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Qu'est-ce que la religion ?

Volume1 lecture
3,999 mots · 16 min de lecture · Lectures and Discourses

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Français

Qu'est-ce que la religion ?

Une énorme locomotive a foncé sur la voie et un petit ver qui rampait sur l'un des rails a sauvé sa vie en s'écartant du chemin de la locomotive. Pourtant ce petit ver, si insignifiant qu'il peut être écrasé en un instant, est un être vivant, tandis que cette locomotive, si énorme, si immense, n'est qu'un engin, une machine. Vous dites que l'un a la vie et que l'autre n'est que matière morte, et que toute sa puissance, sa force et sa vitesse ne sont que celles d'une machine morte, un mécanisme. Pourtant le pauvre petit ver qui se mouvait sur le rail et que le moindre contact de l'engin aurait privé de sa vie est un être majestueux comparé à cette énorme locomotive. Il est une petite partie de l'Infini et, par conséquent, il est plus grand que cette puissante machine. Pourquoi en serait-il ainsi ? Comment distinguons-nous le vivant du mort ? La machine accomplit mécaniquement tous les mouvements que son créateur l'a faite pour accomplir, ses mouvements ne sont pas ceux de la vie. Comment pouvons-nous alors faire la distinction entre le vivant et le mort ? Dans le vivant, il y a la liberté, il y a l'intelligence ; dans le mort, tout est lié et aucune liberté n'est possible, parce qu'il n'y a pas d'intelligence. Cette liberté qui nous distingue des simples machines est ce vers quoi nous tendons tous. Être plus libres est le but de tous nos efforts, car ce n'est que dans la liberté parfaite qu'il peut y avoir la perfection. Cet effort pour atteindre la liberté sous-tend toutes les formes d'adoration, que nous le sachions ou non.

Si nous examinions les diverses formes d'adoration dans le monde entier, nous verrions que les plus rudimentaires de l'humanité adorent des fantômes, des démons et les esprits de leurs ancêtres — culte du serpent, culte des dieux tribaux et culte des défunts. Pourquoi font-ils cela ? Parce qu'ils sentent que d'une manière inconnue ces êtres sont plus grands, plus puissants qu'eux-mêmes, et limitent leur liberté. Ils cherchent donc à se concilier ces êtres pour les empêcher de les molester, en d'autres termes, pour obtenir plus de liberté. Ils cherchent aussi à gagner la faveur de ces êtres supérieurs, pour obtenir par le don des dieux ce qui devrait être gagné par l'effort personnel.

Dans l'ensemble, cela montre que le monde attend un miracle. Cette attente ne nous quitte jamais, et quoi que nous fassions, nous courons tous après le miraculeux et l'extraordinaire. Qu'est-ce que l'esprit, sinon cette recherche incessante du sens et du mystère de la vie ? Nous pouvons dire que seules les personnes incultes poursuivent toutes ces choses, mais la question demeure : pourquoi en est-il ainsi ? Les Juifs demandaient un miracle. Le monde entier demande la même chose depuis des milliers d'années. Il y a aussi l'insatisfaction universelle. Nous nous faisons un idéal, mais nous n'en avons parcouru que la moitié du chemin quand nous en créons un nouveau. Nous luttons durement pour atteindre un but et découvrons alors que nous n'en voulons pas. Cette insatisfaction, nous la vivons encore et encore, et qu'y a-t-il dans l'esprit s'il ne doit y avoir que l'insatisfaction ? Quel est le sens de cette insatisfaction universelle ? C'est parce que la liberté est le but de chaque homme. Il la cherche toujours, toute sa vie est une lutte pour elle. L'enfant se révolte contre la loi dès sa naissance. Sa première parole est un cri, une protestation contre l'esclavage dans lequel il se trouve. Ce désir ardent de liberté produit l'idée d'un Être qui est absolument libre. Le concept de Dieu est un élément fondamental de la constitution humaine. Dans le Védânta (système philosophique central de l'hindouisme), Sat-chit-ânanda (Existence-Connaissance-Béatitude) est le concept le plus élevé de Dieu que l'esprit puisse concevoir. Il est l'essence de la connaissance et, par sa nature, l'essence de la béatitude. Nous avons étouffé cette voix intérieure assez longtemps, cherchant à suivre la loi et à apaiser la nature humaine, mais il y a cet instinct humain de se révolter contre les lois de la nature. Nous ne comprenons peut-être pas ce que cela signifie, mais il y a cette lutte inconsciente de l'humain avec le spirituel, du mental inférieur avec le mental supérieur, et cette lutte tente de préserver la vie séparée de chacun, ce que nous appelons notre « individualité ».

Même les enfers se distinguent par ce fait miraculeux que nous sommes nés rebelles ; et le premier fait de la vie — l'irruption de la vie elle-même — contre cela nous nous révoltons et crions : « Pas de loi pour nous. » Tant que nous obéissons aux lois, nous sommes comme des machines, et l'univers continue, et nous ne pouvons le briser. Les lois en tant que lois deviennent la nature de l'homme. Le premier signe de la vie à son niveau supérieur est de voir cette lutte en nous pour briser le lien de la nature et être libre. « Liberté, ô Liberté ! Liberté, ô Liberté ! » est le chant de l'âme. L'esclavage, hélas, être lié dans la nature, semble être sa destinée.

