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Le secret ouvert

Volume2 lecture
3,020 mots · 12 min de lecture · Practical Vedanta and other lectures

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Français

LE SECRET OUVERT

(Prononcé à Los Angeles, Californie, le 5 janvier 1900)

De quelque côté que nous nous tournions en essayant de comprendre les choses dans leur réalité, si nous analysons assez loin, nous constatons qu'en fin de compte nous arrivons à un état de choses particulier, apparemment une contradiction : quelque chose que notre raison ne peut saisir et qui est pourtant un fait. Nous prenons quelque chose — nous savons que c'est fini ; mais dès que nous commençons à l'analyser, cela nous mène au-delà de notre raison, et nous ne trouvons jamais de fin à toutes ses qualités, ses possibilités, ses pouvoirs, ses relations. C'est devenu infini. Prenez même une fleur ordinaire, qui est bien assez finie ; mais qui est là pour dire qu'il connaît tout de la fleur ? Il n'y a aucune possibilité pour quiconque d'arriver au bout de la connaissance de cette seule fleur. La fleur est devenue infinie — la fleur qui était finie au départ. Prenez un grain de sable. Analysez-le. Nous partons de l'hypothèse qu'il est fini, et finalement nous constatons qu'il ne l'est pas, qu'il est infini ; et pourtant, nous l'avons considéré comme fini. La fleur est traitée de même comme quelque chose de fini.

Il en est ainsi de toutes nos pensées et expériences, physiques et mentales. Nous commençons, nous pouvons le penser, à petite échelle, et les saisissons comme de petites choses ; mais très vite elles échappent à notre connaissance et plongent dans l'abîme de l'infini. Et la chose la plus grande et la première que l'on perçoive, c'est nous-mêmes. Nous sommes aussi dans le même dilemme quant à l'existence. Nous existons. Nous voyons que nous sommes des êtres finis. Nous vivons et nous mourons. Notre horizon est étroit. Nous sommes ici, limités, confrontés à l'univers tout autour. La nature peut nous anéantir en un instant. Nos petits corps tiennent tout juste ensemble, prêts à se désagréger à tout moment. Nous le savons. Dans le domaine de l'action, combien nous sommes impuissants ! Notre volonté est contrecarrée à chaque tournant. Tant de choses que nous voulons faire, et combien peu nous en pouvons faire ! Il n'y a pas de limite à notre vouloir. Nous pouvons tout vouloir, tout désirer, nous pouvons désirer aller à l'étoile du Chien. Mais combien peu de nos désirs peuvent être réalisés ! Le corps ne le permet pas. Eh bien, la nature s'oppose à l'accomplissement de notre volonté. Nous sommes faibles. Ce qui est vrai de la fleur, du grain de sable, du monde physique et de chaque pensée, est cent fois plus vrai de nous-mêmes. Nous sommes aussi dans le même dilemme de l'existence, étant finis et infinis en même temps. Nous sommes comme des vagues dans l'océan ; la vague est l'océan et pourtant n'est pas l'océan. Il n'y a aucune partie de la vague dont on ne puisse dire : « C'est l'océan. » Le nom « océan » s'applique à la vague et également à toute autre partie de l'océan, et pourtant elle est séparée de l'océan. Ainsi, dans cet océan infini d'existence, nous sommes comme de petites vagues. En même temps, quand nous voulons vraiment nous saisir nous-mêmes, nous ne le pouvons pas — nous sommes devenus l'infini.

Nous semblons marcher dans des rêves. Les rêves vont très bien dans un esprit de rêve ; mais dès que vous voulez en saisir un, il a disparu. Pourquoi ? Non pas parce qu'il était faux, mais parce qu'il est au-delà du pouvoir de la raison, du pouvoir de l'intellect, de le comprendre. Tout dans cette vie est si vaste que l'intellect n'est rien en comparaison. Cela refuse d'être lié par les lois de l'intellect ! Cela rit de la servitude que l'intellect veut étendre autour de lui. Et mille fois plus encore en est-il ainsi de l'âme humaine. « Nous-mêmes » — voilà le plus grand mystère de l'univers.

