Le but
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Français
LE BUT
(Prononcé à San Francisco, le 27 mars 1900)
Nous constatons que l'homme est, pour ainsi dire, toujours entouré de quelque chose de plus grand que lui-même, et qu'il s'efforce d'en saisir le sens. L'homme cherchera toujours l'idéal le plus élevé. Il sait qu'il existe et que la religion est la quête de cet idéal suprême. Au commencement, toutes ses recherches se situaient sur le plan extérieur — placées au ciel, en différents lieux — selon sa compréhension de la nature totale de l'homme.
Plus tard, l'homme commença à se regarder d'un peu plus près et découvrit que le véritable « moi » n'était pas le « moi » qu'il représente d'ordinaire. Tel qu'il apparaît aux sens n'est pas le même que ce qu'il est réellement. Il se mit à chercher en lui-même et découvrit que... le même idéal qu'il avait placé hors de lui se trouvait depuis toujours au-dedans ; ce qu'il adorait à l'extérieur était sa propre nature intérieure véritable. La différence entre le dualisme (dvaita) et le monisme (advaita) est la suivante : lorsque l'idéal est placé hors de soi, c'est le dualisme. Lorsque Dieu est cherché au-dedans, c'est le monisme.
D'abord, la vieille question du pourquoi et du comment... Comment se fait-il que l'homme soit devenu limité ? Comment l'Infini est-il devenu fini, le pur est-il devenu impur ? En premier lieu, vous ne devez jamais oublier que cette question ne peut jamais recevoir de réponse par une quelconque hypothèse dualiste.
Pourquoi Dieu a-t-il créé un univers impur ? Pourquoi l'homme est-il si misérable, lui qui a été fait par un Père parfait, infini et miséricordieux ? Pourquoi ce ciel et cette terre, dont la contemplation nous donne notre conception de la loi ? Personne ne peut imaginer quoi que ce soit qu'il n'a pas vu.
Toutes les tortures que nous éprouvons dans cette vie, nous les plaçons en un autre lieu, et c'est là notre enfer...
Pourquoi le Dieu infini a-t-il créé ce monde ? Le dualiste répond : tout comme le potier façonne des pots. Dieu le potier ; nous les pots... En termes plus philosophiques, la question est celle-ci : comment tient-on pour acquis que la nature véritable de l'homme est pure, parfaite et infinie ? C'est là la seule difficulté que l'on trouve dans tout système de monisme. Tout le reste est limpide et clair. À cette question il n'est pas de réponse. Les monistes disent que la question elle-même est une contradiction.
Prenons le système du dualisme — on demande pourquoi Dieu a créé le monde. C'est contradictoire. Pourquoi ? Parce que — quelle est l'idée de Dieu ? Il est un être sur lequel rien d'extérieur ne peut agir.
Vous et moi ne sommes pas libres. J'ai soif. Il existe quelque chose appelé la soif, sur quoi je n'ai aucune maîtrise, qui me force à boire de l'eau. Chaque action de mon corps et même chaque pensée de mon esprit m'est arrachée de force. Je suis contraint de le faire. Voilà pourquoi je suis enchaîné... Je suis forcé de faire ceci, d'avoir cela, et ainsi de suite... Et que signifient le pourquoi et le comment ? Être soumis à des forces extérieures. Pourquoi buvez-vous de l'eau ? Parce que la soif vous y force. Vous êtes un esclave. Vous ne faites jamais rien de votre propre volonté, parce que vous êtes forcé de tout faire. Votre seul mobile d'action est une force quelconque...
La terre, par elle-même, ne se mouvrait jamais si quelque chose ne l'y forçait. Pourquoi la lumière brûle-t-elle ? Elle ne brûle pas à moins que quelqu'un ne vienne frotter une allumette. Partout dans la nature, tout est enchaîné. Esclavage, esclavage ! Être en harmonie avec la nature, c'est l'esclavage. Qu'y a-t-il à être l'esclave de la nature et à vivre dans une cage dorée ? La plus grande loi et le plus grand ordre résident dans la connaissance que l'homme est essentiellement libre et divin. À présent nous voyons que la question du pourquoi et du comment ne peut être posée que dans l'ignorance. Je ne puis être contraint à quelque chose que par quelque chose d'autre.
Vous dites que Dieu est libre. Et de nouveau vous posez la question : pourquoi Dieu crée-t-il le monde ? Vous vous contredisez. Le sens même de Dieu est l'entière liberté de la volonté. La question formulée en langage logique est celle-ci : qu'est-ce qui a forcé Celui qui ne peut jamais être forcé par personne à créer le monde ? Vous dites dans la même question : qu'est-ce qui L'a forcé ? La question est un non-sens. Il est infini par Sa nature même ; Il est libre. Nous répondrons aux questions lorsque vous pourrez les poser en langage logique. La raison vous dira qu'il n'y a qu'une seule Réalité, rien d'autre. Partout où le dualisme s'est élevé, le monisme a atteint son apogée et l'a chassé.
Il n'y a qu'une seule difficulté à comprendre cela. La religion est affaire de bon sens, une chose de tous les jours. L'homme de la rue la comprend si vous la lui présentez dans son langage, et non dans le langage d'un philosophe. C'est une chose courante dans la nature humaine que de se projeter soi-même. Pensez à ce que vous ressentez avec votre enfant. Vous vous identifiez à lui. Alors vous avez deux corps. De même, vous pouvez ressentir à travers l'esprit de votre époux. Où pouvez-vous vous arrêter ? Vous pouvez ressentir en des corps infinis.
