Première conférence publique en Orient (Colombo)
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Français
PREMIÈRE CONFÉRENCE PUBLIQUE EN ORIENT
(Prononcée à Colombo)
Après son œuvre mémorable en Occident, Swami Vivekananda débarqua à Colombo dans l'après-midi du 15 janvier 1897 et reçut un accueil véritablement royal de la part de la communauté hindoue. L'adresse de bienvenue suivante lui fut alors présentée :
SRIMAT VIVEKANANDA SWAMI
Vénéré Maître,
Conformément à une résolution adoptée lors d'une assemblée publique des hindous de la ville de Colombo, nous nous permettons de vous offrir une chaleureuse bienvenue dans cette île. Nous considérons comme un privilège d'être les premiers à vous accueillir à votre retour de votre grande mission en Occident.
Nous avons observé avec joie et gratitude le succès dont cette mission a été, par la grâce de Dieu, couronnée. Vous avez proclamé aux nations d'Europe et d'Amérique l'idéal hindou d'une religion universelle, harmonisant tous les credos, fournissant à chaque âme la nourriture spirituelle selon ses besoins, et l'attirant avec amour vers Dieu. Vous avez prêché la Vérité et la Voie, enseignées depuis les temps les plus reculés par une succession de Maîtres dont les pieds bénis ont foulé et sanctifié le sol de l'Inde, et dont la présence gracieuse et l'inspiration ont fait d'elle, à travers toutes ses vicissitudes, la Lumière du Monde.
À l'inspiration d'un tel Maître, Shri Ramakrishna Paramahamsa Deva, et à votre zèle désintéressé, les nations occidentales doivent le bienfait inestimable d'avoir été mises en contact vivant avec le génie spirituel de l'Inde, tandis que pour beaucoup de nos propres compatriotes, délivrés du mirage de la civilisation occidentale, la valeur de notre glorieux héritage a été mise en lumière.
Par votre noble œuvre et votre exemple, vous avez placé l'humanité sous une obligation difficile à rembourser, et vous avez jeté un lustre nouveau sur notre Mère Patrie. Nous prions que la grâce de Dieu continue de vous assister, vous et votre œuvre, et
Nous demeurons, vénéré Maître,
Les vôtres fidèlement,
pour et au nom des hindous de Colombo,
P. Coomara Swamy,
Membre du Conseil législatif de Ceylan,
Président de l'Assemblée.
A. Kulaveerasingham, Secrétaire.
Colombo, janvier 1897.
Le Swami fit une brève réponse, exprimant sa gratitude pour l'accueil chaleureux qu'il avait reçu. Il saisit l'occasion de souligner que cette démonstration n'avait pas été faite en l'honneur d'un grand homme politique, d'un grand soldat ou d'un millionnaire, mais d'un sannyasin (un renonçant) mendiant, montrant la tendance de l'esprit hindou vers la religion. Il insista sur la nécessité de maintenir la religion comme colonne vertébrale de la vie nationale si la nation voulait vivre, et déclina tout caractère personnel dans l'accueil qu'il avait reçu, insistant sur le fait qu'il s'agissait de la reconnaissance d'un principe.
Le soir du 16 janvier, le Swami donna la conférence publique suivante au Floral Hall :
Le peu d'œuvre qui a été accompli par moi ne provient pas d'un pouvoir inhérent qui réside en moi, mais des acclamations, de la bienveillance, des bénédictions qui ont accompagné mon chemin en Occident depuis notre très aimée, très sacrée, chère Mère Patrie. Un certain bien a été fait, sans doute, en Occident, mais spécialement pour moi-même ; car ce qui n'était auparavant que le résultat d'une nature émotionnelle, peut-être, a gagné la certitude de la conviction et a atteint le pouvoir et la force de la démonstration. Autrefois je pensais comme tout hindou pense, et comme l'honorable Président vient de vous le signaler, que cette terre est la Punya Bhumi, la terre du karma (la loi de l'action et de ses conséquences). Aujourd'hui je me tiens ici et je dis, avec la conviction de la vérité, qu'il en est ainsi. S'il y a une terre sur cette terre qui peut prétendre être la Punya Bhumi bénie, être la terre où toutes les âmes doivent venir rendre compte de leur karma, la terre où toute âme qui chemine vers Dieu doit venir pour trouver sa dernière demeure, la terre où l'humanité a atteint le plus haut degré de douceur, de générosité, de pureté, de sérénité, et par-dessus tout, la terre de l'introspection et de la spiritualité — c'est l'Inde. De là sont partis les fondateurs des religions depuis les temps les plus anciens, inondant la terre encore et encore des eaux pures et pérennes de la vérité spirituelle. De là sont parties les vagues de philosophie qui ont couvert la terre, à l'Est comme à l'Ouest, au Nord comme au Sud, et de là encore doit partir la vague qui va spiritualiser la civilisation matérielle du monde. Ici est l'eau vivifiante avec laquelle doit être éteint le feu brûlant du matérialisme qui consume le cœur de millions d'êtres en d'autres contrées. Croyez-moi, mes amis, cela va arriver.