Comme tout cela est merveilleux ! Regardez l'œil humain. Comme il peut être facilement détruit, et pourtant les plus grands soleils n'existent que parce que vos yeux les voient. Le monde existe parce que vos yeux certifient qu'il existe. Songez à ce mystère ! Ces pauvres petits yeux ! Une lumière forte, ou une épingle, peuvent les détruire. Et pourtant les engins de destruction les plus puissants, les cataclysmes les plus dévastateurs, les existences les plus prodigieuses, des millions de soleils et d'étoiles et de lunes et de terres — tout cela dépend pour leur existence de ces deux petites choses, et doit être certifié par elles ! Elles disent : « Nature, tu existes », et nous croyons que la nature existe. Il en est de même de tous nos sens.

Qu'est-ce que cela ? Où est la faiblesse ? Qui est fort ? Qu'est-ce qui est grand et qu'est-ce qui est petit ? Qu'est-ce qui est haut et qu'est-ce qui est bas dans cette merveilleuse interdépendance de l'existence où le plus petit atome est nécessaire à l'existence du tout ? Qui est grand et qui est petit ? C'est impossible à déterminer ! Et pourquoi ? Parce que rien n'est grand et rien n'est petit. Toutes les choses sont pénétrées par cet océan infini ; leur réalité est cet infini ; et tout ce qui existe à la surface n'est que cet infini. L'arbre est infini ; il en est de même de tout ce que vous voyez ou sentez — chaque grain de sable, chaque pensée, chaque âme, tout ce qui existe est infini. L'infini est fini et le fini est infini. Telle est notre existence.

Or, tout cela peut être vrai, mais tout ce tâtonnement vers l'Infini est présentement en grande partie inconscient. Ce n'est pas que nous ayons oublié notre nature infinie : nul ne peut jamais le faire. Qui peut jamais penser qu'il peut être anéanti ? Qui peut penser qu'il mourra ? Personne. Toute notre relation à l'Infini agit en nous inconsciemment. D'une certaine manière, donc, nous oublions notre être réel, et de là vient toute cette misère.

Dans la vie quotidienne pratique, nous sommes blessés par de petites choses ; nous sommes asservis par de petits êtres. La misère vient parce que nous pensons que nous sommes finis — que nous sommes de petits êtres. Et pourtant, qu'il est difficile de croire que nous sommes des êtres infinis ! Au milieu de toute cette misère et de ces difficultés, quand une petite chose peut me faire perdre l'équilibre, je dois prendre soin de croire que je suis infini. Et le fait est que nous le sommes, et que consciemment ou inconsciemment nous cherchons tous quelque chose qui est infini ; nous cherchons toujours quelque chose qui est libre.

Il n'y a jamais eu de race humaine qui n'eût une religion et n'adorât quelque sorte de Dieu ou de dieux. Que le Dieu ou les dieux aient existé ou non n'est pas la question ; mais quelle est l'analyse de ce phénomène psychologique ? Pourquoi le monde entier essaie-t-il de trouver, ou cherche-t-il un Dieu ? Pourquoi ? Parce que malgré toute cette servitude, malgré la nature et cette formidable énergie de la loi qui nous écrase, ne nous permettant jamais de nous tourner d'aucun côté — partout où nous allons, quoi que nous voulions faire, nous sommes contrecarrés par cette loi qui est partout — malgré tout cela, l'âme humaine n'oublie jamais sa liberté et la cherche toujours. La quête de la liberté est la quête de toutes les religions ; qu'elles le sachent ou non, qu'elles puissent la formuler bien ou mal, l'idée est là. Même l'homme le plus humble, le plus ignorant, cherche quelque chose qui ait pouvoir sur les lois de la nature. Il veut voir un démon, un fantôme, un dieu — quelqu'un qui puisse soumettre la nature, pour qui la nature ne soit pas toute-puissante, pour qui il n'y ait pas de loi. « Oh, si seulement quelqu'un pouvait briser la loi ! » Voilà le cri qui monte du cœur humain. Nous cherchons toujours quelqu'un qui brise la loi. La locomotive lancée file sur les rails ; le petit ver rampe hors de son chemin. Nous disons aussitôt : « La locomotive est de la matière morte, une machine ; et le ver est vivant », parce que le ver a tenté de briser la loi. La locomotive, avec toute sa puissance et sa force, ne peut jamais briser la loi. Elle est faite pour aller dans la direction que l'homme veut, et elle ne peut faire autrement ; mais le ver, si petit et si humble soit-il, a tenté de briser la loi et d'éviter le danger. Il a essayé de s'affirmer contre la loi, d'affirmer sa liberté ; et là était le signe du futur Dieu en lui.