Pourquoi devrait-il y avoir le culte du serpent, des fantômes, des démons, et toutes ces croyances et formes variées pour obtenir des miracles ? Pourquoi disons-nous qu'il y a la vie, qu'il y a l'être dans quoi que ce soit ? Il doit y avoir un sens dans toute cette recherche, cet effort pour comprendre la vie, pour expliquer l'être. Ce n'est ni sans sens ni vain. C'est l'effort incessant de l'homme pour devenir libre. La connaissance que nous appelons maintenant science a lutté pendant des milliers d'années dans sa tentative de gagner la liberté, et les gens demandent la liberté. Pourtant il n'y a pas de liberté dans la nature. Tout est loi. Cependant la lutte continue. Bien plus, la nature entière, du soleil même aux atomes, est sous la loi, et même pour l'homme il n'y a pas de liberté. Mais nous ne pouvons le croire. Nous avons étudié les lois depuis le commencement et pourtant nous ne pouvons pas — non, nous ne voulons pas — croire que l'homme est sous la loi. L'âme crie toujours : « Liberté, ô Liberté ! » Avec la conception de Dieu comme un Être parfaitement libre, l'homme ne peut demeurer éternellement dans cet esclavage. Plus haut il doit aller, et si la lutte n'était pas pour lui-même, il la jugerait trop sévère. L'homme se dit : « Je suis un esclave né, je suis lié ; néanmoins, il y a un Être qui n'est pas lié par la nature. Il est libre et Maître de la nature. »

La conception de Dieu est donc une partie aussi essentielle et fondamentale de l'esprit que l'idée d'esclavage. Toutes deux sont le fruit de l'idée de liberté. Il ne peut y avoir de vie, même dans la plante, sans l'idée de liberté. Dans la plante ou dans le ver, la vie doit s'élever jusqu'au concept individuel. Elle est là, travaillant inconsciemment, la plante vivant sa vie pour préserver la variété, le principe ou la forme, non la nature. L'idée de la nature contrôlant chaque pas en avant l'emporte sur l'idée de liberté. L'idée du monde matériel avance, l'idée de liberté avance. La lutte continue toujours. Nous entendons parler de toutes les querelles de credo et de sectes, pourtant les credo et les sectes sont justes et appropriés, ils doivent exister. La chaîne s'allonge et naturellement la lutte s'intensifie, mais il n'y aurait nul besoin de querelles si seulement nous savions que nous tendons tous vers le même but.

L'incarnation de la liberté, le Maître de la nature, c'est ce que nous appelons Dieu. Vous ne pouvez Le nier. Non, parce que vous ne pouvez ni bouger ni vivre sans l'idée de liberté. Seriez-vous venus ici si vous ne croyiez pas être libres ? Il est tout à fait possible que le biologiste puisse et veuille donner quelque explication de cet effort perpétuel pour être libre. Accordons tout cela, l'idée de liberté est pourtant là. C'est un fait, tout autant que cet autre fait dont vous ne pouvez apparemment vous défaire, le fait d'être sous la loi de la nature.

Esclavage et liberté, lumière et ombre, bien et mal doivent exister, mais le fait même de l'esclavage montre aussi cette liberté cachée là. Si l'un est un fait, l'autre est également un fait. Il doit y avoir cette idée de liberté. Bien que nous ne puissions voir maintenant que cette idée d'esclavage, chez l'homme inculte, est sa lutte pour la liberté, pourtant l'idée de liberté est là. L'esclavage du péché et de l'impureté chez le sauvage inculte est pour sa conscience très petit, car sa nature n'est qu'un peu au-dessus de celle de l'animal. Ce contre quoi il lutte, c'est l'esclavage de la nature physique, le manque de gratification physique, mais de cette conscience inférieure croît et s'élargit la conception supérieure d'un esclavage mental ou moral et un désir ardent de liberté spirituelle. Ici nous voyons le divin briller faiblement à travers le voile de l'ignorance. Le voile est très dense au début et la lumière peut être presque obscurcie, mais elle est là, toujours pure et sans ternissure — le feu radieux de la liberté et de la perfection. L'homme personnifie cela comme le Souverain de l'Univers, l'Être unique et libre. Il ne sait pas encore que l'univers est tout un, que la différence n'est que de degré, dans le concept.

Toute la nature est adoration de Dieu. Partout où il y a la vie, il y a cette recherche de liberté, et cette liberté est la même que Dieu. Nécessairement cette liberté nous donne la maîtrise sur toute la nature et est impossible sans la connaissance. Plus nous connaissons, plus nous devenons maîtres de la nature. La maîtrise seule nous rend forts, et s'il existe un être entièrement libre et maître de la nature, cet être doit avoir une connaissance parfaite de la nature, doit être omniprésent et omniscient. La liberté doit aller de pair avec ces attributs, et seul l'être qui les aura acquis sera au-delà de la nature.

La béatitude, la paix éternelle naissant de la liberté parfaite, est le concept le plus élevé de la religion sous-tendant toutes les idées de Dieu dans le Védânta — l'Existence absolument libre, non liée par quoi que ce soit, sans changement, sans nature, rien qui puisse produire un changement en Lui. Cette même liberté est en vous et en moi, et c'est la seule vraie liberté.

