Conseils sur la spiritualité pratique
Cette traduction a été produite à l’aide d’outils d’IA et peut contenir des erreurs. Pour le texte de référence, veuillez consulter l’anglais original.
AI-translated. May contain errors. For accurate text, refer to the original English.
Français
CONSEILS DE SPIRITUALITÉ PRATIQUE
( Conférence donnée au Foyer de la Vérité, Los Angeles, Californie )
Ce matin, je vais essayer de vous présenter quelques idées sur les exercices de respiration et d'autres pratiques. Nous avons discuté de théories si longtemps qu'il sera bien d'avoir un peu de pratique. Un grand nombre de livres ont été écrits en Inde sur ce sujet. De même que votre peuple est pratique en bien des choses, il semble que notre peuple soit pratique dans ce domaine. Cinq personnes dans ce pays mettront leurs têtes ensemble et diront : « Nous allons créer une société par actions », et en cinq heures c'est fait ; en Inde, ils ne pourraient le faire en cinquante ans ; ils sont si peu pratiques en de telles matières. Mais remarquez bien : si un homme lance un système de philosophie, aussi extravagante que soit sa théorie, il aura des adeptes. Par exemple, une secte est fondée pour enseigner que si un homme se tient sur une jambe pendant douze ans, jour et nuit, il obtiendra le salut — et il y aura des centaines de gens prêts à se tenir sur une jambe. Toute la souffrance sera endurée en silence. Il y a des gens qui gardent les bras levés pendant des années pour acquérir du mérite religieux. J'en ai vu des centaines. Et remarquez bien, ils ne sont pas toujours des sots ignorants, mais des hommes qui vous étonneront par la profondeur et l'étendue de leur intellect. Ainsi, vous voyez que le mot « pratique » est aussi relatif.
Nous commettons toujours cette erreur en jugeant les autres ; nous sommes toujours enclins à penser que notre petit univers mental est tout ce qui existe ; que notre éthique, notre morale, notre sens du devoir, notre sens de l'utilité sont les seules choses qui vaillent la peine d'être possédées. L'autre jour, alors que je me rendais en Europe, je passais par Marseille, où une corrida avait lieu. Tous les Anglais sur le bateau étaient fous d'excitation, abusant et critiquant la chose entière comme cruelle. Quand j'arrivai en Angleterre, j'entendis parler d'un groupe de boxeurs qui s'étaient rendus à Paris et avaient été expulsés sans cérémonie par les Français, qui trouvaient la boxe très brutale. Quand j'entends ces choses dans divers pays, je commence à comprendre la merveilleuse parole du Christ : « Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés. » Plus nous apprenons, plus nous découvrons combien nous sommes ignorants, combien cet esprit de l'homme est multiforme et multilatéral. Quand j'étais enfant, j'avais l'habitude de critiquer les pratiques ascétiques de mes compatriotes ; de grands prédicateurs dans notre propre pays les ont critiquées ; le plus grand homme qui soit jamais né, le Bouddha lui-même, les a critiquées. Mais malgré tout, à mesure que je vieillis, je sens que je n'ai pas le droit de juger. Parfois je souhaite que, malgré toutes leurs incongruités, j'eusse un fragment de leur pouvoir de faire et de souffrir. Souvent, je pense que mon jugement et ma critique ne procèdent pas d'une aversion pour la torture, mais d'une pure lâcheté — parce que je ne peux pas le faire — je n'ose pas le faire.
Ensuite, vous voyez que la force, la puissance et le courage sont des choses très particulières. Nous disons généralement : « Un homme courageux, un homme brave, un homme audacieux », mais nous devons garder à l'esprit que ce courage, cette bravoure ou tout autre trait ne caractérise pas toujours l'homme. Le même homme qui se précipiterait à la bouche d'un canon recule devant le couteau du chirurgien ; et un autre homme qui n'ose jamais faire face à un fusil supportera calmement une opération chirurgicale sévère, si nécessaire. Or, en jugeant les autres, vous devez toujours définir vos termes de courage ou de grandeur. L'homme que je critique comme n'étant pas bon peut être merveilleusement bon sur certains points où je ne le suis pas.
Prenons un autre exemple. Vous remarquez souvent, quand des gens discutent de ce que l'homme et la femme peuvent faire, que la même erreur est toujours commise. Ils pensent montrer l'homme à son meilleur parce qu'il peut se battre, par exemple, et subir un effort physique formidable ; et cela est opposé à la faiblesse physique et à la qualité non combattante de la femme. C'est injuste. La femme est aussi courageuse que l'homme. Chacun est également bon à sa façon. Quel homme peut élever un enfant avec autant de patience, d'endurance et d'amour que la femme ? L'un a développé le pouvoir d'agir ; l'autre, le pouvoir de souffrir. Si la femme ne peut agir, l'homme ne peut souffrir non plus. L'univers tout entier est un univers de parfait équilibre. Je ne sais pas, mais peut-être qu'un jour nous nous réveillerons et découvrirons que le simple ver possède quelque chose qui contrebalance notre virilité. La personne la plus méchante peut avoir certaines bonnes qualités qui me font entièrement défaut. Je le vois chaque jour de ma vie. Regardez le sauvage ! Je voudrais avoir un si splendide physique. Il mange, il boit, à cœur joie, sans savoir peut-être ce qu'est la maladie, tandis que je souffre à chaque instant. Combien de fois aurais-je été heureux d'échanger mon cerveau contre son corps ! L'univers entier n'est qu'une vague et un creux ; il ne peut y avoir de vague sans creux. L'équilibre partout. Vous avez une chose de grand, votre voisin en a une autre. Quand vous jugez l'homme et la femme, jugez-les selon le critère de leur grandeur respective. L'un ne peut se mettre à la place de l'autre. L'un n'a pas le droit de dire que l'autre est méchant. C'est la même vieille superstition qui dit : « Si cela est fait, le monde ira à sa ruine. » Mais malgré cela, le monde n'est pas encore allé à sa ruine. On disait dans ce pays que si les Noirs étaient libérés, le pays irait à sa ruine — est-ce arrivé ? On a dit aussi que si les masses étaient instruites, le monde irait à sa ruine — mais il n'en fut que meilleur. Il y a quelques années, un livre parut dépeignant la pire chose qui pouvait arriver à l'Angleterre. L'auteur montrait que tandis que les salaires des ouvriers augmentaient, le commerce anglais déclinait. Un cri s'éleva disant que les ouvriers d'Angleterre étaient exorbitants dans leurs revendications, et que les Allemands travaillaient pour des salaires moindres. Une commission fut envoyée en Allemagne pour enquêter sur la question et elle rapporta que les ouvriers allemands recevaient des salaires plus élevés. Pourquoi en était-il ainsi ? À cause de l'éducation des masses. Alors qu'en est-il du monde allant à sa ruine si les masses sont instruites ? En Inde, en particulier, nous rencontrons des vieux fossiles partout dans le pays. Ils veulent tout garder secret vis-à-vis des masses. Ces gens en arrivent à la conclusion très satisfaisante qu'ils sont la crème de la crème de cet univers. Ils croient qu'ils ne peuvent être atteints par ces expériences dangereuses. Il n'y a que les masses qui peuvent en être atteintes !