Partout nous voyons cette affirmation de la liberté, cette liberté de l'âme. Elle se reflète dans chaque religion sous la forme de Dieu ou de dieux ; mais c'est encore tout extérieur — pour ceux qui ne voient les dieux qu'au-dehors. L'homme décréta qu'il n'était rien. Il craignait de ne pouvoir jamais être libre ; alors il alla chercher quelqu'un en dehors de la nature qui fût libre. Puis il pensa qu'il y avait beaucoup et beaucoup de ces êtres libres, et graduellement il les fondit tous en un seul Dieu des dieux et Seigneur des seigneurs. Même cela ne le satisfit pas. Il se rapprocha un peu de la vérité, un peu plus ; et puis graduellement il découvrit que, quoi qu'il fût, il était d'une certaine manière relié au Dieu des dieux et au Seigneur des seigneurs ; que lui, bien qu'il se crût lié, humble et faible, était d'une certaine manière relié à ce Dieu des dieux. Puis des visions lui vinrent ; la pensée s'éleva et la connaissance progressa. Et il commença à se rapprocher de plus en plus de ce Dieu, et finalement découvrit que Dieu et tous les dieux, tout ce phénomène psychologique lié à la quête d'une âme libre et toute-puissante, n'était que le reflet de sa propre idée de lui-même. Et alors, enfin, il découvrit qu'il n'était pas seulement vrai que « Dieu créa l'homme à Son image », mais aussi que l'homme avait créé Dieu à sa propre image. Cela fit émerger l'idée de la liberté divine. L'Être Divin avait toujours été au-dedans, le plus proche des proches. Lui que nous avions toujours cherché au-dehors, nous découvrîmes enfin qu'Il est dans le cœur de nos cœurs. Vous connaissez peut-être l'histoire de l'homme qui prit les battements de son propre cœur pour quelqu'un frappant à la porte, alla à la porte et l'ouvrit, mais ne trouva personne, et revint. De nouveau il lui sembla entendre frapper à la porte, mais personne n'était là. Alors il comprit que c'étaient les battements de son propre cœur, et qu'il les avait mal interprétés comme un coup frappé à la porte. De même, l'homme après ses recherches découvre que cette liberté infinie qu'il plaçait dans son imagination tout ce temps dans la nature extérieure est le sujet intérieur, l'Âme éternelle des âmes ; cette Réalité, c'est lui-même.

Ainsi, enfin, il en vient à reconnaître cette merveilleuse dualité de l'existence : le sujet, infini et fini en un — l'Être Infini est aussi la même âme finie. L'Infini est pris, pour ainsi dire, dans les mailles de l'intellect et se manifeste apparemment comme des êtres finis, mais la réalité demeure inchangée.

Ceci est donc la vraie connaissance : que l'Âme de nos âmes, la Réalité qui est en nous, est Ce qui est immuable, éternel, toujours bienheureux, toujours libre. C'est le seul terrain solide sur lequel nous puissions nous tenir.

Ceci est donc la fin de toute mort, l'avènement de toute immortalité, la fin de toute misère. Et celui qui voit ce Un parmi la multitude, ce Un immuable dans l'univers du changement, celui qui Le voit comme l'Âme de son âme, à lui appartient la paix éternelle — à nul autre.