Dieu est calme, établi sur Son propre Soi majestueux et immuable. Vous et moi essayons de faire un avec Lui, mais nous nous plantons sur la nature, sur les futilités de la vie quotidienne, sur l'argent, sur la renommée, sur l'amour humain, et sur toutes ces formes changeantes de la nature qui créent l'esclavage. Quand la nature brille, de quoi dépend cet éclat ? De Dieu, et non du soleil, ni de la lune, ni des étoiles. Partout où quelque chose brille, que ce soit la lumière du soleil ou celle de notre propre conscience, c'est Lui. Lui brillant, tout brille après Lui.

Nous avons vu maintenant que ce Dieu est évident par lui-même, impersonnel, omniscient, le Connaisseur et le Maître de la nature, le Seigneur de tout. Il est derrière toute adoration et celle-ci se fait selon Lui, que nous le sachions ou non. Je vais un pas plus loin. Ce devant quoi tous s'émerveillent, ce que nous appelons le mal, est aussi Son adoration. Cela aussi fait partie de la liberté. Bien plus, je serai même terrible et je vous dirai que, quand vous faites le mal, l'impulsion derrière est aussi cette liberté. Elle a pu être mal dirigée et égarée, mais elle était là ; et il ne peut y avoir de vie ni d'impulsion si cette liberté n'est pas derrière. La liberté respire dans le battement de l'univers. À moins qu'il n'y ait unité au cœur universel, nous ne pouvons comprendre la variété. Telle est la conception du Seigneur dans les Upanishads (textes philosophiques sacrés de l'hindouisme ancien). Parfois elle s'élève encore plus haut, nous présentant un idéal devant lequel nous restons d'abord abasourdis — que nous sommes en essence un avec Dieu. Lui qui est la couleur dans les ailes du papillon et l'éclosion du bouton de rose, est la puissance qui est dans la plante et dans le papillon. Lui qui nous donne la vie est la puissance en nous. De Son feu vient la vie, et la mort la plus terrible est aussi Sa puissance. Lui dont l'ombre est la mort, Son ombre est aussi l'immortalité. Prenez une conception encore plus élevée. Voyez comme nous fuyons tels des lièvres traqués devant tout ce qui est terrible, et comme eux, nous cachons la tête en pensant que nous sommes en sécurité. Voyez comme le monde entier fuit devant tout ce qui est terrible. Une fois, quand j'étais à Vârânasî (la ville sainte de l'Inde, aussi appelée Bénarès), je passais par un endroit où il y avait un grand bassin d'eau d'un côté et un haut mur de l'autre. C'était dans un terrain où il y avait beaucoup de singes. Les singes de Vârânasî sont d'énormes brutes et sont parfois hargneux. Ils décidèrent alors de ne pas me laisser passer par leur rue, et ils hurlèrent, crièrent et s'agrippèrent à mes pieds tandis que je passais. Comme ils se pressaient plus près, je me mis à courir, mais plus je courais vite, plus vite venaient les singes et ils commencèrent à me mordre. Il semblait impossible de leur échapper, mais juste alors je rencontrai un étranger qui me cria : « Fais face aux brutes. » Je me retournai et fis face aux singes, et ils reculèrent et finirent par s'enfuir. C'est une leçon pour toute la vie — faites face au terrible, faites-lui face avec audace. Comme les singes, les épreuves de la vie reculent quand nous cessons de fuir devant elles. Si nous devons jamais gagner la liberté, ce doit être en conquérant la nature, jamais en la fuyant. Les lâches ne remportent jamais de victoires. Nous devons combattre la peur, les épreuves et l'ignorance si nous voulons qu'elles fuient devant nous.

Qu'est-ce que la mort ? Que sont les terreurs ? Ne voyez-vous pas le visage du Seigneur en elles ? Fuyez le mal, la terreur et la misère, et ils vous suivront. Faites-leur face, et ils fuiront. Le monde entier adore l'aisance et le plaisir, et très peu osent adorer ce qui est douloureux. S'élever au-dessus des deux, voilà l'idée de la liberté. À moins que l'homme ne passe par cette porte, il ne peut être libre. Nous devons tous y faire face. Nous nous efforçons d'adorer le Seigneur, mais le corps se dresse entre nous, la nature se dresse entre Lui et nous et aveugle notre vision. Nous devons apprendre à L'adorer et à L'aimer dans la foudre, dans la honte, dans la douleur, dans le péché. Le monde entier n'a jamais cessé de prêcher le Dieu de la vertu. Je prêche un Dieu de la vertu et un Dieu du péché en un seul. Prenez-Le si vous l'osez — c'est le seul chemin du salut ; alors seulement viendra à nous la Vérité ultime qui naît de l'idée d'unité. Alors se perdra l'idée que l'un est plus grand que l'autre. Plus nous approchons de la loi de la liberté, plus nous viendrons sous la protection du Seigneur, et les épreuves s'évanouiront. Alors nous ne différencierons pas la porte de l'enfer de la porte du ciel, et nous ne ferons pas de distinction entre les hommes en disant : « Je suis plus grand que tout être dans l'univers. » Tant que nous ne verrons rien dans le monde que le Seigneur Lui-même, tous ces maux nous assailliront et nous ferons toutes ces distinctions ; car ce n'est que dans le Seigneur, dans l'Esprit, que nous sommes tous un ; et tant que nous ne verrons pas Dieu partout, cette unité n'existera pas pour nous.

