Le non-attachement est l'abnégation totale de soi
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Français
CHAPITRE VI
LE NON-ATTACHEMENT EST L'ABNÉGATION TOTALE DE SOI
De même que chaque action émanant de nous nous revient sous forme de réaction, nos actions peuvent aussi agir sur autrui, et les leurs sur nous. Peut-être avez-vous tous observé ce fait : lorsque des personnes commettent des actions mauvaises, elles deviennent de plus en plus mauvaises, et lorsqu'elles commencent à faire le bien, elles deviennent de plus en plus fortes et apprennent à faire le bien en toutes circonstances. Cette intensification de l'influence de l'action ne peut s'expliquer autrement que par notre capacité d'agir et de réagir les uns sur les autres. Pour prendre une illustration tirée des sciences physiques, lorsque j'accomplis une certaine action, on peut dire que mon esprit se trouve dans un certain état de vibration ; tous les esprits qui se trouvent dans des circonstances semblables auront tendance à être affectés par mon esprit. Si différents instruments de musique accordés de la même manière se trouvent dans une même pièce, vous avez tous pu remarquer que lorsqu'on frappe l'un d'eux, les autres ont tendance à vibrer de façon à produire la même note. Ainsi, tous les esprits qui possèdent la même tension, pour ainsi dire, seront également affectés par la même pensée. Bien sûr, cette influence de la pensée sur l'esprit variera selon la distance et d'autres facteurs, mais l'esprit est toujours ouvert à l'influence. Supposons que j'accomplisse un acte mauvais : mon esprit se trouve dans un certain état de vibration, et tous les esprits dans l'univers qui se trouvent dans un état semblable ont la possibilité d'être affectés par la vibration de mon esprit. Ainsi, lorsque j'accomplis une bonne action, mon esprit se trouve dans un autre état de vibration ; et tous les esprits accordés de manière semblable ont la possibilité d'être affectés par mon esprit ; et ce pouvoir de l'esprit sur l'esprit est plus ou moins grand selon que la force de la tension est plus ou moins forte.
En poursuivant cette comparaison, il est tout à fait possible que, de même que les ondes lumineuses peuvent voyager pendant des millions d'années avant d'atteindre un objet, les ondes de pensée puissent également voyager pendant des centaines d'années avant de rencontrer un objet avec lequel elles vibrent à l'unisson. Il est donc tout à fait possible que notre atmosphère soit remplie de telles pulsations de pensée, bonnes et mauvaises. Chaque pensée projetée par chaque cerveau continue de pulser, pour ainsi dire, jusqu'à ce qu'elle rencontre un objet approprié qui la reçoive. Tout esprit ouvert à recevoir certaines de ces impulsions les accueillera immédiatement. Ainsi, lorsqu'un homme commet des actions mauvaises, il a amené son esprit à un certain état de tension et toutes les ondes qui correspondent à cet état de tension, et qui, peut-on dire, se trouvent déjà dans l'atmosphère, lutteront pour pénétrer son esprit. C'est pourquoi celui qui fait le mal continue généralement à faire de plus en plus de mal. Ses actions s'intensifient. Il en sera de même pour celui qui fait le bien ; il s'ouvrira à toutes les bonnes ondes qui sont dans l'atmosphère, et ses bonnes actions s'intensifieront elles aussi. Nous courons donc un double danger en faisant le mal : premièrement, nous nous ouvrons à toutes les mauvaises influences qui nous entourent ; deuxièmement, nous créons du mal qui affecte les autres, peut-être des centaines d'années plus tard. En faisant le mal, nous nous nuisons à nous-mêmes et aussi aux autres. En faisant le bien, nous faisons du bien à nous-mêmes et aux autres également ; et, comme toutes les autres forces chez l'homme, ces forces du bien et du mal puisent aussi leur énergie de l'extérieur.
Selon le Karma-Yoga (la voie de l'action désintéressée), l'action accomplie ne peut être détruite tant qu'elle n'a pas porté ses fruits ; aucune puissance dans la nature ne peut l'empêcher de produire ses résultats. Si j'accomplis une action mauvaise, je dois en souffrir ; il n'y a aucune puissance dans cet univers pour l'arrêter ou la retenir. De même, si j'accomplis une bonne action, il n'y a aucune puissance dans l'univers qui puisse empêcher qu'elle porte de bons fruits. La cause doit avoir son effet ; rien ne peut le prévenir ni le réprimer. Vient maintenant une question très subtile et sérieuse concernant le Karma-Yoga, à savoir que ces actions qui sont les nôtres, bonnes et mauvaises, sont intimement liées les unes aux autres. Nous ne pouvons tracer une ligne de démarcation et dire : cette action est entièrement bonne et celle-ci entièrement mauvaise. Il n'y a aucune action qui ne porte à la fois de bons et de mauvais fruits. Pour prendre l'exemple le plus proche : je vous parle, et certains d'entre vous pensent peut-être que je fais le bien ; en même temps, je suis peut-être en train de tuer des milliers de microbes dans l'atmosphère ; je fais donc du mal à quelque chose d'autre. Lorsque cela nous touche de près et affecte ceux que nous connaissons, nous disons que c'est une très bonne action si cela les affecte favorablement. Par exemple, vous pouvez considérer que le fait de vous parler est très bien, mais les microbes ne seraient pas de cet avis ; les microbes, vous ne les voyez pas, mais vous-mêmes, vous vous voyez. La manière dont mon discours vous affecte vous est évidente, mais la manière dont il affecte les microbes ne l'est pas autant. Et de même, si nous analysons nos mauvaises actions, nous pouvons constater qu'il en résulte possiblement quelque bien quelque part. Celui qui, dans une bonne action, voit qu'il y a quelque chose de mauvais, et au milieu du mal voit qu'il y a quelque chose de bon quelque part, a connu le secret du travail.