Et au milieu des profondeurs de la misère et de la dégradation, l'Âme envoie un rayon de lumière, et l'homme se réveille et découvre que ce qui est réellement sien, il ne peut jamais le perdre. Non, nous ne pouvons jamais perdre ce qui est réellement nôtre. Qui peut perdre son être ? Qui peut perdre son existence même ? Si je suis bon, c'est l'existence d'abord, et ensuite elle se colore de la qualité de bonté. Si je suis mauvais, c'est l'existence d'abord, et elle se colore de la qualité de méchanceté. Cette existence est première, dernière et toujours ; elle n'est jamais perdue, mais toujours présente.

Par conséquent, il y a de l'espoir pour tous. Nul ne peut mourir ; nul ne peut être dégradé pour toujours. La vie n'est qu'un terrain de jeu, si grossier que soit le jeu. Quels que soient les coups que nous recevions, et si malmenés que nous soyons, l'Âme est là et n'est jamais blessée. Nous sommes cet Infini.

Ainsi chantait un védantin : « Je n'ai jamais eu peur ni doute. La mort ne m'est jamais venue. Je n'ai jamais eu père ni mère : car je n'ai jamais été né. Où sont mes ennemis ? — car je suis le Tout. Je suis l'Existence, la Connaissance et la Béatitude Absolues. Je suis Cela. Je suis Cela. La colère, la convoitise et la jalousie, les mauvaises pensées et toutes ces choses ne m'ont jamais atteint ; car je suis l'Existence, la Connaissance, la Béatitude Absolue. Je suis Cela. Je suis Cela. »

Voilà le remède pour toute maladie, le nectar qui guérit la mort. Nous sommes ici dans ce monde, et notre nature se rebelle contre lui. Mais répétons : « Je suis Cela ; je suis Cela. Je n'ai ni peur, ni doute, ni mort. Je n'ai ni sexe, ni croyance, ni couleur. Quelle croyance puis-je avoir ? À quelle secte devrais-je appartenir ? Quelle secte peut me contenir ? Je suis dans chaque secte ! »

Si fort que le corps se rebelle, si fort que l'esprit se rebelle, au milieu des ténèbres les plus extrêmes, au milieu des tortures les plus atroces, dans le désespoir le plus profond, répétez cela, une fois, deux fois, trois fois, encore et toujours. La lumière vient doucement, lentement, mais sûrement elle vient.

Bien des fois je me suis trouvé aux portes de la mort, affamé, les pieds endoloris, épuisé ; pendant des jours et des jours je n'avais pas eu de nourriture, et souvent je ne pouvais plus marcher ; je m'effondrais sous un arbre, et la vie semblait s'éteindre. Je ne pouvais parler, je pouvais à peine penser, mais enfin l'esprit revenait à l'idée : « Je n'ai ni peur ni mort ; je n'ai jamais faim ni soif. Je suis Cela ! Je suis Cela ! Toute la nature ne peut m'écraser ; elle est ma servante. Affirme ta force, ô Seigneur des seigneurs et Dieu des dieux ! Regagne ton empire perdu ! Lève-toi et marche et ne t'arrête pas ! » Et je me relevais, revigoré, et me voici, vivant, aujourd'hui. Ainsi, chaque fois que l'obscurité vient, affirmez la réalité et tout ce qui est adverse doit s'évanouir. Car, après tout, ce n'est qu'un rêve. Si hautes que les difficultés paraissent, si terribles et lugubres que toutes choses semblent, elles ne sont que Mâyâ (l'illusion cosmique). Ne craignez rien — elle est bannie. Écrasez-la, et elle s'évanouit. Piétinez-la, et elle meurt. N'ayez pas peur. Ne songez pas combien de fois vous échouez. Qu'importe. Le temps est infini. Allez de l'avant : affirmez-vous encore et encore, et la lumière doit venir. Vous pouvez prier tous ceux qui sont jamais nés, mais qui viendra à votre aide ? Et qu'en est-il du chemin de la mort dont nul ne connaît l'issue ? Aide-toi toi-même par toi-même. Nul autre ne peut t'aider, ami. Car toi seul es ton plus grand ennemi, toi seul es ton plus grand ami. Saisis le Soi, alors. Lève-toi. N'aie pas peur. Au milieu de toutes les misères et de toute la faiblesse, laisse le Soi se manifester, si faible et imperceptible soit-il au début. Tu gagneras du courage, et enfin comme un lion tu rugiras : « Je suis Cela ! Je suis Cela ! » « Je ne suis ni homme, ni femme, ni dieu, ni démon ; non, ni aucun des animaux, des plantes ou des arbres. Je ne suis ni pauvre ni riche, ni savant ni ignorant. Toutes ces choses sont bien peu comparées à ce que je suis : car je suis Cela ! Je suis Cela ! Contemplez le soleil et la lune et les étoiles : je suis la lumière qui brille en eux ! Je suis la beauté du feu ! Je suis la puissance dans l'univers ! Car je suis Cela ! Je suis Cela !

