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Le Karma et son effet sur le caractère

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2,967 mots · 12 min de lecture · Karma-Yoga

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Français

Le mot karma (la loi de l'action et de ses effets) dérive du sanskrit kri, « faire » ; toute action est karma. Au sens technique, ce mot désigne aussi les effets des actions. En métaphysique, il signifie parfois les effets dont nos actes passés furent les causes. Mais dans le Karma-Yoga (la voie de l'action), nous n'avons affaire qu'au mot karma pris au sens de travail. Le but de l'humanité est la connaissance. Tel est l'unique idéal que la philosophie orientale place devant nous. Le plaisir n'est pas le but de l'homme : c'est la connaissance. Le plaisir et le bonheur ont une fin. C'est une erreur de supposer que le plaisir soit le but. La cause de toutes les misères que nous connaissons en ce monde est que les hommes croient sottement que le plaisir est l'idéal à poursuivre. Avec le temps, l'homme découvre que ce n'est pas vers le bonheur mais vers la connaissance qu'il chemine, et que le plaisir comme la douleur sont de grands maîtres, et qu'il apprend autant du mal que du bien. À mesure que le plaisir et la douleur défilent devant son âme, ils y impriment des images différentes, et le résultat de ces impressions combinées est ce que l'on appelle le « caractère » de l'homme. Si vous examinez le caractère de n'importe quel homme, vous verrez qu'il n'est en réalité que l'ensemble de ses tendances, la somme totale des penchants de son esprit ; vous constaterez que la misère et le bonheur sont des facteurs égaux dans la formation de ce caractère. Le bien et le mal ont une part égale dans le façonnement du caractère, et, dans bien des cas, la misère est un maître plus grand que le bonheur. En étudiant les grands caractères que le monde a produits, j'ose dire que, dans la vaste majorité des cas, c'est la misère qui a enseigné davantage que le bonheur, c'est la pauvreté qui a enseigné davantage que la richesse, ce sont les coups qui ont fait jaillir le feu intérieur plus que les louanges.

Or cette connaissance, encore une fois, est inhérente à l'homme. Aucune connaissance ne vient du dehors ; tout est au-dedans. Ce que nous disons qu'un homme « sait » devrait, en langage psychologique strict, être ce qu'il « découvre » ou « dévoile » ; ce qu'un homme « apprend » est en réalité ce qu'il « découvre », en ôtant le voile de sa propre âme, qui est une mine de connaissance infinie.

Nous disons que Newton a découvert la gravitation. Était-elle assise quelque part dans un coin à l'attendre ? Elle était dans son propre esprit ; le moment vint et il la trouva. Toute connaissance que le monde a jamais reçue vient de l'esprit ; la bibliothèque infinie de l'univers est dans votre propre esprit. Le monde extérieur n'est que la suggestion, l'occasion qui vous pousse à étudier votre propre esprit, mais l'objet de votre étude est toujours votre propre esprit. La chute d'une pomme donna la suggestion à Newton, et il étudia son propre esprit. Il réorganisa tous les chaînons antérieurs de sa pensée et découvrit parmi eux un chaînon nouveau, que nous appelons la loi de la gravitation. Elle n'était ni dans la pomme ni en quoi que ce soit au centre de la terre.

Toute connaissance, par conséquent, profane ou spirituelle, est dans l'esprit humain. Dans bien des cas elle n'est pas découverte, mais reste couverte, et lorsque la couverture s'enlève peu à peu, nous disons : « Nous apprenons », et le progrès de la connaissance se fait par le progrès de ce processus de dévoilement. L'homme dont ce voile se lève est l'homme plus savant ; celui sur qui il repose épais est l'ignorant ; et celui dont le voile a entièrement disparu est omniscient. Il y a eu des hommes omniscients, et je crois qu'il y en aura encore ; et qu'il y en aura des myriades dans les cycles à venir. Comme le feu dans un silex, la connaissance existe dans l'esprit ; la suggestion est la friction qui la fait jaillir. Il en va de même de tous nos sentiments et de toutes nos actions — nos larmes et nos sourires, nos joies et nos chagrins, nos pleurs et nos rires, nos malédictions et nos bénédictions, nos louanges et nos blâmes — chacun d'entre eux, si nous nous étudions nous-mêmes avec calme, s'avère avoir été tiré de notre propre intérieur par autant de coups. Le résultat est ce que nous sommes. Tous ces coups réunis s'appellent karma — travail, action. Chaque coup mental et physique porté à l'âme, par lequel, pour ainsi dire, le feu en jaillit et par lequel sa propre puissance et sa connaissance se révèlent, est karma, ce mot étant employé dans son sens le plus large. Ainsi nous accomplissons tous du karma en permanence. Je vous parle : c'est du karma. Vous écoutez : c'est du karma. Nous respirons : c'est du karma. Nous marchons : karma. Tout ce que nous faisons, physiquement ou mentalement, est karma, et cela laisse sa marque sur nous.