La nature est conquise par l'homme chaque jour. En tant que race, l'homme manifeste sa puissance. Essayez en imagination de fixer une limite à cette puissance dans l'homme. Vous admettez que l'homme en tant que race possède une puissance infinie, un corps infini. La seule question est : que suis-je ? Suis-je la race ou un seul individu ? Dès l'instant où vous vous isolez, tout vous blesse. Dès l'instant où vous vous étendez et ressentez pour les autres, vous recevez de l'aide. L'homme égoïste est le plus misérable du monde. Le plus heureux est celui qui n'est pas égoïste du tout. Il est devenu la création tout entière, la race tout entière, et Dieu est en lui... Ainsi, dans le dualisme — chrétien, hindou, et dans toutes les religions — le code éthique... est celui-ci : ne soyez pas égoïste... agissez pour les autres ! Étendez-vous !...
L'ignorant peut être amené à comprendre cela très aisément, et le savant peut être amené à le comprendre plus aisément encore. Mais l'homme qui ne possède qu'une parcelle de savoir, Dieu lui-même ne peut le faire comprendre. La vérité est que vous n'êtes pas séparé de cet univers ; de même que votre Esprit n'est pas séparé du reste de votre être. S'il en était autrement, vous ne pourriez rien voir, rien sentir. Nos corps ne sont que de petits tourbillons dans l'océan de la matière. La vie prend un tournant et passe dans une autre forme... Le soleil, la lune, les étoiles, vous et moi ne sommes que de simples tourbillons. Pourquoi ai-je choisi un mental particulier comme mien ? Ce n'est qu'un tourbillon mental dans l'océan de l'esprit.
Comment serait-il autrement possible que ma vibration vous atteigne en cet instant ? Si vous jetez une pierre dans le lac, cela produit une vibration et met l'eau en vibration. Je projette mon esprit dans l'état de félicité (ānanda), et la tendance est d'éveiller la même félicité dans votre esprit. Combien de fois dans votre esprit ou votre cœur avez-vous pensé quelque chose et, sans communication verbale, d'autres ont reçu votre pensée ? Partout nous sommes un... C'est ce que nous ne comprenons jamais. L'univers tout entier est composé de temps, d'espace et de causalité. Et Dieu apparaît sous la forme de cet univers... Quand la nature a-t-elle commencé ? Quand vous avez oublié votre vraie nature et êtes devenu lié par le temps, l'espace et la causalité.
Tel est le cercle tournant de vos corps, et pourtant c'est là votre nature infinie... C'est assurément la nature — le temps, l'espace et la causalité. Voilà tout ce que l'on entend par nature. Le temps a commencé lorsque vous avez commencé à penser. L'espace a commencé lorsque vous avez obtenu un corps ; autrement il ne saurait y avoir d'espace. La causalité a commencé lorsque vous êtes devenu limité. Il nous faut une réponse d'une sorte ou d'une autre. Voici la réponse. Notre limitation est un jeu (līlā). Rien que pour le plaisir. Rien ne vous lie ; rien ne vous force. Vous n'avez jamais été lié. Nous jouons tous notre rôle dans cette pièce de notre propre invention.
Mais soulevons une autre question au sujet de l'individualité. Certaines personnes ont tellement peur de perdre leur individualité. Ne vaudrait-il pas mieux pour le cochon de perdre son individualité de cochon s'il peut devenir Dieu ? Oui. Mais le pauvre cochon ne le pense pas sur le moment. Quel état constitue mon individualité ? Quand j'étais un bébé rampant sur le sol, essayant d'avaler mon pouce ? Est-ce là l'individualité que je devrais regretter de perdre ? Dans cinquante ans je regarderai cet état présent et j'en rirai, tout comme je regarde maintenant l'état du nourrisson. Laquelle de ces individualités dois-je conserver ?...
Nous devons comprendre ce que l'on entend par cette individualité... Il y a deux tendances opposées : l'une est la protection de l'individualité, l'autre est le désir intense de sacrifier l'individualité... La mère sacrifie toute sa propre volonté pour le nourrisson dans le besoin... Quand elle porte le bébé dans ses bras, l'appel de l'individualité, de l'instinct de conservation ne se fait plus entendre. Elle mangera la nourriture la plus médiocre, mais ses enfants auront la meilleure. Ainsi, pour tous ceux que nous aimons, nous sommes prêts à mourir.
D'un côté, nous luttons de toutes nos forces pour maintenir cette individualité ; de l'autre, nous cherchons à la tuer. Avec quel résultat ? Tom Brown peut lutter de toutes ses forces. Il se bat pour son individualité. Tom meurt et il n'y a pas une ride nulle part à la surface de la terre. Il y a eu un Juif, né il y a dix-neuf cents ans, et il n'a jamais levé le petit doigt pour préserver son individualité... Songez à cela ! Ce Juif n'a jamais lutté pour protéger son individualité. C'est pourquoi il est devenu le plus grand au monde. Voilà ce que le monde ignore.
Avec le temps, nous devons devenir des individus. Mais en quel sens ? Quelle est l'individualité de l'homme ? Non pas Tom Brown, mais Dieu dans l'homme. Voilà la véritable individualité. Plus l'homme s'en est approché, plus il a renoncé à sa fausse individualité. Plus il cherche à rassembler et à acquérir toute chose pour lui-même, moins il est un individu. Moins il a pensé à lui-même, plus il a sacrifié toute individualité au cours de sa vie... plus il est un individu. C'est là un secret que le monde ne comprend pas.