« Quiconque pense que je suis petit commet une erreur, car le Soi est tout ce qui existe. Le soleil existe parce que je déclare qu'il existe, le monde existe parce que je déclare qu'il existe. Sans moi ils ne sauraient subsister, car je suis l'Existence, la Connaissance et la Béatitude Absolues — toujours heureux, toujours pur, toujours beau. Voyez, le soleil est la cause de notre vision, mais il n'est lui-même jamais affecté par aucun défaut dans les yeux de quiconque ; de même en est-il de moi. J'agis à travers tous les organes, j'agis à travers toutes choses, mais jamais le bien et le mal de l'action ne s'attachent à moi. Pour moi il n'y a ni loi, ni Karma (action et ses conséquences). Je possède les lois du Karma. J'ai toujours été et je suis toujours.

« Mon vrai plaisir n'a jamais été dans les choses terrestres — dans l'époux, l'épouse, les enfants et les autres choses. Car je suis semblable au ciel bleu infini : des nuages de multiples couleurs passent sur lui et jouent un instant ; ils s'éloignent, et voilà le même bleu immuable. Le bonheur et la misère, le bien et le mal peuvent m'envelopper un instant, voilant le Soi ; mais je suis toujours là. Ils passent parce qu'ils sont changeants. Je brille, parce que je suis immuable. Si la misère vient, je sais qu'elle est finie, donc elle doit mourir. Si le mal vient, je sais qu'il est fini, il doit partir. Moi seul suis infini et intouché par quoi que ce soit. Car je suis l'Infini, cet Éternel, cet Immuable Soi. » — Ainsi chante un de nos poètes.

Buvons à cette coupe, cette coupe qui mène à tout ce qui est immortel, à tout ce qui est immuable. N'ayez pas peur. Ne croyez pas que nous sommes mauvais, que nous sommes finis, que nous pouvons jamais mourir. Ce n'est pas vrai.

« Cela doit d'abord être entendu, puis médité par la pensée, puis contemplé dans la méditation. » Quand les mains travaillent, l'esprit devrait répéter : « Je suis Cela. Je suis Cela. » Pensez-y, rêvez-en, jusqu'à ce que cela devienne l'os de vos os et la chair de votre chair, jusqu'à ce que tous les rêves hideux de petitesse, de faiblesse, de misère et de mal aient entièrement disparu, et qu'alors la Vérité ne puisse plus vous être cachée, même pour un instant.

English

THE OPEN SECRET

(Delivered at Los Angeles, Calif., 5th January 1900)

Whichever way we turn in trying to understand things in their reality, if we analyse far enough, we find that at last we come to a peculiar state of things, seemingly a contradiction: something which our reason cannot grasp and yet is a fact. We take up something — we know it is finite; but as soon as we begin to analyse it, it leads us beyond our reason, and we never find an end to all its qualities, its possibilities, its powers, its relations. It has become infinite. Take even a common flower, that is finite enough; but who is there that can say he knows all about the flower? There is no possibility of anyone's getting to the end of the knowledge about that one flower. The flower has become infinite — the flower which was finite to begin with. Take a grain of sand. Analyse it. We start with the assumption that it is finite, and at last we find that it is not, it is infinite; all the same, we have looked upon it as finite. The flower is similarly treated as a finite something.