Il y a certaines œuvres qui sont, pour ainsi dire, l'ensemble, la somme totale d'un grand nombre d'œuvres plus petites. Si nous nous tenons au bord de la mer et entendons les vagues se briser contre les galets, nous pensons que c'est un bruit immense, et pourtant nous savons qu'une vague est réellement composée de millions et de millions de vagues minuscules. Chacune d'elles fait un bruit, et pourtant nous ne le percevons pas ; ce n'est que lorsqu'elles deviennent le grand ensemble que nous entendons. De même, chaque battement du cœur est un travail. Certaines sortes de travaux, nous les sentons, et ils deviennent tangibles pour nous ; ils sont, en même temps, la somme d'un nombre d'œuvres mineures. Si vous voulez véritablement juger du caractère d'un homme, ne regardez pas ses grandes actions. N'importe quel sot peut devenir un héros à un moment ou à un autre. Observez un homme accomplir ses actes les plus ordinaires ; ce sont là véritablement les choses qui vous révéleront le caractère réel d'un grand homme. Les grandes occasions élèvent même les plus humbles des êtres humains à une sorte de grandeur, mais seul est véritablement grand celui dont le caractère est grand toujours, le même où qu'il se trouve.

Le karma, dans son effet sur le caractère, est la puissance la plus formidable que l'homme ait à manier. L'homme est, pour ainsi dire, un centre, et il attire vers lui toutes les puissances de l'univers ; dans ce centre il les fond toutes et les renvoie en un puissant courant. Un tel centre est l'homme véritable — le tout-puissant, l'omniscient — et il attire l'univers entier vers lui. Le bien et le mal, la misère et le bonheur, tout accourt vers lui et s'accroche à lui ; et de tout cela il façonne le puissant courant de tendances appelé caractère et le projette au-dehors. De même qu'il a le pouvoir d'attirer toute chose, il a le pouvoir de la rejeter.

Toutes les actions que nous voyons dans le monde, tous les mouvements de la société humaine, toutes les œuvres qui nous entourent ne sont que la manifestation de la pensée, la manifestation de la volonté de l'homme. Les machines ou instruments, les villes, les navires ou les navires de guerre, tout cela n'est que la manifestation de la volonté de l'homme ; et cette volonté est causée par le caractère, et le caractère est façonné par le karma. Tel est le karma, telle est la manifestation de la volonté. Les hommes de volonté puissante que le monde a produits furent tous d'immenses travailleurs — des âmes gigantesques, avec des volontés assez puissantes pour renverser des mondes, des volontés acquises par un labeur persévérant, à travers des siècles et des siècles. Une volonté aussi gigantesque que celle d'un Bouddha ou d'un Jésus n'a pu s'obtenir en une seule vie, car nous savons qui étaient leurs pères. On ne sache pas que leurs pères aient jamais prononcé un mot pour le bien de l'humanité. Des millions et des millions de charpentiers comme Joseph ont existé ; des millions vivent encore. Des millions et des millions de petits rois comme le père de Bouddha ont vécu en ce monde. Si ce n'était qu'une question de transmission héréditaire, comment expliquez-vous que ce petit prince, qui n'était peut-être même pas obéi de ses propres serviteurs, ait produit un fils que la moitié du monde adore ? Comment expliquez-vous le gouffre entre le charpentier et son fils, que des millions d'êtres humains adorent comme Dieu ? On ne peut résoudre cela par la théorie de l'hérédité. La volonté gigantesque que Bouddha et Jésus ont projetée sur le monde, d'où venait-elle ? D'où venait cette accumulation de puissance ? Elle devait être là depuis des siècles et des siècles, croissant sans cesse, jusqu'à ce qu'elle éclate sur la société en un Bouddha ou un Jésus, se propageant encore jusqu'à nos jours.