Mais qu'en découle-t-il ? Que, si grand que soit notre effort, il ne peut y avoir d'action parfaitement pure, ni d'action parfaitement impure, si l'on prend pureté et impureté au sens de non-nuisance et de nuisance. Nous ne pouvons ni respirer ni vivre sans nuire aux autres, et chaque morceau de nourriture que nous mangeons est retiré de la bouche d'un autre. Nos vies mêmes évincent d'autres vies. Qu'il s'agisse d'hommes, d'animaux ou de petits microbes, nous devons évincer les uns ou les autres. Cela étant, il s'ensuit naturellement que la perfection ne peut jamais être atteinte par le travail. Nous pourrions travailler pendant toute l'éternité, mais il n'y aurait aucun moyen de sortir de ce labyrinthe inextricable. Vous pouvez travailler encore et encore ; il n'y aura pas de fin à cette inévitable association du bien et du mal dans les résultats du travail.
Le deuxième point à considérer est : quelle est la finalité du travail ? Nous trouvons la grande majorité des gens dans chaque pays qui croient qu'un temps viendra où ce monde sera parfait, où il n'y aura ni maladie, ni mort, ni malheur, ni méchanceté. C'est une très bonne idée, une très bonne force motrice pour inspirer et élever l'ignorant ; mais si nous y réfléchissons un instant, nous trouverons de toute évidence que cela ne peut être ainsi. Comment pourrait-il en être autrement, voyant que le bien et le mal sont l'avers et le revers de la même médaille ? Comment peut-on avoir le bien sans le mal en même temps ? Que signifie la perfection ? Une vie parfaite est une contradiction dans les termes. La vie elle-même est un état de lutte continuelle entre nous et tout ce qui nous est extérieur. À chaque instant, nous combattons réellement la nature extérieure, et si nous sommes vaincus, notre vie doit s'éteindre. C'est, par exemple, une lutte continue pour la nourriture et l'air. Si la nourriture ou l'air vient à manquer, nous mourons. La vie n'est pas une chose simple et qui coule doucement, mais c'est un effet composé. Cette lutte complexe entre quelque chose à l'intérieur et le monde extérieur est ce que nous appelons la vie. Il est donc clair que lorsque cette lutte cesse, la vie prend fin.
Ce que l'on entend par bonheur idéal, c'est la cessation de cette lutte. Mais alors la vie cessera, car la lutte ne peut cesser que lorsque la vie elle-même a cessé. Nous avons déjà vu qu'en aidant le monde, nous nous aidons nous-mêmes. L'effet principal du travail accompli pour les autres est de nous purifier nous-mêmes. Par l'effort constant de faire du bien aux autres, nous essayons de nous oublier nous-mêmes ; cet oubli de soi est la grande leçon que nous avons à apprendre dans la vie. L'homme pense sottement qu'il peut se rendre heureux, et après des années de lutte, il découvre enfin que le vrai bonheur consiste à tuer l'égoïsme et que personne ne peut le rendre heureux sauf lui-même. Chaque acte de charité, chaque pensée de sympathie, chaque action d'aide, chaque bonne action, enlève un peu de notre importance personnelle à nos petits moi et nous fait penser à nous-mêmes comme les plus humbles et les moindres, et c'est pourquoi tout cela est bon. Ici, nous trouvons que Jnâna (la connaissance), Bhakti (la dévotion) et Karma (l'action) convergent tous vers un même point. L'idéal le plus élevé est l'abnégation éternelle et totale de soi, où il n'y a pas de « je », mais où tout est « Toi » ; et, qu'il en soit conscient ou non, le Karma-Yoga conduit l'homme vers cette fin. Un prédicateur religieux peut être horrifié à l'idée d'un Dieu impersonnel ; il peut insister sur un Dieu personnel et souhaiter maintenir sa propre identité et individualité, quoi qu'il entende par là. Mais ses idées d'éthique, si elles sont vraiment bonnes, ne peuvent que reposer sur l'abnégation la plus élevée. C'est la base de toute moralité ; vous pouvez l'étendre aux hommes, aux animaux ou aux anges, c'est la seule idée fondamentale, le seul principe fondamental qui traverse tous les systèmes éthiques.
Vous trouverez différentes classes d'hommes dans ce monde. Premièrement, il y a les hommes-dieux, dont l'abnégation est complète et qui ne font que du bien aux autres, même au sacrifice de leur propre vie. Ceux-ci sont les plus élevés des hommes. S'il y en a une centaine dans un pays, ce pays n'a jamais besoin de désespérer. Mais ils sont malheureusement trop peu nombreux. Ensuite, il y a les hommes bons qui font du bien aux autres tant que cela ne leur nuit pas. Et il y a une troisième classe qui, pour se faire du bien à elle-même, nuit aux autres. Un poète sanskrit dit qu'il y a une quatrième classe innommable de gens qui nuisent aux autres simplement pour le plaisir de nuire. De même qu'il y a à un pôle de l'existence les plus grands hommes de bien, qui font le bien pour le plaisir de faire le bien, de même, à l'autre pôle, il y en a d'autres qui nuisent aux autres simplement pour le plaisir de nuire. Ils n'y gagnent rien, mais c'est dans leur nature de faire le mal.