So with all our thoughts and experiences, physical and mental. We begin, we may think, on a small scale, and grasp them as little things; but very soon they elude our knowledge and plunge into the abyss of the infinite. And the greatest and the first thing perceived is ourselves. We are also in the same dilemma about existence. We exist. We see we are finite beings. We live and die. Our horizon is narrow. We are here, limited, confronted by the universe all around. Nature can crush us out of existence in a moment. Our little bodies are just held together, ready to go to pieces at a moment's notice. We know that. In the region of action how powerless we are! Our will is being thwarted at every turn. So many things we want to do, and how few we can do! There is no limit to our willing. We can will everything, want everything, we can desire to go to the dogstar. But how few of our desires can be accomplished! The body will not allow it. Well, nature is against the accomplishment of our will. We are weak. What is true of the flower, of the grain of sand, of the physical world, and of every thought, is a hundredfold more true of ourselves. We are also in the same dilemma of existence, being finite and infinite at the same time. We are like waves in the ocean; the wave is the ocean and yet not the ocean. There is not any part of the wave of which you cannot say, "It is the ocean." The name "ocean" applies to the wave and equally to every other part of the ocean, and yet it is separate from the ocean. So in this infinite ocean of existence we are like wavelets. At the same time, when we want really to grasp ourselves, we cannot — we have become the infinite.

We seem to be walking in dreams. Dreams are all right in a dream-mind; but as soon as you want to grasp one of them, it is gone. Why? Not that it was false, but because it is beyond the power of reason, the power of the intellect to comprehend it. Everything in this life is so vast that the intellect is nothing in comparison with it. It refuses to be bound by the laws of the intellect! It laughs at the bondage the intellect wants to spread around it. And a thousandfold more so is this the case with the human soul. "We ourselves" — this is the greatest mystery of the universe.

How wonderful it all is! Look at the human eye. How easily it can be destroyed, and yet the biggest suns exist only because your eyes see them. The world exists because your eyes certify that it exists. Think of that mystery! These poor little eyes! A strong light, or a pin, can destroy them. Yet the most powerful engines of destruction, the most powerful cataclysms, the most wonderful of existences, millions of suns and stars and moons and earth — all depend for their existence upon, and have to be certified by, these two little things! They say, "Nature, you exist", and we believe nature exists. So with all our senses.

What is this? Where is weakness? Who is strong? What is great and what is small? What is high and what is low in this marvellous interdependence of existence where the smallest atom is necessary for the existence of the whole? Who is great and who is small? It is past finding out! And why? Because none is great and none is small. All things are interpenetrated by that infinite ocean; their reality is that infinite; and whatever there is on the surface is but that infinite. The tree is infinite; so is everything that you see or feel — every grain of sand, every thought, every soul, everything that exists, is infinite. Infinite is finite and finite infinite. This is our existence.

Now, that may be all true, but all this feeling after the Infinite is at present mostly unconscious. It is not that we have forgotten that infinite nature of ours: none can ever do that. Who can ever think that he can be annihilated? Who can think that he will die? None can. All our relation to the Infinite works in us unconsciously. In a manner, therefore, we forget our real being, and hence all this misery comes.

In practical daily life we are hurt by small things; we are enslaved by little beings. Misery comes because we think we are finite — we are little beings. And yet, how difficult it is to believe that we are infinite beings! In the midst of all this misery and trouble, when a little thing may throw me off my balance, it must be my care to believe that I am infinite. And the fact is that we are, and that consciously or unconsciously we are all searching after that something which is infinite; we are always seeking for something that is free.

