Archives Vivekananda

Exposé sur l'hindouisme

Volume1 essay Discours du Parlement
4,940 mots · 20 min de lecture · Addresses at The Parliament of Religions

Cette traduction a été produite à l’aide d’outils d’IA et peut contenir des erreurs. Pour le texte de référence, veuillez consulter l’anglais original.

AI-translated. May contain errors. For accurate text, refer to the original English.

Français

Trois religions se dressent aujourd'hui dans le monde, qui nous sont parvenues depuis des temps préhistoriques : l'hindouisme, le zoroastrisme et le judaïsme. Toutes trois ont subi des chocs considérables, et toutes trois prouvent, par leur survie même, leur force intérieure. Mais tandis que le judaïsme ne parvint pas à absorber le christianisme et fut chassé de son lieu de naissance par sa fille toute-conquérante, et qu'une poignée de Parsis est tout ce qui reste pour témoigner de leur grande religion, secte après secte surgit en Inde et sembla ébranler la religion des Vedas (les écritures les plus anciennes) jusque dans ses fondements ; mais, telles les eaux du rivage lors d'un terrible tremblement de terre, elle ne recula que pour un temps, pour revenir en un flot irrésistible, mille fois plus vigoureux, et quand le tumulte de cette vague fut passé, toutes ces sectes avaient été englouties, absorbées et assimilées dans le corps immense de la foi-mère.

Des envolées spirituelles les plus hautes de la philosophie du Vedanta (la tradition philosophique védantique), dont les dernières découvertes de la science semblent n'être que des échos, jusqu'aux conceptions les plus basses de l'idolâtrie avec sa mythologie foisonnante, en passant par l'agnosticisme des bouddhistes et l'athéisme des jaïns, chacune et toutes ont leur place dans la religion de l'hindou.

Où donc, la question se pose, où se trouve le centre commun vers lequel convergent tous ces rayons si largement divergents ? Où est la base commune sur laquelle reposent toutes ces contradictions en apparence irréductibles ? Et c'est à cette question que je vais tenter de répondre.

Les hindous ont reçu leur religion par la révélation, les Vedas. Ils soutiennent que les Vedas sont sans commencement et sans fin. Il peut sembler ridicule à cet auditoire qu'un livre puisse être sans commencement ni fin. Mais par Vedas, on n'entend pas des livres. Ils désignent le trésor accumulé des lois spirituelles découvertes par différentes personnes à différentes époques. De même que la loi de la gravitation existait avant sa découverte, et existerait encore si toute l'humanité l'oubliait, il en va de même des lois qui gouvernent le monde spirituel. Les relations morales, éthiques et spirituelles entre âme et âme, et entre les esprits individuels et le Père de tous les esprits, existaient avant leur découverte et demeureraient même si nous les oubliions.

Les découvreurs de ces lois sont appelés Rishis, et nous les honorons comme des êtres accomplis. Je suis heureux de dire à cet auditoire que certains des plus grands d'entre eux furent des femmes. Ici l'on pourrait objecter que ces lois, en tant que lois, peuvent bien être sans fin, mais qu'elles ont dû avoir un commencement. Les Vedas nous enseignent que la création est sans commencement ni fin. La science, dit-on, a prouvé que la somme totale de l'énergie cosmique reste toujours la même. Alors, s'il y eut un temps où rien n'existait, où se trouvait toute cette énergie manifestée ? Certains disent qu'elle était sous forme potentielle en Dieu. Dans ce cas, Dieu serait tantôt potentiel et tantôt cinétique, ce qui le rendrait muable. Tout ce qui est muable est un composé, et tout composé doit subir ce changement que l'on appelle destruction. Ainsi Dieu mourrait, ce qui est absurde. Par conséquent, il n'y a jamais eu un temps où la création n'existait pas.

Si l'on me permet d'employer une comparaison, la création et le créateur sont deux lignes, sans commencement et sans fin, courant parallèlement l'une à l'autre. Dieu est la providence toujours agissante, par la puissance de laquelle système après système est tiré du chaos, mis en mouvement pour un temps, puis de nouveau détruit. C'est ce que le jeune brahmane répète chaque jour : « Le soleil et la lune, le Seigneur les créa comme les soleils et les lunes des cycles précédents. » Et cela s'accorde avec la science moderne.

Me voici debout, et si je ferme les yeux et tente de concevoir mon existence, « je », « je », « je », quelle est l'idée qui se présente à moi ? L'idée d'un corps. Suis-je donc rien d'autre qu'une combinaison de substances matérielles ? Les Vedas déclarent : « Non. » Je suis un esprit vivant dans un corps. Je ne suis pas le corps. Le corps mourra, mais moi je ne mourrai pas. Me voici dans ce corps ; il tombera, mais moi je continuerai à vivre. J'ai eu aussi un passé. L'âme n'a pas été créée, car la création signifie une combinaison, laquelle implique une dissolution future certaine. Si donc l'âme avait été créée, elle devrait mourir. Certains naissent heureux, jouissent d'une santé parfaite, d'un beau corps, d'une vigueur mentale, et tous leurs besoins sont comblés. D'autres naissent misérables ; certains sont sans mains ni pieds ; d'autres encore sont idiots et ne font que traîner une existence misérable. Pourquoi, si toutes ces âmes ont été créées, pourquoi un Dieu juste et miséricordieux crée-t-il l'une heureuse et l'autre malheureuse, pourquoi est-il si partial ? Et il ne servirait à rien de soutenir que ceux qui sont misérables dans cette vie seront heureux dans une vie future. Pourquoi un homme devrait-il être misérable même ici-bas sous le règne d'un Dieu juste et miséricordieux ?

En second lieu, l'idée d'un Dieu créateur n'explique pas l'anomalie, mais exprime simplement le décret cruel d'un être tout-puissant. Il a dû y avoir des causes, alors, avant sa naissance, pour rendre un homme misérable ou heureux, et ces causes étaient ses actions passées.

Toutes les tendances de l'esprit et du corps ne sont-elles pas justifiées par les aptitudes héréditaires ? Voici deux lignes parallèles d'existence : l'une de l'esprit, l'autre de la matière. Si la matière et ses transformations rendaient compte de tout ce que nous avons, il n'y aurait nul besoin de supposer l'existence d'une âme. Mais on ne peut prouver que la pensée ait été produite par la matière, et si un monisme philosophique est inévitable, le monisme spirituel est certainement aussi logique et non moins souhaitable qu'un monisme matérialiste ; toutefois, aucun des deux n'est nécessaire ici.