J'en ai tant vu, et ceux d'entre vous qui sont des étudiants de l'histoire des races sont déjà conscients de ce fait. La dette que le monde doit à notre Mère Patrie est immense. En comparant pays à pays, il n'y a pas une seule race sur cette terre à laquelle le monde doive autant qu'à l'Hindou patient, au doux Hindou. « Le doux Hindou » est parfois utilisé comme une expression de reproche ; mais si jamais un reproche cachait une vérité merveilleuse, c'est dans ce terme, « le doux Hindou », qui a toujours été l'enfant béni de Dieu. Des civilisations ont surgi dans d'autres parties du monde. Dans les temps anciens et dans les temps modernes, de grandes idées ont émané de races fortes et puissantes. Dans les temps anciens et modernes, des idées merveilleuses ont été transmises d'une race à l'autre. Dans les temps anciens et modernes, des semences de grande vérité et de grande puissance ont été répandues au loin par les marées montantes de la vie nationale ; mais remarquez bien, mes amis, cela a toujours été au son des trompettes de guerre et avec la marche de cohortes en ordre de bataille. Chaque idée a dû être trempée dans un déluge de sang. Chaque idée a dû traverser le sang de millions de nos semblables. Chaque parole de puissance a dû être suivie des gémissements de millions d'êtres, des lamentations d'orphelins, des larmes de veuves. Voilà, pour l'essentiel, ce que les autres nations ont enseigné ; mais l'Inde existe pacifiquement depuis des milliers d'années. Ici l'activité régnait alors même que la Grèce n'existait pas encore, alors que Rome n'avait pas été conçue, alors que les pères mêmes des Européens modernes vivaient dans les forêts et se peignaient le corps en bleu. Plus tôt encore, quand l'histoire n'a aucune trace et que la tradition n'ose scruter l'obscurité de cet intense passé, même de ce temps-là jusqu'à maintenant, idée après idée a marché hors d'elle, mais chaque parole a été prononcée avec une bénédiction derrière et la paix devant. Nous, de toutes les nations du monde, n'avons jamais été une race conquérante, et cette bénédiction est sur notre tête, et c'est pourquoi nous vivons.
Il fut un temps où au son de la marche des grands bataillons grecs, la terre tremblait. Disparue de la face de la terre, sans même un récit laissé derrière pour le dire, partie est cette ancienne terre des Grecs. Il fut un temps où l'Aigle romain flottait au-dessus de tout ce qui avait de la valeur en ce monde ; partout la puissance de Rome se faisait sentir et pesait sur la tête de l'humanité ; la terre tremblait au nom de Rome. Mais la colline du Capitole n'est qu'un amas de ruines ; l'araignée tisse sa toile là où les Césars régnaient. Il y a eu d'autres nations tout aussi glorieuses qui sont venues et reparties, vivant quelques heures de domination exultante et exubérante et d'une vie nationale perverse, puis s'évanouissant comme des rides sur la surface des eaux. Ainsi ces nations ont-elles laissé leur marque sur la face de l'humanité. Mais nous vivons, et si Manu revenait aujourd'hui, il ne serait pas désorienté et ne se trouverait pas en terre étrangère. Les mêmes lois sont ici, des lois ajustées et réfléchies à travers des milliers et des milliers d'années ; des coutumes, fruits de la sagacité des âges et de l'expérience des siècles, qui semblent être éternelles ; et à mesure que les jours passent, à mesure que coup après coup du malheur a été porté sur elles, ces coups semblent n'avoir servi qu'un seul but : les rendre plus fortes et plus constantes. Et pour trouver le centre de tout cela, le cœur d'où le sang coule, le ressort principal de la vie nationale, croyez-moi quand je dis, après mon expérience du monde, qu'il est ici.
Pour les autres nations du monde, la religion est une parmi les nombreuses occupations de la vie. Il y a la politique, il y a les plaisirs de la vie sociale, il y a tout ce que la richesse peut acheter ou que le pouvoir peut procurer, il y a tout ce que les sens peuvent savourer ; et parmi toutes ces diverses occupations de la vie et toute cette quête de quelque chose qui puisse donner encore un peu plus de stimulation aux sens blasés — parmi tout cela, il y a peut-être un petit peu de religion. Mais ici, en Inde, la religion est l'unique et seule occupation de la vie. Combien d'entre vous savent qu'il y a eu une guerre sino-japonaise ? Très peu d'entre vous, s'il y en a. Qu'il y a d'immenses mouvements politiques et socialistes qui tentent de transformer la société occidentale, combien d'entre vous le savent ? Très peu en vérité, s'il y en a. Mais qu'il y a eu un Parlement des Religions en Amérique, et qu'un sannyasin hindou y a été envoyé, je suis étonné de constater que même le coolie le sait. Cela montre dans quel sens le vent souffle, où se trouve la vie nationale. J'avais l'habitude de lire des livres écrits par des voyageurs globe-trotters, surtout des étrangers, qui déploraient l'ignorance des masses orientales, mais j'ai découvert que c'était en partie vrai et en même temps en partie faux. Si vous demandez à un laboureur en Angleterre, en Amérique, en France ou en Allemagne à quel parti il appartient, il peut vous dire s'il appartient aux Radicaux ou aux Conservateurs, et pour qui il va voter. En Amérique il vous dira s'il est Républicain ou Démocrate, et il sait même quelque chose sur la question de l'argent. Mais si vous l'interrogez sur sa religion, il vous dira qu'il va à l'église et qu'il appartient à telle dénomination. C'est tout ce qu'il sait, et il pense que c'est suffisant.
Maintenant, lorsque nous venons en Inde, si vous demandez à l'un de nos laboureurs : « Savez-vous quelque chose de la politique ? » Il répondra : « Qu'est-ce que c'est ? » Il ne comprend pas les mouvements socialistes, la relation entre le capital et le travail, et tout cela ; il n'a jamais entendu parler de telles choses de sa vie ; il travaille dur et gagne son pain. Mais vous demandez : « Quelle est votre religion ? » Il répond : « Regardez, mon ami, je l'ai marquée sur mon front. » Il peut vous donner un ou deux bons conseils sur des questions de religion. Telle a été mon expérience. C'est là la vie de notre nation.
