L'Inde
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Français
Un auditoire qui remplissait l'église unitarienne entendit hier soir le célèbre moine, Swami (titre monastique) Vivekananda, donner une conférence sur les mœurs et coutumes de son pays. Sa manière éloquente et gracieuse plut à ses auditeurs, qui le suivirent du début à la fin avec la plus grande attention, manifestant leur approbation de temps à autre par des éclats d'applaudissements. Bien que sa conférence fût d'un caractère plus populaire que le célèbre Discours devant le congrès des religions à Chicago, elle fut très divertissante, notamment lorsque l'orateur s'écarta des parties instructives pour se laisser entraîner à une narration éloquente de certaines conditions spirituelles de son propre peuple. C'est sur les questions religieuses et philosophiques — et nécessairement spirituelles — que le frère oriental est le plus impressionnant ; en décrivant les devoirs qui découlent de la considération consciencieuse de la grande loi morale de la nature, ses tons doucement modulés, particularité de son peuple, et sa manière saisissante sont presque prophétiques. Il parle avec une délibération marquée, sauf lorsqu'il présente à ses auditeurs quelque vérité morale, et alors son éloquence est de la plus haute qualité. Il semblait quelque peu singulier que le moine oriental, si franc dans sa désapprobation du travail missionnaire de l'Église chrétienne en Inde — où, affirme-t-il, la moralité est la plus haute du monde —, ait été introduit par l'évêque Ninde qui partira en juin pour la Chine dans l'intérêt des missions chrétiennes étrangères. L'évêque prévoit d'être absent jusqu'en décembre ; mais s'il devait rester plus longtemps, il se rendrait en Inde. L'évêque fit allusion aux merveilles de l'Inde et à l'intelligence des classes instruites, introduisant Vivekananda d'une manière heureuse. Lorsque ce gentleman au teint sombre se leva, vêtu de son turban et de sa robe éclatante, avec son beau visage et ses yeux brillants et intelligents, il présenta une figure impressionnante. Il remercia l'évêque pour ses paroles et entreprit d'expliquer les divisions raciales dans son propre pays, les mœurs du peuple et les différentes langues. Il y a principalement quatre langues du Nord et quatre du Sud, mais il existe une religion commune. Les quatre cinquièmes des trois cents millions d'habitants sont hindous, et l'Hindou est une personne singulière. Il fait toutes choses de manière religieuse. Il mange religieusement ; il dort religieusement ; il se lève le matin religieusement ; il fait les bonnes choses religieusement ; et il fait aussi les mauvaises choses religieusement. À ce point, le conférencier frappa la grande note morale centrale de son discours, en déclarant que pour son peuple, la croyance est que tout ce qui n'est pas le soi est bon, et que tout ce qui est soi est mauvais. Ce point fut souligné tout au long de la soirée et pourrait être qualifié de texte du discours. Construire une maison est égoïste, argumente l'Hindou ; aussi la construit-il pour l'adoration de Dieu et pour recevoir des hôtes. Cuisiner des aliments est égoïste, aussi cuisine-t-il pour les pauvres ; il se servira en dernier si quelque étranger affamé se présente, et ce sentiment s'étend d'un bout à l'autre du pays. N'importe quel homme peut demander de la nourriture et un abri, et toute maison lui sera ouverte. Le système des castes n'a rien à voir avec la religion. La profession d'un homme est héréditaire : un charpentier naît charpentier ; un orfèvre, orfèvre ; un ouvrier, ouvrier ; et un prêtre, prêtre. Mais c'est là un mal social relativement moderne, car il n'existe que depuis environ mille ans. Cette durée ne semble pas si grande en Inde que dans ce pays et d'autres. Deux dons sont particulièrement appréciés — le don du savoir et le don de la vie. Mais le don du savoir a la préséance. On peut sauver la vie d'un homme, ce qui est excellent ; on peut communiquer à autrui la connaissance, ce qui est mieux encore. Instruire pour de l'argent est un mal, et le faire attirerait l'opprobre sur celui qui troque