Nous ne pouvons nier que les corps acquièrent certaines tendances par l'hérédité, mais ces tendances ne désignent que la configuration physique à travers laquelle seul un esprit particulier peut agir d'une manière particulière. Il existe d'autres tendances propres à l'âme, causées par ses actions passées. Et une âme possédant une certaine tendance, par les lois de l'affinité, prendrait naissance dans un corps qui est l'instrument le plus apte à manifester cette tendance. Cela est en accord avec la science, car la science veut tout expliquer par l'habitude, et l'habitude s'acquiert par la répétition. Ainsi, des répétitions sont nécessaires pour expliquer les dispositions naturelles d'une âme nouvellement née. Et puisqu'elles n'ont pas été acquises dans cette vie présente, elles doivent provenir de vies antérieures.

Il y a une autre objection. En admettant tout cela, comment se fait-il que je ne me souvienne de rien de ma vie passée ? Cela s'explique aisément. Je parle en ce moment anglais. Ce n'est pas ma langue maternelle ; en fait, aucun mot de ma langue maternelle n'est présent en ce moment dans ma conscience ; mais que j'essaie de les rappeler, et ils affluent. Cela montre que la conscience n'est que la surface de l'océan mental, et que dans ses profondeurs sont emmagasinées toutes nos expériences. Essayez, luttez, et elles remonteront, et vous deviendrez conscients même de votre vie passée.

Ceci est une preuve directe et démonstrative. La vérification est la preuve parfaite d'une théorie, et voici le défi lancé au monde par les Rishis. Nous avons découvert le secret par lequel les profondeurs mêmes de l'océan de la mémoire peuvent être remuées — essayez, et vous obtiendrez une réminiscence complète de votre vie passée.

Ainsi l'hindou croit qu'il est un esprit. L'épée ne peut le transpercer — le feu ne peut le brûler — l'eau ne peut le dissoudre — l'air ne peut le dessécher. L'hindou croit que chaque âme est un cercle dont la circonférence n'est nulle part, mais dont le centre est situé dans le corps, et que la mort signifie le déplacement de ce centre d'un corps à un autre. L'âme n'est pas non plus liée par les conditions de la matière. Dans son essence même, elle est libre, illimitée, sainte, pure et parfaite. Mais, d'une manière ou d'une autre, elle se trouve enchaînée à la matière et se prend pour la matière.

Pourquoi l'être libre, parfait et pur devrait-il être ainsi sous l'emprise de la matière ? Telle est la question suivante. Comment l'âme parfaite peut-elle être abusée au point de se croire imparfaite ? On nous a dit que les hindous éludent la question et disent qu'une telle question ne peut se poser. Certains penseurs veulent y répondre en postulant un ou plusieurs êtres quasi parfaits, et emploient de grands noms scientifiques pour combler la lacune. Mais nommer n'est pas expliquer. La question reste la même. Comment le parfait peut-il devenir le quasi-parfait ; comment le pur, l'absolu, peut-il changer même une particule microscopique de sa nature ? Mais l'hindou est sincère. Il ne veut pas s'abriter derrière des sophismes. Il est assez courageux pour affronter la question avec franchise ; et sa réponse est : « Je ne sais pas. Je ne sais pas comment l'être parfait, l'âme, en est venu à se croire imparfait, joint à la matière et conditionné par elle. » Mais le fait est un fait malgré tout. C'est un fait dans la conscience de chacun que l'on se pense comme étant le corps. L'hindou ne tente pas d'expliquer pourquoi l'on se croit être le corps. Répondre que c'est la volonté de Dieu n'est pas une explication. Cela ne dit rien de plus que ce que l'hindou dit : « Je ne sais pas. »

Eh bien, l'âme humaine est donc éternelle et immortelle, parfaite et infinie, et la mort ne signifie qu'un changement de centre d'un corps à un autre. Le présent est déterminé par nos actions passées, et l'avenir par le présent. L'âme continuera d'évoluer vers le haut ou de régresser, de naissance en naissance et de mort en mort. Mais voici une autre question : l'homme est-il un frêle esquif dans la tempête, soulevé un instant sur la crête écumeuse d'une vague et précipité l'instant suivant dans un gouffre béant, ballotté de-ci de-là à la merci de bonnes et mauvaises actions — une épave impuissante et désemparée dans un courant incessant, irrésistible et implacable de cause et d'effet ; un petit papillon placé sous la roue de la causalité qui roule, écrasant tout sur son passage, sans attendre les larmes de la veuve ni les cris de l'orphelin ? Le cœur se serre à cette idée, et pourtant c'est la loi de la Nature. N'y a-t-il aucun espoir ? N'y a-t-il aucune issue ? — tel fut le cri qui monta du fond du cœur du désespoir. Il atteignit le trône de la miséricorde, et des paroles d'espoir et de consolation descendirent et inspirèrent un sage védique, et il se leva devant le monde et d'une voix de trompette proclama la bonne nouvelle : « Écoutez, ô enfants de la félicité immortelle ! vous même qui résidez dans les sphères supérieures ! J'ai trouvé l'Ancien qui est au-delà de toute ténèbre, de toute illusion : en Le connaissant seul, vous serez sauvés de la mort à jamais. » « Enfants de la félicité immortelle » — quel doux nom, quel nom porteur d'espérance ! Permettez-moi de vous appeler, mes frères, par ce doux nom — héritiers de la félicité immortelle — oui, l'hindou refuse de vous appeler pécheurs. Vous êtes les Enfants de Dieu, les copartageants de la félicité immortelle, des êtres saints et parfaits. Vous, divinités sur terre — pécheurs ! C'est un péché d'appeler ainsi un homme ; c'est une calomnie permanente contre la nature humaine. Levez-vous, ô lions, et secouez l'illusion que vous êtes des moutons ; vous êtes des âmes immortelles, des esprits libres, bienheureux et éternels ; vous n'êtes pas la matière, vous n'êtes pas des corps ; la matière est votre servante, et non vous les serviteurs de la matière.

C'est ainsi que les Vedas proclament non pas une combinaison redoutable de lois implacables, non pas une prison sans fin de cause et d'effet, mais qu'à la tête de toutes ces lois, dans et à travers chaque particule de matière et de force, se tient Un Être « par le commandement duquel le vent souffle, le feu brûle, les nuages pleuvent, et la mort marche sur la terre ».

Et quelle est Sa nature ?