Nous devons d'abord comprendre ce que l'on entend par individualité. C'est l'atteinte de l'idéal. Vous êtes homme à présent, ou vous êtes femme. Vous changerez sans cesse. Pouvez-vous vous arrêter ? Voulez-vous garder vos esprits tels qu'ils sont maintenant — les colères, les haines, les jalousies, les querelles, les mille et une choses du mental ? Voulez-vous dire que vous les garderez ?... Vous ne pouvez vous arrêter nulle part... jusqu'à ce que la conquête parfaite ait été accomplie, jusqu'à ce que vous soyez pur et parfait.
Vous n'avez plus de colère lorsque vous êtes tout amour, tout félicité, existence infinie... Lequel de vos corps garderez-vous ? Vous ne pouvez vous arrêter nulle part jusqu'à ce que vous parveniez à la vie qui ne finit jamais. La vie infinie ! Là vous vous arrêtez. Vous avez un peu de connaissance à présent et vous cherchez toujours à en acquérir davantage. Où vous arrêterez-vous ? Nulle part, jusqu'à ce que vous ne fassiez plus qu'un avec la vie elle-même...
Beaucoup veulent le plaisir comme but. Pour ce plaisir ils ne cherchent que les sens. Sur les plans supérieurs, beaucoup de plaisir est à rechercher. Puis sur les plans spirituels. Puis en soi-même — Dieu au-dedans de soi. L'homme dont le plaisir est en dehors de lui-même devient malheureux quand cette chose extérieure disparaît. Vous ne pouvez compter pour ce plaisir sur quoi que ce soit dans cet univers. Si tous mes plaisirs sont en moi-même, je dois éprouver ce plaisir en tout temps, car je ne puis jamais perdre mon Soi (Ātman)... Mère, père, enfant, épouse, corps, richesse — je puis tout perdre sauf mon Soi... félicité dans le Soi. Tout désir est contenu dans le Soi... Voilà l'individualité qui ne change jamais, et elle est parfaite.
... Et comment y parvenir ? Ils trouvent ce que les grandes âmes de ce monde — tous les grands hommes et les grandes femmes — ont trouvé par un discernement soutenu (viveka)... Que dire de ces théories dualistes de vingt dieux, trente dieux ? Cela n'a pas d'importance. Tous possédaient l'unique vérité : que cette fausse individualité doit disparaître... Ainsi cet ego — moins il y en a, plus je suis proche de ce que je suis réellement : le corps universel. Moins je pense à mon propre mental individuel, plus je suis proche de ce mental universel. Moins je pense à ma propre âme, plus je suis proche de l'âme universelle.
Nous vivons dans un seul corps. Nous éprouvons quelque douleur, quelque plaisir. Rien que pour ce petit plaisir que nous avons en vivant dans ce corps, nous sommes prêts à tout tuer dans l'univers pour nous préserver. Si nous avions deux corps, cela ne serait-il pas bien meilleur ? Et ainsi de suite, jusqu'à la félicité. Je suis en chacun. Par toutes les mains je travaille ; par tous les pieds je marche. Je parle par chaque bouche ; je vis dans chaque corps. Infinis mes corps, infinis mes esprits. J'ai vécu en Jésus de Nazareth, en Bouddha, en Mahomet — en tous les grands et les bons du passé, du présent. Je vais vivre en tous ceux qui viendront par la suite. Est-ce là une théorie ? Non, c'est la vérité.
Si vous pouvez réaliser cela, combien cela sera infiniment plus réjouissant. Quelle extase de joie ! Quel corps unique est si grand que nous ayons besoin de quoi que ce soit du corps ici-bas... Après avoir vécu dans tous les corps des autres, tous les corps qu'il y a dans ce monde, que devenons-nous ? Nous ne faisons plus qu'un avec l'Infini. Et c'est là le but. C'est le seul chemin. Un homme dit : « Si je connais la vérité, je serai fondu comme du beurre. » J'aimerais que les gens le soient, mais ils sont trop coriaces pour fondre si vite !
Que devons-nous faire pour être libres ? Libres, vous l'êtes déjà... Comment ce qui est libre pourrait-il jamais être lié ? C'est un mensonge. Vous n'avez jamais été liés. Comment l'illimité pourrait-il jamais être limité par quoi que ce soit ? L'Infini divisé par l'infini, additionné à l'infini, multiplié par l'infini reste l'infini. Vous êtes infini ; Dieu est infini. Vous êtes tous infinis. Il ne peut y avoir deux existences, une seule. L'Infini ne peut jamais être rendu fini. Vous n'êtes jamais liés. C'est tout... Vous êtes déjà libres. Vous avez atteint le but — tout ce qu'il y a à atteindre. Ne permettez jamais au mental de penser que vous n'avez pas atteint le but...
Tout ce que nous pensons, nous le devenons. Si vous pensez que vous êtes de pauvres pécheurs, vous vous hypnotisez vous-mêmes : « Je suis un misérable ver rampant. » Ceux qui croient en l'enfer sont en enfer quand ils meurent ; ceux qui disent qu'ils iront au ciel vont au ciel.