Deux oiseaux au beau plumage, compagnons inséparables, étaient posés sur le même arbre, l'un au sommet et l'autre en bas. Le bel oiseau d'en bas mangeait les fruits de l'arbre, doux et amers, un moment un fruit doux et un autre un fruit amer. Au moment où il mangea un fruit amer, il fut attristé, mais après un moment il en mangea un autre et quand celui-ci aussi fut amer, il leva les yeux et vit l'autre oiseau qui ne mangeait ni le doux ni l'amer, mais était calme et majestueux, plongé dans sa propre gloire. Et alors le pauvre oiseau d'en bas oublia et recommença à manger les fruits doux et amers, jusqu'à ce qu'enfin il en mangeât un qui était extrêmement amer ; et alors il s'arrêta de nouveau et leva une fois de plus les yeux vers le glorieux oiseau d'en haut. Alors il se rapprocha de plus en plus de l'autre oiseau ; et quand il fut assez près, des rayons de lumière brillèrent sur lui et l'enveloppèrent, et il vit qu'il était transformé en l'oiseau supérieur. Il devint calme, majestueux, libre, et découvrit qu'il n'y avait jamais eu qu'un seul oiseau depuis le début sur l'arbre. L'oiseau inférieur n'était que le reflet de celui d'en haut. Ainsi nous sommes en réalité un avec le Seigneur, mais le reflet nous fait paraître multiples, comme lorsque le soleil unique se reflète dans un million de gouttes de rosée et semble un million de petits soleils. Le reflet doit s'évanouir si nous voulons nous identifier à notre nature réelle qui est divine. L'univers lui-même ne peut jamais être la limite de notre satisfaction. C'est pourquoi l'avare amasse de plus en plus d'argent, c'est pourquoi le voleur vole, le pécheur pèche, c'est pourquoi vous étudiez la philosophie. Tous ont un seul but. Il n'y a pas d'autre but dans la vie que d'atteindre cette liberté. Consciemment ou inconsciemment, nous tendons tous vers la perfection. Chaque être doit l'atteindre.

L'homme qui tâtonne à travers le péché, à travers la misère, l'homme qui choisit le chemin à travers les enfers, l'atteindra, mais cela prendra du temps. Nous ne pouvons le sauver. Quelques coups durs sur la tête l'aideront à se tourner vers le Seigneur. Le chemin de la vertu, de la pureté, du désintéressement, de la spiritualité finit par être connu, et ce que tous font inconsciemment, nous essayons de le faire consciemment. L'idée est exprimée par saint Paul : « Le Dieu que vous adorez sans le connaître, c'est Lui que je vous annonce. » C'est la leçon que le monde entier doit apprendre. Qu'ont à faire ces philosophies et ces théories de la nature, sinon nous aider à atteindre ce but unique dans la vie ? Arrivons à cette conscience de l'identité de toute chose et que l'homme se voie en tout. Ne soyons plus les adorateurs de credo ou de sectes avec de petites notions limitées de Dieu, mais voyons-Le en tout dans l'univers. Si vous êtes des connaisseurs de Dieu, vous trouverez partout la même adoration que dans votre propre cœur.

Débarrassez-vous d'abord de toutes ces idées limitées et voyez Dieu en chaque personne — travaillant à travers toutes les mains, marchant à travers tous les pieds, et mangeant par toutes les bouches. En chaque être Il vit, à travers tous les esprits Il pense. Il est évident par Lui-même, plus proche de nous que nous-mêmes. Connaître cela, c'est la religion, c'est la foi, et puisse le Seigneur nous donner cette foi ! Quand nous sentirons cette unité, nous serons immortels. Nous sommes physiquement immortels même, un avec l'univers. Tant qu'il en est un qui respire dans l'univers, je vis en celui-là. Je ne suis pas ce petit être limité, je suis l'universel. Je suis la vie de tous les fils du passé. Je suis l'âme du Bouddha, de Jésus, de Mahomet. Je suis l'âme des maîtres, et je suis tous les voleurs qui ont volé, et tous les meurtriers qui ont été pendus, je suis l'universel. Levez-vous donc ; c'est la plus haute adoration. Vous êtes un avec l'univers. Cela seul est l'humilité — non pas ramper à quatre pattes en vous traitant de pécheur. C'est la plus haute évolution quand ce voile de différenciation est arraché. Le plus haut credo est l'Unité. « Je suis un tel » est une idée limitée, qui n'est pas vraie du vrai « Je ». Je suis l'universel ; tenez-vous sur cela et adorez toujours le Plus Haut à travers la forme la plus haute, car Dieu est Esprit et doit être adoré en esprit et en vérité. À travers les formes inférieures d'adoration, les pensées matérielles de l'homme s'élèvent vers l'adoration spirituelle, et l'Un Infini Universel est enfin adoré dans et par l'esprit. Ce qui est limité est matériel. L'Esprit seul est infini. Dieu est Esprit, est infini ; l'homme est Esprit et, par conséquent, infini, et l'Infini seul peut adorer l'Infini. Nous adorerons l'Infini ; c'est la plus haute adoration spirituelle. La grandeur de réaliser ces idées, comme c'est difficile ! Je théorise, je parle, je philosophe ; et l'instant d'après quelque chose vient contre moi, et inconsciemment je me mets en colère, j'oublie qu'il y a quoi que ce soit dans l'univers sinon ce petit moi limité, j'oublie de dire : « Je suis l'Esprit, qu'est-ce que cette bagatelle pour moi ? Je suis l'Esprit. » J'oublie que c'est tout moi-même qui joue, j'oublie Dieu, j'oublie la liberté.