Les individus ont chacun leurs propres particularités, et chaque homme a sa propre méthode de croissance, sa propre vie tracée pour lui par la vie passée infinie, par tout son karma passé, comme nous hindous le disons. Dans ce monde il vient avec tout le passé sur lui ; le passé infini introduit le présent, et la manière dont nous utilisons le présent va façonner l'avenir. Ainsi chacun naissant dans ce monde a une inclination, une direction vers laquelle il doit aller, à travers laquelle il doit vivre, et ce qui est vrai de l'individu est également vrai de la race. Chaque race, de même, a une inclination particulière, chaque race a sa propre raison d'être, chaque race a une mission particulière à remplir dans la vie du monde. Chaque race doit produire son propre résultat, accomplir sa propre mission. La grandeur politique ou la puissance militaire n'est jamais la mission de notre race ; elle ne l'a jamais été, et, notez bien mes paroles, elle ne le sera jamais. Mais il nous a été donné une autre mission, qui est de conserver, de préserver, d'accumuler, pour ainsi dire dans une dynamo, toute l'énergie spirituelle de la race, et cette énergie concentrée doit se déverser en un déluge sur le monde chaque fois que les circonstances sont propices. Que le Perse ou le Grec, le Romain, l'Arabe ou l'Anglais fasse marcher ses bataillons, conquière le monde et relie les différentes nations entre elles, et la philosophie et la spiritualité de l'Inde sont toujours prêtes à couler le long des canaux nouvellement tracés dans les veines des nations du monde. Le cerveau calme de l'Hindou doit verser sa propre part pour contribuer à la somme totale du progrès humain. Le don de l'Inde au monde est la lumière spirituelle.
Ainsi, dans le passé, nous lisons dans l'histoire que chaque fois qu'est apparue une grande nation conquérante unissant les différentes races du monde, liant l'Inde aux autres races, la tirant, pour ainsi dire, de sa solitude et de son isolement du reste du monde dans lesquels elle se retirait sans cesse, que chaque fois qu'un tel état de choses a été amené, le résultat a été l'inondation du monde par les idées spirituelles indiennes. Au début de ce siècle, Schopenhauer, le grand philosophe allemand, étudiant à partir d'une traduction pas très claire des Védas (les Écritures sacrées), faite à partir d'une ancienne traduction en persan puis par un jeune Français en latin, dit : « Dans le monde entier il n'y a pas d'étude si bénéfique et si élevante que celle des Upanishads. Elle a été la consolation de ma vie, elle sera la consolation de ma mort. » Ce grand sage allemand prédit que « le monde est sur le point de voir une révolution dans la pensée plus vaste et plus puissante que celle qui fut attestée par la Renaissance de la littérature grecque », et aujourd'hui ses prédictions se réalisent. Ceux qui gardent les yeux ouverts, ceux qui comprennent les mouvements d'esprit des différentes nations de l'Occident, ceux qui sont des penseurs et qui étudient les différentes nations, constateront l'immense changement qui a été produit dans le ton, la manière de procéder, les méthodes et la littérature du monde par cette lente et incessante pénétration de la pensée indienne.
Mais il y a une autre particularité, comme je vous l'ai déjà laissé entendre. Nous n'avons jamais prêché nos pensées par le feu et l'épée. S'il y a un mot dans la langue anglaise pour représenter le don de l'Inde au monde, s'il y a un mot dans la langue anglaise pour exprimer l'effet que la littérature de l'Inde produit sur l'humanité, c'est ce mot unique : « fascination ». C'est le contraire de tout ce qui vous saisit soudainement ; cela jette sur vous, pour ainsi dire, un charme imperceptible. Pour beaucoup, la pensée indienne, les manières indiennes, les coutumes indiennes, la philosophie indienne, la littérature indienne sont repoussantes à première vue ; mais qu'ils persévèrent, qu'ils lisent, qu'ils se familiarisent avec les grands principes qui sous-tendent ces idées, et il y a quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent que le charme opérera sur eux, et que la fascination en sera le résultat. Lente et silencieuse, comme la douce rosée qui tombe le matin, invisible et inaudible, et pourtant produisant un résultat des plus formidables, telle a été l'œuvre de la race spirituelle calme, patiente et toute souffrante sur le monde de la pensée.
Une fois encore l'histoire va se répéter. Car aujourd'hui, sous la lumière aveuglante de la science moderne, lorsque des croyances anciennes et apparemment fortes et invulnérables ont été brisées jusqu'à leurs fondements mêmes, lorsque les prétentions spéciales de différentes sectes à l'allégeance de l'humanité ont toutes été réduites en atomes et se sont évanouies dans l'air, lorsque les coups de masse de la recherche antiquaire moderne pulvérisent comme de la porcelaine toutes sortes d'orthodoxies surannées, lorsque la religion en Occident n'est plus qu'entre les mains des ignorants et que les gens instruits regardent avec mépris tout ce qui touche à la religion, voici que vient au premier plan la philosophie de l'Inde, qui présente les plus hautes aspirations religieuses de l'esprit indien, où les faits philosophiques les plus grandioses ont été la spiritualité pratique du peuple. Cela vient naturellement à la rescousse : l'idée de l'unité de tout, de l'Infini, l'idée de l'Impersonnel, l'idée merveilleuse de l'âme éternelle de l'homme, de la continuité ininterrompue dans la marche des êtres, et de l'infinité de l'univers. Les anciennes sectes regardaient le monde comme une petite flaque de boue et pensaient que le temps avait commencé l'autre jour. C'est dans nos anciens livres, et seulement là, que la grande idée de l'étendue infinie du temps, de l'espace et de la causalité, et par-dessus tout, la gloire infinie de l'esprit humain, gouvernait toute la recherche religieuse. Lorsque les formidables théories modernes de l'évolution, de la conservation de l'énergie et ainsi de suite portent des coups mortels à toutes sortes de théologies grossières, qu'est-ce qui peut encore retenir l'allégeance de l'humanité cultivée, sinon les idées les plus merveilleuses, les plus convaincantes, les plus élargissantes et les plus ennoblissantes que l'on ne peut trouver que dans ce produit le plus merveilleux de l'âme humaine, la voix sublime de Dieu, le Vedanta (la philosophie de la connaissance ultime) ?