Tout cela est déterminé par le karma, le travail. Nul ne peut obtenir quoi que ce soit sans l'avoir mérité. C'est une loi éternelle. Nous pensons parfois qu'il n'en est pas ainsi, mais à la longue nous en sommes convaincus. Un homme peut lutter toute sa vie pour la richesse ; il peut tromper des milliers de gens, mais il découvre finalement qu'il ne méritait pas de devenir riche, et sa vie devient un fardeau et une nuisance pour lui. Nous pouvons continuer à accumuler des choses pour notre jouissance physique, mais seul ce que nous gagnons est véritablement nôtre. Un sot peut acheter tous les livres du monde, et ils seront dans sa bibliothèque ; mais il ne pourra lire que ceux qu'il mérite ; et ce mérite est produit par le karma. Notre karma détermine ce que nous méritons et ce que nous pouvons assimiler. Nous sommes responsables de ce que nous sommes ; et quoi que nous désirions être, nous avons le pouvoir de nous y faire. Si ce que nous sommes maintenant a été le résultat de nos actes passés, il s'ensuit certainement que ce que nous souhaitons être à l'avenir peut être produit par nos actes présents ; il nous faut donc savoir comment agir. Vous direz : « À quoi bon apprendre comment travailler ? Chacun travaille d'une façon ou d'une autre en ce monde. » Mais il existe une chose telle que gaspiller ses énergies. À propos du Karma-Yoga, la Bhagavad-Gita (le Chant du Bienheureux) dit que c'est accomplir le travail avec habileté et comme une science ; en sachant comment travailler, on peut obtenir les plus grands résultats. Il faut se souvenir que tout travail ne sert qu'à faire émerger la puissance de l'esprit qui est déjà là, à éveiller l'âme. La puissance est à l'intérieur de chaque homme, de même que la connaissance ; les différents travaux sont comme des coups pour les faire sortir, pour éveiller ces géants.

L'homme travaille avec des motifs variés. Il ne peut y avoir de travail sans motif. Certains veulent la gloire, et ils travaillent pour la gloire. D'autres veulent l'argent, et ils travaillent pour l'argent. D'autres veulent le pouvoir, et ils travaillent pour le pouvoir. D'autres veulent aller au ciel, et ils travaillent dans ce but. D'autres veulent laisser un nom après leur mort, comme en Chine, où nul ne reçoit de titre avant d'être mort ; et c'est, après tout, une meilleure manière que la nôtre. Quand un homme accomplit là-bas quelque chose de très bien, on donne un titre de noblesse à son père, qui est mort, ou à son grand-père. Certains travaillent pour cela. Certains adeptes de certaines sectes musulmanes travaillent toute leur vie pour qu'on leur bâtisse un grand tombeau après leur mort. Je connais des sectes chez lesquelles, dès qu'un enfant naît, on prépare un tombeau pour lui ; c'est chez eux le travail le plus important qu'un homme ait à faire, et plus le tombeau est grand et beau, plus l'homme est censé être prospère. D'autres travaillent en guise de pénitence ; ils commettent toutes sortes de méchancetés, puis érigent un temple ou donnent quelque chose aux prêtres pour se racheter et obtenir d'eux un passeport pour le ciel. Ils pensent que cette sorte de bienfaisance les lavera et qu'ils s'en tireront sans dommage malgré leurs péchés. Tels sont quelques-uns des divers motifs du travail.