Tout est jeu (līlā)... Vous direz peut-être : « Nous devons faire quelque chose ; faisons le bien. » Mais qui se soucie du bien et du mal ? Jouez ! Dieu Tout-Puissant joue. C'est tout... Vous êtes le Dieu tout-puissant en train de jouer. Si vous voulez jouer à l'écart et tenir le rôle d'un mendiant, vous n'avez pas à en blâmer quelqu'un d'autre. Vous prenez plaisir à être le mendiant. Vous connaissez votre nature réelle, qui est divine. Vous êtes le roi et vous jouez à être un mendiant... Tout est amusement. Sachez-le et jouez. C'est tout ce qu'il y a. Puis pratiquez-le. L'univers tout entier est un vaste jeu. Tout est bon parce que tout est amusement. Cette étoile vient s'écraser sur notre terre, et nous sommes tous morts. Cela aussi est amusement. Vous ne trouvez amusantes que les petites choses qui ravissent vos sens !...
On nous dit qu'il y a un bon dieu ici, et un mauvais dieu là-bas, toujours aux aguets pour m'attraper dès que je commets une erreur... Quand j'étais enfant, quelqu'un m'a dit que Dieu surveille tout. Je suis allé me coucher, j'ai regardé vers le haut et j'ai attendu que le plafond de la chambre s'ouvre. Rien ne s'est produit. Personne ne nous observe, sinon nous-mêmes. Pas d'autre Seigneur que notre propre Soi ; pas d'autre nature que ce que nous ressentons. L'habitude est une seconde nature ; c'est aussi la première nature. C'est tout ce qu'il y a de nature. Je répète quelque chose deux ou trois fois ; cela devient ma nature. Ne soyez pas malheureux ! Ne vous repentez pas ! Ce qui est fait est fait. Si vous vous brûlez, assumez-en les conséquences.
... Soyez raisonnables. Nous commettons des erreurs ; qu'est-ce que cela fait ? Tout est amusement. Ils deviennent si fous à propos de leurs péchés passés, gémissant et pleurant et tout cela. Ne vous repentez pas ! Après avoir accompli un travail, n'y pensez plus. Allez de l'avant ! Ne vous arrêtez pas ! Ne regardez pas en arrière ! Que gagnerez-vous à regarder en arrière ? Vous ne perdez rien, vous ne gagnez rien. Vous n'allez pas fondre comme du beurre. Paradis et enfers et incarnations — tout cela est absurde !
Qui naît et qui meurt ? Vous vous amusez, jouant avec des mondes et tout le reste. Vous gardez ce corps aussi longtemps que vous le désirez. Si vous n'en voulez plus, ne le gardez pas. L'Infini est le réel ; le fini est le jeu. Vous êtes le corps infini et le corps fini en un seul. Sachez-le ! Mais la connaissance ne changera rien ; le jeu continuera... Deux mots — âme et corps — ont été joints. La connaissance partielle en est la cause. Sachez que vous êtes toujours libre. Le feu de la connaissance (jnāna) consume toutes les impuretés et limitations. Je suis cet Infini...
Vous êtes aussi libre que vous l'étiez au commencement, que vous l'êtes maintenant, et que vous le serez toujours. Celui qui sait qu'il est libre est libre ; celui qui sait qu'il est lié est lié.
Que deviennent Dieu, l'adoration et tout cela ? Ils ont leur place. Je me suis divisé en Dieu et en moi ; je deviens l'adoré et je m'adore moi-même. Pourquoi pas ? Dieu, c'est moi. Pourquoi n'adorerais-je pas mon propre Soi ? Le Dieu universel — Il est aussi mon Soi. Tout est amusement. Il n'y a pas d'autre dessein.
Quelle est la fin et le but de la vie ? Aucun, parce que je sais que je suis l'Infini. Si vous êtes des mendiants, vous pouvez avoir des buts. Je n'ai pas de buts, pas de besoins, pas de dessein. Je viens dans votre pays, et je donne des conférences — juste pour le plaisir. Pas d'autre signification. Quelle signification pourrait-il y avoir ? Seuls les esclaves agissent pour quelqu'un d'autre. Vous n'agissez pour personne d'autre. Quand cela vous convient, vous adorez. Vous pouvez rejoindre les chrétiens, les mahométans, les Chinois, les Japonais. Vous pouvez adorer tous les dieux qui ont jamais existé et qui existeront jamais...
Je suis dans le soleil, la lune et les étoiles. Je suis avec Dieu et je suis en tous les dieux. J'adore mon Soi.
Il y a un autre côté à cela. Je l'ai gardé en réserve. Je suis l'homme qui va être pendu. Je suis tous les méchants. Je suis puni dans les enfers. Cela aussi est amusement. C'est là le but de la philosophie : savoir que je suis l'Infini. Les buts, les motifs, les desseins et les devoirs demeurent à l'arrière-plan...
Cette vérité doit d'abord être écoutée (śravana), puis méditée (manana). Raisonnez, débattez-en par tous les moyens. Les éclairés ne savent rien de plus que cela. Sachez avec certitude que vous êtes en toute chose. C'est pourquoi vous ne devriez blesser personne, car en les blessant vous vous blessez vous-mêmes... Enfin, cela doit être l'objet de la méditation profonde (nididhyāsana). Réfléchissez-y. Pouvez-vous réaliser qu'il viendra un temps où tout s'effondrera en poussière et où vous vous tiendrez seul ? Cet instant de joie extatique ne vous quittera jamais. Vous découvrirez en vérité que vous êtes sans corps. Vous n'avez jamais eu de corps.
