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Le bouddhisme, l'accomplissement de l'hindouisme

Volume1 lecture Discours du Parlement
839 mots · 3 min de lecture · Addresses at The Parliament of Religions

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Français

Je ne suis pas bouddhiste, comme vous l'avez entendu, et pourtant je le suis. Si la Chine, le Japon ou le Sri Lanka suivent les enseignements du Grand Maître, l'Inde, elle, l'adore comme Dieu incarné sur terre. Vous venez d'entendre dire que je m'apprête à critiquer le bouddhisme, mais je souhaite que vous n'entendiez par là que ceci : loin de moi l'idée de critiquer celui que j'adore comme Dieu incarné sur terre. Mais notre point de vue sur le Bouddha est que ses disciples ne l'ont pas compris comme il le fallait. Le rapport entre l'hindouisme (par hindouisme, j'entends la religion des Vedas, les écritures les plus anciennes) et ce que l'on appelle aujourd'hui le bouddhisme est à peu près le même qu'entre le judaïsme et le christianisme. Jésus-Christ était juif, et Shâkya Muni était hindou. Les juifs rejetèrent Jésus-Christ, bien plus, ils le crucifièrent, tandis que les hindous acceptèrent Shâkya Muni comme Dieu et l'adorent. Mais la véritable différence que nous, hindous, voulons montrer entre le bouddhisme moderne et ce qu'il faudrait comprendre comme les enseignements du Seigneur Bouddha réside principalement en ceci : Shâkya Muni n'est pas venu prêcher quelque chose de nouveau. Lui aussi, comme Jésus, est venu accomplir et non détruire. Seulement, dans le cas de Jésus, ce furent les anciens, les juifs, qui ne le comprirent pas, tandis que dans le cas du Bouddha, ce furent ses propres disciples qui ne saisirent pas la portée de ses enseignements. De même que le juif ne comprit pas l'accomplissement de l'Ancien Testament, le bouddhiste ne comprit pas l'accomplissement des vérités de la religion hindoue. Je le répète : Shâkya Muni n'est pas venu pour détruire ; il fut l'accomplissement, la conclusion logique, le développement logique de la religion des hindous.

La religion des hindous se divise en deux parties : la partie cérémonielle et la partie spirituelle. La partie spirituelle est étudiée plus particulièrement par les moines.

Dans celle-ci, il n'y a pas de caste. Un homme de la caste la plus élevée et un homme de la caste la plus basse peuvent tous deux devenir moines en Inde, et les deux castes deviennent égales. En religion, il n'y a pas de caste ; la caste est simplement une institution sociale. Shâkya Muni lui-même était moine, et sa gloire fut d'avoir eu la grandeur d'âme nécessaire pour extraire les vérités des Vedas cachés et les répandre à travers le monde entier. Il fut le premier être au monde à mettre en pratique l'œuvre missionnaire — bien plus, il fut le premier à concevoir l'idée du prosélytisme.

La grande gloire du Maître résidait dans sa merveilleuse compassion pour tous, en particulier pour les ignorants et les pauvres. Certains de ses disciples étaient des brahmanes. Lorsque le Bouddha enseignait, le sanskrit n'était plus la langue parlée en Inde. Il ne se trouvait plus alors que dans les livres des savants. Quelques-uns des disciples brahmanes du Bouddha voulurent traduire ses enseignements en sanskrit, mais il leur dit expressément : « Je suis pour les pauvres, pour le peuple ; laissez-moi parler la langue du peuple. » Et c'est pourquoi, aujourd'hui encore, la majeure partie de ses enseignements est rédigée dans la langue vernaculaire de cette époque en Inde.

Quelle que soit la position de la philosophie, quelle que soit la position de la métaphysique, aussi longtemps qu'il existera dans le monde une chose appelée la mort, aussi longtemps qu'il existera dans le cœur humain une chose appelée la faiblesse, aussi longtemps qu'un cri s'élèvera du cœur de l'homme dans sa faiblesse même, il y aura une foi en Dieu.

Sur le plan philosophique, les disciples du Grand Maître se heurtèrent aux rochers éternels des Vedas sans pouvoir les briser, et d'un autre côté ils ôtèrent à la nation ce Dieu éternel auquel chaque être, homme ou femme, s'attache si tendrement. Et le résultat fut que le bouddhisme dut mourir de sa mort naturelle en Inde. Aujourd'hui, il n'y a pas une seule personne qui se déclare bouddhiste en Inde, la terre qui l'a vu naître.

Mais dans le même temps, le brahmanisme perdit quelque chose : cette ardeur réformatrice, cette merveilleuse compassion et cette charité envers tous, ce paradis admirable que le bouddhisme avait apporté aux masses et qui avait rendu la société indienne si grande qu'un historien grec, écrivant sur l'Inde de cette époque, fut amené à dire qu'aucun hindou n'avait jamais été connu pour proférer un mensonge et qu'aucune femme hindoue n'avait jamais été connue pour manquer à la chasteté.