En même temps, je dois remarquer que ce que j'entends par l'action de notre religion sur les nations en dehors de l'Inde ne comprend que les principes, l'arrière-plan, le fondement sur lequel cette religion est bâtie. Les détails du fonctionnement, les points minutieux qui ont été élaborés à travers des siècles de nécessité sociale, les petits raisonnements sur les manières, les coutumes et le bien-être social, ne trouvent pas à juste titre leur place dans la catégorie de la religion. Nous savons que dans nos livres une distinction claire est faite entre deux ensembles de vérités. L'un est celui qui demeure à jamais, étant fondé sur la nature de l'homme, la nature de l'âme, la relation de l'âme avec Dieu, la nature de Dieu, la perfection, et ainsi de suite ; il y a aussi les principes de cosmologie, de l'infinité de la création, ou plus exactement de la projection, la loi merveilleuse de la procession cyclique, et ainsi de suite — ce sont les principes éternels fondés sur les lois universelles de la nature. L'autre ensemble comprend les lois mineures qui guidaient le fonctionnement de notre vie quotidienne. Elles appartiennent plus proprement aux Puranas, aux Smritis, et non aux Shrutis. Celles-ci n'ont rien à voir avec les autres principes. Même dans notre propre nation, ces lois mineures n'ont cessé de changer. Les coutumes d'un âge, d'un Yuga, n'ont pas été les coutumes d'un autre, et à mesure que Yuga succède à Yuga, elles devront encore changer. De grands Rishis apparaîtront et nous guideront vers des coutumes et des mœurs adaptées aux nouveaux environnements.
Les grands principes qui sous-tendent toute cette vue merveilleuse, infinie, ennoblissante et expansive de l'homme, de Dieu et du monde ont été produits en Inde. En Inde seule, l'homme ne s'est pas dressé pour combattre pour un petit dieu tribal en disant : « Mon Dieu est vrai et le vôtre ne l'est pas ; battons-nous à ce sujet. » C'est seulement ici que de telles idées de combattre pour de petits dieux ne sont pas venues à l'esprit. Ces grands principes fondamentaux, étant fondés sur la nature éternelle de l'homme, sont aussi puissants aujourd'hui pour travailler au bien de la race humaine qu'ils l'étaient il y a des milliers d'années, et ils le resteront aussi longtemps que cette terre subsistera, aussi longtemps que la loi du karma subsistera, aussi longtemps que nous naîtrons en tant qu'individus et devrons accomplir notre propre destinée par notre propre pouvoir individuel.
Et par-dessus tout, ce que l'Inde a à donner au monde est ceci. Si nous observons la croissance et le développement des religions dans les différentes races, nous trouverons toujours que chaque tribu au commencement a un dieu qui lui est propre. Si les tribus sont alliées entre elles, ces dieux auront un nom générique, comme par exemple tous les dieux babyloniens en avaient un. Quand les Babyloniens étaient divisés en de nombreuses races, ils avaient le nom générique de Baal, tout comme les races juives avaient différents dieux avec le nom commun de Moloch ; et en même temps vous trouverez que l'une de ces tribus devient supérieure aux autres et prétend que son propre roi est le roi de toutes. De là il s'ensuit naturellement qu'elle veut aussi conserver son propre dieu comme le dieu de toutes les races. Baal-Merodach, disaient les Babyloniens, était le plus grand dieu ; tous les autres étaient inférieurs. Moloch-Yahvé était supérieur à tous les autres Molochs. Et ces questions devaient être tranchées par le sort des batailles. La même lutte a eu lieu ici aussi. En Inde, les mêmes dieux rivaux avaient lutté entre eux pour la suprématie, mais la grande bonne fortune de ce pays et du monde fut qu'au milieu du tumulte et de la confusion s'éleva une voix qui déclara : एकं सद्विप्रा बहुधा वदन्ति — « Ce qui existe est Un ; les sages l'appellent de noms divers. » Ce n'est pas que Shiva soit supérieur à Vishnu, ni que Vishnu soit tout et Shiva rien, mais c'est le même Être unique que vous appelez soit Shiva, soit Vishnu, soit par cent autres noms. Les noms sont différents, mais c'est le même Être unique. Toute l'histoire de l'Inde peut se lire dans ces quelques mots. Toute l'histoire a été une répétition en un langage grandiose, avec une puissance formidable, de cette unique doctrine centrale. Elle a été répétée dans ce pays jusqu'à ce qu'elle soit entrée dans le sang de la nation, jusqu'à ce qu'elle frémisse avec chaque goutte de sang qui coulait dans ses veines, jusqu'à ce qu'elle devienne une avec la vie, partie intégrante de la matière dont elle était composée ; et ainsi ce pays fut transmué en la terre de tolérance la plus merveilleuse, donnant le droit d'accueillir les diverses religions aussi bien que toutes les sectes dans la vieille mère patrie.