Il est partout, le Pur et le Sans-forme, le Tout-Puissant et le Tout-Miséricordieux. « Tu es notre père, Tu es notre mère, Tu es notre ami bien-aimé, Tu es la source de toute force ; donne-nous la force. Tu es Celui qui porte les fardeaux de l'univers ; aide-moi à porter le petit fardeau de cette vie. » Ainsi chantèrent les Rishis des Vedas. Et comment L'adorer ? Par l'amour. « Il doit être adoré comme le seul bien-aimé, plus cher que tout en ce monde et dans l'autre. »

Telle est la doctrine de l'amour proclamée dans les Vedas, et voyons comment elle est pleinement développée et enseignée par Krishna, que les hindous croient avoir été Dieu incarné sur terre.

Il enseigna qu'un homme devrait vivre en ce monde comme la feuille de lotus, qui pousse dans l'eau mais n'est jamais mouillée par l'eau ; de même, un homme devrait vivre dans le monde — le cœur tourné vers Dieu et les mains à l'ouvrage.

Il est bon d'aimer Dieu dans l'espoir d'une récompense en ce monde ou dans l'autre, mais il est mieux d'aimer Dieu pour l'amour de l'amour lui-même, et la prière dit : « Seigneur, je ne veux ni richesse, ni enfants, ni savoir. Si telle est Ta volonté, j'irai de naissance en naissance, mais accorde-moi ceci, que je puisse T'aimer sans espoir de récompense — un amour désintéressé pour l'amour lui-même. » L'un des disciples de Krishna, alors empereur de l'Inde, fut chassé de son royaume par ses ennemis et dut se réfugier avec sa reine dans une forêt de l'Himalaya, et là, un jour, la reine lui demanda comment il se faisait que lui, le plus vertueux des hommes, dût souffrir tant de malheurs. Yudhishthira répondit : « Vois, ma reine, l'Himalaya, comme il est grandiose et beau ; je l'aime. Il ne me donne rien, mais ma nature est d'aimer ce qui est grand, ce qui est beau, c'est pourquoi je l'aime. De même, j'aime le Seigneur. Il est la source de toute beauté, de toute sublimité. Il est le seul objet digne d'être aimé ; ma nature est de L'aimer, et c'est pourquoi je L'aime. Je ne prie pour rien ; je ne demande rien. Qu'Il me place où Il voudra. Je dois L'aimer pour l'amour de l'amour même. Je ne peux faire commerce de l'amour. »

Les Vedas enseignent que l'âme est divine, seulement retenue dans l'esclavage de la matière ; la perfection sera atteinte lorsque ce lien se brisera, et le mot qu'ils emploient pour cela est donc mukti (la libération spirituelle) — la liberté, la liberté des liens de l'imperfection, la liberté de la mort et de la souffrance.

Et cet esclavage ne peut tomber que par la grâce de Dieu, et cette grâce vient aux purs. Ainsi la pureté est la condition de Sa grâce. Comment agit cette grâce ? Il se révèle au cœur pur ; les purs et les sans-tache voient Dieu, oui, même en cette vie ; alors et alors seulement toute la tortuosité du cœur est redressée. Alors tout doute cesse. L'homme n'est plus le jouet d'une terrible loi de causalité. Voilà le centre même, la conception vitale de l'hindouisme. L'hindou ne veut pas vivre de mots et de théories. S'il existe des réalités au-delà de l'existence sensible ordinaire, il veut les rencontrer face à face. S'il y a en lui une âme qui n'est pas matière, s'il existe une Âme universelle toute-miséricordieuse, il ira à Elle directement. Il doit La voir, et cela seul peut détruire tous les doutes. Ainsi la meilleure preuve qu'un sage hindou donne de l'âme, de Dieu, est : « J'ai vu l'âme ; j'ai vu Dieu. » Et c'est là la seule condition de la perfection. La religion hindoue ne consiste pas en luttes et tentatives pour croire en telle ou telle doctrine ou dogme, mais en réalisation — non pas en croyance, mais en être et en devenir.

Ainsi tout l'objet de leur système est, par un effort constant, de devenir parfait, de devenir divin, d'atteindre Dieu et de voir Dieu, et cette atteinte de Dieu, cette vision de Dieu, cette perfection comparable à celle du Père qui est aux Cieux, constitue la religion des hindous.

Et que devient l'homme lorsqu'il atteint la perfection ? Il vit une vie de félicité infinie. Il jouit d'une félicité infinie et parfaite, ayant obtenu la seule chose en laquelle l'homme devrait trouver son bonheur, à savoir Dieu, et il jouit de cette félicité avec Dieu.

Jusqu'ici tous les hindous sont d'accord. Telle est la religion commune de toutes les sectes de l'Inde ; mais la perfection est absolue, et l'absolu ne peut être deux ou trois. Il ne peut avoir aucune qualité. Il ne peut être un individu. Ainsi, lorsqu'une âme devient parfaite et absolue, elle doit devenir une avec Brahman (la Réalité absolue), et elle ne ferait que réaliser le Seigneur comme la perfection, la réalité de sa propre nature et de sa propre existence — l'existence absolue, la connaissance absolue et la félicité absolue. Nous avons souvent et souvent lu que cela s'appelle la perte de l'individualité et le fait de devenir une souche ou une pierre.

« Il plaisante sur les cicatrices, celui qui n'a jamais ressenti de blessure. »

Je vous dis que ce n'est rien de tel. Si c'est un bonheur de jouir de la conscience de ce petit corps, ce doit être un bonheur plus grand de jouir de la conscience de deux corps, la mesure du bonheur augmentant avec la conscience d'un nombre croissant de corps, le but, l'ultime du bonheur, étant atteint lorsqu'il deviendrait une conscience universelle.

Par conséquent, pour acquérir cette individualité universelle infinie, cette misérable petite individualité-prison doit disparaître. Alors seulement la mort peut cesser, quand je suis seul avec la vie ; alors seulement la souffrance peut cesser, quand je suis un avec le bonheur même ; alors seulement toute erreur peut cesser, quand je suis un avec la connaissance même ; et c'est là la conclusion scientifique nécessaire. La science m'a prouvé que l'individualité physique est une illusion, que mon corps n'est en réalité qu'un petit corps en perpétuel changement dans un océan ininterrompu de matière ; et l'Advaita (la non-dualité) est la conclusion nécessaire avec mon autre contrepartie, l'âme.

La science n'est rien d'autre que la recherche de l'unité. Dès que la science atteindrait l'unité parfaite, elle cesserait de progresser, car elle aurait atteint son but. Ainsi la chimie ne pourrait progresser davantage lorsqu'elle découvrirait un élément unique à partir duquel tous les autres pourraient être fabriqués. La physique s'arrêterait lorsqu'elle serait capable d'accomplir sa tâche en découvrant une énergie unique dont toutes les autres ne seraient que des manifestations, et la science de la religion deviendrait parfaite lorsqu'elle découvrirait Celui qui est la vie unique dans un univers de mort, Celui qui est la base constante d'un monde en perpétuel changement, Celui qui est la seule Âme dont toutes les âmes ne sont que des manifestations illusoires. C'est ainsi, à travers la multiplicité et la dualité, que l'unité ultime est atteinte. La religion ne peut aller plus loin. Tel est le but de toute science.