Maintenant, revenons au pratique. Le sujet de l'application pratique de la psychologie a été abordé en Inde depuis les temps les plus reculés. Environ quatorze cents ans avant le Christ, il vécut en Inde un grand philosophe, nommé Patanjali. Il rassembla tous les faits, les preuves et les recherches en psychologie et tira parti de toutes les expériences accumulées dans le passé. Souvenez-vous, ce monde est très ancien ; il n'a pas été créé il y a seulement deux ou trois mille ans. On enseigne ici en Occident que la société a commencé il y a dix-huit cents ans, avec le Nouveau Testament. Avant cela, il n'y avait pas de société. Cela peut être vrai en ce qui concerne l'Occident, mais ce n'est pas vrai pour le monde entier. Souvent, pendant que je donnais des conférences à Londres, un ami très intellectuel et intelligent argumentait avec moi, et un jour, après avoir utilisé toutes ses armes contre moi, il s'exclama soudain : « Mais pourquoi vos Rishis ne sont-ils pas venus en Angleterre pour nous enseigner ? » Je répondis : « Parce qu'il n'y avait pas d'Angleterre où venir. Auraient-ils prêché aux forêts ? »
« Il y a cinquante ans », me dit Ingersoll, « vous auriez été pendu dans ce pays si vous étiez venu prêcher. Vous auriez été brûlé vif ou vous auriez été chassé des villages à coups de pierres. »
Il n'y a donc rien de déraisonnable dans la supposition que la civilisation existait quatorze cents ans avant le Christ. Il n'est pas encore établi si la civilisation est toujours passée du plus bas au plus haut. Les mêmes arguments et preuves qui ont été avancés pour prouver cette proposition peuvent aussi être utilisés pour démontrer que le sauvage n'est qu'un homme civilisé dégénéré. Les Chinois, par exemple, ne peuvent jamais croire que la civilisation ait jailli d'un état sauvage, car le contraire est dans leur expérience. Mais quand vous parlez de la civilisation de l'Amérique, ce que vous entendez, c'est la perpétuité et la croissance de votre propre race.
Il est très facile de croire que les Hindous, qui déclinent depuis sept cents ans, étaient hautement civilisés dans le passé. Nous ne pouvons prouver que ce n'est pas ainsi.
Il n'y a pas un seul cas de civilisation qui soit apparue spontanément. Il n'y a pas eu de race au monde qui soit devenue civilisée à moins qu'une autre race civilisée ne soit venue se mêler à cette race. L'origine de la civilisation doit avoir appartenu, pour ainsi dire, à une ou deux races qui sont allées au loin, ont répandu leurs idées et se sont mêlées aux autres races, et ainsi la civilisation s'est propagée.
À des fins pratiques, parlons dans le langage de la science moderne. Mais je dois vous demander de garder à l'esprit que, tout comme il y a une superstition religieuse, il y a aussi une superstition en matière de science. Il y a des prêtres qui se consacrent au travail religieux comme spécialité ; il y a aussi des prêtres de la loi physique, les scientifiques. Dès que le nom d'un grand scientifique, comme Darwin ou Huxley, est cité, nous suivons aveuglément. C'est la mode du jour. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ce que nous appelons connaissance scientifique ne sont que des théories. Et nombre d'entre elles ne valent pas mieux que les vieilles superstitions de fantômes à plusieurs têtes et plusieurs bras, avec cette différence que ces dernières différenciaient un peu l'homme des stocks et des pierres. La vraie science nous demande d'être prudents. Tout comme nous devrions être prudents avec les prêtres, nous devrions l'être avec les scientifiques. Commencez par le doute. Analysez, testez, prouvez tout, et ensuite acceptez. Certaines des croyances les plus courantes de la science moderne n'ont pas été prouvées. Même dans une science comme les mathématiques, la grande majorité de ses théories ne sont que des hypothèses de travail. Avec l'avènement d'une connaissance plus grande, elles seront abandonnées.
En 1400 avant J.-C., un grand sage fit une tentative d'arranger, d'analyser et de généraliser certains faits psychologiques. Il fut suivi par beaucoup d'autres qui reprirent des parties de ce qu'il avait découvert et en firent une étude spéciale. Les Hindous seuls, de toutes les races anciennes, ont abordé l'étude de cette branche du savoir avec un véritable sérieux. Je vous en enseigne maintenant les principes, mais combien d'entre vous les pratiqueront ? Combien de jours, combien de mois s'écouleront avant que vous n'abandonniez ? Vous êtes peu pratiques en cette matière. En Inde, ils persévèrent pendant des siècles et des siècles. Vous serez étonné d'apprendre qu'ils n'ont pas d'églises, pas de prières communes, ni rien de semblable ; mais chaque jour, ils pratiquent encore les exercices de respiration et essaient de concentrer l'esprit ; et c'est la partie principale de leur dévotion. Voilà les points essentiels. Tout Hindou doit les pratiquer. C'est la religion du pays. Seulement, chacun peut avoir une méthode spéciale — une forme spéciale de respiration, une forme spéciale de concentration, et quelle est la méthode spéciale de chacun, même son épouse n'a pas besoin de le savoir ; le père n'a pas besoin de connaître celle du fils. Mais tous doivent les pratiquer. Et il n'y a rien d'occulte dans ces choses. Le mot « occulte » n'a rien à voir avec elles. Près du Gange, des milliers et des milliers de personnes peuvent être vues chaque jour assises sur ses berges, respirant et se concentrant les yeux fermés. Il peut y avoir deux raisons qui rendent certaines pratiques impraticables pour le commun des hommes. L'une est que les maîtres estiment que les gens ordinaires n'y sont pas aptes. Il peut y avoir quelque vérité là-dedans, mais c'est davantage dû à l'orgueil. La seconde est la peur de la persécution. Un homme, par exemple, n'aimerait pas pratiquer la respiration en public dans ce pays, parce qu'on le trouverait si bizarre ; ce n'est pas la mode ici. En revanche, en Inde, si un homme priait : « Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien », les gens riraient de lui. Rien ne pourrait être plus insensé pour l'esprit hindou que de dire : « Notre Père qui êtes aux cieux. » L'Hindou, quand il adore, pense que Dieu est en lui-même.