Et c'est là l'explication du phénomène le plus remarquable qui ne se voit qu'ici — toutes les diverses sectes, apparemment irrémédiablement contradictoires, vivant pourtant dans une telle harmonie. Vous pouvez être dualiste, et je puis être moniste. Vous pouvez croire que vous êtes l'éternel serviteur de Dieu, et je puis déclarer que je suis un avec Dieu Lui-même ; et pourtant nous sommes tous deux de bons hindous. Comment cela est-il possible ? Lisez alors : एकं सद्विप्रा बहुधा वदन्ति — « Ce qui existe est Un ; les sages l'appellent de noms divers. » Par-dessus tout, mes compatriotes, c'est là la seule grande vérité que nous avons à enseigner au monde. Même les gens les plus instruits des autres pays relèvent le nez à un angle de quarante-cinq degrés et qualifient notre religion d'idolâtrie. Je l'ai vu ; et ils ne se sont jamais arrêtés pour penser à la masse de superstition qui se trouvait dans leurs propres têtes. C'est encore ainsi partout, ce formidable sectarisme, cette basse étroitesse d'esprit. La chose qu'un homme possède est la seule qui vaille la peine d'être possédée ; la seule vie qui vaille la peine d'être vécue est sa propre petite vie de culte du dollar et de culte de Mammon ; la seule petite possession qui vaille la peine d'être possédée est sa propre propriété, et rien d'autre. S'il peut fabriquer un petit non-sens en argile ou inventer une machine, cela doit être admiré au-delà des plus grandes possessions. Voilà le cas dans le monde entier en dépit de l'éducation et du savoir. Mais l'éducation est encore à naître dans le monde, et la civilisation — la civilisation n'a encore commencé nulle part. Quatre-vingt-dix-neuf virgule neuf pour cent de la race humaine sont plus ou moins des sauvages, même aujourd'hui. Nous pouvons lire ces choses dans les livres, et nous entendons parler de tolérance en religion et de tout cela, mais il y en a encore très peu dans le monde ; prenez mon expérience pour cela. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent n'y pensent même pas. Il y a encore une formidable persécution religieuse dans chaque pays où j'ai été, et les mêmes vieilles objections sont soulevées contre le fait d'apprendre quoi que ce soit de nouveau. Le peu de tolérance qui existe dans le monde, le peu de sympathie qui existe encore dans le monde pour la pensée religieuse, se trouve pratiquement ici, dans la terre des Aryens, et nulle part ailleurs. C'est ici que les Indiens construisent des temples pour les musulmans et les chrétiens ; nulle part ailleurs. Si vous allez dans d'autres pays et demandez aux musulmans ou aux gens d'autres religions de construire un temple pour vous, voyez comment ils vous aideront. Ils essaieront plutôt de démolir votre temple et vous avec, s'ils le peuvent. La seule grande leçon, par conséquent, dont le monde a le plus besoin, que le monde a encore à apprendre de l'Inde, est l'idée non seulement de tolérance, mais de sympathie. Il a été bien dit dans le Mahimnah-stotra : « De même que les différentes rivières, prenant leur source de différentes montagnes, coulant droit ou sinueusement, finissent toutes par aboutir à l'océan, de même, ô Shiva, les différents chemins que les hommes empruntent par des tendances différentes, si variés qu'ils paraissent, tortueux ou droits, mènent tous à Toi. » Bien qu'ils puissent emprunter des routes variées, tous sont en chemin. Certains courent un peu de travers, d'autres courent droit, mais finalement tous arriveront au Seigneur, l'Unique. Alors et alors seulement votre bhakti envers Shiva est complète, lorsque non seulement vous Le voyez dans le Linga, mais que vous Le voyez partout. Il est le sage, il est l'amant de Hari, celui qui voit Hari en toute chose et en chacun. Si vous êtes un véritable amant de Shiva, vous devez Le voir en toute chose et en chacun. Vous devez voir que toute adoration Lui est offerte, quel que soit le nom ou la forme ; que tous les genoux qui se plient vers la Kaaba, ou qui s'agenouillent dans une église chrétienne, ou dans un temple bouddhiste, s'agenouillent devant Lui, qu'ils le sachent ou non, qu'ils en soient conscients ou non ; que sous quelque nom ou forme qu'elles soient offertes, toutes ces fleurs sont déposées à Ses pieds ; car Il est le seul Seigneur de tout, la seule Âme de toutes les âmes. Il sait infiniment mieux que vous ou moi ce dont ce monde a besoin. Il est impossible que toute différence cesse ; elle doit exister ; sans variation la vie doit cesser. C'est ce choc, cette différenciation de la pensée qui engendre la lumière, le mouvement, toute chose. La différenciation, infiniment contradictoire, doit demeurer, mais il n'est pas nécessaire que nous nous haïssions pour autant ; il n'est pas nécessaire pour cela que nous nous combattions.
C'est pourquoi nous devons de nouveau apprendre cette unique vérité centrale qui n'a été prêchée qu'ici, dans notre Mère Patrie, et qui doit être prêchée une fois encore depuis l'Inde. Pourquoi ? Parce que non seulement elle est dans nos livres, mais elle traverse chaque phase de notre littérature nationale et se trouve dans la vie nationale. Ici et ici seul elle est pratiquée chaque jour, et tout homme qui a les yeux ouverts peut voir qu'elle est pratiquée ici et ici seul. Ainsi nous devons enseigner la religion. Il y a d'autres leçons, plus élevées, que l'Inde peut enseigner, mais elles ne sont que pour les savants. Les leçons de douceur, de bonté, de patience, de tolérance, de sympathie et de fraternité, chacun peut les apprendre, que ce soit un homme, une femme ou un enfant, instruit ou ignorant, sans distinction de race, de caste ou de credo. « Ils T'appellent de noms divers ; Tu es Un. »
English
FIRST PUBLIC LECTURE IN THE EAST
(Delivered in Colombo)
After his memorable work in the West, Swami Vivekananda landed at Colombo on the afternoon of January 15, 1897, and was given a right royal reception by the Hindu community there. The following address of welcome was then presented to him:
SRIMAT VIVEKANANDA SWAMI
Revered Sir,
In pursuance of a resolution passed at a public meeting of the Hindus of the city of Colombo, we beg to offer you a hearty welcome to this Island. We deem it a privilege to be the first to welcome you on your return home from your great mission in the West.
We have watched with joy and thankfulness the success with which the mission has, under God's blessing, been crowned. You have proclaimed to the nations of Europe and America the Hindu ideal of a universal religion, harmonising all creeds, providing spiritual food for each soul according to its needs, and lovingly drawing it unto God. You have preached the Truth and the Way, taught from remote ages by a succession of Masters whose blessed feet have walked and sanctified the soil of India, and whose gracious presence and inspiration have made her, through all her vicissitudes, the Light of the World.
To the inspiration of such a Master, Shri Ramakrishna Paramahamsa Deva, and to your self-sacrificing zeal, Western nations owe the priceless boon of being placed in living contact with the spiritual genius of India, while to many of our own countrymen, delivered from the glamour of Western civilisation, the value of Our glorious heritage has been brought home.