There was never a human race which did not have a religion and worship some sort of God or gods. Whether the God or gods existed or not is no question; but what is the analysis of this psychological phenomenon? Why is all the world trying to find, or seeking for, a God? Why? Because in spite of all this bondage, in spite of nature and this tremendous energy of law grinding us down, never allowing us to turn to any side — wherever we go, whatever we want to do, we are thwarted by this law, which is everywhere — in spite of all this, the human soul never forgets its freedom and is ever seeking it. The search for freedom is the search of all religions; whether they know it or not, whether they can formulate it well or ill, the idea is there. Even the lowest man, the most ignorant, seeks for something which has power over nature's laws. He wants to see a demon, a ghost, a god — somebody who can subdue nature, for whom nature is not almighty, for whom there is no law. "Oh, for somebody who can break the law!" That is the cry coming from the human heart. We are always seeking for someone who breaks the law. The rushing engine speeds along the railway track; the little worm crawls out of its way. We at once say, "The engine is dead matter, a machine; and the worm is alive," because the worm attempted to break the law. The engine, with all its power and might, can never break the law. It is made to go in any direction man wants, and it cannot do otherwise; but the worm, small and little though it was, attempted to break the law and avoid the danger. It tried to assert itself against law, assert its freedom; and there was the sign of the future God in it.

Everywhere we see this assertion of freedom, this freedom of the soul. It is reflected in every religion in the shape of God or gods; but it is all external yet — for those who only see the gods outside. Man decided that he was nothing. He was afraid that he could never be free; so he went to seek for someone outside of nature who was free. Then he thought that there were many and many such free beings, and gradually he merged them all into one God of gods and Lord of lords. Even that did not satisfy him. He came a little closer to truth, a little nearer; and then gradually found that whatever he was, he was in some way connected with the God of gods and Lord of lords; that he, though he thought himself bound and low and weak, was somehow connected with that God of gods. Then visions came to him; thought arose and knowledge advanced. And he began to come nearer and nearer to that God, and at last found out that God and all the gods, this whole psychological phenomenon connected with the search for an all-powerful free soul, was but a reflection of his own idea of himself. And then at last he discovered that it was not only true that "God made man after His own image", but that it was also true that man made God after his own image. That brought out the idea of divine freedom. The Divine Being was always within, the nearest of the near. Him we had ever been seeking outside, and at last found that He is in the heart of our hearts. You may know the story of the man who mistook his own heartbeat for somebody knocking at the door, and went to the door and opened it, but found nobody there, so he went back. Again he seemed to hear a knocking at the door, but nobody was there. Then he understood that it was his own heartbeat, and he had misinterpreted it as a knocking at the door. Similarly, man after his search finds out that this infinite freedom that he was placing in imagination all the time in the nature outside is the internal subject, the eternal Soul of souls; this Reality, he himself.

Thus at last he comes to recognise this marvellous duality of existence: the subject, infinite and finite in one — the Infinite Being is also the same finite soul. The Infinite is caught, as it were, in the meshes of the intellect and apparently manifests as finite beings, but the reality remains unchanged.

This is, therefore, true knowledge: that the Soul of our souls, the Reality that is within us, is That which is unchangeable, eternal, ever-blessed, ever-free. This is the only solid ground for us to stand upon.

This, then, is the end of all death, the advent of all immortality, the end of all misery. And he who sees that One among the many, that One unchangeable in the universe of change, he who sees Him as the Soul of his soul, unto him belongs eternal peace — unto none else.

And in the midst of the depths of misery and degradation, the Soul sends a ray of light, and man wakes up and finds that what is really his, he can never lose. No, we can never lose what is really ours. Who can lose his being? Who can lose his very existence? If I am good, it is the existence first, and then that becomes coloured with the quality of goodness. If I am evil, it is the existence first, and that becomes coloured with the quality of badness. That existence is first, last, and always; it is never lost, but ever present.

Therefore, there is hope for all. None can die; none can be degraded for ever. Life is but a playground, however gross the play may be. However we may receive blows, and however knocked about we may be, the Soul is there and is never injured. We are that Infinite.

Thus sang a Vedantin, "I never had fear nor doubt. Death never came to me. I never had father or mother: for I was never born. Where are my foes? — for I am All. I am the Existence and Knowledge and Bliss Absolute. I am It. I am It. Anger and lust and jealousy, evil thoughts and all these things, never came to me; for I am the Existence, the Knowledge, the Bliss Absolute. I am It. I am It."