Selon les yogis, il existe trois courants nerveux principaux : l'un qu'ils appellent l'Idâ, l'autre le Pingalâ, et celui du milieu le Sushumnâ, et tous ces courants se trouvent à l'intérieur de la colonne vertébrale. L'Idâ et le Pingalâ, le gauche et le droit, sont des faisceaux de nerfs, tandis que celui du milieu, le Sushumnâ, est creux et n'est pas un faisceau de nerfs. Ce Sushumnâ est fermé, et pour l'homme ordinaire il est inutile, car il n'agit que par l'Idâ et le Pingalâ. Des courants descendent et montent constamment par ces nerfs, transportant des ordres dans tout le corps par d'autres nerfs allant aux différents organes du corps.
C'est la régulation et la mise en rythme de l'Idâ et du Pingalâ qui est le grand objet de la respiration. Mais cela en soi n'est rien — ce n'est qu'une certaine quantité d'air introduite dans les poumons ; à part la purification du sang, cela n'a pas d'autre utilité. Il n'y a rien d'occulte dans l'air que nous inspirons et que nous assimilons pour purifier le sang ; l'action est simplement un mouvement. Ce mouvement peut être réduit à l'unité de mouvement que nous appelons Prâna ; et partout, tous les mouvements sont les diverses manifestations de ce Prâna. Ce Prâna est l'électricité, c'est le magnétisme ; il est émis par le cerveau sous forme de pensée. Tout est Prâna ; c'est lui qui meut le soleil, la lune et les étoiles.
Nous disons que tout ce qui est dans cet univers a été projeté par la vibration du Prâna. Le résultat le plus élevé de la vibration est la pensée. S'il en est de plus élevé, nous ne pouvons le concevoir. Les nerfs, Idâ et Pingalâ, fonctionnent par le Prâna. C'est le Prâna qui meut chaque partie du corps, devenant les différentes forces. Abandonnez cette vieille idée que Dieu est quelque chose qui produit l'effet et siège sur un trône dispensant la justice. En travaillant, nous nous épuisons parce que nous utilisons tant de Prâna.
Les exercices de respiration, appelés Prânâyâma (contrôle du souffle), amènent la régulation de la respiration, l'action rythmique du Prâna. Quand le Prâna fonctionne rythmiquement, tout fonctionne correctement. Quand les yogis obtiennent le contrôle de leur propre corps, s'il y a une maladie dans une partie quelconque, ils savent que le Prâna n'y est pas rythmique et ils dirigent le Prâna vers la partie affectée jusqu'à ce que le rythme soit rétabli.
De même que vous pouvez contrôler le Prâna dans votre propre corps, de même, si vous êtes assez puissant, vous pouvez contrôler, d'ici même, le Prâna d'un autre homme en Inde. C'est tout un. Il n'y a pas de rupture ; l'unité est la loi. Physiquement, psychiquement, mentalement, moralement, métaphysiquement, c'est tout un. La vie n'est qu'une vibration. Ce qui fait vibrer cet océan d'éther, vous fait vibrer aussi. De même que dans un lac, diverses couches de glace de divers degrés de solidité se forment, ou que dans un océan de vapeur il y a divers degrés de densité, ainsi cet univers est un océan de matière. C'est un océan d'éther dans lequel nous trouvons le soleil, la lune, les étoiles et nous-mêmes — à différents états de solidité ; mais la continuité n'est pas rompue ; c'est la même chose partout.
Or, quand nous étudions la métaphysique, nous en venons à savoir que le monde est un, non pas que le spirituel, le matériel, le mental et le monde des énergies soient séparés. C'est tout un, mais vu de différents plans de vision. Quand vous pensez à vous-même en tant que corps, vous oubliez que vous êtes un esprit, et quand vous pensez à vous-même en tant qu'esprit, vous oubliez le corps. Il n'y a qu'une seule chose, qui est vous ; vous pouvez la voir soit comme matière ou corps — soit vous pouvez la voir comme esprit. Naissance, vie et mort ne sont que de vieilles superstitions. Personne n'est jamais né, personne ne mourra jamais ; on change de position — c'est tout. Je suis navré de voir en Occident combien d'importance on accorde à la mort ; toujours à essayer de saisir un petit peu de vie. « Donnez-nous la vie après la mort ! Donnez-nous la vie ! » Ils sont si heureux si quelqu'un leur dit qu'ils vont vivre ensuite ! Comment pourrais-je jamais douter d'une telle chose ! Comment puis-je imaginer que je suis mort ? Essayez de penser à vous-même comme mort, et vous verrez que vous êtes présent pour voir votre propre corps mort. La vie est une réalité si merveilleuse que vous ne pouvez l'oublier un seul instant. Vous pourriez aussi bien douter de votre existence. C'est le premier fait de la conscience — je suis. Qui peut imaginer un état de choses qui n'a jamais existé ? C'est la plus évidente de toutes les vérités. Ainsi, l'idée d'immortalité est inhérente à l'homme. Comment peut-on discuter d'un sujet qui est inimaginable ? Pourquoi voudrions-nous discuter le pour et le contre d'un sujet qui est de toute évidence ?