Voici deux mots sanskrits. L'un est Pravritti (प्रवृत्ति, « tourné vers le monde »), qui signifie se tourner vers, et l'autre est Nivritti (निवृत्ति, « détourné du monde »), qui signifie se détourner. Le « tourné vers le monde » est ce que nous appelons le monde, le « moi et le mien » ; il comprend toutes ces choses qui enrichissent constamment ce « moi » par la richesse, l'argent, le pouvoir, le nom et la renommée, et qui sont de nature accapareuse, tendant toujours à tout accumuler en un seul centre, ce centre étant « moi-même ». C'est la Pravritti, la tendance naturelle de tout être humain : tout prendre de partout et l'amonceler autour d'un seul centre, ce centre étant le cher petit soi de l'homme. Quand cette tendance commence à se briser, quand c'est Nivritti ou le « se détourner », alors commencent la moralité et la religion. La Pravritti et la Nivritti sont toutes deux de la nature du travail : la première est le mauvais travail, et la seconde est le bon travail. Cette Nivritti est la base fondamentale de toute moralité et de toute religion, et sa perfection même est l'abnégation totale de soi, la disposition à sacrifier esprit, corps et tout pour un autre être. Quand un homme a atteint cet état, il a atteint la perfection du Karma-Yoga. C'est le résultat le plus élevé des bonnes actions. Même si un homme n'a pas étudié un seul système de philosophie, même s'il ne croit en aucun Dieu et n'y a jamais cru, même s'il n'a pas prié une seule fois dans toute sa vie, si le simple pouvoir des bonnes actions l'a amené à cet état où il est prêt à donner sa vie et tout le reste pour les autres, il est arrivé au même point que le religieux atteindra par ses prières et le philosophe par sa connaissance ; et ainsi vous pouvez constater que le philosophe, le travailleur et le dévot se rencontrent tous en un seul point, ce point étant l'abnégation de soi. Si différents que puissent être leurs systèmes de philosophie et de religion, toute l'humanité se tient dans le respect et la vénération devant l'homme qui est prêt à se sacrifier pour les autres. Ici, il n'est nullement question de croyance ou de doctrine — même les hommes qui sont très opposés à toutes les idées religieuses, lorsqu'ils voient l'un de ces actes de sacrifice total de soi, sentent qu'ils doivent le révérer. N'avez-vous pas vu même le chrétien le plus bigot, lorsqu'il lit La Lumière de l'Asie d'Edwin Arnold, se tenir dans la révérence devant le Bouddha, qui n'a prêché aucun Dieu, n'a prêché rien d'autre que le sacrifice de soi ? La seule chose est que le bigot ne sait pas que sa propre fin et son propre but dans la vie sont exactement les mêmes que ceux de ceux dont il diffère. L'adorateur, en gardant constamment devant lui l'idée de Dieu et un entourage de bien, arrive enfin au même point et dit : « Que Ta volonté soit faite », et ne garde rien pour lui. C'est l'abnégation de soi. Le philosophe, avec sa connaissance, voit que le soi apparent est une illusion et s'en défait aisément. C'est l'abnégation de soi. Ainsi le Karma (l'action), la Bhakti (la dévotion) et le Jnâna (la connaissance) se rencontrent tous ici ; et c'est ce que voulaient dire tous les grands maîtres des temps anciens lorsqu'ils enseignaient que Dieu n'est pas le monde. Il y a une chose qui est le monde et une autre qui est Dieu ; et cette distinction est très vraie. Ce qu'ils entendent par monde, c'est l'égoïsme. Le désintéressement, c'est Dieu. On peut vivre sur un trône, dans un palais d'or, et être parfaitement désintéressé ; et alors on est en Dieu. Un autre peut vivre dans une hutte et porter des haillons, et n'avoir rien au monde ; pourtant, s'il est égoïste, il est intensément immergé dans le monde.
Pour revenir à l'un de nos points principaux, nous disons que nous ne pouvons pas faire le bien sans en même temps faire quelque mal, ni faire le mal sans faire quelque bien. Sachant cela, comment pouvons-nous travailler ? Il y a donc eu des sectes dans ce monde qui ont, d'une manière étonnamment absurde, prêché le suicide lent comme le seul moyen de sortir du monde, car si un homme vit, il doit tuer de pauvres petits animaux et plantes ou causer du tort à quelque chose ou à quelqu'un. Selon eux, le seul moyen de sortir du monde est de mourir. Les jaïns ont prêché cette doctrine comme leur idéal le plus élevé. Cet enseignement semble très logique. Mais la vraie solution se trouve dans la Gîtâ (la Bhagavad-Gîtâ, le « Chant du Seigneur »). C'est la théorie du non-attachement : n'être attaché à rien tout en accomplissant notre travail dans la vie. Sachez que vous êtes entièrement séparé du monde, bien que vous soyez dans le monde, et que quoi que vous fassiez en lui, vous ne le faites pas pour votre propre compte. Toute action que vous accomplissez pour vous-même portera ses effets sur vous. Si c'est une bonne action, vous devrez en prendre le bon effet, et si c'est une mauvaise, vous devrez en prendre le mauvais effet ; mais toute action qui n'est pas accomplie pour votre propre compte, quelle qu'elle soit, n'aura aucun effet sur vous. On trouve dans nos Écritures une phrase très expressive incarnant cette idée : « Même s'il tue l'univers entier (ou s'il est lui-même tué), il n'est ni le tueur ni le tué, quand il sait qu'il n'agit pas du tout pour lui-même. » C'est pourquoi le Karma-Yoga enseigne : « N'abandonnez pas le monde ; vivez dans le monde, imprégnez-vous de ses influences autant que vous le pouvez ; mais si ce n'est que pour votre propre plaisir, ne travaillez pas du tout. » La jouissance ne devrait pas être le but. Tuez d'abord votre moi personnel, puis prenez le monde entier comme vous-même ; comme les anciens chrétiens avaient coutume de dire : « Le vieil homme doit mourir. » Ce vieil homme est l'idée égoïste que le monde entier est fait pour notre jouissance. Des parents insensés enseignent à leurs enfants à prier : « Ô Seigneur, Tu as créé ce soleil pour moi et cette lune pour moi », comme si le Seigneur n'avait rien eu d'autre à faire que de tout créer pour ces bébés. N'enseignez pas de telles absurdités à vos enfants. Puis encore, il y a des gens qui sont insensés d'une autre manière : ils nous enseignent que tous ces animaux ont été créés pour que nous les tuions et les mangions, et que cet univers est pour la jouissance des hommes. Tout cela est absurde. Un tigre pourrait dire : « L'homme a été créé pour moi » et prier : « Ô Seigneur, comme ces hommes sont méchants, eux qui ne viennent pas se placer devant moi pour être mangés ; ils violent Ta loi. » Si le monde est créé pour nous, nous sommes aussi créés pour le monde. Que ce monde soit créé pour notre jouissance est l'idée la plus pernicieuse qui nous retient. Ce monde n'est pas pour nous. Des millions le quittent chaque année ; le monde ne le sent pas ; des millions d'autres les remplacent. Tout autant que le monde est pour nous, nous sommes aussi pour le monde.