Travailler pour le travail lui-même. Il y a des hommes qui sont véritablement le sel de la terre en tout pays et qui travaillent pour le travail, sans se soucier du nom, de la gloire, ni même d'aller au ciel. Ils travaillent simplement parce que le bien en résultera. Il y en a d'autres qui font du bien aux pauvres et aident l'humanité par des motifs encore plus élevés, parce qu'ils croient au bien et aiment le bien. Le motif du nom et de la gloire apporte rarement des résultats immédiats, en règle générale ; ils nous viennent quand nous sommes vieux et que nous en avons presque fini avec la vie. Si un homme travaille sans aucun motif égoïste, ne gagne-t-il rien ? Si, il gagne le plus haut bien. Le désintéressement est plus profitable, seulement les gens n'ont pas la patience de le pratiquer. Il est aussi plus profitable du point de vue de la santé. L'amour, la vérité et le désintéressement ne sont pas de simples figures de rhétorique morale, mais ils forment notre idéal le plus élevé, parce qu'en eux réside une telle manifestation de puissance. En premier lieu, un homme qui peut travailler cinq jours, ou même cinq minutes, sans aucun motif égoïste, sans penser à l'avenir, au ciel, à la punition ou à rien de semblable, porte en lui la capacité de devenir un puissant géant moral. C'est difficile à accomplir, mais au fond de nos cœurs nous en connaissons la valeur et le bien que cela apporte. C'est la plus grande manifestation de puissance — cette formidable retenue ; la maîtrise de soi est une manifestation de puissance plus grande que toute action extérieure. Une voiture attelée de quatre chevaux peut dévaler une colline sans frein, ou le cocher peut retenir les chevaux. Laquelle est la plus grande manifestation de puissance — les laisser aller ou les retenir ? Un boulet de canon volant dans les airs parcourt une longue distance et tombe. Un autre est arrêté net dans son vol en heurtant un mur, et l'impact engendre une chaleur intense. Toute énergie extérieure qui suit un motif égoïste se dissipe ; elle ne vous ramènera pas de puissance ; mais si elle est contenue, elle produira un développement de puissance. Cette maîtrise de soi tendra à produire une volonté puissante, un caractère tel que celui d'un Christ ou d'un Bouddha. Les sots ne connaissent pas ce secret ; ils veulent néanmoins gouverner l'humanité. Même un sot peut gouverner le monde entier s'il travaille et s'il attend. Qu'il attende quelques années, qu'il refrène cette sotte idée de gouverner ; et quand cette idée aura entièrement disparu, il sera une puissance dans le monde. La majorité d'entre nous ne peut voir au-delà de quelques années, de même que certains animaux ne peuvent voir au-delà de quelques pas. Juste un petit cercle étroit — voilà notre monde. Nous n'avons pas la patience de regarder au-delà, et c'est ainsi que nous devenons immoraux et mauvais. Telle est notre faiblesse, notre impuissance.

Même les formes les plus humbles de travail ne sont pas à mépriser. Que celui qui ne sait rien de mieux travaille pour des fins égoïstes, pour le nom et la gloire ; mais que chacun s'efforce toujours de s'élever vers des motifs de plus en plus hauts et de les comprendre. « Nous avons droit au travail, mais non à ses fruits » : laissez les fruits. Pourquoi vous soucier des résultats ? Si vous souhaitez aider un homme, ne pensez jamais à ce que devrait être l'attitude de cet homme envers vous. Si vous voulez accomplir une grande ou bonne œuvre, ne vous préoccupez pas de ce qu'en sera le résultat.

Il se pose ici une question difficile dans cet idéal du travail. Une activité intense est nécessaire ; nous devons toujours travailler. Nous ne pouvons vivre une minute sans travail. Que devient alors le repos ? Voici un côté de la lutte de la vie — le travail, dans lequel nous sommes emportés à toute vitesse. Et voici l'autre — celui du renoncement calme et retiré : tout est paisible alentour, il y a très peu de bruit et de spectacle, seulement la nature avec ses animaux, ses fleurs et ses montagnes. Ni l'un ni l'autre n'est un tableau parfait. Un homme habitué à la solitude, mis en contact avec le tourbillon tumultueux du monde, en sera écrasé ; tout comme le poisson des eaux profondes, dès qu'il est ramené à la surface, éclate en morceaux, privé du poids de l'eau qui le maintenait. Un homme habitué au tumulte et à la précipitation de la vie peut-il vivre en paix s'il se retire dans un lieu tranquille ? Il souffre et peut-être perdra-t-il la raison. L'homme idéal est celui qui, au sein du plus grand silence et de la plus grande solitude, trouve l'activité la plus intense, et au sein de l'activité la plus intense trouve le silence et la solitude du désert. Il a appris le secret de la retenue, il s'est maîtrisé. Il traverse les rues d'une grande ville avec toute sa circulation, et son esprit est aussi calme que s'il était dans une grotte où aucun son ne pourrait l'atteindre ; et il travaille intensément tout le temps. Tel est l'idéal du Karma-Yoga, et si vous l'avez atteint, vous avez véritablement appris le secret du travail.