Toute science est vouée à parvenir à cette conclusion à la longue. Manifestation, et non création, est le mot de la science d'aujourd'hui, et l'hindou est simplement heureux que ce qu'il a chéri en son sein depuis des siècles va être enseigné dans un langage plus vigoureux, et avec un éclairage supplémentaire tiré des dernières conclusions de la science.

Descendons maintenant des aspirations de la philosophie à la religion des ignorants. D'emblée, je puis vous dire qu'il n'y a pas de polythéisme en Inde. Dans chaque temple, si l'on se tient à côté et écoute, on trouvera les fidèles attribuant aux images tous les attributs de Dieu, y compris l'omniprésence. Ce n'est pas du polythéisme, et le mot d'hénothéisme n'expliquerait pas davantage la situation. « La rose, sous quelque autre nom, sentirait tout aussi bon. » Les noms ne sont pas des explications.

Je me souviens, étant enfant, avoir entendu un missionnaire chrétien prêcher devant une foule en Inde. Parmi les douces choses qu'il leur disait, il y avait que s'il donnait un coup de bâton à leur idole, que pourrait-elle faire ? L'un de ses auditeurs répliqua vivement : « Si j'insulte votre Dieu, que peut-Il faire ? » « Vous serez puni, dit le prédicateur, quand vous mourrez. » « Eh bien, mon idole vous punira quand vous mourrez », rétorqua l'hindou.

L'arbre se reconnaît à ses fruits. Quand j'ai vu parmi ceux que l'on appelle idolâtres des hommes dont je n'ai jamais rencontré les pareils en moralité, en spiritualité et en amour nulle part ailleurs, je m'arrête et me demande : « Le péché peut-il engendrer la sainteté ? »

La superstition est une grande ennemie de l'homme, mais le fanatisme est pire. Pourquoi un chrétien va-t-il à l'église ? Pourquoi la croix est-elle sainte ? Pourquoi le visage se tourne-t-il vers le ciel dans la prière ? Pourquoi y a-t-il tant d'images dans l'Église catholique ? Pourquoi y a-t-il tant d'images dans l'esprit des protestants quand ils prient ? Mes frères, nous ne pouvons pas plus penser à quoi que ce soit sans une image mentale que nous ne pouvons vivre sans respirer. Par la loi de l'association, l'image matérielle évoque l'idée mentale, et réciproquement. C'est pourquoi l'hindou utilise un symbole extérieur quand il adore. Il vous dira que cela l'aide à fixer son esprit sur l'Être à qui il adresse sa prière. Il sait aussi bien que vous que l'image n'est pas Dieu, qu'elle n'est pas omniprésente. Après tout, que signifie l'omniprésence pour la quasi-totalité du monde ? Ce n'est qu'un mot, un symbole. Dieu a-t-il une superficie ? Sinon, quand nous répétons le mot « omniprésent », nous pensons au ciel étendu, ou à l'espace, voilà tout.

De même que nous trouvons que, d'une manière ou d'une autre, par les lois de notre constitution mentale, nous devons associer nos idées d'infini à l'image du ciel bleu ou de la mer, de même nous associons naturellement notre idée de sainteté à l'image d'une église, d'une mosquée ou d'une croix. Les hindous ont associé l'idée de sainteté, de pureté, de vérité, d'omniprésence et d'autres idées semblables à différentes images et formes. Mais avec cette différence que, tandis que certains consacrent toute leur vie à leur idole d'une église et ne s'élèvent jamais plus haut, parce que pour eux la religion signifie un assentiment intellectuel à certaines doctrines et le fait de faire le bien à son prochain, toute la religion de l'hindou est centrée sur la réalisation. L'homme doit devenir divin en réalisant le divin. Les idoles, les temples, les églises ou les livres ne sont que les supports, les aides de son enfance spirituelle : mais il doit progresser sans cesse.

Il ne doit s'arrêter nulle part. « L'adoration extérieure, l'adoration matérielle, disent les écritures, est le stade le plus bas ; lutter pour s'élever, la prière mentale est le stade suivant, mais le stade le plus élevé est celui où le Seigneur a été réalisé. » Notez bien : le même homme fervent qui s'agenouille devant l'idole vous dit : « Lui que le soleil ne peut exprimer, ni la lune, ni les étoiles, l'éclair ne peut L'exprimer, ni ce que nous appelons le feu ; c'est par Lui qu'ils brillent. » Mais il n'injurie l'idole de personne et n'appelle pas son culte un péché. Il y reconnaît une étape nécessaire de la vie. « L'enfant est le père de l'homme. » Serait-il juste qu'un vieil homme dise que l'enfance est un péché, ou que la jeunesse est un péché ?

Si un homme peut réaliser sa nature divine à l'aide d'une image, serait-il juste d'appeler cela un péché ? Et même lorsqu'il a dépassé cette étape, il ne devrait pas la qualifier d'erreur. Pour l'hindou, l'homme ne voyage pas de l'erreur à la vérité, mais de vérité en vérité, d'une vérité inférieure à une vérité supérieure. Pour lui, toutes les religions, du fétichisme le plus bas jusqu'à l'absolutisme le plus élevé, représentent autant de tentatives de l'âme humaine pour saisir et réaliser l'Infini, chacune déterminée par les conditions de sa naissance et de son milieu, et chacune d'elles marque une étape de progrès ; et chaque âme est un jeune aigle s'élevant toujours plus haut, rassemblant toujours plus de force, jusqu'à atteindre le Soleil Glorieux.

L'unité dans la variété est le plan de la nature, et l'hindou l'a reconnu. Toute autre religion établit certains dogmes fixes et tente de forcer la société à les adopter. Elle ne présente à la société qu'un seul manteau qui doit convenir à Jacques, Jean et Henri, tous de la même façon. S'il ne convient pas à Jean ou à Henri, celui-ci doit s'en passer pour couvrir son corps. Les hindous ont découvert que l'absolu ne peut être réalisé, pensé ou énoncé qu'à travers le relatif, et que les images, les croix et les croissants ne sont que des symboles — autant de crochets auxquels accrocher les idées spirituelles. Ce n'est pas que cette aide soit nécessaire à chacun, mais ceux qui n'en ont pas besoin n'ont aucun droit de dire qu'elle est mauvaise. Et elle n'est pas non plus obligatoire dans l'hindouisme.