Pour travailler correctement, il faut donc d'abord renoncer à l'idée de l'attachement. Deuxièmement, ne vous mêlez pas à la mêlée, tenez-vous en témoin et continuez à travailler. Mon maître avait coutume de dire : « Regardez vos enfants comme une nourrice le fait. » La nourrice prendra votre bébé, le câlinera, jouera avec lui et se comportera envers lui aussi tendrement que s'il était son propre enfant ; mais dès que vous lui donnez son congé, elle est prête à partir avec armes et bagages. Tout attachement est oublié ; la nourrice ordinaire ne ressentira pas la moindre douleur à quitter vos enfants pour s'occuper d'autres enfants. Vous devez en être ainsi avec tout ce que vous considérez comme vôtre. Vous êtes la nourrice, et si vous croyez en Dieu, croyez que toutes ces choses que vous considérez comme vôtres sont en réalité les Siennes. La plus grande faiblesse s'insinue souvent sous les traits de la plus grande bonté et de la plus grande force. C'est une faiblesse de penser que quelqu'un dépend de moi et que je peux faire du bien à un autre. Cette croyance est la mère de tout notre attachement, et à travers cet attachement vient toute notre souffrance. Nous devons convaincre notre esprit que personne dans cet univers ne dépend de nous ; pas un mendiant ne dépend de notre charité ; pas une âme de notre bonté ; pas un être vivant de notre aide. Tous sont aidés par la nature et continueront de l'être même si des millions d'entre nous n'étions pas là. Le cours de la nature ne s'arrêtera pas pour des gens comme vous et moi ; c'est, comme on l'a déjà souligné, seulement un privilège béni pour vous et pour moi que nous soyons autorisés, en aidant les autres, à nous éduquer nous-mêmes. C'est une grande leçon à apprendre dans la vie, et quand nous l'aurons pleinement apprise, nous ne serons jamais malheureux ; nous pourrons aller nous mêler sans danger à la société partout et en tout lieu. Vous pouvez avoir femmes et maris, des régiments de serviteurs et des royaumes à gouverner ; si seulement vous agissez selon le principe que le monde n'est pas pour vous et n'a pas inévitablement besoin de vous, rien ne peut vous faire de mal. Cette année même, certains de vos amis sont peut-être morts. Le monde attend-il, sans avancer, qu'ils reviennent ? Son cours est-il arrêté ? Non, il continue. Alors chassez de votre esprit l'idée que vous devez faire quelque chose pour le monde ; le monde n'a besoin d'aucune aide de votre part. C'est une pure absurdité de la part de quiconque de penser qu'il est né pour aider le monde ; c'est simplement de l'orgueil, c'est l'égoïsme qui s'insinue sous la forme de la vertu. Quand vous aurez entraîné votre esprit et vos nerfs à réaliser cette idée de la non-dépendance du monde envers vous ou envers quiconque, il n'y aura alors aucune réaction sous forme de souffrance résultant du travail. Quand vous donnez quelque chose à un homme et n'attendez rien — n'attendez même pas que l'homme soit reconnaissant — son ingratitude ne vous affectera pas, parce que vous n'avez jamais rien attendu, n'avez jamais pensé avoir droit à quoi que ce soit en retour. Vous lui avez donné ce qu'il méritait ; son propre Karma (la loi de cause à effet) le lui a obtenu ; votre Karma a fait de vous le porteur de ce don. Pourquoi devriez-vous être fier d'avoir donné quelque chose ? Vous êtes le porteur qui a transporté l'argent ou tout autre genre de don, et le monde le méritait par son propre Karma. Où est donc la raison d'être fier en vous ? Il n'y a rien de très grand dans ce que vous donnez au monde. Quand vous aurez acquis le sentiment du non-attachement, il n'y aura alors pour vous ni bien ni mal. C'est seulement l'égoïsme qui cause la différence entre le bien et le mal. C'est une chose très difficile à comprendre, mais vous apprendrez avec le temps que rien dans l'univers n'a de pouvoir sur vous tant que vous ne lui permettez pas d'exercer un tel pouvoir. Rien n'a de pouvoir sur le Soi de l'homme, tant que le Soi ne devient pas insensé et ne perd pas son indépendance. Ainsi, par le non-attachement, vous surmontez et niez le pouvoir de quoi que ce soit d'agir sur vous. Il est très facile de dire que rien n'a le droit d'agir sur vous tant que vous ne le permettez pas ; mais quel est le vrai signe de l'homme qui ne permet réellement à rien d'agir sur lui, qui n'est ni heureux ni malheureux quand le monde extérieur agit sur lui ? Le signe en est que la bonne ou la mauvaise fortune ne cause aucun changement dans son esprit : dans toutes les conditions, il continue de rester le même.
