am sorry to say that most of the examples one meets nowadays of men who have imbibed the Western ideas are more or less failures.
There are two great obstacles on our path in India, the Scylla of old orthodoxy and the Charybdis of modern European civilisation. Of these two, I vote for the old orthodoxy, and not for the Europeanised system; for the old orthodox man may be ignorant, he may be crude, but he is a man, he has a faith, he has strength, he stands on his own feet; while the Europeanised man has no backbone, he is a mass of heterogeneous ideas picked up at random from every source — and these ideas are unassimilated, undigested, unharmonised. He does not stand on his own feet, and his head is turning round and round. Where is the motive power of his work? — in a few patronizing pats from the English people. His schemes of reforms, his vehement vituperations against the evils of certain social customs, have, as the mainspring, some European patronage. Why are some of our customs called evils? Because the Europeans say so. That is about the reason he gives. I would not submit to that. Stand and die in your own strength, if there is any sin in the world, it is weakness; avoid all weakness, for weakness is sin, weakness is death. These unbalanced creatures are not yet formed into distinct personalities; what are we to call them - men, women, or animals? While those old orthodox people were staunch and were men. There are still some excellent examples, and the one I want to present before you now is your Raja of Ramnad. Here you have a man than whom there is no more zealous a Hindu throughout the length and breadth of this land; here you have a prince than whom there is no prince in this land better informed in all affairs, both oriental and occidental, who takes from every nation whatever he can that is good. "Learn good knowledge with all devotion from the lowest caste. Learn the way to freedom, even if it comes from a Pariah, by serving him. If a woman is a jewel, take her in marriage even if she comes from a low family of the lowest caste." Such is the law laid down by our great and peerless legislator, the divine Manu. This is true. Stand on your own feet, and assimilate what you can; learn from every nation, take what is of use to you. But remember that as Hindus everything else must be subordinated to our own national ideals. Each man has a mission in life, which is the result of all his infinite past Karma. Each of you was born with a splendid heritage, which is the whole of the infinite past life of your glorious nation. Millions of your ancestors are watching, as it were, every action of yours, so be alert. And what is the mission with which every Hindu child is born? Have you not read the proud declaration of Manu regarding the Brahmin where he says that the birth of the Brahmin is "for the protection of the treasury of religion"? I should say that that is the mission not only of the Brahmin, but of every child, whether boy or girl, who is born in this blessed land "for the protection of the treasury of religion". And every other problem in life must be subordinated to that one principal theme. That is also the law of harmony in music. There may be a nation whose theme of life is political supremacy; religion and everything else must become subordinate to that one great theme of its life. But here is another nation whose great theme of life is spirituality and renunciation, whose one watchword is that this world is all vanity and a delusion of three days, and everything else, whether science or knowledge, enjoyment or powers, wealth, name, or fame, must be subordinated to that one theme. The secret of a true Hindu's character lies in the subordination of his knowledge of European sciences and learning, of his wealth, position, and name, to that one principal theme which is inborn in every Hindu child — the spirituality and purity of the race. Therefore between these two, the case of the orthodox man who has the whole of that life-spring of the race, spirituality, and the other man whose hands are full of Western imitation jewels but has no hold on the life-giving principle, spirituality — of these, I do not doubt that every one here will agree that we should choose the first, the orthodox, because there is some hope in him — he has the national theme, something to hold to; so he will live, but the other will die. Just as in the case of individuals, if the principle of life is undisturbed, if the principal function of that individual life is present, any injuries received as regards other functions are not serious, do not kill the individual, so, as long as this principal function of our life is not disturbed, nothing can destroy our nation. But mark you, if you give up that spirituality, leaving it aside to go after the materialising civilisation of the West, the result will be that in three generations you will be an extinct race; because the backbone of the nation will be broken, the foundation upon which the national edifice has been built will be undermined, and the result will be annihilation all round.
Therefore, my friends, the way out is that first and foremost we must keep a firm hold on spirituality — that inestimable gift handed down to us by our ancient forefathers. Did you ever hear of a country where the greatest kings tried to trace their descent not to kings, not to robber-barons living in old castles who plundered poor travellers, but to semi-naked sages who lived in the forest? Did you ever hear of such a land? This is the land. In other countries great priests try to trace their descent to some king, but here the greatest kings would trace their descent to some ancient priest. Therefore, whether you believe in spirituality or not, for the sake of the national life, you have to get a hold on spirituality and keep to it. Then stretch the other hand out and gain all you can from other races, but everything must be subordinated to that one ideal of life; and out of that a wonderful, glorious, future India will come — I am sure it is coming — a greater India than ever was. Sages will spring up greater than all the ancient sages; and your ancestors will not only be satisfied, but I am sure, they will be proud from their positions in other worlds to look down upon their descendants, so glorious, and so great.
Let us all work hard, my brethren; this is no time for sleep. On our work depends the coming of the India of the future. She is there ready waiting. She is only sleeping. Arise and awake and see her seated here on her eternal throne, rejuvenated, more glorious than she ever was — this motherland of ours. The idea of God was nowhere else ever so fully developed as in this motherland of ours, for the same idea of God never existed anywhere else. Perhaps you are astonished at my assertion; but show me any idea of God from any other scripture equal to ours; they have only clan-Gods, the God of the Jews, the God of the Arabs, and of such and such a race, and their God is fighting the Gods of the other races. But the idea of that beneficent, most merciful God, our father, our mother, our friend, the friend of our friends, the soul of our souls, is here and here alone. And may He who is the Shiva of the Shaivites, the Vishnu of the Vaishnavites, the Karma of the Karmis, the Buddha of the Buddhists, the Jina of the Jains, the Jehovah of the Christians and the Jews, the Allah of the Mohammedans, the Lord of every sect, the Brahman of the Vedantists, He the all-pervading, whose glory has been known only in this land — may He bless us, may He help us, may He give strength unto us, energy unto us, to carry this idea into practice. May that which we have listened to and studied become food to us, may it become strength in us, may it become energy in us to help each other; may we, the teacher and the taught, not be jealous of each other! Peace, peace, peace, in the name of Hari!
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.