Une chose que je dois vous dire. L'idolâtrie en Inde ne signifie rien d'horrible. Ce n'est pas la mère des impudicités. Au contraire, c'est la tentative d'esprits non développés pour saisir de hautes vérités spirituelles. Les hindous ont leurs défauts, ils ont parfois leurs exceptions ; mais remarquez ceci : ils sont toujours pour punir leurs propres corps, et jamais pour trancher la gorge de leurs voisins. Si le fanatique hindou se brûle sur le bûcher, il n'allume jamais le feu de l'Inquisition. Et cela même ne peut pas être mis au compte de sa religion, pas plus que le bûcher des sorcières ne peut être mis au compte du christianisme.

Pour l'hindou, donc, le monde entier des religions n'est qu'un cheminement, une montée d'hommes et de femmes différents, à travers des conditions et des circonstances variées, vers le même but. Chaque religion ne fait qu'extraire un Dieu de l'homme matériel, et le même Dieu est l'inspirateur de toutes. Pourquoi, alors, y a-t-il tant de contradictions ? Elles ne sont qu'apparentes, dit l'hindou. Les contradictions proviennent de la même vérité s'adaptant aux circonstances variées de natures différentes.

C'est la même lumière passant à travers des verres de couleurs différentes. Et ces petites variations sont nécessaires aux fins de l'adaptation. Mais au cœur de toute chose règne la même vérité. Le Seigneur a déclaré à l'hindou dans Son incarnation en tant que Krishna : « Je suis dans chaque religion comme le fil à travers un collier de perles. Partout où tu vois une sainteté extraordinaire et une puissance extraordinaire élevant et purifiant l'humanité, sache que Je suis là. » Et quel en a été le résultat ? Je défie le monde de trouver, dans tout le système de la philosophie sanskrite, une seule expression telle que celle-ci : l'hindou seul sera sauvé et pas les autres. Vyasa dit : « Nous trouvons des hommes parfaits même au-delà des limites de notre caste et de notre croyance. » Encore une chose. Comment, alors, l'hindou, dont tout l'édifice de pensée est centré sur Dieu, peut-il croire au bouddhisme qui est agnostique, ou au jaïnisme qui est athée ?

Les bouddhistes ou les jaïns ne dépendent pas de Dieu ; mais toute la force de leur religion est dirigée vers la grande vérité centrale de chaque religion, à savoir extraire un Dieu de l'homme. Ils n'ont pas vu le Père, mais ils ont vu le Fils. Et celui qui a vu le Fils a vu le Père aussi.

Ceci, mes frères, est une brève esquisse des idées religieuses des hindous. L'hindou a peut-être échoué à réaliser tous ses plans, mais s'il doit jamais y avoir une religion universelle, elle devra être une religion qui n'aura de lieu ni dans l'espace ni dans le temps ; qui sera infinie comme le Dieu qu'elle prêchera, et dont le soleil brillera sur les disciples de Krishna et du Christ, sur les saints et les pécheurs pareillement ; qui ne sera ni brahmanique ni bouddhiste, ni chrétienne ni mahométane, mais la somme totale de toutes ces religions, et qui aura encore un espace infini pour se développer ; qui dans sa catholicité embrassera de ses bras infinis et trouvera une place pour chaque être humain, depuis le sauvage le plus bas rampant à terre, à peine distinct de la brute, jusqu'à l'homme le plus élevé, dominant par les vertus de son esprit et de son cœur presque au-dessus de l'humanité, faisant que la société se tient en admiration devant lui et doute de sa nature humaine. Ce sera une religion qui n'aura aucune place pour la persécution ou l'intolérance dans sa politique, qui reconnaîtra la divinité en chaque homme et en chaque femme, et dont toute la portée, toute la force, sera consacrée à aider l'humanité à réaliser sa propre nature véritable et divine.

Offrez une telle religion, et toutes les nations vous suivront. Le concile d'Ashoka fut un concile de la foi bouddhiste. Celui d'Akbar, bien que plus pertinent, ne fut qu'une réunion de salon. Il était réservé à l'Amérique de proclamer aux quatre coins du globe que le Seigneur est dans chaque religion.

Puisse Celui qui est le Brahman des hindous, l'Ahura-Mazda des zoroastriens, le Bouddha des bouddhistes, le Jéhovah des juifs, le Père Céleste des chrétiens, vous donner la force de réaliser votre noble idéal ! L'étoile se leva à l'Orient ; elle voyagea régulièrement vers l'Occident, tantôt voilée et tantôt resplendissante, jusqu'à ce qu'elle eût fait le tour du monde ; et maintenant elle se lève de nouveau à l'horizon même de l'Orient, aux confins du Sanpo, mille fois plus resplendissante qu'elle ne le fut jamais auparavant.

Salut, Columbia, terre mère de la liberté ! Il t'a été donné, à toi qui n'as jamais trempé ta main dans le sang de ton voisin, qui n'as jamais découvert que le chemin le plus court pour s'enrichir était de dépouiller ses voisins, il t'a été donné de marcher à l'avant-garde de la civilisation avec le drapeau de l'harmonie.

Notes

English

Three religions now stand in the world which have come down to us from time prehistoric — Hinduism, Zoroastrianism and Judaism. They have all received tremendous shocks and all of them prove by their survival their internal strength. But while Judaism failed to absorb Christianity and was driven out of its place of birth by its all-conquering daughter, and a handful of Parsees is all that remains to tell the tale of their grand religion, sect after sect arose in India and seemed to shake the religion of the Vedas to its very foundations, but like the waters of the seashore in a tremendous earthquake it receded only for a while, only to return in an all-absorbing flood, a thousand times more vigorous, and when the tumult of the rush was over, these sects were all sucked in, absorbed, and assimilated into the immense body of the mother faith.

From the high spiritual flights of the Vedanta philosophy, of which the latest discoveries of science seem like echoes, to the low ideas of idolatry with its multifarious mythology, the agnosticism of the Buddhists, and the atheism of the Jains, each and all have a place in the Hindu's religion.

Where then, the question arises, where is the common centre to which all these widely diverging radii converge? Where is the common basis upon which all these seemingly hopeless contradictions rest? And this is the question I shall attempt to answer.

The Hindus have received their religion through revelation, the Vedas. They hold that the Vedas are without beginning and without end. It may sound ludicrous to this audience, how a book can be without beginning or end. But by the Vedas no books are meant. They mean the accumulated treasury of spiritual laws discovered by different persons in different times. Just as the law of gravitation existed before its discovery, and would exist if all humanity forgot it, so is it with the laws that govern the spiritual world. The moral, ethical, and spiritual relations between soul and soul and between individual spirits and the Father of all spirits, were there before their discovery, and would remain even if we forgot them.