Mais il nous faut commencer par le commencement, prendre les travaux tels qu'ils se présentent à nous et nous rendre lentement plus désintéressés chaque jour. Nous devons accomplir le travail et découvrir la force motrice qui nous anime ; et, presque sans exception, dans les premières années, nous trouverons que nos motifs sont toujours égoïstes ; mais peu à peu cet égoïsme fondra par la persévérance, jusqu'au jour où nous serons capables d'accomplir un travail véritablement désintéressé. Nous pouvons tous espérer qu'un jour, tandis que nous avançons péniblement sur les chemins de la vie, viendra un temps où nous deviendrons parfaitement désintéressés ; et à l'instant où nous atteindrons cet état, toutes nos puissances seront concentrées, et la connaissance qui est nôtre se manifestera.

English

The word Karma is derived from the Sanskrit Kri, to do; all action is Karma. Technically, this word also means the effects of actions. In connection with metaphysics, it sometimes means the effects, of which our past actions were the causes. But in Karma-Yoga we have simply to do with the word Karma as meaning work. The goal of mankind is knowledge. That is the one ideal placed before us by Eastern philosophy. Pleasure is not the goal of man, but knowledge. Pleasure and happiness come to an end. It is a mistake to suppose that pleasure is the goal. The cause of all the miseries we have in the world is that men foolishly think pleasure to be the ideal to strive for. After a time man finds that it is not happiness, but knowledge, towards which he is going, and that both pleasure and pain are great teachers, and that he learns as much from evil as from good. As pleasure and pain pass before his soul they have upon it different pictures, and the result of these combined impressions is what is called man's "character". If you take the character of any man, it really is but the aggregate of tendencies, the sum total of the bent of his mind; you will find that misery and happiness are equal factors in the formation of that character. Good and evil have an equal share in moulding character, and in some instances misery is a greater teacher than happiness. In studying the great characters the world has produced, I dare say, in the vast majority of cases, it would be found that it was misery that taught more than happiness, it was poverty that taught more than wealth, it was blows that brought out their inner fire more than praise.

Now this knowledge, again, is inherent in man. No knowledge comes from outside; it is all inside. What we say a man "knows", should, in strict psychological language, be what he "discovers" or "unveils"; what a man "learns" is really what he "discovers", by taking the cover off his own soul, which is a mine of infinite knowledge.

We say Newton discovered gravitation. Was it sitting anywhere in a corner waiting for him? It was in his own mind; the time came and he found it out. All knowledge that the world has ever received comes from the mind; the infinite library of the universe is in your own mind. The external world is simply the suggestion, the occasion, which sets you to study your own mind, but the object of your study is always your own mind. The falling of an apple gave the suggestion to Newton, and he studied his own mind. He rearranged all the previous links of thought in his mind and discovered a new link among them, which we call the law of gravitation. It was not in the apple nor in anything in the centre of the earth.

All knowledge, therefore, secular or spiritual, is in the human mind. In many cases it is not discovered, but remains covered, and when the covering is being slowly taken off, we say, "We are learning," and the advance of knowledge is made by the advance of this process of uncovering. The man from whom this veil is being lifted is the more knowing man, the man upon whom it lies thick is ignorant, and the man from whom it has entirely gone is all-knowing, omniscient. There have been omniscient men, and, I believe, there will be yet; and that there will be myriads of them in the cycles to come. Like fire in a piece of flint, knowledge exists in the mind; suggestion is the friction which brings it out. So with all our feelings and action — our tears and our smiles, our joys and our griefs, our weeping and our laughter, our curses and our blessings, our praises and our blames — every one of these we may find, if we calmly study our own selves, to have been brought out from within ourselves by so many blows. The result is what we are. All these blows taken together are called Karma — work, action. Every mental and physical blow that is given to the soul, by which, as it were, fire is struck from it, and by which its own power and knowledge are discovered, is Karma, this word being used in its widest sense. Thus we are all doing Karma all the time. I am talking to you: that is Karma. You are listening: that is Karma. We breathe: that is Karma. We walk: Karma. Everything we do, physical or mental, is Karma, and it leaves its marks on us.