Tranchant comme la lame d'un rasoir, long et difficile et dur à traverser est le chemin de la liberté. Les sages l'ont déclaré encore et encore. Pourtant ne laissez pas ces faiblesses et ces échecs vous lier. Les Upanishads ont déclaré : « Levez-vous ! Éveillez-vous ! Et ne vous arrêtez pas avant que le but ne soit atteint. » Nous traverserons alors certainement le sentier, tranchant comme le rasoir qu'il est, et long, lointain et difficile qu'il soit. L'homme devient le maître des dieux et des démons. Personne d'autre que nous-mêmes n'est à blâmer pour nos misères. Pensez-vous qu'il n'y ait qu'une sombre coupe de poison si l'homme va chercher le nectar ? Le nectar est là et il est pour chaque homme qui lutte pour l'atteindre. Le Seigneur Lui-même nous dit : « Abandonne tous ces chemins et ces luttes. Prends refuge en Moi. Je te conduirai à l'autre rive, n'aie pas peur. » Nous entendons cela de toutes les écritures du monde qui parviennent jusqu'à nous. La même voix nous enseigne à dire : « Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », car « à Toi appartiennent le règne, la puissance et la gloire ». C'est difficile, tout est très difficile. Je me dis : « En cet instant je prendrai refuge en Toi, ô Seigneur. À Ton amour je sacrifierai tout, et sur Ton autel je placerai tout ce qui est bon et vertueux. Mes péchés, mes douleurs, mes actions, bonnes et mauvaises, je les offrirai à Toi ; prends-les et jamais je n'oublierai. » Un moment je dis : « Que Ta volonté soit faite », et l'instant d'après quelque chose vient m'éprouver et je bondis de colère. Le but de toutes les religions est le même, mais le langage des maîtres diffère. La tentative est de tuer le faux « je », afin que le vrai « Je », le Seigneur, règne. « Je suis le Seigneur ton Dieu, un Dieu jaloux. Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi », disent les écritures hébraïques. Dieu doit être là, Lui seul. Nous devons dire : « Non pas moi, mais Toi », et alors nous devrions tout abandonner sauf le Seigneur. Lui, et Lui seul, devrait régner. Peut-être luttons-nous durement, et pourtant l'instant d'après nos pieds glissent, et alors nous essayons de tendre les mains vers la Mère. Nous découvrons que nous ne pouvons rester seuls. La vie est infinie, un chapitre de laquelle est « Que Ta volonté soit faite », et à moins que nous ne réalisions tous les chapitres, nous ne pouvons réaliser le tout. « Que Ta volonté soit faite » — à chaque instant l'esprit traître se révolte contre cela, pourtant il faut le dire, encore et encore, si nous voulons conquérir le moi inférieur. Nous ne pouvons servir un traître et pourtant être sauvés. Il y a le salut pour tous sauf pour le traître, et nous nous tenons condamnés comme traîtres, traîtres envers nous-mêmes, envers la majesté de la Mère, quand nous refusons d'obéir à la voix de notre Soi supérieur. Quoi qu'il advienne, nous devons abandonner nos corps et nos esprits à la Volonté suprême. Le philosophe hindou l'a bien dit : « Si l'homme dit deux fois "Que Ta volonté soit faite", il commet un péché. » « Que Ta volonté soit faite » — quoi de plus est nécessaire, pourquoi le dire deux fois ? Ce qui est bon est bon. Plus jamais nous ne le reprendrons. « Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, car à Toi appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles. »

English

What Is Religion?

A huge locomotive has rushed on over the line and a small worm that was creeping upon one of the rails saved its life by crawling out of the path of the locomotive. Yet this little worm, so insignificant that it can be crushed in a moment, is a living something, while this locomotive, so huge, so immense, is only an engine, a machine. You say the one has life and the other is only dead matter and all its powers and strength and speed are only those of a dead machine, a mechanical contrivance. Yet the poor little worm which moved upon the rail and which the least touch of the engine would have deprived of its life is a majestic being compared to that huge locomotive. It is a small part of the Infinite and, therefore, it is greater than this powerful engine. Why should that be so? How do we know the living from the dead? The machine mechanically performs all the movements its maker made it to perform, its movements are not those of life. How can we make the distinction between the living and the dead, then? In the living there is freedom, there is intelligence; in the dead all is bound and no freedom is possible, because there is no intelligence. This freedom that distinguishes us from mere machines is what we are all striving for. To be more free is the goal of all our efforts, for only in perfect freedom can there be perfection. This effort to attain freedom underlies all forms of worship, whether we know it or not.