L'univers tout entier, par conséquent, est une unité, quel que soit le point de vue d'où vous le considérez. En ce moment, pour nous, cet univers est une unité de Prâna et d'Âkâsha (espace), de force et de matière. Et remarquez bien, comme tous les autres principes fondamentaux, celui-ci est aussi auto-contradictoire. Car qu'est-ce que la force ? — ce qui meut la matière. Et qu'est-ce que la matière ? — ce qui est mû par la force. C'est un balancier ! Certains des fondements de notre raisonnement sont des plus curieux, malgré nos vantardises de science et de connaissance. « C'est un mal de tête sans tête », comme dit le proverbe sanskrit. Cet état de choses a été appelé Mâyâ (l'illusion cosmique). Il n'a ni existence ni non-existence. On ne peut l'appeler existence, car seul existe véritablement ce qui est au-delà du temps et de l'espace, ce qui est auto-existant. Pourtant ce monde satisfait dans une certaine mesure notre idée de l'existence. C'est pourquoi il a une existence apparente.
Mais il y a l'existence réelle dans et à travers toute chose ; et cette réalité est, pour ainsi dire, prise dans les mailles du temps, de l'espace et de la causalité. Il y a l'homme véritable, l'infini, celui qui est sans commencement, sans fin, toujours bienheureux, toujours libre. Il a été pris dans les mailles du temps, de l'espace et de la causalité. Il en va de même pour tout dans ce monde. La réalité de toute chose est le même infini. Ce n'est pas de l'idéalisme ; ce n'est pas que le monde n'existe pas. Il a une existence relative et remplit toutes ses fonctions. Mais il n'a pas d'existence indépendante. Il existe en raison de la Réalité Absolue — Brahman (la Réalité absolue) — au-delà du temps, de l'espace et de la causalité.
J'ai fait de longues digressions. Revenons maintenant à notre sujet principal.
Tous les mouvements automatiques et tous les mouvements conscients sont l'œuvre du Prâna à travers les nerfs. Or, vous voyez qu'il serait une très bonne chose d'avoir le contrôle des actions inconscientes.
En d'autres occasions, je vous ai donné la définition de Dieu et de l'homme. L'homme est un cercle infini dont la circonférence n'est nulle part, mais dont le centre est situé en un point ; et Dieu est un cercle infini dont la circonférence n'est nulle part, mais dont le centre est partout. Il agit par toutes les mains, voit par tous les yeux, marche sur tous les pieds, respire par tous les corps, vit dans toute vie, parle par chaque bouche, et pense par chaque cerveau. L'homme peut devenir comme Dieu et acquérir le contrôle de l'univers entier s'il multiplie infiniment son centre de conscience de soi. La conscience est donc la chose principale à comprendre. Disons qu'il y a ici une ligne infinie au milieu des ténèbres. Nous ne voyons pas la ligne, mais sur elle il y a un point lumineux qui se déplace. À mesure qu'il se déplace le long de la ligne, il en éclaire successivement les différentes parties, et tout ce qui est laissé derrière redevient obscur. Notre conscience peut bien être comparée à ce point lumineux. Ses expériences passées ont été remplacées par le présent, ou sont devenues subconscientes. Nous n'avons pas conscience de leur présence en nous ; mais elles sont là, influençant inconsciemment notre corps et notre esprit. Tout mouvement qui se fait maintenant sans l'aide de la conscience était auparavant conscient. Une impulsion suffisante lui a été donnée pour qu'il fonctionne de lui-même.
La grande erreur de tous les systèmes éthiques, sans exception, a été le manque d'enseignement des moyens par lesquels l'homme pourrait s'abstenir de faire le mal. Tous les systèmes d'éthique enseignent : « Ne volez pas ! » Très bien ; mais pourquoi un homme vole-t-il ? Parce que tous les vols, brigandages et autres actions mauvaises sont, en règle générale, devenus automatiques. Le voleur systématique, le menteur, l'homme et la femme injustes, sont tout cela malgré eux ! C'est véritablement un formidable problème psychologique. Nous devrions regarder l'homme sous le jour le plus charitable. Il n'est pas si facile d'être bon. Qu'êtes-vous d'autre que de simples machines tant que vous n'êtes pas libres ? Devriez-vous être fiers parce que vous êtes bons ? Certainement non. Vous êtes bons parce que vous ne pouvez pas vous en empêcher. Un autre est mauvais parce qu'il ne peut s'en empêcher. Si vous étiez à sa place, qui sait ce que vous auriez été ? La femme dans la rue, ou le voleur en prison, est le Christ qui se sacrifie pour que vous puissiez être un homme bon. Telle est la loi de l'équilibre. Tous les voleurs et les meurtriers, tous les injustes, les plus faibles, les plus méchants, les démons, ils sont tous mon Christ ! Je dois un culte au Dieu-Christ et au démon-Christ ! Voilà ma doctrine, je ne peux m'en empêcher. Mon salut va aux pieds des bons, des saints, et aux pieds des méchants et des diaboliques ! Ils sont tous mes maîtres, tous mes pères spirituels, tous mes sauveurs. Je peux maudire l'un et pourtant bénéficier de ses défauts ; je peux bénir l'autre et bénéficier de ses bonnes actions. C'est aussi vrai que le fait que je me tienne ici. Je dois mépriser la femme qui marche dans la rue, parce que la société le veut ! Elle, ma Sauveuse, elle, dont la marche dans la rue est la cause de la chasteté des autres femmes ! Pensez à cela. Pensez, hommes et femmes, à cette question dans votre esprit. C'est une vérité — une vérité nue et crue ! Plus je vois du monde, plus je vois d'hommes et de femmes, plus cette conviction se renforce. Qui devrais-je blâmer ? Qui devrais-je louer ? Les deux faces du bouclier doivent être vues.
La tâche devant nous est vaste ; et en tout premier lieu, nous devons chercher à contrôler la vaste masse de pensées enfouies qui sont devenues automatiques en nous. L'action mauvaise est, sans aucun doute, sur le plan conscient ; mais la cause qui a produit l'action mauvaise était bien au-delà, dans les royaumes de l'inconscient, invisible, et donc plus puissante.