L'hindouisme ne peut vivre sans le bouddhisme, ni le bouddhisme sans l'hindouisme. Comprenez alors ce que cette séparation nous a montré : que les bouddhistes ne peuvent tenir sans l'intelligence et la philosophie des brahmanes, ni les brahmanes sans le cœur du bouddhiste. Cette séparation entre les bouddhistes et les brahmanes est la cause du déclin de l'Inde. Voilà pourquoi l'Inde est peuplée de trois cents millions de mendiants, et voilà pourquoi l'Inde a été l'esclave des conquérants durant les mille dernières années. Unissons donc l'intelligence remarquable des brahmanes au cœur, à l'âme noble et à la merveilleuse puissance d'humanisation du Grand Maître.

English

I am not a Buddhist, as you have heard, and yet I am. If China, or Japan, or Srilanka follow the teachings of the Great Master, India worships him as God incarnate on earth. You have just now heard that I am going to criticise Buddhism, but by that I wish you to understand only this. Far be it from me to criticise him whom I worship as God incarnate on earth. But our views about Buddha are that he was not understood properly by his disciples. The relation between Hinduism (by Hinduism, I mean the religion of the Vedas) and what is called Buddhism at the present day is nearly the same as between Judaism and Christianity. Jesus Christ was a Jew, and Shâkya Muni was a Hindu. The Jews rejected Jesus Christ, nay, crucified him, and the Hindus have accepted Shâkya Muni as God and worship him. But the real difference that we Hindus want to show between modern Buddhism and what we should understand as the teachings of Lord Buddha lies principally in this: Shâkya Muni came to preach nothing new. He also, like Jesus, came to fulfil and not to destroy. Only, in the case of Jesus, it was the old people, the Jews, who did not understand him, while in the case of Buddha, it was his own followers who did not realise the import of his teachings. As the Jew did not understand the fulfilment of the Old Testament, so the Buddhist did not understand the fulfilment of the truths of the Hindu religion. Again, I repeat, Shâkya Muni came not to destroy, but he was the fulfilment, the logical conclusion, the logical development of the religion of the Hindus.

The religion of the Hindus is divided into two parts: the ceremonial and the spiritual. The spiritual portion is specially studied by the monks.

In that there is no caste. A man from the highest caste and a man from the lowest may become a monk in India, and the two castes become equal. In religion there is no caste; caste is simply a social institution. Shâkya Muni himself was a monk, and it was his glory that he had the large-heartedness to bring out the truths from the hidden Vedas and through them broadcast all over the world. He was the first being in the world who brought missionarising into practice — nay, he was the first to conceive the idea of proselytising.

The great glory of the Master lay in his wonderful sympathy for everybody, especially for the ignorant and the poor. Some of his disciples were Brahmins. When Buddha was teaching, Sanskrit was no more the spoken language in India. It was then only in the books of the learned. Some of Buddha's Brahmins disciples wanted to translate his teachings into Sanskrit, but he distinctly told them, "I am for the poor, for the people; let me speak in the tongue of the people." And so to this day the great bulk of his teachings are in the vernacular of that day in India.

Whatever may be the position of philosophy, whatever may be the position of metaphysics, so long as there is such a thing as death in the world, so long as there is such a thing as weakness in the human heart, so long as there is a cry going out of the heart of man in his very weakness, there shall be a faith in God.

On the philosophic side the disciples of the Great Master dashed themselves against the eternal rocks of the Vedas and could not crush them, and on the other side they took away from the nation that eternal God to which every one, man or woman, clings so fondly. And the result was that Buddhism had to die a natural death in India. At the present day there is not one who calls oneself a Buddhist in India, the land of its birth.

But at the same time, Brahminism lost something — that reforming zeal, that wonderful sympathy and charity for everybody, that wonderful heaven which Buddhism had brought to the masses and which had rendered Indian society so great that a Greek historian who wrote about India of that time was led to say that no Hindu was known to tell an untruth and no Hindu woman was known to be unchaste.

Hinduism cannot live without Buddhism, nor Buddhism without Hinduism. Then realise what the separation has shown to us, that the Buddhists cannot stand without the brain and philosophy of the Brahmins, nor the Brahmin without the heart of the Buddhist. This separation between the Buddhists and the Brahmins is the cause of the downfall of India. That is why India is populated by three hundred millions of beggars, and that is why India has been the slave of conquerors for the last thousand years. Let us then join the wonderful intellect of the Brahmins with the heart, the noble soul, the wonderful humanising power of the Great Master.


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