le savoir contre l'or, comme s'il s'agissait d'une marchandise. Le gouvernement fait des dons de temps à autre aux instructeurs, et l'effet moral en est meilleur qu'il ne le serait si les conditions étaient les mêmes que dans certains pays qui se prétendent civilisés. L'orateur avait demandé d'un bout à l'autre du pays quelle était la définition de la civilisation, et il avait posé la question dans de nombreux pays. Parfois la réponse avait été : ce que nous sommes, voilà la civilisation. Il se permettait de différer sur la définition du mot. Une nation peut contrôler les éléments, développer les problèmes utilitaires de la vie apparemment jusqu'à la limite, et ne pas encore réaliser que chez l'individu, le type le plus élevé de civilisation se trouve en celui qui a appris à se vaincre lui-même. Cet état se retrouve en Inde plus que dans tout autre pays sur terre, car là les conditions matérielles sont subordonnées au spirituel, et l'individu cherche les manifestations de l'âme dans tout ce qui a vie, étudiant la nature à cette fin. De là cette douce disposition à endurer avec une patience indomptable les coups de ce qui paraît une fortune ingrate, tout en étant pleinement conscient d'une force spirituelle et d'une connaissance supérieures à celles que possède tout autre peuple ; de là l'existence d'un pays et d'un peuple d'où jaillit un courant ininterrompu qui attire l'attention des penseurs de près et de loin pour s'en approcher et jeter de leurs épaules un pesant fardeau terrestre. L'ancien roi qui, en 260 avant notre ère, ordonna qu'il n'y ait plus d'effusion de sang ni de guerres, et qui envoya à la place des soldats une armée d'instructeurs, agit sagement, bien que dans les choses matérielles le pays en ait souffert. Mais bien qu'en servitude auprès de nations brutales qui conquièrent par la force, la spiritualité de l'Indien demeure éternellement, et rien ne peut la lui enlever. Il y a quelque chose d'évangélique dans l'humilité de ce peuple qui endure les coups et les flèches d'une fortune outragée, tandis que l'âme avance vers un but plus lumineux. Un tel pays n'a nul besoin de missionnaires chrétiens pour « prêcher des idées », car leur religion est une religion qui rend les hommes doux, aimables, attentionnés et affectueux envers toutes les créatures de Dieu, qu'il s'agisse d'humains ou de bêtes. Moralement, dit l'orateur, l'Inde est de loin au-dessus des États-Unis ou de tout autre pays sur le globe. Les missionnaires feraient bien de venir y boire des eaux pures, et de voir quelle belle influence exerce sur une grande communauté la vie de la multitude d'hommes saints. Puis les conditions du mariage furent décrites, ainsi que les privilèges accordés aux femmes dans les temps anciens, lorsque le système d'éducation mixte florissait. Dans les annales des saints de l'Inde se trouve la figure unique de la prophétesse. Dans la foi chrétienne, tous les prophètes sont des hommes, tandis qu'en Inde, les saintes femmes occupent une place éminente dans les livres saints. Le chef de famille a cinq objets d'adoration. L'un d'eux est l'étude et l'enseignement. Un autre est l'adoration des créatures muettes. Il est difficile pour les Américains de comprendre cette dernière adoration, et il est difficile pour les Européens d'en apprécier le sentiment. Les autres nations tuent les animaux en masse et se tuent entre elles ; elles vivent dans une mer de sang. Un Européen dit que si les Hindous ne tuaient pas les animaux, c'est parce qu'on supposait qu'ils contenaient les esprits des ancêtres. Cette raison était digne d'une nation sauvage qui ne se trouve guère au-dessus de la brute. En réalité, cette affirmation provenait d'un groupe d'athées en Inde qui s'en prenaient ainsi à l'idée védique de non-violence et de transmigration des âmes. Ce n'était nullement une doctrine religieuse, c'était une idée d'un courant matérialiste. L'adoration des créatures muettes fut dépeinte d'une manière saisissante. L'esprit d'hospitalité — la règle d'or indienne — fut illustré par une histoire. Un brahmane, sa femme, son fils et la femme de son fils n'avaient rien