La psychologie pratique dirige tout d'abord ses énergies vers le contrôle de l'inconscient, et nous savons que nous pouvons le faire. Pourquoi ? Parce que nous savons que la cause de l'inconscient est le conscient ; les pensées inconscientes sont les millions submergés de nos anciennes pensées conscientes, d'anciennes actions conscientes devenues pétrifiées — nous ne les regardons pas, nous ne les connaissons pas, nous les avons oubliées. Mais remarquez bien que si le pouvoir du mal est dans l'inconscient, le pouvoir du bien l'est aussi. Nous avons beaucoup de choses emmagasinées en nous comme dans une poche. Nous les avons oubliées, nous n'y pensons même pas, et il y en a beaucoup qui pourrissent, deviennent positivement dangereuses ; elles surgissent, ces causes inconscientes qui tuent l'humanité. La vraie psychologie essaierait donc de les ramener sous le contrôle du conscient. La grande tâche est de ranimer l'homme tout entier, pour ainsi dire, afin d'en faire le maître complet de lui-même. Même ce que nous appelons l'action automatique des organes à l'intérieur de nos corps, comme le foie, etc., peut être amené à obéir à nos commandements.
Voilà la première partie de l'étude, le contrôle de l'inconscient. La suivante est d'aller au-delà du conscient. De même que le travail inconscient est en dessous de la conscience, il y a un autre travail qui est au-dessus de la conscience. Quand cet état supraconscient est atteint, l'homme devient libre et divin ; la mort devient l'immortalité, la faiblesse devient puissance infinie, et l'esclavage de fer devient la liberté. Voilà le but, le royaume infini du supraconscient.
Ainsi, nous voyons maintenant qu'il doit y avoir un double travail. Premièrement, par le bon fonctionnement de l'Idâ et du Pingalâ, qui sont les deux courants ordinaires existants, contrôler l'action subconsciente ; et deuxièmement, aller au-delà même de la conscience.
Les livres disent que seul est le yogi qui, après une longue pratique de concentration sur soi, est parvenu à cette vérité. Le Sushumnâ s'ouvre alors et un courant qui n'est jamais entré auparavant dans ce nouveau passage y trouvera son chemin et montera graduellement vers (ce que nous appelons en langage figuré) les différents centres-lotus, jusqu'à ce qu'enfin il atteigne le cerveau. Alors le yogi devient conscient de ce qu'il est vraiment — Dieu Lui-même.
Chacun sans exception, chacun de nous, peut atteindre ce sommet du yoga. Mais c'est une tâche terrible. Si une personne veut atteindre cette vérité, elle devra faire quelque chose de plus qu'écouter des conférences et pratiquer quelques exercices de respiration. Tout réside dans la préparation. Combien de temps faut-il pour allumer une flamme ? Une seconde seulement ; mais combien de temps pour fabriquer la chandelle ! Combien de temps faut-il pour dîner ? Peut-être une demi-heure. Mais des heures pour préparer la nourriture ! Nous voulons allumer la flamme en une seconde, mais nous oublions que la fabrication de la chandelle est la chose principale.
Mais bien qu'il soit si difficile d'atteindre le but, même nos plus petits efforts ne sont pas vains. Nous savons que rien n'est perdu. Dans la Bhagavad-Gîtâ (le Chant du Bienheureux), Arjuna demande à Krishna : « Ceux qui échouent à atteindre la perfection dans le yoga en cette vie, sont-ils détruits comme les nuages de l'été ? » Krishna répond : « Rien, mon ami, n'est perdu en ce monde. Quoi que l'on fasse, cela reste comme notre bien propre, et si le fruit du yoga ne vient pas en cette vie, on le reprend dans la naissance suivante. » Autrement, comment expliqueriez-vous l'enfance merveilleuse de Jésus, du Bouddha, de Shankara ?
La respiration, les postures, etc., sont sans doute des aides dans le yoga ; mais elles sont simplement physiques. Les grandes préparations sont mentales. La première chose nécessaire est une vie calme et paisible.
Si vous voulez être un yogi, vous devez être libre, et vous placer dans des circonstances où vous êtes seul et affranchi de toute anxiété. Celui qui désire une vie confortable et agréable et qui en même temps veut réaliser l'Âtman (le Soi véritable) est comme le fou qui, voulant traverser la rivière, s'accrocha à un crocodile, le prenant pour une bûche de bois (Vivekachûdâmani, 84). « Cherchez d'abord le royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné par surcroît. » Voilà le grand devoir, voilà le renoncement. Vivez pour un idéal, et ne laissez place dans l'esprit pour rien d'autre. Mettons en œuvre toutes nos énergies pour acquérir ce qui ne fait jamais défaut — notre perfection spirituelle. Si nous avons un véritable désir ardent de la réalisation, nous devons lutter, et par la lutte viendra la croissance. Nous ferons des erreurs, mais elles peuvent être des anges à notre insu.
La plus grande aide à la vie spirituelle est la méditation (Dhyâna). Dans la méditation, nous nous dépouillons de toutes les conditions matérielles et ressentons notre nature divine. Nous ne dépendons d'aucune aide extérieure dans la méditation. Le contact de l'âme peut peindre la couleur la plus éclatante même dans les lieux les plus sombres ; il peut répandre un parfum sur la chose la plus vile ; il peut rendre le méchant divin — et toute inimitié, tout égoïsme est effacé. Moins nous pensons au corps, mieux c'est. Car c'est le corps qui nous tire vers le bas. C'est l'attachement, l'identification qui nous rendent malheureux. Voilà le secret : penser que je suis l'esprit et non le corps, et que tout cet univers avec toutes ses relations, avec tout son bien et tout son mal, n'est qu'une série de tableaux — des scènes sur une toile — dont je suis le témoin.
English
HINTS ON PRACTICAL SPIRITUALITY
( Delivered at the Home of Truth, Los Angeles, California )
This morning I shall try to present to you some ideas about breathing and other exercises. We have been discussing theories so long that now it will be well to have a little of the practical. A great many books have been written in India upon this subject. Just as your people are practical in many things, so it seems our people are practical in this line. Five persons in this country will join their heads together and say, "We will have a joint-stock company", and in five hours it is done; in India they could not do it in fifty years; they are so unpractical in matters like this. But, mark you, if a man starts a system of philosophy, however wild its theory may be, it will have followers. For instance, a sect is started to teach that if a man stands on one leg for twelve years, day and night, he will get salvation — there will be hundreds ready to stand on one leg. All the suffering will be quietly borne. There are people who keep their arms upraised for years to gain religious merit. I have seen hundreds of them. And, mind you, they are not always ignorant fools, but are men who will astonish you with the depth and breadth of their intellect. So, you see, the word practical is also relative.