That is the remedy for all disease, the nectar that cures death. Here we are in this world, and our nature rebels against it. But let us repeat, "I am It; I am It. I have no fear, nor doubt, nor death. I have no sex, nor creed, nor colour. What creed can I have? What sect is there to which I should belong? What sect can hold me? I am in every sect!"

However much the body rebels, however much the mind rebels, in the midst of the uttermost darkness, in the midst of agonising tortures, in the uttermost despair, repeat this, once, twice, thrice, ever more. Light comes gently, slowly, but surely it comes.

Many times I have been in the jaws of death, starving, footsore, and weary; for days and days I had had no food, and often could walk no farther; I would sink down under a tree, and life would seem ebbing away. I could not speak, I could scarcely think, but at last the mind reverted to the idea: "I have no fear nor death; I never hunger nor thirst. I am It! I am It! The whole of nature cannot crush me; it is my servant. Assert thy strength, thou Lord of lords and God of gods! Regain thy lost empire! Arise and walk and stop not!" And I would rise up, reinvigorated, and here am I, living, today. Thus, whenever darkness comes, assert the reality and everything adverse must vanish. For, after all, it is but a dream. Mountain-high though the difficulties appear, terrible and gloomy though all things seem, they are but Mâyâ. Fear not — it is banished. Crush it, and it vanishes. Stamp upon it, and it dies. Be not afraid. Think not how many times you fail. Never mind. Time is infinite. Go forward: assert yourself again and again, and light must come. You may pray to everyone that was ever born, but who will come to help you? And what of the way of death from which none knows escape? Help thyself out by thyself. None else can help thee, friend. For thou alone art thy greatest enemy, thou alone art thy greatest friend. Get hold of the Self, then. Stand up. Don't be afraid. In the midst of all miseries and all weakness, let the Self come out, faint and imperceptible though it be at first. You will gain courage, and at last like a lion you will roar out, "I am It! I am It!" "I am neither a man, nor a woman, nor a god, nor a demon; no, nor any of the animals, plants, or trees. I am neither poor nor rich, neither learned nor ignorant. All these things are very little compared with what I am: for I am It! I am It! Behold the sun and the moon and the stars: I am the light that is shining in them! I am the beauty of the fire! I am the power in the universe! For, I am It! I am It!

"Whoever thinks that I am little makes a mistake, for the Self is all that exists. The sun exists because I declare it does, the world exists because I declare it does. Without me they cannot remain, for I am Existence, Knowledge, and Bliss Absolute — ever happy, ever pure, ever beautiful. Behold, the sun is the cause of our vision, but is not itself ever affected by any defect in the eyes of any one; even so I am. I am working through all organs, working through everything, but never does the good and evil of work attach to me. For me there is no law, nor Karma. I own the laws of Karma. I ever was and ever am.

"My real pleasure was never in earthly things — in husband, wife, children, and other things. For I am like the infinite blue sky: clouds of many colours pass over it and play for a second; they move off, and there is the same unchangeable blue. Happiness and misery, good and evil, may envelop me for a moment, veiling the Self; but I am still there. They pass away because they are changeable. I shine, because I am unchangeable. If misery comes, I know it is finite, therefore it must die. If evil comes, I know it is finite, it must go. I alone am infinite and untouched by anything. For I am the Infinite, that Eternal, Changeless Self." — So sings one of our poets.

Let us drink of this cup, this cup that leads to everything that is immortal, everything that is unchangeable. Fear not. Believe not that we are evil, that we are finite,. that we can ever die. It is not true.

"This is to be heard of, then to be thought upon, and then to be meditated upon." When the hands work,. the mind should repeat, "I am It. I am It." Think of it, dream of it, until it becomes bone of your bones and; flesh of your flesh, until all the hideous dreams of littleness, of weakness, of misery, and of evil, have entirely vanished, and no more then can the Truth be hidden from you even for a moment.


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