The discoverers of these laws are called Rishis, and we honour them as perfected beings. I am glad to tell this audience that some of the very greatest of them were women. Here it may be said that these laws as laws may be without end, but they must have had a beginning. The Vedas teach us that creation is without beginning or end. Science is said to have proved that the sum total of cosmic energy is always the same. Then, if there was a time when nothing existed, where was all this manifested energy? Some say it was in a potential form in God. In that case God is sometimes potential and sometimes kinetic, which would make Him mutable. Everything mutable is a compound, and everything compound must undergo that change which is called destruction. So God would die, which is absurd. Therefore there never was a time when there was no creation.

If I may be allowed to use a simile, creation and creator are two lines, without beginning and without end, running parallel to each other. God is the ever active providence, by whose power systems after systems are being evolved out of chaos, made to run for a time and again destroyed. This is what the Brâhmin boy repeats every day: "The sun and the moon, the Lord created like the suns and moons of previous cycles." And this agrees with modern science.

Here I stand and if I shut my eyes, and try to conceive my existence, "I", "I", "I", what is the idea before me? The idea of a body. Am I, then, nothing but a combination of material substances? The Vedas declare, “No”. I am a spirit living in a body. I am not the body. The body will die, but I shall not die. Here am I in this body; it will fall, but I shall go on living. I had also a past. The soul was not created, for creation means a combination which means a certain future dissolution. If then the soul was created, it must die. Some are born happy, enjoy perfect health, with beautiful body, mental vigour and all wants supplied. Others are born miserable, some are without hands or feet, others again are idiots and only drag on a wretched existence. Why, if they are all created, why does a just and merciful God create one happy and another unhappy, why is He so partial? Nor would it mend matters in the least to hold that those who are miserable in this life will be happy in a future one. Why should a man be miserable even here in the reign of a just and merciful God?

In the second place, the idea of a creator God does not explain the anomaly, but simply expresses the cruel fiat of an all-powerful being. There must have been causes, then, before his birth, to make a man miserable or happy and those were his past actions.

Are not all the tendencies of the mind and the body accounted for by inherited aptitude? Here are two parallel lines of existence — one of the mind, the other of matter. If matter and its transformations answer for all that we have, there is no necessity for supposing the existence of a soul. But it cannot be proved that thought has been evolved out of matter, and if a philosophical monism is inevitable, spiritual monism is certainly logical and no less desirable than a materialistic monism; but neither of these is necessary here.

We cannot deny that bodies acquire certain tendencies from heredity, but those tendencies only mean the physical configuration, through which a peculiar mind alone can act in a peculiar way. There are other tendencies peculiar to a soul caused by its past actions. And a soul with a certain tendency would by the laws of affinity take birth in a body which is the fittest instrument for the display of that tendency. This is in accord with science, for science wants to explain everything by habit, and habit is got through repetitions. So repetitions are necessary to explain the natural habits of a new-born soul. And since they were not obtained in this present life, they must have come down from past lives.

There is another suggestion. Taking all these for granted, how is it that I do not remember anything of my past life ? This can be easily explained. I am now speaking English. It is not my mother tongue, in fact no words of my mother tongue are now present in my consciousness; but let me try to bring them up, and they rush in. That shows that consciousness is only the surface of the mental ocean, and within its depths are stored up all our experiences. Try and struggle, they would come up and you would be conscious even of your past life.

This is direct and demonstrative evidence. Verification is the perfect proof of a theory, and here is the challenge thrown to the world by the Rishis. We have discovered the secret by which the very depths of the ocean of memory can be stirred up — try it and you would get a complete reminiscence of your past life.

So then the Hindu believes that he is a spirit. Him the sword cannot pierce — him the fire cannot burn — him the water cannot melt — him the air cannot dry. The Hindu believes that every soul is a circle whose circumference is nowhere, but whose centre is located in the body, and that death means the change of this centre from body to body. Nor is the soul bound by the conditions of matter. In its very essence it is free, unbounded, holy, pure, and perfect. But somehow or other it finds itself tied down to matter, and thinks of itself as matter.

Why should the free, perfect, and pure being be thus under the thraldom of matter, is the next question. How can the perfect soul be deluded into the belief that it is imperfect? We have been told that the Hindus shirk the question and say that no such question can be there. Some thinkers want to answer it by positing one or more quasi-perfect beings, and use big scientific names to fill up the gap. But naming is not explaining. The question remains the same. How can the perfect become the quasi-perfect; how can the pure, the absolute, change even a microscopic particle of its nature? But the Hindu is sincere. He does not want to take shelter under sophistry. He is brave enough to face the question in a manly fashion; and his answer is: “I do not know. I do not know how the perfect being, the soul, came to think of itself as imperfect, as joined to and conditioned by matter." But the fact is a fact for all that. It is a fact in everybody's consciousness that one thinks of oneself as the body. The Hindu does not attempt to explain why one thinks one is the body. The answer that it is the will of God is no explanation. This is nothing more than what the Hindu says, "I do not know."

Well, then, the human soul is eternal and immortal, perfect and infinite, and death means only a change of centre from one body to another. The present is determined by our past actions, and the future by the present. The soul will go on evolving up or reverting back from birth to birth and death to death. But here is another question: Is man a tiny boat in a tempest, raised one moment on the foamy crest of a billow and dashed down into a yawning chasm the next, rolling to and fro at the mercy of good and bad actions — a powerless, helpless wreck in an ever-raging, ever-rushing, uncompromising current of cause and effect; a little moth placed under the wheel of causation which rolls on crushing everything in its way and waits not for the widow's tears or the orphan's cry? The heart sinks at the idea, yet this is the law of Nature. Is there no hope? Is there no escape? — was the cry that went up from the bottom of the heart of despair. It reached the throne of mercy, and words of hope and consolation came down and inspired a Vedic sage, and he stood up before the world and in trumpet voice proclaimed the glad tidings: "Hear, ye children of immortal bliss! even ye that reside in higher spheres! I have found the Ancient One who is beyond all darkness, all delusion: knowing Him alone you shall be saved from death over again." "Children of immortal bliss" — what a sweet, what a hopeful name! Allow me to call you, brethren, by that sweet name — heirs of immortal bliss — yea, the Hindu refuses to call you sinners. Ye are the Children of God, the sharers of immortal bliss, holy and perfect beings. Ye divinities on earth — sinners! It is a sin to call a man so; it is a standing libel on human nature. Come up, O lions, and shake off the delusion that you are sheep; you are souls immortal, spirits free, blest and eternal; ye are not matter, ye are not bodies; matter is your servant, not you the servant of matter.