We are always making this mistake in judging others; we are always inclined to think that our little mental universe is all that is; our ethics, our morality, our sense of duty, our sense of utility, are the only things that are worth having. The other day when I was going to Europe, I was passing through Marseilles, where a bull-fight was being held. All the Englishmen in the steamer were mad with excitement, abusing and criticising the whole thing as cruel. When I reached England, I heard of a party of prize-fighters who had been to Paris, and were kicked out unceremoniously by the French, who thought prize-fighting very brutal. When I hear these things in various countries, I begin to understand the marvellous saying of Christ: "Judge not that ye be not judged." The more we learn, the more he find out how ignorant we are, how multiform and multi-sided is this mind of man. When I was a boy, I used to criticise the ascetic practices of my countrymen; great preachers in our own land have criticised them; the greatest man that was ever born, Buddha himself, criticised them. But all the same, as I am growing older, I feel that I have no right to judge. Sometimes I wish that, in spite of all their incongruities, I had one fragment of their power to do and suffer. Often I think that my judgment and my criticism do not proceed from any dislike of torture, but from sheer cowardice — because I cannot do it — I dare not do it.
Then, you see that strength, power, and courage are things which are very peculiar. We generally say, "A courageous man, a brave man, a daring man", but we must bear in mind that that courage or bravery or any other trait does not always characterise the man. The same man who would rush to the mouth of a cannon shrinks from the knife of the surgeon; and another man who never dares to face a gun will calmly bear a severe surgical operation, if need be. Now, in judging others you must always define your terms of courage or greatness. The man whom I am criticising as not good may be wonderfully so in some points in which I am not.
Take another example. You often note, when people are discussing as to what man and woman can do, always the same mistake is made. They think they show man at his best because he can fight, for instance, and undergo tremendous physical exertion; and this is pitted against the physical weakness and the non-combating quality of woman. This is unjust. Woman is as courageous as man. Each is equally good in his or her way. What man can bring up a child with such patience, endurance, and love as the woman can? The one has developed the power of doing; the other, the power of suffering. If woman cannot act, neither can man suffer. The whole universe is one of perfect balance. I do not know, but some day we may wake up and find that the mere worm has something which balances our manhood. The most wicked person may have some good qualities that I entirely lack. I see that every day of my life. Look at the savage! I wish I had such a splendid physique. He eats, he drinks, to his heart's content, without knowing perhaps what sickness is, while I am suffering every minute. How many times would I have been glad to have changed my brain for his body! The whole universe is only a wave and a hollow; there can be no wave without a hollow. Balance everywhere. You have one thing great, your neighbour has another thing great. When you are judging man and woman, judge them by the standard of their respective greatness. One cannot be in other's shoes. The one has no right to say that the other is wicked. It is the same old superstition that says, "If this is done, the world will go to ruin." But in spite of this the world has not yet come to ruin. It was said in this country that if the Negroes were freed, the country would go to ruin — but did it? It was also said that if the masses were educated, the world would come to ruin — but it was only made better. Several years ago a book came out depicting the worst thing that could happen to England. The writer showed that as workmen's wages were rising, English commerce was declining. A cry was raised that the workmen in England were exorbitant in their demands, and that the Germans worked for less wages. A commission was sent over to Germany to investigate this and it reported that the German labourers received higher wages. Why was it so? Because of the education of the masses. Then how about the world going to ruin if the masses are educated? In India, especially, we meet with old fogies all over the land. They want to keep everything secret from the masses. These people come to the very satisfying conclusion that they are the crême de la crême of this universe. They believed they cannot be hurt by these dangerous experiments. It is only the masses that can be hurt by them!
Now, coming back to the practical. The subject of the practical application of psychology has been taken up in India from very early times. About fourteen hundred years before Christ, there flourished in India a great philosopher, Patanjali by name. He collected all the facts, evidences, and researches in psychology and took advantage of all the experiences accumulated in the past. Remember, this world is very old; it was not created only two or three thousand years ago. It is taught here in the West that society began eighteen hundred years ago, with the New Testament. Before that there was no society. That may be true with regard to the West, but it is not true as regards the whole world. Often, while I was lecturing in London, a very intellectual and intelligent friend of mine would argue with me, and one day after using all his weapons against me, he suddenly exclaimed, "But why did not your Rishis come to England to teach us?" I replied, "Because there was no England to come to. Would they preach to the forests?"
"Fifty years ago," said Ingersoll to me, "you would have been hanged in this country if you had come to preach. You would have been burnt alive or you would have been stoned out of the villages."
So there is nothing unreasonable in the supposition that civilisation existed fourteen hundred years before Christ. It is not yet settled whether civilisation has always come from the lower to the higher. The same arguments and proofs that have been brought forward to prove this proposition can also be used to demonstrate that the savage is only a degraded civilised man. The people of China, for instance, can never believe that civilisation sprang from a savage state, because the contrary is within their experience. But when you talk of the civilisation of America, what you mean is the perpetuity and the growth of your own race.
It is very easy to believe that the Hindus, who have been declining for seven hundred years, were highly civilised in the past. We cannot prove that it is not so.
There is not one single instance of any civilisation being spontaneous. There was not a race in the world which became civilised unless another civilised race came and mingled with that race. The origin of civilisation must have belonged, so to say, to one or two races who went abroad, spread their ideas, and intermingled with other races and thus civilisation spread.
For practical purposes, let us talk in the language of modern science. But I must ask you to bear in mind that, as there is religious superstition, so also there is a superstition in the matter of science. There are priests who take up religious work as their speciality; so also there are priests of physical law, scientists. As soon as a great scientist's name, like Darwin or Huxley, is cited, we follow blindly. It is the fashion of the day. Ninety-nine per cent of what we call scientific knowledge is mere theories. And many of them are no better than the old superstitions of ghosts with many heads and hands, but with this difference that the latter differentiated man a little from stocks and stones. True science asks us to be cautious. Just as we should be careful with the priests, so we should be with the scientists. Begin with disbelief. Analyse, test, prove everything, and then take it. Some of the most current beliefs of modern science have not been proved. Even in such a science as mathematics, the vast majority of its theories are only working hypotheses. With the advent of greater knowledge they will be thrown away.