mangé depuis quelque temps à cause d'une famine. Le chef de famille sortit et, après une recherche, trouva une petite quantité d'orge. Il la ramena chez lui et la divisa en quatre portions, et la petite famille était sur le point de manger lorsqu'on frappa à la porte. C'était un hôte. Les différentes portions furent placées devant lui, et il repartit l'estomac plein, tandis que les quatre qui l'avaient accueilli périrent. Cette histoire est racontée en Inde pour illustrer ce qu'on attend au nom sacré de l'hospitalité. L'orateur conclut de manière éloquente. Tout au long, son discours fut simple ; mais chaque fois qu'il usait d'images, elles étaient délicieusement poétiques, montrant que le frère oriental a été un observateur attentif et minutieux des beautés de la nature. Son excessive spiritualité est une qualité qui se fait sentir auprès de ses auditeurs, car elle se manifeste dans l'amour pour les choses animées et inanimées et dans la pénétration aiguë des mystérieux mécanismes de la loi divine d'harmonie et de bienveillance.
English
An audience that filled the Unitarian Church heard the renowned monk, Swami Vivekananda, deliver a lecture last night on the manners and customs of his country. His eloquent and graceful manner pleased his listeners, who followed him from beginning to end with the closest attention, showing approval from time to time by outbursts of applause. While his lecture was more popular in character than the celebrated Address before the religious congress in Chicago, it was highly entertaining, especially where the speaker diverted from the instructive portions and was led to an eloquent narration of certain spiritual conditions of his own people. It is upon matters religious and philosophic (and necessarily spiritual) that the Eastern brother is most impressive, and, while outlining the duties that follow the conscientious consideration of the great moral law of nature, his softly modulated tones, a peculiarity of his people, and his thrilling manner are almost prophetic. He speaks with marked deliberation, except when placing before his listeners some moral truth, and then his eloquence is of the highest kind.
It seemed somewhat singular that the Eastern monk, who is so outspoken in his disapproval of missionary labour on the part of the Christian church in India (where, he affirms, the morality is the highest in the world), should have been introduced by Bishop Ninde who in June will depart for China in the interest of foreign Christian missions. The Bishop expects to remain away until
December; but if he should stay longer he will go to India. The Bishop referred to the wonders of India and the intelligence of the educated classes there, introducing Vivekananda in a happy manner. When that dusky gentleman arose, dressed in his turban and bright gown, with handsome face and bright, intelligent eyes, he presented an impressive figure. He returned thanks to the Bishop for his words and proceeded to explain race divisions in his own country, the manners of the people, and the different languages. Principally there are four northern tongues and four southern, but there is one common religion. Four - fifths of the population of 300 million people are Hindus and the Hindu is a peculiar person. He does everything in a religious manner. He eats religiously; he sleeps religiously; he rises in the morning religiously; he does good things religiously; and he also does bad things religiously. At this point the lecturer struck the great moral keynote of his discourse, stating that with his people it was the belief that all non - self is good and all self is bad. This point was emphasised throughout the evening and might be termed the text of the address. To build a home is selfish, argues the Hindu; so he builds it for the worship of God and for the entertainment of guests. To cook food is selfish, so he cooks for the poor; he will serve himself last if any hungry stranger applies, and this feeling extends throughout the length and breadth of the land. Any man can ask for food and shelter, and any house will be opened to him.