If we were to examine the various sorts of worship all over the world, we would see that the rudest of mankind are worshipping ghosts, demons, and the spirits of their forefathers — serpent worship, worship of tribal gods, and worship of the departed ones. Why do they do this? Because they feel that in some unknown way these beings are greater, more powerful than themselves, and limit their freedom. They, therefore, seek to propitiate these beings in order to prevent them from molesting them, in other words, to get more freedom. They also seek to win favour from these superior beings, to get by gift of the gods what ought to be earned by personal effort.

On the whole, this shows that the world is expecting a miracle. This expectation never leaves us, and however we may try, we are all running after the miraculous and extraordinary. What is mind but that ceaseless inquiry into the meaning and mystery of life? We may say that only uncultivated people are going after all these things, but the question still is there: Why should it be so? The Jews were asking for a miracle. The whole world has been asking for the same these thousands of years. There is, again, the universal dissatisfaction. We make an ideal but we have rushed only half the way after it when we make a newer one. We struggle hard to attain to some goal and then discover we do not want it. This dissatisfaction we are having time after time, and what is there in the mind if there is to be only dissatisfaction? What is the meaning of this universal dissatisfaction? It is because freedom is every man's goal. He seeks it ever, his whole life is a struggle after it. The child rebels against law as soon as it is born. Its first utterance is a cry, a protest against the bondage in which it finds itself. This longing for freedom produces the idea of a Being who is absolutely free. The concept of God is a fundamental element in the human constitution. In the Vedanta, Sat-chit-ânanda (Existence-Knowledge-Bliss) is the highest concept of God possible to the mind. It is the essence of knowledge and is by its nature the essence of bliss. We have been stifling that inner voice long enough, seeking to follow law and quiet the human nature, but there is that human instinct to rebel against nature's laws. We may not understand what the meaning is, but there is that unconscious struggle of the human with the spiritual, of the lower with the higher mind, and the struggle attempts to preserve one's separate life, what we call our "individuality".

Even hells stand out with this miraculous fact that we are born rebels; and the first fact of life — the inrushing of life itself — against this we rebel and cry out, "No law for us." As long as we obey the laws we are like machines, and on goes the universe, and we cannot break it. Laws as laws become man's nature. The first inkling of life on its higher level is in seeing this struggle within us to break the bond of nature and to be free. "Freedom, O Freedom! Freedom, O Freedom!" is the song of the soul. Bondage, alas, to be bound in nature, seems its fate.

Why should there be serpent, or ghost, or demon worship and all these various creeds and forms for having miracles? Why do we say that there is life, there is being in anything? There must be a meaning in all this search, this endeavour to understand life, to explain being. It is not meaningless and vain. It is man's ceaseless endeavour to become free. The knowledge which we now call science has been struggling for thousands of years in its attempt to gain freedom, and people ask for freedom. Yet there is no freedom in nature. It is all law. Still the struggle goes on. Nay, the whole of nature from the very sun to the atoms is under law, and even for man there is no freedom. But we cannot believe it. We have been studying laws from the beginning and yet cannot — nay, will not — believe that man is under law. The soul cries ever, "Freedom, O Freedom!" With the conception of God as a perfectly free Being, man cannot rest eternally in this bondage. Higher he must go, and unless the struggle were for himself, he would think it too severe. Man says to himself, "I am a born slave, I am bound; nevertheless, there is a Being who is not bound by nature. He is free and Master of nature."

The conception of God, therefore, is as essential and as fundamental a part of mind as is the idea of bondage. Both are the outcome of the idea of freedom. There cannot be life, even in the plant, without the idea of freedom. In the plant or in the worm, life has to rise to the individual concept. It is there, unconsciously working, the plant living its life to preserve the variety, principle, or form, not nature. The idea of nature controlling every step onward overrules the idea of freedom. Onward goes the idea of the material world, onward moves the idea of freedom. Still the fight goes on. We are hearing about all the quarrels of creeds and sects, yet creeds and sects are just and proper, they must be there. The chain is lengthening and naturally the struggle increases, but there need be no quarrels if we only knew that we are all striving to reach the same goal.

The embodiment of freedom, the Master of nature, is what we call God. You cannot deny Him. No, because you cannot move or live without the idea of freedom. Would you come here if you did not believe you were free? It is quite possible that the biologist can and will give some explanation of this perpetual effort to be free. Take all that for granted, still the idea of freedom is there. It is a fact, as much so as the other fact that you cannot apparently get over, the fact of being under nature.

Bondage and liberty, light and shadow, good and evil must be there, but the very fact of the bondage shows also this freedom hidden there. If one is a fact, the other is equally a fact. There must be this idea of freedom. While now we cannot see that this idea of bondage, in uncultivated man, is his struggle for freedom, yet the idea of freedom is there. The bondage of sin and impurity in the uncultivated savage is to his consciousness very small, for his nature is only a little higher than the animal's. What he struggles against is the bondage of physical nature, the lack of physical gratification, but out of this lower consciousness grows and broadens the higher conception of a mental or moral bondage and a longing for spiritual freedom. Here we see the divine dimly shining through the veil of ignorance. The veil is very dense at first and the light may be almost obscured, but it is there, ever pure and undimmed — the radiant fire of freedom and perfection. Man personifies this as the Ruler of the Universe, the One Free Being. He does not yet know that the universe is all one, that the difference is only in degree, in the concept.