In 1400 B.C. a great sage made an attempt to arrange, analyse, and generalise upon certain psychological facts. He was followed by many others who took up parts of what he had discovered and made a special study of them. The Hindus alone of all ancient races took up the study of this branch of knowledge in right earnest. I am teaching you now about it, but how many of you will practice it? How many days, how many months will it be before you give it up? You are impractical on this subject. In India, they will persevere for ages and ages. You will be astonished to hear that they have no churches, no Common Prayers, or anything of the kind; but they, every day, still practice the breathings and try to concentrate the mind; and that is the chief part of their devotion. These are the main points. Every Hindu must do these. It is the religion of the country. Only, each one may have a special method — a special form of breathing, a special form of concentration, and what is one's special method, even one's wife need not know; the father need not know the son's. But they all have to do these. And there is nothing occult about these things. The word "occult" has no bearing on them. Near the Gangâ thousands and thousands of people may be seen daily sitting on its banks breathing and concentrating with closed eyes. There may be two reasons that make certain practices impracticable for the generality of mankind. One is, the teachers hold that the ordinary people are not fit for them. There may be some truth in this, but it is due more to pride. The second is the fear of persecution. A man, for instance, would not like to practice breathing publicly in this country, because he would be thought so queer; it is not the fashion here. On the other hand, in India. If a man prayed, "Give us this day our daily bread", people would laugh at him. Nothing could be more foolish to the Hindu mind than to say, "Our Father which art in Heaven." The Hindu, when he worships, thinks that God is within himself.
According to the Yogis, there are three principal nerve currents: one they call the Idâ, the other the Pingalâ, and the middle one the Sushumnâ, and all these are inside the spinal column. The Ida and the Pingala, the left and the right, are clusters of nerves, while the middle one, the Sushumna, is hollow and is not a cluster of nerves. This Sushumna is closed, and for the ordinary man is of no use, for he works through the Ida and the Pingala only. Currents are continually going down and coming up through these nerves, carrying orders all over the body through other nerves running to the different organs of the body.
It is the regulation and the bringing into rhythm of the Ida and Pingala that is the great object of breathing. But that itself is nothing — it is only so much air taken into the lungs; except for purifying the blood, it is of no more use. There is nothing occult in the air that we take in with our breath and assimilate to purify the blood; the action is merely a motion. This motion can be reduced to the unit movement we call Prâna; and everywhere, all movements are the various manifestations of this Prana. This Prana is electricity, it is magnetism; it is thrown out by the brain as thought. Everything is Prana; it is moving the sun, the moon, and the stars.
We say, whatever is in this universe has been projected by the vibration of the Prana. The highest result of vibration is thought. If there be any higher, we cannot conceive of it. The nerves, Ida and Pingala, work through the Prana. It is the Prana that is moving every part of the body, becoming the different forces. Give up that old idea that God is something that produces the effect and sits on a throne dispensing justice. In working we become exhausted because we use up so much Prana.
The breathing exercises, called Prânâyâma, bring about regulation of the breathing, rhythmic action of the Prana. When the Prana is working rhythmically, everything works properly. When the Yogis get control over their own bodies, if there is any disease in any part, they know that the Prana is not rhythmic there and they direct the Prana to the affected part until the rhythm is re-established.
Just as you can control the Prana in your own body, so, if you are powerful enough, you can control, even from here another man's Prana in India. It is all one. There is no break; unity is the law. Physically, psychically, mentally, morally, metaphysically, it is all one. Life is only a vibration. That which vibrates this ocean of ether, vibrates you. Just as in a lake, various strata of ice of various degrees of solidity are formed, or as in an ocean of vapour there are various degrees of density, so is this universe an ocean of matter. This is an ocean of ether in which we find the sun, moon, stars, and ourselves — in different states of solidity; but the continuity is not broken; it is the same throughout.
Now, when we study metaphysics, we come to know the world is one, not that the spiritual, the material, the mental, and the world of energies are separate. It is all one, but seen from different planes of vision. When you think of yourself as a body, you forget that you are a mind, and when you think of yourself as a mind, you will forget the body. There is only one thing, that you are; you can see it either as matter or body — or you can see it as mind or spirit. Birth, life, and death are but old superstitions. None was ever born, none will ever die; one changes one's position — that is all. I am sorry to see in the West how much they make of death; always trying to catch a little life. "Give us life after death! Give us life!" They are so happy if anybody tells them that they are going to live afterwards! How can I ever doubt such a thing! How can I imagine that I am dead! Try to think of yourself as dead, and you will see that you are present to see your own dead body. Life is such a wonderful reality that you cannot for a moment forget it. You may as well doubt that you exist. This is the first fact of consciousness — I am. Who can imagine a state of things which never existed? It is the most self-evident of all truths. So, the idea of immortality is inherent in man. How can one discuss a subject that is unimaginable? Why should we want to discuss the pros and cons of a subject that is self-evident?
The whole universe, therefore, is a unit, from whatever standpoint you view it. Just now, to us, this universe is a unit of Prana and Âkâsha, force and matter. And mind you, like all other basic principles, this is also self-contradictory. For what is force? — that which moves matter. And what is matter? — that which is moved by force. It is a seesaw! Some of the fundamentals of our reasoning are most curious, in spite of our boast of science and knowledge. "It is a headache without a head", as the Sanskrit proverb says. This state of things has been called Maya. It has neither existence nor non-existence. You cannot call it existence, because that only exists which is beyond time and space, which is self-existence. Yet this world satisfies to a certain degree our idea of existence. Therefore it has an apparent existence.
But there is the real existence in and through everything; and that reality, as it were, is caught in the meshes of time, space, and causation. There is the real man, the infinite, the beginningless, the endless, the ever-blessed, the ever-free. He has been caught in the meshes of time, space, and causation. So has everything in this world. The reality of everything is the same infinite. This is not idealism; it is not that the world does not exist. It has a relative existence, and fulfils all its requirements But it has no independent existence. It exists because of the Absolute Reality beyond time, space, and causation.
I have made long digressions. Now, let us return to our main subject.
All the automatic movements and all the conscious movements are the working of Prana through the nerves. Now, you see, it will be a very good thing to have control over the unconscious actions.