Il y avait un grand sage en Inde appelé Vyâsa. Ce Vyâsa est connu comme l'auteur des aphorismes du Vedânta (la philosophie de la « fin des Védas »), et c'était un homme saint. Son père avait essayé de devenir un homme très parfait et avait échoué. Son grand-père avait également essayé et échoué. Son arrière-grand-père avait pareillement essayé et échoué. Lui-même ne réussit pas parfaitement, mais son fils, Shuka, naquit parfait. Vyâsa enseigna la sagesse à son fils ; et après lui avoir enseigné la connaissance de la vérité lui-même, il l'envoya à la cour du roi Janaka. C'était un grand roi et on l'appelait Janaka Vidéha. Vidéha signifie « sans corps ». Bien qu'il fût roi, il avait entièrement oublié qu'il était un corps ; il sentait qu'il était un esprit en permanence. Ce garçon Shuka fut envoyé pour être instruit par lui. Le roi savait que le fils de Vyâsa venait chez lui pour apprendre la sagesse : il fit donc certains arrangements à l'avance. Et lorsque le garçon se présenta aux portes du palais, les gardes ne firent aucunement attention à lui. Ils lui donnèrent seulement un siège, et il s'assit là pendant trois jours et trois nuits, personne ne lui parlant, personne ne lui demandant qui il était ni d'où il venait. Il était le fils d'un très grand sage, son père était honoré par tout le pays, et lui-même était une personne des plus respectables ; pourtant les gardes vulgaires et grossiers du palais ne faisaient aucun cas de lui. Après cela, soudainement, les ministres du roi et tous les hauts dignitaires arrivèrent et le reçurent avec les plus grands honneurs. Ils le conduisirent à l'intérieur et lui montrèrent des chambres splendides, lui donnèrent les bains les plus parfumés et des vêtements magnifiques, et pendant huit jours ils le gardèrent là dans toutes sortes de luxe. Ce visage solennellement serein de Shuka ne changea pas même dans la plus petite mesure par le changement de traitement qui lui était accordé ; il était le même au milieu de ce luxe que lorsqu'il attendait à la porte. Puis il fut amené devant le roi. Le roi était sur son trône, la musique jouait, et des danses et d'autres divertissements avaient lieu. Le roi lui donna alors une coupe de lait, remplie à ras bord, et lui demanda de faire sept fois le tour de la salle sans renverser une seule goutte. Le garçon prit la coupe et avança au milieu de la musique et de l'attrait des beaux visages. Comme le roi le souhaitait, il fit sept fois le tour, et pas une goutte de lait ne fut renversée. L'esprit du garçon ne pouvait être attiré par rien au monde, à moins qu'il ne lui permît de l'affecter. Et quand il apporta la coupe au roi, le roi lui dit : « Ce que ton père t'a enseigné, et ce que tu as appris toi-même, je ne peux que le répéter. Tu as connu la Vérité ; rentre chez toi. »
Ainsi, l'homme qui a pratiqué la maîtrise de soi ne peut être affecté par rien d'extérieur ; il n'y a plus d'esclavage pour lui. Son esprit est devenu libre. Un tel homme seul est apte à bien vivre dans le monde. Nous trouvons généralement les hommes tenant deux opinions au sujet du monde. Certains sont pessimistes et disent : « Comme ce monde est horrible, comme il est méchant ! » D'autres sont optimistes et disent : « Comme ce monde est beau, comme il est merveilleux ! » Pour ceux qui n'ont pas maîtrisé leur propre esprit, le monde est soit plein de mal, soit au mieux un mélange de bien et de mal. Ce même monde deviendra pour nous un monde optimiste quand nous serons maîtres de notre propre esprit. Rien n'agira alors sur nous comme bien ou comme mal ; nous trouverons toute chose à sa juste place, en harmonie. Certains hommes, qui commencent par dire que le monde est un enfer, finissent souvent par dire qu'il est un paradis quand ils réussissent dans la pratique de la maîtrise de soi. Si nous sommes de véritables Karma-Yogis et souhaitons nous entraîner à atteindre cet état, où que nous commencions, nous sommes sûrs de finir dans la parfaite abnégation de soi ; et dès que ce moi apparent aura disparu, le monde entier, qui nous apparaît d'abord rempli de mal, apparaîtra comme le paradis lui-même et plein de bénédiction. Son atmosphère même sera bénie ; chaque visage humain y sera divin. Telles sont la fin et le but du Karma-Yoga, et telle est sa perfection dans la vie pratique.
Nos divers Yogas ne sont pas en conflit les uns avec les autres ; chacun d'eux nous conduit au même but et nous rend parfaits. Seulement, chacun doit être pratiqué avec ardeur. Tout le secret réside dans la pratique. D'abord vous devez entendre, puis réfléchir, et ensuite pratiquer. Cela est vrai de chaque Yoga. Vous devez d'abord en entendre parler et comprendre ce que c'est ; et beaucoup de choses que vous ne comprenez pas vous seront rendues claires par l'écoute et la réflexion constantes. Il est difficile de tout comprendre d'un coup. L'explication de toute chose est après tout en vous-même. Personne n'a jamais été véritablement enseigné par un autre ; chacun de nous doit s'enseigner lui-même. Le maître extérieur n'offre que la suggestion qui éveille le maître intérieur à travailler pour comprendre les choses. Alors les choses nous seront rendues plus claires par notre propre pouvoir de perception et de pensée, et nous les réaliserons dans nos propres âmes ; et cette réalisation grandira en une force de volonté intense. D'abord c'est le sentiment, puis cela devient la volonté, et de cette volonté naît la force prodigieuse pour le travail qui parcourra chaque veine, chaque nerf et chaque muscle, jusqu'à ce que la masse entière de votre corps soit transformée en un instrument du Yoga désintéressé du travail, et que le résultat désiré de la parfaite abnégation et de l'entier désintéressement soit dûment atteint. Cet accomplissement ne dépend d'aucun dogme, d'aucune doctrine, ni d'aucune croyance. Que l'on soit chrétien, juif ou gentil, peu importe. Êtes-vous désintéressé ? C'est la question. Si vous l'êtes, vous serez parfait sans avoir lu un seul livre religieux, sans être entré dans une seule église ou un seul temple. Chacun de nos Yogas est apte à rendre l'homme parfait même sans l'aide des autres, parce qu'ils ont tous le même but en vue. Les Yogas du travail, de la sagesse et de la dévotion sont tous capables de servir de moyens directs et indépendants pour l'atteinte du Moksha (la libération suprême). « Seuls les sots disent que le travail et la philosophie sont différents, non les savants. » Les savants savent que, bien qu'apparemment différents l'un de l'autre, ils conduisent finalement au même but de la perfection humaine.
English
CHAPTER VI
NON-ATTACHMENT IS COMPLETE SELF-ABNEGATION
Just as every action that emanates from us comes back to us as reaction, even so our actions may act on other people and theirs on us. Perhaps all of you have observed it as a fact that when persons do evil actions, they become more and more evil, and when they begin to do good, they become stronger and stronger and learn to do good at all times. This intensification of the influence of action cannot be explained on any other ground than that we can act and react upon each other. To take an illustration from physical science, when I am doing a certain action, my mind may be said to be in a certain state of vibration; all minds which are in similar circumstances will have the tendency to be affected by my mind. If there are different musical instruments tuned alike in one room, all of you may have noticed that when one is struck, the others have the tendency to vibrate so as to give the same note. So all minds that have the same tension, so to say, will be equally affected by the same thought. Of course, this influence of thought on mind will vary according to distance and other causes, but the mind is always open to affection. Suppose I am doing an evil act, my mind is in a certain state of vibration, and all minds in the universe, which are in a similar state, have the possibility of being affected by the vibration of my mind. So, when I am doing a good action, my mind is in another state of vibration; and all minds similarly strung have the possibility of being affected by my mind; and this power of mind upon mind is more or less according as the force of the tension is greater or less.