Thus it is that the Vedas proclaim not a dreadful combination of unforgiving laws, not an endless prison of cause and effect, but that at the head of all these laws, in and through every particle of matter and force, stands One "by whose command the wind blows, the fire burns, the clouds rain, and death stalks upon the earth."

And what is His nature?

He is everywhere, the pure and formless One, the Almighty and the All-merciful. "Thou art our father, Thou art our mother, Thou art our beloved friend, Thou art the source of all strength; give us strength. Thou art He that beareth the burdens of the universe; help me bear the little burden of this life." Thus sang the Rishis of the Vedas. And how to worship Him? Through love. "He is to be worshipped as the one beloved, dearer than everything in this and the next life."

This is the doctrine of love declared in the Vedas, and let us see how it is fully developed and taught by Krishna, whom the Hindus believe to have been God incarnate on earth.

He taught that a man ought to live in this world like a lotus leaf, which grows in water but is never moistened by water; so a man ought to live in the world — his heart to God and his hands to work.

It is good to love God for hope of reward in this or the next world, but it is better to love God for love's sake, and the prayer goes: "Lord, I do not want wealth, nor children, nor learning. If it be Thy will, I shall go from birth to birth, but grant me this, that I may love Thee without the hope of reward — love unselfishly for love's sake." One of the disciples of Krishna, the then Emperor of India, was driven from his kingdom by his enemies and had to take shelter with his queen in a forest in the Himalayas, and there one day the queen asked him how it was that he, the most virtuous of men, should suffer so much misery. Yudhishthira answered, "Behold, my queen, the Himalayas, how grand and beautiful they are; I love them. They do not give me anything, but my nature is to love the grand, the beautiful, therefore I love them. Similarly, I love the Lord. He is the source of all beauty, of all sublimity. He is the only object to be loved; my nature is to love Him, and therefore I love. I do not pray for anything; I do not ask for anything. Let Him place me wherever He likes. I must love Him for love's sake. I cannot trade in love."

The Vedas teach that the soul is divine, only held in the bondage of matter; perfection will be reached when this bond will burst, and the word they use for it is therefore, Mukti — freedom, freedom from the bonds of imperfection, freedom from death and misery.

And this bondage can only fall off through the mercy of God, and this mercy comes on the pure. So purity is the condition of His mercy. How does that mercy act? He reveals Himself to the pure heart; the pure and the stainless see God, yea, even in this life; then and then only all the crookedness of the heart is made straight. Then all doubt ceases. He is no more the freak of a terrible law of causation. This is the very centre, the very vital conception of Hinduism. The Hindu does not want to live upon words and theories. If there are existences beyond the ordinary sensuous existence, he wants to come face to face with them. If there is a soul in him which is not matter, if there is an all-merciful universal Soul, he will go to Him direct. He must see Him, and that alone can destroy all doubts. So the best proof a Hindu sage gives about the soul, about God, is: "I have seen the soul; I have seen God." And that is the only condition of perfection. The Hindu religion does not consist in struggles and attempts to believe a certain doctrine or dogma, but in realising — not in believing, but in being and becoming.

Thus the whole object of their system is by constant struggle to become perfect, to become divine, to reach God and see God, and this reaching God, seeing God, becoming perfect even as the Father in Heaven is perfect, constitutes the religion of the Hindus.

And what becomes of a man when he attains perfection? He lives a life of bliss infinite. He enjoys infinite and perfect bliss, having obtained the only thing in which man ought to have pleasure, namely God, and enjoys the bliss with God.

So far all the Hindus are agreed. This is the common religion of all the sects of India; but, then, perfection is absolute, and the absolute cannot be two or three. It cannot have any qualities. It cannot be an individual. And so when a soul becomes perfect and absolute, it must become one with Brahman, and it would only realise the Lord as the perfection, the reality, of its own nature and existence, the existence absolute, knowledge absolute, and bliss absolute. We have often and often read this called the losing of individuality and becoming a stock or a stone.

“He jests at scars that never felt a wound.”

I tell you it is nothing of the kind. If it is happiness to enjoy the consciousness of this small body, it must be greater happiness to enjoy the consciousness of two bodies, the measure of happiness increasing with the consciousness of an increasing number of bodies, the aim, the ultimate of happiness being reached when it would become a universal consciousness.

Therefore, to gain this infinite universal individuality, this miserable little prison-individuality must go. Then alone can death cease when I am alone with life, then alone can misery cease when I am one with happiness itself, then alone can all errors cease when I am one with knowledge itself; and this is the necessary scientific conclusion. Science has proved to me that physical individuality is a delusion, that really my body is one little continuously changing body in an unbroken ocean of matter; and Advaita (unity) is the necessary conclusion with my other counterpart, soul.

Science is nothing but the finding of unity. As soon as science would reach perfect unity, it would stop from further progress, because it would reach the goal. Thus Chemistry could not progress farther when it would discover one element out of which all other could be made. Physics would stop when it would be able to fulfill its services in discovering one energy of which all others are but manifestations, and the science of religion become perfect when it would discover Him who is the one life in a universe of death, Him who is the constant basis of an ever-changing world. One who is the only Soul of which all souls are but delusive manifestations. Thus is it, through multiplicity and duality, that the ultimate unity is reached. Religion can go no farther. This is the goal of all science.

All science is bound to come to this conclusion in the long run. Manifestation, and not creation, is the word of science today, and the Hindu is only glad that what he has been cherishing in his bosom for ages is going to be taught in more forcible language, and with further light from the latest conclusions of science.

Descend we now from the aspirations of philosophy to the religion of the ignorant. At the very outset, I may tell you that there is no polytheism in India. In every temple, if one stands by and listens, one will find the worshippers applying all the attributes of God, including omnipresence, to the images. It is not polytheism, nor would the name henotheism explain the situation. "The rose called by any other name would smell as sweet." Names are not explanations.

I remember, as a boy, hearing a Christian missionary preach to a crowd in India. Among other sweet things he was telling them was that if he gave a blow to their idol with his stick, what could it do? One of his hearers sharply answered, "If I abuse your God, what can He do?" “You would be punished,” said the preacher, "when you die." "So my idol will punish you when you die," retorted the Hindu.

The tree is known by its fruits. When I have seen amongst them that are called idolaters, men, the like of whom in morality and spirituality and love I have never seen anywhere, I stop and ask myself, "Can sin beget holiness?"