The caste system has nothing to do with religion. A man's occupation is hereditary: a carpenter is born a carpenter; a goldsmith, a goldsmith; a workman, a workman; and a priest, a priest. But this is a comparatively modern social evil, since it has existed only about 1,000 years. This period of time does not seem so great in India as in this and other countries. Two gifts are especially appreciated -- the gift of learning and the gift of life. But the gift of learning takes precedence. One may save a man's life, and that is excellent; one may impart to another knowledge, and that is better. To instruct for money is an evil, and to do this would bring opprobrium on the head of the man who barters learning for gold, as though it were an article of trade. The government makes gifts from time to time to the instructors, and the moral effect is better than it would be if the conditions were the same as exist in certain alleged civilised countries. The speaker had asked through the length and breadth of the land what was the definition of civilisation, and he had asked the question in many countries. Sometimes the reply had been given: What we are, that is civilisation. He begged to differ in the definition of the word. A nation may control the elements, develop utilitarian problems of life seemingly to the limit, and yet not realise that in the individual the highest type of civilisation is found in him who has learnt to conquer self. This condition is found in India more than in any country on earth, for there the material conditions are subservient to the spiritual, and the individual looks for the soul manifestations in everything that has life, studying nature to this end. Hence that gentle disposition to endure with indomitable patience the flings of what appears unkind fortune, the while there is a full consciousness of a spiritual strength and knowledge greater than those possessed by any other people; hence the existence of a country and a people from which flows an unending stream that attracts the attention of thinkers far and near to approach and throw from their shoulders an oppressive earthly burden. The early king, who in 260 B.C. commanded that there should be no more bloodshed, no more wars, and who sent forth instead of soldiers an army of instructors, acted wisely, although in material things the land has suffered. But though in bondage to brutal nations who conquer by force, the Indian's spirituality endures for ever, and nothing can take it away from him. There is something Christlike in the humility of the people to endure the stings and arrows of outraged fortune, the while the soul is advancing towards the brighter goal. Such a country has no need of Christian missionaries to "preach ideas", for theirs is a religion that makes men gentle, sweet, considerate, and affectionate towards all God's creatures, whether man or beast. Morally, said the speaker, India is head and shoulders above the United States or any other country on the globe. Missionaries would do well to come there and drink of the pure waters, and see what a beautiful influence upon a great community have the lives of the multitude of holy men.
Then marriage condition was described; and the privileges extended to women in ancient times when the system of co - education flourished. In the records of the saints in India there is the unique figure of the prophetess. In the Christian creed they are all prophets, while in India the holy women occupy a conspicuous place in the holy books. The householder has five objects for worship. One of them is learning and teaching. Another is worship of dumb creatures. It is hard for Americans to understand the last worship, and it is difficult for Europeans to appreciate the sentiment. Other nations kill animals by wholesale and kill one another; they exist in a sea of blood. A European said that the reason why in India animals were not killed was because it was supposed that they contained the spirits of ancestors. This reason was worthy of a savage nation who are not many steps from the brute. The fact was that the statement was made by a set of atheists in India who thus carped at the Vedic idea of non - killing and transmigration of souls. It was never a religious doctrine, it was an idea of a materialistic creed. The worship of dumb animals was pictured in a vivid manner. The hospitable spirit -- the Indian golden rule, was illustrated by a story. A Brahmin, his wife, his son, and his son's wife had not tasted food for some time on account of a famine. The head of the house went out and after a search found a small quantity of barley. He brought this home and divided it into four portions, and the small family was about to eat, when a knock was heard at the door. It was a guest. The different portions were set before him, and he departed with his hunger satisfied, while the quartette who had entertained him perished. This story is told in India to illustrate what is expected in the sacred name of hospitality.
The speaker concluded in an eloquent manner. Throughout, his speech was simple; but whenever he indulged in imagery, it was delightfully poetic, showing that the Eastern brother has been a close and attentive observer of the beauties of nature. His excessive spirituality is a quality which makes itself felt with his auditors, for it manifests itself in the love for animate and inanimate things and in the keen insight into the mysterious workings of the divine law of harmony and kindly intentions.
Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.