Following this simile further, it is quite possible that, just as light waves may travel for millions of years before they reach any object, so thought waves may also travel hundreds of years before they meet an object with which they vibrate in unison. It is quite possible, therefore, that this atmosphere of ours is full of such thought pulsations, both good and evil. Every thought projected from every brain goes on pulsating, as it were, until it meets a fit object that will receive it. Any mind which is open to receive some of these impulses will take them immediately. So, when a man is doing evil actions, he has brought his mind to a certain state of tension and all the waves which correspond to that state of tension, and which may be said to be already in the atmosphere, will struggle to enter into his mind. That is why an evil-doer generally goes on doing more and more evil. His actions become intensified. Such, also will be the case with the doer of good; he will open himself to all the good waves that are in the atmosphere, and his good actions also will become intensified. We run, therefore, a twofold danger in doing evil: first, we open ourselves to all the evil influences surrounding us; secondly, we create evil which affects others, may be hundreds of years hence. In doing evil we injure ourselves and others also. In doing good we do good to ourselves and to others as well; and, like all other forces in man, these forces of good and evil also gather strength from outside.
According to Karma-Yoga, the action one has done cannot be destroyed until it has borne its fruit; no power in nature can stop it from yielding its results. If I do an evil action, I must suffer for it; there is no power in this universe to stop or stay it. Similarly, if I do a good action, there is no power in the universe which can stop its bearing good results. The cause must have its effect; nothing can prevent or restrain this. Now comes a very fine and serious question about Karma-Yoga — namely, that these actions of ours, both good and evil, are intimately connected with each other. We cannot put a line of demarcation and say, this action is entirely good and this entirely evil. There is no action which does not bear good and evil fruits at the same time. To take the nearest example: I am talking to you, and some of you, perhaps, think I am doing good; and at the same time I am, perhaps, killing thousands of microbes in the atmosphere; I am thus doing evil to something else. When it is very near to us and affects those we know, we say that it is very good action if it affects them in a good manner. For instance, you may call my speaking to you very good, but the microbes will not; the microbes you do not see, but yourselves you do see. The way in which my talk affects you is obvious to you, but how it affects the microbes is not so obvious. And so, if we analyse our evil actions also, we may find that some good possibly results from them somewhere. He who in good action sees that there is something evil in it, and in the midst of evil sees that there is something good in it somewhere, has known the secret of work.
But what follows from it? That, howsoever we may try, there cannot be any action which is perfectly pure, or any which is perfectly impure, taking purity and impurity in the sense of injury and non-injury. We cannot breathe or live without injuring others, and every bit of the food we eat is taken away from another’s mouth. Our very lives are crowding out other lives. It may be men, or animals, or small microbes, but some one or other of these we have to crowd out. That being the case, it naturally follows that perfection can never be attained by work. We may work through all eternity, but there will be no way out of this intricate maze. You may work on, and on, and on; there will be no end to this inevitable association of good and evil in the results of work.
The second point to consider is, what is the end of work? We find the vast majority of people in every country believing that there will be a time when this world will become perfect, when there will be no disease, nor death, nor unhappiness, nor wickedness. That is a very good idea, a very good motive power to inspire and uplift the ignorant; but if we think for a moment, we shall find on the very face of it that it cannot be so. How can it be, seeing that good and evil are the obverse and reverse of the same coin? How can you have good without evil at the same time? What is meant by perfection? A perfect life is a contradiction in terms. Life itself is a state of continuous struggle between ourselves and everything outside. Every moment we are fighting actually with external nature, and if we are defeated, our life has to go. It is, for instance, a continuous struggle for food and air. If food or air fails, we die. Life is not a simple and smoothly flowing thing, but it is a compound effect. This complex struggle between something inside and the external world is what we call life. So it is clear that when this struggle ceases, there will be an end of life.
What is meant by ideal happiness is the cessation of this struggle. But then life will cease, for the struggle can only cease when life itself has ceased. We have seen already that in helping the world we help ourselves. The main effect of work done for others is to purify ourselves. By means of the constant effort to do good to others we are trying to forget ourselves; this forgetfulness of self is the one great lesson we have to learn in life. Man thinks foolishly that he can make himself happy, and after years of struggle finds out at last that true happiness consists in killing selfishness and that no one can make him happy except himself. Every act of charity, every thought of sympathy, every action of help, every good deed, is taking so much of self-importance away from our little selves and making us think of ourselves as the lowest and the least, and, therefore, it is all good. Here we find that Jnâna, Bhakti, and Karma — all come to one point. The highest ideal is eternal and entire self-abnegation, where there is no "I," but all is "Thou"; and whether he is conscious or unconscious of it, Karma-Yoga leads man to that end. A religious preacher may become horrified at the idea of an Impersonal God; he may insist on a Personal God and wish to keep up his own identity and individuality, whatever he may mean by that. But his ideas of ethics, if they are really good, cannot but be based on the highest self-abnegation. It is the basis of all morality; you may extend it to men, or animals, or angels, it is the one basic idea, the one fundamental principle running through all ethical systems.
You will find various classes of men in this world. First, there are the God-men, whose self-abnegation is complete, and who do only good to others even at the sacrifice of their own lives. These are the highest of men. If there are a hundred of such in any country, that country need never despair. But they are unfortunately too few. Then there are the good men who do good to others so long as it does not injure themselves. And there is a third class who, to do good to themselves, injure others. It is said by a Sanskrit poet that there is a fourth unnamable class of people who injure others merely for injury's sake. Just as there are at one pole of existence the highest good men, who do good for the sake of doing good, so, at the other pole, there are others who injure others just for the sake of the injury. They do not gain anything thereby, but it is their nature to do evil.