The whole of nature is worship of God. Wherever there is life, there is this search for freedom and that freedom is the same as God. Necessarily this freedom gives us mastery over all nature and is impossible without knowledge. The more we are knowing, the more we are becoming masters of nature. Mastery alone is making us strong and if there be some being entirely free and master of nature, that being must have a perfect knowledge of nature, must be omnipresent and omniscient. Freedom must go hand in hand with these, and that being alone who has acquired these will be beyond nature.

Blessedness, eternal peace, arising from perfect freedom, is the highest concept of religion underlying all the ideas of God in Vedanta — absolutely free Existence, not bound by anything, no change, no nature, nothing that can produce a change in Him. This same freedom is in you and in me and is the only real freedom.

God is still, established upon His own majestic changeless Self. You and I try to be one with Him, but plant ourselves upon nature, upon the trifles of daily life, on money, on fame, on human love, and all these changing forms in nature which make for bondage. When nature shines, upon what depends the shining? Upon God and not upon the sun, nor the moon, nor the stars. Wherever anything shines, whether it is the light in the sun or in our own consciousness, it is He. He shining, all shines after Him.

Now we have seen that this God is self-evident, impersonal, omniscient, the Knower and Master of nature, the Lord of all. He is behind all worship and it is being done according to Him, whether we know it or not. I go one step further. That at which all marvel, that which we call evil, is His worship too. This too is a part of freedom. Nay, I will be terrible even and tell you that, when you are doing evil, the impulse behind is also that freedom. It may have been misguided and misled, but it was there; and there cannot be any life or any impulse unless that freedom be behind it. Freedom breathes in the throb of the universe. Unless there is unity at the universal heart, we cannot understand variety. Such is the conception of the Lord in the Upanishads. Sometimes it rises even higher, presenting to us an ideal before which at first we stand aghast — that we are in essence one with God. He who is the colouring in the wings of the butterfly, and the blossoming of the rose-bud, is the power that is in the plant and in the butterfly. He who gives us life is the power within us. Out of His fire comes life, and the direst death is also His power. He whose shadow is death, His shadow is immortality also. Take a still higher conception. See how we are flying like hunted hares from all that is terrible, and like them, hiding our heads and thinking we are safe. See how the whole world is flying from everything terrible. Once when I was in Varanasi, I was passing through a place where there was a large tank of water on one side and a high wall on the other. It was in the grounds where there were many monkeys. The monkeys of Varanasi are huge brutes and are sometimes surly. They now took it into their heads not to allow me to pass through their street, so they howled and shrieked and clutched at my feet as I passed. As they pressed closer, I began to run, but the faster I ran, the faster came the monkeys and they began to bite at me. It seemed impossible to escape, but just then I met a stranger who called out to me, "Face the brutes." I turned and faced the monkeys, and they fell back and finally fled. That is a lesson for all life — face the terrible, face it boldly. Like the monkeys, the hardships of life fall back when we cease to flee before them. If we are ever to gain freedom, it must be by conquering nature, never by running away. Cowards never win victories. We have to fight fear and troubles and ignorance if we expect them to flee before us.

What is death? What are terrors? Do you not see the Lord's face in them? Fly from evil and terror and misery, and they will follow you. Face them, and they will flee. The whole world worships ease and pleasure, and very few dare to worship that which is painful. To rise above both is the idea of freedom. Unless man passes through this gate he cannot be free. We all have to face these. We strive to worship the Lord, but the body rises between, nature rises between Him and us and blinds our vision. We must learn how to worship and love Him in the thunderbolt, in shame, in sorrow, in sin. All the world has ever been preaching the God of virtue. I preach a God of virtue and a God of sin in one. Take Him if you dare — that is the one way to salvation; then alone will come to us the Truth Ultimate which comes from the idea of oneness. Then will be lost the idea that one is greater than another. The nearer we approach the law of freedom, the more we shall come under the Lord, and troubles will vanish. Then we shall not differentiate the door of hell from the gate of heaven, nor differentiate between men and say, "I am greater than any being in the universe." Until we see nothing in the world but the Lord Himself, all these evils will beset us and we shall make all these distinctions; because it is only in the Lord, in the Spirit, that we are all one; and until we see God everywhere, this unity will not exist for us.

Two birds of beautiful plumage, inseparable companions, sat upon the same tree, one on the top and one below. The beautiful bird below was eating the fruits of the tree, sweet and bitter, one moment a sweet one and another a bitter. The moment he ate a bitter fruit, he was sorry, but after a while he ate another and when it too was bitter, he looked up and saw the other bird who ate neither the sweet nor the bitter, but was calm and majestic, immersed in his own glory. And then the poor lower bird forgot and went on eating the sweet and bitter fruits again, until at last he ate one that was extremely bitter; and then he stopped again and once more looked up at the glorious bird above. Then he came nearer and nearer to the other bird; and when he had come near enough, rays of light shone upon him and enveloped him, and he saw he was transformed into the higher bird. He became calm, majestic, free, and found that there had been but one bird all the time on the tree. The lower bird was but the reflection of the one above. So we are in reality one with the Lord, but the reflection makes us seem many, as when the one sun reflects in a million dew-drops and seems a million tiny suns. The reflection must vanish if we are to identify ourselves with our real nature which is divine. The universe itself can never be the limit of our satisfaction. That is why the miser gathers more and more money, that is why the robber robs, the sinner sins, that is why you are learning philosophy. All have one purpose. There is no other purpose in life, save to reach this freedom. Consciously or unconsciously, we are all striving for perfection. Every being must attain to it.