Je suis Un, seul, à travers toute l'éternité. Qui craindrai-je ? Tout est mon Soi. Voilà ce sur quoi il faut continuellement méditer. Par cette méditation vient la réalisation. C'est par la réalisation que vous devenez une bénédiction pour les autres...
« Ton visage brille comme celui de quelqu'un qui a connu Dieu. » Voilà le but. Cela n'est pas à prêcher comme je le fais. « Sous un arbre j'ai vu un maître, un garçon de seize ans ; le disciple était un vieil homme de quatre-vingts ans. Le maître enseignait en silence, et les doutes du disciple se dissipaient. » Et qui parle ? Qui allume une chandelle pour voir le soleil ? Quand la vérité se lève, aucun témoin n'est nécessaire. Vous la connaissez... Voilà ce que vous allez faire :... la réaliser. D'abord, pensez-y. Raisonnez. Satisfaites votre curiosité. Puis ne pensez à rien d'autre. J'aurais voulu que nous ne lisions jamais rien. Dieu nous aide tous ! Voyez seulement ce que l'homme savant devient.
« Ceci est dit, et cela est dit... »
« Que dites-vous, mon ami ? »
« Je ne dis rien. » Il cite les pensées de tous les autres ; mais il ne pense rien. Si c'est là l'éducation, qu'est-ce que la folie ? Regardez tous ces hommes qui ont écrit !... Ces écrivains modernes, pas deux phrases qui soient les leurs ! Rien que des citations...
Il n'y a pas grande valeur dans les livres, et dans la religion de seconde main il n'y a aucune valeur. C'est comme manger. Votre religion ne me satisferait pas. Jésus a vu Dieu et Bouddha a vu Dieu. Si vous n'avez pas vu Dieu, vous ne valez pas mieux que l'athée. Seulement, lui est tranquille, et vous parlez beaucoup et troublez le monde avec vos discours. Livres et bibles et écritures ne sont d'aucune utilité. J'ai rencontré un vieil homme quand j'étais jeune ; il n'avait étudié aucune écriture, mais il transmettait la vérité de Dieu par un simple toucher.
Silence, ô maîtres du monde. Silence, ô livres. Seigneur, Toi seul parle, et Ton serviteur écoute... Si la vérité n'est pas là, à quoi sert cette vie ? Nous pensons tous que nous allons la saisir, mais nous n'y parvenons pas. La plupart d'entre nous n'attrapent que de la poussière. Dieu n'est pas là. S'il n'y a pas de Dieu, à quoi sert la vie ? Y a-t-il un lieu de repos dans l'univers ? C'est à nous de le trouver ; seulement nous ne le cherchons pas avec assez d'ardeur. Nous sommes comme un petit brin de paille emporté dans le courant.
S'il y a cette vérité, s'il y a Dieu, il doit être en nous... Je dois pouvoir dire : « Je L'ai vu de mes yeux. » Autrement je n'ai pas de religion. Les croyances, les doctrines, les sermons ne font pas la religion. C'est la réalisation, la perception de Dieu, qui seule est la religion. Quelle est la gloire de tous ces hommes que le monde adore ? Dieu n'était plus une doctrine pour eux. Croyaient-ils parce que leur grand-père y croyait ? Non. C'était la réalisation de l'Infini, plus haut que leurs propres corps, leurs propres esprits, et tout le reste. Ce monde est réel dans la mesure où il contient un petit reflet de ce Dieu. Nous aimons l'homme bon parce que dans son visage brille le reflet un peu davantage. Nous devons le saisir par nous-mêmes. Il n'y a pas d'autre voie.
Voilà le but. Luttez pour l'atteindre ! Ayez votre propre Bible. Ayez votre propre Christ. Autrement vous n'êtes pas religieux. Ne parlez pas de religion. Les hommes parlent et parlent. « Certains d'entre eux, plongés dans les ténèbres, dans l'orgueil de leur cœur pensent qu'ils possèdent la lumière. Et non seulement cela, ils offrent de porter les autres sur leurs épaules, et les deux tombent dans la fosse. »...
Aucune église ne s'est jamais sauvée par elle-même. Il est bon de naître dans un temple, mais malheur à celui qui meurt dans un temple ou une église. Sortez-en !... C'était un bon commencement, mais quittez-le ! C'était le lieu de l'enfance... mais laissez-le !... Allez à Dieu directement. Pas de théories, pas de doctrines. Alors seulement tous les doutes s'évanouiront. Alors seulement toute tortuosité sera redressée...
Au milieu du multiple, celui qui voit cet Un ; au milieu de cette mort infinie, celui qui voit cette vie unique ; au milieu du multiple, celui qui voit ce qui ne change jamais dans sa propre âme — à celui-là appartient la paix éternelle.
English
THE GOAL
(Delivered in San Francisco, March 27, 1900)
We find that man, as it were, is always surrounded by something greater than himself, and he is trying to grasp the meaning of this. Man will ever [seek] the highest ideal. He knows that it exists and that religion is the search after the highest ideal. At first all his searches were in the external plane — placed in heaven, in different places — just according to [his grasp] of the total nature of man.
[Later,] man began to look at himself a little closer and began to find out that the real "me" was not the "me" that he stands for ordinarily. As he appears to the senses is not the same as he really is. He began to [search] inside of himself, and found out that . . . the same ideal he [had placed] outside of himself is all the time within; what he was worshipping outside was his own real inner nature. The difference between dualism and monism is that when the ideal is put outside [of oneself], it is dualism. When God is [sought] within, it is monism.