By your noble work and example you have laid humanity under an obligation difficult to repay, and you have shed fresh lustre upon our Motherland. We pray that the grace of God may continue to prosper you and your work, and
We remain, Revered Sir,
Yours faithfully,
for and on behalf of the Hindus of Colombo,
P. Coomara Swamy ,
Member of the Legislative Council of Ceylon,
Chairman of the Meeting.
A. Kulaveerasingham , Secretary.
Colombo, January, 1897.
The Swami gave a brief reply, expressing his appreciation of the kind welcome he had received. He took advantage of the opportunity to point out that the demonstration had not been made in honour of a great politician, or a great soldier, or a millionaire, but of a begging Sannyâsin, showing the tendency of the Hindu mind towards religion. He urged the necessity of keeping religion as the backbone of the national life if the nation were to live, and disclaimed any personal character for the welcome he had received, but insisted upon its being the recognition of a principle.
On the evening of the 16th the Swami gave the following public lecture in the Floral Hall:
What little work has been done by me has not been from any inherent power that resides in me, but from the cheers, the goodwill, the blessings that have followed my path in the West from this our very beloved, most sacred, dear Motherland. Some good has been done, no doubt, in the West, but specially to myself; for what before was the result of an emotional nature, perhaps, has gained the certainty of conviction and attained the power and strength of demonstration. Formerly I thought as every Hindu thinks, and as the Hon. President has just pointed out to you, that this is the Punya Bhumi, the land of Karma. Today I stand here and say, with the conviction of truth, that it is so. If there is any land on this earth that can lay claim to be the blessed Punya Bhumi, to be the land to which all souls on this earth must come to account for Karma, the land to which every soul that is wending its way Godward must come to attain its last home, the land where humanity has attained its highest towards gentleness, towards generosity, towards purity, towards calmness, above all, the land of introspection and of spirituality — it is India. Hence have started the founders of religions from the most ancient times, deluging the earth again and again with the pure and perennial waters of spiritual truth. Hence have proceeded the tidal waves of philosophy that have covered the earth, East or West, North or South, and hence again must start the wave which is going to spiritualise the material civilisation of the world. Here is the life-giving water with which must be quenched the burning fire of materialism which is burning the core of the hearts of millions in other lands. Believe me, my friends, this is going to be.
So much I have seen, and so far those of you who are students of the history of races are already aware of this fact. The debt which the world owes to our Motherland is immense. Taking country with country, there is not one race on this earth to which the world owes so much as to the patient Hindu, the mild Hindu. "The mild Hindu" sometimes is used as an expression of reproach; but if ever a reproach concealed a wonderful truth, it is in the term, "the mild Hindu", who has always been the blessed child of God. Civilisations have arisen in other parts of the world. In ancient times and in modern times, great ideas have emanated from strong and great races. In ancient and in modern times, wonderful ideas have been carried forward from one race to another. In ancient and in modern times, seeds of great truth and power have been cast abroad by the advancing tides of national life; but mark you, my friends, it has been always with the blast of war trumpets and with the march of embattled cohorts. Each idea had to be soaked in a deluge of blood. Each idea had to wade through the blood of millions of our fellow-beings. Each word of power had to be followed by the groans of millions, by the wails of orphans, by the tears of widows. This, in the main, other nations have taught; but India has for thousands of years peacefully existed. Here activity prevailed when even Greece did not exist, when Rome was not thought of, when the very fathers of the modern Europeans lived in the forests and painted themselves blue. Even earlier, when history has no record, and tradition dares not peer into the gloom of that intense past, even from then until now, ideas after ideas have marched out from her, but every word has been spoken with a blessing behind it and peace before it. We, of all nations of the world, have never been a conquering race, and that blessing is on our head, and therefore we live.
There was a time when at the sound of the march of big Greek battalions the earth trembled. Vanished from off the face of the earth, with not every a tale left behind to tell, gone is that ancient land of the Greeks. There was a time when the Roman Eagle floated over everything worth having in this world; everywhere Rome's power was felt and pressed on the head of humanity; the earth trembled at the name of Rome. But the Capitoline Hill is a mass of ruins, the spider weaves its web where the Caesars ruled. There have been other nations equally glorious that have come and gone, living a few hours of exultant and exuberant dominance and of a wicked national life, and then vanishing like ripples on the face of the waters. Thus have these nations made their mark on the face of humanity. But we live, and if Manu came back today he would not be bewildered, and would not find himself in a foreign land. The same laws are here, laws adjusted and thought out through thousands and thousands of years; customs, the outcome of the acumen of ages and the experience of centuries, that seem to be eternal; and as the days go by, as blow after blow of misfortune has been delivered upon them, such blows seem to have served one purpose only, that of making them stronger and more constant. And to find the centre of all this, the heart from which the blood flows, the mainspring of the national life, believe me when I say after my experience of the world, that it is here.
To the other nations of the world, religion is one among the many occupations of life. There is politics, there are the enjoyments of social life, there is all that wealth can buy or power can bring, there is all that the senses can enjoy; and among all these various occupations of life and all this searching after something which can give yet a little more whetting to the cloyed senses — among all these, there is perhaps a little bit of religion. But here, in India, religion is the one and the only occupation of life. How many of you know that there has been a Sino-Japanese War? Very few of you, if any. That there are tremendous political movements and socialistic movements trying to transform Western society, how many of you know? Very few indeed, if any. But that there was a Parliament of Religions in America, and that there was a Hindu Sannyâsin sent over there, I am astonished to find that even the cooly knows of it. That shows the way the wind blows, where the national life is. I used to read books written by globe-trotting travellers, especially foreigners, who deplored the ignorance of the Eastern masses, but I found out that it was partly true and at the same time partly untrue. If you ask a ploughman in England, or America, or France, or Germany to what party he belongs, he can tell you whether he belongs to the Radicals or the Conservatives, and for whom he is going to vote. In America he will say whether he is Republican or Democrat, and he even knows something about the silver question. But if you ask him about his religion, he will tell you that he goes to church and belongs to a certain denomination. That is all he knows, and he thinks it is sufficient.