There are certain works which are, as it were, the aggregate, the sum total, of a large number of smaller works. If we stand near the seashore and hear the waves dashing against the shingle, we think it is such a great noise, and yet we know that one wave is really composed of millions and millions of minute waves. Each one of these is making a noise, and yet we do not catch it; it is only when they become the big aggregate that we hear. Similarly, every pulsation of the heart is work. Certain kinds of work we feel and they become tangible to us; they are, at the same time, the aggregate of a number of small works. If you really want to judge of the character of a man, look not at his great performances. Every fool may become a hero at one time or another. Watch a man do his most common actions; those are indeed the things which will tell you the real character of a great man. Great occasions rouse even the lowest of human beings to some kind of greatness, but he alone is the really great man whose character is great always, the same wherever he be.

Karma in its effect on character is the most tremendous power that man has to deal with. Man is, as it were, a centre, and is attracting all the powers of the universe towards himself, and in this centre is fusing them all and again sending them off in a big current. Such a centre is the real man — the almighty, the omniscient — and he draws the whole universe towards him. Good and bad, misery and happiness, all are running towards him and clinging round him; and out of them he fashions the mighty stream of tendency called character and throws it outwards. As he has the power of drawing in anything, so has he the power of throwing it out.

All the actions that we see in the world, all the movements in human society, all the works that we have around us, are simply the display of thought, the manifestation of the will of man. Machines or instruments, cities, ships, or men-of-war, all these are simply the manifestation of the will of man; and this will is caused by character, and character is manufactured by Karma. As is Karma, so is the manifestation of the will. The men of mighty will the world has produced have all been tremendous workers — gigantic souls, with wills powerful enough to overturn worlds, wills they got by persistent work, through ages, and ages. Such a gigantic will as that of a Buddha or a Jesus could not be obtained in one life, for we know who their fathers were. It is not known that their fathers ever spoke a word for the good of mankind. Millions and millions of carpenters like Joseph had gone; millions are still living. Millions and millions of petty kings like Buddha's father had been in the world. If it was only a case of hereditary transmission, how do you account for this petty prince, who was not, perhaps, obeyed by his own servants, producing this son, whom half a world worships? How do you explain the gulf between the carpenter and his son, whom millions of human beings worship as God? It cannot be solved by the theory of heredity. The gigantic will which Buddha and Jesus threw over the world, whence did it come? Whence came this accumulation of power? It must have been there through ages and ages, continually growing bigger and bigger, until it burst on society in a Buddha or a Jesus, even rolling down to the present day.

All this is determined by Karma, work. No one can get anything unless he earns it. This is an eternal law. We may sometimes think it is not so, but in the long run we become convinced of it. A man may struggle all his life for riches; he may cheat thousands, but he finds at last that he did not deserve to become rich, and his life becomes a trouble and a nuisance to him. We may go on accumulating things for our physical enjoyment, but only what we earn is really ours. A fool may buy all the books in the world, and they will be in his library; but he will be able to read only those that he deserves to; and this deserving is produced by Karma. Our Karma determines what we deserve and what we can assimilate. We are responsible for what we are; and whatever we wish ourselves to be, we have the power to make ourselves. If what we are now has been the result of our own past actions, it certainly follows that whatever we wish to be in future can be produced by our present actions; so we have to know how to act. You will say, “What is the use of learning how to work? Everyone works in some way or other in this world.” But there is such a thing as frittering away our energies. With regard to Karma-Yoga, the Gita says that it is doing work with cleverness and as a science; by knowing how to work, one can obtain the greatest results. You must remember that all work is simply to bring out the power of the mind which is already there, to wake up the soul. The power is inside every man, so is knowing; the different works are like blows to bring them out, to cause these giants to wake up.

Man works with various motives. There cannot be work without motive. Some people want to get fame, and they work for fame. Others want money, and they work for money. Others want to have power, and they work for power. Others want to get to heaven, and they work for the same. Others want to leave a name when they die, as they do in China, where no man gets a title until he is dead; and that is a better way, after all, than with us. When a man does something very good there, they give a title of nobility to his father, who is dead, or to his grandfather. Some people work for that. Some of the followers of certain Mohammedan sects work all their lives to have a big tomb built for them when they die. I know sects among whom, as soon as a child is born, a tomb is prepared for it; that is among them the most important work a man has to do, and the bigger and the finer the tomb, the better off the man is supposed to be. Others work as a penance; do all sorts of wicked things, then erect a temple, or give something to the priests to buy them off and obtain from them a passport to heaven. They think that this kind of beneficence will clear them and they will go scot-free in spite of their sinfulness. Such are some of the various motives for work.