First, the old question of why and wherefore . . . How is it that man became limited? How did the Infinite become finite, the pure become impure? In the first place, you must never forget that this question can never be answered [by] any dualistic hypothesis.
Why did God create the impure universe? Why is man so miserable, made by a perfect, infinite, merciful Father? Why this heaven and earth, looking at which we get our conception of law? Nobody can imagine anything that he has not seen.
All the tortures we feel in this life, we put in another place and that is our hell . . . .
Why did the infinite God make this world? [The dualist says:] Just as the potter makes pots. God the potter; we the pots. . . . In more philosophical language the question is: How is it taken for granted that the real nature of man is pure, perfect, and infinite? This is the one difficulty found in any system of monism. Everything else is clean and clear. This question cannot be answered. The monists say the question itself is a contradiction.
Take the system of dualism — the question is asked why God created the world. This is contradictory. Why? Because — what is the idea of God? He is a being who cannot be acted upon by anything outside.
You and I are not free. I am thirsty. There is something called thirst, over which I have no control, [which] forces me to drink water. Every action of my body and even every thought of my mind is forced out of me. I have got to do it. That is why I am bound . . . . I am forced to do this, to have this, and so on . . . . And what is meant by why and wherefore? [Being subject to external forces.] Why do you drink water? Because thirst forces you. You are a slave. You never do anything of your own will because you are forced to do everything. Your only motive for action is some force. . . .
The earth, by itself, would never move unless something forced it. Why does the light burn? It does not burn unless somebody comes and strikes a match. Throughout nature, everything is bound. Slavery, slavery! To be in harmony with nature is [slavery]. What is there in being the slave of nature and living in a golden cage? The greatest law and order is in the [knowledge that man is essentially free and divine] Now we see that the question why and wherefore can only be asked [in ignorance]. I can only be forced to do something through something else.
[You say] God is free. Again you ask the question why God creates the world. You contradict yourself. The meaning of God is entirely free will. The question put in logical language is this: What forced Him, who can never be forced by anybody, to create the world? You say in the same question, What forced Him? The question is nonsense. He is infinite by His very nature; He is free. We shall answer questions when you can ask them in logical language. Reason will tell you that there is only one Reality, nothing else. Wherever dualism has risen, monism came to a head and drove it out.
There is only one difficulty in understanding this. Religion is a common-sense, everyday thing. The man in the street knows it if you put it in his language and not [if it is put] in a philosopher's language. It is a common thing in human nature to [project itself]. Think of your feeling with the child. [You identify yourself with it. Then] you have two bodies. [Similarly] you can feel through your husband's mind Where can you stop? You can feel in infinite bodies.
Nature is conquered by man every day. As a race, man is manifesting his power. Try in imagination to put a limit to this power in man. You admit that man as a race has infinite power, has [an] infinite body. The only question is what you are. Are you the race or one [individual]? The moment you isolate yourself, everything hurts you. The moment you expand and feel for others, you gain help. The selfish man is the most miserable in the world. The happiest is the man who is not at all selfish. He has become the whole creation, the whole race and God [is] within him. . . . So in dualism — Christian, Hindu, and all religions — the code of ethics . . . . is: Do not be selfish . . . . things for others! Expand! . . . .
The ignorant can be made to understand [this] very easily, and the learned can be made to understand still more easily. But the man who has just got a speck of learning, him God himself cannot make understand. [The truth is,] you are not separate [from this universe]; Just as your Spirit] is [not] separate from the rest of you. If [not] so, you could not see anything, could not feel anything. Our bodies are simply little whirlpools in the ocean of matter. Life is taking a turn and passing on, in another form . . . . The sun, the moon, the stars, you and I are mere whirlpools. Why did I select [a particular mind as mine? It is] simply a mental whirlpool in the ocean of mind.
How else is it possible that my vibration reaches you just now? If you throw a stone in the lake, it raises a vibration and [that stirs] the water into vibration. I throw my mind into the state of bliss and the tendency is to raise the same bliss in your mind. How often in your mind or heart [you have thought something] and without [verbal] communication, [others have got your thought]? Everywhere we are one. . . . That is what we never understand. The whole [universe] is composed of time, space, and causation. And God [appears as this universe]. . . . When did nature begin? When you [forgot your true nature and] became [bound by time, space, and causation].
This is the [rotating] circle of your bodies and yet that is your infinite nature. . . . That is certainly nature — time, space, and causation. That is all that is meant by nature. Time began when you began to think. Space began when you got the body; otherwise there cannot be any space. Causation began when you became limited. We have to have some sort of answer. There is the answer. [Our limitation] is play. Just for the fun of it. Nothing binds you; nothing forces [you. You were] never bound. We are all acting our parts in this [play] of our own invention.
But let us bring another question about individuality. Some people are so afraid of losing their individuality. Wouldn't it be better for the pig to lose his pig-individuality if he can become God? Yes. But the poor pig does not think so at the time. Which state is my individuality? When I was a baby sprawling on the floor trying to swallow my thumb? Was that the individuality I should be sorry to lose? Fifty years hence I shall look upon this present state and laugh, just as I [now] look upon the baby state. Which of these individualities shall I keep ? . . .