Now, when we come to India, if you ask one of our ploughmen, "Do you know anything about politics?" He will reply, "What is that?" He does not understand the socialistic movements, the relation between capital and labour, and all that; he has never heard of such things in his life, he works hard and earns his bread. But you ask, "What is your religion?" he replies, "Look here, my friend, I have marked it on my forehead." He can give you a good hint or two on questions of religion. That has been my experience. That is our nation's life.
Individuals have each their own peculiarities, and each man has his own method of growth, his own life marked out for him by the infinite past life, by all his past Karma as we Hindus say. Into this world he comes with all the past on him, the infinite past ushers the present, and the way in which we use the present is going to make the future. Thus everyone born into this world has a bent, a direction towards which he must go, through which he must live, and what is true of the individual is equally true of the race. Each race, similarly, has a peculiar bent, each race has a peculiar raison d'être, each race has a peculiar mission to fulfil in the life of the world. Each race has to make its own result, to fulfil its own mission. Political greatness or military power is never the mission of our race; it never was, and, mark my words, it never will be. But there has been the other mission given to us, which is to conserve, to preserve, to accumulate, as it were, into a dynamo, all the spiritual energy of the race, and that concentrated energy is to pour forth in a deluge on the world whenever circumstances are propitious. Let the Persian or the Greek, the Roman, the Arab, or the Englishman march his battalions, conquer the world, and link the different nations together, and the philosophy and spirituality of India is ever ready to flow along the new-made channels into the veins of the nations of the world. The Hindu's calm brain must pour out its own quota to give to the sum total of human progress. India's gift to the world is the light spiritual.
Thus, in the past, we read in history that whenever there arose a greet conquering nation uniting the different races of the world, binding India with the other races, taking her out, as it were, from her loneliness and from her aloofness from the rest of the world into which she again and again cast herself, that whenever such a state has been brought about, the result has been the flooding of the world with Indian spiritual ideas. At the beginning of this century, Schopenhauer, the great German philosopher, studying from a not very clear translation of the Vedas made from an old translation into Persian and thence by a young Frenchman into Latin, says, "In the whole world there is no study so beneficial and so elevating as that of the Upanishads. It has been the solace of my life, it will be the solace of my death." This great German sage foretold that "The world is about to see a revolution in thought more extensive and more powerful than that which was witnessed by the Renaissance of Greek Literature", and today his predictions are coming to pass. Those who keep their eyes open, those who understand the workings in the minds of different nations of the West, those who are thinkers and study the different nations, will find the immense change that has been produced in the tone, the procedure, in the methods, and in the literature of the world by this slow, never-ceasing permeation of Indian thought.
But there is another peculiarity, as I have already hinted to you. We never preached our thoughts with fire and sword. If there is one word in the English language to represent the gift of India to the world, if there is one word in the English language to express the effect which the literature of India produces upon mankind, it is this one word, "fascination". It is the opposite of anything that takes you suddenly; it throws on you, as it were, a charm imperceptibly. To many, Indian thought, Indian manners; Indian customs, Indian philosophy, Indian literature are repulsive at the first sight; but let them persevere, let them read, let them become familiar with the great principles underlying these ideas, and it is ninety-nine to one that the charm will come over them, and fascination will be the result. Slow and silent, as the gentle dew that falls in the morning, unseen and unheard yet producing a most tremendous result, has been the work of the calm, patient, all-suffering spiritual race upon the world of thought.
Once more history is going to repeat itself. For today, under the blasting light of modern science, when old and apparently strong and invulnerable beliefs have been shattered to their very foundations, when special claims laid to the allegiance of mankind by different sects have been all blown into atoms and have vanished into air, when the sledge-hammer blows of modern antiquarian researches are pulverising like masses of porcelain all sorts of antiquated orthodoxies, when religion in the West is only in the hands of the ignorant and the knowing ones look down with scorn upon anything belonging to religion, here comes to the fore the philosophy of India, which displays the highest religious aspirations of the Indian mind, where the grandest philosophical facts have been the practical spirituality of the people. This naturally is coming to the rescue, the idea of the oneness of all, the Infinite, the idea of the Impersonal, the wonderful idea of the eternal soul of man, of the unbroken continuity in the march of beings, and the infinity of the universe. The old sects looked upon the world as a little mud-puddle and thought that time began but the other day. It was there in our old books, and only there that the grand idea of the infinite range of time, space, and causation, and above all, the infinite glory of the spirit of man governed all the search for religion. When the modern tremendous theories of evolution and conservation of energy and so forth are dealing death blows to all sorts of crude theologies, what can hold any more the allegiance of cultured humanity but the most wonderful, convincing, broadening, and ennobling ideas that can be found only in that most marvellous product of the soul of man, the wonderful voice of God, the Vedanta?
At the same time, I must remark that what I mean by our religion working upon the nations outside of India comprises only the principles, the background, the foundation upon which that religion is built. The detailed workings, the minute points which have been worked out through centuries of social necessity, little ratiocinations about manners and customs and social well-being, do not rightly find a place in the category of religion. We know that in our books a clear distinction is made between two sets of truths. The one set is that which abides for ever, being built upon the nature of man, the nature of the soul, the soul's relation to God, the nature of God, perfection, and so on; there are also the principles of cosmology, of the infinitude of creation, or more correctly speaking — projection, the wonderful law of cyclical procession, and so on — these are the eternal principles founded upon the universal laws in nature. The other set comprises the minor laws which guided the working of our everyday life They belong more properly to the Purânas, to the Smritis, and not to the Shrutis. These have nothing to do with the other principles. Even in our own nation these minor laws have been changing all the time. Customs of one age, of one Yuga, have not been the customs of another, and as Yuga comes after Yuga, they will still have to change. Great Rishis will appear and lead us to customs and manners that are suited to new environments.