Work for work's sake. There are some who are really the salt of the earth in every country and who work for work's sake, who do not care for name, or fame, or even to go to heaven. They work just because good will come of it. There are others who do good to the poor and help mankind from still higher motives, because they believe in doing good and love good. The motive for name and fame seldom brings immediate results, as a rule; they come to us when we are old and have almost done with life. If a man works without any selfish motive in view, does he not gain anything? Yes, he gains the highest. Unselfishness is more paying, only people have not the patience to practice it. It is more paying from the point of view of health also. Love, truth, and unselfishness are not merely moral figures of speech, but they form our highest ideal, because in them lies such a manifestation of power. In the first place, a man who can work for five days, or even for five minutes, without any selfish motive whatever, without thinking of future, of heaven, of punishment, or anything of the kind, has in him the capacity to become a powerful moral giant. It is hard to do it, but in the heart of our hearts we know its value, and the good it brings. It is the greatest manifestation of power — this tremendous restraint; self-restraint is a manifestation of greater power than all outgoing action. A carriage with four horses may rush down a hill unrestrained, or the coachman may curb the horses. Which is the greater manifestation of power, to let them go or to hold them? A cannonball flying through the air goes a long distance and falls. Another is cut short in its flight by striking against a wall, and the impact generates intense heat. All outgoing energy following a selfish motive is frittered away; it will not cause power to return to you; but if restrained, it will result in development of power. This self-control will tend to produce a mighty will, a character which makes a Christ or a Buddha. Foolish men do not know this secret; they nevertheless want to rule mankind. Even a fool may rule the whole world if he works and waits. Let him wait a few years, restrain that foolish idea of governing; and when that idea is wholly gone, he will be a power in the world. The majority of us cannot see beyond a few years, just as some animals cannot see beyond a few steps. Just a little narrow circle — that is our world. We have not the patience to look beyond, and thus become immoral and wicked. This is our weakness, our powerlessness.

Even the lowest forms of work are not to be despised. Let the man, who knows no better, work for selfish ends, for name and fame; but everyone should always try to get towards higher and higher motives and to understand them. "To work we have the right, but not to the fruits thereof:" Leave the fruits alone. Why care for results? If you wish to help a man, never think what that man's attitude should be towards you. If you want to do a great or a good work, do not trouble to think what the result will be.

There arises a difficult question in this ideal of work. Intense activity is necessary; we must always work. We cannot live a minute without work. What then becomes of rest? Here is one side of the life-struggle — work, in which we are whirled rapidly round. And here is the other — that of calm, retiring renunciation: everything is peaceful around, there is very little of noise and show, only nature with her animals and flowers and mountains. Neither of them is a perfect picture. A man used to solitude, if brought in contact with the surging whirlpool of the world, will be crushed by it; just as the fish that lives in the deep sea water, as soon as it is brought to the surface, breaks into pieces, deprived of the weight of water on it that had kept it together. Can a man who has been used to the turmoil and the rush of life live at ease if he comes to a quiet place? He suffers and perchance may lose his mind. The ideal man is he who, in the midst of the greatest silence and solitude, finds the intensest activity, and in the midst of the intensest activity finds the silence and solitude of the desert. He has learnt the secret of restraint, he has controlled himself. He goes through the streets of a big city with all its traffic, and his mind is as calm as if he were in a cave, where not a sound could reach him; and he is intensely working all the time. That is the ideal of Karma-Yoga, and if you have attained to that you have really learnt the secret of work.

But we have to begin from the beginning, to take up the works as they come to us and slowly make ourselves more unselfish every day. We must do the work and find out the motive power that prompts us; and, almost without exception, in the first years, we shall find that our motives are always selfish; but gradually this selfishness will melt by persistence, till at last will come the time when we shall be able to do really unselfish work. We may all hope that some day or other, as we struggle through the paths of life, there will come a time when we shall become perfectly unselfish; and the moment we attain to that, all our powers will be concentrated, and the knowledge which is ours will be manifest.


Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.