Superstition is a great enemy of man, but bigotry is worse. Why does a Christian go to church? Why is the cross holy? Why is the face turned toward the sky in prayer? Why are there so many images in the Catholic Church? Why are there so many images in the minds of Protestants when they pray? My brethren, we can no more think about anything without a mental image than we can live without breathing. By the law of association, the material image calls up the mental idea and vice versa. This is why the Hindu uses an external symbol when he worships. He will tell you, it helps to keep his mind fixed on the Being to whom he prays. He knows as well as you do that the image is not God, is not omnipresent. After all, how much does omnipresence mean to almost the whole world? It stands merely as a word, a symbol. Has God superficial area? If not, when we repeat that word "omnipresent", we think of the extended sky or of space, that is all.

As we find that somehow or other, by the laws of our mental constitution, we have to associate our ideas of infinity with the image of the blue sky, or of the sea, so we naturally connect our idea of holiness with the image of a church, a mosque, or a cross. The Hindus have associated the idea of holiness, purity, truth, omnipresence, and such other ideas with different images and forms. But with this difference that while some people devote their whole lives to their idol of a church and never rise higher, because with them religion means an intellectual assent to certain doctrines and doing good to their fellows, the whole religion of the Hindu is centred in realisation. Man is to become divine by realising the divine. Idols or temples or churches or books are only the supports, the helps, of his spiritual childhood: but on and on he must progress.

He must not stop anywhere. "External worship, material worship," say the scriptures, "is the lowest stage; struggling to rise high, mental prayer is the next stage, but the highest stage is when the Lord has been realised." Mark, the same earnest man who is kneeling before the idol tells you, "Him the Sun cannot express, nor the moon, nor the stars, the lightning cannot express Him, nor what we speak of as fire; through Him they shine." But he does not abuse any one's idol or call its worship sin. He recognises in it a necessary stage of life. "The child is father of the man." Would it be right for an old man to say that childhood is a sin or youth a sin?

If a man can realise his divine nature with the help of an image, would it be right to call that a sin? Nor even when he has passed that stage, should he call it an error. To the Hindu, man is not travelling from error to truth, but from truth to truth, from lower to higher truth. To him all the religions, from the lowest fetishism to the highest absolutism, mean so many attempts of the human soul to grasp and realise the Infinite, each determined by the conditions of its birth and association, and each of these marks a stage of progress; and every soul is a young eagle soaring higher and higher, gathering more and more strength, till it reaches the Glorious Sun.

Unity in variety is the plan of nature, and the Hindu has recognised it. Every other religion lays down certain fixed dogmas, and tries to force society to adopt them. It places before society only one coat which must fit Jack and John and Henry, all alike. If it does not fit John or Henry, he must go without a coat to cover his body. The Hindus have discovered that the absolute can only be realised, or thought of, or stated, through the relative, and the images, crosses, and crescents are simply so many symbols — so many pegs to hang the spiritual ideas on. It is not that this help is necessary for every one, but those that do not need it have no right to say that it is wrong. Nor is it compulsory in Hinduism.

One thing I must tell you. Idolatry in India does not mean anything horrible. It is not the mother of harlots. On the other hand, it is the attempt of undeveloped minds to grasp high spiritual truths. The Hindus have their faults, they sometimes have their exceptions; but mark this, they are always for punishing their own bodies, and never for cutting the throats of their neighbours. If the Hindu fanatic burns himself on the pyre, he never lights the fire of Inquisition. And even this cannot be laid at the door of his religion any more than the burning of witches can be laid at the door of Christianity.

To the Hindu, then, the whole world of religions is only a travelling, a coming up, of different men and women, through various conditions and circumstances, to the same goal. Every religion is only evolving a God out of the material man, and the same God is the inspirer of all of them. Why, then, are there so many contradictions? They are only apparent, says the Hindu. The contradictions come from the same truth adapting itself to the varying circumstances of different natures.

It is the same light coming through glasses of different colours. And these little variations are necessary for purposes of adaptation. But in the heart of everything the same truth reigns. The Lord has declared to the Hindu in His incarnation as Krishna, "I am in every religion as the thread through a string of pearls. Wherever thou seest extraordinary holiness and extraordinary power raising and purifying humanity, know thou that I am there." And what has been the result? I challenge the world to find, throughout the whole system of Sanskrit philosophy, any such expression as that the Hindu alone will be saved and not others. Says Vyasa, "We find perfect men even beyond the pale of our caste and creed." One thing more. How, then, can the Hindu, whose whole fabric of thought centres in God, believe in Buddhism which is agnostic, or in Jainism which is atheistic?

The Buddhists or the Jains do not depend upon God; but the whole force of their religion is directed to the great central truth in every religion, to evolve a God out of man. They have not seen the Father, but they have seen the Son. And he that hath seen the Son hath seen the Father also.

This, brethren, is a short sketch of the religious ideas of the Hindus. The Hindu may have failed to carry out all his plans, but if there is ever to be a universal religion, it must be one which will have no location in place or time; which will be infinite like the God it will preach, and whose sun will shine upon the followers of Krishna and of Christ, on saints and sinners alike; which will not be Brahminic or Buddhistic, Christian or Mohammedan, but the sum total of all these, and still have infinite space for development; which in its catholicity will embrace in its infinite arms, and find a place for, every human being, from the lowest grovelling savage not far removed from the brute, to the highest man towering by the virtues of his head and heart almost above humanity, making society stand in awe of him and doubt his human nature. It will be a religion which will have no place for persecution or intolerance in its polity, which will recognise divinity in every man and woman, and whose whole scope, whose whole force, will be created in aiding humanity to realise its own true, divine nature.

Offer such a religion, and all the nations will follow you. Asoka's council was a council of the Buddhist faith. Akbar's, though more to the purpose, was only a parlour-meeting. It was reserved for America to proclaim to all quarters of the globe that the Lord is in every religion.

May He who is the Brahman of the Hindus, the Ahura-Mazda of the Zoroastrians, the Buddha of the Buddhists, the Jehovah of the Jews, the Father in Heaven of the Christians, give strength to you to carry out your noble idea! The star arose in the East; it travelled steadily towards the West, sometimes dimmed and sometimes effulgent, till it made a circuit of the world; and now it is again rising on the very horizon of the East, the borders of the Sanpo, a thousandfold more effulgent than it ever was before.

Hail, Columbia, motherland of liberty! It has been given to thee, who never dipped her hand in her neighbour’s blood, who never found out that the shortest way of becoming rich was by robbing one’s neighbours, it has been given to thee to march at the vanguard of civilisation with the flag of harmony.

Notes


Texte issu de Wikisource, domaine public. Publication originale par Advaita Ashrama.