The great principles underlying all this wonderful, infinite, ennobling, expansive view of man and God and the world have been produced in India. In India alone man has not stood up to fight for a little tribal God, saying "My God is true and yours is not true; let us have a good fight over it." It was only here that such ideas did not occur as fighting for little gods. These great underlying principles, being based upon the eternal nature of man, are as potent today for working for the good of the human race as they were thousands of years ago, and they will remain so, so tong as this earth remains, so long as the law of Karma remains, so long as we are born as individuals and have to work out our own destiny by our individual power.
And above all, what India has to give to the world is this. If we watch the growth and development of religions in different races, we shall always find this that each tribe at the beginning has a god of its own. If the tribes are allied to each other, these gods will have a generic name, as for example, all the Babylonian gods had. When the Babylonians were divided into many races, they had the generic name of Baal, just as the Jewish races had different gods with the common name of Moloch; and at the same time you will find that one of these tribes becomes superior to the rest, and lays claim to its own king as the king over all. Therefrom it naturally follows that it also wants to preserve its own god as the god of all the races. Baal-Merodach, said the Babylonians, was the greatest god; all the others were inferior. Moloch-Yahveh was the superior over all other Molochs. And these questions had to be decided by the fortunes of battle. The same struggle was here also. In India the same competing gods had been struggling with each other for supremacy, but the great good fortune of this country and of the world was that there came out in the midst of the din and confusion a voice which declared एकं सद्विप्रा बहुधा वदन्ति — "That which exists is One; sages call It by various names." It is not that Shiva is superior to Vishnu, not that Vishnu is everything and Shiva is nothing, but it is the same one whom you call either Shiva, or Vishnu, or by a hundred other names. The names are different, but it is the same one. The whole history of India you may read in these few words. The whole history has been a repetition in massive language, with tremendous power, of that one central doctrine. It was repeated in the land till it had entered into the blood of the nation, till it began to tingle with every drop of blood that flowed in its veins, till it became one with the life, part and parcel of the material of which it was composed; and thus the land was transmuted into the most wonderful land of toleration, giving the right to welcome the various religions as well as all sects into the old mother-country.
And herein is the explanation of the most remarkable phenomenon that is only witnessed here — all the various sects, apparently hopelessly contradictory, yet living in such harmony. You may be a dualist, and I may be a monist. You may believe that you are the eternal servant of God, and I may declare that I am one with God Himself; yet both of us are good Hindus. How is that possible? Read then एकं सद्विप्रा बहुधा वदन्ति — "That which exists is One; sages call It by various names." Above all others, my countrymen, this is the one grand truth that we have to teach to the world. Even the most educated people of other countries turn up their noses at an angle of forty-five degrees and call our religion idolatry. I have seen that; and they never stopped to think what a mass of superstition there was in their own heads. It is still so everywhere, this tremendous sectarianism, the low narrowness of the mind. The thing which a man has is the only thing worth having; the only life worth living is his own little life of dollar-worship and mammon-worship; the only little possession worth having is his own property, and nothing else. If he can manufacture a little clay nonsense or invent a machine, that is to be admired beyond the greatest possessions. That is the case over the whole world in spite of education and learning. But education has yet to be in the world, and civilisation — civilisation has begun nowhere yet. Ninety-nine decimal nine per cent of the human race are more or less savages even now. We may read of these things in books, and we hear of toleration in religion and all that, but very little of it is there yet in the world; take my experience for that. Ninety-nine per cent do not even think of it. There is tremendous religious persecution yet in every country in which I have been, and the same old objections are raised against learning anything new. The little toleration that is in the world, the little sympathy that is yet in the world for religious thought, is practically here in the land of the Aryan, and nowhere else. It is here that Indians build temples for Mohammedans and Christians; nowhere else. If you go to other countries and ask Mohammedans or people of other religions to build a temple for you, see how they will help. They will instead try to break down your temple and you too if they can. The one great lesson, therefore, that the world wants most, that the world has yet to learn from India, is the idea not only of toleration, but of sympathy. Well has it been said in the Mahimnah-stotra: "As the different rivers, taking their start from different mountains, running straight or crooked, at last come unto the ocean, so, O Shiva, the different paths which men take through different tendencies, various though they appear, crooked or straight, all lead unto These." Though they may take various roads, all are on the ways. Some may run a little crooked, others may run straight, but at last they will all come unto the Lord, the One. Then and then alone, is your Bhakti of Shiva complete when you not only see Him in the Linga, but you see Him everywhere. He is the sage, he is the lover of Hari who sees Hari in everything and in everyone. If you are a real lover of Shiva, you must see Him in everything and in everyone. You must see that every worship is given unto Him whatever may be the name or the form; that all knees bending towards the Caaba, or kneeling in a Christian church, or in a Buddhist temple are kneeling to Him whether they know it or not, whether they are conscious of it or not; that in whatever name or form they are offered, all these flowers are laid at His feet; for He is the one Lord of all, the one Soul of all souls. He knows infinitely better what this world wants than you or I. It is impossible that all difference can cease; it must exist; without variation life must cease. It is this clash, the differentiation of thought that makes for light, for motion, for everything. Differentiation, infinitely contradictory, must remain, but it is not necessary that we should hate each other therefore; it is not necessary therefore that we should fight each other.
Therefore we have again to learn the one central truth that was preached only here in our Motherland, and that has to be preached once more from India. Why? Because not only is it in our books, but it runs through every phase of our national literature and is in the national life. Here and here alone is it practiced every day, and any man whose eyes are open can see that it is practiced here and here alone. Thus we have to teach religion. There are other and higher lessons that India can teach, but they are only for the learned. The lessons of mildness, gentleness, forbearance, toleration, sympathy, and brotherhood, everyone may learn, whether man, woman, or child, learned or unlearned, without respect of race, caste, or creed. "They call Thee by various names; Thou art One."
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.