Here are two Sanskrit words. The one is Pravritti, which means revolving towards, and the other is Nivritti, which means revolving away. The "revolving towards" is what we call the world, the "I and mine”; it includes all those things which are always enriching that "me" by wealth and money and power, and name and fame, and which are of a grasping nature, always tending to accumulate everything in one centre, that centre being "myself". That is the Pravritti, the natural tendency of every human being; taking everything from everywhere and heaping it around one centre, that centre being man's own sweet self. When this tendency begins to break, when it is Nivritti or "going away from," then begin morality and religion. Both Pravritti and Nivritti are of the nature of work: the former is evil work, and the latter is good work. This Nivritti is the fundamental basis of all morality and all religion, and the very perfection of it is entire self-abnegation, readiness to sacrifice mind and body and everything for another being. When a man has reached that state, he has attained to the perfection of Karma-Yoga. This is the highest result of good works. Although a man has not studied a single system of philosophy, although he does not believe in any God, and never has believed, although he has not prayed even once in his whole life, if the simple power of good actions has brought him to that state where he is ready to give up his life and all else for others, he has arrived at the same point to which the religious man will come through his prayers and the philosopher through his knowledge; and so you may find that the philosopher, the worker, and the devotee, all meet at one point, that one point being self-abnegation. However much their systems of philosophy and religion may differ, all mankind stand in reverence and awe before the man who is ready to sacrifice himself for others. Here, it is not at all any question of creed, or doctrine — even men who are very much opposed to all religious ideas, when they see one of these acts of complete self-sacrifice, feel that they must revere it. Have you not seen even a most bigoted Christian, when he reads Edwin Arnold's Light of Asia, stand in reverence of Buddha, who Preached no God, preached nothing but self-sacrifice? The only thing is that the bigot does not know that his own end and aim in life is exactly the same as that of those from whom he differs. The worshipper, by keeping constantly before him the idea of God and a surrounding of good, comes to the same point at last and says, "Thy will be done," and keeps nothing to himself. That is self-abnegation. The philosopher, with his knowledge, sees that the seeming self is a delusion and easily gives it up. It is self-abnegation. So Karma, Bhakti, and Jnana all meet here; and this is what was meant by all the great preachers of ancient times, when they taught that God is not the world. There is one thing which is the world and another which is God; and this distinction is very true. What they mean by world is selfishness. Unselfishness is God. One may live on a throne, in a golden palace, and be perfectly unselfish; and then he is in God. Another may live in a hut and wear rags, and have nothing in the world; yet, if he is selfish, he is intensely merged in the world.
To come back to one of our main points, we say that we cannot do good without at the same time doing some evil, or do evil without doing some good. Knowing this, how can we work? There have, therefore, been sects in this world who have in an astoundingly preposterous way preached slow suicide as the only means to get out of the world, because if a man lives, he has to kill poor little animals and plants or do injury to something or some one. So according to them the only way out of the world is to die. The Jains have preached this doctrine as their highest ideal. This teaching seems to be very logical. But the true solution is found in the Gita. It is the theory of non-attachment, to be attached to nothing while doing our work of life. Know that you are separated entirely from the world, though you are in the world, and that whatever you may be doing in it, you are not doing that for your own sake. Any action that you do for yourself will bring its effect to bear upon you. If it is a good action, you will have to take the good effect, and if bad, you will have to take the bad effect; but any action that is not done for your own sake, whatever it be, will have no effect on you. There is to be found a very expressive sentence in our scriptures embodying this idea: "Even if he kill the whole universe (or be himself killed), he is neither the killer nor the killed, when he knows that he is not acting for himself at all." Therefore Karma-Yoga teaches, "Do not give up the world; live in the world, imbibe its influences as much as you can; but if it be for your own enjoyment's sake, work not at all." Enjoyment should not be the goal. First kill your self and then take the whole world as yourself; as the old Christians used to say, "The old man must die." This old man is the selfish idea that the whole world is made for our enjoyment. Foolish parents teach their children to pray, "O Lord, Thou hast created this sun for me and this moon for me," as if the Lord has had nothing else to do than to create everything for these babies. Do not teach your children such nonsense. Then again, there are people who are foolish in another way: they teach us that all these animals were created for us to kill and eat, and that this universe is for the enjoyment of men. That is all foolishness. A tiger may say, "Man was created for me" and pray, "O Lord, how wicked are these men who do not come and place themselves before me to be eaten; they are breaking Your law." If the world is created for us, we are also created for the world. That this world is created for our enjoyment is the most wicked idea that holds us down. This world is not for our sake. Millions pass out of it every year; the world does not feel it; millions of others are supplied in their place. Just as much as the world is for us, so we also are for the world.