On some other occasions, I told you the definition of God and man. Man is an infinite circle whose circumference is nowhere, but the centre is located in one spot; and God is an infinite circle whose circumference is nowhere, but whose centre is everywhere. He works through all hands, sees through all eyes, walks on all feet, breathes through all bodies, lives in all life, speaks through every mouth, and thinks through every brain. Man can become like God and acquire control over the whole universe if he multiplies infinitely his centre of self-consciousness. Consciousness, therefore, is the chief thing to understand. Let us say that here is an infinite line amid darkness. We do not see the line, but on it there is one luminous point which moves on. As it moves along the line, it lights up its different parts in succession, and all that is left behind becomes dark again. Our consciousness; may well be likened to this luminous point. Its past experiences have been replaced by the present, or have become subconscious. We are not aware of their presence in us; but there they are, unconsciously influencing our body and mind. Every movement that is now being made without the help of consciousness was previously conscious. Sufficient impetus has been given to it to work of itself.
The great error in all ethical systems, without exception, has been the failure of teaching the means by which man could refrain from doing evil. All the systems of ethics teach, "Do not steal!" Very good; but why does a man steal? Because all stealing, robbing, and other evil actions, as a rule, have become automatic. The systematic robber, thief, liar, unjust man and woman, are all these in spite of themselves! It is really a tremendous psychological problem. We should look upon man in the most charitable light. It is not so easy to be good. What are you but mere machines until you are free? Should you be proud because you are good? Certainly not. You are good because you cannot help it. Another is bad because he cannot help it. If you were in his position, who knows what you would have been? The woman in the street, or the thief in the jail, is the Christ that is being sacrificed that you may be a good man. Such is the law of balance. All the thieves and the murderers, all the unjust, the weakest, the wickedest, the devils, they all are my Christ! I owe a worship to the God Christ and to the demon Christ! That is my doctrine, I cannot help it. My salutation goes to the feet of the good, the saintly, and to the feet of the wicked and the devilish! They are all my teachers, all are my spiritual fathers, all are my Saviours. I may curse one and yet benefit by his failings; I may bless another and benefit by his good deeds. This is as true as that I stand here. I have to sneer at the woman walking in the street, because society wants it! She, my Saviour, she, whose street-walking is the cause of the chastity of other women! Think of that. Think, men and women, of this question in your mind. It is a truth — a bare, bold truth! As I see more of the world, see more of men and women, this conviction grows stronger. Whom shall I blame? Whom shall I praise? Both sides of the shield must be seen.
The task before us is vast; and first and foremost, we must seek to control the vast mass of sunken thoughts which have become automatic with us. The evil deed is, no doubt, on the conscious plane; but the cause which produced the evil deed was far beyond in the realms of the unconscious, unseen, and therefore more potent.
Practical psychology directs first of all its energies in controlling the unconscious, and we know that we can do it. Why? Because we know the cause of the unconscious is the conscious; the unconscious thoughts are the submerged millions of our old conscious thoughts, old conscious actions become petrified — we do not look at them, do not know them, have forgotten them. But mind you, if the power of evil is in the unconscious, so also is the power of good. We have many things stored in us as in a pocket. We have forgotten them, do not even think of them, and there are many of them, rotting, becoming positively dangerous; they come forth, the unconscious causes which kill humanity. True psychology would, therefore, try to bring them under the control of the conscious. The great task is to revive the whole man, as it were, in order to make him the complete master of himself. Even what we call the automatic action of the organs within our bodies, such as the liver etc., can be made to obey our commands.
This is the first part of the study, the control of the unconscious. The next is to go beyond the conscious. Just as unconscious work is beneath consciousness, so there is another work which is above consciousness. When this superconscious state is reached, man becomes free and divine; death becomes immortality, weakness becomes infinite power, and iron bondage becomes liberty. That is the goal, the infinite realm of the superconscious.
So, therefore, we see now that there must be a twofold work. First, by the proper working of the Ida and the Pingala, which are the two existing ordinary currents, to control the subconscious action; and secondly, to go beyond even consciousness.
The books say that he alone is the Yogi who, after long practice in self-concentration, has attained to this truth. The Sushumna now opens and a current which never before entered into this new passage will find its way into it, and gradually ascend to (what we call in figurative language) the different lotus centres, till at last it reaches the brain. Then the Yogi becomes conscious of what he really is, God Himself.
Everyone without exception, everyone of us, can attain to this culmination of Yoga. But it is a terrible task. If a person wants to attain to this truth, he will have to do something more than to listen to lectures and take a few breathing exercises. Everything lies in the preparation. How long does it take to strike a light? Only a second; but how long it takes to make the candle! How long does it take to eat a dinner? Perhaps half an hour. But hours to prepare the food! We want to strike the light in a second, but we forget that the making of the candle is the chief thing.
But though it is so hard to reach the goal, yet even our smallest attempts are not in vain. We know that nothing is lost. In the Gita, Arjuna asks Krishna, "Those who fail in attaining perfection in Yoga in this life, are they destroyed like the clouds of summer?" Krishna replies, "Nothing, my friend, is lost in this world. Whatever one does, that remains as one's own, and if the fruition of Yoga does not come in this life, one takes it up again in the next birth." Otherwise, how do you explain the marvellous childhood of Jesus, Buddha, Shankara?
Breathing, posturing, etc. are no doubt helps in Yoga; but they are merely physical. The great preparations are mental. The first thing necessary is a quiet and peaceable life.
If you want to be a Yogi, you must be free, and place yourself in circumstances where you are alone and free from all anxiety. He who desires a comfortable and nice life and at the same time wants to realise the Self is like the fool who, wanting to cross the river, caught hold of a crocodile, mistaking it for a log of wood (Vivekachudâmani, 84.). "Seek ye first the kingdom of God, and everything shall be added unto you." This is the one great duty, this is renunciation. Live for an ideal, and leave no place in the mind for anything else. Let us put forth all our energies to acquire that, which never fails — our spiritual perfection. If we have true yearning for realisation, we must struggle, and through struggle growth will come. We shall make mistakes, but they may be angels unawares.
The greatest help to spiritual life is meditation (Dhyâna). In meditation we divest ourselves of all material conditions and feel our divine nature. We do not depend upon any external help in meditation. The touch of the soul can paint the brightest colour even in the dingiest places; it can cast a fragrance over the vilest thing; it can make the wicked divine — and all enmity, all selfishness is effaced. The less the thought of the body, the better. For it is the body that drags us down. It is attachment, identification, which makes us miserable. That is the secret: To think that I am the spirit and not the body, and that the whole of this universe with all its relations, with all its good and all its evil, is but as a series of paintings — scenes on a canvas — of which I am the witness.
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.