The man who is groping through sin, through misery, the man who is choosing the path through hells, will reach it, but it will take time. We cannot save him. Some hard knocks on his head will help him to turn to the Lord. The path of virtue, purity, unselfishness, spirituality, becomes known at last and what all are doing unconsciously, we are trying to do consciously. The idea is expressed by St. Paul, "The God that ye ignorantly worship, Him declare I unto you." This is the lesson for the whole world to learn. What have these philosophies and theories of nature to do, if not to help us to attain to this one goal in life? Let us come to that consciousness of the identity of everything and let man see himself in everything. Let us be no more the worshippers of creeds or sects with small limited notions of God, but see Him in everything in the universe. If you are knowers of God, you will everywhere find the same worship as in your own heart.

Get rid, in the first place, of all these limited ideas and see God in every person — working through all hands, walking through all feet, and eating through every mouth. In every being He lives, through all minds He thinks. He is self-evident, nearer unto us than ourselves. To know this is religion, is faith, and may it please the Lord to give us this faith! When we shall feel that oneness, we shall be immortal. We are physically immortal even, one with the universe. So long as there is one that breathes throughout the universe, I live in that one. I am not this limited little being, I am the universal. I am the life of all the sons of the past. I am the soul of Buddha, of Jesus, of Mohammed. I am the soul of the teachers, and I am all the robbers that robbed, and all the murderers that were hanged, I am the universal. Stand up then; this is the highest worship. You are one with the universe. That only is humility — not crawling upon all fours and calling yourself a sinner. That is the highest evolution when this veil of differentiation is torn off. The highest creed is Oneness. I am so-and-so is a limited idea, not true of the real "I". I am the universal; stand upon that and ever worship the Highest through the highest form, for God is Spirit and should be worshipped in spirit and in truth. Through lower forms of worship, man's material thoughts rise to spiritual worship and the Universal Infinite One is at last worshipped in and through the spirit. That which is limited is material. The Spirit alone is infinite. God is Spirit, is infinite; man is Spirit and, therefore, infinite, and the Infinite alone can worship the Infinite. We will worship the Infinite; that is the highest spiritual worship. The grandeur of realising these ideas, how difficult it is! I theorise, talk, philosophize; and the next moment something comes against me, and I unconsciously become angry, I forget there is anything in the universe but this little limited self, I forget to say, "I am the Spirit, what is this trifle to me? I am the Spirit." I forget it is all myself playing, I forget God, I forget freedom.

Sharp as the blade of a razor, long and difficult and hard to cross, is the way to freedom. The sages have declared this again and again. Yet do not let these weaknesses and failures bind you. The Upanishads have declared, "Arise ! Awake ! and stop not until the goal is reached." We will then certainly cross the path, sharp as it is like the razor, and long and distant and difficult though it be. Man becomes the master of gods and demons. No one is to blame for our miseries but ourselves. Do you think there is only a dark cup of poison if man goes to look for nectar? The nectar is there and is for every man who strives to reach it. The Lord Himself tells us, "Give up all these paths and struggles. Do thou take refuge in Me. I will take thee to the other shore, be not afraid." We hear that from all the scriptures of the world that come to us. The same voice teaches us to say, "Thy will be done upon earth, as it is in heaven," for "Thine is the kingdom and the power and the glory." It is difficult, all very difficult. I say to myself, "This moment I will take refuge in Thee, O Lord. Unto Thy love I will sacrifice all, and on Thine altar I will place all that is good and virtuous. My sins, my sorrows, my actions, good and evil, I will offer unto Thee; do Thou take them and I will never forget." One moment I say, "Thy will be done," and the next moment something comes to try me and I spring up in a rage. The goal of all religions is the same, but the language of the teachers differs. The attempt is to kill the false "I", so that the real "I", the Lord, will reign. "I the Lord thy God am a jealous God. Thou shalt have no other gods before me," say the Hebrew scriptures. God must be there all alone. We must say, "Not I, but Thou," and then we should give up everything but the Lord. He, and He alone, should reign. Perhaps we struggle hard, and yet the next moment our feet slip, and then we try to stretch out our hands to Mother. We find we cannot stand alone. Life is infinite, one chapter of which is, "Thy will be done," and unless we realise all the chapters we cannot realise the whole. "Thy will be done" — every moment the traitor mind rebels against it, yet it must be said, again and again, if we are to conquer the lower self. We cannot serve a traitor and yet be saved. There is salvation for all except the traitor and we stand condemned as traitors, traitors against our own selves, against the majesty of Mother, when we refuse to obey the voice of our higher Self. Come what will, we must give our bodies and minds up to the Supreme Will. Well has it been said by the Hindu philosopher, "If man says twice, 'Thy will be done,' he commits sin." "Thy will be done," what more is needed, why say it twice? What is good is good. No more shall we take it back. "Thy will be done on earth as it is in heaven, for Thine is the kingdom and the power and the glory for evermore."


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