To work properly, therefore, you have first to give up the idea of attachment. Secondly, do not mix in the fray, hold yourself as a witness and go on working. My master used to say, "Look upon your children as a nurse does." The nurse will take your baby and fondle it and play with it and behave towards it as gently as if it were her own child; but as soon as you give her notice to quit, she is ready to start off bag and baggage from the house. Everything in the shape of attachment is forgotten; it will not give the ordinary nurse the least pang to leave your children and take up other children. Even so are you to be with all that you consider your own. You are the nurse, and if you believe in God, believe that all these things which you consider yours are really His. The greatest weakness often insinuates itself as the greatest good and strength. It is a weakness to think that any one is dependent on me, and that I can do good to another. This belief is the mother of all our attachment, and through this attachment comes all our pain. We must inform our minds that no one in this universe depends upon us; not one beggar depends on our charity; not one soul on our kindness; not one living thing on our help. All are helped on by nature, and will be so helped even though millions of us were not here. The course of nature will not stop for such as you and me; it is, as already pointed out, only a blessed privilege to you and to me that we are allowed, in the way of helping others, to educate ourselves. This is a great lesson to learn in life, and when we have learned it fully, we shall never be unhappy; we can go and mix without harm in society anywhere and everywhere. You may have wives and husbands, and regiments of servants, and kingdoms to govern; if only you act on the principle that the world is not for you and does not inevitably need you, they can do you no harm. This very year some of your friends may have died. Is the world waiting without going on, for them to come again? Is its current stopped? No, it goes on. So drive out of your mind the idea that you have to do something for the world; the world does not require any help from you. It is sheer nonsense on the part of any man to think that he is born to help the world; it is simply pride, it is selfishness insinuating itself in the form of virtue. When you have trained your mind and your nerves to realise this idea of the world's non-dependence on you or on anybody, there will then be no reaction in the form of pain resulting from work. When you give something to a man and expect nothing — do not even expect the man to be grateful — his ingratitude will not tell upon you, because you never expected anything, never thought you had any right to anything in the way of a return. You gave him what he deserved; his own Karma got it for him; your Karma made you the carrier thereof. Why should you be proud of having given away something? You are the porter that carried the money or other kind of gift, and the world deserved it by its own Karma. Where is then the reason for pride in you? There is nothing very great in what you give to the world. When you have acquired the feeling of non-attachment, there will then be neither good nor evil for you. It is only selfishness that causes the difference between good and evil. It is a very hard thing to understand, but you will come to learn in time that nothing in the universe has power over you until you allow it to exercise such a power. Nothing has power over the Self of man, until the Self becomes a fool and loses independence. So, by non-attachment, you overcome and deny the power of anything to act upon you. It is very easy to say that nothing has the right to act upon you until you allow it to do so; but what is the true sign of the man who really does not allow anything to work upon him, who is neither happy nor unhappy when acted upon by the external world? The sign is that good or ill fortune causes no change in his mind: in all conditions he continues to remain the same.
There was a great sage in India called Vyâsa. This Vyâsa is known as the author of the Vedanta aphorisms, and was a holy man. His father had tried to become a very perfect man and had failed. His grandfather had also tried and failed. His great-grandfather had similarly tried and failed. He himself did not succeed perfectly, but his son, Shuka, was born perfect. Vyasa taught his son wisdom; and after teaching him the knowledge of truth himself, he sent him to the court of King Janaka. He was a great king and was called Janaka Videha. Videha means "without a body". Although a king, he had entirely forgotten that he was a body; he felt that he was a spirit all the time. This boy Shuka was sent to be taught by him. The king knew that Vyasa's son was coming to him to learn wisdom: so he made certain arrangements beforehand. And when the boy presented himself at the gates of the palace, the guards took no notice of him whatsoever. They only gave him a seat, and he sat there for three days and nights, nobody speaking to him, nobody asking him who he was or whence he was. He was the son of a very great sage, his father was honoured by the whole country, and he himself was a most respectable person; yet the low, vulgar guards of the palace would take no notice of him. After that, suddenly, the ministers of the king and all the big officials came there and received him with the greatest honours. They conducted him in and showed him into splendid rooms, gave him the most fragrant baths and wonderful dresses, and for eight days they kept him there in all kinds of luxury. That solemnly serene face of Shuka did not change even to the smallest extent by the change in the treatment accorded to him; he was the same in the midst of this luxury as when waiting at the door. Then he was brought before the king. The king was on his throne, music was playing, and dancing and other amusements were going on. The king then gave him a cup of milk, full to the brim, and asked him to go seven times round the hall without spilling even a drop. The boy took the cup and proceeded in the midst of the music and the attraction of the beautiful faces. As desired by the king, seven times did he go round, and not a drop of the milk was spilt. The boy's mind could not be attracted by anything in the world, unless he allowed it to affect him. And when he brought the cup to the king, the king said to him, "What your father has taught you, and what you have learned yourself, I can only repeat. You have known the Truth; go home."
Thus the man that has practiced control over himself cannot be acted upon by anything outside; there is no more slavery for him. His mind has become free. Such a man alone is fit to live well in the world. We generally find men holding two opinions regarding the world. Some are pessimists and say, “How horrible this world is, how wicked!" Some others are optimists and say, "How beautiful this world is, how wonderful!" To those who have not controlled their own minds, the world is either full of evil or at best a mixture of good and evil. This very world will become to us an optimistic world when we become masters of our own minds. Nothing will then work upon us as good or evil; we shall find everything to be in its proper place, to be harmonious. Some men, who begin by saying that the world is a hell, often end by saying that it is a heaven when they succeed in the practice of self-control. If we are genuine Karma-Yogis and wish to train ourselves to that attainment of this state, wherever we may begin we are sure to end in perfect self-abnegation; and as soon as this seeming self has gone, the whole world, which at first appears to us to be filled with evil, will appear to be heaven itself and full of blessedness. Its very atmosphere will be blessed; every human face there will be god. Such is the end and aim of Karma-Yoga, and such is its perfection in practical life.
Our various Yogas do not conflict with each other; each of them leads us to the same goal and makes us perfect. Only each has to be strenuously practiced. The whole secret is in practicing. First you have to hear, then think, and then practice. This is true of every Yoga. You have first to hear about it and understand what it is; and many things which you do not understand will be made clear to you by constant hearing and thinking. It is hard to understand everything at once. The explanation of everything is after all in yourself. No one was ever really taught by another; each of us has to teach himself. The external teacher offers only the suggestion which rouses the internal teacher to work to understand things. Then things will be made clearer to us by our own power of perception and thought, and we shall realise them in our own souls; and that realisation will grow into the intense power of will. First it is feeling, then it becomes willing, and out of that willing comes the tremendous force for work that will go through every vein and nerve and muscle, until the whole mass of your body is changed into an instrument of the unselfish Yoga of work, and the desired result of perfect self-abnegation and utter unselfishness is duly attained. This attainment does not depend on any dogma, or doctrine, or belief. Whether one is Christian, or Jew, or Gentile, it does not matter. Are you unselfish? That is the question. If you are, you will be perfect without reading a single religious book, without going into a single church or temple. Each one of our Yogas is fitted to make man perfect even without the help of the others, because they have all the same goal in view. The Yogas of work, of wisdom, and of devotion are all capable of serving as direct and independent means for the attainment of Moksha. "Fools alone say that work and philosophy are different, not the learned.” The learned know that, though apparently different from each other, they at last lead to the same goal of human perfection.
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