We are to understand what is meant by this individuality. . . . [There are two opposite tendencies:] one is the protection of the individuality, the other is the intense desire to sacrifice the individuality. . . . The mother sacrifices all her own will for the needy baby. . . . When she carries the baby in her arms, the call of individuality, of self-preservation is no more heard. She will eat the worst food, but her children will have the best. So for all the people we love we are ready to die.
[On the one hand] we are struggling hard to keep up this individuality; on the other hand, trying to kill it. With what result? Tom Brown may struggle hard. He is [fighting] for his individuality. Tom dies and there is not a ripple anywhere upon the surface of the earth. There was a Jew born nineteen hundred years ago, and he never moved a finger to keep his individuality. . . . Think of that! That Jew never struggled to protect his individuality. That is why he became the greatest in the world. This is what the world does not know.
In time we are to be individuals. But in what sense? What is the individuality of man? Not Tom Brown, but God in man. That is the [true] individuality. The more man has approached that, the more he has given up his false individuality. The more he tries to collect and gain everything [for himself], the less he is an individual. The less he has thought of [himself], the more he has sacrificed all individuality during his lifetime, . . . the more he is an individual. This is one secret the world does not understand.
We must first understand what is meant by individuality. It is attaining the ideal. You are man now, [or] you are woman. You will change all the time. Can you stop? Do you want to keep your minds as they are now — the angels, hatreds, jealousies, quarrels, all the thousand and one things in the mind? Do you mean to say that you will keep them? . . . You cannot stop anywhere . . . until perfect conquest has been achieved, until you are pure and you are perfect.
You have no more anger when you are all love, bliss, infinite existence. . . . Which of your bodies will you keep? You cannot stop anywhere until you come to life that never ends. Infinite life! You stop there. You have a little knowledge now and are always trying to get more. Where will you stop? Nowhere, until you become one with life itself. . . .
Many want pleasure [as] the goal. For that pleasure they seek only the senses. On the higher planes much pleasure is to be sought. Then on spiritual planes. Then in himself — God within him. The man whose pleasure is outside of [himself] becomes unhappy when that outside thing goes. You cannot depend for this pleasure upon anything in this universe. If all my pleasures are in myself, I must have pleasure there all the time because I can never lose my Self. . . . Mother, father, child, wife, body, wealth — everything I can lose except my self . . . bliss in the Self All desire is contained in the Self. . . . This is individuality which never changes, and this is perfect.
. . . And how to get it? They find what the great souls of this world — all great men and women — found [through sustained discrimination]. . . . What of these dualistic theories of twenty gods, thirty gods? It does not matter. They all had the one truth, that this false individuality must go. . . . So this ego — the less there is of it, the nearer I am to that which I really am: the universal body. The less I think of my own individual mind, the nearer I am to that universal mind. The less I think of my own soul, the nearer I am to the universal soul.
We live in one body. We have some pain, some pleasure. Just for this little pleasure we have by living in this body, we are ready to kill everything in the universe to preserve ourselves. If we had two bodies, would not that be much better? So on and on to bliss. I am in everybody. Through all hands I work; through all feet I walk. I speak through every mouth; I live in every body. Infinite my bodies, infinite my minds. I lived in Jesus of Nazareth, in Buddha, in Mohammed — in all the great and good of the past, of the present. I am going to live in all that [may] come afterwards. Is that theory [No, it is the truth.]
If you can realise this, how infinitely more pleasurable that will be. What an ecstasy of joy! Which one body is so great that we need here anything [of] the body. . . After living in all the bodies of others, all the bodies there are in this world, what becomes of us? [We become one with the Infinite. And] that is the goal. That is the only way. One [man] says, "If I know the truth, I shall be melted away like butter." I wish people would be, but they are too tough to be melted so quickly!
What are we to do to be free? Free you are already. . . . How could the free ever be bound? It is a lie. [You were] never bound. How could the unlimited ever be limited by anything? Infinite divided by infinite, added to infinite, multiplied by infinite [remains] infinite. You are infinite; God is infinite. You are all infinite. There cannot be two existences, only one. The Infinite can never be made finite. You are never bound. That is all. . . . You are free already. You have reached the goal — all there is to reach. Never allow the mind to think that you have not reached the goal. . . .
Whatever we [think] that we become. If you think you are poor sinners you hypnotise yourselves: "I am a miserable, crawling worm." Those who believe in hell are in hell when they die; those who say that they will go to heaven [go to heaven].
It is all play. . . . [You may say,] "We have to do something; let us do good." [But] who cares for good and evil? Play! God Almighty plays. That is all. . . .You are the almighty God playing. If you want to play on the side and take the part of a beggar, you are not [to blame someone else for making that choice]. You enjoy being the beggar. You know your real nature [to be divine]. You are the king and play you are a beggar. . . . It is all fun. Know it and play. That is all there is to it. Then practice it. The whole universe is a vast play. All is good because all is fun. This star comes and crashes with our earth, and we are all dead. [That too is fun.] You only think fun the little things that delight your senses! . . .
[We are told that there is] one good god here, and one bad god there always on the watch to grab me the moment I make a mistake. . . . When I was a child I was told by someone that God watches everything. I went to bed and looked up and expected the ceiling of the room to open. [Nothing happened.] Nobody is watching us except ourselves. No Lord except our [own Self]; no nature but what we feel. Habit is second nature; it is first nature also. It is all there is of nature. I repeat [something] two or three times; it becomes my nature. Do not be miserable! Do not repent! What is done is done. If you burn yourself, [take the consequences].
. . . Be sensible. We make mistakes; what of that? That is all in fun. They go so crazy over their past sins, moaning and weeping and all that. Do not repent! After having done work, do not think of it. Go on! Stop not! Don't look back! What will you gain by looking back? You lose nothing, gain nothing. You are not going to be melted like butter. Heavens and hells and incarnations — all nonsense!
Who is born and who dies? You are having fun, playing with worlds and all that. You keep this body as long as you like. If you do not like it, do not have it. The Infinite is the real; the finite is the play. You are the infinite body and the finite body in one. Know it! But knowledge will not make any difference; the play will go on. . . . Two words — soul and body — have been joined. [Partial] knowledge is the cause. Know that you are always free. The fire of knowledge burns down all the [impurities and limitations]. I am that Infinite. . . .
You are as free as you were in the beginning, are now, and always will be. He who knows that he is free is free; he who knows that he is bound is bound.
What becomes of God and worship and all that? They have their place. I have divided myself into God and me; I become the worshipped and I worship myself. Why not? God is I. Why not worship my Self? The universal God — He is also my Self. It is all fun. There is no other purpose.
What is the end and aim of life? None, because I [know that I am the Infinite]. If you are beggars, you can have aims. I have no aims, no want, no purpose. I come to your country, and lecture — just for fun. No other meaning. What meaning can be there? Only slaves do actions for somebody else. You do actions for nobody else. When it suits you, you worship. You can join the Christians, the Mohammedans, the Chinese, the Japanese. You can worship all the gods that ever were and are ever going to be. . . .
I am in the sun, the moon, and the stars. I am with God and I am in all the gods. I worship my Self.
There is another side to it. I have kept it in reserve. I am the man that is going to be hanged. I am all the wicked. I am getting punished in hells. That [also] is fun. This is the goal of philosophy [to know that I am the Infinite]. Aims, motives, purposes, and duties live in the background. . . .
This truth is first to be listened to then to be thought about. Reason, argue it out by all manner of means. The enlightened know no more than that. Know it for certain that you are in everything. That is why you should not hurt anybody, because in hurting them you hurt yourself. . . . [Lastly,] this is to be meditated upon. Think upon it. Can you realise there will come a time when everything will crumble in the dust and you will stand alone? That moment of ecstatic joy will never leave you. You will actually find that you are without bodies. You never had bodies.
I am One, alone, through all eternity. Whom shall I fear? It is all my Self. This is continuously to be meditated upon. Through that comes realisation. It is through realisation that you become a [blessing] to others. . . .
"Thy face shines like [that of] one who has known God." That is the goal. This is not to be preached as I am doing. "Under a tree I saw a teacher, a boy of sixteen; the disciple was an old man of eighty. The teacher was teaching in silence, and the doubts of the disciple vanished." And who speaks? Who lights a candle to see the sun? When the truth [dawns], no witness is necessary. You know it . . . . That is what you are going to do: . . . realise it. [first think of it. Reason it out. Satisfy your curiosity. Then [think] of nothing else. I wish we never read anything. Lord help us all! Just see what [a learned] man becomes.
"This is said, and that is said. . . ."
"What do you say, my friend?"
"I say nothing." [He quotes] everybody else's thought; but he thinks nothing. If this is education, what is lunacy? Look at all the men who wrote! . . . These modern writers, not two sentences their own! All quotations. . . .
There is not much value in books, and in [secondhand] religion there is no value whatsoever. It is like eating. Your religion would not satisfy me Jesus saw God and Buddha saw God. If you have not seen God, you are no better than the atheist. Only he is quiet, and you talk much and disturb the world with your talk. Books and bibles and scriptures are of no use. I met an old man when I was a boy; [he did not study any scripture, but he transmitted the truth of God by a touch].
Silence ye teachers of the world. Silence ye books. Lord, Thou alone speak and Thy servant listeneth. . . . If truth is not there, what is the use of this life? We all think we will catch it, but we do not. Most of us catch only dust. God is not there. If no God, what is the use of life? Is there any resting-place in the universe? [It is up to us to find it]; only we do not [search for it intensely. We are] like a little piece of maw carried on in the current.
If there is this truth, if there is God, it must be within us. . . . [I must be able to say,] "I have seen Him with my eyes," Otherwise I have no religion. Beliefs, doctrines, sermons do not make religion. It is realisation, perception of God [which alone is religion]. What is the glory of all these men whom the world worships? God was no more a doctrine [for them. Did they believe] because their grandfather believed it? No. It was the realisation of the Infinite, higher than their own bodies, minds, and everything. This world is real inasmuch as it contains a little bit [of] the reflection of that God. We love the good man because in his face shines the reflection a little more. We must catch it ourselves. There is no other way.
That is the goal. Struggle for it! Have your own Bible. Have your own Christ. Otherwise you are not religious. Do not talk religion. Men talk and talk. "Some of them, steeped in darkness, in the pride of their hearts think that they have the light. And not only [that], they offer to take others upon their shoulders and both fall into the pit." . . .
No church ever saved by itself. It is good to be born in a temple, but woe unto the person who dies in a temple or church. Out of it! . . . It was a good beginning, but leave it! It was the childhood place . . . but let it be! . . . Go to God directly. No theories, no doctrines. Then alone will all doubts vanish. Then alone will all crookedness be made straight. . . .
In the midst of the manifold, he who sees that One; in the midst of this infinite death, he who sees that one life; in the midst of the manifold, he who sees that which never changes in his own soul — unto him belongs eternal peace.
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